Bon, à partir du milieu de ce chapitre, je n'ai plus d'avance donc plus de relecture aussi approfondie. Il me faut généralement 5-6 relectures pour être satisfaite du rendu final. Excusez-moi par avance des fautes et maladresses qui m'échapperont...Et, du coup, le temps de publication sera un peu plus long également. Je fais mon possible pour ne pas vous faire attendre trop longtemps, promis !
Sakura477 : j'espère que la suite te plaira tout autant !
Donatello est sur des charbons ardents. Il ne se pardonnera jamais ce qui est arrivé. A cause de lui, de sa seule présence à ses côtés, Cassandre a été enlevé et sa famille tuée. Peut-être sont-ils en train de la torturer en ce moment même pour qu'elle leur dise où se trouve leur repère... S'il avait écouté Leo, la jeune fille serait bien au chaud chez elle, à l'heure qu'il est.
En train de se faire tabasser par son père...
Il secoue la tête pour s'éclaircir les idées. Il se refuse à se réjouir de la mort d'un homme, même si ce dernier était une enflure de premier ordre. Le fait est que sa petite-amie ne se serait pas fait enlever par une bande de psychopathes vengeurs. Il regarde sa montre en tremblant : 51 minutes et 28 secondes.
- C'est trop long, marmonne-t-il.
En parallèle, et pour s'occuper, il entreprend de créer des algorithmes destinés à déterminer les lieux les plus probables où sa bien-aimée pourrait être enfermée. Après un long moment, il parvient à définir que la stratégie la plus efficiente pour les Foots serait de les piéger sur une île. Mais laquelle ? New-York est truffée d'îles...
Enfin, l'alarme de sa montre sonne et, sans attendre une seconde, il envoie le signal. En à peine quelques minutes, il a craqué leurs systèmes de brouillage et situé leur position : Belvedere Castle. En plein Central Park...
- Non mais je rêve ! hurle-t-il à son écran.
- Un problème ? lui demande Leo en regardant par-dessus son épaule.
- Tu peux me dire comment ces abrutis sont parvenus à investir l'observatoire météorologique de New-York sans faire de vagues ?!
- On s'en occupera plus tard, tranche le leader. L'important est qu'on sache où elle est. Belvedere Castle est une place forte mais pas imprenable. Don, un plan, s'il-te-plaît.
Un plan en 3D apparaît devant les quatre frères, assemblés en cercle.
- L'endroit où ils s'attendront le moins à nous voir arriver, c'est Turtles Pond, continue l'aîné. Il y aura sûrement des gardes aux fenêtres mais notre capacité d'apnée nous avantagera clairement. En revanche, soyez prudents en entrant dans l'enceinte : éliminez les gardes uniquement si vous n'avez pas le choix, sinon, évitez-les.
- Plus on en mettra hors jeu en entrant, moins on en aura sur le dos en sortant, Leo !, proteste Raph'.
- Le but, c'est de sortir Cassandre de là, pas de tuer gratuitement.
- Fais pas ta mijaurée, Fearless, tu sais aussi bien que moi que ce sont des ordures !
- Fais attention à tes paroles, Raphaël...
Leonardo s'approche lentement de la tête brûlée, le transperçant de son regard jusqu'à ce que sa menace sous-jacente soit transparente. Il pensait que leur proximité rendrait ces luttes de pouvoir dépassées. A croire que Raphaël a besoin de conflits pour exister...
La tête brûlée maugrée en s'écartant, frustré de devoir restreindre ses ardeurs. Il a envie d'aller au front, de se battre, de faire comprendre à ces raclures ce qu'il en coûte de s'en prendre à l'un des leur et de les forcer à sortir de leur paisible retraite.
- Une fois entrés, intervient Donnie, il faudra que je trouve leur salle de surveillance. Belvedere Castle est interdit au public mais il y a fort à parier que les Foots aient installé des caméras. D'après ce plan et le satellite que j'ai piraté, les caméras déjà existantes ont été relié à un système parallèle, apparemment situé dans le sous-sol.
- Très bien, sourit Leo. APRIL ! Amènes-nous à Central Park !
- Accrochez-vous, les gars ! leur crie la jeune femme en faisant bondir la camionnette.
Assise dans le noir, Cassandre attend depuis ce qui lui semble être des heures. Elle n'a pas entendu un seul bruit résonner derrière la porte. Elle se demande si elle n'est pas seule, enfermée dans un quelconque donjon. Elle espère ne pas devoir attendre 100 ans avant que son chevalier ne vienne la libérer. La jeune fille sourit en imaginant Donatello vêtu d'une armure et chevauchant un fringant destrier. Elle commence à perdre la tête...
