Lumos

Note : Je recherche toujours un betareader ou une betareadeuse, pour traquer les diverses fautes et incohérences de l'histoire ; merci de me faire signe si vous êtes intéressé. Padrdon pour les 15 jours de retard sur mon planning de publication, mais j'ai des semaines très chargées en ce moment ; Merci pour votre patience.

Chapitre 14 : Tentatives de Dialogue.

La tente qu'avait prêtée Elyor Altis à sa fille était beaucoup plus spacieuse que celle utilisée trois ans plus tôt par Harry. Fabriquée par des maîtres en la matière, elle comprenait un appartement de 7 pièces convertibles en à peu près n'importe quoi selon les besoins. Mieux encore, elle pouvait s'adapter légèrement en fonction du nombre de personnes à l'intérieur pour faciliter les aménagements. C'est donc dans un petit salon chaleureux, -pièce principale de la tente- que la soirée se termina après un léger repas. Les deux jeunes adultes se contentaient d'écouter les bruits apaisants de la forêt sans échanger ni mots ni regards, appréciant simplement l'instant présent, voguant chacun vers des pensées propres. Harry bien que détendu se demandait quel serait l'accueil effectif de Ron et de Ginny lorsqu'il retournerait au Terrier le lendemain. En partant Mrs Weasley lui avait laissé entendre qu'elle allait préparer le terrain pour éviter un trop grand choc mais cette préparation serait-elle suffisante ? Harry en doutait franchement, connaissant les deux caractères à la fois imprévisibles et explosifs des deux jeunes roux.

Shirin quant à elle ne rêvait que d'une chose : rentrer chez elle. Sous des apparences de femme forte, elle se rendait compte qu'elle n'était jamais partie aussi loin de chez elle et cela la ramenait encore une fois dix ans en arrière, revoyant encore et encore le visage de sa petite soeur Elena sans expression, recouvert de boue. Et c'est pourquoi en cet instant précis, Shirin avait peur. Peur de perdre de nouveau quelqu'un qui lui est cher avec la guerre qui se profile. Peur aussi de ne pas être à la hauteur des espérances de son père. Bien sûr elle connaissais la Magie sur le bout des doigts, et mieux valait pour ses ennemis ne pas l'approcher de trop près ou la titiller de trop sous peine d'en subir les conséquences. Mais cette magie suffirait-elle à sa protection ? Suffirait-elle à la protection de Harry ? Comment être certain de ses pouvoirs magiques, quand la guerre qui se prépare concerne la Magie elle-même ? Toutes ces questions tournaient, se croisaient, se démultipliaient dans la tête de la jeune femme, l'empêchant de trouver le sommeil, comme cela lui arrivait de plus en plus souvent ces dernières années.

C'est ainsi qu'à cinq heures pile, Harry fut réveillé par une demoiselle déjà habillée, avec un petit sourire aux lèvres. S'approchant du garçon encore a moitié endormi elle lui chuchota à l'oreille :

- Debout, j'ai une surprise pour toi.

Bâillant, Harry s'extirpa du sommeil puis de son lit, pour tomber nez à nez avec sa montre :

- Il est.... Cinq heures du matin ! Mais tu veux ma mort ?

- Non non, mais j'avais pensé que...

Le sourire de la jeune femme s'élargit encore.

- Que... quoi ? Demanda Harry de plus en plus inquiet quant au devenir de sa grasse matinée.

- Que... reprit Shirin, se retenant à grand peine d'éclater de rire.

- Que tu aimais l'accroc branches ! Finit-elle par lâcher, très contente de voir le visage de Harry se décomposer, passant d'un léger sourire inquiet à un masque glacial.

- Tu sais courir ? lui demanda-t-il d'un ton polaire.

- Évidemment, pourquoi ? Rétorqua-t-elle, ne comprenant pas le danger.

