16. Entre Terre et Ciel.
Sous la tente de Commandement, à quelques heures de la grande bataille, Lexa était seule face à ses doutes.
A l'entrée de la tente, Clarke restait figée sous les étoiles, elle leva les yeux au ciel comme pour trouver une réponse ou y voir un signe. Elle serra les poings en elle, se livrait une bataille enragée. Elle comprenait l'obstination du Commandant, elle comprenait plus que quiconque le dilemme qui la tiraillait. Mais elle ne démordrait pas. La seule chance d'y arriver c'était de contacter Polis et d'unir leurs forces contre Nia.
Elle rejoignit Hamer entouré des chefs de guerre. Elle fit préparer une troupe d'élite qui l'accompagnera dans sa mission. Elle leur expliqua le plan principal et les manœuvres à suivre.
_ Le Commandant a donné son aval finalement ? Demanda le Prince Hamer, très surpris.
_ Non. Répondit franchement Clarke.
_ Alors pourquoi faire pré…
_ Je veux être prête quand elle le fera.
_ Et si elle ne le fait pas ?
_ Elle le fera. Termina Clarke avant de s'éclipser et de monter sur une butte pour observer le campement dans son ensemble.
Elle était déterminée plus que jamais à ne pas laisser Nia les vaincre. Elle était déterminée à aider Lexa dans sa quête d'Alliance et de Paix entre les clans. Elle était muée d'un courage insondable, malgré les anciennes épreuves et les tristes événements auxquels elle avait participé, elle se sentait toujours prête à affronter l'avenir. Elle avait pourtant bien failli tout lâcher, plus d'une fois dans sa vie, elle avait songé à tous les abandonner, et s'abandonner elle-même, et pourtant elle était encore là, debout et vaillante.
Et puis son esprit se perdit dans les effluves de sa peau tatouée, dans les souvenirs de ses douces caresses, dans les joies, les splendeurs et les rires de ces soirées passées au Palais avant leur départ pour la Grande Guerre.
*Flashbacks* Elles avaient rejoint le Palais peu avant que la nuit tombe et que le froid ne s'acharne à se faire plus vigoureux. Ici, la nuance entre le jour et la nuit était si légère que Clarke ne s'en rendit même pas compte, mais Lexa savoura cet instant, comme la douce caresse de la main d'une mère sur la joue de son enfant avant qu'il ne s'endorme.
Elles étaient attendues dans la grande salle principale, lieu de vie de la Famille Royale. En bas d'un grand escalier de marbre blanc, s'étendait une salle immense, parcourue de piliers de pierre et de large baies vitrées avec vue sur la vallée. Des roues de chariots montées en chandeliers éclairaient les voutes du plafond des portes bougies en fer, hauts de deux mètres éclairaient la voie jusqu'au salon royale, où le Roi, la Reine et les enfants étaient confortablement installés. Au pied d'une majestueuse cheminée, quelques énormes chiens de traineaux dormaient sagement, et des tablés de nourriture était à disposition non loin de leurs banquettes et fauteuils.
A l'extrémité de la pièce, se trouvait des bassins de différentes tailles et profondeurs d'où s'échappait des douces vapeurs et des parfums enivrants, c'étaient les piscines de l'ancien Hôtel, où quelques gentes dames se trempaient dans les eaux thermales chaudes, simplement vêtus de voilages fins, dégustant du vin et riant aux éclats. Sur une estrade, près des fenêtres, un piano à queue et une harpe, et deux jeunes gens munis d'un talent semblant sortir des âges jouant à la perfection de vieilles mélodies classiques oubliées de tous, laissant planer dans les airs des senteurs d'une époque où l'art et les loisirs étaient réconfort quotidien.
Sur les tables du buffet, éclairés par des bougies de cire noire, des plats sous cloches, des marmites bien remplies, , des montagnes de tranches de viande encore fumantes, des pains chauds, des jarres de vin et d'élixir étranges, des paniers de fruits et d'innombrable friandises au miel sucré et aux confitures.
