Coucou tout le monde ! Voici un nouveau chapitre ! Merci à tout le monde pour les commentaires, les favoris et follower que ce soit sur cette histoire ou mes os ! Pour répondre à FrenChi : figure toi que suite à ton message, je me suis créé un compte mais honnêtement je l'utiliserai très peu…Je n'aime pas twitter. Mais si vous avez des questions, des demandes… n'hésitez pas ! Je promets de répondre dès que possible ! Mon pseudo est LaurenL (sans commentaire). Voilà je pense que c'est tout ! Bonne lecture !

Ah si… euh c'est bientôt mon anniversaire alors… un petit commentaire en cadeau ?

Chapitre 13

Rainer buvait tranquillement son verre, installé dans le coin le plus reculé et le plus sombre du Dal. Un whisky pur sans glaçons. Un alcool fort et lourd en bouche mais tellement savoureux, comme du miel qui aurait trop vieilli. Son père adorait le whisky. Enfin pour être exact, il aimait l'image qu'il renvoyait lorsqu'il en buvait. Un homme d'importance. Seul. Mais Rainer s'était toujours douté que son père préférait la solitude des grands hommes aux repas familiaux des petits. Après la naissance de son fils, il s'était vite débarrassé de sa femme, trop imposante dans le décor pour avoir la paix. Rainer avait dix ans la première fois qu'il l'avait vue. Ce ne fut pas un moment d'émotion digne d'un film hollywoodien mais Rainer s'avouait sans honte qu'il s'agissait d'un souvenir inoubliable. Sa mère était une femme... fière. Il était difficile de dire si cette qualité était aussi un défaut car le jeune homme n'avait rien connu d'autre jusqu'à sa première année à Poudlard. Ses sorties avaient été anticipées, répertoriées, classées par son père. Il possédait un registre secret où il gardait toutes les rencontres et les discussions qu'il avait pu avoir dans sa vie. Sa paranoïa s'était ensuite étendue à son fils, il fallait alors maîtriser tout ce qui venait de l'extérieur et qui pouvait le faire dévier. L'avenir de Rainer suivait une route déjà toute tracée par l'histoire de sa famille et la motivation de son père : être puissant. Peu importe comment, quand et où. Dans l'ombre ou face aux journalistes. L'important était d'avoir de l'influence, des gens prêts à se sacrifier. Le père de Rainer avait choisi l'ombre, les réunions secrètes, les codes à décrypter...

Pendant un moment, l'idée de prendre la relève, de continuer le travail de l'homme qui l'avait formé, était alléchante. Mais insuffisante. Rainer appartenait à la nuit, mais c'était dans la lumière qu'il souhaitait exercer son pouvoir. Le contrôle de la population par la politique. Rainer s'imaginait déjà prononcer une simple phrase à tel ou tel conseil et voir toutes les personnes présentes opiner du chef sans dire un mot. Le pouvoir. Rainer attendait son heure patiemment. Il savait que son objectif était à portée de main, n'importe quel idiot avec de l'argent pouvait entrer en politique alors imaginez quelqu'un d'intelligent et de riche. Les devants de la scène devaient lui appartenir d'une manière ou d'une autre. Le jeune homme s'était imaginé dans une dizaine d'années au sommet de sa gloire, honoré de sa propre statue, un costard taillé sur mesure, une canne taillée dans le bois le plus précieux pour le style… Et peut-être une belle femme à son bras, aux cheveux châtains clairs comme sa mère. Mais à la seconde où il avait rencontré le monstre, cette image s'était modifiée : Bo se tenait à ses côtés, froide, parfaite, une aura noire l'entourant et attirant sur elle tous les regards de ces misérables qu'on nommait le peuple. Ces idiots passaient leur vie à suivre des ordres, des conseils, des principes définis par d'autres. Aucune de leurs pensées n'échappait au conditionnement. Surtout depuis la fin de la guerre. Maintenant, il fallait officiellement être bon, ouvert d'esprit et prouver sa valeur ! Certes cela avait engendré comme une mode, en particulier chez les jeunes, celle de « devenir quelqu'un », la notion de destin était encrée dans les mœurs et on se plaisait à imaginer son futur sous la bienveillance d'une force supérieure. Pour Rainer, l'après-guerre s'était transformée peu à peu en une société basée sur l'apparence et l'hypocrisie. Peu importe, la question du destin pour le commun des mortels tant que cela signifiait argent et célébrité. Il y avait des exceptions bien sûr… les guildes. On surnommait les adhérents les « nobles », pas de sang évidemment mais d'esprit, d'âme. Ils passaient leur vie à aider les institutions ou les faibles. Les guildes fonctionnaient comme des mini-sociétés, il y avait un chef, un ou des leaders, puis ce qu'ils appelaient « les services ». Le principe était simple, lorsqu'un homme se présentait devant la guilde, il était évalué pendant deux semaines, pour être finalement assigné à un service c'est-à-dire un groupe de noble déjà formé, dédié à une cause. Par exemple, le service de l'enfance qui aidait les orphelins principalement mais aussi les jeunes adolescents en détresse…

