Je ne pensais pas qu'un jour j'aurais peur d'un simple bruit. Je ne suis pas quelqu'un de spécialement courageux je le sais, la preuve j'ai une peur panique des araignées… Mais jamais au grand jamais je n'aurais imaginé que le simple son d'une botte claquant sur le parquet me glacerait le sang à ce point. Pourtant c'est le cas. D'autres pas, le parquet qui craque… la tension monte un peu plus chaque instant. J'ai l'impression d'être un rat terrorisé au fond d'un trou obscure. Autour de moi personne n'ose respirer. Notre malchance continue : les policiers semblent s'être arrêtés juste au-dessus de nos têtes. Il y a de fins espaces entre les lattes du parquet qui me permettent de voir de vague forme en mouvement mais surtout d'entendre distinctement la conversation qui se déroule dans le salon.
Que puis-je faire pour vous messieurs les agents ? fait Nathalie.
Je m'étonne de son sang-froid. Sa voix n'a pas tremblé, elle est tout ce qu'il y a de plus assurée, inébranlable. En revanche Owen ne dit pas un mot, chose plutôt inhabituel sauf que ces hommes n'en savent, fort heureusement, rien. Mais mon soulagement fut de courte durée quand l'un des agents prit la parole confirmant mes inquiétudes :
Nous sommes actuellement à la recherche de cette fille. est-ce que ce visage vous dit quelque chose ?
Je devine qu'il est en ce moment même en train de lui montrer l'avis de recherche d'Hermione. Je prie intérieurement pour que Nathalie ne flanche pas. À côté de moi Hermione est d'une pâleur fantomatique et a fermé les yeux elle doit elle aussi redouter le pire. Je déglutis et attend la suite.
Non, je ne crois pas, fait Nathalie d'une voix calme avec quelque trace de curiosité. Et toi Owen ?
« Aller Owen tu peux le faire », je pense avec force.
Je crois que si j'avais déjà vu une si jolie fille, je m'en serais souvenue ! Fait-il de sa voix enjouée habituelle.
J'ai grande peine à m'empêcher de soupirer de soulagement. Ils ont été tous les deux parfait. Leur naturel ne devrait pas avoir paru louche aux policiers normalement.
Et ce garçon ? ajoute l'autre homme de sa voix neutre.
Que… ce pourrait-il que… Harry ? Je déglutis le plus silencieusement possible et ma main se resserre un peu plus autour de celle d'Hermione, attendant avec inquiétude ce qui va suivre.
Non plus, ne tarde pas à répondre la mère d'Owen. Qui sont ces jeunes ? Faut-il s'inquiéter messieurs les agents ? ou s'agit-il d'une simple fugue ?
Nous ne… ce sont les ordres, fait l'un des policiers d'une voix brusquement peu assurée et faiblarde.
Pas de doute ils sont tous les deux sous impérium et ne savent pas vraiment ce qu'ils font ni pourquoi.
Cela vous dérange si nous fouillons la maison ? c'est la procédure habituelle.
Pas du tout, balbutie Nathalie.
Elle a l'air est plus anxieuse d'un coup. Pourquoi ? Il y a peu de chance pour qu'il nous trouve ici… je me tourne vers Hermione en quête d'explication c'est toujours elle qui a réponse à tout. Elle se penche vers moi et murmure aussi bas que possible :
Ron, nos affaires sont toujours en hauts…
Mon sang se glace. Nos chambres ! Elles sont pleines et en désordre, ils vont tout de suite comprendre qu'Owen et Nathalie ne sont pas les seuls habitants de la ferme. Et ils feront en sorte de les faire parler. Cette perspective me fait frissonner. Le plancher craque à nouveau, ce qui indique que les hommes se déplacent. J'en profite pour me relever le plus possible c'est-à-dire en position accroupi, et coller l'oreille contre le sol au-dessus de ma tête. Les pas s'éloignent, prennent sans doute la direction de l'escalalier. J'attends dix bonnes secondes puis me tourne vers Fred et George. Dans leur regard je sais qu'ils se souviennent de ce que papa nous avait dit un jour :
Si jamais je ne suis pas là, si aucun Aurors n'est là, c'est à vous de protéger la famille Weasley et les Porter.
