Bonjour/Bonsoir !

Yosh ! Je reprends du service !

Merci à loulou380, Nocturnis-Lepus, Emma Dela Luna et ChibichibiLuna, SarouneG pour leurs commentaires :)

Bonne lecture !


Le maquillage est traître...

Je me levai avec une sensation lourde dans les jambes. La nuit me semblait avoir duré une éternité... et j'avais si mal au crâne ! J'entrai en titubant dans la salle de bain et me présentai face au miroir pour voir un peu cette catastrophe. Mon coeur fit un grand bond. J'avais la poitrine couverte de petites traces rouges éparpillées sur ma peau. Même mon cou semblait avoir été touché par ce phénomène étrange. En les essuyant au doigt, elles s'effaçaient lentement. Exactement comme du rouge à lèvres...

-IZOU !

Le commandant débarqua dans la salle de bain et s'appuya contre le mur, les yeux mi-clos.

-Hmm... oui ?

-Toi ! Espèce de salopard ! Qu'est-ce que tu m'as fait ?!

Il ouvrit un peu plus les paupières et sursauta.

-C'est pas ce que tu crois...

-Ah bon ? Alors tu peux me dire ce que c'est ?

-...

-Comment t'as pu profiter de moi ?! Je te faisais confiance !

-Eris, vraiment je... je suis désolé. Tu étais complètement ivre et je...

Le coup partit tout seul. Je lui donnai une gifle.

-T'approche plus jamais de moi.

Je quittai la pièce. J'avais vraiment la rage... Mais comment LUI avait-il pu me faire ça ?! J'essuyai les dernières marques sur ma poitrine en manquant de lâcher une larme. Je ne me souvenais même pas. J'étais tellement dégoûtée… Par pitié, comment mon seul ami avait pu me faire ça ?

Lorsque je descendis au salon et m'assis à la petite table, la mère d'Izou vint me voir.

-Bonjour.

-Bonjour Ayako-san...

-Tu as mauvaise mine.

Je plissai légèrement les paupières. Rien n'allait plus.

-Viens avec moi jeune fille, je vais te montrer quelque chose.

-Ayako-san, je ne suis vraiment pas d'humeur aujourd'hui... Pardonnez-moi.

-Me prends-tu pour une aveugle ? Je sais reconnaître des problèmes de coeur lorsque j'en vois !

La vieille femme prit mon poignet et m'amena avec elle dans le jardin. On s'assit à un banc sculpté dans la pierre, de dos au petit bassin où nageaient de grands poissons blancs à taches colorées. Ayako posa sa main sur la mienne.

-Quand j'avais ton âge, il m'est souvent arrivé de penser à l'avenir que j'aurais. Malgré ma jeunesse je m'en inquiétais déjà car ici, comme tu as sûrement pu le remarquer, on ne choisit que très rarement avec qui l'on partagera sa vie. La chance était de mon côté, j'ai fini par épouser l'un des plus grands guerriers de l'île. L'amour est venu ensuite... Mais toi et Izou êtes d'une nouvelle génération. Le temps ne vous effraie pas.

-Qu'est-ce que vous voulez me demander madame ?

Elle me lança un aimable sourire.

-Dans le doute jeune fille, mieux vaut l'honnêteté.

-Je ne comprends pas où vous voulez en venir...

-Il n'y a que l'avenir pour nous donner de réelles réponses à nos questions. Mais, parfois, les gens perdus ont besoin de lumière. Suis le chemin de pierre et va prier au temple, il t'apportera peut-être des réponses.

Je fronçai les sourcils.

-Prier ?

-Allume un encensoir et prie les ancêtres. Ce n'est pas compliqué enfin ! ricana-t-elle.

Sans prévenir, la vieille dame me frappa la tête avec son éventail.

-Allez ! Dépêche-toi !

-C'est bon, je m'en vais ! S'pèce de dégénérée...

-Silence devant tes aînés !

