Chapitre 14 : Amertume

Un nouveau chapitre! ENFIN!

10 pages... ce n'est pas mal! J'avoue qu'il en faisait 15 mais je l'ai coupé en deux chapitres. Sinon je n'aurais pas pu le poster tout de suite... Déjà que je ne suis pas une pro de la rapidité...

Nous faisons un peu en avant... un grand pas.

L'ambiance change enfin, la suite est mise en marche et la fin est intéressante... Le prochain chapitre changera l'action sur 360°

J'espère que ça vous plaira! j'essaierai de poster le prochain le plus rapidement possible!

Je remercie les personnes qui m'ont envoyé des commentaires récemment, ils m'ont vraiment fait plaisir!

Vous n'imaginez pas à quel point cela m'encourage et me conforte!

Merci à vous tous!

Stewart, Ewa, Draconis 86, Malh, twilight 200, titi... vraiment vos commentaires me touchent énormément! J'avoue que je les relis souvent quand j'ai un coup de mou...

Julie, j'ai regardé ta vidéo et j'ai été sciée! J'ai même hésité à la regarder tellement j'étais émue...

N'hésitez pas à aller la voir sur Youtube: désir et jalousie / Julie Tramini

Autre chose, vous aimez de plus en plus James, ce qui surprenant, mais j'avoue que je l'aime de plus en plus aussi... On comprendra dans le prochain chapitre pourquoi il a fait ce qu'il a fait... même si ce n'est pas une raison.. c'est mon avis... mais je l'aime bien quand même...!

Pour écrire ce chapitre, j'ai écouté «I am Sherlocked», une chanson de la BO de Sherlock series.


Chapitre 14 : Amertume

L'après match du côté de Scorpius et Dorian...

Dorian aperçut sur père, assis dans les tribunes, la tête dans ses mains et le dos voûté. Il soupira, et monta les marches. Il tapait presque des pieds pour annoncer son arrivée. Théodore Nott leva les yeux vers son fils et se leva pour aller à sa rencontre. Ni l'un ni l'autre ne firent de geste pour s'étreindre, se contentant d'un bref hochement de tête et d'un sourire hésitant et rapide de la part de Dorian.

« ça fait longtemps», dit Théodore en posant une main sur l'épaule de son fils. «Tu as grandi».

Qu'en sais-tu? pensa Dorian, mais il acquiesça, tournant légèrement la tête en espérant que Drago viendrait les rejoindre. Mais celui-ci parlait avec Daphné Greengrass et Scorpius. Il ne regardait pas de leur côté.

Son père continua :

«Tu n'as pas répondu à mes lettres.

- J'ai répondu, au début.

Son père le lâcha et recula légèrement.

- Tu as réfléchi à ma proposition. J'aimerais…

- Tu as vu le match?» interrompit Dorian. Il n'avait pas envie de discuter des lettres maintenant. Il avait l'impression de rencontrer un étranger qui lui demandait de vivre chez lui. De quoi vriller un estomac. Il connaissait mal l'homme et refuser de répondre à ses questions pour le moment.

Théodore sentit son recul, il ne pouvait en être autrement, mais à l'inspiration sèche qu'il prit, Dorian comprit que le changement de conversation n'était pas du goût de son père.

- Je t'ai vu jouer pour les Gryffondors. Tu aurais pu me dire toi-même que tu étais dans leur maison. Tu sais comment je l'ai appris ?

- Drago te l'a dit, dit Dorian d'un ton sans culpabilité.

Théodore leva le menton, ses yeux s'assombrirent et il pinçait les lèvres en une colère silencieuse.

- Et tu trouves cela normal ?

Le ton était plus calme que son apparence outrée ne l'aurait suggéré.

Dorian haussa les épaules.

- C'est lui qui t'a donné de mes nouvelles les six années que nous avons passées au château chez les moldus. Je ne pensais pas que les choses changeraient maintenant que je suis à Poudlard. »

Nott encaissa les paroles de son fils sans mot et sans que ses yeux ne trahissent un malaise. Tout cela ne le touchait pas, Dorian en était sûr. Seules les apparences comptaient.

Le père s'assit et fit signe à son fils d'en faire de même, en désignant un siège près de lui. Dorian prit un siège plus éloigné et Théodore fit mine de l'ignorer.

- Le choix d'une maison est très important chez les sorciers, commença-il doucement, en regardant son fils dans les yeux. Tu dois le savoir ?

- Oh pitié ! Personne ne s'inquiète de ce genre de chose. Ma maison ne détermine pas mon avenir, c'est une école, tout le monde se fout de ce qui s'y est passé quand on sort de là !

- Toute ma famille est passée par Serpentard ! grinça Théodore. Il serra le chapeau qu'il tenait sur ses genoux, le tordant comme un chiffon. Son visage perdit son calme et ses yeux s'affolèrent.

Le brin de folie à nouveau se dit Dorian.

« Chez nous, tout cela est d'une grande importance, c'est la tradition ! »

- Chez nous ? Tu veux dire chez les pur-sangs intégristes et bigots ? Parce que je ne me reconnais pas du tout là-dedans.

- Tu vas rendre ton grand-père malade avec tout ça, souffla Nott.

Dorian sentit la colère s'insinuait dans son corps. Il se rappelait trop la cellule sombre que ses dessins d'enfants accrochés au mur n'arrivaient pas à égayer. Il se souvenait du personnage qui y déambulait, toujours plus fragile.

- Il est déjà malade, et il est même mourant ! Et si je peux lui donner le coup de grâce j'en serais heureux. Même lui préférerait mourir que de pourrir encore une année dans sa cellule et il se fout bien de mon équipe à Poudlard.

- C'est ce que tu crois ! Jetez l'opprobre sur notre famille...

