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Un des elfes sauta du dos de sa monture d'un bond gracieux. D'un pas léger, il s'approcha de Louvia, qui n'avait même pas jeté un regard aux nouveaux arrivants.

L'elfe portait un carquois dans son dos, et une dague en argent attachée à sa ceinture par un cordon de cuir. Ses vêtements étaient essentiellement blanc nacré, sauf ses bottes en cuir bleu de dragon.

Il allait pour poser une main sur l'épaule de Louvia quand celle-ci se retourna brusquement, son visage se retrouvant à quelques centimètres de celui de l'elfe.

- Vous accomplissez quelle besogne dans notre clairière ? S'enquit l'elfe d'une voix chantonnante.

- Ça ne vous regarde pas, j'ai le droit de venir ici, répondit Louvia.

- Toujours aussi aimable. Et tu fais toujours comme bon te semble...

- Il n'est pas interdit de venir chevaucher les licornes et les squiks. La seule chose qu'on n'a pas le droit de faire c'est de les manger. Alors je ne suis pas en tort.

- Je te l'accorde... Quelle impolitesse ! Je ne me suis même pas présenté, dit-il en se tournant vers les sorciers qu'il avait snobés depuis son arrivée. Je me nomme Voronwë, elfe de Neuri.

Voronwë fit une révérence, s'empara de la main d'Hermione et y déposa un baiser du bout des lèvres. Dans l'instant, le rouge monta aux joues de la jeune fille qui était toujours sur sa monture.

- Une sorcière, cela m'étonne, à moins que nos chers Lytharis aient décidé de ne plus se buter à leurs préjugés, et d'apprendre à pardonner, à devenir enfin rationnels. Ils ont enfin arrêtés d'arracher la tête de tous les sorciers qui posaient un malheureux orteil sur leur territoire. Voilà qui explique beaucoup de chose. Nous nous demandions ce qui avait causé ces émanations de magie, à peu près toutes les deux heures.

« Aïe ! Ils sont au courant pour le transplannage ! Il ne faut pas que Louvia le sache. » Pensa Draco. Louvia arqua ses sourcils.

- Emanations de magie toutes les deux heures ? Qu'est ce que tu entends par-là ?

- Il veut dire que ces sorciers disparaissaient par magie de Neuri et revenaient deux heures plus tard par le même moyen, pour repartir dans la minute, expliqua le deuxième elfe qui était resté muet jusque là.

Louvia jeta sa tête en arrière visiblement très agacée par la nouvelle. Elle se frotta plusieurs fois les mains.

- Que viennent faire des sorciers dans la forêt de Neuri ? Demanda le second elfe.

- Dumbledore nous a chargés de leurs protections, répondit Louvia qui était tendue.

- Protection, répéta l'elfe. Je crois pourtant que nous avons été très clair sur ce sujet. Neuri est neutre, continua l'elfe en haussant le ton. Nous ne voulons pas de leur guerre ici, laissons les problèmes des humains aux humains. Pourquoi faut-il que vous, les lytharis, en fassiez toujours à votre tête !

Louvia serrait les dents. La licorne, sur laquelle Hermione était montée, rua subitement et sa cavalière tomba au sol. Ron s'empressa de la remettre sur pied. Draco passait en revue toutes les excuses possibles et inimaginables qu'ils pourraient fournir à Louvia. Il s'étonnait d'ailleurs que celle-ci n'ait toujours pas éclaté de rage. Peut être attendait-elle que les elfes s'en aillent, pour leur arracher la tête.

- Nous ne prendrons pas part à cette guerre, dit Louvia, même si cela ne l'empêchera pas d'arriver jusqu'à chez nous. Et puis, libre aux elfes de faire ce que bon leur semble. Mais nous, nous pouvons très bien décider de lutter. Nous ne dépendons pas de votre jugement.

- Il arrive toujours malheur à cause de vous, cracha l'elfe en guise de réponse. Vous n'apprendrez jamais de vos erreurs passées !

- Je croyais pourtant que vous étiez contents que nous fassions la 'paix' avec les sorciers. Même si ce n'est pas le cas de tout le monde. Et c'est exactement le contraire de ce qu'a dit Voronwë, d'apprendre à pardonner, à devenir enfin rationnel. C'est ce que Remeaudor a fait en accordant sa confiance à Dumbledore, qui nous a beaucoup aidés. Comparé aux elfes... C'est aussi votre faute si nous avons été en conflit. Votre faute s'ils ont réussi à tuer les nôtres.