Je me retenais de grogner après la mère d'Izou et partais vers le chemin de pierre qu'elle m'indiquait. En le suivant, il me ramena à un petit lieu écarté de la demeure familiale. A l'intérieur du temple reposait des dizaines de petites stèles gravées de lettres anciennes, et qui semblaient toutes indiquer le centre de la pièce, qui était aussi le seul point éclairé par les ouverture dans le toit. Cet atmosphère spirituelle me faisait frissonner. J'avais ressenti cette même présence lorsque la vieille femme avait utilisé sa pierre de jade pour lire en moi. Il semblait y avoir quelque chose de bien étrange dans cette famille... Je saisis un petit encensoir et l'allumai à l'aide d'un paquet d'allumettes trouvé à côté. L'odeur parfumée se répandit dans l'air. Je m'asseyais sur mes talons et déposai l'encensoir. Je n'avais jamais prié, je n'étais pas croyante, alors je me contentai de plaquer mes paumes l'une contre l'autre et baisser la tête.

-Je sais que je ne suis pas de cette famille mais l'on m'a dit de vous prier. J'ignore si ce n'est pas juste une mauvaise blague mais je crois qu'en ce moment... j'ai besoin d'une aide, si ce n'est pas trop en demander. Tous mes choix me conduisent à une impasse, je ne sais plus quoi penser. Je ne comprends même plus ce que j'essaie de faire en ce moment. Encore hier, je crois que j'aurais demandé à mon ami de m'aider. Il m'a toujours été d'une aide précieuse et sans lui je ne m'en serais jamais sorti si bien dans ce monde... Mais je pense qu'aujourd'hui j'en paie le prix.

Je soufflai un moment, le coeur au bord du vide, et continuait de tenir fermement mes paumes l'une contre l'autre.

-Est-ce que vous comprenez ? J'ai besoin de lui, je l'aime... mais je ne pourrais jamais être avec lui. J'essaie de lui montrer, depuis longtemps, que je n'existe pas ici mais il refuse de croire que je suis morte. Il ne comprend pas que ma vie n'est qu'un leurre ! Je vous en supplie... il faut que je parte d'ici... C'est une erreur, mon destin n'est pas d'être là, encore moins à ses côtés. S'il vous plaît, il mérite mieux qu'une personne vouée à disparaître. Je vous en prie… je ne veux pas avoir à le haïr.

-Ça n'arrivera pas.

Mes poings se serrèrent quand je reconnus sa voix.

-Qui t'as dit que j'étais ici ?

-Ma mère.

Je restai agenouillée, dos au commandant.

-Laisse-moi...

-C'est noble de ta part, de vouloir prier nos ancêtres. Peu importe le nombre de fois où j'essayais étant enfant, ils ne m'apportaient pas une seule réponse. A croire que c'était inutile. Mais tu sembles bien plus chanceuse.

-En quoi je le suis ? La seule personne sur qui je pouvais compter m'abandonne...

-Si ce sont des réponses que tu veux alors j'en ai.

Sa voix se fit plus dure.

-Il y avait une fille hier soir qui criait qu'elle m'aimait. Je voyais bien qu'elle allait mal, alors je l'ai ramenée dans sa chambre. Mais cette fille... je l'aime aussi. Et je ne me serais jamais permis d'aller à l'encontre de sa volonté.

-Maintenant tu vas me dire que t'es innocent ?

-Je reconnais que j'aurais dû être prudent, mais oui, tu peux me blâmer d'être impuissant lorsque la femme que j'aime accepte enfin mes sentiments.

Je plissai les paupières, puis lui lançai un rire moqueur, en réalité désespéré.

-Mais alors qu'est-ce que tu m'as fait ?!

-Je t'ai embrassée. J'ai embrassé tes lèvres, ta poitrine, ton cou, tes épaules... mais rien d'autre. Je n'aurais jamais pu te faire ça.

Sa franchise me donna un sentiment de culpabilité. Je me relevai doucement du sol de pierre, le regard toujours bas.

-Tu ne mens pas ?

-Je peux te le jurer.