Les jumeaux me rejoignent juste au-dessous de la trappe, baguette à la main. Je me tourne vers les autres. Incapable de camoufler ma propre anxiété, leurs visages me renvoient le reflet de mon angoisse. Je détourne à contrecœur mes yeux d'Hermione pour lever le bras et toquer doucement contre la trappe. Une seconde plus tard Nathalie nous ouvre. Dans son regard je devine qu'elle a compris nos intentions.
Nous nous extirpons tous les trois de l'ouverture le plus silencieusement possible.
Allez-vous cacher avec les autres justes au cas où, murmure George à Owen immobile sur le canapé le visage figé dans une expression étrange.
Ce dernier ce réveil de sa transe au mot de mon frère. Il rejoint sa mère à la trappe sans un regard pour moi, à peine conscient de là où il met les pieds.
En utilisant seulement nos mains et des hochements de tête nous nous divisons en deux groupes. George s'occupera des deux premières chambres, tandis que Fred et moi nous occuperons de celle du fond.
Nous traversons le sombre couloir de l'étage dans un silence absolu. George s'engouffre dans la première chambre, celle de mes parents, baguette pointée devant lui. Fred passe en tête et ouvre lentement la porte de la dernière chambre, la mienne. L'un des policiers s'y trouve. Il est dos à nous et fouille mon placard à vêtement sans se douter que nos deux baguettes sont pointées sur lui. Il murmure :
Trop de chambre… ils ne vivent pas seuls ici…
Fred avance d'un pas. Je vois sa mâchoire se crisper sans savoir si cela est dû à de la colère ou bien de la peur. Mais alors qu'il se rapproche encore de l'homme le parquet grince soudain et l'homme fait volteface. Il porte la main à sa ceinture mais mon frère est plus rapide :
Stupéfix !
L'homme bondit sur le côté et le sort rebondis pour me percuter l'épaule. Sous le choc je tombe à la reverse et me tête cogne le coin d'un meuble derrière moi. Le stupéfix m'ayant engourdi le cerveau, je ne lâche qu'une faible plainte très disproportionnelle à la douleur qui m'irradiât le crâne. Fred fait l'erreur de se tourner vers moi pour voir si je vais bien. J'ai l'horreur de voir l'homme derrière lui pointer un objet inconnu et métallique dans sa direction. Mon cri de terreur est recouvert par le bruit infernal d'une détonation puissante qui me vrille les tympans. Une seconde plus tard Fred s'écroule au sol, juste devant moi. Dans une poussée d'adrénaline ma peur se transforme en fureur. Je récupère d'une geste vif ma baguette qui était tombée lors de ma chute et beugle :
STUPEFIX !
Cette fois l'homme n'a eu aucune chance. Il s'effondre, inconscient sur le sol de ma chambre. Je ne lui prête pas une seconde de plus de mon attention et m'approche de Fred qui ne bouge plus. La peur m'envahie et me tord l'estomac si fort que j'en ai la nausée. Je fais rouler mon frère sur le dos puis manque de m'évanouir. Sa chemise est déjà entièrement imbibée de sang. Refouler ma nausée devient soudain encore plus difficile. Je me rends rapidement compte qu'il y a plus de sang au niveau de son épaule. C'est avec épouvante que je remarque un trou et une boursouflure au même endroit.
Bordel qu'est-ce que c'est que ça ? fais-je horrifié.
Les yeux de Fred papillonnent et mon regard se porte immédiatement sur son visage d'une pâleur cadavérique.
Ron ? murmure-t-il d'une voix faible. C'est toi ?
Oui, oui c'est moi.
J'essaie de cacher mon anxiété mais je sais qu'il n'est pas dupe. Il me fait un faible sourire puis perd connaissance.
Fred ? FRED ? je l'appelle d'une voix faible en le secouant par les épaules sans succès.
Je sens que mes mains son poisseuses. Je tourne mes paumes et me sens défaillir. Elles sont couvertes de sang chaud. C'est seulement à ce moment-là que je comprends que la vie est en train de quitter le corps de mon frère.
MAMAN ! HERMIONE ! j'hurle d'une voix rauque.
