Bonjour bonjouuur ! :D Me revoici, comme prévu, avec un nouveau chapitre ;) Je vous remercie infiniment d'avoir cliqué, en somme d'être assez curieux pour vouloir de la suite, et j'espère que tout comme moi, vous allez être transcendés par ce splendide chef d'œuvre qu'est le chapitre 13.
J'espère vraiment que vous allez avoir cette réaction-là, sinon je suis fichue ! Bon, trêve de bavardages, je vous souhaite une bonne lecture et on se retrouve en bas :D
"Veuillez retirer vos écouteurs pour être attentifs face à l'annonce qui va suivre. L'avion va bientôt passer en phase d'atterrissage. Il est recommandé de conserver sa ceinture attachée, ainsi que de placer tous ordinateurs ou tablettes dans votre sac sous vos sièges jusqu'à l'arrêt complet. Ne détachez votre ceinture que lorsque le logo vert au-dessus de votre siège est éteint. Merci de voler avec nous."
Je soupire, rangeant ma tablette à contre-coeur dans son étui et la plaçant sous mon siège, pendant que la femme à ma droite tente de dompter son bébé, qui hurle à la mort dès la fin de l'annonce, comme s'il avait prévu son coup.
- Chut, chut… Là, bébé… Elle murmure en caressant son crâne où trônent à peine trois cheveux blonds platines.
Je lui lance un regard discret, mais qu'elle parvient à intercepter tandis qu'elle force le menton du bébé à se déposer sur son épaule pour le bercer. Gêné, et ne voulant pas faire mauvaise image à la juger, j'esquive brièvement un sourire assez tordu et maladroit, auquel elle répond avant de vite détourner le regard. Je toussote et me frotte les genoux. Ses murmures bercent mon oreille droite, ce qui a le don de me faire tendre sur mon siège, peu à l'aise face à cette scène maternelle, certes touchante, mais beaucoup trop proche de moi à mon goût. Je n'ai rien contre les bébés, mais du moment que ce ne sont pas les miens… J'y porte peu d'intérêt.
Mon regard dérive vers le hublot, lasse. J'admire le paysage se rapprocher au fur et à mesure, ridicule par rapport à nous, aussi grand qu'une maison de poupées. Il fait encore jour. Je me demande ce que je pourrai faire une fois rentré à la maison, clairement, il sera trop tôt pour dîner. Tiens, je ne sais pas qui viendra me chercher à l'aéroport non plus… J'ai juste pris mon avion, cette fois. Pas d'appels alarmés de maman qui veut s'assurer que je suis encore en vie toutes les cinq minutes, pas de messages à répétition de la part d'Alice qui veut savoir dans combien de temps j'arrive, même pas un bonjour d'Eddie… C'est ça, quand je ne pars que dix jours ? Flatteur.
J'ai un petit sourire amusé. Et dire que je reviens pour les fêtes de fiançailles d'inconnus. Ca ne me dérange pas vraiment, au contraire c'est plutôt agréable de retrouver un grand nombre de personnes pour une célébration heureuse. La famille sera là, bien sûr… Il faudra que je parle avec papa.
Je me frotte un instant l'arrête du nez, fronçant à peine les sourcils. Je ne sais pas trop comment aborder les choses avec lui. Si je suis trop optimiste, si j'essaie trop de lui faire plaisir avec des projets de rapprochement avec le foyer, il va s'emballer et s'imaginer des choses que je n'aurais jamais dites. Dans ce cas, si jamais j'essaye ensuite de limiter l'ambition et de garder certaines conditions, il risque de s'énerver à cause du faux espoir, et ça pourrait très mal finir. D'un autre côté, si je suis trop pessimiste, il ne va pas vraiment s'intéresser à ce que je lui dis. Et, honnêtement, il ferait bien, parce que cette méthode reviendrait à brasser de l'air : "coucou papa, alors voilà, j'aimerais bien revenir plus souvent à la maison, mais t'emballe pas c'est pas dit, en fait j'ai pas trop envie non plus". Inutile.
Il faut que je trouve le juste milieu. Juste, juste, juste milieu. Et surtout ne pas en parler à maman d'abord, même si c'est affreusement tentant. Je ne veux pas qu'elle prenne parti.
Au fond, j'aime Carlisle moi aussi. Vraiment. C'est peut-être pour ça que j'espère autant que tout ira bien.
Tout ira bien.
Mon coeur se pince à ces pensées, n'y croyant pas une seule lettre. Comment tout pourrait-il bien se passer ? Les festivités ne vont pas laisser le temps aux discussions. Je ne vais pas oser lui dire. Il ne fera pas le premier pas non plus, il est fatigué de tout ça. Maman va faire comme si aucun problème n'était à soulever avec son mari et moi. Alice va être contente. Edward… J'en sais rien, de ce qu'il va faire.
Je soupire, maintenant rempli d'angoisse. Il ne va rien se passer. Tout ça parce que je suis le premier à prendre de bonnes résolutions, mais le dernier à les accomplir. Comme si je n'osais pas franchir le cap. Quand on y réfléchit, ça se voit beaucoup dans le tracé de ma vie. Les bases, elles sont faites, j'entre dans la norme. Première copine, premier diplôme, première voiture, première beuverie… Ensuite, ça part dans tous les sens. Je procrastine tout, mes choix de carrières, mes choix de domicile, l'acceptation de Carlisle ou non dans la famille, l'acceptation de mes nouveaux frères et soeurs, même mes foutues factures. Suis-je hypocrite de les aimer autant et de partir aussi loin ? Même partir, je le fais en traînant des pieds. Me lever le matin. Me coucher le soir.
