Je me réveille alors qu'on me traîne par les pieds sur le sol. J'ouvre les yeux, complètement désorienté. Où suis-je? Que s'est-il passé? Je regarde vers mes pieds et je vois une masse de cheveux blonds, trop clairs pour appartenir à Giotto. Je ne connais qu'un seul autre blond.
"Alaude?", que je remande, ma voix enrouée.
Il ne me répond pas, ne se retourne pas pour me regarder. Typique du gardien du nuage... J'essaie de bouger les jambes pour qu'il les lâche, mais sa poigne sur mes chevilles se resserre et je lâche un cri alors qu'une d'entre elles me fait mal. Celle que je me suis tordu en essayant de fuir ces étranges créatures. Je me souviens. Que fait-il là? Est-ce que c'est lui qui m'a sauvé de cette fille? Avant que je puisse lui demander quoi que ce soit, il s'arrête et lâche mes jambes. Il se retourne ensuite et je fige une fraction de seconde. Son masque de renard fait un peu froid dans le dos... avec cet étrange sourire... ces yeux en fentes... ce contraste de rouge et de blanc... avec ses yeux bleux clair qui me regardent... je frissonne en détournant le regard.
"Je t'ai sauvé, je demande compensation," me dit-il sévèrement.
Je le regarde sans un mot pendant un moment. Je ne le pensais pas avare, mais... il faut dire que je ne le connais pas très bien non plus. Je me redresse en souriant doucement. "Je n'ai pas d'argent sur moi en ce moment, mais t'as qu'à me dire combien tu veux et je regarderai ce que je peux faire quand nous rentrerons," lui dis-je.
Il ne bronche pas. "Je ne veux pas d'argent."
J'hausse un sourcil. "Ah? Alors tu veux que je te confectionne un truc? Dis toujours."
"Je ne veux pas une de tes inventions non plus."
Je fronce les sourcils. Où est-ce qu'il veut en venir, bon sang? "Alors qu'est-ce que tu avais en tête comme compensation?"
Il s'approche et se penche tout près de moi. "Je veux ton corps. Et ce n'est pas négociable."
Je regarde avec horreur alors que d'un mouvement de poignet, il menotte mes poignets à mes chevilles. J'essaie de me m'éloigner, de me débattre, mais il me plaque au sol sur le ventre et baisse mon pantalon. Jamais je n'aurais cru ça de lui. Daemon Spade, peut-être, mais pas Alaude... "Arrête! Stop! Pourquoi est-ce que tout à coup, tu me veux?! Je pige pas!"
Il soulève mes jambes pour me mettre sur les genoux et il remonte mon chandail. Je le sens presser son visage contre mon dos alors qu'il insère un doigt en moi, puis un deuxième. "J'en ai toujours eu envie. Dès que je t'ai vu. L'opportunité ne s'est juste jamais présentée avant." Je le sens me préparer et je me mords la lèvre. C'est une sensation étrange... Puis il retire ses doigts et il me pénètre... et je ne peux m'empêcher d'émettre un long râle de plaisir. Il reste immobile, à mi-chemin en moi. "Tu sais, j'ai toujours pensé que Giotto n'était qu'une exception... mais apparemment j'avais tort. Qui aurait cru que G, la coqueluche de ces dames, préfère en fait les hommes..."
Je grogne en serrant les dents, me forçant à rester immobile. "Et depuis quand est-ce que t'es du type bavard?"
Il donne un coup de reins et je gémis. C'est bon. Bien plus que je pensais que ce serait. Je n'aurais jamais pensé que Alaude serait mon premier, mais je dois bien avouer, à demi à contre-coeur, qu'il sait y faire. Il me baise pendant un moment, et au moment de finir, il me mord le dos. Je le sens ensuite retirer les menottes... Il me redresse... et me pousse. Je trébuche parce que mon pantalon est toujours baissé... et je tomba face contre terre sur un vieux tapis. Je me redresse. Je suis de retour dans la chambre où cette fille m'a agressé. Pour une certaine raison, je me retourne et je regarde le tableau de forêt. À temps pour voir Alaude, avec son kimono et son masque, disparaître derrière un arbre. Je reste figé là pendant un moment, interdit. J'ai de la difficulté à croire ce qui vient de se passer, ce que je viens de voir. Était-ce seulement réel?