Rainer les méprisait, tous. Avec leur air supérieur, ils étaient fiers de se mélanger avec les sangs de bourbes et même les faes parfois. Le jeune homme avait tué un « noble » une fois, il avait pris son temps en enfonçant son poignard dans le foie de l'inconnu. Il avait presque senti le sang se répandre à l'intérieur du corps de sa victime. Comme le Nil en pleine crue, tout se noyait sur son passage et petit à petit, l'homme mourait, trahi par son propre corps. Un délice. Rainer entendait assez souvent ses camarades parler d'entrer dans une guilde. Mais peu allaient jusqu'au bout du processus. C'est pourquoi, il n'existait que deux guildes en Angleterre, puissantes certes mais minoritaires. Rainer adorerait les détruire un jour, elles et si possible toutes les personnes s'y rattachant.

Mais assez de ces chaotiques pensées, la voilà. En effet, Bo venait d'entrer dans le bar, la mine sombre, les cheveux emmêlés, et portant les vêtements de la veille. Pourtant Rainer vit apparaître une reine dans son royaume. Il se colla contre le mur afin d'éviter d'être repéré. Le monstre savait qu'il venait tous les jours pendant une heure au Dal avant de devoir retourner à Poudlard. Mais jamais, elle n'était venue le voir. Pas un sourire ou un signe de tête. Juste ce regard affligé et triste que Rainer méprisait. Le succube semblait si faible… Il fallait bien dire que les évènements de la boîte avaient marqué les esprits. Au point que Bo soit retirée de Poudlard. Mais Rainer s'était renseigné et apparemment son petit protégé venait d'une famille très importante car aucune plainte n'avait été portée. Officiellement, Bo avait décidé de suivre son cursus scolaire à domicile car elle ne supportait plus la friction entre ses désirs de succube et les règles de l'établissement. Autrement dit, Bo avait quitté Poudlard pour éviter de sauter sur tout ce qui bougeait. L'étape 2 était donc achevée. Rainer avait réussi à éloigner Bo de ses amis et surtout de Lauren. Même si, le monstre avait été touché plus durement qu'il ne le pensait par les évènements. Elle ne refusait pas simplement la présence de Rainer, il y avait aussi son groupe d'amis fae, sa meilleure amie et même l'idiote de professeure qui lui rendait visite régulièrement. Mais personne ne semblait pouvoir lui parler plus de dix minutes sans que Bo ne s'énerve et chasse tout le monde. Sauf Lauren… Rainer était assez contrarié de voir que sa princesse s'adoucissait avec la blonde, elle restait plus longtemps que les autres, elle ne parlait pas toujours, Bo la raccompagnait même parfois. Rainer était certain que la jeune femme n'étanchait pas la moindre de ses pensées à l'ennemi mais le simple fait qu'elle laisse Lauren s'inviter sur son territoire était une insulte envers tout son travail. Rainer avait mis du temps à trouver le sort qui permettrait au monstre de se révéler. Il s'était exercé. Il avait planifié la moindre seconde pour qu'au final, Bo soit à lui. Qu'elle se tourne et se confie seulement à lui ! Mais Rainer était de plus en plus impatient, il voyait bien que Bo avait du mal à sortir sa tête hors de l'eau… il lui fallait un peu d'encouragement. C'était certainement ce que pensait cette connasse de blonde : laissons du temps à cette pauvre Bo, elle me parlera quand elle sera prête. Idiote ! Pétasse ! Bo est à moi ! Et il est temps d'accélérer les choses et mettre en place l'étape 3 ! Bo pleura dans MES bras cette nuit, elle t'oubliera, elle te maudira de lui avoir donné de l'espoir ! Puis elle comprendra, que sa véritable nature, son seul destin est de tuer à mes côtés… Rainer pris son verre vide et se dirigea vers le bar. Depuis, qu'elle avait quitté l'école, Bo tenait un service tout les soirs au Dal. Aujourd'hui, ses horaires allaient être un peu bousculés…