Je soupire et me frotte le front. Il faudrait atterrir, Emmett. Tout n'est pas blanc ou noir. Je sens que je m'enfonce dans une spirale de remords qui n'est ni productive ni bénéfique à ma santé morale. Autant arrêter ici. Je prendrai mon courage à deux mains pendant ces quelques jours, je parlerai de tout ce dont il faut parler.
C'est quand les roues de l'avion entrent soudainement en choc avec le bitume de la piste, et que tous les sièges sont secoués d'un saut, que le visage de Rosalie parvient à mes pensées. Intéressant… Cette fille est souvent dans mes parages mentaux. J'y gravite de temps en temps. C'est comme si elle me permettait de penser à autre chose, un peu plus agréable, un peu plus enfantin. J'espère que je ne joue pas avec elle. J'espère que je ne jouerai pas avec elle. A côté de moi, c'est comme si la voix de la femme au bébé lui ressemblait un peu, avec la même tonalité chaude. Elle fait comme un fond sonore à ma réflexion quand au sujet de la blonde.
Pour être honnête avec moi-même, j'aimerais l'inviter à dîner, ou faire du bowling, ou du roller, ou du surf, ou tout ce qu'elle voudra, ça m'importe peu. Je l'imagine à la fois sur une piste de danse, à la fois devant un bon verre de vin, à la fois sur une plage dans les îles, à la fois face à un plat de moules frites sur un port, à la fois confortablement allongée sur mon lit à contempler les posters de mes murs. Je secoue la tête. Heureusement qu'elle n'est pas capable de pénétrer mon esprit, car je l'autorise souvent à partir dans les grandeurs. Tout s'accélère et je veux tout faire en même temps, puis, tout à coup, l'adrénaline retombe, et je ne veux plus rien faire du tout. Je soupire, déçu. Mais finalement, un petit sourire apparaît au coin de ma bouche. J'ai quand même envie de l'inviter pour un verre, juste un verre. Au fond, on s'est déjà retrouvés plusieurs fois seuls face à face, mais l'invitation c'est… Un symbole. C'est plus sérieux que le hasard.
Le logo vert au-dessus de ma tête s'éteint. Je détache ma ceinture et patiente pour que la femme à ma droite se hisse hors du siège dans le rang, avant de la suivre, sac à dos sur les épaules, hors de l'avion. Une fois dehors, le vent fouette mon visage, doux, chaud. Je souris alors, pris d'une volonté heureuse et dure comme l'acier.
Je vais carrément parler de tout ça à papa, et je vais carrément inviter Rosie pour faire du bowling en rollers tout en sirotant un verre sur la plage des Bahamas.
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- On monte… Jambe tendue… Pointe sur le pied au contact avec le sol…
Je serre les dents pendant que ma jambe droite s'élève vers les cieux. C'est impossible, mes muscles vont s'arracher dans le processus, il va falloir appeler l'hôpital.
Je lance un regard anxieu à Alice, qui parvient sans aucun soucis à faire des galipettes en tout genre. Je soupire inaudiblement, elle est si souple. Bon, moi aussi, mais je suis tellement peureuse que j'ai réellement peur de perdre un membre à chaque fois…
- Rosalie, un peu plus de grâce s'il-te-plaît.
Je sens mes joues s'échauffer alors qu'un rire de lutin parvient à mes oreilles. Plus de grâce, non mais je rêve ! Je suis pleine de grâce. Il n'y a qu'à demander aux agences de mannequins qui me proposent des castings, nah.
Je secoue à peine la tête. Pas la peine de se projeter là-dedans ma vieille Rosie, c'est pas ton truc, et ça ne le sera jamais. Il faudrait viser plus réaliste. Tristement, je sais qu'il y a certaines choses auxquelles je n'aurais jamais droit… A commencer par une vie normale, pourquoi pas. Des liens de parenté normaux. Une alimentation normale. Et bien évidemment…
- Pssst !
Je tourne le regard dans le coin de mon oeil pour apercevoir une Alice retombée au sol et prétendant s'étirer pour me chuchoter des secrets à l'oreille.
- Quoi ? Je murmure assez fort pour me faire entendre.
- Emmett arrive aujourd'hui pour la fin des préparatifs.
Elle hausse les sourcils à répétition, comme pour insinuer quelque chose. Je peste.
Des amis normaux, ce serait agréable aussi.
- Super. Je rétorque en appuyant mon bras sur ma jambe droite comme un i.
- Oh, allez Rosie ! Glousse Lice toujours au sol.
- Allez quoi ? Tu veux que je saute au plafond en hurlant Alléluia ?
- Oh oui, ce serait chouette !
Je lève les yeux au ciel. Soudain, lorsque la professeure prétexte avoir une urgence immédiate à régler, nous autorisant enfin à relâcher la pression et, pour ma part s'affaler sur le sol aux côtés de mon amie, une idée de changement de sujet me vient en tête.