- Ne rejette pas la faute sur nous, rugit l'elfe, ses yeux étaient passés d'un bleu turquoise à un rouge feu.

- Calme-toi Fëanaro, lança son ami Voronwë et ses yeux reprirent leur couleur d'origine. La jeune fille a raison, cette guerre nous touchera, c'est inévitable. Aranwë le sait, et il agira en temps voulu.

Fëanaro saisit la corne de son squik qu'il tira vers lui pour faire tourner la bête. Il repartit sans rien dire dans la direction par laquelle il était venu. Voronwë se courba pour saluer le groupe et pour s'excuser de la conduite peu respectueuse de Fëanaro. Son squik plia ses pattes avant afin de se mettre au niveau de son maître, pour que celui-ci puisse remonter sur son dos. Voronwë l'enjamba.

- Bonne fin de journée, souhaita t-il.

- Ouais, à la prochaine.

L'elfe s'en alla. Louvia attendit qu'il disparaisse avant de se tourner vers ses amis sorciers. Ses yeux brillaient d'une lueur indescriptible. Elle leva un bras vers eux mais le laissa retomber le long de son corps.

- Je savais que vous me cachiez quelque chose, commença t-elle. Je vous ai entendus parler d'un plan pour faire quelque chose dans un truc avec un pendentif. Mais ce que je ne savais pas, c'est que vous partiez de la forêt sans me prévenir et sans m'emmener.

Louvia était pleine de reproches. Elle, elle les baladait, leur montrait plein de choses dans la forêt et eux partaient dans leur monde sans lui proposer de venir visiter. Les sorciers restèrent muets, attendant leur heure.

- Je veux que vous me disiez tout. Où allez-vous ?

- Louvia, se lança Harry. Nous ne pouvons pas en parler, je suis désolé.

- Et pourquoi ? Je déteste les cachotteries. Et si c'est parce que vous n'avez pas confiance en moi, sachez que...

- Ce n'est pas ça, la coupa Draco. On a confiance en toi, mais on ne peut pas t'embarquer là dedans... On ne veut pas, serait plus exact.

- Ah bon, parce que je ne suis pas une sorcière ? Et tu n'as pas répondu à ma question, où allez-vous ?

- Nous allons à Londres, répondit Hermione.

- Granger ! S'offusqua Draco. Tu ne peux pas te taire.

- On ne peut pas continuer à lui mentir !

- Londres ? C'est une grande ville d'humains. Vous allez faire quoi, là-bas ?

- Les courses, mentit Draco. S'en vouloir te vexer, nous ne trouvons pas tout ce dont nous avons besoin ici...

- Tu mens, rétorqua Louvia. Wladimir ramène toujours quelque chose pour vous quand il revient du village. Je ne dirais rien à mon Père, à une seule condition...

- Laquelle ? Demanda Ron.

- Je veux aller à Londres avec vous.

- Impossible, dit Harry.

- Non, Harry, c'est bon. J'irais avec elle, pendant que vous vous occuperiez de vos affaires de votre côté. De toute façon, là où vous allez, on ne peut pas être plus de trois, faute de moyens….

Par ces mots Draco faisait allusion au fait qu'ils n'avaient pas assez de Polynectar pour eux quatre. Et, de toute façon, Draco savait très bien que Ron n'avait pas très envie qu'il vienne avec eux le jour J. Il n'avait pas encore suffisamment confiance en lui. Son passé de mangemort revenait souvent sur le tapis. Ils avaient convenu que Draco ne viendrait pas avec eux. Mais là, avec ce retournement de situation ! Il allait pourvoir être là, même s'il n'entrait pas au ministère. Il se trouverait à Londres avec Louvia. Il avait déjà tout calculé.

- Ça me va ! On y va quand ?

- Je crois qu'on n'a pas le choix, conclut Harry. Nous y irons le 8 novembre, soit dans huit jours.

- Génial.