La famille royale les accueillis à bras ouvert, Lexa et Hamer entamèrent une discussion sur leurs forces armées mais la Reine y mit un terme. Agath et Satori récitèrent leurs leçons apprises ce jour. Malgré la grande annonce de leur Père et l'entrée en guerre de leur Peuple, ils n'avaient pas été épargnés par leurs précepteurs, bien au contraire. Clarke les regardait rire comme une famille presque normale, réunis un soir d'hiver près du feu. Son esprit se perdait dans les notes parfaites de musique, un air qu'elle ne connaissait pas, un air qui l'emporta loin, qui la calmait, elle était sereine et reposé autant que déboussolée par toutes ces nouvelles choses qu'elle avait découvert. Elle regardait les musiciens et ferma les yeux quelques instants pour mieux entendre la portée des notes qu'ils jouaient.
Elle porta ensuite son regard sur Lexa, incapable de ne pas entendre ce rire qu'elle avait émis en jouant avec la jeune Agath, qui lui rappelait tant Costia. Elle semblait heureuse, elle semblait enfin à sa place. Tout était presque parfait à cet instant. Tout était simple même avec l'ombre de la guerre planant au-dessus d'eux. A cet instant, Clarke était fière d'être à ses côtés, fière d'avoir survécu au pire pour en arriver là, fière d'être sur Terre dans le même espace-temps qu'elle. Ce regard porté sur Lexa, n'échappa point à la Reine Zione. Clarke détourna le regard et sourit timidement à la Reine, cette dernière lui rendant son sourire avant que Satori n'éclate de rire, se rendant soudain compte qu'il parlait à son père depuis cinq bonnes minutes alors que ce dernier était déjà à moitié endormi.
Dans le salon, la soirée se passa fort agréablement puis chacun trouva ses appartements, les enfants et le Roi surtout les Princes repartirent en conseil de guerre avec leurs généraux et à la tombée de la nuit profonde, Lexa emporta Clarke en dehors du Palais.
Elle l'emporta vers les bâtiments des salles des machines, elle les contourna pour trouver un bout de vallée déserte. Elle lui fit prendre un chemin de terre camouflé par de gros pilier de roches. Ce chemin montait vers le plus haut pic qui surplombait la vallée, à l'exact opposé des plateaux de culture et des Hauts-villages, et tout en haut, caché sur une corniche à l'écart de la ville, se dressait un observatoire de l'Ancien temps.
Un vieil homme leur ouvrit la porte en les saluant avec une élégance désuète. Le vieux gardien de l'observatoire les conduisit dans la salle principale du laboratoire où se dressait une grande lunette astronomique, haute de plusieurs mètres, montée sur une nacelle accessible par une échelle en acier et entourée d'un tas de vieux ordinateur et de serveur gros comme des armoires, tous éteints, tous hors service, si ce n'était quelques lumières de veilleuses endormies par-ci par-là.
Clarke écoutait l'historique du laboratoire d'observation spatiale conté par le vieux gardien, dont la voix lourde et calme résonnait sous la voute d'acier qui surplombait les rouages des machines qui faisaient pivoter autrefois la lunette géante. Clarke était fascinée. Le gardien lui raconta l'évolution et la chute de l'Arche, qui avait été la seule et unique chose qu'il pouvait encore observer certains soirs d'été. Il lui conta combien son cœur s'était brisé en assistant à son extinction, quand les lumières s'étaient finalement toutes éteintes les unes après les autres.
Clarke prit le vieux monsieur dans ses bras. Elle lui murmura doucement que beaucoup d'Astronautes avaient survécus et se trouvaient sur Terre depuis la chute de certains blocs de l'Arche. Il la regarda dans les yeux et y vit toute la vérité qu'elle venait de dévoiler, les larmes commençaient à perler aux coins de ses yeux, si heureux et émus devant l'espoir qui renaissait. Clarke ressentait l'émotion de ce vieil homme et ses larmes montèrent aussi pour rouler en perles brillantes sur ses joues roses. Le vieil homme sorti un mouchoir brodé de sa poche et lui tendit. Il lui sourit et serra ses mains, très fort dans les siennes, puis la laissa rejoindre Lexa, déjà perchée sur la nacelle, l'œil collé à l'objectif.