- T'as reparlé au banquier ?
Bingo. Elle a l'air tout à fait ailleurs maintenant.
- Oh, bah oui bien sûr. Rien que la semaine dernière, à propos de mon nouveau job.
- C'est super ! Il était content non ?
- C'est mon banquier, donc il était content dans la limite du professionnalisme je suppose. Elle rétorque sans grande joie.
- Et t'as jamais pensé à passer à la vitesse supérieure ?
- C'est-à-dire ? Elle demande intéressée, se redressant un peu mieux sur ses coudes.
- Bien… Lui proposer d'aller boire un verre, par exemple ?
- En plein milieu d'une séance ? Mais t'es folle ! Elle écarquille les yeux.
- Me donne pas cet air ! Je glousse. Ose me dire que tu n'y as jamais pensé.
- Je n'oserai pas. Elle a un petit sourire en coin.
Je ris tout en m'étirant doucement, déjà toute cassée. Les séances se passent mieux, ces temps-ci, je ne sais pas trop pourquoi. J'ai du avoir une sorte de coup de barre gigantesque, sur quelques semaines. Après tout ce n'est pas la première fois, j'ai des périodes où je perds le goût des choses et toute ma vie ressemble à une immense routine infernale. Ces temps-ci, ça va. Je me demande si je vais bientôt rechuter.
Heureusement, la voix de mon amie me sort vite de ces pensées funèbres.
- Cela dit ça me tenterait bien.
- J'en doute pas. Tu penses lui demander, alors ?
- Certainement pas lors d'un rendez-vous professionnel, c'est clair. Elle affirme en se frottant le menton, soucieuse. Mais j'ai moyen de le croiser à d'autres endroits…
- Comment tu sais ça ?
Elle lève les yeux vers moi et s'apprête à ouvrir la bouche, mais je balaye vite de ma main ma question.
- Oublie immédiatement. Je veux pas savoir.
Nous partons en même temps dans un fou rire, et elle lève les mains en l'air en signe d'innocence.
- J'ai rien dit alors.
- Tu n'as rien dit. T'as un plan ?
- Mh… Éventuellement. Mais c'est pas très romantique de proposer un rencard dans un rayon confitures.
- Eh, c'est mieux que rien du tout ! Je proteste. Fonce Lice, c'est le supermarché ou rien.
- Ou la station essence…
- Encore pire. Il vaut mieux que ça sente la fraise plutôt que l'essence, c'est plus romantique.
- T'as raison. Mais imagine qu'il refuse ?! La honte mon dieu, de me pointer quelques jours après pour parler de mes comptes… La honte…
- Mais non, il ne va pas refuser.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- Bah il est venu te parler la dernière fois, non ?
- Mais c'était de la politesse.
- De la politesse ! Je pars dans un rire. Mes fesses oui. Il aurait pu faire comme s'il ne t'avait pas vu parce qu'il était trop gêné de ta présence. Que dalle ! Il est directement venu te parler. Et c'était sympa, non ?
- Oui c'est vrai…
- Et bien voilà ! Roulez jeunesse ! Je m'exclame en lui frappant la cuisse.
Elle serre les dents et laisse échapper une plainte de douleur, que j'essuie brièvement en frottant ma main sur la blessure.
- Me revoici ! Allez les filles, debout, on reprend le lever de jambe !
Je lève les yeux au ciel et suis prête à me laisser mourir sur le parquet suite à cette annonce, alors qu'Alice au contraire rit et se redresse illico. Nécessitant son aide pour me relever, je m'appuie de nouveau sur la barre et m'échauffe avant de reprendre l'exercice, heureuse d'avoir su détourner brillamment le sujet dangereux d'il y a une minute, et l'image du visage d'Emmett trottant désormais dans ma tête.
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- Emmett ! Je suis enchanté de te voir !
Je cligne des yeux et tourne la tête suite à cet appel soudain. Apparaît alors sous mes yeux Mike, le grand blond, ancien ami de Rosalie et désormais nouveau de ma petite soeur, écartant grand les bras en signe de salut. Sa présence n'est pas trop surprenante, ici dans la maison familiale de Jessica, pendant que d'innombrables personnes s'affairent aux préparatifs de la décoration. Réalisant qu'il tient dans les mains une guirlande à la couleur rose douteuse, il lâche un petit rire et se débarrasse, avant de venir m'administrer une tape amicale dans le dos. Je souris le plus chaleureusement possible.
- Salut. Je racle simplement ma gorge et lui serrant la main au passage.
- C'est gentil de venir aider !
- Ouais, enfin… Je déclare en regardant autour de moi. J'ai l'impression que tout est déjà mis en place, j'arrive à la dernière minute. Je m'excuse avec un léger rire.
- C'est pas grave, on va te trouver un truc à faire, crois-moi ! Il répond en levant les yeux au ciel d'un air de dire qu'il y a toujours une corvée dans les parages.
J'ai un petit rire, et lance une nouvelle fois un regard aux alentours. Je n'ai aucune idée de qui est là et qui est absent, ma mère m'a immédiatement déposé ici. Et moi que me demandait ce que j'aurais à faire en rentrant…
- Si ça t'intéresse, reprend soudainement Mike d'une voix forte, ce qui a le don de me faire sursauter, on organise un petit apéro entre hommes ce soir. Histoire de… Faire plus ample connaissances, tu vois. J'ai toujours trouvé ça dommage que les filles deviennent amies aussi rapidement, alors que nous, on galère… Tu vois ce que je veux dire ? Il baratine en riant nerveusement.