« Hey Bo…

— Rainer.

— Hum… est-ce que… enfin tu as l'air…

— Je travaille Rainer.

— Oui pardon. C'est juste que ça fait presque deux semaines que je viens et…

— Et ?

— Rien. Rien, pardon Bo, j'avais juste pensé que je… Enfin tu vois, confident et tout, que t'aurais peut-être besoin de parler. Et… et bah je voulais juste te montrer que j'étais là pour toi. Mais tu es occupée et je suis de trop. Désolé.

— Rainer attend ! Ecoute, mon service se finit tard ce soir, je fais la fermeture mais si tu veux demain après-midi, on peut…

— Pourquoi demain ?! Je veux dire… euh… je peux attendre !

— Mais, et Poudlard ?

— Oh c'est vendredi ! Si on me demande je dirai que je suis rentré chez mes parents !

— Mais où vas-tu dormir cette nuit ?

— Oh ça… bah euh… j'ai pris un peu d'argent donc j'irai à la Crinière Blanche

— Tu avais prévu ton coup n'est-ce pas ? »

Rainer rencontra les yeux du monstre, un peu tristes mais plus lumineux, un timide sourire forçait le passage sur ses lèvres. C'était tout ce dont Rainer avait besoin. L'étape 3 commençait…

On approchait de minuit, Bo finissait de nettoyer les verres laissés à l'abandon, la nuit avait été calme. Rainer attendait en sirotant un thé à la menthe. Le succube lui avait offert de l'alcool mais il devait garder la tête froide pour la suite de la soirée. Bientôt, elle serait là… Le jeune homme observa son monstre en toute impunité, encore une fois, Bo était perdue dans ses pensées, elle prenait les verres avec des gestes d'automate, le regard fixe et le visage impassible si ce n'était pour les sourcils froncés. Cela devait être épuisant vraiment… faire attention aux moindre de ses gestes, anticiper, se contrôler... On se mettait soi-même en cage pour garder la clé dans sa poche. Elle était si près, à portée de main, la liberté à un seul mouvement du poignet. Mais Bo préférait se saigner à blanc sur cette clé, plutôt que de l'utiliser. Dans le fond, le monstre était tétanisé par ce qu'elle était et ce qu'elle pouvait devenir. Rainer, lui ne voyait que perfection et noirceur. Celle indescriptible d'une forêt plongée dans la pénombre, tout y était si sombre et on se retrouvait à être aspiré par ce monde. Parfois de notre plein gré.

