Désolée pour ce léger retard, je croyais avoir fini la traduction mais je m'étais trompée.

Merci pour les reviews, je n'ai pas eu le temps de vous répondre mais j'apprécie de connaitre vos opinions.

Bonne lecture :)


Chapitre 14

BPOV

J'ouvris les yeux pour apercevoir les légères traces de rose dans le ciel alors que le soleil se levait sur une nouvelle journée. Oui, et quelle nouvelle journée ! pensai-je en souriant. Edward n'était plus à mes côtés dans le lit, bien qu'il le fût lorsque je m'étais réveillée de ma sieste hier. Il m'avait concocté un énorme dîner qu'il m'avait apporté au lit avant de me faire couler un bain, pendant lequel il nettoya affectueusement chaque centimètre de mon corps.

Je me redressai et enroulai le drap autour de moi, mon sourire s'agrandissant en repensant aux nouveaux souvenirs que nous ayons créé ensemble. Des souvenirs bons, merveilleux, à couper le souffle. Je frissonnai à ce qui pourrait arriver aujourd'hui. Je n'étais pas sûre que les choses pourraient être meilleures.

''Edward ?'' appelai-je à voix basse, sachant qu'il m'entendrait.

''Dehors, mon amour.''

Je marchai vers la porte fenêtre qui menait au balcon et l'ouvris. Edward était penché, ses coudes posés sur la rambarde, faisant tourner une fine chaîne entre ses doigts. Je reconnaîtrai cette chaîne n'importe où, l'ayant acheté moi-même. Je regardai alors qu'Edward levai le cœur en diamant en direction du soleil qui perçait à peine à l'horizon, les rayons se brisant en un arc-en-ciel, assez similaire à l'effet produit par sa peau. ''Je me suis souvenu du moment où ma mère me l'a donné hier pendant que tu faisais la sieste.''

Je fus un peu confuse par ses paroles. Il s'était souvenu qu'elle lui avait donné lorsque nous étions en cours de biologie ce fameux jour. Je l'avais vu moi-même. ''Non, tu t'en es souvenu depuis un moment maintenant.''

Edward secoua la tête. ''Pas la totalité. Je me suis enfin rappelé de ce qu'elle m'avait dit. Elle me l'a donné la première nuit après l'arrivée de toi et ta famille chez nous. C'était étrange, toute la conservation. Elle savait vraiment des choses.''

''Que veux-tu dire ?'' Je me rapprochai de lui. Il semblait si sérieux.

''J'ai beaucoup pensé à nous, Bella, à combien notre amour est étrange et intense, au fait que nous soyons parvenus à conquérir le temps. Ma mère savait que nous étions faits pour l'autre dès le départ. Elle était même au courant pour la décharge électrique qui s'était produite au premier contact. Lorsqu'elle m'a donné ça,'' dit-il, indiquant le diamant qu'il tenait entre le pouce et l'index. ''Elle m'a dit de te le donner lorsque le moment serait venu. Lorsque je lui ai demandé des précisions, elle m'a répondu 'après qu'elle te le rende'. Comment savait-elle que tu me le redonnerais, même si c'était 90 ans plus tard ?'' Il semblait que la question était plutôt tournée vers lui que vers moi.

''Je ne sais pas, Edward. Pourquoi ne m'as-tu pas parlé de tout ça avant que je me recouche ?'' demandai-je, passant un bras autour de sa taille.

''Ce n'était pas le bon moment et je voulais que ça soit spécial,'' dit-il simplement, tournant pour me faire face.

''Spécial pour quoi ?''

Edward rit doucement, l'attitude pensive qu'il avait quelques minutes auparavant disparut et fut remplacée par de la légèreté. ''J'essaye de te redemander en mariage, Bella. Vas-tu maintenant me laisser poser les questions ?''

Mon cœur se mit à battre à la chamade et j'ouvris la bouche, ne trouvant aucun mot. Je ne pus que hocher la tête.

''Bien, maintenant, où en étais-je ? Oh, oui, j'avais envie de te dire certaines choses et cela semble être le moment parfait pour me lancer.'' Je regardai, fascinée, Edward mettre un genou à terre devant moi, tout en paraissant nerveux. Sa main s'arrondit autour de mon poignet gauche et, dans un mouvement trop rapide pour que mes yeux ne le voient, il attacha le collier comme s'il s'agissait d'un bracelet.