- Ouais, bien sûr. Je réponds automatiquement en hochant la tête.
- Comme ça, pour les fêtes après demain, on sera plus à l'aise… On ne s'est pas vus si souvent que ça toi et moi, si ?
- Je ne crois pas. Je secoue la tête. Sauf chez Jane.
- Ah oui, c'est vrai ! C'était une chouette soirée.
J'hoche la tête et l'admire se triturer les mains dans les poches de son jean, regardant tout autour de lui avec appréhension. J'arque un sourcil. Serait-ce ma présence qui le met mal à l'aise ? Je ne pense pas, sinon il ne se serait pas donné la peine de m'inviter pour ce soir. J'ai un petit sourire en coin.
- Angoissé ?
- Un peu. Il soupire. C'est… C'est gros comme événement, je trouve. Pas la fête en soi, ça c'est plutôt marrant. Mais bon… Jessica veut déjà qu'on planifie la date du mariage, qu'on réfléchisse aux invités… Je veux dire… Je voyais ça dans longtemps…
- Je comprends.
J'ai légèrement de la peine pour ce pauvre mec face à moi. Il est tellement nerveux qu'il m'a lâché son sac, à moi l'inconnu mais qui l'a lancé sur le sujet, sans même essayer de paraître en contrôle de soi ou expert en la situation. Familièrement, je lui tapote l'épaule.
- Ca va bien se passer.
- Ouais, je sais, je sais. Il sourit en se grattant rapidement le nez.
Un léger silence plane durant lequel ni lui ni moi ne savons quoi dire, mais heureusement, une voix de femme éclate soudainement depuis une autre pièce lointaine.
- Les garçons ! On aurait besoin de votre aide par ici !
Les yeux de Mike se posent sur moi, maintenant pleins d'enthousiasme et de volonté. Secrètement, je ne me sens pas du tout d'attaque à déplacer des meubles ou accrocher des guirlandes au plafond. Vraiment pas.
- En voilà une chose à faire ! Tu viens ?
Il s'est déjà avancé de quelques pas et je soupire inaudiblement pour le suivre, tentant tout de même d'afficher mon sourire le plus convaincant.
- Oui bien sûr.
Sur ces derniers mots, ma voix se meurt dans ma gorge. Pour cela une seule raison : mes yeux parcourant les portes ouvertes à proximité sont tombés sur une chevelure blonde familière, à qui je devrai bientôt avoir le courage d'aller proposer un verre.
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- Et de trois… C'est bon ! Je m'exclame avec soulagement, m'applaudissant moi-même.
- Parfait. Soupire Jessica en admirant mon travail.
Et pour cause : suspendre des cadres de manières parfaitement symétrique demande beaucoup plus d'énergie qu'on ne le croit.
Fière de moi et les poings posés sur ma taille, je me permet une dernière inspection des lieux. Il semblerait que tout soit prêt. Lorsque je me retourne vers Jessica, elle a l'air perdue dans ses pensées.
- Jess ? C'est bon, tout est prêt.
- Mh ? Oh oui, c'est très bien. Très bien.
J'arque un sourcil mais ne fais aucun commentaire, heureuse de mon travail. Je passe une main dans mes cheveux. Quel temps fou ça prend, de décorer toute une maison… Tout ça pour une fête. Une très longue fête certes, mais une fête quand même. Tout a été pensé et organisé : sur mon chemin pour venir aider, j'ai croisé une salle dédiée aux enfants avec une piscine à boules. J'ai du me pincer pour y croire, avant de parier que l'idée venait d'Alice.
J'entends un soupir à ma droite. Le genre de soupir que mon amie blonde pousse lorsqu'elle souhaite signaler un problème, tout en ayant l'air naturelle. Secrètement, je lève les yeux au ciel, avant de pivoter.
- Quelque chose ne va pas ? Je demande en ayant l'air le plus naturellement intriguée possible.
- Si, tout va bien…
- Jess… Arrête de jouer à ce petit jeu. Ca marche pas avec moi.
Elle soutient un instant mon regard, avant de laisser s'échapper un sanglot de sa gorge si puissant et plaintif que j'en sursaute les yeux grand ouverts, oubliant toute forme de politesse. Vite, je me ressaisis et accours lui saisir les épaules.
- Et ben alors ? Qu'est-ce qu'il ne va pas ?
- C'est… Je suis nerveuse ! Elle lâche enfin en trépignant sur place.
- Mais c'est complètement normal ! Je m'exclame pour son plus grand soulagement. Et idiot, si je puis me permettre.
