Disclamer : Les personnages ne seront jamais à moi.
Auteur : Sebarrya (Seb' si vous préfèrez).
Note : Peu d'actions, je pense que je vous en ai donné assez au cours du dernier chapitre, une sorte de transition avant le prochain flash-back. Bonne lecture.
Chapitre quatorzième :
Passé présent
Ce sont derrières les mots que nous nous cachons. Les mots mentent, les mots trompent, les mots tuent. Il suffit d'une phrase, d'une seconde d'inatention pour tout briser. Je n'ai pas les mots, pas le vocabulaire, pas la force de hurler tout ce que je ne fais que murmurer dans le silence de la nuit. Je suis muet, de la plus dure des façons. Les mots me manquent pour m'exprimer, les mots me lâchent et ma voix se brise. Je suis muet par manque d'éducation. Là où une simple phrase vous suffirait à exprimer votre pensée, je me perds dans mes explications car les mots refusent de s'allier à ma cause.
Alors je me tais, j'observe en silence. Il faut dire que je n'ai jamais eu l'occasion d'avoir de véritables conversations, donner son prix sur un trottoir n'est pas discuter philosophie dans un café, tout simplement. Je suis muet par manque d'habitude, manque d'occasion de parler. Je ne mens pas, il faut parler pour cela. Je suis transparent, si facilement discernable quand je m'exprime. Je ne sais pas dire oui de façon convaincante quand je dis non. Je ne sais pas dire ce que je ne pense pas. J'étais muet, jusqu'à ce qu'on me rende ma voix.
Tout change. Rien ne peut figer le présent. Le présent est changeant et instable. Mon présent me terrifie. Mon présent me semble illusoire, impensable. Alors j'attends simplement qu'il se brise, comme tout les autres présents de mon existence. La réalité n'a pas attendu, je n'ai pas eu le sursis demandé. Avant même que je puisse fermer les yeux, le passé est revenu me hanter. Je n'appartiens pas à ce présent. Je suis bloqué dans un passé éternel, qui se rejoue encore et encore dans mon esprit. Mon passé est mon unique présent.
Il me détruit, me gangrenne peu à peu. Il me raccroche à la réalité. Il me fait sombrer tout en me forçant à avancer. Deux pas en avant, un pas en arrière. Le présent est si beau, si parfait, si simple. Le passé si violent, si incertain, si difficile à oublier. On n'oublie pas, jamais. On vis avec, on souffre avec, les douleurs s'aditionnent et on finis par mourir avec. J'ai l'âme estropié, amputé, irréparable. Et l'oublier ne serais ce qu'un instant ne m'a conduis qu'à un sursaut de douleur encore plus violent que d'habitude. Le passé est une douleur sourde, constante, un simple bruit de fond. Oublier ce bruit de fond, c'est s'exposer au risque qu'il nous assourdisse en réaparaissant. Et il m'a rendu sourd.
Vingtième fois qu'il meure pour ressuciter. Vingtième fois que je le tue. Ses yeux me supplient d'arrêter. Je caresse doucement sa fourure marron, comme pour m'excuser. Je ne voulais pas le faire souffrir. J'ai toujours rêver d'un chien, aujourd'hui, je dois le tuer encore et encore pour un entraînement dont je n'ai rien à faire. Je me tourne vers Draco. Il semble comprendre mon malaise.
"Ce sera tout pour aujourd'hui. Encore merci Mère pour avoir accepter de le ressuciter afin qu'Harry puisse s'entraîner."
Narcissa Malfoy lui adresse un sourire mélancolique puis se penche pour l'embrasser sur la joue avant de sortir de la pièce. Je tente d'apaiser le chien du mieux que je peux alors que j'entends Draco soupirer dans mon dos. Nous sommes seuls. Une fois de plus, une fois de trop peut être. Je ne veux pas qu'il parle d'hier. Hier ne signifiait rien, hier n'était qu'une erreur. N'est ce pas ?
