CHAPITRE 14 : ENCORE DES INTERROGATIONS
Un léger effleurement sur sa joue éveilla Severus. Une douce bouche déposa un baiser sur la sienne. Ses yeux croisèrent deux iris noisettes quand il les ouvrit.
-Bonjour, souffla Aline.
-Bonjour, murmura-t-il. Maintenant faites-moi plaisir, sortez vite de ce lit.
La voix grave et sérieuse du Maitre des potions poussa Aline à obéir. Elle se leva, prit des vêtements et gagna la salle de bain.
Resté seul, Severus enfouit son visage dans l'oreiller et enjoignit mentalement à son corps de se calmer. Ce n'était pas une mince affaire, sans mauvais jeu de mots. Le désir l'avait réveillé dans la nuit et il était resté au moins deux heures sans dormir, à tenter d'ignorer les vagues de chaleur dans ses reins. Il s'était finalement rendormi et se sentait malgré tout reposé.
Il regagna sa chambre pour s'habiller, se demandant comment faire pour ne pas devenir fou. Laisser libre cours à la passion ? Non ,décidément non, jamais il ne sacrifierait sa liberté et son indépendance pour une femme. D'un autre côté, s'il assouvissait son fantasme une bonne fois pour toute, il serait sans doute libéré de cette folle attirance. Oui mais comment faire ensuite pour faire comprendre à cette femme et surtout à Albus, qu'elle devrait quitter ses quartiers puisqu'il ne la supporterait pas chez lui après ça. Surtout si elle avait le mauvais goût de s'attacher et de vouloir poursuivre la relation!
Il sentait une migraine poindre alors qu'il se rendait dans sa salle de classe sans être passé par le petit déjeuner, ne voulant pas croiser celle qui était la cause de ses tourments. Celle-ci, loin des cogitations qui agitaient le professeur, gagna la bibliothèque. Avant l'ouverture de celle-ci, elle fit part de la demande de certains élèves qui aimerait des horaires d'ouvertures plus adaptés à leur rythme scolaire. Elles en discutèrent, Mrs Pince refusant catégoriquement de rester après dix huit heure trente. Après d'âpres tractations, elles conclurent que la bibliothécaire assurerait la tenue de la salle de sept heures du matin jusqu'à quatorze heures trente et Aline la reprendrait de quatorze heure trente jusqu'à vingt deux heures, heure à laquelle commençait le couvre-feu. Elles fermeraient une heure pour les repas.
Mrs Pince était ravie d'avoir les après-midi pour elle et elles se dirigèrent vers le bureau du directeur pour lui soumettre leur proposition. Albus se déclara satisfait de ces arrangements et félicita les deux femmes pour leur entente et leur prise en compte des souhaits des élèves.
La bibliothécaire regagna son poste alors qu'Aline s'installait à sa table de travail pour terminer le recensement des sorts de guérison. Cela lui prit la matinée et elle déposa ses parchemins sur le bureau du Maitre de Poudlard, descendant ensuite avec lui pour le déjeuner.
Tout au long de la matinée, le directeur avait parut soucieux. Il demanda à Severus de le rejoindre dans son bureau à la fin des cours.
A dix sept heures, le professeur de potions se présenta chez Albus qu'il trouva debout devant la fenêtre, regardant de gros nuages noirs grossir puis s'effilocher au-dessus de l'école. En entendant entrer son collègue, il murmura sans quitter l'horizon des yeux:
-Il s'approche de plus en plus Severus, nous devons nous tenir sur nos gardes.
-En effet, ma marque devient de plus en plus noire.
-Te fait-elle souffrir?
-Elle m'a brûlé très fort quand le seigneur des ténèbres s'est aperçut de ma trahison, depuis je ne la sens plus.
-Quelque part c'est une bonne nouvelle, cela signifie qu'il n'a plus d'emprise sur toi, soupira-t-il. Et sinon, comment se passe ta cohabitation avec Mademoiselle Détroit?
Severus prit un temps pour répondre, comme s'il cherchait ses mots. Puis se résolut à se confier à son vieil ami.
-Mademoiselle Détroit est très…dérangeante pour moi. Je ne sais quoi faire d'elle.
-Ressentirait-tu quelque attirance pour notre amie?
-Quoique je ressente, je ne dois pas y céde . Ma vie est trop compliquée pour m'encombrer d'une femme. Qui sait si je serai encore en vie dans quelques mois. De plus une liaison est impensable pour moi. Je suis habitué à être seul, je ne supporterais pas d'être entravé .
-L'amour n'est pas une entrave, mon garçon. L'amour est un don de soi, des deux côté et la passion est un moteur très puissant. Par amour un être est capable de se dépasser, de vaincre tous les obstacles. Et surtout, il rend heureux. N'aimerait-tu pas être heureux? Avoir quelqu'un qui t'attende le soir et qui réchauffe ton lit? Même si elle le fait déjà, elle pourrait t'apporter beaucoup plus, crois-moi!
Le froid professeur eut un mouvement brusque d'humeur en entendant les paroles du vieil homme.
-J'apprécierais que vous ignoriez certains détails!
-Allons, allons Severus! Le fait que vous dormiez ensemble ne me dérange pas du tout. Je me fais surtout du soucis pour ta santé mentale! sourit-il.
-Je ne suis pas en manque, Albus.
-Je n'ai jamais prétendu cela, mais pour le bien-être de tes élèves, fais en sorte de ne pas être frustré. Aline est une femme séduisante et attachante et mon petit doigt me dit qu'elle n'attend qu'un geste de toi pour faire ton bonheur.
-Arrêtez de discuter avec votre petit doigt, ce n'est pas sain! Et cesser de vous immiscer dans mes affaires de cœur!
-Ah, tu reconnait que ton cœur est concerné!
-Bonsoir Albus, gronda-t-il.
Et il sortit dans un grand envol de cape laissant son vieil ami rire seul.
Les jours passèrent, chacun plongé dans son travail. Severus donnait ses cours et fabriquait les potions pour l'infirmerie et Sainte Mangouste. Aline quant à elle, partageait son temps entre le bureau de Dumbledore et la bibliothèque. Elle se lia d'amitié avec Hermione qui passait tout son temps libre dans cette salle, étudiant comme jamais en vue des Aspic .
Aline avait écrit plusieurs fois des courriers pour sa famille qu'albus transmettait à son frère Abelforth vivant à Pré-Au-Lard qu'il se chargeait lui-même de poster dans une boite moldue.
La vie des habitants des cachots était bien réglée. Quand elle arrivait le soir vers vingt deux heures trente, elle passait à la salle de bain puis allait se coucher près de Severus endormi. La nuit les voyait dormir enlacés, et au petit matin, le Maitre des potions se levait avant qu'elle ne se réveille. Alors la journée commençait.
Severus s'accommodait de cette intimité. Des élancements de désir le maintenait éveillé parfois mais il réussissait tant bien que mal à gérer son corps, préférant cela plutôt que de se priver de la chaleur et de la douceur de ses nuits. Mais ça, il ne l'avouerait à personne, même sous doloris.
Par contre, Aline avait toutes les peines du monde à se retenir de couvrir de baiser l'homme endormi qu'elle trouvait le soir, lorsqu'elle se glissait dans le lit chaud de sa présence. Elle mourait d'envie de le caresser jusqu'à ce qu'il se réveille et lui fasse l'amour. Son corps le réclamait à grands cris mais elle réfrénait ses pulsions, sachant que ce serait la fin de cette intimité précieuse.