Sa plaisance se transforme en choc, et elle me juge un instant du regard comme si j'avais été déplacée. Levant l'index pour signaler que je n'ai pas fini, je reprend la parole dignement :
- C'est une fête, Jess. C'est pas ton mariage. Ton mariage n'est même pas encore organisé, et crois-moi, là tu auras le feu vert pour paniquer chaque seconde qui passe, aucun problème. Ici, les gens vont venir pour te complimenter et être jaloux de la taille de ta maison. C'est pas si grave que ça ! Bon, d'accord, tu me diras, il y aura ta belle-mère… Mais on s'en fout ! Parce qu'il y aura aussi tous tes amis, et ta famille, qui seront là pour te soutenir… Enfin, sauf ton père qui n'accepte pas ton copain mais… Ta mère elle, saura s'en charger. Et puis il y aura des discours, encore des discours… ! C'est comme un mariage, mais en mieux, parce que tu n'es pas encore engagée, donc tu peux le tromper dans les toilettes (elle rit et je continue), mais tu peux aussi simplement profiter sans avoir peur du fiasco, parce que, je le répète, on s'en fout !
Elle ferme les yeux le temps d'inspirer. Lorsque ses paupières se soulèvent doucement, elle a l'air apaisée.
- Merci Rosie. Tu sais t'y prendre avec les futures mariées en panique, on dirait.
- Beurk. Je réponds en lui lâchant les épaules. Probablement parce que j'apporte une touche d'impartialité ?
- Ca doit être ça. Elle glousse.
- Quelqu'un veut des dragés ?
C'est la tête de Jane qui s'est glissée dans l'encadrement de la porte, y passant son bras porteur de sucreries. Je tire la langue dans une démonstration de dégoût pour seul réponse, pendant que la future mariée a un hoquet d'indignation.
- Jane ! Faut pas y toucher !
- Ah bon ?! Se scandalise cette dernière. Mais c'était sur la grande table !
- Mais justement ! Couine Jess.
- Oops.
La fauteuse de trouble me lance un regard, mais j'hausse simplement les épaules, pas décidée à lui sauver la mise.
- Repose ça !
- D'accord, d'accord ! Désolée !
Elle disparaît et, non sans hausser la voix pour qu'elle puisse entendre, je me moque d'elle.
Jess lève les yeux au ciel et remet des objets en place pour la touche finale de la décoration, avant de se tourner vers moi.
- Je pense qu'on en a fini pour ici. Il vaudrait mieux sortir et aller voir où en sont les autres.
- Ouais, probablement. J'acquiesce.
Lorsque nous quittons la pièce, Jane la voleuse de bonbons recroise notre chemin, maintenant portant deux cartons dans chaque bras. Aussitôt, je pars dans un rire, bien évidemment certaine qu'elle ne se serait jamais désignée pour supporter autant de charge.
- Qu'est-ce que tu as fait pour en arriver là ? Je demande amusée.
- Je sais pas trop. Je suis allée reposer les dragés, et puis on m'a interceptée et on m'a mis ça dans les bras. Contre mon gré, soyez-en bien sûrs.
- Là-dessus, je veux bien te croire. Soupire Jessica. Tu dois poser ça où ?
- … Eh, vous savez quoi ? J'en ai aucune idée ! S'exclame soudainement Jane.
Elle se retourne vers un couloir profond.
- Oh ! Les garçons aux cartons !
De loin, je vois le visage de Tyler émerger d'une pièce.
- Où est-ce que je dois mettre ça ?
- J'en sais rien ! Il répond. Qui t'a donné le carton ?
- C'est Ben !
- Ben, viens ici !
Je croise les bras, amusée de voir autant d'agitation.
- Ca va dans le garage !
- Mais pourquoi dans le garage ?! S'exclame Jane, outrée.
- Parce que c'est à sortir au dernier moment !
- Je t'en ficherai des derniers moments, moi ! Ce truc est pleins de poussières et d'araignées !
- N'importe quoi. Rétorque sèchement Jess.
- Rosie !
- Quoi ?! Je m'exclame, étonnée d'avoir quelque chose à faire là-dedans.
- Tu viens m'aider !
- Non.
- Je le savais ! Monstre !
Je lève les yeux au ciel.
- Demande à ton frère.
- Mon frère ?!
Jane aime prétendre qu'elle n'en a jamais eut.
- Oui, il est ici, non ?
- Qu'est-ce que j'en aurais à faire dans tous les cas ?
- Oh, tu m'agaces. Je soupire, avant d'inspirer un instant. Alec ! Alec !
- Arrête de l'appeler ! Elle me frappe le bras.
- Alec ! Je poursuis indifférente.
- Quelqu'un m'appelle ?
- Oui. Prends ces cartons et va au garage.
J'arrache les biens des bras de mon amie et les refourgue sans plus de politesse dans ceux de son frère jumeau, trop abasourdi pour répondre quoi que ce soit. Sous mon regard exigeant, il finit par hocher la tête et faire demi-tour dans la direction suggérée.
Je lance un sourire satisfait à mon amie rebelle.
- Et voilà.
- J'aurais pu les porter toute seule, ces cartons.
- Jane, tu me fais encore une fois le coup de la dédaigneuse et je t'envoie valser contre une vitre.
Elle lève les yeux au ciel et pivote sur ses talons, partant dans le couloir rejoindre les autres. Jessica, muette depuis un bon moment, finit par lever les yeux vers moi.
- Pourquoi elle ne parle jamais de son frère ? Elle demande, étonnée.
- Va savoir. J'hausse les épaules. Elle aime faire croire qu'elle est totalement indépendante, je suppose.
- Quel rapport avec les liens familiaux ?
- Cherche pas, c'est Jane. Je soupire.