- Je te conseille de prendre un peu d'avance dans ce cas. Tu apprendras qu'il ne faut jamais, je dis bien jamais, réveiller un Potter à cinq heures du matin. Et encore moins, pour grimper aux arbres !

Puis d'un geste vif, il avait attrapé la demoiselle et l'avait soulevée, puis portée jusqu'à l'extérieur de la tente. Malgré ses cris et ses tentatives pour se débarrasser du jeune homme, il avait tenu jusqu'à la rivière la plus proche. Ne comprenant que trop tard ce qui l'attendait, elle n'eut aucune chance d'échapper à l'eau glacée mais elle put se consoler en entraînant son tortionnaire avec elle les réveillant définitivement tous les deux.

- Et bien maintenant que nous sommes propres, dit Shirin en enlevant de la vase des cheveux de Harry, nous pouvons commencer notre entraînement. Suis-moi.

Et sans dire un mot, elle s'élança entre les arbres, choisissant à chaque fois le chemin le plus imprévisible, obligeant Harry à prendre des virages très serrés pour la suivre. Bien qu'il ait commencé à s'entraîner depuis plusieurs mois maintenant, la fatigue arriva tout de même au bout de 30 minutes de course intense et il dût abandonner, retournant en titubant à la tente tandis que Shirin courait encore et toujours autour de lui, le narguant, lui envoyant des petits êtres de feu pour, comme elle le disait souvent, pimenter un peu l'exercice.

- Il faudra... Que tu m'expliques... Co... Comment tu fais. haleta Harry, s'écroulant sur un fauteuil du salon.

- Comment je fais pour quoi ? chantonna la jeune femme, l'air parfaitement fraîche, comme si elle venait de sortir d'un bon bain.

- Pour ne pas être fatiguée. Pour courir des heures sans t'arrêter.

- Chacun ses secrets Mr Potter, répondit-elle. Un jour, tu sauras comment je fais, c'est promis. Mais pour l'instant, tu devrais finir de te préparer si tu ne veux pas être en retard au petit déjeuner chez tes amis.

Harry regarda sa montre, et s'en fut dans la salle de bain de la tente pour se changer. Moins de cinq minutes plus tard, il était prêt. Faisant un signe de main à Shirin assise sur un fauteuil entrain de lire, il transplanna près du Terrier et s'avança, une boule grossissant dans la gorge. Son regard se porta sur la fenêtre de la cuisine, et il s'arrêta net. Une chevelure rousse, reconnaissable entre mille était visible, la propriétaire de cette chevelure engloutissant un petit déjeuner rapide. Hésitant, Harry s'avança et frappa doucement à la porte d'entrée, espérant presque que la jeune fille serait trop absorbée par sa tartine de confiture de groseille pour ouvrir.

Malheureusement pour lui ce ne fut pas le cas. L'air parfaitement éveillé, elle se leva, prit sa baguette juste au cas où, et se dirigea vers la porte d'entrée.

- Qui est là ? demanda-t-elle, examinant la silhouette à travers la minuscule fenêtre sans pouvoir la reconnaître.

Harry ne put répondre, trop angoissé pour penser à quoi que ce soit.

- Qui est-là ? Répéta Ginny un peu plus fort.

Des milliers de mots se bousculaient dans sa tête. Une voix de plus en plus insistante lui soufflait de répondre quelque chose et vite, sous peine de mettre une Weasley en colère mais ses cordes vocales, sa respiration, ou il ne savait trop quoi ne voulaient tout simplement pas. Agacée, Ginny ouvrit la porte d'un coup sec :

- Vous pourriez vous annoncer, ou du moins répondre quand on vous pose une question. Sept heures du matin, vous vous rendez compte ? Une chance que je...

Harry ne sut jamais quelle chance il avait eu: Elle s'arrêta soudain, lorsque ses yeux croisèrent un regard émeraude. Elle se reteint à la porte, ses yeux s'agrandissant sous le choc. Puis elle ouvrit la bouche, la referma, l'ouvrit à nouveau, pour la refermer deux secondes plus tard sans savoir quoi dire.