Dans le ciel, parsemé d'étoiles innombrables et sublimes, au beau milieu, en plein dans l'axe du tube télescopique, les vestiges de l'Arche flottaient, éteints et inhabités. Lexa céda sa place à Clarke et, elle put revoir son foyer, une dernière fois, une épave spatiale, perdue et abandonnée, qui aujourd'hui n'était plus que débris, mécanique cassée et tôle froissée, mais qui à l'époque avait sauvé des centaines de vie. Clarke sentait son flux d'émotions la submerger, elle retenait ses larmes qui brouillaient sa vue, l'Arche devenait floue, son cœur s'emballait. Elle était juste nostalgique mais sa logique ne démentait pas que les avoir envoyés sur Terre était finalement la meilleure chose qu'ils avaient faite. L'Arche était mourante, l'Arche devenait un tombeau, après avoir été un berceau, et leurs venues sur Terre était la meilleure façon de sauver le plus de vie possible. Elle effaçait ses rancœurs et ses souvenirs pénibles, elle effaçait la mort de son père, elle effaçait la chute des 100, les tueries, les massacres, les rebellions, les exécutions, les génocides, elle effaçait le passé en observant les vestiges de l'Arche pour pouvoir se concentrer de nouveau sur le présent et bien plus, sur l'avenir.
Lexa la regardait observer le ciel et traverser ses troubles, elle lui prit la main et songeait à l'espoir que cette fille incarnait, elle se perdait dans un rêve où tout serait possible, où tout serait facile et paisible, un monde où elle pourrait être libre, libre de l'aimer jusqu'à en crever.
Quand Clarke détourna enfin les yeux de la lentille de l'objectif, Lexa était toujours auprès d'elle, le regard planté sur elle, un regard lumineux, animé d'un amour qui s'imposait enfin et qui s'affichait sans détour. Clarke prenait goût à sentir ce regard sur elle, ce regard qu'elle avait décelé tant de fois, mais si éphémère qu'elle n'avait pas su exactement sa signification. C'était l'Amour, depuis le premier jour, trop dur à s'avouer, mais c'était l'amour qui était né du choc de leur rencontre, et aujourd'hui, elles ne pouvaient se cacher derrière aucune parade. Clarke sécha les quelques larmes qui roulaient aux coins de ses yeux bleus et lui sourit tendrement.
_ Merci.
Lexa fit un petit signe de la tête, elle ne comprenait pas.
_ Merci de m'avoir amené ici.
_ Quoi, l'observatoire ?
_ Oui, mais pas que, ici, à la Cité, je… cela m'a permis de te connaitre mieux. Chuchota-t-elle.
_ J'ai conscience que jamais je ne m'étais livrée sur mon passé, tu es la seule avec qui je voulais le partager.
_ Et tu pensais aussi que, venant de l'Arche, je serais… un allié de taille face au Roi ?
Lexa baissa les yeux, puis balaya la salle du regard, à la recherche d'une échappatoire mais le gardien avait disparu, alors elle reporta son regard sur Clarke avec tout le courage qu'elle pouvait porter en elle lorsque Clarke la regardait ainsi.
_ Clarke, je… oui, je savais que le Roi vouait une fascination pour les Astronautes, comme tout le peuple de la Cité d'ailleurs, eh oui j'ai pensé que… peut-être … s'il refusait de m'écouter… peut-être que toi tu y …
_ Lexa, je sais, stop, je te fais marcher. Tu as eu raison de m'emmener avec toi, c'était notre seule chance et on a pu la saisir. Même si j'aurais préféré savoir que tu te servais de moi comme appât…
_ Non ! Clarke, tu n'étais pas un … appât…
Clarke étouffa un rire, devant Lexa qui se décomposait de plus en plus.
