Retour à Poudlard et à l'originalité. Parce que oui, on s'écarte enfin du récit. Youpi !
Chapitre Quatorze : Fièvre
C'était la cohue dans les couloirs du château. Les élèves rentraient tous de vacance et chahutaient dans la joie et la bonne humeur. Il était très difficile de se frayer un passage, pourtant, Crabbe et Goyle y parvenaient on ne peut mieux. Il faut dire que derrière eux, Drago soutenait Thaddée. Cette dernière avait le teint cireux, malade, et deux cicatrices lézardaient son magnifique visage. Ses yeux étaient rouges de fureur. Elle se maudissait d'être aussi faible et d'avoir besoin du soutient du Malefoy pour marcher. Lui, il ne disait rien depuis son retour au manoir.
Elle avait été sévèrement punie auprès de son Maître, devant tout les Mangemorts. Avery n'avait pas fait exception, cependant, il avait été nettement moins humilié que Thaddée. Cette dernière avait été torturée à tour de rôle par chaque Mangemorts, y compris les récents évadés. En aucun cas le Lord n'avait levé le petit doigt pour mettre fin aux Doloris qui s'éternisaient au point que Thaddée pensa mourir pour de bon. Au final, il lui avait dit :
-Tu m'as à nouveau déçu. La prochaine fois sera la dernière.
Alors Thaddée avait promis que jamais plus elle ne le décevrait. Elle avait rampé à ses pieds en rejetant toute sa fierté. Ce souvenir lui restait aussi douloureux que sa séance de torture. Thaddée qui avait en elle assez de puissance pour être presque l'égal de Voldemort, n'était qu'un outil que l'on utilise au gré des envies. Cette seule idée la faisait grincer des dents.
Elle n'avait pas mérité ce traitement injuste. N'avait-elle pas obéit aux ordres ? Elle avait libéré les prisonniers, attendu, puis elle s'était enfuie avec Avery. Oui, justement, elle s'était enfuie au lieu d'attendre le secours du mage noir. Elle aurait dut attendre.
La rage la rendait folle. Elle avait envie de tuer, de détruire, d'éviscérer, de faire souffrir, de rire en sentant le pouvoir couler en elle. Drago le sentait. Il ne disait rien, pas un mot depuis que Lucius les avait déposé à la gare. Il aidait la jeune fille en sachant que sa vie ne tenait qu'à un fil. Bien entendu, jamais Thaddée n'aurait tenté quoi que ce soit à Poudlard, mais par la suite, elle pourrait très bien se venger. Et Drago Malefoy était quelqu'un d'intelligent.
Ils arrivèrent dans la salle commune de Serpentard où Pansy leur fonça dessus. Elle prit le relais et Drago eut enfin le loisir de souffler. Pansy emmena Thaddée jusqu'au dortoir où elle l'étendit.
-Je vais chercher vos affaires, maîtresse. Je reviens tout de suite.
Elle fila dans les escaliers, laissant Thaddée en proie à une colère noire. Il fallait impérativement qu'elle se calme. Peu après, Pansy revint avec la valise de Thaddée. Elle l'ouvrit et sortit le Runespoor qu'elle amena auprès de sa maîtresse. La fureur de Thaddée s'évanouit comme neige au soleil. Le serpent inquiet sifflait doucement près d'elle. Elle s'autorisa un sourire.
-Merci, Pansy, dit-elle.
C'était la troisième fois qu'elle remerciait sincèrement quelqu'un. Pansy était ravie. Elles passèrent la soirée à bavarder. La blonde raconta ses vacances à sa maîtresse qui écoutait avec intérêt. Ces histoires lui changeaient les idées. Pour la première fois depuis qu'elles se connaissaient, les deux filles agirent comme deux amies. Plus tard, elles se couchèrent en riant, sous les regards surpris des autres filles.
Le lendemain, Thaddée fut réveillée de bonne heure par un directeur de maison peu aimable. Rogue la ficha dehors. Il prit ses affaires, poussa la fille encore un peu faible, et l'expulsa hors de la salle commune créée par Salazard. Vraiment, Thaddée détestait cet homme.