Cela aurait pu durer d'ailleurs indéfiniment, si un autre événement tout aussi imprévisible n'était survenu. Alerté par les cris de sa soeur sur l'étranger, Ronald Weasley descendait à pas lents les escaliers, suivi de près par une Hermione endormie. Entendant le bruit des nouveaux arrivants, Harry arracha son regard des yeux chocolat de la jeune fille pour le lever et tomber sur un visage d'un Ron transfiguré par la rage. Bien sûr il se souvenait des colères de Ron pendant ses années à Poudlard, mais il semblait que celles-ci aient empiré ces dernières années.

- Euh... salut. Balbutia-t-il. Sa voix, rendue rauque par l'émotion était à peine plus forte que le bruit du vent dans les arbres mais tout le monde l'entendit très distinctement.

Pendant un moment, rien ne se passa, et Harry put même espérer une conversation civilisée avec ses deux amis, leur expliquant comment et pourquoi il n'avait pu donner signe de vie. Malheureusement pour lui, Ron voyait la situation tout autrement. Dégainant sa baguette à la vitesse de l'éclair, il la pointa sur Harry et lança " Sectumsempra !"

Sous le choc et s'attendant à tout sauf à un sort noir, Harry ne songea même pas à bouger et le sortilège lui entailla pronfondément l'épaule et le bras gauche. Puis, réalisant que sa soeur se trouvait encore sur le pas de la porte, Ron l'attira sèchement à l'intérieur et claqua la porte d'un coup sec qui fit trembler la moitié de la maison. Le bras gauche en sang, Harry tituba jusqu'à la sortie du Terrier entendant les cris d'Hermione et de Ron en pleine dispute. Puis dans un dernier effort, il transplanna devant sa tente avant de tomber contre celle-ci, évanoui.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, il était allongé sur le divan, et le soleil semblait déjà haut dans le ciel. Une ombre passa au-dessus de lui, et voyant qu'il était réveillé demanda :

- Comment tu te sens ?

La voix semblait voilée, grésillante comme une radio mal réglée, comme si Harry avait du mal à entendre clairement ce qui se passait autour de lui. Après avoir analysé les quelques mots, il répondit :

- Pas vraiment bien... Mal partout.... Fatigué... Qu'est-ce qui s'est passé ?

- J'aurais aimé te poser la même question. Tu t'es évanoui contre la tente, et quand je t'ai trouvé tu avais le bras gauche en sang. Tu as vraiment des amis très démonstratifs.

- Tu ne crois pas si bien dire. dit-il, se souvenant de son entrevue avec Ron il y a quelques heures.

- J'ai réussi à soigner ton bras et ton épaule, mais il te faudra quelques jours pour récupérer entièrement. C'est une sorte de magie que je ne connais pas, et qui à l'air malsaine.

- Plus que malsaine en effet, c'est un sort de magie noire. Merci d'être encore là pour t'occuper de moi, ajouta-t-il dans un faible sourire.

- Oh tu sais, ça fait trois ans que je m'occupe de toi à peu de choses près. Et je dois dire que je comprends parfaitement pourquoi on t'appelle le Survivant désormais.

- Pas drôle. Marmonna le garçon avant de tomber endormi, laissant Shirin changer les bandages autour de son bras.

Lorsqu'il se réveilla pour la seconde fois, il faisait nuit noire dans la tente. Tâtant avec précautions son bras gauche, il s'aperçut que les bandages étaient toujours là. Un léger picotement lui indiquait que la blessure semblait toujours aussi présente, et il n'osait imaginer l'état de ses chairs et le temps qu'elles allaient mettre avant de cicatriser correctement. Essayant de bouger son bras, il s'aperçut avec horreur que ses muscles ne semblaient plus être utilisables, lui rappelant son professeur de défense de deuxième année lorsqu'il lui avait fait disparaître tous les os de son bras. Ne pouvant se rendormir sans savoir s'il pourrait récupérer complètement de sa blessure, Harry passa les six heures suivantes à se tourner sur son canapé, cherchant en vain un sommeil qui ne viendrait pas.