- Oh, en parlant de ça ! S'exclame soudainement mon amie en s'emparant de mon bras.
Je baisse le regard vers elle, intriguée.
- J'ai complétement oublié de te dire ! Elle enchaîne. Est-ce que tes parents viennent ? Ils sont invités, tu sais !
Je me fige un instant, soutenant son regard. Mon poul s'accélère discrètement, et je suis prise de panique intérieure le temps de réfléchir à une réponse. Je n'y avais pas pensé… Pas une seconde. Je déglutis avec peine, la gorge serrée.
- Je… Je vais transmettre le message. Je souffle finalement en tentant un sourire naturel.
- Super ! Elle répond guillerette.
Je dévie le regard et fixe un point flou pendant qu'elle me lâche le bras, et part à d'autres occupations. Toujours plantée là, à ne pas savoir quoi faire ni quoi penser, pendant ce qui semble être de bonnes minutes, je laisse mon esprit dériver et s'échapper loin d'ici, pour ne pas avoir à penser à l'inévitable.
Inviter mes parents. Je n'en ai pas eu la moindre suspicion. Pourtant c'est logique, Alice amène bien sa famille… De nouveau, je sens ma gorge étroite et un pincement dans mon coeur. Je ne sais pas si j'ai envie de les voir ici. Ensemble, qui plus est. Ce qui est très peu probable, puisque mon père se remet d'un coup dur niveau santé. Il ne bouge presque plus de chez lui. Ma mère n'aimerait pas le voir dans la même pièce qu'elle ou moi, de toutes façons. Enfin, c'est ce qu'elle prétend. Maman. Maman elle, elle prétendra avoir quelque chose à faire pour ne pas avoir à venir ici, et supporter les joies d'un couple prometteur. Ou alors supporter l'image de sa fille distante au téléphone, qui repousse les dates des visites. Peut-être qu'elle pourrait faire l'inverse. Peut-être qu'elle pourrait se présenter, proposer même à mes cousins de venir, et s'amuser pour renouer les liens avec moi, ne serait-ce qu'une soirée. Cela dépend de ce qu'elle vit en ce moment. Si elle est triste, si elle est heureuse. Est-ce qu'elle est toujours seule comme elle me le répète chaque fois que je demande ? Ou est-ce qu'elle a trouvé quelqu'un d'autre ? Je n'en sais rien. Je ne sais même pas si j'ai envie de le savoir.
Un raclement de gorge me fait sursauter.
- Rosalie ?
Je lève les yeux. C'est Emmett.
Ca fait dix jours qu'on ne s'est pas vus, et pourtant mes pensées sont trop floues pour s'adonner à la simple joie de sa présence ici. Je reste légèrement distraite.
- Oh, salut Emmett. Je réponds avec un sourire, bien que mes yeux, posés sur les siens, restent voilés.
- Tu… Comment ça va ? Il demande en se passant une main dans la nuque.
- Ca va. J'hoche la tête.
Secrètement, je sais que mes espoirs sont déçus d'un dialogue aussi plat. D'une autre part, je n'ai pas la tête à vivre des montagnes russes pour le moment, l'esprit déjà trop occupé.
- Et toi ? Je demande finalement, me rendant compte du silence.
- Ca va. Je suis content de rentrer.
- Oui, c'est chouette.
Allez Rosalie ! Un peu de nerfs ! Profite de cet instant pour penser à autre chose !
Mais je n'arrive pas à écouter la voix de la raison. Emmett ouvre la bouche et la fait fonctionner, je la regarde, me concentre, et pourtant chaque mot qui passe semble glisser loin de moi sans être entendu, sans être compris…
- Emmett ! Rosalie !
Le cri strident qui retentit à notre gauche, en revanche, je l'entends très bien. Nous sursautons en même temps et tournons la tête vers Angela, bras croisés et l'air préoccupée.
- Vous ne faites rien ?
- Euh… Pas en particulier, non. Réponds le grand brun pour moi.
- Super. Vous pouvez aller jeter tous les cartons qui traînent là-bas ? On ne peut plus marcher par terre.
Nous hochons la tête à l'unisson, puis nous dirigeons vers l'endroit indiqué, à savoir le couloir profond et légèrement obscurci d'où sortait la tête de Tyler il n'y a pas si longtemps que ça.
Toujours pensive, je me mets à la tête, très peu consciente de la présence du jeune homme avec moi. Comment pourrais-je m'y prendre ? Appeler ma mère au téléphone ? Ou alors lui envoyer un message… Ou prendre la route en personne ? Un frisson me parcourt. Non, je n'oserai pas. Dans tous les cas, pour une invitation, c'est ridicule. Devrais-je inviter mes cousins ? Leur proposer à eux mais pas mes parents seraient totalement injuste. Je ne sais pas… Je ne sais pas si j'ai envie de les voir.
C'est ridicule. Critique ma pensée, et je suis d'accord. Je sais pertinemment que tout individu normal a envie de voir sa famille. Mais ce n'est pas de sa faute si sa famille ne correspond pas à ses attentes. Si elle est dispersées, si les secrets ne sont pas dit… Je sais pertinemment que ma mère m'a déjà menti, ne serait-ce que sur la relation qu'elle a entretenu avec mon père après le divorce. Mais d'un autre côté, j'ai fait souffrir tous mes proches en préférant Royce à eux… Je me faisais manipuler après tout. Je me demande…
- Tu as besoin d'aide pour celui-là ?