Après une brève hésitation, je me retournai enfin vers l'homme au fond du temple. Même dans l'ombre, je reconnaissais son visage au naturel et sans aucun de ces artifices qu'il portait d'habitude.

-Suis-je pardonné pour avoir été séduit ? lança Izou avec un faible sourire sur les lèvres.

J'approchai le commandant d'un pas décidé et lui donnai une tape amicale sur l'épaule.

-Je ne t'ai sûrement pas séduit !

-Ah si tu t'en souvenais... tu étais très convaincante.

Il approcha son visage du mien sans prévenir. Je serrai inconsciemment les lèvres et gardais les yeux grands ouverts. Il fit glisser sur sa paume les mèches d'encre qui coulaient sur mon épaule.

-Veux-tu encore persister à croire que rien n'est réel ou vas-tu enfin te décider à aller de l'avant et profiter, peu importe le temps qu'il nous reste ?

-Un jour je vais disparaître.

-Je n'en ai rien à faire.

Il passa ses bras autour de ma taille et me serra contre son torse.

-Je veux seulement te voir heureuse. Tu me manques...

Le commandant embrassa mon front.

-Est-ce que je t'énerve ?

-Honnêtement, oui...

-Pourquoi ?

-Parce que tu me comprends toujours. T'es le seul.

-Quel honneur... souffla-t-il en approchant ses lèvres de mon oreille.

Au moment où il s'y attendait le moins, je me dégageai de son étreinte et m'enfuyais du temple.

-Tu ne m'auras pas une deuxième fois ! lui criai-je en souriant malgré tout.

-Hm... Voyons ça.

Le commandant refit sa queue de cheval et s'élança à ma poursuite. En arrivant au jardin, il réussit à m'atteindre et me fit tomber dans l'herbe. Je me retournai vers lui avec un regard malicieux et m'apprêtait aussitôt à repartir s'il n'avait pas saisi ma cheville.

-Perdu d'avance, désolé.

-Je rêve où tu deviens plus gamin que moi ? Arrête avant que je te fasse un sale coup !

-Trop tard maintenant que je t'ai eue !

J'embrassai affectueusement la joue d'Izou.

-Je crois que j'ai décidé. Et toi ?

-C'est fait depuis longtemps, mais puisque tu demandes, je pourrais t'en donner un avant-goût.

Le commandant plongea sur mes lèvres, qu'il embrassa jusqu'à ce que je n'ai plus de souffle. Mon coeur cognait fort contre ma poitrine, j'avais le visage brûlant et me sentais fondre sur place. Ses beaux yeux fins m'hypnotisaient et me clouaient sur place. Mais pourquoi avais-je mis tant de temps à m'en rendre compte ? Je n'ai jamais voulu le détester ! Mes bras entourèrent les épaules du commandant et, alors que je m'apprêtais à l'embrasser à mon tour, il posa son doigt sur mes lèvres avec un sourire mutin.

-J'ai dit un « avant-goût »...

Le travesti se releva et ramena sa queue de cheval sur son épaule, tout fier de son petit effet. Quant à moi, je grognai après lui.

-Et gnagnagna... Tu vas en voir des avant-goûts toi ! Je te ferais la même chose et tu verras sale traître !

-Ce que j'ai hâte ! ricana-t-il.

Pendant que je menaçais tout bas le commandant, on m'appela depuis la maison. Izou posa la main sur mon épaule.

-Ma mère doit avoir besoin de toi en cuisine, ne tarde pas.

J'acquiesçai. On cria mon nom une deuxième fois.

-Oui Ayako-san ! J'arrive tout de suite !

Je me retournai vers Izou et déposai un dernier baiser sur sa joue avant de partir.

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Ace n'hésita pas une seconde à jeter un regard meurtrier sur l'autre imbécile. Mais de quel droit le battait-il à un jeu de cartes devant tout le monde ? Thatch, tout sourire, fit glisser vers lui la petite montagne de billets.

-Tu veux réessayer ma petite flamme ? fit-il d'une voix doucereuse. Et si tu misais ton corps cette fois-ci ?