- Vieux fou. C'est moi qui fais honte à cette famille ? Non mais tu t'es regardé ? Ta chemise est froissée, ton manteau n'a plus de forme et ton pantalon est élimé. Tu devrais aller chez le tailleur ou même chez un coiffeur. Mais avoues-le père, l'argent manque ! Ton château est pratiquement vide et sans elf de maison, il croule sous le poids de la poussière. Nos possessions ont été vendues pour payer les « dettes de guerre », voilà ce qui te met tellement en colère aujourd'hui. A l'époque, tout cela t'était indifférent. Tu te fichais bien de la guerre et tu fais partie de ses serpentards qui ont fui Poudlard avant la bataille. Vous n'avez jamais eu à respirer votre propre merde.

- Parle autrement mon garçon!

- Drago a compris à quel point son rêve était pourri le jour où Voldemort s'est trouvé devant lui. Jamais tu n'as eu à remettre tes idées en jugement. Tu t'en es fait un lit dans lequel tu te vautres.

- Ils m'ont pris mon fils!

Dorian ne sut de qui son père parlait : les Malfoys, les gagnants de la guerre qu'ils avaient fuis, les moldus ? Son père le savait-il lui-même ?

- Non c'est toi qui m'as abandonné.

Théodore baissa la tête, inspirant profondément. Il passa la main son visage, insistant sur ses paupières fatiguées. Il ressemblait de plus en plus à un mort en mouvement, un être en sursis. Sa maigreur, son teint gris et terne, ses pommettes saillantes, la peau presque transparente qui entourait les os de ses doigts, un portrait effrayant dans la lumière blanche d'automne. Maintenant Dorian était plus grand que lui, de peu, mais assez pour qu'il le jaugea sans crainte et ne parvenais pas à s'en priver. Cet homme ne lui inspirait même pas de la pitié.

- Je voudrais qu'on soit une famille, finit-il par dire.

- J'ai une famille.

Son père eut un rire sec et méprisant.

- Tu ne seras jamais l'égal de Scorpius.

- Je ne l'ai jamais voulu, répliqua Dorian, fixant son père avec assurance. Je ne serais jamais le fils de Drago Malfoy, mais il a eu toutes les attitudes d'un père pour moi. Quelques unes des rides qui strient son front sont le résultat du souci qu'il se fait pour moi. Les tiennes sont justes le reflet de ton égoïsme et de ta folie. Tu veux la vérité ? Tu as peur de finir seul et tu recherches un fils. Adopte donc un chien. Il te donnera plus que je ne le pourrais jamais.

Quand il vit les épaules de l'homme s'affaissaient, Dorian regretta ses mots. Il se souvenait des paroles de Scorpius qui l'enjoignaient à la douceur. Malgré tout, cet homme était son père. Il expira, et posa avec hésitation la main sur l'épaule de son père, un court instant, un court réconfort.

Il la retira, mais Théodore lui prit la main. Dorian voulut la dégager de l'étreinte, les doigts qui serraient sa main serraient trop fort.

- Passes Noël avec moi, implora son père, comme une famille. Je peux faire des efforts. Je peux être un père pour toi. Tu dois me donner une chance.

Il aurait voulu dire non, il aurait voulu s'enfuir. Dorian posa le regard sur leurs doigts qui se touchaient et il acquiesça, sans conviction. Car il voulait que son père lâche sa main.

Un peu plus loin, Nicolas Greengrass tirait sur les cheveux de Scorpius et Daphné faisait une mine horrifiée devant le peu de soin dans la coupe du garçon. Elle siffla quelque chose à l'attention de Drago qui repoussa la requête d'un signe négligé de la main. Elle proposait sans doute de couper elle-même les cheveux du garçon. Dorian aurait voulu avec eux à ce moment-là.


« Par Merlin, tu ressembles presque à un garçon.» Blaise Zabini jaugea Scorpius des pieds à la tête, les bras écartés en une posture indignée devant l'apparence du garçon. Il se tourna brusquement vers Drago. «Et tu le laisses s'abimer ainsi?»

Zabini portait un manteau de velours noir, à doublure de soie vert émeraude. Ce simple manteau coûtait le prix un appartement dans Knightsbridge. Tailleur hors pair, il avait repris une galerie de prêt à porte que sa mère avait créé et gérait en dilettante, plus pour martyriser les employées et jouer les véritables dictatrices que par réel intérêt. Rapidement, Blaise avait transformé la boutique en un véritable empire de mode et une industrie de couture florissante. Black widow, ou la Veuve noire,- une appellation relative à sa mère qui avait sept maris, tous morts dans des circonstances mystérieuses lui laissant toujours plus de richesse,- était devenue la marque de luxe et de qualité en Grande Bretagne. Et au grand dam de Drago, Scorpius était son égérie depuis qu'il avait 5 ans.

«Il n'y a que toi qui voulais qu'il reste ambivalent, répliqua Drago. C'était amusant un temps. Je ne pense pas que Scorpius soit encore intéressé.

- Pourquoi tu dis cela!

- Tout ces histoires de photos, c'était ton idée, Scorpius était d'accord. Mais maintenant ça suffit. Je veux qu'il ait une adolescence normale.

- Une adolescence normale? dit Blaise en levant un sourcil dubitatif. Rappelles-moi comment tu t'appelles?

Il ignora le roulement des yeux de Drago et continua :

- Je sais que tout était mon idée, mais ces moldus faisaient des prises de vues dans un cottage à deux pas de chez toi! La mode moldue a de plus en plus d'aficionados chez nous. C'était le meilleur moyen de lancer la carrière de Scorpius dès son plus jeune âge et après j'aurais pris le relais!

- Cela aurait pu attendre quelques années.

- L'âge requis pour poser chez les sorciers est 17 ans. Je n'apprécie pas les moldus mais ils ont la décence de comprendre que l'âge d'or d'un garçon c'est de 12 à 16 ans et c'est tout. Après ils sont trop hommes! Très tôt les petites filles sont trop comme les femmes mais les garçons ne ressemblent pas à des hommes; c'est un genre à part et tu es en train de tout gâcher.

- Je ne gâche rien, la puberté s'en charge.

Blaise soupira en secouant la tête, l'air réellement navré.

- Au moins il garde des formes parfaites.

- Ne l'encourage pas là-dedans. On dirait un squelette sur pattes.

