Bonjour tout le monde.
Juste pour info, comme j'en ai eut marre de ne pas trouver de RPG yaoi saint seiya qui ne soit pas déjà complet ou impossible de jouer paske "tout le monde se connaît et que c'est dur d'accepter des nouveaux", ben j'ai monté le mien !
Vous trouverez son adresse sur mon profil, tout le monde est bienvenu.
Le but est de la pure déconne.
Allez, bonne lecture !
Sa vie
Chapitre 14 : Union
Extrêmement courroucé, Shion fixait le vêtement que Rodrigue venait de poser sur le lit.
"- Réexplique-moi pourquoi je dois porter une ROBE pour me présenter devant ton roi ?"
El Cid soupira.
Les derniers mois avaient été durs pour lui.
Shion était resté près de lui, l'avait aidé, soutenus et même remplacé parfois.
A présent que les événements se calmaient un peu, le Capricorne avait pu prendre le temps d'aller au palais du roi d'Espagne pour prêter serment.
Bien sur, il serait un peu différent des autres mais…
Peu après la rupture de son contrat de fiançailles avec Chimène, le père de Rodrigue s'était tué en tombant de cheval.
Ho, il n'était pas mort sur le coup.
Il s'était brisé le dos et les deux jambes.
Shion avait essayé de le soigner bien sur mais les lésions internes étaient trop étendues.
Rodrigue avait envoyé un message au Sanctuaire.
Il ne pouvait rentrer maintenant et laisser sa famille dans la détresse.
Sage avait accepté.
Sauf si la guerre se déclarait soudain, il pouvait rester le temps nécessaire.
Depuis près d'un an à présent, Rodrigue avait prit les rênes du domaine.
Il n'avait pas été difficile pour lui de prouver que la sangle de son père avait été sabotée. Il n'avait pas été compliqué non plus de remonter jusqu'au responsable.
Ou plutôt, les responsables.
Rodrigue avait tué les fils de Gormas lors d'un duel d'honneur avant de négocier avec le père le mariage de sa fille avec l'un de ses frères.
La jeune femme avait donc épousé l'un de ses frères de 22 ans.
Le mariage semblait tenir…même si le Seigneur Gormas était mort peu après.
Certains cousins de la famille avaient hurlés au complot mais Shion l'avait confirmé. L'homme était mort de stress, tout simplement.
Aussi, à présent, Rodrigue venait voir le roi Philippe V d'Espagne pour entériner son rôle de nouveau Seigneur Y Barreda ainsi que tuteur des terres de Gormas.
Certains cousins de la famille s'y opposaient bien sur.
Mais ce n'était qu'une histoire de famille justement…
Aussi comptait-il profiter de cette chance de rencontrer le roi pour préparer certaines petites choses qui assurerait à Shion un avenir tranquille si, par le plus grand des hasards, il survivait à la Guerre à venir et pas lui.
"- Je veux que tu te fasses passer pour mon épouse, Shion. Avec tes cheveux longs et les bons vêtements, tu es assez féminin pour passer pour une femelle assez exotique.
Shion se hérissa.
Une femelle hein ?
C'était bien parce que son Roro avait beaucoup de choses en tête qu'il ne lui volait pas dans les plumes.
Depuis la mort de son père, Rodrigue était inapprochable.
Shion comprenait
El Cid n'avait jamais voulu des responsabilités d'une Seigneur, pas plus que de gérer sa famille et voila qu'il se retrouvait à devoir gérer la moitié de l'Espagne ou peu s'en fallait.
Vraiment…
Bon, dans les faits, c'étaient ses frères qui s'occupaient de la gestion du domaine mais pour la politique, c'était son travail.
Mais ce soir, d'une façon ou d'une autre, bien ses soucis seraient ôtés des épaules de son Capricorne.
Et Shion comptait bien se venger de toutes les crises de nerfs, les cris et les réactions emportées qu'avait pu avoir Rodrigue envers lui depuis un an.
Il pouvait bien sacrifier son orgueil encore un peu…
"- Très bien… Mais tu me revaudras ca !"
"- Shion…"
"- Tu me revaudras ca ! Quand je le déciderai et quand je te le demanderai !"
Rodrigue finit par accepter en soupirant.
Shion avait en effet fait preuve d'une patience et d'un soutient inébranlable depuis un an alors qu'il était tout simplement infect à côtoyer.
"- D'accord…Tout ce que tu veux…"
"- Bon…"
Le sourire de Shion fit frémir Rodrigue.
Il y avait certaines choses qu'il ne fallait pas promettre à un adolescent de quinze ans tout neuf.
***
Vêtu de son armure d'or, la tête très droite, Rodrigue passa devant toute la cour sans même leur jeter un regard.