Lorsqu'elle entra dans la pièce principale ce matin-là, Shirin se dirigea directement vers le canapé pour prendre des nouvelles de son blessé. A l'air maussade qu'il affichait, elle se doutait pourtant que la nuit n'avait pas été des meilleures. Après avoir déposé une bise sur sa joue, elle s'assit par terre à côté de lui :

- Comment te sens-tu ?

- On a connu mieux, j'ai l'impression d'avoir un bras en moins.

- Ne t'en fais pas pour ça, j'ai endormi ton bras pour que la blessure te fasse moins de mal.

Harry la regarda interloqué, se demandant quelle aurait été sa douleur si le sort n'avait pas été appliqué.

- J'irais bien dire ma façon de penser à tes amis, ajouta Shirin perdant son sourire. Ils ont vraiment une drôle de conception de l'amitié, si je n'avais pas été là, tu serais probablement mort dans la nuit.

- Je le sais, et même si je comprends la réaction de Ron, je ne l'approuve pas pour autant. Cela ne lui ressemble vraiment pas de lancer un sort noir comme celui-là, lui qui était très allergique à ce genre de magie il y a quelques années. Par contre, j'avais oublié à quel point il pouvait être borné et entêté quand il voulait.

- Il faut croire que ces trois ans l'ont vraiment changé. Mais cela n'excuse rien. Si c'est ton meilleur ami comme tu le dis si bien, il n'aurait pas dû faire ça, et j'espère ne pas le croiser trop tôt.

Harry regarda la jeune femme sans la reconnaître : son visage d'ordinaire espiègle était fermé, et ses yeux semblaient lancer des éclairs, brûlant tout ce qu'elle regardait. De sa main droite, Harry caressa doucement sa joue pour tenter de l'apaiser, mais seul un très léger sourire lui répondit. Après un très long soupire, elle reprit :

- Désolée. Je ne devrais pas t'en vouloir ni être en colère contre toi, pour une fois que tu n'y es pour rien.

- Comment ça pour une fois ? demanda Harry. J'y suis toujours pour rien moi ! ajouta-t-il l'air innocent, ce qui arracha un rire de son amie.

- Mais bien sûr, répondit-elle. En attendant, laisse-moi changer tes bandages.

Et sans laisser à Harry le temps de répliquer quoi que ce soit, elle posa une main fraîche sur son front, l`endormant instantanément. Une heure plus tard, Harry se réveilla à nouveau et posa un regard rempli de questions sur la jeune fille entrain de lire à côté de lui.

- Pourquoi m'as-tu endormi ? demanda-t-il en bâillant.

- C'est mieux ainsi. lui répondit Shirin sans pour autant lever les yeux, ni donner davantage d'explications. Au bout d'un moment, elle se leva, s'étira, puis s'approcha de Harry :

- J`ai transmis ton état de santé ainsi que ce qui s'était passé à mon père, grâce à Eden. Dans sa réponse, il te demande d'être très prudent, estimant comme moi que tes amis se comportent un peu trop bizarrement. Il nous demande aussi de nous dépêcher, car il commence à se passer de drôles de choses à Cithil, des choses sombres selon lui.

- Je n'ai pas encore eu l'occasion de discuter assez avec mes amis pour savoir dans quel état est notre communauté magique.

- Je vais devoir aller me renseigner dans ce cas, où habitent-ils ?

- Dans une maison un peu biscornue à l'ouest de la forêt. Elle s'appelle le Terrier, il y a un petit panneau de bois à l'entrée.

Sans un mot, Shirin se leva et s'apprêta à sortir quand Harry la rappela :

- Dis-moi, tu comptes laisser mes amis vivants ?