Sur le chemin du retour, Louvia planifiait déjà son expédition à Londres. Elle était toute excitée. Ce serait la première fois qu'elle irait dans ce monde inconnu, sans magie. Là-bas tout marche à l'électrique et à la mécanique. La seule chose qui l'embêtait, c'est qu'elle n'avait pas d'habits décents pour aller en ville. Ses vêtements étaient trop inhabituels et elle serait trop voyante. Hermione lui avait donc proposé de lui prêter des vêtements. Mais là, il y avait un autre problème : elles n'avaient pas la même corpulence. Louvia faisait quinze centimètres de plus qu'Hermione. Et elles avaient presque une taille de différence ! Mais c'était sans compter sur les talents magiques de la sorcière. Avec un sort d'agrandissement, elle transformerait les habits, pour qu'ils aillent parfaitement à la jeune lythari.

Louvia aura l'occasion de découvrir pleins de nouvelles choses, de faire des boutiques, comme les jeunes humaines. De flâner dans les rues de Londres, de se prendre une saucée... Une bonne journée en perspective, donc !

Mais cela devait rester secret. Personne d'autre ne devait être au courant. Ses parents refuseraient à coup sûr qu'elle s'en aille ainsi, dans un milieu inconnu.

C'était le soir, ils étaient revenus au camp et dégustaient un succulent repas. Ils s'étaient installés en cercle, tout autour du feu. A l'instar de la soirée de la chasse de la pleine lune, toute la meute était regroupée. La seule différence bien sûr, c'était que la meute de Hungerion n'était pas présente. Mais l'air était chargé de bonne humeur, ce qui rendait la soirée agréable, bien qu'un peu fraîche.

Louvia avait une nouvelle robe, et un nouveau gilet, conçus avec sa propre matière, c'est-à-dire les poils beiges de sa toison de louve. La robe était simple, et recouvrait bien mieux son corps que son ancien accoutrement, sa jupe et son petit top étant très courts. Il était temps qu'elle les change, vu qu'ils étaient dans un état d'usure avancé. Mais maintenant elle avait une belle robe toute neuve. Son petit frère, Romain, avait lui aussi un short capable de survivre à une transformation, il en était tout fier.

- Alors cette balade, ça vous a plus ? Demanda Louvia en mordant dans un morceau de viande bien saignant.

- Oui, la forêt est merveilleuse, et les licornes… ! Répondit Hermione encore toute émue.

- Ce qui t'a surtout plus, c'est cet elfe, bougonna Ron. Tu as tourné à la tomate quand il t'a embrassée la main… Quel bouffon ! Cette dernière phrase il la murmura tout bas. Personne ne l'entendit sauf Louvia, qui eut un petit sourire en coin.

- Ils sont comme ça les elfes, lança t-elle. Ils se la pètent à mort. Plus narcissiques, tu meurs.

- Ce sont des foutaises, ils m'ont l'air très galants... Ils savent s'y prendre avec les filles…, défendit Hermione.

- Voronwë est plutôt sympa, je te l'accorde, dit Lou. De l'ensemble du peuple elfique, c'est avec lui que je m'entends le mieux.

- Pourtant, tu n'as pas été très courtoise avec lui, fit remarquer Harry.

- Oh que si. J'ai été super sympa.

Draco s'esclaffa. La conversation qu'elle avait eue avec l'elfe lui revint subitement à l'esprit. Il se souvint du passage où : « Je croyais pourtant que vous étiez contents que nous fassions la 'paix' avec les sorciers. Même si ce n'est pas le cas de tout le monde. Et c'est exactement le contraire de ce qu'a dit Voronwë, d'apprendre à pardonner, à devenir enfin rationnel. C'est ce que Remeaudor a fait en accordant sa confiance à Dumbledore, qui nous a beaucoup aidés. Comparé aux elfes... C'est aussi votre faute si nous avons été en conflit. Votre faute s'ils ont réussi à tuer les nôtres. » Avait dit Louvia. Et l'elfe avait répondu « Ne rejette pas la faute sur nous. »

Est-ce possible que ce conflit, soit justement celui que Dumbledore avait mentionné dans son journal des rencontres. Les aurors avaient trouvé leur point faible, ça c'était la version de l'ex directeur de Poudlard. Mais serait-ce pas parce que les elfes leur avaient délivrés un tel renseignement ?

Draco se décida d'en parler avec Louvia, même s'il n'était pas censé connaître cette dramatique histoire.

- A un moment tu as dit à l'un des elfes que c'était à cause d'eux que des sorciers avaient tué les vôtres… Que s'est-il passé ? demanda Draco à Louvia, qui baissa les yeux.

