Ce qui vient de se passer :
C'est de mal en pis. Isa est à l'hôpital. Genzô et Karl s'alternent à son chevet, veillant sur elle dés qu'ils en ont la possibilité. Quand elle se réveille, Isa refuse de communiquer avec qui que ce soit et sa confiance est évidemment ébranlée. Elle en vient à rejeter la présence de Karl mais tolère celle de Genzô. Celui-ci tente de lui regagner un minimum de confiance, discutant dés que possible avec elle, lui parlant de tout de rien, espérant qu'elle réagisse. Et il semblerait que ses efforts portent ses fruits !
Les personnages :
-Isa Amond,
-Jérémie Amond : frère d'Isa.
-Sarah Amond : mère d'Isa et de Jérémie.
-Genzô Wakabayashi (Thomas Price): gardien de football, ami d'Isa.
-Karl-Heinz Schneider dit le Kaiser : attaquant, ami d'Isa et de Genzô.
-Jonathan Einfren : ennemi d'Isa, petit caïd du coin.
-Marie Schneider : petite sœur de Karl-Heinz.
-Kartz Hermann : attaquant, ami de Genzô et de Karl.
-Julie Seifrein : amie de Genzô et d'Aizen.
-Aizen Presh : ami de Genzô et de Julie.
-Mikami : coach de Genzô.
-Blaize : apparent chef d'une petite bande ; a agressé Isa. Rival de Jonathan.
-Shûzo : participant au concours, aide Isa dans ses révisions, petit copain de Diana.
-Diana Minest : petite copine de Shûzo, a des vues sur Karl, rivale d'Isa.
-Marc Astierf : ancien petit copain d'Isa, cousin de Diana.
-Sarah Dain : connaissance d'Isa, ancienne conquête de Marc Astierf.
Les joueurs de l'équipe de Genzô déjà cité : Mayer, Marc…
Des joueurs d'autres équipes déjà cité : Scharzt, Zenien, Brayern, Stiergen, Minze, Rayen…
Au-delà des Apparences
– Chapitre 13 : La couleur du ciel –
« Entre amis, il est si beau que le silence soit d'or, mais le rire bon et frais l'est beaucoup plus encore. »
Friedrich Nietzsche.
Je venais la voir tous les jours. Isa semblait reprendre des couleurs mais elle refusait toujours de parler. Depuis le soir où elle avait tenu ma main dans la sienne, elle ne fit plus aucune approche mais elle ne restait plus tout à fait stoïque. Elle m'écoutait toujours parler attentivement, s'installant confortablement assise ou bien allongée sur le ventre et parfois sur le dos. Elle réagissait légèrement à mes flots de parole, m'encourageant à continuer. Comme à chaque fois, elle plongeait ses yeux dans les miens. Je tentai de capter une étincelle de vie mais rien n'apparaissait dans son regard. Il restait toujours aussi terne.
Quant à Karl, il venait habituellement lui rendre visite ou du moins il était présent à l'hôpital mais jamais dans la chambre. Il se contentait seulement de fixer la porte de sa chambre. Il n'osait pas y entrer sûrement de peur qu'elle ne le rejette alors il me demandait de ses nouvelles. J'avais tenté d'en parler avec Isa mais à peine avais-je commencé qu'Isa me tourna le dos, me faisant comprendre qu'elle refusait cette conversation. Aussi je n'avais pas d'autre choix que de laisser faire et changer de sujet.
« Elle n'est tout simplement pas prête à se confronter à lui, » me répondit Julie alors que je lui narrais exactement sa réaction. « Pas encore en tout cas. Je pense qu'après ce qui lui est arrivé, elle a compris que derrière Karl, ce garçon si gentil qu'elle connaissait, il y a aussi un mâle en puissance... »
« Si l'on va par là, moi aussi, » répliquai-je, fronçant les sourcils.
« C'est différent Genzô, » affirma-t-elle comme une évidence. « Karl est son petit copain. Il l'a touché, embrassé, il l'a approché beaucoup plus que toi tu ne l'as fait... Comment te faire comprendre ? C'est vrai que ce n'est pas évident pour les garçons mais c'est une chose qui nous effraie, du moins, au début. Elle a compris que Karl aurait pu lui faire subir la même chose sans avoir de sentiments pour elle... Et puis, n'oublie pas qu'ils étaient dans une situation difficile avant ça. Elle l'a vu embrassé une autre fille. Et puis, quant à toi, tu étais son ami. Tu étais proche d'elle, mais tu ne l'as jamais touché. Vos relations restaient simples et amicales. Elle doit savoir qu'elle peut compter sur toi. Tu l'as déjà prouvé en restant autant de temps auprès d'elle malgré son mutisme. Elle a besoin d'être rassurée. Reste juste comme tu es auprès d'elle et ne te soucie pas des problèmes qui ne te concernent pas principalement ou sinon tu risques de t'enchaîner à des soucis qui ne devraient pas être les tiens, tu comprends ? »
Je n'avais pas réfléchi à ce point de vue et je devais avouer que ça semblait plutôt logique. Mais je crois que mon côté masculin m'empêchait de comprendre parfaitement. Après tout, c'était de coutume que les garçons ne comprennent pas grand-chose aux filles. Nos problèmes sont trop différents pour cela. Julie avait ri en entendant cela.