Je tremblai en voyant son visage séraphin se tourner pour trouver mes yeux. Cela me coupait le souffle de le voir si beau dans cet instant cet homme que j'aimais, agenouillé et vulnérable devant moi. Il laissa s'échapper un petit souffle et se mit à parler. ''Bella, mon amour. Il y a de nombreuses années, je t'ai donné ce bijou, totalement inconscient que te dire 'pour toujours' se révèlerait être littéral. Le destin est de tout évidence vindicatif et injuste mais il sait ce qu'il fait. Lorsque tu es revenue dans ma vie, réveillant le cœur que j'avais longtemps cru mort et intouchable, je me suis demandé comment j'ai pu traverser cette existence sans toi.

Toi, mon amour, tu es tout ce qui m'est vital. Tu es la gravité qui me garde ancré au sol. J'ai cru par le passé que j'étais entier et heureux mais maintenant, je sais que c'est parce que tu étais en vie quelque part que j'avais cette sensation. Je ne me suis pas consciemment souvenu de toi ces dernières 90 années mais mon cœur ne t'a jamais oublié. Même au début, lorsque je voulais sauter dans les feux de l'enfer, j'ai continué à vivre ma vie, parce que l'âme que je pensais avoir perdu était attaché à la tienne. Cette idée erronée que j'avais de croire que je n'avais pas d'âme avait un fond de vérité parce que tu n'étais pas à mes côtés. Tu étais la force vitale qui me gardait ici.

Comme je l'ai dit, le destin savait ce qu'il faisait. Il nous a gardé séparé jusqu'à ce que je puisse supporter ton sang. Je n'ose imaginer si tu avais essayé de me trouver lorsque j'étais un nouveau-né vampire. Le destin t'a rendu pleine d'abnégation en te gardant éloigné et il nous a rapproché lorsque je suis devenu assez fort pour que notre relation marche.''

Mon corps entier tremblait et les larmes tombaient librement alors qu'Edward continuait à m'ouvrir son cœur. ''Je ne peux pas exprimer ce que ça signifie pour moi que tu aies continué à m'aimer après tout ça. Je n'ai pas l'impression de mériter ton affection parce que pour près d'un siècle, je n'ai pas fait partie de ta vie. Je n'étais plus qu'un souvenir pour toi et pourtant tu m'as gardé en vie dans ton cœur.''

Un sourire apparut à la commissure de ses lèvres et mon cœur était sur le point d'exploser de joie. ''Alors, avec tout ce qui s'est mal passé pour nous, je voulais faire quelque chose de bien. Bella, tu es tout pour moi. Je ne peux pas envisager de passer un seul moment de plus sans toi à mes côtés. Acceptes-tu, Bella Swan, d'être ma femme ?''

Je tombai au sol, fondant en larmes et enroulai mes bras autour d'Edward. Je chantai le mot 'oui' entre mes baisers, mon corps cherchant à être aussi près de lui que possible. La manière dont il venait de me demander en mariage était tellement différente de la dernière fois. J'étais heureuse qu'il m'ait donné le cœur au lieu d'une bague. C'était un lien vers notre passé et nous symbolisait parfaitement deux cœurs forgés dans un seul, à jamais gelé dans le temps.

''Je t'aime tellement…'' soufflai-je dans son cou.

''Je t'aime aussi. Je dois cependant te poser une question. Essayes-tu de te donner en spectacle pour les voisins ?'' chuchota-t-il dans mon oreille.

Je fus rattrapée par la réalité et mes joues s'enflammèrent. Bien que nous soyons positionnés d'une manière qui nous rendait invisible, j'étais tout de même gênée. Lorsque j'avais mis mes bras autour d'Edward, j'avais lâché le drap, qui était maintenant autour de ma taille. Je le remontai pour me couvrir, offrant un 'oups' à Edward tandis qu'il riait. ''Il faut comprendre Edward, tu es vraiment doué pour me distraire.''

''Je suppose. Pourquoi ne vas-tu pas donc t'habiller pendant que je te prépare à manger.''

''Ça semble être une bonne idée,'' concédai-je, retournant à l'intérieur.

