Le jour se leva bien plus tôt que certains ne l'espéraient. C'était un matin tranquille, une bonne journée qui s'annonçait, en somme. Dans la grande salle, un somptueux festin avait été préparé en guise de petit-déjeuner, comme à l'habitude des elfes de maison qui travaillaient de manière effrénée. Cependant, il régnait dans la pièce vide une sorte de menace, une atmosphère d'angoisse indicible. Ce fut d'abord au tour de Dumbledore d'arriver, pour venir s'installer sur l'espèce de vieux trône qui n'en était pas vraiment un. Le vieil homme tenait en main la gazette du sorcier, qu'il avait déjà dû regarder une centaine de fois tant celle-ci était froissée. Comme si Dumbledore avait tenté d'effacer la première page. Comme si ce n'était qu'un cauchemar. Ce fut ensuite au tour du professeur Rogue d'arriver. Celui-ci était impassible, comme à son habitude, et s'installa sur le siège le plus à gauche. Il contempla la salle commune qui était désespérément vide, hocha brièvement la tête en direction du directeur et s'installa, sans mot dire. Le professeur Mac Gonagall fut le professeur qui se montra la plus angoissée. Elle arriva la bouche pincée, allant d'emblée murmurer quelques mots à l'oreille de Dumbledore qui hocha la tête et lui murmura d'aller s'asseoir. Minerva Mac Gonagall s'exécuta de mauvaise grâce, car il lui semblait que Dumbledore n'avait pas tout à fait saisi les différentes menaces qui pesaient sur les élèves. Les autres professeurs s'installèrent la mine contrite, tous sans s'adresser la parole, un air de terreur pure et simple sur le visage.
L'atmosphère de la salle changea lorsque les élèves arrivèrent. Un groupe de Serdaigle de première année, toujours à l'heure, se présenta comme à son habitude en pyjama. Le groupe prit place presque solennellement pour prendre le petit-déjeuner, ce qui avait pour habitude de faire sourire Dumbledore. Pas aujourd'hui. L'homme se leva et leur somma de retourner se changer. Les Serdaigles, affolés et étonnés, ne se firent pas prier et détalèrent à toutes jambes. Minerva Mac Gonagall avait roulé des yeux en direction de Dumbledore. Elle comprit immédiatement qu'il était en fait totalement conscient des dangers que tous couraient, et qu'il était totalement impuissant face à cela. Peu après, une affluence d'élèves toutes années et maisons confondues qui se bousculaient et éclataient de rire se présenta. Les préfets semblaient bien entendu tout à fait débordés, mais certains n'hésitaient pas à faire des blagues aussi. Ambiance quelque peu différente chez la nuée de Serpentards qui arriva pour prendre place à la table. Chacun chuchotait dans l'oreille de l'autre, regardant de part et d'autre de la salle, ou parfois derrière, d'un œil inquiet. Une étrange animation semblait régner à table, et les élèves ne remarquèrent même pas le jus de patacitrouilles, qu'ils affectionnaient tout particulièrement d'ordinaire. Un nom revenait régulièrement dans les chuchotements et l'agitation des Serpentards. Draco Malefoy. Blaise Zabini, qui se déclarait proche de lui alors qu'il ne l'était pas vraiment, disait avoir une théorie sur le sujet. Pour trente mornilles, il dévoilerait tout. Les élèves se bousculaient donc pour entendre son récit, en sortant discrètement la monnaie de leurs poches. Les élèves des autres maisons arrivèrent, et ceux-ci, même s'ils étaient beaucoup plus discrets, se posaient tout de même quelques questions à propos de Draco Malefoy et de son soudain retour chez les Serpentards. Les oreilles à rallonge avaient du bon pour ce qui était d'espionner les maisons adverses …
L'objet de toutes les conversations se présenta, quelques temps après. Il était impeccable, et il recommençait à bousculer des élèves de première année et était de nouveau accompagné de Crabbe et Goyle. En somme, tout allait pour le mieux. Derrière lui trottinait Lily Cole, qu'il avait réussi à faire revenir auprès de lui, si toutefois celle-ci était un jour partie. Il s'installa à la table, écartant des élèves de Serpentards afin de prendre tranquillement son petit-déjeuner. En apparence. Malefoy jeta un coup d'œil anxieux aux alentours. Les hiboux n'étaient pas encore arrivés. Ce n'était qu'une question de temps. Granger n'était pas là non plus. Malefoy croyait vaguement distinguer Weasley et Potter, mangeant avec une espèce de ferveur et ne prononçant pas un seul mot. Draco se leva de table pour proférer quelques menaces à Blaise Zabini, qui cessa tout de suite son espèce de commerce. Il se rassied ensuite et se servit, sous un silence presque religieux, une multitude de regards figés sur sa personne. Crabbe et Goyle, qui se croyaient en devoir de protéger Malefoy, lançaient des œillades qu'ils voulaient meurtrières à quiconque voulait parler. Ils pensaient sincèrement faire peur aux élèves, mais c'était en fait la présence de Malefoy qui pétrifiait les Serpentards.
