°La fin de la nuit…°

La porte se referma. Minagi entendit la clé tourner à l'intérieur de la serrure.

Elle n'osait pas se retourner.

Ils se retrouvèrent dans une sorte de couloir qui donnait sur un grand salon. Un immense divan ornait la pièce.

Il faisait toujours aussi sombre malgré le jour qui se levait enfin. Les volets étaient soigneusement fermés.

Un peu perdue, elle observait ce lieu inconnu puis, de nouveau, elle sentit ses mains se poser sur elle. Une fois de plus, une sensation « d'explosion » se fit sentir dans son estomac.

Grâce à ses mains si « imposantes », Kurogane put saisir entièrement l'arrière de sa nuque entre son pouce et son index. Sous ses doigts, il pouvait sentir la joue de la jeune femme. Cette joue rugueuse à cause des tortures qu'elle avait subit ces dernières heures.

Il n'avait pas été là pour la protéger.

A cette pensée, son autre main se resserra sur l'épaule de la jeune femme qu'il venait de dénuder en faisant glisser légèrement la veste qu'elle portait toujours. Il posa ses lèvres sur cette épaule sans pour autant l'embrasser. Il pouvait ainsi sentir l'odeur de sa peau si particulière. Elle l'enivrait…

A cet instant, il se promit qu'elle ne souffrirait plus à cause de lui et il allait faire en sorte qu'elle le comprenne maintenant.

Il était bien décidé à mener à terme ce qu'il avait commencé…

Fye était toujours un peu sous le choc de ce qu'il venait de découvrir. Il ressentait toujours ce petit sentiment de déception. Pas qu'il soit tombé amoureux de Minagi, même s'il la trouvait très séduisante et sympathique, mais il aurait souhaité qu'une telle situation se produise pour lui.

Lui aussi avait subi des déceptions dans sa vie, il avait vécu des drames auxquels un bon nombre de personne ne seront jamais confrontées. Et il ne refuserait pas un peu de romance pour égayer son esprit.

Soudain il sourit. Il se dit que finalement c'était très bien comme ça.

Kurogane n'était pas comme lui. Il n'interdisait pas autres de s'attacher à lui pour éviter de les faire souffrir.

Il pensa que, même si le samouraï avait fait souffrir Minagi plus d'une fois, s'il avait été à sa place, elle aurait de toutes façon, souffert d'une autre manière. La souffrance psychologique est souvent plus douloureuse et plus difficile à soigner que la souffrance physique.

Fye se sentait incapable de rendre heureux qui que ce soit. Tout n'avait toujours été que souffrance autour de lui. A un tel point qu'il pensait dur comme fer qu'il était à l'origine de beaucoup de malheurs de par sa seule présence.

Alors il valait mieux que personne ne s'attache à lui. Cela en avait toujours été ainsi et il n'en serait pas autrement.

Il sourit une nouvelle fois en se disant que toutes ces pensées résultaient sûrement d'un état un peu dépressif. « Bon, je ne vais pas me laisser abattre, se dit-il, je suis quand même utile de temps en temps ».

Pour faire cesser ses noires pensées, il décida alors de partir à la recherche de Mokona car il avait disparu depuis un petit bout de temps déjà. Puis il pensa à Sakura et Shaolan qui, eux aussi, n'avaient pas montré signe de vie depuis plusieurs heures.

Il ne tarda pas à les trouver, endormi dans les bras l'un de l'autre sur le divan.

Eux aussi avait trouvé le bonheur.

Mais, en les observant, ses pensées n'étaient pas les mêmes que celles qu'il avait eut pour Kurogane et Minagi.

Non.

Loin de là.

Il était heureux de les voir ainsi.

Leur visage était serein. La tête de Sakura reposait sur le torse de Shaolan. Elle tenait fermement la manche du jeune homme comme si elle craignait qu'il ne s'en aille en la laissant seule.

C'était un beau tableau qui s'offrait à lui et qui apaisa son esprit.

Au contacte de la bouche de Kurogane dans le creux de son épaule, instinctivement, elle bascula son visage vers l'autre côté comme pour lui offrir le reste de son cou. Et, ce fut sa propre bouche qui entra alors en contacte avec les doigts du ninja. Ces doigts qui avaient senti quelques instants auparavant l'épiderme meurtri de sa joue.

Elle les embrassa alors, doucement, un à un. Puis, elle sentit la langue du guerrier remonter doucement le long de sa nuque. Alors, elle fit délicatement glisser la sienne sur son majeur avant d'en sucer suavement l'extrémité.