Le temps était déjà chaud, je mis donc une blouse à manches courtes et un jean. Je pensai au jardin en attachant mes chaussures, et à tous les rosiers qui entouraient le terrain. Je décidai alors qu'après le petit-déjeuner, j'irai dehors pour tailler et préparer le jardin pour l'été. Edward avait engagé des professionnels pour s'occuper des arbres et plantes mais cela faisait longtemps que je n'avais pas jardiné. Elizabeth m'avait appris quelques astuces et je voulais les appliquer.

Je descendis les escaliers et entrai dans la salle à manger où Edward avait déjà servi mon petit-déjeuner. Des croissants chauds et une salade de fruits étaient parfaitement arrangés sur la table immaculée. Je souris et secouai la tête la vitesse des vampires était une chose géniale.

''Ça a l'air délicieux,'' dis-je, l'embrassant rapidement avant de m'asseoir. Je ris lorsqu'il parvint à pousser ma chaise sans difficulté, tout en me passant une serviette autour du cou.

''Alors, que veux-tu faire aujourd'hui ?'' me demanda Edward, s'asseyant dans la chaise en face de moi. Le fait que nous nous assîmes dans les mêmes sièges que pour les dîners partagés toutes ces années auparavant ne quittait pas mon esprit.

J'avalai une fraise et bus un peu de lait avant de lui répondre. ''Je veux aller dans le jardin et tailler certains des rosiers. Ta mère m'a appris comment faire et c'est la fin du mois de mars, alors c'est le moment ou jamais.''

''Je pense qu'elle aurait aimé ça,'' déclara-t-il doucement, ses yeux prenant une expression songeuse. Je savais que lui et Elizabeth avaient été très proches.

''J'espère pouvoir lui rendre honneur. Elle était douée pour 'travailler la terre'', comme elle disait.''

''Je me souviens. On avait toujours des fleurs dans la maison durant les mois chauds.''

Je hochai la tête, me rappelant les nombreux vases qui étaient installés à travers la maison lorsque les fleurs commencèrent à éclore avant que je ne parte. Je finis mon repas rapidement et aidai Edward à nettoyer les assiettes, voulant sortir le plus vite possible.

''Viens-tu avec moi ?'' m'enquis-je avant d'ouvrir la porte arrière.

''Je te rejoins dans quelques instants. Je veux tenter de faire le carré d'agneau d'Oliver. J'ai trouvé de vieilles recettes dans une boite et cela demande que la viande marine pendant plusieurs heures. Une fois que j'ai fait ça, je viendrai te retrouver.''

Je ris un peu à quel point il prenait son rôle de 'Chef personnel de Bella' très au sérieux. ''Très bien, mais je me dois de te dire que lorsque je serais incapable de rentrer dans mes vêtements à la fin de la semaine, ça sera de ta faute.''

Edward secoua la tête et ris alors que je passai le pas de la porte, m'en allant en direction de la petite cabane construite sur le côté du jardin. Le jardinier qu'Edward avait embauché l'avait gardé bien stocké et organisé, me permettant de facilement trouver les cisailles dont j'avais besoin. J'attrapai un seau pour y mettre les débris et démarrai dans le coin le plus à gauche pour pouvoir faire le tour du jardin.

Les rosiers d'Elizabeth étaient tout aussi verdoyants et beaux qu'avant, bien qu'ils ne soient pas encore en fleurs. Je coupai les branches cassées et celles dont le bout avait bruni, jusque-là où le vert clair se trouvait, comme elle me l'avait appris. A la fin du mois d'avril, les petits bourgeons écloraient en délicats pétales rouges et blancs. J'avais la chance d'en avoir vu quelques-uns bourgeonner avant de partir. C'était toujours si apaisant d'être là dans le jardin, il y régnait un tel calme. Chicago était à peine quelques rues de là mais cela ne donnait pas cette impression lorsqu'on se trouvait à l'arrière de la propriété des Masens.

Je fredonnai ma berceuse doucement, marchant sur les pavés, le seau dans la main. J'étais tellement heureuse. L'homme que j'aimai était de retour dans ma vie et m'avait demandé de me joindre à lui plus que je l'étais déjà. Nous avions enfin fait l'amour, plus d'une fois, et chaque fois était meilleure que la précédente. Je ris alors que mes yeux s'embuèrent de larmes de joie, laissant le fait qu'Edward et moi allions enfin être ensemble 'pour toujours' réchauffer mon cœur.