- Tu as fait attention à ce petit détail… Louvia regarda autour d'elle, les siens étaient plongés dans leur conversation, elle pouvait donc parler sans risque. Je crois que je peux vous en parler maintenant, reprit-elle. Après tout, c'était il y a quelques années. Bon, se lança t'elle. Il y a seize ans, je n'étais pas encore née, il y a eu un gros accrochage avec des sorciers. Un groupe de sorciers, qui braconnait, s'était fait prendre par la meute. Il y a eu une bagarre et les sorciers ont été tués. A cause de ça, on a eu des problèmes avec votre justice qui voulait qu'on lui rende des comptes. Nous avons refusé et ils nous ont envoyés leur police. Ils se sont vite rendus compte que leurs sortilèges n'étaient pas très efficaces contre nous, Louvia leur annonça ça en souriant. Sauf que les elfes leur ont donnés un tuyau pour nous nuire ; ce n'était pas leur intention, ils ont juste lâché l'information ... sans faire exprès. Je suis sûre que ce sont des balivernes et qu'ils l'ont fait en toute connaissance de cause... Bref, les sorciers sont revenus à la charge, nous avons encore refusé de les suivre et là ça a été le carnage. Il y a eu beaucoup de morts, et cette fois des deux côtés. Cette histoire a été le début de la fin, car Hungerion voulait se venger. Mon père s'y est opposé avec l'appui de Dumbledore et des elfes. Hungerion l'a très mal pris, car il avait perdu sa femme. Du coup la meute s'est séparée ; ceux qui avaient perdu des proches sont partis avec Hungerion. C'est pour ça qu'on ne peut pas leur en vouloir d'avoir essayé de vous tuer… Voilà vous savez tout.

- Hungerion s'est vengé ? Demanda Hermione.

- Non, il y a renoncé. Il a finit par écouter mon père, car ils étaient très amis. Ils le sont toujours d'ailleurs, mais bon… Hungerion n'appréciait pas du tout que mon père soit ami avec Dumbledore.

- Et c'est quoi cette chose qui vous nuit ? Demanda Ron.

- Je ne peux pas vous le dire. Ce n'est pas que j'aie pas confiance en vous... Mais Dumbledore a fait en sorte que ça s'oublie et si jamais quelqu'un avec de mauvaises intentions, comme ce Voldemort, venait à le savoir...

- Oui, c'est sûr, répliqua Ron. Tu ne peux pas faire confiance à certain d'entre nous car il y aurait de fortes chances que Tu-sais-qui le sache…, en disant cela Ron fixait Draco.

- Qu'est ce que tu insinues par-là, Weasley ? Je croyais pourtant que l'on avait mis ça au clair.

- Parfaitement, répondit Ron. Ce qui est très clair c'est que tu es un mangemort !

- Ron, s'il te plaît, arrête ça, supplia Hermione Granger.

- Il a fait ses preuves et nous en avons déjà discuté…, dit Harry pour tenter de calmer la situation.

- Un mangemort reste un mangemort, vociféra Ron.

- Eh, du calme la belette, dit Louvia.

- Je n'en suis plus un, se défendit Draco.

- Tu t'es repenti ? Pouffa Ron.

- Ron.., Commença Harry.

- Harry, c'est toi qui m'exaspère le plus. Les années précédentes tu n'aurais jamais fait confiance à Malfoy. Tu fais exactement la même erreur que Dumbledore. Tu fais confiance à un mangemort qui dit avoir trahi Tu-sais-qui, mais, en fait, il te roule dans la farine. Tu as toujours dit que Dumbledore commettait une erreur en faisant confiance à Rogue. Ça lui a coûté la vie. On ne peut pas lui faire confiance !

« Pas du tout, Rogue est du côté de Dumbledore, même si je ne sais pas pourquoi il l'a tué ! Vous vous plantez ! » Draco voulut s'exprimer de vive voix sauf qu'aucun son n'était sorti de sa bouche. Comme s'il était devenu muet. Il essaya plusieurs fois, mais rien. Comme si ses cordes vocales refusaient de délivrer l'information.

- Si Draco était toujours de son côté, tu ne crois pas qu'il aurait envoyé ses mangemorts pour nous capturer ? Réfléchis un peu ! S'égosilla Harry.

- Qui te dit que ce n'est pas voulu ? Qu'il attend, qu'il soit un espion.

- Tu dis n'importe quoi, Weasley. Tu t'acharnes sur moi parce que tu es jaloux, lâcha Draco de sa voix traînante.