Hermione Granger arriva dans la salle commune, les cheveux emmêlés, la mine contrite et les yeux boursouflés, comme si elle n'avait pas dormi et pleuré toute la nuit. Elle commença par s'emmêler les pieds dans sa robe de sorcière, ce qui la fit tomber à terre et provoqua une multitude de regards tournés vers elle ainsi que des fous-rires. Sauf chez les Serpentards, trop occupés à épier leur prince. Hermione se releva rapidement, feignant d'ignorer les rires. Elle jeta un coup d'œil anxieux vers Harry, qui ne daigna lui accorder un regard. Elle tenta ensuite de regarder Ron, qui haussa les épaules d'un air désolé en la voyant. Hermione s'installa donc à l'opposé. Le problème, c'est que d'où elle était, elle pouvait tout à fait voir Draco Malefoy. Le fait était qu'elle n'en avait pas du tout envie. Pourtant, c'était ça ou se faire ignorer par Harry qui risquerait de tout révéler à propos de ce qui s'était passé. La jeune fille se servit donc un café, sans doute rapporté du monde moldu par les elfes de maison. Elle songea que cela allait sans doute la réveiller et lui montrer qu'hier n'était qu'un cauchemar qui n'avait jamais existé. Cependant, le café n'en fit rien.
Lorsqu'une nuée de hiboux se mirent à tournoyer et à lancer une multitude de paquets sur les tables, Dumbledore les regarda avec inquiétude, et il sut qu'il se devrait de rassurer au mieux ses élèves. Tous déplièrent machinalement les gazettes que leur avaient apportées les hiboux. Tous laissèrent tomber ce qu'ils étaient en train de manger ou de boire. Des tasses avaient été brisées, des jus de patacitrouilles renversés et des raisins à moitié mangés gisaient sur le sol. Un silence de plomb se fit. Les élèves n'osèrent même pas toucher aux cadeaux que leurs familles leur avait envoyés, trop choqués par l'information qu'ils venaient de recevoir. Les regards se braquèrent à nouveau sur Draco Malefoy. Seulement, cette fois, le jeune homme était observé par toute la salle. Certaines personnes comme Lily Cole étaient compatissantes, et pensaient « Pauvre Draco, il aura sans doute besoin de soutien dans cette épreuve !». Pour d'autres, comme pour Blaise Zabini, Draco était comme son père et ferait sans doute une brillante carrière aux côtés de Voldemort. Enfin, pour un grand nombre de Gryffondor, comme pour Harry Potter, Draco Malefoy était une vermine à exterminer. Ce qui était sûr, c'était qu'aucune personne présente dans la salle commune ce jour là n'était indifférente à ce qui venait de se passer. Aucune.
Il avait pourtant toujours été de notoriété publique que Lucius Malefoy était à Azkaban. Cependant, le ministère de la magie s'était évertué à faire taire cette affaire, tant et si bien que les gens ne considéraient plus cela comme une priorité absolue. Il fut un temps où Lucius Malefoy faisait partie de ces gens réputés pour leur excellente maîtrise et leur professionnalisme à toute épreuve. Il travaillait au ministère de la magie, mais également dans de grandes et prestigieuses institutions, où il avait joué un grand rôle. Ses collègues avaient commencé à se poser des questions lorsqu'il avait commencé à suggérer d'établir une loi pour que les sorciers de sang-pur soient considérés comme supérieurs. Un autre soir, à un dîner d'affaires où il avait sans doute un peu bu, il avait proclamé que le travail qu'effectuait Bellatrix Lestrange sur les sorciers de sang souillé était tout à fait admirable. Le coup de grâce avait été porté lorsque l'un des collègues de Lucius l'avait vu jeter le sortilège impardonnable sur une sorcière en attente d'être jugée. Celle-ci avait bien évidemment péri, ainsi que l'informateur qui avait été probablement tué par un mangemort.