Au milieu de mes délicieuses pensées, j'entendis un léger bourdonnement derrière moi et je tournai la tête pour voir un colibri voleter. J'avais toujours aimé ces oiseaux. Je regardai, fascinée, alors qu'il battait ses rapides petites ailes dans l'ancien abreuvoir, rempli de l'eau de pluie provenant de la tempête de la veille. Je voulais me rapprocher, je fis donc quelques pas, trébuchant par inadvertance sur un pavé du chemin. Je tombai maladroitement et laissai un cri aigu s'échapper en sentant une peine percer ma poitrine. Je me relevai rapidement, l'adrénaline pompant dans mes veines, et baissai les yeux, seulement pour retirer les cisailles qui s'étaient enfoncées dans ma peau. Je sentis une étrange sensation froide m'envahir et mes yeux s'écarquillèrent d'horreur alors que le sang commençait à couler à travers le tissu de ma chemise.

EPOV

L'agneau était une viande absolument dégoutante. Je pouvais voir le gras qui lui donnerait sa saveur décadente une fois cuisinée mais observer une carcasse animale ne faisait pas partie de ma liste de préférence. Je préférai le sang bien plus qu'une viande gélatineuse et froide. J'arrangeai la viande dans le bol avec les différences épices et liquides qu'exigeaient la recette d'Oliver. Je savais que Bella apprécierait ce repas, seule raison pour laquelle je faisais ça. Bon, pas entièrement car c'était aussi le premier repas que nous avions mangé ensemble et cela semblait approprié de le recréer, peu importe combien cela pouvait me dégoûter maintenant.

Je posai le bol dans le frigo et lavai mes mains, pensant à Bella. Elle avait accepté d'être ma femme. Je souris rien qu'en y pensant. Je savais qu'elle m'aimait et qu'elle dire oui à ma demande mais cela ne la rendait pas moins spéciale. Elle avait souris et crié et m'avait embrassé avec tellement d'émotion que j'étais rempli d'admiration. Ma Bella avait le plus beau cœur que je n'avais jamais eu la chance de voir. Il ne me suffisait pas de dire que j'étais chanceux mais je n'avais pas d'autres mots. Mon dieu, que j'aimais cette femme !

Je marchai à vitesse humaine dehors, prenant soin de faire le moins de bruit possible. Je voulais observer Bella avant de l'avertir de ma présence, pour savourer sa beauté alors qu'elle travaillait dans le jardin de ma mère. Elle se tenait immobile vers l'arrière de l'espace, sa tête baissée, probablement en train d'apprécier la douce odeur de la brume matinale. Le printemps était le meilleur moment pour nous une saison de renouveau et d'espoir avec le soleil qui s'éveillait de son hibernation hivernale. Bella et moi renaissions également.

''Passe-tu un bon moment ?'' demandai-je d'une voix joyeuse, laissant le bonheur de la journée m'envahir.

Bella tourna la tête et l'expression sur son visage m'arrêta dans mon élan. Ses yeux étaient écarquillés et embués et ses lèvres tremblaient. La panique prit possession de moi et je courus à ses côtés. ''Que se passe-t-il, mon amour ?''

Elle n'eut pas à répondre. Mon nez sentit l'odeur la plus appétissante qui fut. Je baissai doucement les yeux pour voir sa main pressée contre sa poitrine, l'intense vermillon coulant entre ses doigts. Je fus horrifié de ma réaction initiale et du venin qui remplit ma bouche mais, plus encore, parce que mon amour était clairement en train de saigner à mort.

Je combattis le monstre en moi et saisit Bella dans mes bras alors qu'elle tombait vers le sol. Je remarquai les cisailles dans son autre main, le sang colorant le bout métallique. ''Bella, mon amour, nous allons à l'hôpital.''

Je me relevai rapidement et fit un pas, seulement pour sentir une lourde pression sur moi. Je tombai à genoux avec Bella, ma force commençant à me quitter. C'était étrange.

''Edward.'' La voix de Bella était tel un verre délicat, prêt à se briser à tout instant. ''J'ai froid.''