L'allumette se mordit la lèvre.

-Je suis sûr que tu triches !

-Crois-moi je joue très fair-play...

-N'importe quoi ! Allez, fais voir tes manches !

-Tout de suite...

Le commandant s'exécuta immédiatement et l'homme flamme se retrouva bien contrarié de ne rien trouver de suspect dans les vêtements de son frère.

-Bon... bah t'as gagné.

-Ne fais pas cette tête-là !

Il pinça gentiment les joues d'Ace. Ce dernier le prit très mal et un feu s'alluma au creux de sa paume.

-Va toucher quelqu'un d'autre !

-Hé, mais qu'est-ce qui te prends ? Tu t'énerves très vite aujourd'hui !

-La faute à qui ?!

La flamme sans sa main s'éteignit.

-Tch ! T'façon tu comprends jamais rien quand c'est pas sur les nanas !

Le commandant partit en tapant des pieds. Thatch fronça les sourcils et pencha légèrement la tête.

-Hmm... fit-il d'un air pensif.

Il se tourna vers le sabreur plus loin.

-Oï ! Vista !

-Oui ?

-Dis-moi, tu saurais pas ce qui lui arrive à not' petit frère ?

Vista se gratta la nuque, sans lâcher des yeux son journal.

-Hum... Le fait de savoir que vous n'êtes pas du même bord peut-être.

-Justement, nous le sommes ! Pourquoi il ne le devine pas ?

-Cesse de courir après les demoiselles et on y verra déjà plus clair.

-Mais ce sont elles qui réclament ma présence ! Je leur plais très cher ! se vanta-t-il en croisant les bras sur son torse bombé.

L'autre commandant soupira de plus belle.

-Alors qu'attends-tu pour jouer les bourreaux des coeurs ? Je peux entendre d'ici les infirmières te « réclamer » !

-Très drôle... Mais j'ai quelqu'un d'autre qui demande à ce que je lui fasse la cour.

Thatch lança à son frère un drôle de sourire et partit aussitôt du réfectoire. Il frétilla littéralement de joie en trouvant Ace dans un couloir. Il marcha discrètement derrière lui, puis passa ses bras autour du ventre nu et musclé. L'allumette hurla en se débattant.

-Mais tu vas me lâcher espèce de pervers ?!

Le concerné fit la sourde oreille.

-Je voulais pas t'énerver ma petite flamme.

-Ne me touche pas ! C'est trop dur à comprendre ?!

-Du calme... Je ne vais rien te faire.

Ace se retint de lui crier que la dernière fois qu'il avait dit un truc de ce genre, il avait fini par l'embrasser. Cependant, les mains du commandant quittèrent son corps.

-Tu vois ?

-Hm... et qu'est-ce que tu me veux ?

-Ah, bah je m'en souviens plus !

-Idiot.

Il reprit sa route, et Thatch le captura de nouveau entre ses bras.

-Pas si vite mon allumette ! Je viens de m'en souvenir !

Le commandant embrassa les lèvres du jeune homme sans se soucier de ses brèves tentatives pour s'arracher à son étreinte, qu'il resserrait encore. Il ne mit fin à leur baiser que pour pouvoir reprendre son souffle, mais était bien décidé à profiter plus longtemps de l'homme flamme. Ce dernier ne trouvait d'ailleurs plus les mots et restait aussi figé qu'une statue.

-Ace, je vais pas trop vite ?

Le brun tiqua.

-Si ! Si, si, si ! D'ailleurs… j'y vais tout de suite !

Le pauvre pyromane n'eut pas le temps de s'enfuir des bras de Thatch car celui-ci n'était tout simplement pas de cet avis.

-C'est parce que je t'ai énervé que tu m'évites ?

-Ha ha ha ! Mais pourquoi j'srais en colère ?

-Je n'aime pas les infirmières.

Il avait la bouche entrouverte de surprise.

-Quoi ? Comment ça « tu ne les aimes pas » ?