- Jaloux ? jaloux ? JALOUX ! tu te leurres complètement. Qui serait jaloux de toi Malfoy ? Avec une famille comme la tienne !

- Quelqu'un qui aurait une famille comme la tienne justement. Avec une maison aussi minable, et… Draco ne put finir sa phrase car Ron s'était levé d'un bond et lui avait collé son poing dans la figure.

C'est ainsi que la bagarre entre les deux éclata.

- N'insulte plus jamais ma famille ! Ron sortit sa baguette de la manche de son pull. Confringo, une gerbe de lumière orange jaillit de sa baguette.

- Protego, Draco eut le réflexe juste, le sortilège de Ron fut dévié et alla s'abattre sur un arbre, lui laissant une légère brûlure sur son tronc. Expeliarmus, lança-t-il dans l'instant.

Ron sauta de côté, le sort le rata. Harry et Hermione sortirent leurs baguettes, Harry la pointa sur Draco et Hermione sur Ron. Ils les désarmèrent et les baguettes de Draco et Ron voltigèrent. Harry, avec son adresse d'attrapeur de Quidditch, saisit la baguette en plein vol. Celle de Ron alla s'écraser un peu plus loin. Mais cela n'avait pas refroidi les ardeurs de Ron, qui s'élança sur Draco et le fit tomber au sol. Une bagarre à coups de poings et de pieds opposa follement les deux jeunes hommes. Louvia ne tarda pas à si mettre. Elle attrapa Ron par le col, le souleva et l'envoya valser dans les airs.

- Qu'est ce qui vous prend à tous les deux ? Demanda Louvia, légèrement sur les nerfs.

La dispute ne passait plus inaperçue, de nombreux membres du clan avaient tourné la tête dans leur direction, heureusement que ce ne fut qu'après le duel à coup de sortilèges cuisants. La mère de Louvia, Anna, tapota l'épaule de son mari qui ne s'était pas retourné et lui susurra :

- Tu ne veux pas aller calmer les garçons, elle désigna Ron et Draco, avant que ça ne dégénère.

- Ce sont leurs histoires, il caressa le bras de sa femme, laisse -les se débrouiller.

Remeaudor reprit son occupation première, et Anna décida à contre cœur de suivre le conseil de son mari. Ils trouveront un terrain d'entente, seuls.

Draco bougeait les bras dans tous les sens et sortait tous les arguments qu'il pouvait pour convaincre Ron. Hermione et Harry essayaient aussi de raisonner leur compagnon. Mais Ron était buté. « Un Malfoy ça porte bien son nom, mal foi, donc on ne peut pas lui faire confiance. »

- Ma mère est une Black, comme le parrain d'Harry. Les Blacks ne sont pas réputés pour être des saints et pourtant Sirius Black était loin d'être un mangemort. On l'a pris pour ce qu'il n'était pas. Je suis comme mon cousin, on me prend pour ce que je ne suis pas ! Bouse de dragon, Weasley ! Je suis de votre côté ! Si tu veux, tu peux re-fouiller dans mon cerveau, tu peux me faire boire du Véritaserum…

- Si tu n'as pas confiance en nous ... dit Louvia en croisant les bras.

- Comment pourrais-je faire confiance à des… gens qui hébergent des mangemorts et qui ont tués des aurors ! Vous êtes des assassins, des monstres à la botte de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom !

Les visages se figèrent. Remeaudor en recracha presque son morceau de viande. Le sang se mit à battre énergiquement dans les tempes de Louvia. Draco serrait maintenant tellement fort ses dents, qu'un mince fil n'aurait pas réussi à se faufiler entre ses deux mâchoires. Hermione sentit la panique la submerger, de même pour Harry. Son meilleur ami, dans toute sa débilité, avait gaffé à mort.

- Je crois que tu devrais t'en mêler, de suite ! Ordonna Anna à Remeaudor.

Le chef se leva et marcha à leur rencontre. Ron s'était maintenant redressé, ses deux amis s'étaient rapprochés de lui, attendant la réaction des Lytharis et de Louvia. Cette dernière restait statique, mais on la sentait bouillonner de l'intérieur. Ses trois grands frères et son père s'étaient flanqués à son côté.

Soudain Louvia s'avança vers Ron. Elle jeta un regard à ses frères et à son père qui acquiescèrent. Wladimir et Quirin vinrent se positionner derrière Harry et Hermione. Nathaniel attrapa le bras de Draco.