« L'explication coutumière ! » s'exclama-t-elle. « Genzô, tu es très mignon comme ça mais un peu naïf encore. »
« Et quoi ! » me vexai-je. « Tu vas prétendre le contraire ? »
« Evidemment que non, » s'amusa-t-elle. « De toute façon, je ne peux pas prétendre comprendre votre mode de penser. Je ne peux faire que des hypothèses sur ce que j'observe. Il n'est pas question d'une complexité spécifiquement féminine, Genzô. Parce que cela sous entend que votre façon de penser est simple et linéaire. Or, tu ne vas tout de même pas dire que c'est le cas ? »
Je dus admettre qu'elle avait raison mais ne désirant pas l'interrompre, je lui répondis d'un simple hochement affirmatif.
« De toute façon, si c'était le cas, tu ne te serais pas posé la question, je suppose, » reprit-elle en souriant. Julie adorait se plonger dans des discours en narrant ce qu'elle comprenait sur un domaine particulier. « Et puis, moi-même je ne pense pas être capable d'annoncer que je comprends la gente féminine à la perfection, et pourtant j'en fais partie. Toute réflexion, toute pensée est propre à un individu donné. On ne comprend les autres seulement dans la mesure de ce que l'on connaît de nous-même. Cela signifie que personne n'est capable de comprendre quelqu'un dans sa totalité. Il existera toujours une part d'ombre inaccessible. Et pour en revenir au sujet, il est encore plus évident que tu ne puisses pas comprendre Isa et ses sentiments du moment. Un garçon ne pourra jamais le comprendre clairement. C'est un domaine qui vous dépasse car vous vivez les choses différemment de nous. La sexualité est bien un des seuls domaines capables de nous différencier. Je ne pourrais pas te l'expliquer de manière à ce que tu comprennes clairement la chose. Moi-même, n'ayant jamais vécu (j'espère ne jamais le vivre) cette situation, je ne serais pas capable de te dire avec certitude tout ce que cela provoque dans un être... Tout ce que je peux te dire, c'est que tu n'as pas à te soucier de ce genre de choses. C'est à elle de trouver le moyen de remonter à la surface, tu peux l'y aider, mais elle seule sera capable de guérir de cette épreuve. »
Après quoi elle me laissa méditer en rentrant chez elle. Quant à moi, je fis demi tour et me dirigeai vers ma maison. Le temps était grisâtre et n'était pas propice à la bonne humeur. Etait-ce pour cela que je me sentais si maussade ? Je soupirai. En réalité, je n'avais pas réellement le moral depuis que j'appris qu'Isa se trouvait à l'hôpital. Cela devenait difficile de la voir si pâle, si fragile et me savoir dans l'impossibilité de l'aider. Oh, bien sûr, on me dirait que je l'aidais beaucoup. Sophie me le répétait sans cesse et avec sincérité mais je ne le ressentais pas ainsi. Je voudrais plus, s'il le fallait je lui donnerais toute l'énergie que je possédais mais je ne savais pas quoi faire. Et malheureusement, personne ne semblait capable de me le dire. 'Patience' et 'attention', cela portait ses fruits, certes, mais pour combien de temps encore ?
Je voulais qu'Isa m'approche, qu'elle me tienne la main dans les siennes, la sentir près de moi, l'avoir pour moi et seulement à moi. Pour elle, je me sentais près à faire n'importe quoi. Et dans un sens, je savais que la chance s'offrait à moi. Je devais l'admettre, tout jouer en ma faveur. Mais allais-je faire en sorte que cela me soit favorable au plus haut point ? Allais-je trahir Karl en me rapprochant d'Isa dans le but d'atteindre son cœur à mon tour ?
A peine la porte franchie, Mikami vint me voir. Il portait dans ses mains une enveloppe et une carte postale qu'il me tendit.
« Tu as reçu un appel il y a un instant, » m'indiqua-t-il.
« Qui était-ce ? » demandai-je en prenant les lettres dans mes mains, retirant mes chaussures et entrant dans le salon où je m'assis sur l'un des fauteuils (j'avais entre autre posé mon sac à l'entrée de la salle).
« C'était Madame Sophie Amond, » répondit-il en souriant.
A ce nom, je portais tout mon intérêt vers Mikami, quittant des yeux la carte postale que m'avait adressée Tsubasa. Voyant ma soudaine impatience, mon coach reprit.
« Elle voulait te dire qu'Isa avait quitté l'hôpital ce matin et qu'elle te disait que si tu souhaitais aller la voir, ce sera chez elle. D'ailleurs, elle te propose de venir lui rendre visite aujourd'hui même si tu as le temps. »
« Merci Mikami. J'irai dans quelques instants. »
Après m'être douché, je m'installai confortablement devant la fenêtre et je lus les deux lettres à la lumière du reste du jour.