L'adolescente repousse ses cheveux poisseux en ayant l'impression de manipuler du carton. Cette chaise est plus qu'inconfortable. Elle meurt d'envie d'aller s'allonger dans son lit de fortune mais elle résiste. Quelqu'un va bien finir par lui apporter un repas.
Après une éternité, Cassandre commence à percevoir des bruits de pas, au loin. Se levant le plus silencieusement possible, elle se saisit de la chaise, igorant la sensation qu'on lui plantait un couteau dans l'épaule. Un rai de lumière passe soudain sous la porte. Les pas, de plus en plus forts, s'arrêtent juste devant sa porte. Une clé tourne dans la serrure.
Le cœur battant, la farouche adolescente voit la porte s'ouvrir doucement. Une silhouette noire pénètre dans la pièce mais se fige lorsqu'elle aperçoit le lit vide. La jeune fille se précipite sur l'ombre, faisant fi de la douleur pour abattre son arme improvisée sur son kidnappeur.
D'un pas de côté, ce dernier esquive avec agilité puis, en se baissant dans un mouvement circulaire, balaie de son pied gauche les jambes de sa victime qui s'écrase au sol en criant de douleur. Elle vient de tomber sur son épaule blessée.
Saisissant son bras indemne, l'inconnu la remet sur pied sans ménagement. Une voix moqueuse, incontestablement féminine, s'adresse à elle avec un fort accent asiatique :
- C'était bien essayé, Neko-chan.
La tirant derrière elle, la femme la traîne hors de sa prison. Le néon aveuglant du couloir l'éblouie. Elle ne voit personne l'accompagnant alors elle tente une prise pour assomer son agresseuse mais cette dernière contre-attaque et la jette littéralement contre un mur. La jeune fille reste un instant sans souffle avant que l'asiatique vienne appuyer sa main contre son épaule blessée.
- Fais encore ça et je te brise les jambes.
Cassandre hoche la tête avec un gémissement. La douleur iradie dans tout son bras. Reprenant leur route, l'adolescente observe l'aspect curieux de sa tortionnaire : les cheveux courts, noirs et coiffés en queue de cheval, une mèche rouge barre son front. Bel et bien asiatique, elle porte une combinaison noire en simili cuir digne d'une maîtresse sado-maso et un tanto pend à sa ceinture. A son look, on pourrait penser qu'elle est jeune. Et adepte du mouvement punk. A son visage, on voit pourtant qu'elle est plus âgée.
Crise de la quarantaine ?
Cassandre sourit discrètement à cette pensée. Sourire qui disparaît lorsque la punk la fait pénétrer dans une salle de douche après être passée par une chambre de taille gigantesque, raccord à l'ambiance de château fort du lieu tout entier.
- Laves-toi, ordonne-t-elle sèchement.
Cassandre, ébahie, se tourne vers l'asiatique.
- Ici ? Avec vous qui me reluquez ? Pas question !
- Tu préfères la douche commune des hommes, peut-être ? sourit-elle avec venin.
Avalant difficilement sa salive, la jeune fille se déshabille puis entre dans la douche à l'italienne. Elle sait que cette vipère en est capable.
Mais que fait-elle ici ? Qui est cette folle ? Où est sa famille ?
Une fois propre, la femme l'aide à s'habiller et à panser ses blessures. Son dos semble plus abîmé qu'à l'ordinaire et sa blessure à l'épaule semble avoir été fait par un trident... ou un saï. Elle a suffisamment côtoyé Raphaël pour savoir quel genre de plaies peut infliger cette arme. La substance couvrant son visage et ses cheveux était du sang et, pourtant, elle n'a aucune blessure au visage ou à la tête.
- Comment me suis-je fait ça ? demande timidement l'adolescente.
L'asiatique, qui termine son bandage, relève brièvement le regard sur elle avant de retourner à sa tâche.
- Tu n'as pas vraiment envie de le savoir, décide-t-elle d'une voix étrangement douce.
- Et moi, je suis sûre que si, insiste la jeune fille.
Avec un sourire amusé, l'étrange punk termine ses soins avant de lui ordonner de la suivre dans la chambre et de la forcer à s'asseoir sur le grand lit. Une fois fait, elle va s'affaler dans un énorme fauteuil près de la fenêtre, à l'autre bout de la pièce.
- Je m'appelle Karai, commence-t-elle. Je suis née et j'ai passé la majorité de ma vie au Japon. Après ma formation de ninja, j'ai été envoyé ici pour me mettre au service de maître Shredder .
Cassandre ne comprend pas pourquoi cette folle lui raconte sa vie mais, au nom de "Shredder", elle dresse l'oreille.
- Shredder ? Le fou furieux qui a failli faire exploser New-York ?
La jeune fille voit sa vis-à-vis serrer les poings et lui jeter un regard noir.