Cette attention provoqua chez Kurogane une excitation immense qu'il devait contrôler s'il voulait faire durer cet instant.

Il fit descendre ses mains le long de ses hanches pour les faire remonter sous les vêtements de la jeune femme et atteindre alors sa poitrine. Pour le moment il ne put l'atteindre qu'a travers le tissu brodé de son sous vêtement. Mais il franchit vite cette barrière en tirant vers le bas les deux morceaux de tissu qui recouvraient ses seins. Il s'en saisi à pleine main, doucement, délicatement.

Il venait de prendre possession de la deuxième partie la plus sensible chez la jeune femme.

Aux prises d'un excès de chaleur, elle décida de se séparer de sa veste et de son haut. Puis elle se retourna pour faire face à son amant.

Celui-ci dû stopper ses caresses quelques instants mais pu aussitôt entreprendre d' « explorer » une autre parti, non moins attrayante, du corps de la jeune femme : ses fesses.

Alors qu'elle touchait du bout des doigts son torse puissant, il dégrafa rapidement le pantalon de Minagi qui glissa jusqu'à ses chevilles.

Se retrouver quasi nue devant lui l'intimida profondément. Elle captura subitement sa bouche afin d'apaiser son trouble et plaqua son corps contre le sien.

Lui n'en pouvait plus. Il plaça alors ses mains sous les fesses et la fit décoller du sol. Elle encercla ses jambes autour de la taille du guerrier avant qu'il ne se dirige dans le salon juste à côté.

Leurs lèvres ne s'étaient pas quittées, jusqu'à ce que Kurogane dépose doucement la jeune fille sur le rebord d'un meuble.

Elle se retrouva assise, à demi nue, face à cet homme qu'elle avait appris à connaître en seulement quelques jours.

Il avait l'air de tout connaître d'elle. Il semblait avoir appris par coeur tous les endroits stratégiques de son corps. Ces parties sensibles qui, au moindre contact sensuel, pouvaient la transporter dans un état de parfaite excitation.

Elle n'osait toujours pas le regarder, se collant encore plus à lui afin de fuir ses yeux qui cherchaient à la fixer.

Il dégrafa son pantalon, se laissant emporter par ses pulsions…

Car il n'y tenait plus.

La sentir bouger, nue contre lui faisait bouillir ses sens.

Alors d'un seul coup de reins, il entra en elle et découvrit enfin cette autre chaleur tant convoitée. Il avait tellement su éveiller l'excitation de la jeune femme que son corps accepta le sien sans aucune résistance, le laissant glisser jusqu'au plus profond d'elle-même.

L'impacte arracha un cri de plaisir à Minagi invitant ainsi le ninja à renouveler ses mouvements.

Il entreprit un « va et viens » frénétique qui ne faisait qu'augmenter la fréquence des gémissements de sa partenaire. Elle ne pouvait réfréner ses cris de plaisir malgré sa timidité.

Ce plaisir était trop grand.

Il calma le rythme, sentant la fin beaucoup trop proche puis essaya de réguler sa respiration devenue haletante et bruyante.

Il caressa son visage et se saisie de son menton pour qu'elle le regarde enfin. Il plongea son regard dans le sien et, alors qu'ils s'observaient, il reprit la cadence d'un va et vient beaucoup plus calme, plus doux.

Mais elle en voulait plus…

Elle se cambra puis invita le guerrier à faire preuve de plus de « violence » dans ses ébats. Il obéit volontiers à cette demande implicite mais décida de procéder d'une autre manière.

C'est alors qu'il la transporta jusqu'au divan. Il la déposa sur le sol, en faisant preuve d'une grande délicatesse.

Etant libérée de son « emprise », elle en profita pour découvrir ce membre qui venait juste d'explorer son être. Elle le saisi d'une main et constata alors sa forte raideur mais aussi la grande chaleur qu'il dégageait.

Il était presque brûlant.

Elle le parcoura de tout son long, remontant jusqu'à son extrémité. Elle constata également le plaisir que procurait ce geste à son amant. Tous les muscles abdominaux du guerrier se contractèrent et un souffle de plaisir s'échappa de sa bouche.

Elle voulu l'explorer une nouvelle fois en faisant redescendre sa main mais, à mi-chemin, il stoppa sa main. Ses caresses l'avaient emmené au bord de la jouissance et il ne voulait pas que leur « union » s'arrête maintenant.