'Salut Genzô !
Tu vas bien ? Comment se porte l'équipe d'Hambourg ? Et comment va Mikami ?
Je suis désolé de ne pas t'avoir donné des nouvelles plus tôt. A vrai dire, je n'ai pas le temps de me reposer. Le Brésil est vraiment le pays du football. J'étais déjà ballon au pied au Japon, mais ici, c'est… comment dire une véritable vie à part entière. Je ne sais même pas si je parviendrai à m'endormir sans mon ballon ! (Je plaisante... Quoique !) J'ai réussi à m'intégrer dans l'équipe de Roberto Hongo. Cela m'avait manqué ! Ici, les talents coulent à flot… Je ne sais plus où tenir tête ! Parfois je me demande si j'aurais un jour leur niveau mais j'y travaille. Et toi ? Quels progrès as-tu accompli ? J'aimerais un jour pouvoir me confronter au meilleur gardien du Japon et d'Europe ! Cela me rappellerait de bons souvenirs.
Je dois te laisser, j'ai un entraînement.
Ozhora Tsubasa.
PS : À présent, sous le soleil du Brésil, je suis tellement bronzé que j'ai un air de Hyuga. C'est comique à voir.'
Je souris à la lecture de la lettre. S'il se plait au Brésil tant mieux. Après tout, il accomplissait son plus grand rêve ! J'étais heureux pour lui. J'ouvris la seconde lettre. C'était Ryo Ishizaki qui me donnait des nouvelles de Nankatsu, le collège où j'étais au Japon. C'était d'un tout autre style, fautes et ratures mélangées. Mais je riais en la lisant. Il ne changera pas ! En tout cas, je rageai qu'ils ne parviennent pas à remporter le titre face à la Toho. Avec Tsubasa ou moi-même, le score ne serait pas arrêté en leur faveur, certainement pas ! Malheureusement ni lui ni moi n'étions présent pour défendre le titre et j'espérai qu'ils y arrivent tôt ou tard. C'était de bons joueurs après tout !
Après cela, je pliai avec soin les deux lettres que je rangeai dans une pochette réservée à cet effet. Je restai quelques instants à me remémorer le passé et gorger de nouveaux souvenirs à raconter à Isa, je me rendis chez elle le cœur léger. Mes amis venaient inconsciemment de me réconforter suffisamment pour me permettre de poursuivre la démarche que j'avais engagé avec elle. Une fois face à sa maison, je respirai trois bons coups et frappa à la porte. Ce fut Jérémie qui vint m'ouvrir. Il me sourit et me laissa poliment entrer. C'est fou ce qu'il ressemblait à sa mère. Isa devait, elle, tenir de son père.
« Elle est dans sa chambre, » m'indiqua-t-il. « Mais elle n'a fait que pleurer depuis qu'elle est rentrée... »
Il semblait très triste et il me guida jusqu'à l'étage, il posa sa main sur la porte de la chambre d'Isa et me fit signe d'entrer. Après quoi il redescendit en bas. Sophie devait être au travail. J'admirais sa force. Elle partait travailler et veiller sur sa fille le reste du temps en plus de s'occuper de Jérémie. Je me demandais si elle ne se surmenait pas mais je ne pouvais pas lui suggérer d'arrêter de travailler, connaissant leur situation familiale et surtout si elle ressemblait à Isa, la réponse semblait plus qu'évidente. Laissons de côté ce problème-là, j'ouvris la porte et pénétrai pour la toute première fois dans la chambre de mon amie. Elle était minuscule, avec un petit bureau et une chaise, une légère étagère suspendue au mur où on ne pouvait plus rien y mettre, une armoire étroite et, en dessous de la fenêtre, son lit. La lumière du jour éclairait à peine son corps recroquevillé sous la fine couverture. L'oreiller dans ses bras, Isa regardait le ciel sans me porter aucune attention. Je tirai la chaise et vint m'asseoir près du lit.
Isa se tourna vers moi lorsque je la saluai. C'était comme si elle me rendait mon salut. Alors, je me suis mis à lui parler comme usuellement. J'étais si près d'elle... Je pouvais presque la toucher. Il suffirait juste que je tende la main vers elle, mais je ne le fis pas. Ce geste-là réduirait sans doute tous les efforts et les progrès effectués jusque là. Seule devait décider de passer le cap, d'avancer d'elle-même. Je représentais seulement l'instrument de sa guérison. Et cette place me convenait. Mon seul désir était de lui rendre le sourire, de la faire revivre, de retrouver celle que j'aimais et qu'importe le temps qu'il faudrait.
Déballant tout ce que j'avais en tête, je ne pris pas compte de l'heure qui passait. Si bien que lorsque Sophie revint chez elle tard le soir, je me trouvais toujours dans la chambre. Mais je ne parlais plus car Isa s'était endormie et je n'osais plus bouger non plus. Elle avait attrapé ma main alors que je lui parlais, elle l'avait serré fort et finalement, Isa avait posé son visage dessus avant de fermer les yeux et de s'endormir peu de temps après. Je la regardais dormir au creux de ma main. Sa peau était douce, son visage paisible me faisait penser à un véritable ange... Pour les enfers lui avaient-ils brûlé les ailes ? Pensaient-ils qu'elle s'était approché d'un trop grand soleil ? Et quel était-il, ce pêché mortel ?