Je sursaute. Emmett est à moins d'un mètre de moi, penché vers un gros carton que je m'apprêtais à saisir. Ce retour brutal à la réalité à le don de me réveiller un petit peu, je ne peux pas perdre conscience tout simplement et agir comme un robot, pas quand quelqu'un me parle.
- Non pas qu'il soit lourd, pas du tout. Il enchaîne légèrement gêné. Mais il est volumineux, on pourrait peut-être le déchirer.
Je lance un coup d'oeil au carton.
- Oui, c'est une bonne idée.
Il me sourit. Je réponds par réflexe. Puis, il me contourne et saisit l'autre embout, avant de tirer d'un coup sec. Sans préparations face à ce geste, je suis projetée en avant et manque de me prendre la poignée d'une porte avoisinante, avant de m'accrocher à la première chose que je vois, un radiateur. Le carton s'échappe d'entre mes doigts et atterrit aux pieds du géant, qui me regarde avec des yeux ronds.
- Je suis désolé ! Il s'exclame aussitôt.
- T'as une de ses poignes ! Je lance aussitôt, essoufflée d'autant d'adrénaline.
Il m'observe, comme s'il ne savait pas comment réagir. Soudain, lorsque je réalise la situation, et cette douche froide gratuite mais efficace qu'il m'a administré sans même le savoir, je pars dans un rire incontrôlable et bascule la tête en arrière. Il ne met pas beaucoup de temps à me suivre. Je finis par abaisser le menton, de nouveau guillerette, et positivement surprise de cet effet qu'il a sur moi, toujours prêt à me causer une crise cardiaque quand je m'y attends le moins.
Il a l'air de lire dans mes pensées.
- Je sais pas ce que j'ai quand t'es aux alentours, il a l'air essoufflé lui aussi, mais ça finit toujours mal.
Je repars dans un gloussement qui m'auto-débecte presque immédiatement, mais ça n'a pas l'air de le déranger. Finalement, je lâche le précieux radiateur et me redresse, époussetant mon haut et raclant ma gorge.
- Bien. On peut déchirer ce carton.
Et ce ne fut pas le seul à être déchiré. A peine quelques minutes plus tard, nous étions à même le sol, s'amusant à les mettre en pièce un nombre de cartons plus que nécessaires, en profitant pour s'affronter au duel de celui qui tire le plus fort.
- Vas-y, accroche-toi.
- Je suis déjà accrochée. Je rétorque avec un air de défi.
- 1, 2… 3 !
Je me contracte au maximum et tire, le plus fort possible, pour contrebalancer sa force d'ogre, bien que je le suspecte de limiter les efforts pour ne pas m'ouvrir le crâne contre un coin de porte. Lorsque le carton cède, assez rapidement, je suis prise au dépourvu et roule sur le dos, sans contrôler l'effort physique qui m'a projeté au sol. Un rire me secoue pour la énième fois.
- Il faut de la mesure, Rosalie ! S'exclame Emmett tout aussi amusé.
- La mesure ? Je demande en me redressant presque aussitôt. Connais pas.
Il secoue la tête en souriant. Je jette un regard autour de nous.
- Oh non… Il n'y a plus rien à déchirer !
- Si.
Je tourne la tête vers lui, les yeux ronds.
- Tes os. Il déclare l'air sombre.
Aussitôt, je pars dans un fou rire qu'il admire presque trop fier de lui, se redressant sur ses genoux.
- Elle était bien hein ? Il demande.
- Pour être honnête avec toi, je réponds en essuyant mes larmes, je ris pour autre chose.
Il a l'air décontenancé et m'observe tandis que je glousse de sa désillusion.
- Et je peux savoir quoi ?
- J'ai pensé… à une autre blague. Je tente d'expliquer sans pouvoir m'arrêter de rire.
- Par rapport à quoi déchirer d'autre ? Il demande en arquant un sourcil.
- Oui. J'hoche vivement la tête et repars de plus belle, ayant honte de moi-même.
Mais il ne comprend pas et je sens que je vais devoir prononcer le mot de la fin, celui que je me gardais de lui dire, pour ne pas avoir l'air de la fille que je suis vraiment. Mais bon, chassez le naturel, il revient au galop, n'est-ce pas ? Je ne contrôle rien avec ce type, ce n'est pas ma faute. Je vous l'ai dit, tout ce que je lui dis sort de ma tête sans aucun filtre.
Alors je prends une respiration et articule entre mes rires :
- Mon hym…
- Eh, les gars !
Je l'ai vu écarquiller les yeux, mais nous tournons par la suite en même temps le regard vers un Tyler scandalisé.
- Qu'est-ce que vous foutez ? Il faut jeter les cartons, pas les éparpiller partout !
- Mais c'était plus pratique comme ça ! Je m'indigne d'un ton presque enfantin.
- Bien, maintenant que vous avez rendu ça très pratique, il serait temps de le jeter, parce que c'est ce qu'on vous a demandé de faire d'abord !
- Gnagnagna. D'accord, sale fayot.
- Fayot ?!
- Oui, d'Angela ! T'as peur qu'elle te fouette ou quoi ? Je réponds vicieusement en ramassant les miettes à ma proximité.