Le jeune homme regarda sa montre, bientôt une heure du matin, Tamsin devait être déjà en place. Le plan était simple mais efficace. Rainer avait réfléchi longuement mais finalement, il avait pressenti que l'état psychologique de Bo ferait la moitié du travail. Tamsin avait accepté tout de suite. Ancienne conquête du succube, elle était toujours amoureuse du monstre mais Rainer l'avait trouvée dans un coin de Poudlard à moitié bourrée. Avec un peu d'effort, elle avait fini par se confier à lui. Bo l'avait prise pour amante pendant trois mois avant de se lasser. Officiellement du moins, la raison se déclinait en un seul prénom. Rainer avait suffisamment observé sa princesse pour deviner que Tamsin n'avait certainement jamais dépassé le statut de phase. Le petit louveteau et elle devaient être en froid à ce moment-là, rien de plus. Quand Bo décida de revenir vers lui, Tamsin se retrouva vite seule et désespérée. Rainer avait eu pitié d'elle. Sous ses airs de pitbull, la jeune femme cachait une grande sensibilité, comme beaucoup elle s'était laissée tomber dans le piège du succube au point de tomber amoureuse. Cela se sentait encore lorsqu'elle parlait de la brune. Passion avait dû être le maître mot de leurs ébats. Sur le coup, Rainer n'avait pas envisagé Tamsin comme sa complice. Jamais elle n'aurait osé blesser Bo. Mais après avoir rendu le monstre jaloux, le jeune homme s'était interrogé sur la démarche à suivre. Devait-il réellement engager une personne pour jouer sa cousine ? L'amener à Bo pour jeter de l'huile sur le feu ? Son idée de base voulait que la jalousie du succube détruise toute relation autour d'elle, l'isoler ainsi de Lauren et de ses amis afin qu'il puisse s'en emparer tel un fruit mûr sur le point de tomber de l'arbre. Malheureusement, Rainer avait sous-estimé l'emprise de cette conasse sur Bo. Le plan avait donc changé. Tamsin était à présent sous sa coupe. Elle n'avait plus vraiment son mot à dire…

« Rainer ?

— Oui Bo ?

— Tu n'as pas entendu quelque chose ?

— Euh non. Dis-moi, Bo je peux te poser une question ?

— Encore ?!

— Pardon ! Pardon !

— Je plaisante Rainer ! Mon Dieu, un jour j'ai vraiment peur de te tuer à force de te faire rougir ! Je n'ai jamais, de ma vie, vu quelqu'un aussi timide que toi !

— Timide, timide… Je me suis amélioré quand même. En tout cas depuis que je t'ai rencontrée…

— Depuis que tu m'as rencontrée ? Et je peux savoir ce qui me rend si spéciale mon cher Rainer ?

— Oh ! Euh… et bien… enfin bon ! C'est pas grand-chose ! Enfin si ! Enfin non !

— Rainer respire, respire ! Tu sais qu'un jour on va m'accuser d'homicide involontaire par ta faute hein ?

— … Ça ne serait pas la façon la plus horrible de mourir. Surtout si j'ai le droit à un peu de bouche à bouche avant de passer de l'autre côté.

— Rainer ! Arrête de rire ! Maintenant c'est moi qui rougis !

— Bah chacun son tour !

— … Wah quelle réplique.

Flûte !

— Sérieusement ? Comment tu peux passer de…

— Bo ?

— Attend. Là ! Tu as entendu ?

— Non je…

— Reste là ! »