Derrière moi, j'entendis la porte de la chambre s'ouvrir. Sophie était entrée et elle souriait en nous voyant. Elle s'approcha de moi et posa sa main sur mon épaule. Délicatement, je retirai ma main de sa douce étreinte et sortit de la pièce avec regret. S'il n'avait tenu qu'à moi, je serais resté toute la nuit et bien plus encore... Mais Isa devait se reposer et je pensais bien que sa mère aurait sans doute souhaité passer du temps avec sa fille.
« Tu as mangé ? » me demanda Sophie.
« Pas encore, » lui répondis-je.
« Que dirais-tu de souper ici ? » proposa-t-elle en descendant les escaliers. « Je serais ravie de pouvoir manger avec quelqu'un. »
Je la suivis dans les escaliers et acceptai volontiers. Nous n'avions pas encore eu le temps de beaucoup se parler, mais la mère d'Isa amenait la confiance facilement. Elle semblait ouverte et agréable. Elle me laissa téléphoner à Mikami et partit préparer le repas. Après avoir prévenu mon coach, je la rejoignis dans la cuisine, une simple pièce, légèrement plus petite que le salon (qui lui-même était relativement petit) où, mise à part quelques appareils ménagers usuels (le frigo, le four et le micro-onde) et quelques armoires et un levier on ne trouvait de présent qu'une table ronde et quelques chaises. Rien de plus. Je l'aidai à mettre la table et nous nous installions.
« Tu m'excuseras de la simplicité du menu, » dit-elle en souriant, « mais je crains ne pas pouvoir faire mieux pour ce soir. »
« Peu m'en suffit, » affirmai-je, lui rendant son sourire amical. « Tant qu'il y a quelque chose à manger. »
Elle laissa échapper un petit rire en me tendant mon assiette remplie d'une bonne part de pizza et de salade.
« Je suis ravie de voir qu'Isa arrive à te faire autant confiance en si peu de temps, » finit-elle par dire au bout d'un certain temps. « Elle devait vraiment t'apprécier. »
Je ne sus quoi répondre. L'entendre dire me faisait très plaisir mais je savais aussi qu'en partie, ce devait être dû au fait que je fus son seul véritable ami. Face à ce malaise, Sophie sourit.
« Je te remercie pour tout ce que tu fais pour ma fille, » poursuivit-elle. « Être là continuellement à veiller sur elle avec autant de délicatesse, d'attention... Je suis soulagée de te savoir près d'elle. A présent je sais qu'elle ne sera plus seule. Jusque là elle se contentait de soutenir sa petite famille, toujours joyeuse devant nous... Je crois que j'ai fini par m'abandonner à cette image bien que je comprenais que ce n'était pas tout. A la voir pleine d'attentions à mon égard (et à celui de Jérémie), je me suis dit que ma fille était très forte. Mais, je me rends bien compte à présent qu'il y a des choses dont j'ignore tout sur elle. Je le regrette amèrement. »
« Je crois qu'Isa n'aime pas particulièrement que l'on s'inquiète pour elle. Isa m'a dit un jour que tout ce qui lui importait, c'était de vivre une vie simple mais qui pourrait vous aider Jérémie et toi à vivre bien. Elle s'est inscrite au concours parce qu'en récompense de cela, Jérémie sera pré inscrit au lycée où nous sommes et son futur assuré en quelque sorte et, de plus, parce qu'ainsi, elle pensait te libérer d'un poids. »
« D'un poids ? »
« Isa a toujours pensé que si elle réussissait dans ses études et qu'elle partait de la maison, tu pourrais fonder une nouvelle famille, travailler moins, avoir plus de temps pour toi. »
« Oh, Isa... »
Une Isa forte à la maison, une Isa discrète et timide à l'extérieur, quelles autres apparences possédait-elle encore ? Les avais-je toutes déjà croisées ? Il m'avait, en effet, semblé dans certaines de ses réactions quelque chose qui dénotait de son attitude générale. Bien que je ne pensais pas du tout qu'elle jouait un rôle, sa timidité, sa perte de confiance étaient bien réelles mais cela ne formait qu'une infime partie de son être. Quand elle connaissait une personne, Isa devenait naturelle et bien plus spontanée qu'on ne l'aurait d'abord cru. Et pourtant, malgré tout cela, je ne pouvais être certain de la connaître tout à fait.
Après cela, la conversation s'allégea. Les rires jonchaient notre discussion, Sophie était vraiment sympathique et paraissait aussi généreuse que sa fille pouvait l'être. Je retrouvais en elle la même passion qu'en Isa lorsqu'elle abordait la littérature. Bien sûr, ce fut rare qu'elle discute de ses goûts littéraires parce que je ne m'y connaissais pas tellement et puis parce qu'en quelque sorte elle préférait m'écouter parler plutôt que de parler d'elle.