Dans l'entourage de Malefoy, les gens tentaient de rester dignes. Narcissa continuait l'éducation de son fils comme s'il ne s'était rien passé. Il semblait même que celle-ci était plus heureuse. Elle continuait à envoyer Draco aux réunions des mangemorts, qui prétendaient qu'il était un élément prometteur. Narcissa savait que si elle ne prenait pas cette précaution, Voldemort risquait de venir les tuer, elle et son fils. L'épouse de Lucius, qui se rendait régulièrement à des dîners mondains, affirmait que son mari voyageait beaucoup pour le ministère de la magie. Cependant, aucune de ses prétendues amies n'était dupe, connaissant la vérité. Toutefois, elles acquiesçaient poliment afin de ne pas ajouter plus de honte à ce que devait déjà ressentir Narcissa.
Dans la salle commune, l'épais silence qui s'était installé se dissipa rapidement pour faire place à des cris et à des menaces proférées à l'égard de Malefoy. Certains Serpentards acclamaient Malefoy et le félicitaient d'avoir un père si dévoué. Les élèves partageaient également leurs appréhensions les uns avec les autres. Certains pleuraient, d'autres se taisaient. Ils savaient tous pertinemment que Lucius Malefoy était un des bras droits de Voldemort, et que s'il revenait, Poudlard serait en grand danger. De son côté, Draco affrontait les insultes avec son habituel masque d'indifférence. Il se fermait au monde extérieur et n'entendait qu'un brouhaha indistinct. En vérité, il se concentrait sur le visage d' Hermione Granger. La jeune fille était la seule à être plongée avec attention dans la gazette du sorcier, comme si elle tentait de trouver des réponses à certaines de ses questions. Elle avait froncé les sourcils en signe de réflexion intense, et il semblait qu'elle était sur le point de découvrir quelque chose.
A la table des Gryffondor, et tandis que les insultes fusaient de toutes part, Hermione était en train de parcourir avec attention les pages de la gazette. Elle savait ce que Draco cachait. C'était donc ça. Son père était à Azkaban. Bien sûr, elle l'avait su, mais cela lui était passé par-dessus la tête à l'époque. Son père était à Azkaban … Il était sans doute donc le bras droit de Voldemort, et comme il était revenu, et sans doute en cavale, il retrouverait Bellatrix. Celle-ci lui ferait part de ce qu'elle souhaiterait faire, et la jeune fille serait sans doute en danger. Hermione songea également à Malefoy. Elle était persuadée que son père voudrait qu'il rejoigne les rangs des mangemorts. Ce n'était pas déjà fait, Hermione en était quasiment sûre pour n'avoir vu aucune trace de l'inscription sur les avant-bras du jeune homme. Tout s'expliquait donc. Il cachait des choses. Hermione pensait qu'elle avait trouvé une partie de l'une d'elles. La jeune fille fut interrompue dans sa réflexion par la voix du directeur.
En effet, Dumbledore s'était levé et avait fait signe aux élèves de se taire. Sans succès. Il avait donc utilisé ce qu'il nommait « la bonne vieille méthode », et qui marchait à tous les coups. Le directeur avait utilisé un sort d'amplification de la voix, avant de crier d'un air satisfait :
- Silence !
Le mot résonna durant de longues secondes dans la salle commune. Tous les élèves détournèrent leurs regards de Draco Malefoy, et le posèrent cette fois sur Dumbledore, surpris et penauds. Au milieu du chaos, il semblait que le vieil homme faisait office de repère. Tout le monde s'en remettait à lui.
Dumbledore s'éclaircit la voix et commença donc à parler.
- Bien. Je vois que bon nombre d'entre vous avez pris connaissance des récents événements. Nous ne pouvons malheureusement pas ramener Lucius à Azkaban, à moins de le traquer jour et nuit, ce qui, je le pense, épuiserait bien vite bon nombre d'entre vous !
Un bref éclat de rire général se fit entendre. Même dans les pires moments, Dumbledore trouvait le moyen d'apporter une touche de fantaisie et d'humour …
- Nous allons donc poursuivre les activités de Poudlard. Les cours seront maintenus, et se passeront de manière habituelle. Il va cependant de soi que la vigilance sera renforcée dans le château.
Des murmures de protestation se firent entendre, que Dumbledore fit taire bien vite.
- Silence ! Nous n'allons pas abandonner parce qu'un mangemort s'est échappé ? Nous combattons Voldemort depuis bien plus longtemps, et il me semble que celui-ci a vécu des heures sombres … Les professeurs ainsi que moi-même allons tout mettre en place pour faire en sorte que vous soyez en totale sécurité. Soyez-en sûrs, Poudlard sait se protéger !