"Harry ?"
J'aimerais qu'il se taise. Je ne connais que trop bien la suite. S'il veut continuer, il souffrira, il ne comprendra pas mon blocage, s'il veut arrêter, je crois que ce serais une nouvelle blessure à mon âme. Ne peut-on pas simplement ne rien dire, laisser les choses se faire sans les gâcher par nos paroles. Mais ça ne marche pas comme ça, n'est ce pas ? Je hausse les épaules sans oser me tourner vers lui.
"Hier ...
- Hier n'était qu'un rêve. Aujourd'hui, c'est la réalité. Le repas est-il prêt ? J'ai faim."
Un soupir las me répond. Je ferme les yeux. Je n'ai pas la force de penser que ma réponse a pu lui faire du mal. Je n'ai pas le courage d'imaginer qu'aujourd'hui c'est moi le bourreau, une fois de plus. Je ne suis pas prêt à avoir une relation avec quelqu'un, pas assez fort pour supporter le rejet. Le doute et le déni sont bien plus rassurants à mes yeux. Sa main frôle mon épaule dans un geste avorté, puis je l'entends s'éloigner.
"Il sera prêt à treize heures."
Ses mots se perdent dans un claquement de porte. J'ai un sursaut violent. Il est parti. Pourquoi ai-je si froid soudain ? Pourquoi sans lui, tout ceci n'a plus aucun sens ?
J'entre lentement dans l'eau tiède, avec beaucoup de précaution je m'allonge dans la baignore de marbre. La lune seule éclaire la pièce. Je fixe le plafond. Présent ou passé. Je ne sais plus. Je ne veux plus oublier pour mieux replonger. On compose avec son passé, mais comment composer avec la destruction ? Je m'allume une énième cigarette. Relent d'un passé, souvenir de la première que j'ai allumé ce soir d'octobre deux-mille-quatre alors qu'un client de trop avait oublié son paquet sur la table. Ce goût acre dans la gorge, cet élancement dans la tête et cette désinvolture qui m'avait envahi. Factice, tel cette cigarette qui se consume entre mes lèvres.
Le goût du tabac m'avait fait oublié le goût des lèvres qui avaient violé les miennes. Un oubli de plus, se laver de son souvenir par une substance de plus. Puis j'ai découvert l'alcool, la drogue de temps en temps. L'oubli faisait tant de bien à cette époque car je le contrôlais. J'éteinds la cigarette dans ce cendrier en cristal qui ne m'appartiendra jamais. Je retire le bouchon retenant l'eau puis allume le jet d'eau brûlante. Douloureusement, violement, je frotte mon corps au sang. Mais la saleté ne partira plus, ce sentiment d'être souillé fait désormais parti de moi. L'eau devient rouge sombre, presque noire sous l'éclairage nocturne. Comme ce soir d'octobre deux-mille-quatre où pour la première fois c'est de mon sang qu'on avait joui.
A suivre ...
Il y a un mois je criais, je hurlais, je ne supportais plus vraiment les compliments, j'avais l'impression de me perdre à chaque chapitre de cette fanfiction que je postais, je n'arrivais plus à l'écrire, j'étais insatisfaite, une part de moi s'était perdue en écrivant le chapitre treize, il m'a fallu près d'un mois pour la retrouver. Je ne sais plus si j'arriverais à écrire la suite.
Bisous et à bientôt,
Seb' ("Il résonne encore longtemps à mes oreilles ce long rire silencieux" L'ombre de la neige, chapitre 1 Kev'linka)
Clem : Merci de ta review et de toutes celles que tu as laissé sur d'autres de mes écrits. Je ne sais si je mérite ton respect et ton admiration, je ne fais qu'aligner des mots, décrire des scènes qui me hantent, rien de plus. Je suis simplement heureuse de savoir que ce que j'écris, imagine, puisse te plaire.