Rainer se tenait près de la porte arrière, dans l'ombre, il observait le merveilleux spectacle devant lui. Lorsqu'il avait engagé Tamsin, la question s'était posée de savoir qui attaquerait le monstre. Sa partenaire avait proposé de faire équipe avec un autre homme afin d'être certaine de prendre le dessus. Mais Rainer savait que Bo n'était pas une sorcière d'exception, par contre il ne pouvait nier la force brute du succube. Et puis une autre idée avait germé. Au lieu de servir simplement d'appât, Tamsin allait utiliser ses pouvoirs pour contrôler la brune et encadrer son esprit de suggestions. En effet, la blonde était une valkyrie, une espèce fae fascinante et aux pouvoirs incroyables. Tamsin était capable de faire douter son adversaire au plus profond de son être. Les valkyries pouvaient ainsi pousser le plus brave des guerriers à s'enfuir ou même à prendre sa propre vie. Ainsi, la blonde servirait d'appât et une fois que le monstre serait suffisamment distrait et affaibli par le combat, la valkyrie utiliserait ses pouvoirs. Rainer souhaitait retrancher le succube derrière ses peurs pour se nourrir de sa souffrance et en devenir maître. Il allait forcer Bo à faire le serment inviolable avec lui. Elle lui appartiendrait. Pour toujours. Avant cela, il lui faudrait tuer Tamsin et son partenaire, Rainer n'avait pas jugé nécessaire de dévoiler entièrement son plan. La blonde était pour l'instant obligée de le servir mais le jeune homme était suffisamment prudent pour ne pas risquer une telle chance. Tout se déroulait comme prévu jusqu'à présent : Tamsin avait attiré Bo à l'extérieur par ses cris. Elle avait engagé un homme de son clan pour la battre. Rainer avait ordonné qu'il s'agisse de quelqu'un de fort, c'est pourquoi Tamsin avait choisi cet inconnu dont le sang était aussi mélangé que celui de Bo : sorcier et fae. Mais cet homme était plus âgé, plus expérimenté, sous tous les fronts… Bo n'avait aucune chance. Celle-ci par ailleurs, venait de contrer un simple sort mais dont la puissance lui avait fait perdre l'équilibre. Rainer jubilait. Le sang allait commencer à couler.

« Bo ! »

Rainer se tourna vers l'entrée de l'allée en sortant de sa cachette. Il se tenait entre le succube, Tamsin, l'homme et elle. Kenzi.

« Bo ! Pousse-toi ! Laisse-moi passer ! Il faut l'aider ! »

Le jeune homme lui bloqua la route puis d'un violent coup de genou au ventre, il la fit plonger au sol. Kenzi recula en se tenant le ventre d'une main et sortant sa baguette de l'autre. Du sang coulait de sa lèvre inférieure. Les premières perles. Rainer entendait derrière lui le combat faire rage, apparemment, le petit monstre savait au moins se défendre. Tamsin ne tarderait surement pas à intervenir. C'était donc à lui de s'occuper de l'entracte. Rien ne devait perturber la pièce.

« Ah putain… mais t'es qui toi ?!

— Sans vouloir faire dans le cliché, probablement le dernier visage que tu verras !

— Ah ah ah ! Si tu crois qu'un crétin aussi mal habillé que toi me fait peur, tu n'as aucune idée de qui est Kenzi !

— Je sais que tu es la meilleure amie de Bo. Tu vois, je ne doute pas un instant que tu sois une bonne personne comme on dit et pour être honnête, te tuer n'était pas vraiment dans mes plans, mais ce qui va suivre là, est au-delà de ta compréhension. Je suis le seul spectateur autorisé tu comprends ?

— Wah. Tu as pris tes cachets toi ce matin, ça se voit ! Stupéfix ! »

Rainer évita le sort et se plaça derrière une poubelle, il voyait face à lui le succube blessé à la jambe, cherchant à récupérer sa baguette. Le jeune homme regarda autour de lui et vit à quelques centimètres sur sa gauche, le morceau de bois. Il entendit Kenzi appeler de nouveau le monstre et attaquer l'inconnu. Mais Bo ne releva pas la tête vers elle, ses yeux étaient fixés sur le sang coulant sur son jean. Elle s'était même détournée du combat et semblait à la fois essayer d'arrêter le saignement et en même temps se délecter de la douleur. Rainer pouvait presque au ralenti voir les pupilles du monstre changer de couleur. Un bleu vibrant, électrique, prenait sa place. Bo tourna alors la tête dans sa direction. Rainer sentit un frisson le parcourir, celui de la peur car il réalisait à présent que si Tamsin n'intervenait pas, il y avait peu de chance qu'ils survivent à ce combat. Mais le succube se releva et s'interposa entre Kenzi et l'inconnu. Rainer ramassa la baguette. Sa main hésitait, s'il provoquait le monstre maintenant il risquait d'être distrait par la présence de l'idiote. Pour que Tamsin puisse utiliser ses pouvoirs dans les meilleures conditions, Bo devait se trouver en position de faiblesse. Rainer fit signe à l'inconnue de partir. Le jeune homme préférait que la petite goth soit la première et seule victime du monstre. Si Bo blessait gravement sa meilleure amie, elle risquait soit de perdre définitivement le contrôle ou au contraire de revenir à elle mais dans un état de profonde fatigue. L'idée de lâcher un terrible monstre dans les rues n'effrayait pas Rainer, ce qui l'inquiétait était la réaction du gouvernement. Il doutait sincèrement que les faes puissent protéger Bo éternellement et malgré tout. Il devait rester maître de la situation.