Elle voulut courir jusqu'au septième étage mais elle n'en était pas capable. Elle se sentait vidée de ses forces. A sa grande surprise, elle tomba nez à nez avec Albertine. La jeune fille lisait un livre et elle manqua de percuter son amie.
-Oh, Thaddée ! fit-elle joyeusement en lui sautant au cou. Ca va ? T'as passé de bonnes…Ca va pas du tout ! s'exclama-t-elle, horrifiée. Qu'est-ce qui se passe ? Tu es malade ?
Thaddée secoua la tête. Elle avait le tournis. Mieux valait ne pas hocher la tête non plus.
-Tu veux aller à l'infirmerie ?
Horrifiée, Thaddée cria :
-Non !
-Tu es sûre ? Tu as l'air prête à t'évanouir, et c'est quoi ces marques ?
Elle désigna les balafres sur le visage de son amie. Thaddée plaqua sa main contre sa joue.
-Ce n'est rien, dit-elle. Je me suis blessée, voilà tout. Ecoute, je dois aller chez les Gryffondors, alors…
-Je vais t'aider !
-Tu ne peux pas m'accompagner jusqu'à la salle, rétorqua Thaddée avec une note d'exaspération.
-Je sais, mais tu allais monter les escaliers, non ? Je vais porter tes valises.
Thaddée n'eut pas le courage de lui dire qu'un simple coup de baguette lui aurait permis de le faire toute seule. Elles montèrent les marches, Thaddée s'appuyant de tout son poids sur la rambarde, Albertine soufflant sous le poids des bagages. Elle regardait souvent son amie avec inquiétude, de crainte qu'elle ne s'évanouisse.
Finalement arrivée au septième étage, Thaddée lui assura qu'elle saurait se débrouiller. Elle se dirigea vers la tour de Gryffondor et lança un regard torve au portrait de la grosse dame. Elle n'avait pas le mot de passe. C'était un nouveau semestre, donc un nouveau mot de passe. Thaddée pensa à Rogue qui l'avait foutue dehors sans ménagement parce qu'elle aurait dut être à Gryffondor depuis hier soir. Elle repensa à lui, aux Détraqueurs, et sa colère enfla.
-CE N'EST…PAS…POSSIBLE ! hurla-t-elle.
Elle donna un grand coup de pied dans sa valise, faisant siffler son serpent, inquiet. Elle avait envie de crier tout son saoul mais elle se raisonna. Il fallait absolument qu'elle évite les ennuis.
-Ben alors, qu'est-ce qui est impossible pour notre petite Mangemort ?
Fred et George Weasleys la regardaient, un sourire goguenard aux lèvres. Le portrait avait pivoté pour les laisser sortir. Ils n'eurent plus du tout envie de sourire en voyant la jeune fille.
-Heu, on disait ça pour rire, hein, fit George.
-Ouais, faut pas que tu deviennes une Mangemort non plus, ajouta Fred. C'est quoi ces blessures ?
-Ce-n'est-rien…, grimaça Thaddée avec le plus grand calme.
-Alors, qu'est-ce qui n'est pas possible ? demanda George.
-Je n'ai pas le mot de passe.
-Oh, ça ! C'est vrai que tu n'es pas venue hier soir. Problème de décalage horaire ?
Devant le regard noir que lui lança Thaddée, Fred décida de ne pas trop plaisanter aujourd'hui. De plus, la jeune fille avait l'air malade. C'était on ne peut plus étrange de revenir de vacance dans un état pareil.
-Ne t'inquiète pas, dit George. On va te le dire. C'est « Ridikulus ! » pour ce semestre. Tu vois, ce n'est pas impossible.
Thaddée passa telle une tornade entre les deux frères, grommela un vague remerciement et traversa le chemin jusqu'à la salle commune. Les jumeaux se sourirent. Ils ne savaient pas encore ce qu'il s'était passé, et pourtant ils avaient déjà une foule de chose à raconter. Ils descendirent en vitesse vers la Grande Salle.