&&K&&&&&&&
« Va-t-en, » rouspétai-je en poussant sans ménage la fille qui me collait. « Tu m'ennuis. »
« Tu n'es pas très drôle, » soupira-t-elle en bougonnant. « Cela fait longtemps qu'on ne t'a pas vu ici. Et à présent que tu débarques enfin, tu refuses de me faire la bise ? Ne me dis pas qu'une fille te fait tourner la tête, je ne te croirais pas. »
Alors qu'elle s'approchait de nouveau son visage du mien, je la repoussais encore une fois en grommelant. Je ne savais même pas pourquoi je m'étais rendu dans ce quartier, dans ce bar-là. En réalité, je ne savais plus du tout ce que je faisais de toutes mes journées. J'allais à l'école, je me rendais aux entraînements, j'allais la voir, mais pour le reste, je ne voyais plus les détails. Mes journées restaient fades et monotones. Je me lassais de tout.
Teyla Denrst, la fille du patron du bar, haussa les épaules et commanda un autre cocktail. Elle se tourna vers moi et m'ordonna de tout lui raconter. Comme je ne disais rien, elle s'offusqua encore et se plongea dans un mutisme momentané. Quand le serveur lui apporta sa commande, elle but la boisson d'une traite et se tourna vers moi.
« Ecoute Karl. Si tu n'es pas venu ici ni pour boire ni pour passer du bon temps avec moi, que fais-tu là ? Je ne suis pas certaine que mon père apprécierait de voir que des clients squattent sans prendre ne serait-ce qu'un verre d'eau. »
« Alors, va pour le verre d'eau, » grommelai-je de mauvaise foi.
« Karl ! » s'exaspéra Teyla, roulant ses yeux vers le ciel. « Ne joue pas ce jeu avec moi, tu veux ? Et dis-moi ce qui ne va pas au moins, je pourrais peut-être t'aider ? »
Je soupirai mais j'obéis. Sans entrer dans les détails, je lui narrais toute l'histoire. Elle m'écouta sans m'interrompre et quand j'eus finis, elle roula une cigarette qu'elle alluma juste après et tout cela dans un silence dont elle avait le secret. Un silence qui désignait toute sa pensée sans qu'on n'y puisse comprendre une miette. Et puis, elle se mettait de nouveau à vous parler et les choses devenaient soudainement plus claires.
« C'est cuit, » conclut-elle donc expirant toute la fumée nauséabonde que son corps avait momentanément ingurgité. Pauvre inconsciente. « C'est du tout cuit même. »
Voilà sa conclusion. 'C'est cuit'. Adieu réconfort, discours d'encouragement et autres pacotilles que tous s'obligeaient de réciter comme un commun accord. Avec Teyla, c'était simple et concis mais pas toujours tout à fait complet. La suite ne devrait pas tarder.
« Mais bon sang, » s'exclama-t-elle, « qu'est-ce que tu fous là encore avec moi au lieu d'aller la voir ? Tu attends qu'elle passe l'éponge et que tout soit réellement terminé ? »
« Je ne peux pas, » rétorquai-je dans un nouveau soupir, « elle refuse de me voir. Elle m'a déjà complètement rejeté. »
« Et alors ? Quand le feu faiblit, il suffit juste de le relancer, de s'en occuper, de persévérer ! » Elle tira une nouvelle fois sa cigarette avant de reprendre : « Je n'arrive pas à réaliser la chose. Toi, Karl-Heinz Schneider qui a brisé de nombreux cœurs, tu subis un chagrin d'amour... Et tu ne sais pas quoi faire ! Pour titre d'exemple, si tu comparais la situation à un match de football, est-ce que tu abandonnerais à la fin du match parce que tu sembles en défaite ? Ne ferais-tu pas tout pour tirer le dernier but qui pourrait peut-être te donner la victoire ? »
Après quoi, Teyla jeta le mégot dans le cendrier, se leva et me laissa seul pour s'occuper de ses propres affaires. Elle indiqua au serveur qu'elle prendra ma note et quitta le bar. Quant à moi, je ne restai pas plus longtemps, ayant alors suffisamment à penser pour la soirée et ne voulant pas rester dans un endroit où les gens me connaissaient.
Malheureusement, bien que je souhaitais que ce fût autre, je devais me résigner. Elle avait raison. Je devrais tôt ou tard lui parler, à elle. Mais l'incertitude me faisait perdre tous mes moyens. Je restais dans l'incapacité de franchir cette dernière porte qui me bloquait la route, la dernière qui me séparait encore d'Isa. Je craignais qu'elle ne me rejette de nouveau, comme la première fois. Mon cœur se fendait à la seule pensée de ressentir tout son dégoût se prononcer dans son geste de recul, son cri apeuré, ses larmes désespérées...