Il détonnait avec son armure luisante parmi les pourpoints de brocards, les robes de soie et de velours et les chapeaux à plume.
Son casque sur un bras, Shion à l'autre, il s'arrêta devant la petite estrade où attendais Philipe V d'Espagne et son épouse, Marie-louise de Savoie.
Le chambellan du roi lui fit un signe discret pour qu'il mette un genou en terre maintenant qu'il était à distance suffisante.
Rodrigue ne broncha pas.
A son bras, Shion fixait avec un regard d'aigle les deux Seigneurs du pays.
Seuls les sujets de sa Majestés s'agenouillaient.
Ni l'un ni l'autre n'en étaient
Aussi les deux chevaliers d'or se contentèrent d'un simple signe de tête qui fit murmurer toute la cour.
Le roi se leva de son trône, un peu perplexe.
En tant que roi, il avait entendu parler des chevaliers d'Athéna bien sur. C'était le genre de secrets qui se passaient de père en fils parmi les chefs d'états de toutes les nations du monde.
Mais c'était la première fois qu'il en voyait un pour de vrai.
Pire encore, celui là était issu de son peuple.
Avait-il encore juridiction sur lui ou pas du tout ? Sa présence à sa convocation pour régler le différent qui l'opposait à la famille de Gormas avait tendance à le lui faire croire mais…
"- Seigneur Y Barreda ?"
"- El Cid. Chevalier d'or du Capricorne. Il s'avère que je suis aussi le Seigneur y Barreda."
Philippe grimaça.
Ok
Au moins, c'était clair.
Celui là était chevalier avant toute chose et par accident sous sa juridiction pour ses terres. C'était tout.
"- Bienvenue à ma cour, Chevalier."
"- Voici mon épouse. Shion du Bélier."
"- Chevalier aussi ?"
"- Chevalier d'or, Majesté." Confirma Shion en inclina doucement la tête vers la reine, un sourire charmeur et totalement ravageur au visage.
Rodrigue leva les yeux au ciel.
Celui là, il était emprunté à Manigoldo.
Pour la voix par contre… Le chevalier du Capricorne savait Shion capable de travestir sa voix, mais pas au point d'en arracher un alto léger à la fois totalement féminin et positivement sensuel. S'il n'avait pas été aussi sur que Shion était à lui, tout seul, il aurait déjà défié en duel la moitié de la cour. La façon qu'avaient tous ces dépravés de baver sur Shion…
"- Je ne pensais pas qu'une femme puisse être chevalier." S'étonna Philippe.
"- Notre chef appelle à lui qui il estime capable majesté. Mais nous ne sommes pas là pour cela n'est ce pas ?"
Le roi sursauta.
Il était fasciné par les yeux violets profonds de Shion.
"- De Gormas !"
Un homme d'une trentaine d'année approcha du trône.
Il s'inclina profondément avant de foudroyer Rodrigue du regard avec haine. Maintenant que son oncle et ses cousins étaient morts a cause de cet…ce…. Ce machin en doré, c'était à LUI d'être Seigneur de Gormas.
Certainement pas à ce type sortit de nulle part qui avait marié sa cousine de force avec un de ses frères.
La fille avait été assez idiote pour signer un décret remettant les terres de Gormas à ce type !
Quelle imbécile en jupon ! Mais elle n'était qu'une femelle.
Il ne doutait donc pas qu'il obtiendrait l'annulation du décret par le roi.
Que dieu le protège de ces femelles qui se targuaient de politique !
Cette grande catin que Y Barreda tenait à son bras n'en était qu'une de plus ! A jouer de la prunelle avec le roi juste sous le nez de la reine en prime !
La dite reine sourit à Shion.
"- Pendant que ces messieurs se perdent dans de l'assommante politique, que diriez vous de vous joindre à moi autour d'une tasse de thé ?"
Shion hésita;
Il coula un regard vers Rodrigue qui hocha imperceptiblement la tête.
Le jeune Bélier se permit donc un nouveau sourire ravageur.
"- Avec plaisir, Majesté."
La reine se leva de son trône pour entraîner Shion avec elle. Les dames de la cours suivirent le mouvement, laissant les hommes seuls.
"- Vous ne craignez pas pour votre époux ?" Finit par demander la reine.
Après tout, cela se finirait probablement par un duel.
Shion haussa les épaules.
Il dépassait tout le troupeau de femelle de la tête et des épaules.
Tu parles qu'il faisait exotique !!!
"- Rodrigue est un chevalier d'or, Majesté. Il pourrait détruire ce palais d'un éternuement… Nous le pourrions tous les deux. C'est ce qui fait de nous des chevaliers d'or."
Les dames de compagnie s'extasièrent, y voyant simplement une exagération d'épouse éprise de son mari.