Tout en continuant de marcher vers la belette, la jeune fille fut prise d'un tremblement qui secoua tout son corps. Elle tomba à quatre pattes. Hermione laissa échappé un cri et Quirin l'emprisonna dans l'étau de ses bras puissants. Wladimir fit de même avant que Harry n'ait pu protester. Sous la pression qu'exerçaient les deux Lytharis, ils lâchèrent leurs baguettes. Bizarrement le même sort s'appliqua à Draco.

La louve beige faisait maintenant face à sa proie. Ron avait les yeux écarquillés par la terreur, il gémissait comme une souris prise au piège. Il tenta de reculer, mais il se retrouva le dos contre un arbre.

- Sauves-toi ! Hurla Harry.

- Qu'est ce que vous faites ? Demanda Draco, lui aussi, pris par la peur. Arrêtez ! C'est un crétin mais ne le tuez pas pour sa bêtise !

D'un mouvement furtif la louve donna un grand coup de patte au sorcier roux, qui tomba à terre. Elle se positionna au-dessus de lui, ne lui laissant aucune échappatoire.

- Ne la laissez pas faire ça, supplia Hermione en larme. Vous ne pouvez pas ! Empêchez là ! Vous oubliez Dumbledore.

- Pourquoi empêcherais-je ma fille, au risque de la blesser. Alors que ce garçon mérite son sort, répondit Remeaudor.

La louve avait maintenant sa gueule ouverte à quelque centimètre de la gorge de Ron. Ce dernier avait crié dans un élan de désespoir et avait fermé les yeux, attendant que sa mort vienne.

- NON ! NON ! NON ! Hurla Harry. RON !

Hermione ferma elle aussi les yeux. Draco et Harry firent de même.

- Tu vois, si j'étais vraiment un monstre, un assassin comme tu l'as dit, tu serais mort, car je n'aurais pas hésité à te trancher la gorge. Sauf que je ne veux pas te donner ce plaisir. Alors maintenant, tu auras tout intérêt à ne plus dire quoique ce soit de mal sur Draco. Ni même sur ma famille.

Ils rouvrirent, tous, les yeux. Ron vit au-dessus de lui, le visage serein de Louvia, qui avait repris forme humaine pour lui faire la morale. Ses frères avaient relâché leur emprise sur les sorciers. Hermione soupira de soulagement avant de s'écrier :

- Tu vois à force de débiter des âneries ! Tu as faillis mourir, crétin !

- Une dernière chose, ajouta Louvia. Excuses-toi auprès de Draco.

- Dans tes rêves, rétorqua Ron. Jamais je ne…

- RON ! Vociféra Harry, bouge-toi !

- Ok... Je m'excuse.

- Moi aussi, je ne voulais pas te faire de tort.

- Tu vois, Anna, pas besoin de s'en mêler. Ils résolvent très bien leurs problèmes, seuls, fit constater Remeaudor.

Ron s'était bien fait recadrer par la jeune Lythari. Une histoire dont les quatre sorciers ont préféré rire plutôt qu'en pleurer. Même s'ils ont eu la frousse de leur vie.

Ils partirent se coucher pour évacuer le stress du moment. Sauf Draco qui voulait discuter avec Louvia, comme ils le faisaient souvent avant d'aller dormir.

La jeune fille était assise devant l'entrée de sa grotte, la tête enfouie dans les genoux. Draco s'assit à côté d'elle et se risqua à mettre une main sur son épaule.

- Désolé de t'avoir mis la frousse, s'excusa Louvia.

- C'est plutôt à nous de nous excuser, rectifia le serpentard gryffondorisé. Ron n'a pas dû vouloir vous offenser, c'est juste un crétin.

- Un crétin qui a de la veine. Si les autres avaient été là ! Vous seriez morts.

- Les autres, tu veux dire Ted et compagnie ? Demanda t-il.

Louvia hocha la tête de bas en haut en signe de réponse.

Parce qu'ils ont perdu un proche à cause des sorciers, c'était l'évidence même pour Draco.