« Dis-moi Karl, comment se fait-il qu'on doit demander à Genzô des nouvelles d'Isa ? » demanda Hermann. « Tu n'es plus son copain ? »
Hermann me le demandait par simple curiosité. Dommage qu'il soit doué de bon sens... Malheureusement, je n'étais plus capable de répondre à cette question. Je ne le savais plus moi-même. La seule qui possédait encore la réponse se trouvait plonger dans un mutisme et refusait de me voir. Et savoir que Genzô pouvait s'approcher d'elle, lui parler et peut-être même la toucher, cela me tuait à petit feu. Même si je ressentais une certaine amertume, je n'en avais plus aucun droit. Genzô aimait Isa, il me l'avait dit de but en blanc ou presque, il était donc bien plus honnête que moi. Moi qui étais capable de la tromper aussi stupidement que par jalousie.
Un soir, je reçus un appel de Sophie. Après m'avoir demandé des nouvelles, elle m'invita à rendre visite à Isa dés que je le voulais. Elle tenta de m'encourager, de me soutenir, inconsciente de ce que j'avais fait. J'avais raccroché une boule dans l'estomac. Mais, je ne m'étais pas rendu chez Isa, je ne voulais pas le faire. Je crois que, dans un sens, c'était seulement pour ne pas l'entendre me dire que tout était fini.
&&G&&&&&&&
« Salut Aiden, Julie ! »
« Bonjour Genzô, » me saluèrent-ils. « Alors, du nouveau ? »
« Oui, je crois que ça commence à s'arranger, » répondis-je.
« Tant mieux, » s'exclama Aiden. « J'ai hâte de la revoir dans notre classe. »
« C'est curieux cet élan de sympathie pour quelqu'un auquel vous n'avez pas parlé, » soulignai-je.
« Pas tout à fait, » se défendit Aiden. « Tu nous en as tellement parlé qu'à force... on s'y était habituée. Et puis, cela nous permettait d'étudier les humains et leur complexité. »
« Aiden deviendra sociologue par la suite, » soupira Julie, me gratifiant d'un clin d'œil.
L'école, voilà une activité qui m'a toujours paru superficielle. Je souhaitais devenir footballeur professionnel, je n'avais pas besoin de me remplir le crâne d'une culture scientifique ou littéraire. Mais on souhaitait tout de même que je passe par la case lycée. Alors j'ai accepté et j'y suis venu. Mais tout cela, c'est sans grand enthousiasme. Je n'étais pas adepte de l'auto persuasion comme le faisait beaucoup d'autres jeunes en me disant que l'école était utile et nécessaire pour moi. Que voulez-vous que je fasse d'une équation du second degré quand le ballon est lancé vers les filets ? Que Rousseau est un préromantique alors que je joue ? J'avais trouvé ma foi et cela me suffisait. Ma culture, je pouvais très bien l'alimenter moi-même par des recherches personnelles. Pas besoin de l'école pour cela. Bien sûr, je comprenais que pour tous ceux qui n'ont pas de projet, cela était plus que nécessaire. Mais j'avais déjà trouvé ma vocation et elle ne m'obligeait pas d'être un bon élève, alors pourquoi m'y forcer ? Bien sûr, je restais un minimum sérieux. Je ne faisais pas partie du je-m'en-foutisme négatif, c'est-à-dire de ceux qui passent leur temps à s'amuser et à déranger les autres en classe. Je m'efforçai de travailler mes cours et faisais mes devoirs, mais sans autre projet que d'avoir la moyenne et de terminer très vite avec tout cela.
Pendant cette journée, j'appris de Shûzo que l'absence d'Isa poserait des problèmes si elle ne participait pas aux prochains examens qui étaient prévus sous peu. Les dates finales seraient annoncées dans une lettre de convocation qu'elle recevrait bientôt. Cela n'annonçait rien de bon. Isa ratait beaucoup trop de cours et elle n'était certainement pas en état ni de réviser ni de participer au concours. Ne sachant pas non plus ce qui advenait de sa participation, je mis cette question dans le coin de ma tête, pensant en parler avec Sophie le soir même. Mais la journée ne se termina pas ainsi et je dus faire face à Karl à plusieurs reprises. La première fois, il se contenta de passer à côté de moi, me saluant froidement. La seconde, il s'était arrêté devant moi quelques secondes avant de repartir sans rien me dire. Ce fut lors de la troisième rencontre qu'il se décida de me parler.
« Comment va-t-elle ? » me demanda-t-il comme je m'en doutais.
« Je crois qu'elle se remet un peu, » lui répondis-je. « Mais, il faudra encore du temps avant qu'elle se sente mieux. »
Karl hocha la tête, un peu embarrassé. Même si je comprenais que cela devait être difficile pour lui, je ne pouvais pas me résoudre à le plaindre. Quelque part en moi, je sentais que je lui gardais rancune. Et puis c'était encore, officiellement du moins, le petit ami d'Isa, je ne pouvais que lui reprocher d'avoir agis comme il l'avait fait.