- Je vous entends, intervint enfin Scorpius, signalant aux adultes qu'il se trouvait juste en face d'eux et que le tact serait de mise. Merci pour ses compliments sur mon poids p'pa. Et Blaise, Je suis désolé, c'était amusant mais ça ne m'intéresse plus.

- Mais tout le monde veut être célèbre ! s'indigna Blaise, d'autant plus vexé que Drago souriait en acquiesçant aux paroles de son fils.

Scorpius haussa les épaules.

- Réfléchis mon garçon, tu as un grand potentiel. Je sais que la vie à Poudlard est réconfortante, on a même du mal à imaginer qu'on en partira un jour. Mais quand les grilles se refermeront sur toi, tu seras perdu parmi la foule et tu trouveras un job minable dans une boutique de Diagon Alley ou au Ministère de la Magie

- Blaise, grinça Drago.

- Et tu découvriras un jour que ta vie n'a pas de sens et que tu aurais pu devenir la célébrité la plus courtisée de cette foutue île.

- Blaise, insista Drago, élevant la voix.

Zabini soupira, secouant la tête.

- Et peut-on savoir quelle carrière est si importante pour toi pour que tu abandonnes l'idée de devenir modèle pour mon enseigne ?

Scorpius mordilla sa lèvre, nerveux, et haussa à nouveau les épaules. Blaise lâcha une acclamation outrée.

- Tu veux dire que tu repousses mon offre alors que tu n'as aucune idée de ce que tu veux faire après Poudlard !

- Blaise s'il te plait ! Fiche-lui la paix.

Sa mère avait parlé. La mère de Scorpius. Le garçon fut surpris qu'elle intervienne. Il fut même surpris qu'elle ait écouté une conversation le concernant. Sa présence même à ce match était exceptionnelle.

- Que dire ? … finit par dire Blaise, visiblement intimidé par la femme grande et svelte qui se dressait derrière son fils. Ma porte est toujours ouverte.

- Viens avec moi, dit sa mère en le précédent dans les escaliers des tribunes. On va faire quelque chose pour ses cheveux.

Scorpius hésita et il finit par suivre Astoria en bas des tribunes. Arrivé aux vestiaires, Scorpius hésita. Il se retrouvait rarement seul avec sa mère. Il n'arrivait même pas à se rappeler quand cela était arriver pour la dernière fois. L'indifférence, la froideur d'Astoria l'avait toujours inquiété. Il se demandait presque si son appréhension envers le sexe opposé ne lui était pas venue de cette femme. Douceur et prévenance n'avait jamais été son modèle féminin.

« Assis-toi dit-elle en désignant le banc central.

- Tu as des ciseaux sur toi ?

- Des petits ciseaux de couture. Ainsi que des fils, des aiguilles, tout pour des reprises rapides.

- Ils sont minuscules ces ciseaux dit-il à la vue de la petite paire (en or bien sûr) que sa mère sortit de son sac à main.

- Puisqu'il faut seulement égaliser, ce sera parfait.

Astoria se plaça derrière lui, passant ses longs doigts fins dans ses cheveux.

- C'est du grand n'importe quoi.

- Je n'avais pas l'intention de faire une coupe élaborée, répliqua Scorpius sèchement.

- Non puisque tu l'as fait sous le coup de la colère.

Scorpius se contracta et Astoria continua :

- Ou de la tristesse ou de la frustration. Tout sauf consciemment. J'essaie de garder une certaine longueur tout de même. Aux épaules ça te va ?

Elle n'attendit pas la réponse et coupa. Les mèches tombaient sur ses épaules. Certaines tombèrent sur ses cuisses et Scorpius les ramassa, les fit rouler dans sa main en une petite boule qu'il jeta le plus loin possible. Il recommença avec les autres cheveux coupés.

- Je ne suis pas une mauvaise mère. » Il cessa de bouger, raidit. Seul le bruit des ciseaux résonnaient dans la pièce et Scorpius ne dit rien. Astoria continua d'une voix anormalement douce. « Je ne suis simplement pas «mère». Je n'ai pas l'instinct. Et toi, tu n'as jamais été un enfant normal. Trop intelligent, pas défini. Tu ne tenais pas ton rôle et je ne tenais pas le mien. C'est aussi simple que cela. Je me sens plus à l'aise depuis que tu grandis. Tu demandes moins d'attention. Et pourtant depuis que tu es parti... je m'inquiète ». Sa voix baissa, jusqu'à devenir un murmure. « Oui je m'inquiète. » Elle passa depuis lui. Elle joua un instant avec sa mèche qu'elle mit sur le côté et souffla sur son visage pour enlever les derniers cheveux coupés. Presque une attitude de mère.

- Cela fera l'affaire.

Le garçon fit tomber les cheveux de son pull et de son pantalon.

- Scorpius. » Il se tourna vers sa mère qui remettait ses gants de velours mauve. « Ce que je voulais dire, c'est que je suis là. Si tu as besoin de moi. »

Scorpius acquiesça. Il tint la porte pour que sa mère sorte et prit sa suite. Avant qu'il ait pu la fermer, Astoria fit volteface, pointant un doigt ganté sur la poitrine de son fils.

« Une dernière chose. Laisser toi encore tomber dans le vide comme tu l'as fait, et tu auras deux morts à déplorer, celle de son père que son cœur aura lâché et la tienne quand je t'aurais étripé. C'est clair ?

- Très clair, dit-il la voix serrée.

Scorpius se demanda comment sa propre mère voulait lui donner de telles sueurs froides. Mais il y avait quelque chose chez elle dont il ne pouvait s'empêcher d'être fier.


De retour dans le présent: la Salle Commune des Serpentards

Scorpius essayait de se frayer un passage parmi la foule réunie dans la salle commune des Serpentards et les différents personnes qui le félicitaient, le traitaient de fou ou lui offraient à boire. A son arrivée, il avait été porté en triomphe par l'équipe et jeter en l'air plusieurs fois au grand malheur de son estomac.