La reine, elle, ne rit pas, pas plus qu'elle ne s'extasia. Elle sentait la vérité dans les paroles de Shion.
Un peu perturbée, elle s'installa dans le jardin.
Des serviteurs vinrent immédiatement apporter chaises, coussins et rafraîchissements.
Un peu encombré de sa robe de soie vert émeraude autant que par les bijoux légers que Rodrigue lui avait imposé de mettre, Shion s'assit sur l'un des deux chaises lorsque la reine la lui indiqua.
"- Alors dites moi… Comment votre époux a-t-il mit la main sur le domaine Gormas ?"
Shion soupira.
Rodrigue n'avait pas "mit la main". Il avait juste fait au mieux.
***
"- Je ne pouvais épouser Chimène moi-même. J'ai donc proposé à son père de la donner à mon frère le plus âgé."
"- Vous avez tué mon oncle !"
Agacé, Rodrigue foudroya du regard le jeune homme.
Il était pénible à lui couper la parole sans arrêt;
Autour d'eux, le reste de la cours observait les échanges avec intérêt, comme des requins attendant que deux épaulards s'entre tuent pour dévorer les restes.
"- Ton oncle est mort d'une crise cardiaque."
"- Parce que vous avez tué ses fils !"
"- En effet." Approuva Rodrigue, causant un froid parmi les courtisans.
Le calme glacé du chevalier d'or les inquiétait de plus en plus.
"- Expliquez." Ordonna Philippe V, les sourcils froncés.
"- Les fils de Gormas ont décidé de faire assassiner mon père." Expliqua Rodrigue. "Ils ont fait saboter sa selle. Mon père s'est gravement blessé mais ces idiots ont laissés des traces qui m'ont permit de remonter jusqu'à eux. Je les ai défié en duel. Ils sont morts. Mon père et finalement mort de ses blessures et le leur du stress de la perte de ses fils. J'ai marié Chimène à l'un de mes frères pour renforcer les deux domaines."
"- Et vous avez forcé cette pauvre fille à vous céder un domaine qui ne vous appartient pas."
"- Allons, gamin. Je n'ai que faire de ce domaine ! Je suis un chevalier d'or. Je serais bientôt partit pour la Grèce pour y rester. Je n'ai que faire de terre."
"- vous êtes le Seigneur des lieux." Protesta un peu le roi.
"- Je le reste en nom et titre, mais dans les faits, ce sont mes frères qui s'en chargent. Comme ils se chargent d'aider le domaine de Gormas depuis le mariage. Tout se passe bien pour les populations. Le reste n'est que politique."
Le roi soupira.
La situation était claire. Claire et simple.
Tellement simple qu'elle ne pourrait se régler que par l'extermination d'une des deux lignées.
Le roi voulait le calme en son royaume.
"- Messieurs, messieurs… S'il vous plait…"
Le jeune Gormas avait a moitié tiré son épée.
"- JE TE DEFIE EN DUEL !!!"
"- Ben voyons." Soupira Rodrigue qui commençait à en avoir marre d'être défié en duel tous les trois matins.
Le roi se radossa à son trône;
Que l'un des deux se fasse tuer, c'était une bonne idée.
Le jeune gormas n'attendit pas une seconde de plus pour se jeter sur le chevalier d'or.
Qu'importait qu'il n'ai pas d'arme ? Qu'importait qu'il le tue ainsi ? Il voulait juste se venger et récupérer son domaine.
Rodrigue évita l'attaque d'un pas sur le côté.
Il aurait pu tuer le gamin d'une pitchnette mais… ce n'était pas ainsi que se battait un chevalier d'Athéna;
Agacé, il se contenta de s'effacer devant chaque attaque.
"- Une arme s'il vous plait." Réclama-t-il, lui qui était venu en chevalier d'or, donc les mains vides.
Personne n'osa lui en donner une.
Les De Gormas étaient une famille puissante.
Se les mettre à dos… Surtout que le gamin avait la main haute. Par contre, les aider pouvait être de bonne politique.
"- Battez vous, Chevalier." Exigea finalement le roi. "La situation ne pourra être réglée que par un mort."
Le Capricorne, à son grand regret, du en convenir.
Le gamin ne le laisserait pas simplement l'assommer. S'il ne le tuait pas, sa famille ne serait jamais à l'abri.
Quelle misère… Il était si jeune ce gosse… A peine plus vieux que Shion.
Il ferait vite…
Le jeune de Gormas se figea soudain.
Un flot de sang sortit de sa bouche.
Stupéfait, il baissa les yeux sur la main qui lui transperçait la poitrine.
Il s'écroula.
Rodrigue soupira.
Il détestait tuer ainsi.
Il n'y avait aucun honneur à tuer de cette façon.
Il se sentait aussi salit que les tapis.
Un silence de mort était tombé sur la cour.