_ Et comment tu aurais fait si je n'avais pas voulu partir avec toi ?
_ Je n'ai pensé qu'à l'Armée du Roi au départ, c'est quand tu t'es porté volontaire que j'ai compris que tu serais… indispensable … c'est pour cela que je n'ai pas essayé de t'en dissuader.
_ Tu n'y serais pas arrivé ! J'espère que tu le sais ?!
_ Oh, oui, je le sais.
Clarke s'avança timidement de quelques pas puis se jeta à son cou et l'embrassa passionnément, Lexa comprenait qu'elle ne lui en voudrait jamais. Elle comprenait que tout avait changer entre elles, et que rien ne pourrait plus les séparer tant que l'une et l'autre se soutiendrait et comprendrait ce par quoi l'autre avait dû passer. Chacune rescapée, chacune survivante, elles avaient échappé tant de fois à la mort, qu'à présent qu'elles s'étaient trouvées, elles ne comptaient plus jamais laisser quoique ce soit leur barrer le chemin.
Elles se sentaient enfin plus fortes, ensembles, presque invincibles, presque portées par un courage surréaliste, porté par leur âme de guerrière innée, tout leur paraissait faisable, plus rien ne semblait impossible, elles étaient de grands leaders et leur union ferait la force de la nouvelle Coalition. Sous la voûte étoilée, réunis, un peu plus complice, un peu plus intime chaque seconde qui passe, entre elles, plus aucun doute, plus aucune limite, un lâcher-prise totale qui se lisait dans les diamants de leurs yeux.
Plus tard, cette nuit-là, dans les draps de soie, Lexa ne distinguait plus les différences entre son corps et le sien. Elles étaient si finement liées que rien au monde n'auraient pu les séparer, corps et âmes, elles étaient ensemble pour le pire et pour le meilleur. Corps et âmes, elles partageaient un moment de délice dans la douceur de leur chambre au Palais. Corps brulants et muscles en feu, Clarke retomba sur le dos, le souffle court et la chaleur ne quittant pas ses reins. Lexa la regardait dans la pénombre, les lueurs des flammes de la cheminée dansant sur son corps nue, elle surmonta sa peur mais sa voix tremblait encore en prononçant ces mots.
_ Jamais je n'aurais cru vivre cela avec toi… je l'ais tant souhaité… j'ai encore du mal à croire que toute cela soit vrai…
_ Je ne peux pas faire plus vrai que ça, Lex… Dit-elle en déposant ses lèvres sur les siennes. Je suis là … avec toi… et je ne voudrais être nulle part ailleurs … jamais je ne te quitterais…
_ Quand la paix des clans sera installée, je ne laisserai plus quoique ce soit se mettre entre nous… il n'y aura plus rien qui pourrait se mettre entre nous… je veux t'aimer tout le reste de ma vie, Clarke kom Skaikru…
_ Et je veux que ta vie soit éternelle…
Un rictus s'afficha sur le visage de Lexa, ses yeux brillaient d'amour mais un brin de tristesse marqua ses traits pendant un court instant. Elle chassa cette impression mais plus rien n'échappait à Clarke.
_ Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda doucement Clarke en laissant ses doigts courir sur l'encre de ses bras.
_ Rien, juste … que … la lignée des Commandants Heda est longue depuis le cataclysme, depuis PrimeHeda, et leurs vies, à tous fut de courte durée… le destin d'un Commandant est de guider son peuple et de mourir pour lui… jamais je ne pourrais me défaire de mon rang, jamais je ne pourrais descendre du trône… si ce n'est à ma mort… et ainsi passer le flambeau…
Clarke laissa passer son malaise. Les mots que prononçaient Lexa semblaient résonner comme une vieille litanie, comme un vieux présage immuable, comme un fatal couplet auquel elle croit dur comme fer.