Dans le dortoir, Thaddée frémissait. Elle se demandait si c'était de rage ou de fatigue. Elle déplia sa valise d'un coup de baguette, chercha ses cours de la journée et ressortit. Son arrivée dans la Grande Salle fut un coup de théâtre.
Plantés au milieu de la salle, les deux jumeaux offraient un fabuleux spectacle. L'un d'eux avait tracé de sa baguette un carré doré et se tenait derrière, l'autre avait changé la couleur de sa robe en noir. Fred gonfla les joues en demandant le mot de passe, George lâcha un juron et prit une voix aigue.
-CE-N'EST-PAS-POSSIBLE ! dit-il en mimant un coup de pied dans l'air.
-Désolée, mais ce n'est pas le bon mot de passe, répondit Fred avec dédain.
La table des Gryffondors hurla de rire. Thaddée regardait, horrifiée, le duo comique poursuivre sa représentation. Il n'y avait pas que la table de Gryffondor qui riait il y avait aussi celle de Serdaigle, de Poufsouffle, et même de Serpentard. Toute la Grande Salle se tordait de rire. Ils se moquaient tous d'elle.
Thaddée fit un pas, un second, elle sortit sa baguette et s'apprêta à lancer le pire sortilège auquel elle ait pensé, puis ce fut le noir total.
Lorsque Thaddée ouvrit les yeux, il lui sembla que le monde vacillait. Elle les referma. Elle écoutait les sons, respirait les odeurs, analysait la situation. Elle s'était évanouie. Cela ne faisait aucun doute. Elle avait très froid, et très chaud en même temps. Elle ouvrit les yeux et vit une femme penchée sur elle. Dans un réflexe de survie primaire, Thaddée la repoussa et chercha sa baguette.
-Du calme ! Miss Jedusor, calmez-vous !
Elle fut recouchée. Elle se débattait pour se relever. Où était-elle ? Qu'avait-on fait de sa baguette magique ? Sa gorge était trop sèche pour parler. Au bord de l'épuisement, elle finit par se coucher. Son monde vacillait.
Plus tard, elle entendit des rires. Des rires cruels qui se moquaient d'elle. Elle se releva en sueur. Il y avait des gens autour d'elle, des Mangemorts ! Ils allaient la punir ! Elle avait échoué ! Elle sauta de son lit et voulut courir vers la sortie. Deux bras l'arrêtèrent dans sa course.
-Lâchez-moi ! cria-t-elle. Je ne veux pas ! Je ne veux pas !
-Calme-toi !
-Non, non, non, non, dit-elle, en proie à la folie. Je vous jure que je n'ai pas fait exprès ! Je vous le jure ! Non, non…
-Tenez-la bien, Hagrid !
-J'essaie !
-Thaddée !
-Miss Jedusor !
Thaddée s'effondra dans les bras qui la maintenaient. Elle tremblait sous l'effort. Avait-elle subi un Doloris ou étais-ce juste la fatigue ? On la souleva et elle fut à nouveau couchée. Mais elle se redressa.
-Je vous en prie ! cria-t-elle. Pas les Détraqueurs ! Si vous devez me tuer, faites-le, mais pas comme ça ! Je ne veux pas finir comme ça ! S'il vous plait !
-Calmez-vous, personne ne va vous faire du mal.
Cette voix était différente des autres. Elle était plus calme, plus douce, apaisante. Thaddée chercha à qui elle appartenait sans y parvenir. Sa vue se brouillait et déformait tout.
-Vous êtes malade, Madame Pomfresh s'occupe de vous. Personne n'a l'intention de vous faire du mal.
Etrangement, Thaddée la croyait. Cette voix ne pouvait pas mentir. Elle se recoucha docilement. On lui fit boire une potion, et elle s'endormit aussitôt.