Tout doucement, il la fit se retourner puis fit basculer son corps en avant. Elle posa ses genoux sur le divan, laissant à Kurogane le libre loisir de contempler la chute de ses reins parfaitement dessinée.

Il se rapprocha et, à son contacte, la jeune femme se cambra afin d'accueillir son amant comme il se devait.

Il entra une nouvelle fois en elle. Découvrant les nouvelles sensations que cette position lui procurait.

Chaque impacte de reins contre l'intimité éveillée de la jeune femme les amenaient tous deux encore plus près de la jouissance.

Mais, malgré la volonté du ninja de pousser sa partenaire jusqu'à l'orgasme, il ne put atteindre son objectif et sentit la jouissance l'envahir en premier. Il la laissa emplir tout son être et savoura cet instant au maximum.

Il plaqua son torse contre son dos afin de sentir la chaleur de sa peau alors qu'il se délectait encore du plaisir de leurs jeux sexuel.

Puis, doucement, ils se laissèrent glisser sur le divan. Kurogane sentait petit à petit l'orgasme laisser place au bien-être.

Minagi s'allongea sur lui alors qu'il continuait à caresser son corps. Il fixaient tous les deux le plafond de cette maison inconnue.

Silencieusement.

Les mains du guerrier gardaient en éveil malgré elles tous les sens non apaisés de Minagi.

Il le comprit bien vite lorsqu'il caressa sa poitrine.

Quelques souffles de plaisir s'échappèrent de la bouche de la jeune femme.

Il enragea.

Il n'avait pas correctement exécuté son « travail » et décida donc de ne pas en rester là.

Sa deuxième main prit alors la direction de l'entre jambe de Minagi et la réaction ne se fit pas attendre. Le corps entier de la jeune femme se contracta, sentant le doigt de son amant parcourir son intimité, titiller cette petite boule de chaire encore gorgée de plaisir.

Son autre main, pinçant le bout d'un de ses seins l'aida à franchir le « seuil ultime ».

Ce fut très rapide.

Elle se cambra une dernière fois, plaqua sa propre main sur celle de son amant afin que ses caresses intimes ne s'achèvent pas. Elle captura sa bouche et l'embrassa d'une manière qui signifiait à quel point son plaisir était grand.

Ce baiser signifiait aussi à quel point elle l'aimait. Tout s'éclairait dans son esprit. Elle prit conscience de son amour pour lui et se rappela uniquement les bons moments qu'ils avaient passé ensemble, jusqu'à « cet » instant.

Elle oublia tout le reste.

Ils restèrent ainsi, immobiles, durant vingt bonnes minutes. Kurogane avait tout de même prit la délicatesse de glisser une couverture sur le corps nu de son amante. Elle était toujours allongée sur lui, mais s'était retournée. Faisant reposer sa tête sur le torse du guerrier comme s'il s'agissait d'un confortable oreiller.

Des bruits provenant de l'extérieur les fit sortir de leur rêverie.

Minagi se rappela alors sa fuite de cette nuit. Elle était sûrement recherchée et les voix ainsi que les sirènes de voitures de police qui se faisaient entendre à l'extérieur les ramenèrent brusquement à la réalité…

Elle se redressa alors. Couvrant ses épaules avec la fine couverture.

Ses yeux se perdirent quelques instants dans le vague puis se posèrent sur ceux de Kurogane.

Minagi : Et maintenant…qu'est-ce que je fais ?

Kurogane se redressa et s'assit à côté d'elle. Après un bref silence, il lui répondit.


Kurogane : J'ai peut-être une solution. Mais, pour ça, il faut que tu sois prête à tout abandonner ici…

Minagi le regardait toujours, elle crut comprendre ce que signifiaient les mots de Kurogane…

Minagi (un peu déstabilisée) : Tu veux…que je voyage avec vous ?

Kurogane : Non. Sûrement pas, c'est beaucoup trop dangereux.

Elle rougit à l'entente de cette phrase. Ce ton protecteur, le regard furtif mais très explicite qu'il posa sur elle, lui montra sa détermination de la protéger. Bien sûr, il ne voulait pas qu'elle l'accompagne dans le voyage à travers les dimensions car elle mettrait en péril sa vie. Et ça, pour le guerrier, il en était hors de question.

Kurogane : Il y a un seul endroit où j'accepterais que tu ailles…

Son visage se tourna vers celui de Minagi qui le scrutait toujours avec attention, les joues légèrement empourprées.

Kurogane : …mais, il va falloir en payer le prix…

° Fin du chapitre 14°