_ Les autres Commandants n'ont pas instauré la Paix, eux ! Voilà pourquoi ils sont morts…mais toi, ton destin sera différent… il est déjà différent…
_ Tu pourras le supporter ?
_ Quoi donc ?
_ La vie dans l'ombre du pouvoir ? Demanda lourdement Lexa comme si elle craignait d'entendre la réponse.
_ L'ombre du pouvoir ?! Lexa je serai ta lumière ! Eh non, ça ne me fait pas peur la vie de première Dame !
Lexa l'embrassa pour faire taire son rire et s'engouffra dans ses bras, la serrant contre elle comme pour ne plus jamais la lâcher, la serrant au point de l'étouffer, au point de sceller son amour dans sa chair et de l'aimer dans les règles de l'art, lentement, généreusement, habilement.
Elles se sont aimées cette nuit- là comme jamais elles n'avaient aimé, enfin libre de se toucher, de s'embrasser sans plus aucune retenue, enfin libre de dépasser leurs peurs, de laisser leurs corps gouverner l'instant et leurs esprits prendre leurs envols dans la nuit étoilée.
Chacune prenant soin de l'autre. Chacune s'attardant sur la moindre réaction de l'autre. Chacune prenant un malin plaisir à contenter l'autre, chacune soi-même, sans barrière, sans mensonge, sans retenue. Comme portées par un songe, comme portées par un imaginaire vent chaud du sud, elles se liaient à jamais encore et encore dans un élan si longtemps retenu.
Absorbée par la douceur de sa peau et la rondeur de ses courbes, Lexa se perdait sur son corps, s'imprégnant du moindre détail comme si c'était la première fois, ou bien la dernière. Elle laissait glisser ses lèvres le long de son cou, jusqu'aux lignes de sa mâchoires puis redescendait lentement vers sa poitrine généreuse. Elle sentait la chaleur de leurs corps augmenter sans pouvoir comprendre comment c'était encore possible. Elle sentait tous les muscles et les fibres de son corps se réveiller comme s'ils s'éveillaient pour la première fois de sa vie. Elle sentait Clarke se cambrer sous elle, elle sentait ses lèvres sur sa peau et ses mains sur ses hanches, la cramponnant comme si son existence tout entière en dépendait.
Clarke perdait l'esprit dans les bras de Lexa, elle sentait en elle, une folle envie de plaisir, une folle envie de jamais s'éloigner d'elle, de rester ainsi, les corps entrelacés, les mains jointes et les lèvres scellées. Dans sa tête, les souvenirs des cieux étoilés tournoyaient et un vertige s'emparait d'elle, elle sera un peu plus fort Lexa dans ses bras, elle resserra son étreinte et la bascula de l'autre côté du lit.
Elle s'empara de ses lèvres puis glissa ses baisers plus au sud, le long de son corps fin, tatoué et musclé. Lexa avait découvert une Clarke bien plus femme qu'elle n'aurait cru, bien plus maligne, bien plus joueuse et bien plus passionnée qu'elle aurait pu imaginer même dans ses rêves les plus fous. Elle aimait sa douceur mêlée de force, elle aimait le goût de ses lèvres et l'insolence de ses baisers. Elle aimait la moindre chose qui faisait d'elle ce qu'elle était. Clarke aimait prendre son temps, elle aimait la voir la supplier du regard, elle aimait ce jeu, elle aimait posséder le Commandant Suprême. Elle aimait l'idée d'être la personne la plus importante aux yeux du Leader du Monde Libre, elle aimait ce pouvoir, elle aimait être la seule à pouvoir assouvir ses désirs, mais elle n'en abusait pas car ce qu'elle aimait le plus au monde, était de la voir s'épanouir.