-C'est ce que je viens de dire, je ne les aime pas.

-Mais alors qu'est-ce que… hein ?

-Malheureusement j'ai trop de temps libre Ace, et tu refuses de m'accorder le tien…

Le commandant fit mine d'être triste.

-… alors je suis bien obligé d'aller ailleurs ma petite flamme. Dis, tu me pardonnes ?

-Connard !

-Mais tu sais que je t'aime !

-Tu n'aimes que les femmes et toi-même !

Cette fois-ci, Thatch fut vraiment blessé.

-Ce n'est pas vrai… Avant d'aimer quoique ce soit, je t'aime d'abord toi.

Ace plissa les paupières. Intérieurement, il avait envie de sauter sur tous les toits tellement il était joyeux de l'apprendre. Il se pinça les lèvres, avant de les approcher de celles du commandant. L'allumette s'agrippa à son cou et l'embrassa passionnément.

-T'es qu'un imbécile.

-Je le sais Ace, je le sais…

Thatch esquissa un large sourire et termina finalement leur baiser sur une note délicate.

-Hmm… ma petite flamme.

-Je vais te cramer.

-Qu'attends-tu ?

-Va te faire voir.

Le jeune homme se libéra de cette chaude étreinte en grimaçant.

-Je meurs de faim… fit-il d'une voix enrouée.

Thatch tiqua.

-Attends-moi là ! Je te ramène tout de suite de quoi manger !

Le commandant se précipita vers le réfectoire, sous le regard de l'allumette, qui esquissa un bref sourire.

-Pauvre baka.

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Le ciel prenait des teintes chaudes et orangées. Des oiseaux volaient à l'horizon. Le commandant et la jeune femme étaient au sommet d'une petite colline verte, le dos appuyé contre un gigantesque cerisier en fleurs, et les mains jointes. Quand le regard d'Eris touchait l'herbe, celui d'Izou se portait vers le ciel. Et lorsqu'ils se croisaient, un sourire apparaissait. Le commandant pressa un peu plus son épaule contre la sienne, jusqu'à la faire grogner.

-Va te trouver un autre arbre au lieu de me soûler !

Il déposa un baiser sur sa tempe.

-J'étais là avant toi…

-Menteur !

-Je n'ai pas l'intention de jouer à ça.

-Beuh ! lâcha-t-elle en lui tirant la langue.

Le travesti se contenta d'hausser les épaules avant de sentir sa main trembler, puis bouger toute seule.

-Hm… ?

C'était comme une force inconnue qui prenait possession de ses doigts. Puis il vit sa paume se coller contre celle d'Eris. La jeune femme souriait de toutes ses dents.

-Tu as vu ça ? C'était cool nan ? s'écria-t-elle.

Le commandant plissa néanmoins les paupières.

-Comment tu as fait ça ?

-Teach m'a montré !

Elle plaqua deux doigts contre ses lèvres, en se rendant compte que ce qu'elle venait dire était insensé, et se reprit.

-Euh… Enfin, si Teach l'avait eu… Mais dans mon monde, j'ai vu comment il faisait.

-Oh. Et tu peux le faire encore une fois ? J'aimerais revoir ça.

-Bien sûr !

Une sorte de petit tourbillon noir apparut dans la main d'Eris et leurs paumes se retrouvèrent de nouveau collées. Lorsque les ténèbre disparurent des doigts de la jeune femme, il l'enlaça affectueusement.

-C'est bien que tu n'aie plus peur.

-J'ai pas tellement le choix… mais je n'aime pas ce que ça fait. Quand je cuisinais avec Ayako-san, j'ai réussi à faire disparaître une feuille d'algue.

-Vraiment ?

-Hm ! Mais après elle est revenue des ténèbres. Heureusement que ta mère avait pas vu ça… c'était effrayant.

Il fronça les sourcils, l'air inquiété.

-Fais attention, Père m'a dit que le fruit des ténèbres rendait l'utilisateur très sensible aux attaques physiques.

-N'importe quoi ! Je me suis jamais sentie si forte !