- N'importe quoi Rosie. Il pivote et fait demi-tour.
- C'est ça, va lui faire un massage des pieds ! Je pousse pour qu'il entende, ramassant rageusement les débris autour de moi.
Je reste concentrée sur ma tâche et, une fois un beau tas de carton amassé, je me retourne vers Emmett, silencieux depuis tout ce temps. Lorsque nos yeux se rencontrent, je suis étonnée de la lueur qui émane des siens. La panique s'empare de moi. Je n'aurais peut-être pas du faire cette blague sur le sexe quelques minutes plus tôt ?! Il va avoir une mauvaise image de moi, c'est ça ?! Je fais quoi, s'il me crache au visage et qu'il s'en va aussitôt ?
Oh, pas compliqué. On se roule en boule et on pleure.
Pas bête. Soudain, il ouvre la bouche et je déglutis silencieusement.
- Tu… Ca te dit d'aller prendre un verre avec moi demain soir ?
J'écarquille les yeux. Quoi ? Attendez un instant. De tous les scénarios que mon cerveau a pu inventer dans la seconde sur ce qui aurait pu se passer, cette réaction était la moins prévue. Pas prévue du tout, en fait. Je reste béate, genoux au sol, au milieu d'une mer de déchets que j'ai pris soin de déchirer comme une gosse, l'affrontant au duel et lui sortant des blagues douteuses. J'ai beau tracer le fils des récents évènements, je ne vois aucune suite logique amenant à cette question précise. Et pourtant, je sens mon coeur bondir d'excitation face à cette opportunité.
- Grave ! Je m'exclame au bout d'un long silence pesant.
- C'est vrai ? Il a l'air étonné. Enfin, on peut faire autre chose si tu veux, on peut aller… Se balader ou…
- Non, un verre ça me va ! J'insiste pour le soutenir dans son idée première et ne pas l'intimider. Super ! Demain soir tu dis ?
- Oui. Tu… Je viendrai te chercher ?
- Comme tu veux, je peux venir te chercher aussi, si tu veux.
- Ah oui… On verra bien.
- Ouais ! Je ne peux empêcher l'enthousiasme de percer ma voix. Super idée.
Mais le doute s'envahit aussitôt de moi.
- Mh… Emmett ? Je finis par tenter, assez timide.
- Oui ?
- Je…
Je me tripote les doigts et tente de trouver formulation à ma requête, lorsqu'il me coupe avec un léger sourire.
- Je dirai rien à Alice, ne t'inquiète pas.
Mes épaules se détendent, et un léger rire m'échappe.
Je sens qu'on est sur la même longueur d'ondes.
Et si vous me connaissez assez bien, vous vous doutez que ça ne va pas du tout se passer comme prévu. Et oui, il faut bien que j'ajoute du piment sinon on s'ennuie par ici ! Alors, comment l'avez-vous trouvé ? N'hésitez pas à me donner votre avis en review, ça me touche beaucoup !
Et c'est l'heure des réponses !
Gwen Who ! Toujours aussi contente de te faire rire grâce au personnage d'Alice ! Et aussi, évidemment, grâce à Rosalie, qui personnellement m'amuse beaucoup, et j'apprécie l'intérêt que tu lui portes avec tes questionnement et tes avis. Très cynique oui ! Savoir si elle le devient ou si elle l'était déjà, c'est un peu comme essayer de savoir qui de la poule ou l'œuf était là en premier... Ah, voilà un point intéressant ! L'identification avec les personnages ! Et je suis très contente que ça fonctionne, puisque j'essaye non pas de créer des personnes héroïques qui vivent une vie de rêve, où qui agissent sans conséquences, mais bel et bien de vrais personnes comme nous tous qui ne font pas forcément les bons choix, et ceci sans forcément avoir une excuse, à part être humain. ;) Moi je suis très contente de lire tes commentaires, et j'aime dialoguer avec toi, c'est très intéressant ! Alors forcément, je suis touchée par tant de compliments ! :D D'accord c'est noté, je ne change rien, je garde mon mystère... Bonne chance pour tes futures investigations ;) A bientôt pour la suite !
Une inconnue ! Quel plaisir de voir ton commentaire ! :D Non, je n'abandonne pas ma fic, pas d'inquiétude ! Justement, je voyais le temps défiler et j'étais anxieuse à l'idée de vous donner cette impression ! Ouf, me revoici avec le chapitre 13 ! Comme je l'ai dit parfois, il arrive que je mette plus de temps pour poster, et à l'inverse il peut m'arriver d'être très rapide. Dans tous les cas, je suis toujours intéressée par cette histoire et je sens que je peux lui apporter des choses. Je suis donc encore ici pour le bonheur de tous ! :D Et encore un point positif, puisque c'est toujours agréable de se sentir compris dans sa façon de construire un personnage et de lui donner un point de vue qui a de la logique. En effet, Rosalie déprime... Et en même temps, elle a l'air de savoir mener sa barque ! Une femme compliquée. ;) Ah, les fameuses fiançailles... Je suis très contente pour Jessica et Mike, mais ça va surtout être une occasion pour moi de semer la zizanie. Ehehe. J'espère que cette suite t'a plu ! A très bientôt pour le prochain chapitre ! ;)
