Bonjour tout le monde !

Je suis de retour de vacances et encore en plein décalage horaire mais je suis de retour avec un nouveau chapitre !

Je publierais le prochain mardi prochain et ensuite reprendrais le rythme de deux chapitre par semaine.

J'espère que ce chapitre vous plaira.

Merci de me continuer à me lire, de m'être fidèle et merci à tous ceux qui me laissent des commentaires ou des messgaes.

Vous êtes absolument géniaux !

Bonne lecture à toutes et tous !

Sydney8201

Musique du chapitre :

Delicate de Damian Rice

Chapitre 14 : Présentations et complications

« We might kiss when we are alone

When nobody's watching

We might take it home

We might make out when nobody's there

It's not that we're scared

It's just that it's delicate »

Damian Rice

Castiel savait que le moment était extrêmement important pour son petit-ami. Et il avait accepté de le suivre sans hésiter une seule seconde. Bien sûr, il ne pouvait pas nier qu'il était nerveux à l'idée de rencontrer John Winchester. Mais il se sentait prêt. Il s'était juré d'être là pour son petit-ami et de le soutenir quoi qu'il puisse choisir de faire. Le suivre à l'hôpital en faisait partie.

Quand Dean était rentré après avoir parlé à son père, il avait semblé incroyablement soulagé. Il avait passé un long moment seul avec Sam, sans doute à lui raconter ce qui s'était passé. Puis il avait rejoint Castiel et lui avait expliqué. De toute évidence, John avait changé. Dean ne savait pas si c'était du à l'accident ou s'il avait eu une sorte de révélation le jour où son fils avait tenté de se suicider mais il semblait avoir ouvert les yeux sur beaucoup de choses.

Il restait réticent à savoir Dean dans les bras d'un autre homme. Et apparemment, il était inquiet de savoir Castiel de dix ans son aîné. Mais il avait accepté de le rencontrer. Pour Dean, c'était l'essentiel.

Le jeune libraire avait toujours été nerveux à l'idée de rencontrer les parents de ses petits-amis. Il avait toujours été facilement accepté. Il était gentil et calme et la plupart du temps, les mères avaient un faible pour lui quand les pères se satisfaisaient de le savoir bien intentionné.

Mais il n'avait jamais rencontré quelqu'un d'ouvertement homophobe et de visiblement déterminé à le détester pour le principe. Il savait qu'il ne pourrait jamais plaire à John Winchester. Il ne serait jamais le gendre idéal pour cet homme. Mais il pouvait tenter de prouver au père de Dean qu'il ne ferait jamais de mal à son fils et qu'il l'aimait plus que tout au monde. Cela devrait suffire à le rassurer. Ou du moins, c'était ce que Castiel aimait à penser.

Après avoir écouté Dean lui raconter les moindres détails de sa discussion avec son père, Castiel l'avait pris dans ses bras et serré contre lui jusqu'à ce que toute la tension dans son corps ait enfin disparue. Puis ils s'étaient embrassés lentement et sans précipitation. Sam passait la soirée chez Chris et Steve et ils avaient l'appartement pour eux seuls.

Il n'y avait eu aucune précipitation dans la façon qu'ils avaient eu de se déshabiller et de se toucher. Ce n'était pas aussi passionné que la première fois. Mais c'était plus intime et plus tendre. Sans doute plus bouleversant encore. Dean avait gardé ses yeux rivés dans ceux de Castiel durant tout le temps que cela avait duré. Le jeune homme avait semblé si vulnérable et si fragile à cet instant précis que son petit-ami aurait aimé pouvoir le cacher du reste du monde jusqu'à la fin de sa vie. Ils avaient fait l'amour dans le lit de Dean, face à face, leurs deux corps bougeant en rythme et ne formant plus qu'un. Ils n'avaient pas parlé et étaient restés relativement silencieux. Mais leurs yeux ne s'étaient jamais quitté. Il y avait eu quelque chose de nouveau dans le regard du jeune homme. Quelque chose comme une promesse silencieuse de ne jamais plus partir. Quelque chose comme la recherche de la confirmation que Castiel en ferait autant. Et sans dire un seul mot, ils avaient conclu ce pacte ensemble. Quand Dean avait atteint le point de non retour, il avait une nouvelle fois continué à regarder son petit-ami, sa bouche entrouverte mais aucun son ne franchissant le seuil de ses lèvres. Et Castiel l'avait suivi presque aussitôt, sa gorge se nouant sous le coup de l'émotion.