« Est-ce qu'elle t'a dit quelque chose ? » questionna-t-il, encore plus gêné. « A propos de…moi ? »
Voilà donc pourquoi il se sentait si gêné. Ce ne devait pas être facile de poser cette question dans sa situation, mais encore une fois, je n'allais pas le prendre en pitié. Je répliquai donc avec froideur mais calmement :
« Non, elle n'a rien dit sur toi. »
Il soupira. Etait-il soulagé ou triste ? Je fis demi-tour et avant de partir je rajoutai en soufflant :
« Elle ne parle pas du tout. »
Retour à la maison. Comme d'habitude, je fis mes devoirs (le strict minimum, gagner le plus de temps devenait nécessaire), pris une douche et ressortais hors de la maison. Bien évidemment, je me dirigeai vers cette maison où je passai toutes mes soirées ou presque. Sophie m'avait donné les clefs d'Isa pour que je puisse venir dés que je le souhaitais et ne pas me soucier de savoir s'il y avait quelqu'un ou pas. Cette soirée-là, je ne trouvai personne dans la maison. Seule Isa restait dans sa chambre, toujours aussi silencieuse. Je la découvris dans une nouvelle position cette fois-ci, elle s'était avancée près de la fenêtre, et s'appuyait sur le rebord, abandonnant sa tête contre ses bras. La position ne devait pas être très agréable mais j'avais cru comprendre qu'Isa aimait observer le ciel.
« Il fait très beau dehors, » lui dis-je en m'approchant. « Un ciel bleu azur, parsemé de petits nuages blancs aux diverses formes indescriptibles, et un énorme soleil d'hiver par-dessus le tout. Il fait par contre un peu froid. »
Je m'assis à l'autre bord du lit de façon à observer son visage. Isa le remarqua et tourna son visage vers le mien. Elle se redresse, déplie ses bras et tend sa main vers moi. Je me rapproche et nous nous tenions la main. Isa la regarda avec un étrange regard que je ne saurais décrypter. Elle ne frissonnait plus à mon contact, elle s'y habituait et sa confiance se consolidait un peu plus chaque jour. Et puis, lentement, elle se mit à se déplacer, elle me tira vers le ciel et avec ma main dans la sienne, elle pointa le ciel. Elle me regarda avec insistance et continuait à me tirer vers la fenêtre. Un peu déséquilibré, je compris néanmoins ce qu'elle tentait de me dire. Isa n'était pas sortie de sa chambre depuis très longtemps, elle voulait simplement sortir, prendre l'air et sûrement voir la couleur du ciel de ses propres yeux. Comme elle portait sur elle un pyjama d'hiver, je cherchais de quoi la recouvrir. Je pris son manteau, lui tandis des chaussettes et ses chaussures et attendis qu'elle soit prête. La lenteur de ses mouvements montrait qu'elle n'avait pas bougé depuis un certain temps. Elle s'habilla doucement, et quand ses chaussures furent à ses pieds, elle se mit debout. Mais très vite elle chancela. Je la rattrapai de justesse, prenant soin de ne la prendre que par les épaules. Un trop grand contact l'effrayerait sûrement. Isa se mit à trembler, son corps était tendu, elle fronçait les sourcils et sa respiration se fit plus grande. Elle paniquait à cause de ce contact soudain et, certainement, peu agréable. Une fois que je fus certain qu'elle pouvait tenir debout et avancer, je la relâchais. Elle avança alors à petits pas et s'approcha de la porte. Je l'accompagnai dans ses moindres mouvements, prêt à réagir à la moindre perte d'équilibre.
Je la devançai dans les escaliers, préférant être plus bas pour la rattraper. Une fois en bas, Isa, soucieuse de sortir pour la première fois hors de sa tanière, vint attraper ma main qu'elle serra avec force. D'un regard entendu, nous avancions alors vers le dernier seuil qui nous séparait de l'extérieur. J'ouvris la porte et y passai en premier. Une fois dehors, je me retournai, attendant qu'elle me suive. Isa n'avait toujours pas lâché ma main et elle s'y cramponna de plus en plus alors que ses pas la portaient dans son petit jardin. Je la vis frissonner alors qu'elle ressentait le vent froid lui caresser le visage, soulever ses cheveux relâchés. A cet instant, Isa donnait l'impression de découvrir le monde, de voir pour la toute première fois le quartier où siégeait sa maison. Elle leva alors très vite son visage vers le ciel et l'observa.
J'aurais pu la contempler ainsi des journées entières. Je criai intérieurement de joie, comprenant que nous venions de faire un grand pas vers son total rétablissement. Mais ce ne fut pas tout. Légèrement, presque imperceptiblement, je vis avec surprise (et plaisir !) apparaître un petit sourire sur son visage. Un sourire timide, rapide mais pourtant bel et bien présent. Aurais-je voulu parler que je n'aurais pas pu tellement l'émotion était grande. En cet instant, nous ressentions tous deux des sentiments forts, bien que différents. Ce petit sourire, elle ne le garda pas bien longtemps sur son visage, mais son cœur devait en être imprégné et j'espérais qu'il me laisse alors le toucher, le caresser tendrement. Je voulais lui apporter tout ce que j'avais et j'allais réellement le faire. Tant pis si cela entraînait d'autres pertes, un ami peut-être... Mais Isa était tout ce qui comptait pour moi. Et ça, je ne pouvais ni le nier, ni y résister.