Quelques élèves se mirent à applaudir, suivis de presque tous les autres, comme si la désapprobation de leur part n'était déjà qu'un lointain souvenir. Dumbledore balaya l'assemblée et reprit la parole, s'arrêtant sur un visage. Celui de Draco Malefoy. Il fixa le jeune homme de ses yeux perçants et commença à parler.
- Quant à monsieur Malefoy, j'aimerais que vous le laissiez tranquille. Son père est un mangemort, mais ce n'est certainement pas son cas. Si j'apprends que vous vous en prenez à lui, de quelque manière que ce soit, je risque de sévir.
L'intéressé eut une brève mimique de remerciement presque imperceptible. Il n'aurait jamais pensé un jour avoir à être reconnaissant à propos du directeur. Non loin de là, Harry Potter semblait furieux. Dumbledore protégeait Draco Malefoy, alors qu'il savait très bien que ce n'était pas quelqu'un de bien, que c'était une personne à fuir, tout comme son père. Le jeune homme quitta la table, suivi de son ami Ron qui ne comprenait décidément pas grand-chose à ce qui se passait. La cicatrice d' Harry recommençait à le démanger, et des bribes d' événements lui parvenaient. Il avait notamment vu le retour de Lucius Malefoy, qui avait été notamment salué par la venimeuse Bellatrix.
Dumbledore avait vu Harry quitter précipitamment la salle. Il s'était rassied calmement, et s'était contenté d'observer les élèves, sachant pertinemment qu' Harry Potter viendrait dans son bureau pour lui demander des explications, et, certainement aussi, pour se confier. Le vieil homme savait qu'il prenait les bonnes décisions, et qu' Harry ne voulait tout simplement pas l'admettre, sans doute à cause de vieilles rivalités …
Le petit-déjeuner se poursuivit, cette fois dans une ambiance un peu moins tendue. Les élèves n'osaient plus parler de la gazette, et certains avaient même décidé de la mettre en pièces, ou encore de la brûler, comme si cela suffisait à se protéger de son contenu. Les cadeaux avaient enfin été ouverts, comme s'il ne s'était rien passé, et les élèves éprouvaient une sorte de joie contenue et étrange à leur vue. Ils pensaient tous, au fond d'eux-mêmes, qu'il se passerait bientôt quelque chose qui les empêcherait de profiter de leurs cadeaux, et, plus largement, de leurs vies. Pourtant, ils gardaient tout cela pour eux, et avaient décidé que ce matin serait une belle journée … Le discours de Dumbledore les avait certes rassurés, mais ils savaient aussi que Poudlard n'était pas invincible …
Draco Malefoy continua tranquillement de prendre son petit-déjeuner, lorsqu'il s'aperçut qu'une lettre avait été glissée dans sa poche de pantalon. Il jeta un coup d'œil aux alentours. Personne. Sans doute un elfe de maison … Il vérifia que les autres élèves étaient occupés à dévorer leur nourriture et à parler avec animation (encore de lui et de l'affaire du dortoir, cette fois, et sans se cacher.) Après s'être rassuré, il ouvrit l'enveloppe avec précaution. Il était simplement écrit « Draco » d'une écriture que celui-ci ne connaissait que trop bien. Parfaite, ronde, toute en boucles maîtrisées. Il trembla légèrement, ce qui ne lui était sans doute plus arrivé depuis un moment, tout au moins en ouvrant une lettre. En dépliant le mot, Draco sut que sa perdition et celle de tous les autres était déjà en marche. Seulement, il ne pouvait rien faire pour lutter puisque l'instigateur de tout cela n'était autre que son père.
Le papier était racorni et brunâtre, il ressemblait à une sorte de parchemin improbable. L'écriture était semblable à celle présente sur l'enveloppe, elle semblait toutefois présenter les traces d'une fébrilité qu'avait probablement éprouvée Lucius.
« Draco, le Maître des Ténèbres se souvient de tout ce que tu as fait pour lui. Tu as été absent ces derniers temps, il y a encore fort à faire pour éradiquer ces sales sang de bourbe. Maintenant que je suis revenu, nous allons pouvoir être heureux. Toi, ta mère, et moi. Comme nous l'étions avant, grâce à mon ascension. Je vais veiller personnellement à ce que tu ne manques de rien et à ce que tu reviennes pendant les prochaines vacances. Mon séjour à Azkaban était pénible, et je suppose que je vous ai manqué. J'ai une tâche à accomplir, et je suppose que tu vas m'aider. Je t'en informerai par courrier prochainement.
Lucius, ton père. »
Draco tourna et retourna le papier dans ses doigts, réfléchissant à qui pouvait bien être le traître dans le château, et pensant à ce père qu'il ne considérait pas comme tel. En fait, il voyait plutôt son père comme une sorte d'inconnu qui lui aurait envoyé cette lettre par erreur. Draco serra les poings et fit une cocotte en papier avec le mot, afin de ne pas alerter ses camarades. Il murmura ensuite :
- Incendio.