Le commandant lui donna une pichenette sur le front.

-Aïe ! Nan mais t'es pas bien ?! Ça fait mal !

-Qu'est-ce que je disais… Il faut vraiment que tu sois prudente.

Voyant que la brune était totalement distraite par le ciel orangé, il lui pinça la joue.

-Arrête de me martyriser ! J'ai entendu ! Etre prudente et gnagnagna…

-Tu ne comprends vraiment rien… Je suis inquiet pour toi, tu sais ce que ça veut dire ?

-T'es tout le temps inquiet s'pèce de parano.

Le commandant arqua un sourcil énervé.

-Si tu te comportais en adulte, je suis sûr que rien ne te serait arrivé ! cria-t-il, sans se douter du sens de ses mots.

La jeune femme écarquilla les yeux, choquée, avant de baisser la tête.

-Alors si j'avais été plus mature, je ne serais pas morte hein ? Tu le penses vraiment ?

-Non… Non, ce n'est pas ça…

-Si, tu as raison. Je n'ai pas été gentille avec les gens. Et la plupart de mes connaissances étaient de mauvaises personnes.

Izou grimaça. Il voudrait tant la comprendre, au lieu d'essayer vainement. Le travesti posa la tête de la jeune femme sur son torse.

-Personne ne mérite la mort.

-Mens pas… Les pirates tuent des gens,.

-Avons-nous tous l'air de meurtrier ?

-Non… Mais je sais que tu fais tout pour ne je vois rien.

Il caressa délicatement sa longue chevelure.

-Es-tu stupide ? Je protège ton innocence !

-Mais tu m'as déjà donné un pistolet une fois.

-Et je ne le referais jamais !

-Ben pourquoi ? C'est pas dramatique.

-Pour moi ça l'est.

Le commandant fit mine d'être triste en frottant son nez à celui d'Eris.

-Tu ne peux pas savoir comme je m'en veux lorsque tu me réclames ce genre de chose. Je n'ai pas envie que tu changes pour ce monde Eris, il n'en vaut pas la peine.

La brune se fit silencieuse. Ce monde-là ne pourrait jamais être pire que le sien. L'univers d'Izou pouvait paraître angélique, mais elle savait bien que ce n'était pas le cas. Les gens n'étaient pas plus égaux ici que là d'où elle venait. La jeune femme embrassa les lèvres du commandant.

-Il va être l'heure. Bouge-toi un peu.

-Pauvre gamine ! C'est toi qui me gêne !

-… hein ? Qu'est-ce t'as dit ?

Le travesti perdit patience et emporta Eris dans ses bras,

-Repose-moi espèce de pervers !

-Arrête de crier !

-Gnagnagna ! Je fais ce que JE veux !

Izou la fit taire par un baiser qui donna une belle couleur à ses joues pâles.

-Reste tranquille. On sera bientôt rentrés.

Tout d'un coup, la jeune femme sembla bien calme, et surtout trop occupée à insulter silencieusement le travesti.

Il la laissa poser pied à terre lorsqu'ils furent retournés à la demeure familiale du commandant. Devant la porte, les attendait les parents de ce dernier. Eris trottina jusqu'à arriver à côté de la vieille dame, qui prit ses mains entre les siennes.

-Je prierais pour que ton voyage te mène où tu le souhaites. Et si jamais tu baisses les bras, tu peux compter sur Izou. Cet imbécile t'aidera.

-Mère !

Ayako sortit un éventail de son kimono et frappa la tête de son fils avec.

-Et toi ! Tu as intérêt à revenir sain et sauf !

-J'ai compris…

Ginzô, jusqu'alors resté silencieux, poussa un soupir agacé.

-Oï ! Le sale gosse ! Si tu ne reviens pas, assure-toi d'être mort dignement !

-Comment peux-tu dire une chose pareille à notre enfant ?! rouspéta la vieille.

-Tch !

Izou esquissa néanmoins un sourire pour son père, et s'inclina devant eux.

-Merci pour tout.