Mes sens fonctionnaient toujours, même si ma force m'avait abandonné. Les battements de son cœur diminuaient dans un rythme erratique qui semblait faible et vulnérable. Je criai en réalisant la réalité de la situation. Bella mourrait et elle m'emportait avec elle. Je ne pouvais rien faire d'autre que de ressentir la faiblesse dans mes os et mes muscles qui ne m'avaient jamais fait défaut depuis que j'étais devenu un vampire.

''Mon amour, je ne sais pas quoi faire. Je…'' Ma voix finit par être un murmure rauque. Il devenait compliqué de réfléchir.

''Essaye…'' Sa voix douce me secoua. Je savais ce qu'elle voulait que j'essaye mais je n'étais pas sûr que cela marche. Nous étions déjà en train de mourir, cela ne pouvait certainement pas être pire ?

J'agis rapidement, réunissant les dernières forces qui me restaient, non seulement pour le contrôle mais aussi pour initier l'acte. Je repoussai les cheveux de son épaule et dénudai sa peau. Je pris une inspiration tremblante, laissant le venin envahir ma bouche avant d'abaisser mes dents vers sa chair, perçant la peau. J'aspirai un peu, permettant à son sang chaud d'inonder ma bouche, le mixant avec le venin. Même en étant extrêmement faible, son sang entrainait mon corps à réagir avec une agitation animale. Je fermai les yeux et me concentrai sur la tâche à accomplir. Bella se mourrait et je tentai de la sauver, et moi par la même occasion.

Avec les derniers restes de force et de volonté que je possédai, je réinjectai le sang et le venin dans la blessure que mes dents avaient créée. Je léchai la morsure pour la cicatriser et espérai que mon venin aurait une action quelconque. Je ne savais pas si cela suffirait ou si cela ferait une différence mais je ne dus pas attendre longtemps pour avoir une réponse. Le cœur de Bella ralentissait rapidement, bien que je puisse sentir mon venin dans le sang qui coulait de sa plaie béante. Ses yeux étaient vitreux et se fermaient avant qu'elle ne les rouvre brutalement, me regardant avec passion. ''Je t'aime, Edward. N'oublie jamais…''

Je ne savais pas à quoi m'attendre de la mort si c'était douloureux ou paisible. Mon interrogation était futile et passa sans réalisation, ne faisant aucune différence. Un cri d'agonie déchira ma gorge alors que le cœur magnifique de Bella battit une dernière fois avant de faire place à un silence assourdissant. Je hurlai de torture alors que mon propre cœur se fendait dans ma poitrine, mes émotions n'ayant aucune échappatoire. Je ne pouvais pas bouger alors que je reposai là, le corps refroidissant de Bella dans les bras. Mes yeux se fermèrent d'eux-mêmes et dans un dernier soupir, je chuchotai, ''Je t'aime aussi, Bella.''

Je sentis ma conscience s'en aller et quelque part dans mes souvenirs j'entendis la voix de ma mère. Je ne pouvais pas comprendre ce qu'elle disait mais je savais que c'était important. La seule chose que je pouvais faire était de glisser un peu plus dans l'obscurité, vers l'endroit où s'en était allé Bella, et je ne pouvais pas m'y rendre assez vite. Je n'avais plus le choix.

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Je me tenais avec Edward sur le porche de la maison familiale alors que nous nous faisions nos adieux. Mes parents et moi partions pour New York et je laissai mon amour à Chicago. De dire que mon cœur se brisait était plus qu'un euphémisme. Je laissai ma vie entière derrière moi.

Les larmes coulaient de mes yeux et ma main agrippait le cœur en diamant qu'Edward venait de placer autour de mon cou. ''Cela devra suffire jusqu'à ce que je puisse mettre une bague à ton doigt.''

La confusion m'envahit ainsi qu'un sens aigu de déjà-vu. J'avais la sensation que nous avions déjà fait ça. La sensation grandit, m'étouffant presque, entrainant ma respiration à devenir saccadée. C'était comme une hystérie, comme si j'avais besoin de me souvenir de quelque chose mais je ne savais pas quoi.

''Bella, mon amour, que se passe-t-il ?'' La voix d'Edward semblait remplie d'inquiétude. Je pris une inspiration aussi profonde qu'il m'était possible et regardai dans ses yeux. Un rayon de soleil parvint à travers les nuages, illuminant les éclats d'or dans ses iris principalement émeraudes. Yeux dorés…

Mes genoux flanchèrent alors qu'une vague intense de souvenirs s'écrasa sur moi.