Pour le moment, il discutait avec un grand blond typé charmeur de dernière année, au sourire immense et blanc, qui s'approchait un peu trop près de lui pour lui parler. Edward Hudson ou Hatson, ou Andrew… Scorpius ne savait plus exactement. Il s'en fichait de toute façon. Quand il lui proposa d'aller lui chercher un autre verre, Malfoy acquiesça avec un sourire -alors même que son verre était encore plein- et se faufila parmi les gens dès que le garçon ait eu le dos tourné. La dernière chose dont il avait envie, c'était d'être harcelé par un dragueur compulsif.

Malheureuse, il tomba nez à nez avec Albus. Le jeune homme le fixait calmement, comme s'il l'observait depuis un moment déjà. Ses yeux étaient vitreux, intensifiant le reflet de leur couleur. Un jean noir et une chemise blanche dont le col était ouvert, lui donnaient une apparence sophistiquée qui ne lui ressemblait pas. Un accoutrement... Scorpius tenta d'ignorer la vague de chaleur qui partait de son cœur et se loger dans son ventre. Cette crampe insupportable qui apparaissait quand le regard d'Albus était sur lui.

- C'est lui? demanda Albus en montrant le grand blond sans nom d'un mouvement de tête. Son épaule supportait son poids contre le mur et à sa façon de dodeliner de la tête, l'alcool glissait déjà dans ses veines depuis plusieurs verres.

- Lui qui? demanda Scorpius. Il fut ravi d'entendre que sa voix était neutre. Il se demanda s'il aurait dû l'ignorer et passer son chemin mais pour aller où au final. La Salle Commune des Serpentards n'était pas assez grande pour qu'il puisse éviter le garçon éternellement. Il porta à ses lèvres un verre qui sentait le rhum. Le punch n'était pas censé être alcoolisé, mais les serpentards avaient de la ressource.

- Le type que tu as mis entre nous.» Il se pencha en avant, approchant son visage du garçon de sorte qu'il sentit sa chaleur sans le toucher. «Celui qui te saute.

Scorpius se recula soudain, et ne put contenir une grimace de dégoût.

Le ton est donc lancé, se dit-il, autant ne pas faire dans la douceur.

- Non. » Il vida le verre d'un trait, la brûlure dans sa gorge était moins aigre que celle de son cœur. Le courage en liquide. Il appliqua son plus beau sourire venimeux et continua:

« Je croyais que tu étais passé à autre chose. D'après les rumeurs, ta copine va te dépuceler ce soir non?

- C'est fait. »

La réponse le prit au dépourvu. Albus avait prononcé ces mots avec indifférence, sans émotion, sans fierté. C'était un simple constat: il avait fait l'amour à une femme. Scorpius sentit son cœur perdre un battement et la nausée lui monter aux lèvres. Il sentit son assurance glissait sur lui puis disparaitre.

- Oh. Félicitations. J'espère que c'était à ton goût.

Cette fois sa voix tremblait légèrement et horreur, ces yeux devenaient humides. Il les détourna avant qu'Albus puisse le voir, cherchant un point à fixer parmi la foule, essayant de feindre une indifférence. Mais il était écœuré, tout simplement écœuré. Des images fantasmées le harcelaient soudain. Des soupirs à lui, des gémissements à elle, les doigts de cette fille dans ses cheveux noirs, ses beaux yeux verts qui la dévoraient pendant qu'il lui faisait l'amour...

- Scorpius!» Il releva les yeux pour découvrir le grand blond qu'il avait tenté de fuir une minute auparavant. «Je ne t'ai pas vu partir, tiens voilà ton verre.

Finalement il n'est pas si inutile, se dit Scorpius en prenant le gobelet de ses mains, notant son index qui caressait le sien au passage. En temps normal, Scorpius l'aurait repoussé sans ménagement. Mais il se sentait engourdi, dégouté.

- Tu permets? On était en train de parler!

Andrew ou Edward se tourna doucement vers Albus comme s'il le découvrait. Il le dépassait de presque une tête et était plus épais. Fort de ce constat, il souriait avec dédain, en approchant suffisamment pour qu'Albus apprécie sa taille.

- Je n'ai pas l'impression qu'il appréciait votre conversation.

Albus eut un rire court et poussa le garçon qui faillit trébucher, le pas mal assuré, conséquence de plusieurs verres.

- Tes impressions tu peux te les carrer où je pense!

Scorpius inspira profondément et secoua à la tête. Il attrapa son verre et le vida d'un trait, puis attrapa celui d'Andew (ou Edward) et fit de même. Un whiskey sec. Encore une brûlure.

Albus attrapa la main qui tenait le verre.

- Hé vas doucement !

Scorpius ne put étouffer un petit cri de douleur au contact sur sa peau blessée et égratignée.

- Vas te faire foutre, répliqua-t-il d'une voix basse et rauque en dégageant son bras. Méprisant, il montra ses vêtements d'une main négligée. «C'est pour ça hein? Cet accoutrement? C'est pour elle ? Une veste blanche immaculée, des souliers noirs et un jean impeccable?

Albus ouvrit les lèvres mais se ravisa. Andrew ou Edward choisit ce moment pour s'éclipser.

«Tu es ridicule, souffla Scorpius, soutenant le regard blessé du garçon.

- Parce que j'ai voulu que ce moment soit spécial? C'est ça qui est ridicule?

- Hé Scorpius ! »

Linz Carlson et Aaron Briani approchaient de lui, des sourires béants et un peu ivres déformaient leur visage.

« Albus t'as dit ? continua Carlson. Les pré-match sont annulés, les capitaines ont préféré tirer au sort. Notre prochain match est contre les Serdaigles !»

Scorpius eut envie de leur crier qu'il s'en fichait éperdument et que le match se ferait sans qu'il soit même dans les tribunes pour y assister. Mais il ne voulait pas avoir à expliquer pourquoi il quittait l'équiper. Surtout dans ces circonstances… de quoi enrager la cinquante de personne présente dans la pièce et de ne plus pouvoir échapper à leurs questions.