George débarque une demi-seconde plus tard surement d'abord alerté par la détonation de tout à l'heure. Quand il avise le Fred sur le sol et la flaque de sang qui commençait à se former autour de son épaule, il blêmit. Il tombe à genoux et reproduit le même comportement que moi : il tente de réveiller Fred en le secouant. Moi au contraire je m'éloigne le plus possible jusqu'à être contre le mur, incapable de supporter l'horreur de la situation.
Hermione et maman ne tardent pas à arriver sur le seuil de la porte, accompagnée de Nathalie. La même angoisse que celle de George leur traverse le visage. Mais elles se reprennent bien plus vite.
Nathalie, va me chercher des compresses et des bandages dans la salle du bain du bas, ordonne ma mère en s'agenouillant aux cotés de George. Hermione sort ta baguette tu vas m'aider.
Mon esprit s'embrouille alors que ma vision devient tout aussi floue. J'entends vaguement ma mère et Hermione s'affairer autour de Fred, prononçant divers formules. Leurs voix sont lointaines comme si nous n'étions pas dans la même pièce. Moi-même je n'ai pas l'impression d'être là. J'aimerais me convaincre que tout ça n'est qu'un cauchemar mais le sang perfide sur mes vêtements et mes mains me rappelle à chaque seconde que tout cela est bien réelle et écrase le moindre de mes espoirs.
Je ne me réveille de ma torpeur qu'au moment où Hermione apparait devant moi. Sans un mot, elle m'attrape par le poignet et me sort de la chambre. Je n'ose même pas regarder Fred, George, Maman et Nathalie. J'ai trop peur de ce que je pourrais lire sur le visage. Je la suis tel un zombie jusque dans la salle de bain, à peine conscient de ce que je fais.
Hermione mouille un gant pour nettoyer le sang sur mes mains puis sur les siennes. Lentement et avec délicatesse, elle déboutonne ma chemise souillée de sang avant de la jeter dans le bac à linge sale. Elle m'enfile ensuite un de mes tee-shirt qui traine, comme si elle aidait une enfant à s'habiller. Je la laisse faire, bien incapable de bouger. Néanmoins je vois dans ses yeux une tristesse qui n'indique rien de bon. Elle m'entraine ensuite dehors nous faisant passer devant Owen, Ginny et Harry, assis sur le canapé. Je n'ai pas le temps de vraiment les regarder, ou plutôt je n'en ai pas la forme. J'ai assez vu de visage dévastés pour le reste de mes jours.
Hermione m'amène jusqu'à la balançoire où nous avions discuté il y a des semaines de ça. Elle est recouverte de neige. Alors que je commence enfin à prendre conscience de ce qui m'entoure, Hermione commence à parler :
Ron…
Sa voix est douce. Elle essaie de me rassurer, comme toujours. Sa main attrape la mienne. C'est devenu une habitude, un truc à nous. Avec une simple pression de doigt Hermione arrive à m'en dire qu'avec un long discours.
Ron, continu-t-elle, il va s'en sortir. Je te le promets.
Elle essaye de capter mon regard mais je tourne la tête. Je ne veux pas qu'elle y voit ma faiblesse ni ma culpabilité de ne pas avoir su protéger mon frère. Elle lâche ma main dont la chaleur me manque immédiatement. Puis me tourne le dos.
Je dois y retourner, ils ont besoin de moi.
Sa voix est plus froide. Je l'ai vexé. Je me mords la lèvre, me traitant d'idiot irrécupérable et d'insensible. Si mon frère respire encore là-haut c'est grâce à elle. Alors qu'elle commence à s'éloigner, sans vraiment réfléchir, je la retiens par le bras. Nos regard se croisent, enfin. J'y lis de la surprise plus qu'autre chose. Je déglutis difficilement, la gorge nouée.
« Reste. Reste avec moi, je t'en supplie. Ne t'en va pas. Si tu n'es pas là je vais m'écrouler. Reste… »
Ces mots je suis incapable de les prononcer. Tout ce que j'arrive à dire c'est :
Merci.
Hermione me fait un faible sourire avant de se détacher de mon emprise. Je la regarde marcher dans la neige jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans la maison.