Tout s'était éclairci pour le sorcier blond depuis qu'il avait eu vent de la tragique histoire des Lytharis. Il comprenait pourquoi les baguettes étaient mal vues. Louvia ne voulait pas lui en parler, car elle ne voulait sûrement pas lui faire peur. Ou alors parce que les souvenirs étaient trop douloureux, même si elle n'avait pas perdu un membre de sa famille proche. Il se peut qu'un ami, un oncle, un cousin soit mort. Draco trouvait maintenant que le comportement de Ted, d'Hungerion et de son fils, était en tout point justifiable et même presque normal. Le seul auquel il ne pouvait pas pardonner, était Lyzandre qui avait fait un véritable coup bas à Louvia. Cette dernière avait rapidement guéri de sa dépression grâce à l'aide de son meilleur ami, Draco Malfoy. Mais de temps en temps, on la sentait se refermer, quand un souvenir revenait la hanter.

- Mandoza a perdu sa maman, Ted ses deux parents, et le père de Ted était le frère de Erik, le père de Lyzandre. Dans la meute d'Hungerion, tout le monde ne porte pas le deuil ; certains l'ont suivi même s'ils n'avaient perdu personne.

- C'est compréhensible. Et toi ?

- Moi, non. Ou alors on ne me l'a jamais dit. Mon père s'est battu mais il est revenu en vie. D'ailleurs en parlant de famille, est-ce que tu sais ?

- Sais quoi ?

- Nathaniel. Tu ne trouves pas qu'il a quelque chose de bizarre ?

- Non. A pars qu'il ne ressemble à aucun de tes frères, ni même à tes parents. Toi et tes trois autres frères êtes battis dans le même moule.

- Exactement, dit-elle dans un grand sourire, heureuse que Draco est fait attention à tous ces détails. Nathaniel n'est pas mon vrai frère. En fait, ses parents sont des humains avec des ancêtres Lytharis. Mais ils n'ont pas développé de gène. Nathaniel si. Et le plus étrange c'est qu'il a un grand frère, qui ne peut pas se transformé. D'ailleurs, toi aussi tu es un loup, quelque part au fond de toi.

- Oula non, ça m'étonnerait, avec la folie de la race sang pur de mes aïeuls, c'est sûr et certains qu'ils n'ont pas fricotés avec des non sorciers.

- Ok, rigola t-elle. Bref, du coup vu que Nathaniel était un loup, ses parents ont trouvé plus juste de nous le confier. Il les revoit de temps à autres.

- Je me doutais bien qu'il y avait quelque chose autour de lui. Il était beaucoup trop différent. Il y a d'autres trucs comme ça dans ta famille ?

- Humm… Oui, tu sais nous sommes mi-elfe mi-loup.

- Oui

- Et bien nous avons la capacité de nous métamorphoser en loup, mais nous sommes aussi presque immortels.

- Pourquoi presque ?

- Bien en fait, aucun Lythari n'est mort de vieillesse alors nous ne savons pas si nous sommes vraiment comme les elfes. Et puis eux non plus ne sont pas tout à fait immortels, ils vivent simplement très longtemps.

- Très longtemps, c'est-à-dire ?

- Père a 97 ans et Hungerion dans les 100 ans. Wladimir 54 ans, Maman 86 ans.

- Par Merlin ! Mais ils ne les font pas ! Ton père fait 50 ans, ta mère 30 et ton frère à peine 25 ! Et toi tu as bien 16 ans ?

- Non.

Draco fit les gros yeux et partit presque à la renverse. Louvia fut prise d'un gros fou rire.

- J'en ai 15, s'esclaffa t-elle. Mais dans un mois c'est mon anniversaire. J'aurais enfin 16 ans, je pourrais faire presque tout ce que je veux. Et en plus, continua t-elle joyeusement, c'est un événement très important alors nous faisons une grande fête ! Tout le monde vient, c'est un peu comme une réunion de famille… même les elfes peuvent être invités.


Review ? Please =P !

Bon, j'espère que c'est toujours une fic 'potable' !

Le prochain Chapitre sera un peu spécial, parce que il va être rédigé au point de vue de Draco Malfoy ^^ !

Extrait :

- Il est là, lui, grognais-je, loin d'être ravi de revoir ce crétin.

- Qui ? Demanda Ron.

- Mandoza, le type qui a mordu Louvia à l'épaule.

- C'est lui ? La vache c'est un sacré morceau, s'étonna Ron. Quoique quand on l'a vu en loup, il était vraiment énorme. Plus grand qu'un scroup à pétard adulte.

- Bon, lança Nathaniel qui était maintenant à côté d'eux. On va rentrer, inutile de les provoquer.