- Pourquoi ne pas faire les autres pré-matchs ? s'enquit-il, étonnamment calme alors qu'il se sentait sur le point de hurler.

- T'as fait sensation. Les spectateurs demandent les vrais matchs. Ils sont écœurés que celui-ci n'ai été qu'une présélection, parce que… enfin… t'as été énorme ! » Scorpius ne put s'empêcher de sourire timidement devant l'enthousiaste du garçon. « Alors qu'est-ce que ce sera pour un match à point !

- C'est génial non ? » insista Briani, en donnant une petite tape dans l'épaule de Malfoy qui acquiesça comme un automate.

- Ouais c'est bien.

- On va se rechercher des verres, annonça Carlson en attrapant son ami à sa suite, tu veux boire quelque chose.

Encore un…

- Un rhum sucré.

- ça marche, Albus ?

Le garçon déclina l'offre d'un geste poli de la main et les garçons partirent vers la cachette où étaient dissimulés le punch alcoolisé et les bouteilles illicites.

Il sentait la présence d'Albus dans son dos. Il se sentit vidé. Un calme glacé l'enserrait, le contraignait à la retenue.

« Tu ne leur a rien dit ? demanda-il en se retournant.

Albus haussa les épaules.

« J'ai pensé que ça pouvait attendre. » Il leva le verre qu'il tenait dans sa main et montra les occupants de la pièce qui riaient et parlaient fort. « On fête une victoire. Inutile de leur dire que tu quittes l'équipe.

- Je ne changerais pas d'avis.

- Tu aurais pu m'en parler.

- Et pourquoi j'aurais fait ça ? Hier tu m'as hurlé dessus et la fois d'avant tu m'as jeté contre un mur...

- Ah ? » Albus plaqua son regard sur le sol et tapa ses doigts sur son verre. Il se mordillait la lèvre, un réflexe d'énervement chez les Potter que Scorpius connaissait bien. Il releva les yeux, le regard assombri « Et tu ne le méritais pas ? »

Scorpius eut envie de le frapper. Il venait de sauter sa petite-amie et lui reprocher de faire de même avec un autre. La pièce devenait trop petite pour qu'ils y soient ensemble. Scorpius passa à côté de lui, le bousculant au passage. Mais Albus n'abandonna pas et commença à le suivre.

- Pourquoi tu pars maintenant ? Quelqu'un t'attend ?

Scorpius garda le silence. Ayant pris la résolution de longer le mur jusqu'à la sortie, il tentait de se frayer un passage parmi les fêtards, enjambant même les jambes d'un couple qui s'embrassaient assis sur le sol.

Arrivé près de la colonne de la cheminée, il sentit Albus le tirait en arrière.

- Lâche mon bras ! grinça-t-il, sans élever la voix.

- Réponds-moi ! insista Albus, et sa voix tremblait maintenant, l'alcool lui échauffait le sang.

- Je n'ai rien à te dire.

Albus eut un rire un peu dément, alcoolisé, qui s'étrangla dans sa gorge. Il passa la main dans ses cheveux.

- Ça me dégoute. Ça me rend dingue. Ça fait une semaine que je me retiens de fouiller, d'ouvrir les lettres qui sont dans ta table de chevet. Je ne l'ai pas fait,» dit-il en levant la main alors que Scorpius était sur le point de parlé. Le garçon referma les lèvres. «Mais j'aurais pu le faire. Tous les moments où je pensais que tu m'évitais… j'aurais pu rechercher.

- Je ne t'évitais pas.

- Je sais… Je t'ai vu ce matin… Tu t'entrainais avec Dorian. Pourquoi avec lui ?

- Parce que je suis lâche, déclara-il et il n'en ressentait aucune honte. Et parce que je suis arrogant. Je voulais ce match pour toi, mais sans que tu y sois pour quelque chose, sans que je subisse tes entrainements. Et parce que je ne supportais pas ta façon de me regarder.

Albus s'approcha soudain. Il attrapa son poignet, évitant sa main blessée. Il caressa la peau avec son pouce, et passa la langue sur ses lèvres, les yeux fixés sur la main qui enserrait son bras.

- On pourrait faire les choses bien cette fois ? murmura-t-il en levant les yeux, dévisageant le garçon avec douceur. De sa main, il sentait le coeur du garçon taper dans son poignet, appréciant le pouls qui s'accélérait.

- Faire les choses bien ? répéta Scorpius, en secouant la tête. Cette idée lui paraissait absurde, il ne comprenait pas. Albus lui proposait de tout oublier? L'idée lui plaisait. Il avait tout fait pour lui dire adieu, mais se débarrasser de lui. Mais il se sentait sombrer à l'idée de retrouver sa chaleur.

- Viens avec moi, dit le garçon en le ramenant vers lui mais Scorpius résista.

- Où ça?

- Dans le dortoir, il faut qu'on parle de tout ça», insista Albus. Sa voix devenait un murmure. «S'il te plait, Scorpius. S'il te plait.»

Malfoy regardait la main qui le touchait, conscient qu'il aimait trop ce contact, que cette chaleur lui avait manqué.

«Hé!

Albus lâcha le poignet de Scorpius. Katelyn Davies venant de surgir à ses côtés, dans une robe bleue à la matière douce et brillante, et enserra le garçon dans ses bras. Scorpius s'écarta du couple, il aurait souhaité disparaître à ce moment précis. Au moment où Potter l'avait lâché.

Albus resta inerte, surprit des bras qui se serrait autour de son cou.

- Salut toi.

Elle lui vola un baiser auquel il ne répondit pas.

- Kate, qu'est ce que tu fais là?

- J'ai accompagné Rose depuis la tour des Serdaigles, dit-elle en levant le pouce derrière elle. Scorpius aperçut la jeune fille.

- Un vrai plaisir souffla ironiquement la jeune Weasley à l'intention de Malfoy avant de lui susurrer un « félicitation » dans le creux de l'oreille et de le prendre dans ses bras.