Puis je me mets à courir, sans but, le plus loin possible de la maison. Je fuis encore, comme un lâche. J'en ai conscience c'est ça le pire. Le vent glacial traverse mon fin tee-shirt sans peine mais je continu de courir. Le vent et la vitesse me font pleurer. Ou peut-être que ce n'est pas çà. Je m'arrête au milieu d'un champ et hurle de toutes mes forces comme pour purger mon corps de la douleur. Il n'y a personne ici pour m'entendre à par les arbres gelé et quelques oiseaux.
J'hurle contre moi-même aussi. Parce que c'est de ma faute si Fred est blessé. S'il meurt comment pourrais-je encore regarder George en face ? Mon père m'avais dit de protéger ma famille mais j'ai fait tout le contraire. Stupide Ron. Je ne pourrais jamais être un Auror comme je l'ai toujours rêvé.
Ma voix finit par se briser et je me laisse tomber dans la neige. Le froid pénètre lentement mon corps et m'arrache de violents frissons. J'aimerais mourir ici à la place de Fred. Je ferme les yeux. Mais la couleur rouge pourpre du sang de Fred continu de danser devant mes yeux.
Tu as l'intention de te transformer en sorbet Ronnie ? fait soudain une voix une dizaine de minutes plus tard.
J'ouvre les yeux pour voir Owen penché au-dessus de moi. Il me tend une main que je saisis afin de pouvoir me relever. Owen à l'air fatigué et n'a plus rien du type rieur que j'étais allé chercher il y a quelques heure à peine à son lycée. Jusque-là il n'avait vu que la guerre de loin, sans jamais vraiment être impliqué. Les choses étaient bien différentes maintenant.
Ta mère s'inquiète, m'apprend-il.
J'allais rentrer, mentis-je. Et comment va…
Son état et stable, répondis Owen. Mais ta mère dit qu'il n'est pas encore sorti d'affaire. N'empêche, Molly et Hermione on fait du bon boulot…
Je ne réponds pas. J'ai trop honte car moi, contrairement à elles, je n'ai rien pu faire qu'être paralysé de terreur. Nous prenons le chemin de la maison en silence. A peine la porte franchie, Nathalie m'enroule dans un plaid, me met entre les mains une tasse de thé brûlante et me fait assoir sur le canapé. Ginny, George et Harry s'y trouve déjà et Owen ne tarde pas à nous rejoindre. Personne ne parle, chacun fui le regard des autres. L'atmosphère est tout bonnement invivable. Les minutes s'étirent et puis finalement ma mère et Hermione descendent nous rejoindre dans le salon. Cette dernière a noué ses cheveux et essuie la sueur de son front d'un revers de main. Elles ont l'air exténué.
Il va bien, son hémorragie a cessée, fait ma mère avant que l'un de nous n'a le temps de poser la moindre question. Mais il faut l'amener dans un hôpital, il a besoin d'une transfusion et…
Elle est coupée par l'arrivée de mon père, Rémus et Fol-œil qui se matérialise dans le salon. Ma mère leur a sans doute envoyé un Patronus car ils semblent déjà au courant de tout.
On ne peut peut-être pas l'amener à St-Mangouste, fait mon père comme s'il était au beau milieu d'une conversation. Mais j'ai un ami Médicomage qui serait ravi de nous aider. Il a été renvoyé l'an dernier car il avait un oncle moldu, je vais lui envoyer un Patronus tout de suite.
Il monte à l'étage avec Fol-œil sans un mot de plus. Hermione me fixe sans rien dire depuis le fond de la pièce où elle est debout, étrangement figée.
Il faut partir d'ici, dis-je brusquement en me tournant vers Rémus qui a pris place sur le vieux fauteuil non loin de nous.
Nous ne pouvons pas, répond Remus.
Pourquoi ça ? fais-je. Harry et Hermione sont en danger. Si ces hommes étaient là ce n'est pas par hasard. D'autres peuvent très bien revenir demain !
Ron, fait patiemment Remus, Harry ne peut pas partir de cette maison.
Quoi ? qu'est-ce qu'elle a de particulier cette maison ? n'importe laquelle ferait l'affaire !
Remus pose sa tasse sur la table basse, soupire et continu :
Dumbledore nous avait expliqué qu'Harry est soumis à un sortilège très puissant qui permet de le protéger tant qu'il est dans une maison qu'il considère comme son foyer. Une sorte de bouclier qu'aucun sorcier qui en veut à Harry ne peut franchir.