La douleur de quitter Edward, la cassure de continuer sans lui, la peur et le dénuement que j'avais vécu lorsqu'il était tombé malade, le choc de voir son regard écarlate à travers le miroir, la torture d'apprendre que je ne pouvais plus vieillir, la solitude de traverser une vie immortelle sans lui.

Je pensai que la vague était repartie mais il y en avait d'autres : la joie de l'avoir retrouvé, faire partie des Cullens, premiers baisers et l'intimité, la demande en mariage d'Edward et comment notre amour avait résister au test du temps.

J'avais quasiment atteint mon point de rupture lorsque le dernier souvenir s'écrasa douloureusement dans mon esprit, comme si une dague était plongée dans mon corps la peine dans les yeux d'Edward alors que je pouvais sentir la vie me quitter, le sang coulant de la blessure que j'avais reçu en tombant sur les cisailles.

J'étais prise de tremblements incontrôlables lorsque je revins à la réalité dans les bras d'Edward, ses bras chauds d'humain. Nous avions, non, j'avais reçu la possibilité de tout recommencer depuis le début. C'était peu de dire que j'étais désarçonnée et perplexe. Jamais dans mes rêves les plus fantastiques avais-je pensé que quelque chose de pareil soit possible.

''Bella ! – Qu'y a-t-il ?'' demanda Edward, pris de panique. Il ne se souvenait pas. Une fois encore, j'étais la seule à savoir ce qu'il s'était passé.

Que cela soit un rêve ou non, je savais que mon choix était crucial. Je le sentais au plus profond de mon être, j'étais à un croisement et de ce que je ferais à partir de cet instant découlerait non seulement mon destin mais aussi celui d'Edward. Je regardai autour de moi et sus que j'étais bien de retour à Chicago et que si je trouvai un calendrier, il me dirait que l'année était 1918.

Le choix le plus évident était de le supplier de partir avec moi à New York. Il était en apprentissage pour obtenir un poste dans la banque de son père, mais il viendrait sûrement avec moi si je lui demandai. Nous pourrions échapper à la grippe espagnole et commencer notre vie ensemble. Nous pourrions nous marier à l'automne comme il était prévu, peut-être que nous aurions quelques enfants et verrons les années passer et nous transformer.

Mais cela serait égoïste.

Ce fut à ce moment-là que mes pensées se portèrent vers Carlisle. Il était un homme bon jusqu'au plus profond de lui-même. Il n'aimait pas seulement sa famille mais il accordait de la valeur à la vie humaine un véritable humanitaire. Et s'il n'avait jamais changé Edward ?

Esme. Carlisle ne l'aurait peut-être pas trouvé si Edward n'avait pas été là. Qui sait ce qu'il ferait, où il irait, sans lui. La tentative de suicide d'Esme à la suite de la mort de son fils serait plus qu'une tentative et elle n'aura pas l'opportunité de partager son amour avec Carlisle, effaçant la tristesse qui l'infestait depuis si longtemps.

Et Rosalie… Et si Carlisle ne l'a découvert jamais dans la rue ? Si elle continuait à saigner et mourait dans l'humiliation et la douleur ? Qui jugerait ces hommes brutaux qui l'avaient attaqué si elle n'avait pas la chance de se venger ?

Bien sûr, sans Rosalie, il n'y aurait pas d'Emmett. L'ours ne ferait qu'une bouchée de lui et il ne plaisanterait plus jamais et n'apporterait plus aucune joie et bonne humeur à un autre.

Alice et Jasper. Sans Carlisle et sa famille, Alice n'aura jamais de vision de ce que pourrait être sa vie. Elle pourrait finir par chasser des humains et vivre sans les liens familiaux du clan Cullen. Son esprit enfantin qu'elle partageait avec ceux qui l'entourait manquerait à tout le monde. Et Jasper, son attitude calme et sa douceur seraient perdues.

Ma décision n'était pas seulement pour Edward et moi. Ce que je décidai aurait des conséquences sur tellement d'autres vies, allant même jusqu'à la destruction d'une famille qui méritait d'avoir tous ses membres. Je savais qu'il m'était donné la chance de recréer toute notre histoire avec la sagesse que j'avais obtenu à travers des années de souffrance. Le choix m'appartenait, tout dépendait de mon égoïsme ou de mon altruisme. Je voulais Edward plus que tout, mais le côté diplomatique en moi ne voulait pas me laisser prendre la décision la plus logique.

