Chapitre Treizième

LA Milieu Hôpital.

David et Péry se séparèrent à l'accueil de l'hôpital. Ils convinrent en effet que David irait interroger M. Equis qui se trouvait au service hématologie alors que Péry se rendrait en neurologie où l'autre garde, M. Alexander avait été admit. Prévenu par l'accueil, le médecin d'Alexander, une toute petite femme à l'air très assuré attendait à l'entrée de la chambre.

« M. Alexander souffre de multiples complications dues aux irradiations. Ses chances de passer la nuit sont nulles. Je vous demanderais donc d'être la plus brève possible » commença la doctoresse d'un ton qui n'admettait pas de réplique. « Je dois aussi vous avertir, les conséquences neurologiques de l'irradiation sur le patient sont assez surprenantes. » Reprit la médecin dans un sourire énigmatique.

Et devant le regard interrogatif de l'agent.

« Vous aimez la poésie ? »

« Je suis ni pour ni contre bien au contraire… Quoique » s'embrouilla Péry déstabilisée par l'incongruité de la question.

«12 pieds toujours en rime affirma la docteur, le cerveau est décidemment un organe insondable. Enfin, je vous laisse vous rendre compte par vous-même. »

« Bonjour M. Alexander, je me présente, je suis l'agent Sologie du FBI.», dit doucement Péry qui bien qu'elle soit face à un suspect ne pouvait s'empêcher de voir aussi l'homme à l'agonie. Nous savons que vous œuvrer en travaillant pour Monsanto et nous voulons savoir ce qui s'est exactement passé il y'a deux jours en arrière à Littletown ».

L'homme n'avait rien à perdre et très peu à gagner ; il savait qu'il mourrait avant le soir et était heureux de pouvoir soulager sa conscience. Il prit une profonde inspiration et se lança dans un long monologue :

« Ils étaient trois jeun' gens qui saccageaient un champ,

Ce champ nous étions engagés par Monsanto

Pour le garder. Nous étions leurs généraux !

Apprenant les forfaits de ces trois garnements

Cette nuit là, la milice donna l'assaut.

Les jeunes se réfugièrent dans l'entrepôt

Courant criant fuyant, la milice à deux mètres,

Une salle isolée leur servit de retraite

Mais sitôt entrés, hé, ils y furent assiégés.

La milice rigolait de cette punition

Pas méchante il est vrai pour de tels trublions.

S'égrèneront les heures et avant le matin

Nous les libèrerions sans autre baratin.

Mais sans le savoir nous les avions damnés

Quand nous les virent morts nous fûmes affolés ;

Transportant les trois corps aux lieux de leur méfait

Nous pensions alors que personne ne saurait.

Mais c'était sans compter la justice divine,

Qui nous empoisonna du forfait de nos crimes !

Oh rage, Oh désespoir Oh … »

Mais le repentit ne put achever sa tirade et mourut dans quatre derniers râles.

Une seconde avant sa mort, il était encore en vie ! Remarqua tristement Péry.