Son cœur lui faisait tellement mal qu'il sentait à peine les bras de Rose autour de lui. Le sentant hésiter, Rose le serra plus fort, et Scorpius finit par lui rendre son étreinte. Un parfum doux, vanillé. Il aimait son parfum, il aimait vraiment cette jeune fille. Il était heureux qu'elle soit là à cet instant.

- Mon cœur, tu devrais fermer ta chemise, dit Kate en boutonnant les pans du tissu près de la gorge, un sourire charmant sur ses lèvres pleines. Il y a la marque de mon suçon dans ton cou.

La visage d'Albus devint rouge. Rose leva les yeux au ciel, avant de faire semblant de vomir. Scorpius ne parvint pas à sourire. Même feindre une émotion le dépassait. Son regard était fixé sur elle.

- Scorpius, s'exclama-t-elle comme si elle découvrait sa présence. Félicitations!

Elle attrapa le garçon dans une étreinte rigoureuse. Il n'arrivait pas à réaliser. Elle le prenait dans ses bras... Et comble, elle était plus grande que lui! Il se sentait maigre et fragile contre ses courbes, raide contre sa douceur. Il parvenait à distinguer l'odeur d'Albus qui flottait sur ses mèches noires. Il croisa le regard stupéfait et désemparé de Potter par-dessus l'épaule de son amante. A ses côtés, Rose était furieuse.

Elle le lâcha enfin et le regarda à bout de bras, ses doigts crispés sur ses épaules, un sourire doux presque maternelle sur les lèvres.

- On a tous été très impressionnés par le match. Surtout après l'hôpital et tout... Je ne m'attendais pas à ce que tu fasses tant d'effet.

Ah bon, demanda Scorpius sans conviction.

- Bien sûr. C'était inattendu! Il y a une semaine tu ne tenais pas debout et ça fait quelques jours que tu ressembles à un mort-vivant. On avait même parié que tu t'endormirais et tomberais de ton balai pendant le match!» Elle en ria et Scorpius resta impassible. «Mais au moins nous savons à quoi nous en tenir. Notre match devrait être grandiose!

- Je quitte l'équipe.

L'information lança un froid. Albus fit une mine désapprobatrice et déçue que Scorpius ignora.

- Ah vraiment? Mais pourquoi?» s'enquit-elle.

Scorpius haussa les épaules. Il aurait voulu hurler qu'elle avait gagné. Qu'Albus était à elle, que ce match était son cadeau d'adieu, la fin de ce «je ne sais quoi» qui était si fort, si imparfait et sublime et sur lequel aucun d'eux n'avait jamais posé de mot. Il aurait voulu crier qu'il ne pouvait pas continuer à être auprès de lui sans l'avoir pour lui seul et que elle, cette garce si parfaite, lui avait pris le seul homme qu'il avait désiré. Mais c'était faux. Elle n'était pas la seule responsable. Il l'était aussi. Et ce haussement d'épaule, impuissant, résumait à lui seul son désespoir, mais personne ne le saurait jamais.

«D'un autre côté, peut-être est-ce qu'il y a de mieux à faire, dit-elle finalement.

- Ah oui?

- Oui. Enfin je veux dire… Ce n'est pas une manière de jouer. Tu ne peux pas faire le coup à chaque match.

- Kate, souffla Rose.

- Non mais je le pense, insista la jeune femme en lancer un rapide coup d'oeil vers Rose avant de revenir vers lui. «Albus est capitaine. Son rôle n'est pas de te rattraper à chaque fois que tu tombes. Il va falloir que tu t'y fasses.»

Scorpius avait l'impression que des aiguilles empoisonnées se plantaient dans son coeur.

- Katelyn!» Albus avait parlé. «Qu'est ce qui te prend?

- Je le pense. En tant que capitaine je n'accepterais pas qu'un joueur agisse ainsi sans me consulter.

- Qui te dit que ce n'était pas une stratégie? intervint Rose.

Kate roula des yeux:

- Une stratégie? ça fait une semaine qu'il rate les entrainements! Tout le monde le sait. Franchement Albus, jusqu'au dernier moment tu n'étais pas sûr qu'il jouerait ce match. Ce n'est pas vrai?

- Je crois que Dorian m'attend, intervint Malfoy, coupant la parole d'Albus qui était sur le point de répliquer ou de confirmer sa petite-amie. Il n'en savait rien et ne voulait pas savoir. Il traversa la foule comme un automate. Il lui sembla entendre Rose qui l'appelait mais il voulait sortir de cette tour. Il voulait trouver Dorian, trouver beaucoup d'alcool et se souler en haut de la tour d'astronomie. Peut-être même sauter dans le vide... pour la deuxième fois dans la journée...

A un moment, il ne sut quand au milieu du parcours vers la tour, il se mit à courir, de toutes ses forces à s'enflammer les poumons. Il entendit vaguement les portraits l'enjoindre d'aller moins vite, mais il les ignora. Il courut dans les escaliers en mouvement, rata presque le virage lorsque l'un d'eux se détacha du mur, l'obligeant à sauter pour ne pas plonger dans le vide. Il se heurta aux occupants des escaliers.

«Hé fais attention!

- Pardon, lança-t-il faiblement avant de les contourner.

- Attends Scorpius?» Il fit demi-tour. Deux jeunes gens aux cheveux roux le dévisageaient. Il n'avait pas reconnu Lily Potter et Hugo Weasley. La jeune fille continua «On va voir Albus pour le féliciter. Tu peux nous donner le mot de passe des Serpentards?»

Scorpius reprit son souffle un instant, réfléchissant à la demande.

- Coïncidence, j'ai besoin de celui des Gryffondors.

La petite Potter grimaça, récalcitrante. La vieille méfiance des lions envers les serpents était légendaire...

- Je ne crois que Dorian soit dans la Tour, dit-elle platement.

Avec son air de peste, elle lui faisait presque penser à James...

- Il me le faut tout de même et j'irais voir par moi-même.» Devant son indécision, Scorpius reprit la montée des escaliers en mouvement. «Sinon vous n'aurez cas attendre à l'entrée des cachots en attendant que quelqu'un daigne sortir. Je ferais de même devant la tour.»