Livide, le roi leva une main.
"- Duel réglé… Le domaine De Gormas appartient désormais à la famille y Barreta."
Nombre des nobles avalèrent leur salive lorsque le regard noir de Rodrigue se posa sur eux.
Le chevalier d'or essuya sa main souillé sur un linge apporté par un serviteur tremblant.
L'armure avait depuis longtemps absorbé le sang qui la couvrait.
Les armures avaient toujours faim de sang…
***
La journée s'était étirée en longueur pour Shion.
Après l'ersatz de duel auquel s'était livré Rodrigue, la reine et ses dames avaient rejoint la cour pour un déjeuner rapide de deux longues heures.
Shion n'avait pas eut besoin de toucher son compagnon pour sentir son irritation.
El Cid détestait tuer sans raison.
Il s'en voulait d'avoir du éliminer le gamin.
Malheureusement, il n'avait pas eut le choix.
"- Ro… Ca ne pouvait pas finir autrement, tu le sais."
"- ….Je sais…Mais c'est ma faute… Si je n'avais pas repoussé Chimène comme ça, si j'avais eut plus de tact, si…"
"- Si je n'avais pas été lié à toi ?" Souffla doucement Shion, la voix rauque de colère rentrée.
Rodrigue sursauta.
"- Ce n'est pas ce que j'ai dit, Shion.
"- Non, c'est juste l'impression que tu me donnes depuis un an !" Protesta encore le jeune Atlante.
Le Capricorne se pinça la racine du nez entre deux doigts.
Ca n'allait pas recommencer !
"- Shion…"
Le Bélier leva la main pour le faire taire.
"- Je vais aller m'entretenir avec ses dames, Rodrigue… A plus tard."
Il ne servait à rien qu'ils discutent alors que Rodrigue était irrité et que Shion était en colère.
Ils finiraient juste par se faire du mal.
Rodrigue soupira se soulagement.
Shion avait bien plus de tact que lui.
Il savait qu'il était difficile à supporter en ce moment mais…
"- HA ! Celui que je cherchais…"
Rodrigue gronda à mi voix.
Encore des propositions commerciales ou de mariages pour ses frères et sœurs…
A croire que l'Espagne entière voulait être dans ses bonnes grâces.
Ce n'était quand même pas sa faute si la fusion de ses deux domaines en faisait le plus grand d'Espagne quand même !
Il haïssait la politique.
***
Shion avait passé quelques heures encore avec ces dames puis un serviteur était venu le chercher.
Rodrigue l'attendait.
Ils auraient pu passer la nuit au palais mais le Capricorne voulait rentrer dans son domaine au plus vite, pour éviter de laisser le temps aux autres nobles d'avoir d'autres idées fantastiques pour tenter de lui proposer d'autres propositions diverses.
Shion résista à la tentation de relever sa robe pour monter à califourchon sur son cheval. Il monta en amazone puis prit la suite du Capricorne, les lèvres serrées.
Le soleil se couchait lorsqu'ils quittaient la capitale.
"- Le roi ne t'en voudra pas de partir aussi vite ?"
"- Je crois qu'il est soulagé au contraire. Je lui fait peur."
Shion renifla.
Normal.
On lui avait raconté comment son Rodrigue avait éliminé son adversaire.
"- ….Tu m'en veux encore ?" Souffla doucement le Capricorne.
Shion serra les dents avant de se laisser aller à une parole malheureuse.
Il donna des jambes pour faire avancer sa monture puis posa sa main sur son épaule.
D'une bouffée de cosmos, il se téléporta avec montures et compagnons à quelques kilomètres du domaine.
Rodrigue frissonna.
Sentir le cosmos de Shion comme ça le rendait toujours tout chose.
Shion prit la bride de la monture de Rodrigue a la main.
"- Shion où est ce que tu nous emmènes ?"
"- La ferme…"
La voix grondeuse du Bélier fit frémir le Capricorne.
Il reconnaissait les lieux.
Pendant leurs balades à cheval, il avait fait découvrir à Shion les nombreuses grottes et…et…
Shion s'arrêta.
Il descendit de sa monture, se débarrassa de sa robe puis attendit, nu sous la lune que Rodrigue descende de son cheval.
La bouche soudain très sèche, le capricorne descendit de sa monture.
Il retira sommairement les harnachements des deux chevaux puis suivit Shion.
La peau pale de l'atlante semblait luire sous la lumière blafarde de l'astre de nuit.
Les restes de la robe émeraude à la main, Shion se faufila tranquillement entre les arbres jusqu'à une petite clairière non loin d'une petite pièce d'eau, à peine plus que l'élargissement d'un ru qui courrait sur quelques dizaines de mètres entre des racines.
Le jeune Atlante jeta le tissu sur le sol avant de s'y asseoir.