- Celui-là même, répond-elle sèchement. Toujours est-il qu'après son arrestation, j'ai trouvé un nouveau travail : empêcher les mutants de nuire aux humains. Heureusement, nous sommes arrivés à temps pour toi...
Une sueur froide coule le long de la colonne vertébrale de la captive. Elle ne connaissait pas beaucoup de mutants et un seul d'entre eux disposait d'un saï... Mais elle ne peut pas y croire. Pourquoi faire ça ? Et bordel, où est sa famille ?
- Qu'est-ce que vous voulez dire ?
La japonaise secoue tristement la tête avant de se lever pour lui faire face. Maternellement, elle s'agenouille devant elle et l'entoure de ses bras.
- Nous sommes arrivés trop tard pour ta sœur et ton père mais ils n'ont pas eu le temps de te faire plus de mal.
- Qui ? murmure l'adolescente, redevenue petite fille. Qui a fait ça ?
Ce n'est pas possible. Raphaël n'aurait jamais pu lui faire ça. Il savait à quel point elle tenait à sa famille, aussi brisée soit-elle. De toute façon, ses frères l'en aurait empêché. Donatello ne l'aurait pas laissé faire... n'est-ce pas ?
- Ce sont quatre tortues mutantes, particulièrement féroces. Mais...
- NON ! Vous mentez !
Elle ne peut pas se permettre de douter d'eux. Pas après ce qu'ils ont fait pour elle. Pas après avoir découvert ces sentiments pour eux et, particulièrement, pour Don. Elle ne se laissera pas bernée ainsi, c'est trop facile.
- Vous me prenez pour une idiote ? Des tortues mutantes qui utilisent des... des... des tridents pour tuer des gens ?! Sans aucunes raisons ?
Karai se relève, imperturbable, et la toise.
- Pas vraiment sans aucunes raisons, avoue-t-elle.
- Ça vous dérangerait d'être plus claire ? crie-t-elle, au bord de la crise de nerf. Et puis, pourquoi devrais-je vous faire confiance ? Pour autant que je sache, ma famille est peut-être en vie tandis que vous m'avez enlevé pour me faire rentrer dans votre secte de ninjas !
Karai soupire d'impatience.
- Viens avec moi.
L'entraînant à sa suite, la ninja la conduit dans une salle remplie d'écrans. Un homme de main vêtu de noir et masqué se lève de son siège et salut la punk avec déférence.
- Montres-nous la vidéo de l'attaque de notre invitée, ordonne-t-elle.
Aussitôt, un écran face à eux s'éteint pour se rallumer sur un film muet. Devant ses yeux, l'adolescente assiste impuissante à son calvaire. Son père la bat avec sa ceinture comme dans ses derniers souvenirs mais sous la fureur des coups, elle perd connaissance. Cela ne semble pas arrêter son tortionnaire qui lui hurle dessus en lui donnant des coups de pieds. Il lui ordonne probablement de se lever et n'a pas remarqué, dans sa rage, qu'elle en était incapable. Jamais elle ne l'a vu avec un visage aussi haineux...
- Tiens, regardes, intervient Karai en la tirant de ses pensées. Au niveau de la fenêtre.
En effet, derrière la vitre, elle voit plusieurs ombres qui semblent se disputer. Plissant les yeux, elle reconnaît Leo, la main sur le plastron de Raphaël, l'empêchant probablement d'intervenir. Ce dernier a ses saïs en mains, le visage crispé par la rage. Elle sourit tristement en pensant à son instinct protecteur qui a dû être mis à rude épreuve. A leurs côtés, Donatello fixe du regard son père, les poings serrés. Puis, il échange un regard avec Raphaël. Un regard qui la fait frissonner : une même détermination brûle dans leurs yeux, unis par une complicité qui s'était fait oublier depuis trop longtemps.
Quelques secondes plus tard, l'horreur a commencée. Les deux cadets sont entrés chez elle sans même casser une fenêtre. Une agitation se fait voir en périphérie mais elle n'y prête pas attention. Elle ne voit que le saï trancher la gorge de son père, qui ne s'était même pas aperçu de la présence des mutants. Elle ne voit que le sang gicler et se répandre sur elle, toujours inconsciente. Elle ne voit que le katana de Leo désarmer Raphaël, le saï tombant comme au ralenti pour venir se planter dans son épaule.
Les yeux brouillés par les larmes, elle voit Donatello se précipiter sur elle pour lui donner les premiers soins et retirer l'arme de son corps toujours inerte. Les trois frères se disputent tandis qu'on peut apercevoir Mikey faire les cents pas à l'extérieur.
Puis, c'est le chaos. Un nombre indéterminé de ninjas envahissent sa maison, les tortues fuient. Leo et Mikey traînent Don et Raph', refusant apparemment de la laisser entre les mains de ces inconnus...