« Impero ! »

Le sort percuta Kenzi de plein fouet dans le flan. Elle était trop concentrée sur Bo pour réaliser que Rainer s'était déplacé. Le succube semblait contempler ses options. Attaquer ? Se nourrir ? Partir ? Rainer allait lui donner une raison de rester. Il testa son emprise sur la sorcière puis fit signe à Tamsin de se tenir prête. La valkyrie avait le visage marqué par la peur et certainement l'horreur devant les intentions de son partenaire.

« Rainer non ! Laisse-la partir ! Bo va la tuer ! »

Le jeune se mit sur le côté et sans un regard pour la blonde, ordonna la première attaque. Le monstre réagit tout de suite en se ruant sur son amie. Rainer était fasciné par la bestialité qui se dégageait du succube. Kenzi réussit à s'échapper des griffes de la brune et lança avec violence un « Incarcerem ! » que Rainer bloqua. Il avait ordonné à la sorcière de se battre contre le monstre mais Bo devait tout de même garder la main. Le succube empoigna la jeune fille par le col et l'envoya valser contre le mur.

Rainer était aux anges. Bientôt tout serait terminé. Bo saisit son amie et la souleva du sol avec tant de force qu'elle perdit sa baguette. Rainer s'approcha lentement mais pas trop près, Kenzi essayait de frapper dans le coude ou au cou le monstre mais la force démoniaque de la brune semblait absolue.

« Stupéfix ! »

Rainer se baissa juste à temps pour ne pas être frappé par le sort qui toucha le succube dans le dos. Tamsin se tenait à quelques mètres, baguette pointée vers le jeune homme.

« Ah… Tamsin. On a fait un pacte.

— Non j'ai pas signé pour ça Rainer ! Tu m'as promis une revanche pas un bain de sang !

— Kenzi est juste un petit dommage collatéral.

— C'est fini Rainer. Bo est pétrifiée et Kenzi respire encore. Écoute, on pourrait juste leur effacer la mémoire et tout ira bien.

— Hum. Je dois avouer que tu es beaucoup plus courageuse que je ne le pensais. Je détiens quand même l'information qui pourrait te faire bannir de ton clan.

— Crois-le ou non, ce n'est pas la première vie où je me retrouve seule et ce ne sera pas la dernière. Maintenant écarte-toi ou…

— Tamsin, Tamsin ! Je pensais vraiment qu'on se comprenait tous les deux ! Je suis blessé. J'ai prévu tellement de grandes choses Tamsin. Et d'une manière ou d'une autre, Bo va quitter cette ruelle dans mes bras.

— Ne sois pas stupide Rainer ! Si tu pars avec Bo tout le monde saura qui tu es ! On sait bien tous les deux que tu ne m'arrives pas à la cheville au combat. Je te la propose une dernière fois : on efface leur mémoire ou je te compte parmi les victimes ? »

Le jeune homme observa son entourage, Bo était au sol, les yeux toujours bleus mais le corps prisonnier, Kenzi tentait de reprendre son souffle tant bien que mal en se massant la gorge. Personne à gauche. Personne à droite. Se battre contre Tamsin était effectivement une mauvaise idée. Rainer était un excellent duelliste. Mais il avait face à lui une valkyrie.

« Et que dirais tu de... »