Rodrigue avala sa salive.
En un an, il ne s'était pas rendu compte à quel point Shion avait grandit.
Non… pas grandit…. Mûrit… Vieillit….
A présent, Shion était adulte.
Un adulte, nu, les cheveux libérés de leur résille d'or et de perle, un adulte indéniablement masculin qui le regardait avec dans les yeux la faim d'un loup efflanqué devant un agneau blessé.
"- Approche."
Rodrigue frémit encore.
Il n'y avait rien de cordial dans le ton du jeune Atlante.
Il n'y avait rien de tendre.
Juste… une faim intense.
Un besoin profond….
Déesse… L'espagnol eut peur une seconde.
Aurait-il été un autre qu'il aurait fait demi tour, terrifié par le regard violet du jeune chevalier d'or.
Il s'assit près de lui.
"- Shion."
"- La ferme." Gronda encore l'atlante.
Rodrigue se tut.
Les lèvres de Shion se posèrent sur les siennes.
Le baiser n'avait rien de tendre, bien au contraire.
Brutal, exigeant, possessif, agressif….
"- depuis un an, j'attends." Souffla Shion avant de lui mordiller l'oreille.
"- Shion… Tu es trop jeune…" Protesta encore le Capricorne.
Le Bélier le poussa brutalement aux épaules.
Rodrigue ne résista pas même s'il grimaça d'anticipation a se cogner le crâne contre le sol mais la main de Shion amortie le choc.
El Cid frissonna.
Il sentait le contrôle du jeune Atlante fondre entre ses mains.
Bon sang, ce n'était pas Manigoldo qui pesait sur lui, mais Shion, un adolescent sans expérience qui brûlait pour lui depuis des mois…
Les boutons de sa chemise volèrent lorsque le Bélier l'ouvrit brutalement.
Avec un petit gémissement, Shion embrassa le torse musclé du bout des lèvres.
Lui qui était un sensuel, un hédoniste même se languissait depuis des mois des bras et des légères caresses de Rodrigue, trop enferré dans ses histoires de famille pour réaliser qu'il négligeait son jeune camarade.
A présent, cette histoire de robe avait été la goutte d'eau qui avait fait exploser la vasque de sa patience.
Il n'y avait plus d'âge qui tenait, plus de raison, plus rien.
Rien que le désir de Shion pour son compagnon.
Rodrigue ferma les yeux.
Il aurait du avoir la force de le repousser.
Il aurait du pouvoir lui faire entendre raison mais la Déesse le pardonne ! Les mains de Shion sur lui, la violence qu'il mettait à le soumettre à ses désirs, son souffle rauque, sa maladresse même le rendait plus soumis et passif que jamais.
Son pantalon suivit le même chemin que sa chemise.
Bientôt, nus tous les deux, il restèrent immobiles un instant.
Rodrigue leva la main pour effleurer la joue de Shion mais le Bélier se déroba.
Il ne voulait pas se laisser amadouer. Il en avait assez.
Il avait bien vu les regards des femmes sur son Capricorne et la jalousie des hommes devant sa force.
Il ne pouvait plus attendre davantage.
Il y avait un rien de désespoir dans ses gestes lorsqu'il embrassa encore Rodrigue, comme il y avait de la maladresse et un manque criant d'expérience dans ses doigts lorsqu'il caressa les cuisses de l'espagnol;
Rodrigue soupira.
Son beau planning avait volé en éclat à peine quelques jours après l'avoir conçut.
Les plans de bataille ne résistaient jamais au premier assaut de toute façon.
Le Capricorne tressaillit lorsque Shion lui mordit le coup.
La fébrilité de Shion était touchante. Sa maladresse et son angoisse aussi.
Rodrigue passa ses bras autours de ses épaules pour lui caresser le dos.
"- Shhhh… Tout va bien, Shion…. Du calme…." Murmura doucement l'espagnol, aussi passif que possible entre les bras de son jeune compagnon et presque amant…enfin….
Shion l'embrassa encore, un peu plu mesuré cette fois.
Rodrigue pouvait sentir l'évidence de son excitation contre ses cuisses et contre la sienne.
Il pouvait aussi sentir la précipitation de son jeune Atlante et sa panique presque.
Gentiment, pour tenter de l'apaiser, il écarta les cuisses.
Shion lui mordit encore la gorge et l'épaule.
L'espagnol serra les dents lorsque Shion le fit sien.
Il ne s'était pas attendu à autre chose.
Comment attendre du jeune Bélier qu'il soit un minimum soigneux lors de sa première fois alors qu'il était à ce point excité ?
Rodrigue endura la douleur.
Cela ne dura pas très longtemps de toute façon.
Ca ne durait jamais longtemps la première fois.
Shion s'avachit sur lui, le souffle court et les membres tremblants.