Il était impossible de savoir l'heure qu'il était. Thaddée distinguait les rayons du soleil à travers les rideaux de son lit. Elle était à l'infirmerie à n'en pas douter. Elle se souvenait vaguement avoir lutté contre des gens, se croyant en danger. Une vraie sottise. Madame Pomfresh ouvrit le rideau et entra.
-Ah ! Te voilà réveillée !
Elle plaqua vigoureusement sa main sur le front de sa patiente, prit son pouls, et observa ses yeux. Thaddée était proprement ahurie. Elle avait l'impression d'être une enfant.
-Bien, ta fièvre est partie ! dit-elle, satisfaite. Tu m'as l'air encore un peu pâle, tu resteras donc jusqu'à demain matin.
Elle lui fourra du chocolat et une brioche dans les mains.
-Mange ! ordonna-t-elle. Je vais te chercher du jus d'orange, ça va te remettre un peu d'énergie. Et tu finis tout !
Thaddée la vit disparaître. Elle cligna des yeux plusieurs fois avant de regarder le chocolat et la brioche. Cette infirmière avait du caractère ! Pas sûr qu'elle oserait désobéir… Elle commença donc à manger. Peu après, Madame Pomfresh lui apporta un verre de jus d'orange que la jeune fille avala d'une traite. Elle se sentit revigorée par ce petit-déjeuner forcé. La bouche pleine, elle demanda :
-Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Vide ta bouche, commanda l'infirmière et Thaddée déglutit. Tu as été très malade. Ca fait déjà trois jours que tu es ici.
-Malade ? répéta Thaddée. Mais je n'ai jamais été malade depuis ma naissance !
-Voilà qui explique pourquoi une simple fièvre a été aussi difficile à guérir. Tu n'as jamais pris de précaution contre la maladie, pas vrai ?
Thaddée secoua la tête.
-Voilà ! s'exclama l'infirmière. Je passe mon temps à dire aux élèves de faire attention et personne ne m'écoute ! Il fallait bien que ça vous arrive un jour, jeune fille !
Thaddée repensa à la prison d'Azkaban, à ses promenades dans le jardin hivernal des Malefoy, et à sa punition dans la pièce glaciale. Il ne faisait aucun doute que Madame Pomfresh avait raison.
-Tu as été infernale ! continuait l'infirmière. La fièvre te faisait délirer. Heureusement qu'Hagrid était venu boire une tasse de thé avec moi quand tu as voulu t'enfuir ! J'avais hâte que tu guérisses !
Thaddée grommela quelque chose d'inaudible, la bouche pleine de brioche.
-Heu, Madame Pomfresh ?
Thaddée releva la tête au son de cette voix. L'infirmière sortit en ouvrant le rideau de Thaddée qui eut le plaisir de voir Hermione. Elle tenait des livres dans sa main, ainsi que des parchemins.
-Tu peux lui rendre visite, d'accord, fit Madame Pomfresh. Vu qu'elle est réveillée et qu'elle a mangé, je n'ai rien à y redire.
Elle se faufila jusqu'à son bureau sans rien ajouter. Hermione s'avança avec un sourire radieux. Thaddée décida d'avaler sa dernière bouchée de chocolat pour parler.
-Salut, dit Hermione. Ca va mieux ? On était inquiètes Albertine, et moi. Je suppose que Pansy aussi cependant je ne lui parle pas beaucoup.
-Ca va, fit Thaddée. Je n'ai pas souvenir d'avoir été malade en fait.
-Pourtant, ça va faire trois jours que tu es ici. Et à propos…, dit Hermione en tirant des parchemins de son sac. Ce sont les devoirs qu'on nous a donné. J'ai aussi pris des notes pour toi, bien que tu risques de ne pas en avoir besoin.
-Merci, fit Thaddée qui songea que ce mot revenait de plus en plus souvent dans son vocabulaire. Tu n'étais pas obligée.
-Oh, tu sais… Je suis préfète, alors c'est mon rôle. En plus, on est des amies, non ?