Voyant que je ne comprends toujours pas il poursuit sans se rendre qu'Owen, Hermione et Ginny écoute eux aussi :
Il est ici chez lui, parce qu'il partage le même sang que ses habitants.
Qu'est-ce que c'est que ce délire ? Je le saurais si j'avais un autre énième frère… mais d'un seul coup je comprends. Mon regard se vrille vers Nathalie qui capte mon regard et baisse aussitôt les yeux. Impossible. J'arrive pas à croire que je ne m'en sois pas rendu compte plus tôt.
J'entends Hermione poussé une exclamation. Elle vient aussi de comprendre.
Je me tourne vers Owen qui semble perdu. Harry est assis à côté de lui, le bandeau toujours autour des yeux. Mon regard passe de l'un a l'autre. Leur cheveux sont les même, tout comme leur nez, leur bouche et la structure de leur visage. Comment… comment une telle ressemblance a-t-elle pu m'échapper ? Je me tourne vers Lupin.
Nathalie est la cousine de feu Lily Potter, explique-t-il. Lily était une née moldu et quand la première guerre à éclater elle a fait en sorte de cacher l'existence des Porter dans le but de les protéger.
Ça veut dire que ce type est mon cousin ? s'exclame Owen ahuris en pointant Harry du doigt.
Exacte. Seul Dumbledore était au courant de ce lien de parenté. Et même après la mort de Lily il a continué d'honorer sa promesse et de laisser les Porter en dehors du conflit même s'ils étaient le dernier refuge d'Harry. Il nous a tout de même donné l'adresse, à utiliser en cas de grande nécessité…
Tu ne croyais quand même pas que toi et ta famille étaient arrivée par pure hasard ici après l'attaque du terrier tout de même ? fit la voix bourrue de Fol-œil qui redescendait l'escalier.
Petit à petit tout ce mettait en place dans mon esprit. Voilà pourquoi Nathalie n'avait pas été étonné de nous voir transplaner dans son salon il y a des années, voilà pourquoi notre magie ne lui avait pas fait peur… et les Mangemort qui étaient à nos trousses quand nous avions transplané depuis le chemin de traverse… ils avaient dû percuter ce fameux bouclier c'est pour ça qu'Hermione avait dit qu'ils avaient été comme « éjecté ».
Mais si moi je suis choqué, Owen lui est bouleversé. Il lance un regard lourd de reproche à sa mère puis se lève d'un bond du canapé pour s'isolé dans la cuisine. Hermione va immédiatement le rejoindre tandis que moi ça me prend plusieurs minutes pour me décider. Quand j'entre dans la cuisine ils sont déjà en train de discuter à voix basse et aucun d'eux ne me remarque.
Je n'arrive pas à croire que personne ne m'est rien dit, chuchote furieusement Owen assis sur le plan de travail. Tu le savais toi ?
Non, fait Hermione. mais ta mère te l'a caché pour ton bien, Owen, pas pour te faire du mal.
Peut-être mais elle aurait quand même du m'en parler ça m'aurais rassuré de savoir qu'il y avait des sorciers dans la famille, tu vois ? je me serais sentis moins diffèrent ! toute ces années à voir Ron et sa famille faire de la magie tandis que moi…
Sa voix meurt dans des murmures incompréhensibles et il baisse les yeux sur ses mains.
Owen tu n'as pas besoin d'être un sorcier pour être quelqu'un de formidable, dit doucement Hermione.
Owen éclate d'un léger rire puis plonge ses yeux dans ceux d'Hermione.
Ta bonté et ta gentillesse de perdra Hermy, fait-il. Mais merci d'être là.
Je te le dois bien, sourit-elle, tu étais là quand je me suis disputé avec Ron…
Oui d'ailleurs je n'ai pas bien compris le sujet de votre dispute, ça a un rapport avec moi ?
Non, bien sûr que non, le rassure Hermione. il m'en voulait de ne pas lui avoir parlé de mon statut de sang plus tôt.
Quoi ? juste pour ça ?
Hermione fronce les sourcils tout en se mordillant la lèvre.
Avec Ron tout est… compliqué… hésite-t-elle.