Elle dirigea ses baisers et ses mains vers les hanches de Lexa qui se cambrait déjà. Sa bouche humide trouva avec délicatesse le centre du plaisir de la brune qui se mordait les lèvres. Ses mains rejoignaient ses lèvres et les mouvements de son corps trahissaient son impatience. L'une comme l'autre ne se rassasiait pas de ces moments, l'une comme l'autre ne s'apaisait pas et tentait toujours de se prouver combien elles s'aimaient, tous leurs gestes étaient tendres, toutes leurs intentions étaient louables, toutes leurs vies, elles n'avaient attendu que ça.
Le sang dans les veines comme la braise sous les flammes brûlait toujours. Leur amour ne s'essoufflait pas, semblant même se raviver sous chaque nouvelle caresse, sous chaque nouveau baiser, chaque souffle mêlé, chaque regard ému échangé. Lexa était si jeune quand elle avait connu intimement Costia, puis le cœur brisé, elle avait été incapable d'aimer, et les quelques amantes de passage, triées sur le volet, qu'elle avait connu, n'était rien, strictement rien, comparé à ce qu'elle vivait avec Clarke. Depuis cette nuit dans la grotte, elle avait su que rien de comparable ne lui était jamais arrivée. Elle avait su que même si elle était Heda, assise sur le trône en haut de la Tour de Polis, convoitée par tous, elle n'était qu'un être humain totalement démuni quand elle était dans les bras de la Fille du Ciel. Elle se laissa porter par les intentions de Clarke à son égard, elle la laissa prendre la main, elle la laissa faire d'elle ce qu'elle voulait et, à son plus étonnement et pour son plus grand plaisir, la blonde ne s'empressait que de la satisfaire.
Clarke aimait ce corps plus que toutes les merveilles qu'elle avait découvert sur Terre. La profondeur de ses immenses yeux vert, plus extraordinaire que les immenses forêts des territoires Trikru. Les courbes de son corps, plus parfaites que les reliefs dessinés par la douleur du temps sur le Monde. Son odeur, plus parfumée que les prairies et les champs de fleurs des contrées paisibles de l'ouest. Clarke ne pouvait encore comprendre comment elle pouvait être si parfaite, mais si Dieu existait, sans nul doute, qu'elle serait sa plus belle création. Elle n'aurait de cesse, jusqu'à sa mort, de vouloir l'aimer comme elle l'aimait cette nuit. Il lui semblait impossible de pouvoir un jour se lasser de ce corps qu'elle tenait sous elle et qu'elle ne voulait lâcher sous aucun prétexte.
Lexa, le souffle court, le corps tremblant, pria Clarke de se relever et de l'embrasser. Elle lui murmura au creux de l'oreille que jamais personne, au grand jamais, ne l'avait aimé comme elle le faisait. Un sourire s'esquissa sur les lèvres de Clarke alors qu'elle ne cessait de l'embrasser sans plus vouloir s'arrêter. Leurs corps brulants de sueur se couchaient avec lourdeur dans les draps de soie désordonnés. Sans pouvoir s'éloigner, leurs corps se chevauchaient et s'alliaient sans qu'elles n'aient à y penser et elle glissa son nez dans son cou pour y déposer des légers baisers.
Lexa reprenait son souffle, un sourire impérissable sur les lèvres, les yeux clos, le corps tremblant. Clarke trouva sa main et joignit leurs doigts. Lexa les serra fort. Elle se releva et l'embrassa encore et encore. Sa main s'égara sur les courbes généreuses de la blonde, elle parcourait le galbe parfait de son corps, elle traçait des chemins sinueux en prenant soin de savourer la douceur du parcours. Clarke laissait des baisers sur chaque cicatrice de ce corps fin et musclé, elle effaçait la peine et la douleur des batailles, et elle y laissait un goût doux et sucré.
Lexa se nicha au creux de ses bras, elle soupira de délectation, la nuit s'envolait, la cire des bâtons de bougies s'achevaient lentement et dans un souffle chaud, elles continuaient de s'aimer, jusqu'au petit matin, jusqu'à ce que l'aube survint. *