Hermione souriait, vraisemblablement ravie. Thaddée lui rendit un petit sourire. La jeune fille n'avait jamais eu d'ami et ne savait pas comment fonctionnait l'amitié.
-Au fait, Fred et George ont eu des ennuis, dit Hermione d'un ton badin.
-Les Weasleys ? Pourquoi ?
-Et bien…, commença Hermione, mal à l'aise. Tu sais… A cause de ce qui s'est passé dans la Grande Salle…
Thaddée se rappela l'événement en un éclair. Ses joues devinrent rouges à l'idée d'avoir subi une telle humiliation. Non seulement on l'avait ridiculisée, mais en plus, elle s'était évanouie. La jeune fille n'avait plus aucune envie de quitter l'infirmerie.
-Ah…, dit-elle, les yeux rivés sur ses draps.
-C'est Drago Malefoy qui s'est chargé d'eux.
Là, Thaddée pensa avoir vraiment touché le fond. Elle détestait qu'on lui vienne en aide.
-Tu sais, il est préfet, dit Hermione en reniflant car elle ne comprenait pas comment ce garçon pouvait appliquer le règlement de l'école. Alors il s'est levé et il s'est battu avec eux. Les Serpentards s'en s'ont mêlés, les Gryffondors aussi, et puis, c'est devenu un peu chaotique… C'est McGonagall et Rogue qui sont intervenus. Malefoy a donc dit que c'était la faute de Fred et George, alors ils ont reçu une punition de McGonagall pendant que Malefoy a reçu des félicitations.
Maintenant, Thaddée avait véritablement les joues en feux. Elle voyait bien qu'Hermione ne lui avait pas tout dit.
-Ne m'épargne pas les détails, dit-elle. Je préfère que tu me le dises tout de suite plutôt que de ne pas comprendre les railleries que je subirais demain.
Hermione ne semblait pas du même avis. Elle se tordait les mains avec malaise. Elle avait une toute petite voix.
-Oh, tu sais, ce n'est pas grand-chose… C'est juste qu'il, qu'il a dit que…
Hermione ne savait pas comment tourné la phrase de façon à la rendre moins brutale. Thaddée sentait son cœur battre d'indignation sans savoir pourquoi. Finalement, Hermione lâcha dans un souffle :
-Il a dit que tu étais sa fiancée.
Thaddée s'esclaffa. Elle se mit à rire à pleine voix, d'un son joyeux, auquel Hermione répondit par un sourire. Thaddée en aurait pleuré de rire si Madame Pomfresh n'était pas intervenue pour dire que si jamais Hermione perturbait sa malade, elle devrait partir. La patiente se calma donc, hoquetant toujours sous l'effet de sa soudaine hilarité.
-Je suis désolée, dit timidement Hermione.
Thaddée respira profondément, se calmant enfin. Elle semblait avoir repris contenance.
-Je vais le tuer, dit-elle.
-Mais c'est vrai que vous êtes…
Hermione s'arrêta en voyant le regard noir de Thaddée. Elle comprit que Malefoy avait tout inventé. Pour quelle raison, c'était un mystère. Hermione n'avait aucune envie de chercher à savoir ce qui passait dans la tête de ce sale gosse prétentieux.
-Au moins, tu es prévenue, dit son amie pour la réconforter.
-Oui, il n'empêche que je me demande si je vais réussir à garder mon calme entre les Gryffondors qui se paient ma tête à cause de ma crise, et les Serpentards qui vont me chahuter à cause de mon prétendu fiancé.
-Ne t'en fais pas, dit Hermione en riant. Je vais démentir ces rumeurs auprès des Gryffondors et demander à Fred et George de te laisser tranquille.
-Tu ne voudrais pas demander à Pansy et Albertine de faire de même dans leurs maisons ? Elles seront ravies de m'aider.
-Bien sûr ! Bon, je dois y aller, les cours vont bientôt reprendre. Je repasserais te voir tout à l'heure !