''Je reste ici.'' Je forçai les mots à sortir avant de prendre le temps de considérer mon choix. Je frissonnai légèrement et eus la sensation qu'un poids venait de se soulever de mes épaules. Je me demandai si cela signifiait que je me dirigeai vers le bon chemin.

''Bella, tu dois retourner à New York. Le mois de juillet arrivera en un instant.''

''Cela n'arrivera pas assez vite, Edward. Je reste,'' chuchotai-je durement, espérant plus que tout que c'était ce que je devais faire. J'étais douée pour douter de tout.

''Mais, Bella –''

Je le coupai. ''Je reste ici, à Chicago, avec toi. Ta mère m'a proposé de rester et je vais la prendre au mot même si mes parents veulent autre chose. C'est mon choix et c'est la première fois que je peux faire quelque pour moi. Cela serait agréable d'avoir ton soutien.''

Edward me regarda droit dans les yeux et je sus qu'il y cherchait quelque chose, une lueur de faiblesse pour l'utiliser à son avantage. Je redressai les épaules et maintins ma place. Il n'avait aucune idée de tout ce qui dépendait de ma présence à ses côtés. Je ne pouvais pas le laisser me faire changer d'avis.

''Très bien, Bella. Laisse-moi parler avec tes parents et rassembler tes affaires.''

Je me tins là, choquée, peut-être un peu émerveillée, alors qu'Edward se dirigeait vers la voiture de mes parents et commença à parler avec mon père. Son visage était lumineux mais dur, sachant que mon père était assez strict en ce qui concernait 'ce qui était bon pour moi'. Je priai intérieurement les Parques pour qu'elles fassent que mes parents comprennent et qu'ils me permettent de rester. Ce n'était pas seulement pour moi.

Mon cœur battait à la chamade dans ma poitrine en voyant mes parents sortir de la voiture et se diriger vers moi. Une expression solennelle était peinte sur leurs visages et les yeux de ma mère brillaient de larmes qui n'avaient pas encore coulé.

''Isabella…'' chuchota-t-elle en m'attirant dans une étreinte écrasante. ''Est-ce vraiment ce que tu veux ?''

Je n'avais aucune hésitation en l'étreignant avec tout autant de force. ''Je n'ai jamais été plus certaine de quelque chose dans ma vie.''

Elle m'éloigna d'elle et tapota mes joues, ses lèvres tremblantes alors qu'elle se battait pour retrouver le contrôle de ses émotions. ''Tu dois m'écrire une fois par semaine. Tes études doivent être prises en compte. Tu as interdiction de dormir à proximité d'Edward jusqu'au mariage. Et tu dois me promettre que tu seras heureuse.''

Je ris un peu, en dépit de la peine que je ressentais dans mon cœur. J'avais la sensation que nous ne nous reverrions jamais. C'était une telle bénédiction de revoir mes parents, vivants. J'avais souhaité tellement souvent d'être capable de leur dire qu'ils n'avaient rien fait de mal et que je les aimai énormément. J'avais enfin la chance de leur dire au revoir et de refermer l'autre blessure qui ne s'était jamais cicatrisée. ''Il est tout pour moi, Mère. Je ne peux pas imaginer ma vie sans lui. Je t'aime, tu es la meilleure mère que j'aurais pu avoir. Peu importe ce qu'il peut se passer, sache juste que je me considère chanceuse d'avoir été ta fille.''

Elle embrassa ma joue et sourit avant que je ne me tourne vers mon père. Charles Swan avait toujours été un homme de peu de mots, surtout lorsqu'il s'agissait des émotions, je pus donc prise par surprise alors qu'il m'attirait contre lui et embrassait le sommet de ma tête dans la rue. ''Il a promis de prendre soin de toi. S'il n'était pas un tel gentleman, je n'aurai jamais considéré de te laisser rester ici. Je peux enfin voir à quel point vous comptez l'un pour l'autre. Je ne peux pas intervenir et empêcher quelque chose de si rare. Sois heureuse, Isabella, c'est tout ce que je te demande.''