Il fit mine de partir et la petite rousse le rappela.

«Attends c'est bon, dit-elle de mauvaise volonté. On échange les mots de passe.»

Il souffla le mot de passe à son oreille et il fit de même. Alors qu'il allait repartir, l'escalier reprit son mouvement, l'éloignant de l'entrée de la tour et le coinçant sur les marches avec Lily et Hugo. Il pesta un instant. Tout retard l'éloigner de son but de la soirée: trouver Dorian et prendre une cuite monumentale qui lui ferait tout oublier pour les prochaines heures. Car c'est de cela qu'il rêvait. D'oubli. Depuis combien de temps n'avait-il pas eu de moment de répit, où son coeur n'était pas en sang? Il était fatigué de se sentir écorché vif en tout temps depuis qu'il avait mis les pieds dans cette foutue école.

«Beau Match», souffla-t-on à son oreille. Et Scorpius sursauta avant de se tourner vers celui qui avait parlé, vers Hugo Weasley. Il le dévisagea, ne songeant pas à le remercier. Le sourire au coin de sa bouche lui déplaisait. Il le portait déjà la veille quand il l'avait surpris avec James. Le garçon ne scrutait sans scier, ses yeux le parcourait sans complexe, agités, comme s'il essayait de résoudre une énigme ou qu'il en avait déjà trouvé la solution et se complaisait dans sa découverte. Décidément, en dehors de Rose, il détestait les Weasleys. Dès que les escaliers stoppèrent leur course, Scorpius reprit la sienne.

La salle commune des gryffondors était curieusement vide. Et presque rangé. Seul le feu dans l'âtre éclairait la pièce.

- Où sont passés tous les lions? Scorpius à deux deuxième année qui descendaient les escaliers de la tour.

- Aux cuisines, les Elfs de maison nous prépare un festin de défaite, dit l'une d'elle, en ignorant le «attention c'est un serpentard» que son amie lui siffla à l'oreille. «Tu cherches Dorian Nott?»

Scorpius se retint de demander comment la jeune fille savait cela. Par évidence, jamais il ne viendrai dans le tour rouge si ce n'était pour voir Dorian. Leur réputation les précédait.

- Tu sais s'il est dans le dortoir?

- Non, c'est vide. Je crois qu'il n'y a que James Potter.

- Oh. Ok merci.

Il attendit que la porte se ferme et resta un instant seul, debout au milieu de la salle commune. Il eut un léger râle d'agacement, se maudissant d'hésiter ainsi. Il se tourna vers l'entrée de la tour et se ravisa pour s'immobiliser à nouveau au centre la pièce. Il leva les mains, inspectant les profondes égratignures sur ses paumes et ses doigts. Expirant bruyamment, défaitiste, il se décida à monter les marches de la tour vers les dortoirs.

James était assis à la fenêtre de la Tour, une jambe pendait dans le vide, l'autre était repliée sur le rebord. Une main tenait un livre tandis que son autre bras était tendu au dehors. Les doigts jouaient avec le vent glacé. Il semblait plongé dans sa lecture et ne se rendit pas compte qu'il était observé.

Scorpius hésita un instant avant de passer la porte, se demandant s'il pouvait le faire sursauter assez fort pour qu'il tombe de la tour. Mais il n'était pas monté pour cela.

- Qu'est-ce que tu lis ? demanda-il sans plus de préliminaire.

James leva les yeux, surprit de voir Scorpius dans le dortoir des Gryffondors.

- Dorian n'est pas ici.

- Je sais», dit-il doucement. Il entra dans la pièce et longea les lits jusqu'à James. «Qu'est-ce que tu lis ?

Potter hésita, puis ferma le livre pour lui montrer la couverture; des mains gantés qui tenaient une pince et un couteau fin et pointue.

- C'est un livre de médecine moldue, expliqua-t-il.

- Tu veux vraiment être guérisseur.

- Je te l'ai dit.» Il posa le livre sur la table de chevet proche de la fenêtre. «Qu'est-ce que tu fais ici?»

Scorpius mordilla sa lèvre, hésitant. Il n'en savait foutrement rien. Mais il ne savait pas où était Dorian et il ne voulait pas être seul.

- J'ai mal aux mains, dit-il simplement, en montrant ses paumes abîmées.

Il s'attendit à ce que James l'envoie balader. Mais celui-ci se leva du rebord de fenêtre et prit sa baguette dans la poche arrière de son jean. Il s'approcha et prit la main de Scorpius dans la sienne et appliqua la baguette, tout en murmurant un sort, la voix si basse que Scorpius n'arrivait pas à distinguer les mots. Il le soigna, plaie par plaie.

«C'était impressionnant ce que tu as fait au match, dit-il, concentré sur son ouvrage.

Scorpius ne répondit pas. James lâcha la main guérie et prit l'autre, appliquant doucement sa baguette sur la blessure.

Hésitant, Scorpius tendit la main libre vers le garçon, attrapant sa chemise. Il regardait James qui ne le regardait. Et il le sentit se raidir à son contact. Les doigts glissaient sur le tissu, ses yeux se troublaient et sa respiration se fit plus pressante. Une fièvre qu'il connaissait mal l'engourdissait et il passa la main sous la chemise, effleura la boucle de ceinture et toucha la peau et le ventre de James. Le garçon tressaillit sous le toucher. Son odeur le fit frémir, cette senteur si semblable à celle de son frère. C'est James, se dit-il c'est James, ne laisse pas ton cœur te faire mal. Albus n'est pas là et c'est mieux comme cela.

James lâcha son autre main, et posa maladroitement sa baguette derrière lui, sur sa table de chevet, avant d'entourer Malfoy de ses bras. Il respirait plus fort maintenant, alors qu'il tirait sur la cravate de Scorpius et détachait les boutons de son col dans des gestes saccadés. Il porta son visage dans son cou, mordillant la chair, embrassant sa gorge, sa mâchoire et sa joue, aspirant son odeur. Un gémissement échappa des lèvres de Scorpius et il passa ses doigts dans les cheveux de James, laissant des mains soulevait sa chemise et caressait ses hanches.