Rodrigue le repoussa juste assez pour qu'il se retire puis le prit dans ses bras.
Le Capricorne parvint à sourire malgré la douleur qui lui enflammait les reins.
Shion dormait déjà.
***
Le petit garçon de cinq ans, presque six, se téléporta près du grand pope.
Surpris, Sage en lâcha la tasse de thé qu'il buvait.
"- Et bien !!"
Un peu intimidé, l'enfant eut un mouvement de recul.
Sage l'observa.
Des points de vie, une crinière parme clair, une certaine rondeur du visage…
Cet enfant était l'un de ses descendants.
"- Bonjour…. Que puis-je pour toi, mon enfant ?"
Le petit Atlante miniature tendit une lettre roulée au grand pope qui la prit.
Sage la déroula.
"- Tu t'appelles Atla d'après cette lettre, c'est bien ça ?"
L'enfant hocha la tête en silence.
"- Tu ne parles pas ?"
Le petit baissa le nez.
"- Ton père dit dans sa lettre que tu as la force nécessaire pour devenir un chevalier. Est-ce un destin qui te plairait ?
Sage ne ressentait pas en cet enfant le petit rien, la résonance qui existait chez tous les apprentis chevaliers.
L'enfant secoua la tête.
Etre chevalier ? Pourquoi faire ?
Pourtant, le pope sentait sa puissance psychique et son cosmos latent qui ne demandaient qu'à éclore. Juste…..
Il n'avait pas été touché par la déesse.
Sage quitta son fauteuil.
"- Non, tu ne seras pas chevalier, mais il te faudra apprendre à contrôler tes pouvoirs…C'est la vraie raison, n'est ce pas ? C'est pour ça que ton père t'as chassé…"
L'enfant baissa les yeux, lourds de larmes.
Le pope guida l'enfant dans le Sanctuaire jusqu'à quatrième temple.
A l'intérieur, une guitare à la main et un genou à terre, Mani jouait une sérénade à un Albafica écarlate.
"- Mani ? J'ai un travail pour toi."
Le Cancer releva le nez de sa guitare, au grand soulagement du Poisson. Mani chantait comme une patate mais jouait plus mal encore.
Les sons qu'il tirait de l'instrument s'approchaient plus des hurlements d'agonie d'un castor écartelé sur une poêle à frire que de la douce musique romantique que la guitare était sensée émettre.
"- Qu'est ce que je peux faire pour Ta Majesté Gâteuse ?"
Atla camoufla un sourire derrière ses mains.
"- Ma Majesté Gâteuse voudrait que tu prenne en charge Atla pendant quelques jours, le temps que je lui trouve un professeur. Atla, voici Manigoldo mon élève et fils adoptif. Il est également chevalier du Cancer même s'il ne se passe pas une journée sans que je me demande encore comment il a bien pu réussir ce coup là ! Mani, voici Atla, un de mes descendant. Son père me l'envois car les talents psychiques d'Atla sont assez exceptionnels et qu'il ne sait comment l'aider."
Le petit garçon releva le museau, surprit.
Il n'avait jamais vu les choses comme ça.
En général, son père le tapait dès qu'il faisait un bruit ou déplaçait quelque chose par la pensée.
A presque six ans, l'enfant ne parlait pas encore.
Lorsque son père l'avait chassé avec cette lettre, le petit avait paniqué.
Il avait souhaité tellement fort être près de quelqu'un qui pourrait l'aider !!!
Il n'avait pas comprit comment, mais il l'avait trouvé.
Le grand monsieur semblait tout près à prendre soin de lui.
En plus, même s'il le confiait à un simple humain, celui-ci parlait Atlante.
Manigoldo offrit sa main au petit.
Il avait toujours eut un contact aisé avec les bambins.
"- Atla ? Je te présence Albafica, l'amour de ma vie. Il est beau hein ? Comme un bouteille de chianti tout juste sortie du torrent."
"- MANI !!!" Protesta le poisson, irrité.
Un tout petit rire, à peine audible, échappa à Atla.
Ils étaient amusant ces humains.
Satisfait, Sage laissa Atla aux mains capables de Mani.
Peut-être que son frère pourrait s'occuper d'Atla sans le traumatiser, lui…
Il faudrait avant tout qu'il s'assure qu'Harukei ne recommence pas avec cet enfant les erreurs qu'il avait fait avec Shion, mais… son frère restait le plus à même d'entraîner les dons de cet enfant.
***
Shion se réveilla en sursaut.
La veille était un peu brumeuse dans son esprit.
Il se rappelait avoir sauté sur Rodrigue, il se rappelait la texture de sa peau, sa chaleur autour de sa…de son… HO DEESSE !!!
Ecarlate, l'adolescent se dressa d'un bond.