Hermione se leva, fit un dernier signe de la main à Thaddée et partit. Madame Pomfresh arriva au triple gallot pour fourrer dans les mains de Thaddée une potion étrange qui devait l'aider à guérir plus vite. Soit, Thaddée l'avala sans rien dire. La journée de demain serait terriblement agaçante. En attendant, elle avait de quoi s'occuper au vu des parchemins qu'Hermione lui avait apporté. Elle pourrait se changer les idées avant d'affronter ses futurs problèmes.
Le lendemain étant un vendredi, Thaddée se leva vers huit heures du matin, se prépara et quitta l'infirmerie à regret. Les ennuis allaient commencer. Elle entreprit de monter les marches vers la tour de Gryffondor en serpentant dans les couloirs les moins fréquentés, entre couloirs secrets et escaliers mouvants. Devant le portrait de la grosse dame, elle soupira de bonheur.
-Ridikulus, dit-elle et le portrait pivota sans un mot.
Thaddée entra sur ses petites chaussettes. Il y avait bien quelques élèves mais ils ne firent pas attention à elle. Montant les escaliers à pas de loup, elle finit par faire un bond de surprise en voyant Angelina sortir du dortoir. La joueuse de Quiddich cligna des yeux, bailla, et murmura un « salut » avant de descendre les marches. Très bien. Angelina n'était pas du matin. Thaddée entra dans le dortoir et se retint de justesse de ne pas se jeter sur son lit. Beaucoup de cinquièmes années dormaient encore. A la place, elle chercha son serpent. Elle le trouva dans sa valise, occupé à rêver. Yume paraissait encore plongé dans son monde, Sombre et Shine l'y accompagnant volontiers pour une fois. Thaddée le laissa tranquille. Elle prit de quoi dessiner, de quoi étudier, puis elle redescendit à la Grande Salle.
Elle fut aussi rapide qu'un coup de vent elle attrapa un verre de jus d'orange qu'elle avala rapidement, piqua trois morceaux de pain et une pomme avant de filer. Elle n'avait aucune envie de subir de nouvelles moqueries. Non, elle jouerait la dame digne et fière demain. Aujourd'hui, elle aspirait à la tranquillité.
Elle passa tout son temps entre la bibliothèque et les salles de classe désertes. Elle regrettait de ne pas avoir emporté son serpent avec elle. Cependant, elle s'amusa à remplir ses parchemins de réponses correctes, elle s'exerça à certains sortilèges, et elle fit une sieste sur l'un des bancs disponibles. Au final, elle passa une très bonne journée. Pour manger, elle s'était résolue à faire apparaître sa nourriture depuis les cuisines de l'école. Tout du moins, elle espérait que c'est bien de là que provenait son délicieux sandwich.
Le soir tombait lentement et elle décida de rentrer. Elle passa le plus rapidement possible devant les élèves de la salle commune. Pour finir, elle se laissa tomber de fatigue sur son lit. Elle avait envie de rêver. Elle souhaitait en avoir la possibilité, là, maintenant. Mais Thaddée ne rêvait pas. Alors elle s'endormit en plongeant dans les abysses.
Elle en fut arrachée par la main qui la secouait. C'était Hermione. Thaddée lui lança un regard torve avant de chercher l'heure. Il était sept heures. Hermione lui fit signe de descendre. Thaddée obtempéra avec un élan de fatigue la faisant bailler à s'en décrocher la mâchoire. Elle arriva dans la salle commune où Hermione l'attendait. Ce n'était pas la seule Ginny, Ron, Harry, Dean, Neville, Lavande, Pavati, et les jumeaux étaient là. Thaddée jeta un regard interrogateur à Hermione qui lui dit :
-Réunion de l'A.D. J'ai oublié de te le dire hier.
Voilà, la tranquillité de Thaddée s'envola dés ces premiers mots. C'était le retour des ennuis.
A suivre…
L'histoire est centrée sur Thaddée ces derniers temps. En fait, je commence à vous donner des indices concernant la fin de cette première partie. Saurez-vous les repérer ?