Elle n'a pas tort. Je pense plus ou moins la même chose d'elle. Le sourire qui s'étire sur mes lèvres disparait aussitôt quand j'entends Owen continuer :
Moi je ne suis pas compliqué tu sais…
Je crisse des dents. Owen qu'est-ce que tu es en train de faire ?
Il descend du plan de travail pour s'approcher un peu plus d'Hermione jusqu'à ce qu'ils soient face à face.
Qu'est-ce que tu veux dire par là ? fait Hermione perdue.
Owen s'approche encore et leurs visages ne sont plus qu'à quelques centimètres. Mes muscles se tendent instinctivement, comme prêts à intervenir de quelques façons que ce soit.
Ce que je veux dire, commence prudemment Owen, c'est que ton sang ne m'importe peu et si… et si le fait que je sois un moldu ne te dérange pas on pourrait…
Il laisse sa phrase en suspend car il n'a pas vraiment besoin d'en dire plus. Quand je le vois poser sa main sur la joue d'Hermione qui n'émet pas un mouvement. Je fais volte-face et quitte le seuil de la cuisine, incapable de respirer ici plus longtemps. Ma poitrine me fait mal et ma colère est engloutie par une vague de tristesse dévastatrice.
Je n'ai qu'une envie : m'isoler à nouveau. Mais quand je débarque dans le salon mon père et Fol-œil sont en train de transporter Fred hors de la maison jusque dans la vielle voiture garée devant la maison. En passant, Fred m'adresse un faible sourire depuis sa civière de fortune. Il est livide, ses lèvres sont bleues et son épaule est recouverte de bandages épais mais immaculés. C'est cette vision qui me rappelle à l'ordre. Je ne peux fuir sans cesse les situations compliqué. Et ma mère a besoin de moi, tout comme George et Ginny. Je dois rester, pour eux.
Lupin s'approche de moi.
Ton père amène George chez un médicomage. Ta mère et George les accompagne et fol-œil doit s'occuper des deux policier. Je vais passer la nuit à faire des ronde autour de la maison mais j'aimerais que tu me promettes que vous vous tiendrais à carreaux toi et les autres, que vous ne tenterez pas le diable.
Je ne vois pas pourquoi on ferait ça, lâchais-je, incapable de masquer ma mauvaise humeur.
Owen et toi aviez l'air assez bouleversé quand vous aviez appris pour Harry…
Si tu le dit, fis-je en haussant les épaules avant de m'affaler sur le canapé coupant-court à la conversation.
Harry est toujours assis là et je crois même qu'il n'a pas bougé d'ici depuis le début.
Salut Ron, dit-il simplement.
Salut Harry.
Etre enfin avec quelqu'un qui se comporte normalement me fit du bien. A l'évidence Harry ne sait pas vraiment ce qui se passe autour de lui. Et même s'il le sait, il a l'intelligence de ne pas en parler. Le fait qu'il soit le petit-cousin d'Owen ne me le fait pas voir différemment étrangement. Pour moi il reste le même Harry. Par contre je ne peux pas dire qu'il en est de même pour Owen…
La maison se vide petit à petit. A vingt heures il ne reste plus que Ginny, Hermione, Owen, Harry et moi. Nous mangeons en silence ce que maman nous a rapidement cuisiné avant de partir. L'atmosphère est maussade car personne n'ose parler. Owen et Hermione n'ont pas vraiment changé de comportement. Mais malgré ça je sais qu'il s'est passé quelque chose dans la cuisine tout à l'heure. Je ne préfère pas imaginer quoi.
Quand la nuit tombe Hermione propose que nous dormions dans des sacs de couchages dans le salon. Tout le monde approuve l'idée car personne n'a envie de dormir seul après ce qui s'est passé et aucun Auror dans la maison. Le seul qui a le sourire aux lèvres c'est Harry, sans doute heureux de ne plus dormir seul dans la grange.
J'aide Ginny à entrer sans son cas ce couchage, pose ses béquille contre la table de la salle à manger, puis me glisse dans le mien. Hermione éteint la lumière d'un coup de baguette et le noir engloutis la pièce.
Je ferme les yeux, mais bien que je sois exténué je sais que je ne dormirais pas cette nuit.