Nous ne sommes pas restés longtemps dehors de peur qu'elle ne prenne froid. Une fois dans sa chambre, je continuais à lui narrer tout ce que je pouvais avoir en tête. A partir de là, rien ne changeait des autres jours. Mon cœur était juste empreint d'un nouvel espoir, d'une joie infime. Sophie apparut dans la maison peu de temps après Jérémie, vers six heure et demi. Le petit frère d'Isa était venu me saluer et s'était installé près du lit, on discutait ensemble de football quand la mère de famille entra dans la chambre.
« Je vois que tout le monde est là, » sourit-elle. « Jérémie, tu as des devoirs ? » En se tournant vers moi. « Genzô, tu veux manger avec nous ce soir ? »
« Non, pas ce soir, » refusai-je alors qu'elle vint embrasser sa fille.
« Je n'ai rien à faire pour demain, » répondit Jérémie à son tour. « Je reste là. »
« Très bien, très bien ! » s'amusa Sophie. « Mais, pour le moment, tu viens prendre un goûter avec moi en bas ! Et pas de « mais » qui tienne ! »
Un clin d'œil à la volée, Sophie attrapa son fils et tous deux sortirent de la pièce. Isa, qui n'avait rien raté de la scène, observa quelques instants la porte où son frère et sa mère venaient de disparaître et reporta son attention sur moi avant de fermer les yeux. Je restai silencieux, laissant un doux silence s'installer. Pas de pensées, pas de paroles, pas de geste, nous laissions le temps s'écouler sans rien faire. Ces moments de détente étaient très agréables. Tous deux ressentions la présence de l'autre et cela nous suffisait. Pour moi, en tout cas, je ne nécessitais rien de plus.
Je ne parvenais pas à savoir à quoi Isa pouvait penser. Elle ne laissait rien paraître. Mais chaque jour, nous progressions tout deux vers son rétablissement. Nous continuons à sortir dans son jardin tous les jours et, au bout d'un certain temps, Isa accepta de rester dans le salon, manger dans la cuisine avec Sophie, Jérémie et moi. Elle ne parlait toujours pas mais elle nous écoutait avec attention et parfois même elle souriait timidement. Nous étions heureux à ces moments-là. Sophie et Jérémie se prêtaient au jeu et ensemble nous jouions à divers jeux, nous alimentions des discussions plus ou moins sérieuses mais c'était le rire qui dominait l'ensemble.
Le rire. La première fois que j'ai entendu le rire d'Isa retentir à mes oreilles, j'ai cru à un écoulement d'une eau pure. Un éclat cristallin fragile et bref. Il lui avait échappé comme ça d'un coup alors que Jérémie et moi nous nous 'disputions' à propos du match que nous venions de voir ensemble. C'était qu'il avait de la répartis le petit frère ! Quand le son de la voix d'Isa retentit dans la pièce, nous nous sommes tu, surpris. Agréablement surpris ! Sa voix était enrouée et très faible. Après tant de temps sans parler, c'était normal. Et elle n'en finissait plus de rire. Elle ne semblait plus pouvoir s'arrêter et ce n'était certainement pas nous qui allons l'en empêcher. Au contraire, nous passâmes toute l'après-midi à trouver toutes sortes de combines pour réentendre ce rire-là.
Après cela, Isa semblait se rétablir plus rapidement. Elle ne parlait toujours pas, mais elle riait et souriait de plus en plus souvent, sans se forcer. Je me rappelle encore le visage ensoleillé de Sophie lorsqu'elle la vit rire. On aurait pu croire qu'elle venait d'être éblouie par un tout nouveau soleil.
Il semblerait alors que les nuages allaient faire place à de plus belles journées et chacun de nous avait hâte de les découvrir...
-Note de fin de chapitre-
Illusion : Coucou ! Voilà un nouveau chapitre est terminé.
Isa courbette : Vous avez pu voir que l'auteur a rajouté un petit plus !
Genzô : Très jolie citation d'ailleurs !
Illusion : J'adore les citations, les proverbes... Je vais éditer tous les chapitre d'ailleurs car j'ai trouvé toutes les citations pour chacun (ce sera fait ce soir, je pense).
Isa : Pour celui-ci, tu ne voulais pas utiliser celle-ci : 'A défaut du pardon, laisse venir l'oubli' ?
Illusion : Oui. Mais finalement, ça ne correspond pas du tout au contenu aussi j'ai dû changer ! Bref ! Pour te répondre, Spicycoktail, je sais que je devrais enrichir mon vocabulaire, c'est mon principal défaut, d'ailleurs. Je vais y travailler dessus. Pour ce qui est du titre, c'est tout simplement celui qu'Adeline avait choisi pour lancer son défi ! Pour terminer, je vous remercie tous de vos commentaires ! Aussi bien Adeline (FF-fr) que Coco9214001 et toi même Spicycoktail (FF-fr) !
Prochain Chapitre : Chapitre 14 : A la poursuite d'un avenir