- Rassure-toi je ne suis pas une meurtrière. Mais je pense que je vais leur faire passer l'envie d'utiliser la magie contre toi.

- Attend ! s'écria Harry. Mais la jeune fille était déjà sortie de la tente, et dans un éclair bleu, elle disparut.

Pendant ce temps dans la cuisine du Terrier, une dispute faisait rage.

- Je ne comprends pas comment as-tu pu faire une chose pareille ! Tu as vu dans quel état il était en quittant le Terrier ? Il est peut-être gravement blessé à l'heure qu'il est. Peut-être même pire...

Molly Weasley s'effondra après avoir prononcé ses dernières paroles, répétant sans cesse des "Comment as-tu pu... " entre deux sanglots.

- Ecoute ça fait trois ans qu'on ne l'a pas vu. Trois ans qu'on a passé à le chercher, dans tous les endroits possibles. Et juste au moment où on le pense mort, monsieur réapparaît comme ça. s'emportait Ron.

- Tu aurais pu lui laisser le temps de s'expliquer. protesta Ginny. Tu lui as lancé un sort sans même savoir ce qu'il allait te dire ! Et excuse-moi mais je ne pensais pas que tu aies tant de facilité à lancer un Sectumsempra !

- Voyez-vous ça, écoutez la voix de l'objectivité ! lâcha-t-il sarcastiquement. Tu as toujours pris son parti de toute façon.

Le regard de Ginny passa de l'incrédulité au choc, puis à la colère. Sans essayer de répondre, elle sortit sa baguette magique de sa robe et allait la pointer sur Ron, lorsque Hermione poussa un petit cri de stupeur. Derrière la fenêtre, voletait une petite boule de lumière bleue, semblant hésiter sur la direction à prendre. Avant que quiconque n'ait pu l'en empêcher, Hermione ouvrit la fenêtre et la boule de lumière bleue entra à une vitesse folle à l'intérieur de la cuisine en émettant un sifflement aiguë, laissant tout le monde complètement abasourdi par cette manifestation inconnue de magie. Une fraction de seconde plus tard, une jeune fille aux yeux verts s'était matérialisée et regardait les occupants de la pièce avec un air peu avenant.

- Bonjour, je m'appelle Shirin Altis et je suis venue m'entretenir avec vous à propos de l'un de vos amis, nommé Harry Potter.

Sa voix, bien que très calme et posée semblait avoir fait baisser la température de la pièce de plusieurs degrés. Personne ne parla ni n'esquissa un geste, la laissant poursuivre :

- Sachez que sans mon aide, Harry serait mort à l'heure qu'il est. Il a perdu beaucoup de sang, et je ne sais pas s'il pourra complètement recouvrir l'usage de son bras. Pourrais-je savoir qui lui a lancé ce sort ?

Personne ne parla, mais Ron leva la tête, défiant Shirin du regard. Lentement, elle tourna la tête vers lui, puis tout aussi lentement, elle s'approcha jusqu'à se retrouver à moins de 50 centimètres de son visage.

- Et tu t'appelles ?

- Ron Weasley. répondit automatiquement et fièrement ce dernier.

- Très bien Ron Weasley. Plus elle parlait plus sa voix devenait un murmure menaçant.

- De l'endroit où je viens, ce que tu as fait est passible de mort. lui chuchota-t-elle, ses yeux plus froids que jamais.

- Fort heureusement pour toi, il est heureux que nous ne soyons pas à Galaïdes. reprit-elle un peu plus fort.

- Qui es-tu pour venir ici sans aucune invitation en prétendant connaître Harry mieux que quiconque ? explosa Ron sortant sa baguette d'un étui accroché à son bras droit d'un geste vif pour la pointer vers Shirin.

- Ron non... dit faiblement Hermione.