Une vague nausée lui remonta dans la gorge, chargée de bile.
Il y avait un peu de sang sur son bas ventre.
Sur le sol, Rodrigue se recroquevilla de froid maintenant qu'il n'avait plus de bouillotte près de lui.
"- Shion ?"
L'adolescent se mit à trembler de la tête aux pieds;
Qu'avait-il fait ?
Bon sang, Mani comme Dégel ou les livres lui avaient tous dit de faire attention ! Et lui avait été brutal comme…. Comme…
"- Hé…..Shion…. Du calme…"
La voix douce de Rodrigue le paniquait encore plus.
Comment le Capricorne pouvait-il être aussi tranquille après ce qu'il lui avait fait ?
L'espagnol se leva tout en censurant strictement la grimace de douleur que son geste lui causa.
Il savait qu'il avait été un peu blessé par la fougue adolescente de Shion, mais rien que son cosmos ne put refermer en quelques minutes. La douleur résiduelle n'était que ça, résiduelle, juste un fantôme que ses nerfs allaient encore projeter quelques heures le temps qu'ils s'aperçoivent qu'il n'y avait plus de blessure.
Rodrigue prit l'adolescent dans ses bras.
Alors que Shion avait été conquérant et adulte la veille au soir, c'était presque un petit garçon qui tremblait à présent dans ses bras.
Le Capricorne le poussa doucement jusqu'au petit cours d'eau.
Gentiment, il le fit asseoir sur le bord.
"- Ne bouge pas, d'accord ?"
Trop choqué pour réagir, Shion ne broncha pas.
Il culpabilisait tellement d'avoir fait du mal à son Roro….
Rodrigue retourna à leur "campement"
Il récupéra les reste de sa chemise puis arracha plusieurs poignées de fleurs de saponaire qui poussait non loin.
Il frotta les fleurs sur le tissu humidifié qui se mit à mousser.
Gentiment, il nettoya Shion avant de lui donner le tissu.
"- Tient…"
L'adolescent ne se fit pas prier.
Aussi doucement que s'il était fait de verre filé, il lava longuement Rodrigue.
Un peu timide au début, il déposa un baiser sur l'un des bleus apparus sur la gorge du Capricorne là où il l'avait mordu, arrachant de petits soupirs de plaisir à l'espagnol.
Petit à petit, le Bélier se détendit.
Lorsqu'il finit de laver entièrement Rodrigue, il laissa ses mains s'égarer timidement sur la virilité semi éveillée du Capricorne, lui arrachant un petit grondement de satisfaction supplémentaire.
"- Je t'ai blessé." S'excusa, penaud, le Bélier.
"- je m'y attendais." Sourit Rodrigue."
"- Que…"
"- On est rarement soigneux la première fois. Plus encore lorsqu'on a été négligé comme tu l'a été." S'excusa à son tour le Capricorne.
Tendrement, Rodrigue prit le visage de Shion entre ses mains pour l'embrasser avec toute la passion contenue dont il était capable.
"- Shhhhh…. Tu as juste été un petit Bélier très motivé, Shion… C'est tout…"
Shion s'abandonna au baiser mas très vite, une douce chaleur traîtresse lui remonta le long des reins. Sans même y prendre garde, il prit rapidement le contrôle du baiser tout en pesant de plus en plus sur le torse de son compagnon.
Rodrigue accompagna le mouvement.
Il l'aida à s'allonger sur l'herbe moelleuse mais lui donna une petite claque sur la croupe lorsque les hormones impatientes de l'adolescent…non, du jeune homme, se firent plus présentes.
"- Shion… Ne soit pas si brutal…. Je suis a toi et tout à toi." Rassura gentiment Rodrigue.
"- Tu es sur hein ?"
"- A qui voudrais-tu que je sois ?"
Les yeux violets de l'adolescent se voilèrent pendant qu'il caressait la cuisse de l'espagnol du bout des doigts.
"- J'ai bien vu comment elles te regardaient toutes…et toi…toi…tu me demandes de me déguiser en fille et… et… Ca fait un an que tu ne t'occupes plus de moi et….je sais que tu es occupé mais…Tu me manques et…"
Le Capricorne secoua la tête, désolé.
Imbécile sans cervelle qu'il était. Il connaissait pourtant l'angoisse de Shion d'être considéré comme un moins que rien ou une nuisance.
Stupide chèvre qu'il était !
Il reprit brutalement les lèvres de Shion pour un baiser passionné avant de l'entraîner sur lui.
La joue sur la sienne, Shion ferma les yeux, soulagé.
"- Je suis désolé." Insista Shion.
Rodrigue lui caressa le dos du bout des doigts.
"- Je t'ai dit que ce n'était rien…."