L'écran s'éteint et la voix de Karai raisonne à son oreille :
- Aides-moi à les venger. Ces monstres ne sont intéressés par toi que pour une seule raison : faire de toi leur femelle.
- Ce n'est pas possible..., chuchote Cassandre comme un leitmotiv.
- Écoutes-moi, insiste fermement la japonaise en prenant les bras de la jeune fille pour la forcer à la regarder. Tu as vu les images. Tu as vu ce qu'il s'est passé. Ces monstres ont tué ta famille. Peux-tu vraiment laisser passer ça alors que je t'offre la possibilité de les arrêter ?
- Ils voulaient me protéger..., proteste faiblement l'adolescente.
- Et ta soeur ? Te menaçait-elle ?
Elle ne pouvait pas se résoudre à y croire. Les tortues qu'elle connaît ne sont pas si cruelles.
Puis, elle repense à Raphaël, qu'elle a dû retenir pour l'empêcher de tuer Kevin ; et à Donatello, à qui elle a interdit de faire payer ses blessures à son père. Elle doit se rendre à l'évidence : même si ils avaient toujours été adorables avec elle, ils étaient dangereux. Il fallait que quelqu'un les arrête.
- D'accord. Comment on s'y prend ?
Le plan de Karai est simple : Cassandre doit jouer les demoiselles en détresse. D'après elle, les tortues la voulaient comme femelle donc la voir en danger les rendrait fous de rage et leur instinct territorial les poussera à faire des erreurs.
La vérité n'est pourtant pas aussi simple. La jeune fille n'a pas avoué à la japonaise qu'elle les connaissait personnellement. Et même, intimement pour l'un d'entre eux... Elle espère qu'elle l'ignorera le plus longtemps possible. Les cameras de sécurité qui ont filmé la scène du meurtre de son père étaient aussi là lors de sa dernière soirée avec Don. Celle où ils se sont embrassés dans son salon et où ils ont perdu leur virginité dans son lit. Une femelle... Est-ce uniquement ainsi qu'il la voit ?
C'est difficile à croire. Ainsi que de croire que les quatre frères perdront la tête en la voyant en danger. Michelangelo, bien qu'amical, ne lui a jamais porté plus d'attention que ça. Leonardo, bien que courtois, était plutôt froid à son endroit. Donatello sera en colère, certes, mais il utilisera son cerveau pour analyser la situation et la sauver. Seul Raphaël est susceptible de littéralement perdre la tête et d'agir inconsidérément.
Un sur quatre, ça ne fait pas lourd. Son erreur est de les traiter comme des animaux. Elle les sous-estime grandement. Ce n'est pas ainsi qu'elle pourra les capturer... D'ailleurs, elle n'avait vu aucune cage lors de sa visite des lieux sous la supervision de sa chaperonne.
Allongée dans le lit king size, dans cette chambre immense que Karai lui a alloué, Cassandre peine à s'endormir malgré son épuisement. Son épaule lui fait mal et ramène à sa mémoire des images atroces. Elle a gardé sur elle le sang de son père. Durant 3 jours...
Elle se lève et se précipite aux toilettes pour vomir. C'est un cauchemar. Elle se lave, se brosse les dents et va reprendre son téléphone. Karai a beau l'avoir vu avec, elle ne le lui a pas repris. Elle se sert d'elle comme appât et, même si elle le sait, ça l'arrange. Elle tente d'envoyer un message à Don mais elle ne reçoit pas l'accusé de réception.
Sachant qu'elle ne trouvera pas le sommeil, la jeune fille reprend les mouvements appris par Raphaël. Elle revoit sa force brute mêlée à sa délicatesse lorsqu'il la plaquait au sol. Il maîtrisait sa force à la perfection même lorsqu'elle ne ménageait pas ses efforts pour lui faire mordre la poussière. Elle sourit tristement au souvenir de son regard remplit de fierté lorsqu'elle parvenait à le surprendre. Il pensait qu'elle ne le voyait pas sourire lorsqu'il l'observait... Puis son esprit voyage jusqu'au sourire timide de Don, la douceur dans sa voix autant que dans ses gestes, la tendresse de ses mains alors qu'il la caressait sans fin, la gourmandise de ses lèvres savourant sa peau. Elle pensait qu'il serait incapable de faire du mal à une mouche et, pourtant, il avait réussi à blesser Raphaël. Raphaël qu'elle pensait indestructible, telle une montagne infranchissable... L'adolescente frissonne.
Elle a pris la bonne décision, n'est-ce pas ?
Chapitre un peu plus court, pardon, mais j'ai eu un mal fou à écrire ce chapitre, et il fallait bien que je finisse par le publier !
Bref, la suite arrive aussi vite que possible !