La cocotte partit doucement en fumée, sous le regard attentif d' Hermione Granger qui se plongea dans celui de Draco Malefoy, en proie à une panique grandissante et attentivement maîtrisée. Pour une fois, Hermione ne relâcha pas son regard, et ce fut Draco qui capitula le premier. A la grande surprise de la jeune fille. Une fois le papier entièrement brûlé, Draco ne demanda pas son reste et en éparpilla les cendres, laissant le soin aux elfes de maison de tout nettoyer. Il partit ensuite aux cachots, où l'attendait Rogue, qui souhaitait visiblement lui parler. Le professeur lui fit en effet signe d'entrer dans la salle où il assurait d'ordinaire ses cours, et jeta le sortilège d' Insonoris afin de décourager les éventuelles oreilles indiscrètes.
Hermione était toujours attablée, la Gazette entre les mains. Les événements allaient tellement vite qu'elle n'avait même pas le temps d'y réfléchir et que cela la paniquait. Elle avait compris de nombreuses choses, à tous niveaux. La jeune fille savait notamment qu'il serait très difficile de récupérer son amitié avec Harry, et que Ron saurait sûrement bien vite la vérité. Elle savait que ce n'était plus qu'une question de temps avant qu' Harry ne lui demande de plus amples explications. Son meilleur ami était amoureux d'elle, et voulait certainement la tuer à cette heure-ci. Draco était parti, pour quelle raison ? Hermione était toujours persuadée que c'était pour cette histoire de baiser, bien que le fait que Lucius se soit évadé d'Azkaban puisse également jouer à présent. La jeune fille se prit la tête entre les mains. Il faudrait forcément qu'elle affronte Bellatrix, un jour ou l'autre. Sûrement seule. Il faudrait également qu'elle retrouve Malefoy, pour lui dire de rester auprès d'elle, parce qu'elle commençait à l'admettre, malgré tout, la présence de Malefoy l'apaisait.
Tandis que la salle commençait à se vider et que les élèves partaient en cours, Luna resta sans mot dire près d' Hermione, qui semblait ne pas l'avoir remarquée. Elle détailla les expressions de la jeune fille, son front soucieux, ses sourcils obstinément froncés. Ses yeux fatigués. Elle se dit qu'elle devait vraiment être épuisée. Luna Lovegood remarqua également ses cheveux en bataille, qui devaient certainement receler une multitude de nœuds. La jeune fille sortit donc une brosse de sa robe de sorcier, spécialement conçue pour transporter beaucoup d'objets, et entreprit de brosser les cheveux d' Hermione, qui ne remarquait visiblement pas ce que Luna était en train de faire. Pourtant, Luna n'y allait pas de main morte. Ce fut même elle qui fit seule la conversation, presque comme à son habitude.
- Tu sais, Hermione, je comprendrais que tu ne veuilles pas me parler !
Après avoir prononcé cette phrase, elle tira les cheveux d' Hermione un peu plus fort, ce qui ne provoqua toujours aucune réaction chez la jeune fille. Enfin, presque. Hermione poussa un léger soupir et continua à parcourir fébrilement l'article.
Luna haussa les épaules.
- J'ai entendu dire que les trolls étaient très gentils, il paraît qu'on peut les dresser …
Toujours pas de réaction apparente. Luna passa alors à la vitesse supérieure, tout en démêlant les nœuds.
- Hermione, je suis amoureuse de Ron !
Hermione releva alors brusquement les yeux de la Gazette qui la passionnait tant.
- Luna, tu peux répéter ?
- Je suis amoureuse de Ron !
- C'est vrai, ou c'est juste une ruse pour me faire lever les yeux ?
Luna lui répondit très sérieusement.
- Non, c'est vrai, je suis amoureuse de Ron !
Hermione prit la révélation de son amie comme une bénédiction. Elle allait enfin pouvoir penser à autre chose. La fille aux cheveux exceptionnellement soyeux sourit doucement à son étrange amie, et l'invita à s'asseoir à ses côtés pour en parler.
Voilà, un nouveau chapitre ! Désolé du retard, j'avais quelques soucis à régler. Je sais qu'il y a beaucoup de descriptions, mais il me semble que c'était nécessaire pour mieux comprendre. J'espère qu'il vous plaira, et que vous passerez une bonne lecture ! En tous les cas, j'espère également que vous avez passé de bonnes vacances. :)