''Je le serais, Père. Je peux te le promettre.''

Des pleurs, des étreintes et des sourires furent échangés alors que je regardai mes parents partir pour aller retrouver leur train. Je restai assise, sur les marches, observant Edward lutter pour mettre ma malle dans le coffre de la voiture qu'il l'avait amené ici. Je souris intérieurement, me disant que s'il avait toujours sa force de vampire, il n'aurait eu aucun problème.

''Es-tu heureux ?'' lui demandai-je spontanément.

Il s'agenouilla devant moi et retira une mèche qui était tombée sur mon visage, la coinçant derrière mon oreille. ''Je ne peux pas te dire la sensation incroyable que je ressens de savoir que tu vas m'accueillir à la fin de chaque jour lorsque je rentre à la maison. Je serais capable de te tenir, de t'embrasser et de t'avoir près de moi. Tu es mon seul et unique amour, bien sûr que je suis heureux de pouvoir te garder.'' Je ris et l'embrassai avant qu'il se saisisse ma main et me conduise à la voiture, ouvrant la portière pour moi. Il était toujours un gentleman.

''Bienvenue à la maison,'' chuchota Edward dans mon oreille alors que nous arrivions chez lui. Les papillons virevoltaient dans mon ventre, mes nerfs prenant le dessus en sachant que j'allais revoir Elizabeth.

''Je savais que tu reviendrais. Je vois que tu as enfin fait le bon choix.'' Elizabeth se tenait sur le pas de la porte, me parlant avec un sourire entendu sur le visage.

Mon cœur battit plus fort. Savait-elle ?

''Que veux-tu dire, Mère ?'' demanda Edward, serrant ma main.

Elizabeth rit joyeusement et secoua la tête. ''Ce que je veux dire, Edward, c'est qu'il n'est jamais trop tard pour tout recommencer, surtout pour vous deux. Cela vous a peut-être pris du temps pour le voir mais Isabella a pris la bonne décision.''

Ma bouche était grande ouverte alors qu'Elizabeth me faisait un clin d'œil avant de rentrer dans la maison. Les cheveux dans mon cou s'étaient hérissés. Que ne donnerai-je pas pour voir dans sa tête !

''Je m'excuse, Bella. Ma mère est étrange parfois. J'ai appris à vivre avec.''

''Ne t'excuse pas, Edward. Elle a raison. J'ai fait le bon choix cette fois.''

Je souris à son expression stupéfaite. ''Ne me dis pas que tu vas aussi t'y mettre avec toutes ces cryptiques inepties ?''

''Peut-être,'' le taquinai-je.

''Je ne suis pas d'accord !'' hurla-t-il, joueur, me saisissant dans ses bras. Je pressai un baiser contre ses lèvres chaudes. ''Je t'aime, Bella.''

''Je t'aime aussi, Edward, pour toujours.''

Je sus à ce moment-là qu'Edward et moi n'étions pas maudits. Le temps pouvait disparaitre si facilement pour tout le monde. Pour toutes les choses qui faisaient mal dans cette vie, je savais que cela avait été une nécessité. Si je n'avais pas connu la terrible sensation de tristesse, je n'aurais jamais eu l'expérience des plus grandes joies du bonheur. Si je n'avais pas connu les jours froids et pluvieux, je n'aurais jamais appris à apprécier les jours chauds et ensoleillés. Toute action avait une réaction.

Alors, peu importe ce qui pouvait nous arriver, je savais que ce n'était pas mon rôle de défier le destin. Il m'avait été donné la chance de recommencer et j'avais pris une décision différente. Je ne savais pas si j'avais raison, je ne savais pas si j'avais tort. La seule chose que je pouvais faire était de faire un pas en arrière et de profiter autant que possible. Je ne savais plus ce que le futur avait prévu pour nous. Mais cela ne me dérangeait pas de ne pas savoir. J'avais Edward, il m'avait, et nous avions notre amour. Je savais que nous pouvions faire face à tout ce qui pouvait arriver, tant que nous étions ensemble. Je n'avais jamais compris notre amour mais je savais qu'il en valait la peine.

Le temps était un cadeau précieux et si je devais retenir quelque chose, c'était de ne pas en perdre un instant.


Toujours avec moi ?

Je posterai l'épilogue dimanche