C'était sans nul doute ce qu'ils avaient vécus de plus fort ensemble. Cela n'avait rien eu à voir avec la façon quasi animale qu'ils avaient eu de coucher ensemble sur le canapé. Ou celle pleine de passion qu'ils avaient partagés la première fois. C'était différent mais tellement plus fort. Castiel aurait voulu que cela dure éternellement. Qu'il puisse rester à l'intérieur de Dean jusqu'à la fin de leur vie. Loin de la folie du monde qui les entourait et du jugement de ceux qui ne les accepteraient jamais. Il ne voulait plus jamais se séparer du jeune homme.

Mais la réalité ne pouvait pas être ignorée très longtemps. Et même alors qu'il serrait Dean dans ses bras et qu'il le regardait s'endormir, il ne put s'empêcher de redouter le moment où le monde extérieur aurait un impact sur leur relation.

Castiel avait foi en ce monde. Il croyait sincèrement que le bon existait en chacun de nous. Ses parents lui avaient souvent expliqué que les gens ne rejetaient les autres que parce qu'ils avaient peur de ce qui était différent. Et que lorsqu'ils comprenaient qu'ils n'avaient rien à craindre, ils finissaient par changer d'avis. Le jeune homme avait fini par douter de tout cela. Il avait rencontré suffisamment de personnes malfaisantes pour se questionner sur ce que ses parents croyaient. Il avait fini par comprendre que si le bon existait effectivement dans la majorité des gens autour de lui, certains en étaient totalement dépourvus. Rafael faisait visiblement parti de ces personnes qui n'étaient que méchanceté et cruauté. Et John Winchester lui avait toujours semblé être également sur la liste.

Mais après ce que Dean lui avait dit sur son père, il avait des doutes. Il voulait réellement croire que l'homme avait compris ses erreurs et souhaitait se racheter. Mais il craignait qu'il ne s'agisse là que d'une illusion. Que de l'effet d'un accident qui avait failli lui coûter la vie. Il croisait les doigts pour se tromper. Mais il avait depuis longtemps cessé de croire aux miracles. Et il doutait qu'il s'agisse de l'un d'eux.

La relation de Castiel avec Dean n'avait pour le moment connu aucun accroc. Après plus d'un an de souffrances et de séparation, ils s'étaient enfin trouvés et tout était parfait. Mais le jeune libraire savait parfaitement que cela ne pourrait pas durer éternellement. Ils auraient forcément des épreuves à affronter. Des hauts et des bas. Des disputes. Et il avait la sensation que John pourrait être la première d'entre elles.

Il ne voulait pas que le père de son petit-ami ne se mette entre eux. Il refusait de le voir pousser Dean à le quitter. Il n'était pas idiot au point de croire que leur relation était suffisamment solide pour être à toutes épreuves. Ils commençaient tout juste à soigner les plaies qu'ils s'étaient infligés mutuellement. Il avait encore beaucoup de chemin à parcourir avant que tout ne soit réellement parfait. Ils devaient reconstruire la confiance et effacer les souffrances. Ils devaient laisser derrière eux cette année terrible qui leur avait fait tant de mal. Dean devait encore lutter contre ce qu'il avait fait et accepté une bonne fois pour toute que sa tentative de suicide faisait partie du passé. Castiel devait cesser de le croire prêt à se briser à la moindre occasion. Ils devaient apprendre à avancer ensemble. Et croire enfin que cette fois-ci, c'était pour la vie.

Mais pour le moment, ils en étaient encore au début du chemin. Et la route était longue et serait probablement chaotique. Castiel voyait John comme la première des bosses à franchir. Il espérait simplement qu'elle ne leur soit pas fatale.

Il regarda Dean dormir jusqu'à ce que le soleil se lève et qu'il ne finisse par succomber à la fatigue. Il sentit vaguement son petit-ami quitter le lit pour aller prendre une douche. Il serra son oreiller contre son visage pour emporter avec lui son odeur. Il s'endormit presque aussitôt.

Quand il se réveilla à nouveau, c'était le milieu de la matinée et Dean était prêt. Il avait préparé le café pour Castiel et arrangé une sorte de petit-déjeuner. Le jeune libraire le remercia d'un baiser.