Timide, Shion l'embrassa encore avant d'effleurer sa gorge de ses lèvres;
Rodrigue lui sourit, les yeux clos.
"- Sois doux, Shion… Doux comme un papillon..."
Il avait beau tenté de détendre son jeune amant, il sentait l'angoisse de Shion remonter en flèche, en même temps que son désir. Il fallait qu'il le détende ou Shion allait avoir des problèmes rapidement.
"- Je…. Je ne sais pas…" Finit par avouer Shion.
Ha ! Voila ce qu'avait attendu Rodrigue.
Heureux, le Capricorne glissa une main dans les cheveux du jeune Bélier.
Il ne savait pas non… Intellectuellement, il savait mais lorsque le désir venait s'en mêler, tout disparaissait sous la passion.
"- Imagine deux hérissons en train de copuler." Expliqua, très calme, le Capricorne.
Shion resta saisit une seconde avant de pouffer puis d'éclater de rire;
"- Deux…hérissons ???"
"- Oui, avec les piquants… il faut faire attention."
Soudain bien décontracté, l'adolescent noua ses bras autour de la taille de Rodrigue.
Allongé l'un en face de l'autre sur le flanc, ils se sourirent.
"- Apprends-moi ?"
"- Avec plaisir mon amour." Souffla doucement Rodrigue avant de rouler sur le dos.
Les joues un peu roses, Shion se laissa guider.
Les caresses d'abord, douces et fantasques.
Les soupirs et les gémissements qu'il parvenait à tirer de la gorge de Rodrigue.
Oublier son entrejambe pour le faire haleter de besoin.
Les baisers, doux et insistants, possessifs ou passionnés.
Les lèvres qui glissent sur une cicatrice avant de la titiller du bout de la langue.
Son souffle frais sur une ligne de salive qui arrachait un petit cri de surprise à Rodrigue…
Ho oui, Shion était bon élève…
Bon élève et diablement imaginatif pour un adolescent.
Ecarter doucement les jambes, l'air de rien, les relever pour embrasser l'intérieur des cuisses, les titiller des dents ou le agacer du bout de la langue.
Effleurer le membre pulsant de faim de la paume ou des lèvres, promettre un soulagement pour bientôt avant de descendre encore…
Effleurer le petit anneau de muscle du doigt ou de la langue, s'assouplir avec un peu de salive puisqu'ils n'avaient que ça, le passer avec lenteur et douceur pour laisser au muscle le temps d'accepter l'invasion.
Attendre.
Attendre encore.
Attendre que la pression diminue puis étirer le petit anneau autour du doigt.
Le retirer, le mouiller encore puis lui faire reprendre le chemin qu'il découvrait.
Le faire accompagner par un frère, puis deux.
Attendre.
Attendre encore que le corps alanguis se torde de désir et de besoin.
Attendre que les yeux clos de rouvrent, emplis de feu et de passion.
Attendre une supplique, quelle qu'elle soit.
Puis retirer les envahisseurs.
Couvrir son membre de salive, le plus possible puis prendre place, lentement.
Garder la tête froide, encore un peu.
Retenir son instinct pour ne pas blesser.
Shion s'immobilisa.
Le front sur le torse de Rodrigue, il se forçait au calme.
Il ne voulait plus blesser son amant.
"- Sh…Shion…."
La voix rauque de Rodrigue le fit gémir.
Avec un contrôle qu'il avait chaque seconde plus de mal à garder, le jeune Atlante posséda le digne Capricorne.
Centimètre par centimètre.
Les reins brûlants à force de se contenir.
Un lourd gémissement lui échappa lorsque Rodrigue appuya sur ses reins pour le prendre complètement en lui.
Sanglotant doucement, le jeune Bélier enfouit son visage dans le cou de son compagnon.
Rodrigue joua un peu des muscles sur lui le temps de s'habituer à la sensation.
"- Shion… S'il te plait…"
Le Bélier ne se le fit par dire deux fois.
Incapable de se redresser, il se mit lentement en mouvement, les doigts enfoncés dans l'herbe qu'il arrachait à poignée tout en dévorant la gorge de son amant de petits coups de dents.
Rodrigue soupira.
C'était bon d'appartenir enfin à son petit amant…C'était bon de réclamer enfin pour lui son Shion….
Le Capricorne feula lorsqu'il sentit l'Altlante prendre son plaisir puis s'immobiliser sur lui, en lui.
Il était tellement proche… il lui en fallait si peu…
Doucement, il prit la main de Shion pour la poser sur son bas ventre.
"- S'il te plait."
A moitié endormit, pourtant, Shion obéit à la demande.
Il n'en fallut pas plus pour que Rodrigue s'assouvisse à son tour.
Epuisés, les deux hommes s'endormirent sur l'herbe folle.
Non, les premières fois n'étaient jamais très glorieuses…