- Pour te répondre, je suis celle qui a pris soin de ton soi-disant meilleur ami pendant trois ans. Je ne prétends pas le connaître mieux que vous, mais comme il vous l'a expliqué par lettre, il s'est trouvé dans un coma magique de 1110 jours durant lequel il n'a pu donner signe de vie. Il était revenu vous voir avec moi parce qu'il pensait pouvoir vous expliquer ce qui s'est passé et aussi parce qu'il avait besoin de votre aide. Mais il semble qu'il se soit trompé, surtout pour toi Ron.

Pour ce dernier, ce fut la goutte qui fit déborder le chaudron. Il pointa rageusement sa baguette sur Shirin, ses lèvres commençant à remuer pour lancer un sort.

- N'essaie même pas ! Siffla Shirin entre ses dents serrées. Puis d'un claquement de doigts, elle envoya la baguette de Ron hors de la cuisine. D'un deuxième, elle le figea sur place tandis qu'il s'élançait pour récupérer son item magique.

Tout le monde dans la pièce était figé de stupeur, constatant à quel point il ne valait mieux pas mettre cette jeune femme en colère. Puis, Mrs Weasley parla d'une voix chevrotante :

- Madame Altis, merci mille fois d'avoir pris soin de Harry. Tous ici nous ne comprenons pas ce qui a pu passer par la tête de mon fils Ronald, mais croyez bien que je suis la première à être outrée par son attitude. Ah et au fait, je m'appelle Molly Weasley.

- La deuxième Molly, répondit alors Hermione. Son visage était aussi pâle qu'un mort à l'exception de ses yeux qui brillaient de fureur contenue en regardant Ron. Puis regardant Shirin, elle s'adoucit et ajouta presque timidement :

- Je m'appelle Hermione Granger et... euh... Je suis prête à tout pour pouvoir aider Harry.

Shirin lui offrit un léger sourire, puis elle se tourna vers la dernière personne qui n'avait pas parlé jusque là.

- Je... m'appelle Ginny, dit-elle doucement, cherchant ses mots.

- Je sais qui tu es, répondit Shirin avec un regard plus doux. Je comprendrais si...

- J'en serai ! répondit alors la jeune Weasley d'une voix assurée.

Sans un mot, Shirin hocha la tête en souriant et se retourna pour regarder tout le monde.

- Je suis contente que vous vouliez bien l'aider. Pour l'instant, Harry est trop faible pour espérer pouvoir ne serait-ce que poser un orteil par terre. Mais dès que je l'aurai jugé capable, il pourra revenir vous voir. Ce ne sera pas avant une bonne semaine toutefois je le crains, ajouta-t-elle perdant son sourire et regardant Ron d'un œil noir, ce qui le fit déglutir.

- Pourrions-nous... aller le voir ? demanda alors Hermione, hésitante.

- Si vous êtes ici demain en fin d'après-midi, je repasserai pour vous mener à lui, si j'ai son accord bien sûr.

- Merci beaucoup, pour tout ce que tu as fait pour lui. Elle s'avança alors et fit la bise à Shirin, qui la lui rendit en souriant.

- De rien. répondit-elle. Je vous dis donc à demain.

Et dans un flash bleu, elle disparut à nouveau, sortant par la fenêtre pour rejoindre son blessé, en espérant qu'il ne soit pas endormi pour qu'elle puisse lui raconter sa visite.

- Je ne sais pas vous, mais moi je l'aime bien cette Shirin. Dit Hermione lorsqu'elle fut partie.

- Elle a l'air de prendre les intérêts de Harry très à cœur en effet. Ajouta Mrs Weasley.

- Peut-être un peu trop même. Grommela Ginny avant de quitter la pièce d'un pas rapide. Alors qu'elle sortait, elle entendit un grand bruit qui la fit se retourner puis éclater de rire : Il semblait que le sort privant Ron de tout mouvement avait pris fin brutalement, envoyant ce dernier à terre et le couvrant de ridicule.