- Pourquoi tu es venu ? souffla James, sans cesser de le caresser, les mains montaient dans son dos, le serraient contre lui. Sa chaleur l'engourdissait. Il sentait l'excitation l'embrasait, descendre dans son ventre et plus bas encore.

- La dernière fois n'était pas mal,» soupira-t-il, se sentant durcir contre James. C'était vrai. Il avait aimé ce plaisir masculin qu'il n'avait jamais expérimenté avant ce jour. Ce désir et cette passion qui prenait, brutalement, sans partage.

- Et les fois d'avant ?

- Non. Tu ne me baiseras plus».

James le repoussa, le tenant par les épaules, à distance de bras. Il le dévisagea, le regard dur.

- Tu te fous de moi ?

Scorpius lui lança un regard hautain et glacial, bien différent de la passion qui l'animait une seconde plus tôt.

- Je déteste ça. J'ai toujours détesté ça.» Il se dégagea des mains. «Mais si tu n'es pas d'accord, je peux partir.»

James l'attrapa par le bras pour le ramener à lui.

- Arrêtes, c'est bon.

Il l'attira doucement, repassa les bras autour de son corps et le serra contre lui. Il porta ses lèvres sur les siennes. Scorpius tressaillit sous le baiser, se sentant perdu un instant, incertain. Il ne voulait pas de sentiment, juste un plaisir blanc et indifférent.

- Ne m'embrasse pas, murmura Scorpius en échappant au baiser.

- Tu commences à me gonfler ! dit James en le repoussant. Il était furieux. Il s'assit sur le lit, semblant réfléchir.

- Qu'est-ce que tu attends ? soupira Scorpius avec impatience, les mains sur les hanches.

- C'est à toi de venir.» Scorpius fronça les sourcils. Mais James continua, la voix roque, profonde. «J'en ai marre d'avoir le mauvais rôle. Si t'en a envie, tu viens.»

Il s'allongea sur le lit, et reprit son livre, convaincu que Malfoy allait se dégonfler. Mais à sa grande surprise, il arracha le bouquin de ses mains, le jeta à terre et l'enjamba. Il aligna sur son bas ventre sur le sien, serrant les cuisses autour de ses hanches, les mains appuyées sur chaque côté de sa tête. Un nouveau jeu de domination corsé se profilait entre eux.

« Grouilles-toi, James, grinça Scorpius, visiblement déçu d'avoir cédé.

Potter se mit à rire devant l'énervement du garçon, mais ne bougea pas.

- Non, non, non, c'est à toi de te bouger.

Scorpius lâcha un râle d'agacement.

- Tu m'en demandes trop. ça vaut pas le coup.

- Attends.» James attrapa la cuisse que Scorpius avait relevée et le ramena sur lui. Il soupira, en observant le corps au dessus de lui et il enfonça ses doigts dans ses hanches, joignant leur bas-ventre. «On le fait à deux. Ok?»

Scorpius acquiesça doucement, la fièvre montait à nouveau et il déboutonna le pantalon de James.


Salle Commune des Serpentards

Quand Dorian Nott et Ross Finnigan passèrent la porte des cachots, ils furent accueillis par des huées qu'ils ignorèrent sans ménagement.

«Vous inquiétez pas on ne reste pas, expliqua Ross aux serpentards hostiles. On vient juste prendre quelques bouteilles.»

Sa carrure lui permettait de ne pas craindre d'adversaire. Il ne rechignait pas à une bonne bagarre quand elle se présentait, et tout le monde savait cela. De sorte que les élèves s'écartaient docilement sur leur passage.

En apercevant les deux gryffondors, Albus et Rose vinrent à leur rencontre, Lily et Hugo à leur suite. Les traits tirés, Potter semblait épuisé.

- Où est-ce que vous emportez tous ça? demanda Rose, en regardant Ross prendre une caisse entière de bouteille.

- Aux cuisines, expliqua Dorian en lui lança un sourire qui lui fit monter le rouge aux joues. Les Elfs ont isolé les pièces avec un sort et nous ont préparé un festin de roi. On est de malheureux perdants. Il faut bien nous remonter le moral.

- J'ai toujours su que les elfs faisaient du favoritisme entre les maisons, sourit Albus.

- Tiens Weasley, tu peux me réduire ça ? demanda Ross en montrant les caisses de rhum et de bièreaubeurre.

- Tu n'es pas assez fort? ricana Rose en palpant son bras.

- Je veux surtout éviter que les serpents me voient emporter leur réserve.» Rose acquiesça en sortant sa baguette. « Après je vais chercher James», continua-il. «Maintenant qu'on a l'alcool ça va le faire venir. Il passe sa vie à potasser en ce moment.»

Ignorant la scène, Lily s'approcha de son frère:

- Je trouve que tu as été dure avec elle, souffla-t-elle.

Le visage d'Albus s'assombrit.

- Ce n'est pas parce qu'elle est capitaine qu'elle peut l'ouvrir quand il s'agit de mes joueurs. ça ne la regarde pas.

Lily hésita.

- Mais Scorpius ne veut plus être dans ton équipe...

- Rien n'est encore décidé. Lily s'il te plait, ne te mêle pas de ça!» Albus s'approcha de Dorian qui mettait une caisse miniature dans sa poche. «Tu n'es pas avec Scorpius?»

Le garçon secoua la tête.

«Non, je venais justement le voir. Pourquoi, il n'est pas là?»

Albus ne répondit pas. Déjà la nausée lui montait alors que les questions envahissaient son esprit. Où était-il? et avec qui...? Son estomac se serra.

«Albus.»

Potter se tourna vers son cousin.

«Si tu cherches Scorpius, dit Hugo avec douceur. Tu devrais peut être allé dans le dortoir des Gryffondors.»


Oui ce chapitre se termine là dessus...

Oui c'est pas gentil.

Oui je vais poster la suite très vite!

J'espère que ça vous a plu!

Dans le prochain chapitre... le masque tombe...!