Il prit ensuite une douche rapide et rejoignit son petit-ami dans le salon pour finir de se préparer.

Il pouvait sentir la nervosité de Dean faire écho à la sienne. Ils n'avaient pas échangé plus de trois mots depuis la veille. Et même s'ils étaient de toute évidence sur la même longueur d'ondes concernant leur visite à l'hôpital, Castiel ne supportait plus le silence. Il l'avait apprécié quand ils avaient fait l'amour car cela lui avait permis de se concentrer uniquement sur les sensations ressenties. Mais à présent, il lui semblait pesant. Et il était réellement temps pour lui d'y mettre un terme.

- Tout va bien se passer, assura t-il.

Il cherchait à se rassurer au moins autant qu'il espérait rassurer son petit-ami. Il savait que ce dernier en avait conscience. Mais il doutait qu'il puisse l'en blâmer. Après tout, il était sur le point de rencontrer l'homme qui avait fait le plus de mal à Dean. L'homme qui le détestait simplement parce qu'il aimait son fils. L'homme qu'il rêvait de pouvoir faire souffrir autant que son petit-ami avait souffert. L'homme qu'il espérait pouvoir convaincre. Castiel regarda Dean dans les yeux et lut la nervosité dans son regard. Il déposa un baiser sur son front en posant une main sur son épaule.

- Fais-moi confiance. Tout va bien se passer, expliqua t-il le plus calmement possible.

Dean finit par hocher la tête faiblement. Castiel prit cela comme le signe que ses paroles avaient eu l'effet escompté sur son petit-ami. Il déposa un dernier baiser sur le front du jeune homme puis le suivit à l'extérieur de l'appartement.

Ils firent le chemin jusqu'à la voiture en silence. Castiel n'était pas réellement sûr qu'il existait des mots pour décrire ce qu'ils s'apprêtaient à vivre. Il pouvait tenter de rassurer à nouveau le jeune homme mais il doutait que cela soit ce dont son petit-ami avait besoin.

Ils montèrent dans la voiture du jeune libraire toujours sans parler. Puis quand ce dernier s'inséra dans la circulation et se mit en route pour l'hôpital, Dean se tourna vers lui et posa une main sur sa cuisse.

Ce geste faisait écho à celui qu'il avait fait le soir où ils avaient fait l'amour pour la première fois. Et s'ils n'avaient pas été en chemin pour aller voir John, Castiel aurait probablement fait demi-tour dans la seconde pour retourner à l'appartement. Mais avec ce qu'il s'apprêtait à affronter, le jeune libraire n'avait pas du tout envie de ce genre de choses. Il avait l'esprit tourné vers la confrontation à venir et non pas sur la chaleur qui émanait de la paume de son petit-ami.

- Tu sais, il pourrait te dire des choses réellement méchantes, déclara Dean après quelques secondes.

Castiel y avait pensé. Il savait que John avait accepté de le rencontrer uniquement pour faire plaisir à son fils. Il savait également qu'il n'arrivait pas en terrain conquis et qu'il allait devoir se battre pour se faire accepter. Mais il s'en fichait totalement. Le père de Dean pouvait l'insulter et même le mettre à la porte de sa chambre. Il ne lui ferait jamais de mal. Car Castiel n'attendait strictement rien de lui. Pour son fils en revanche, la pilule risquerait d'être difficile à avaler. Et John le perdrait probablement en agissant de la sorte. Et cette fois, pour de bon.

- Je ne voudrais pas qu'il te fasse fuir … qu'il te fasse du mal, confia Dean.

Castiel aurait voulu pouvoir tourner le visage vers lui pour lire dans ses yeux ce qu'il ressentait à cet instant précis. Mais il préférait de loin éviter d'avoir un accident à son tour. Il se contenta donc de retirer une de ses mains du volant et de la poser sur celle de son petit-ami.

- Je me fiche de ce qu'il pourra dire de moi … ou même de ce qu'il peut penser de nous et de notre relation. Je t'aime et c'est tout ce qui compte à mes yeux. Je veux faire ma vie avec toi … pas avec ton père, répliqua t-il.

Il sentit la main de Dean se tendre sous la sienne et pendant une seconde, il se demanda s'il n'avait pas dit quelque chose qui lui avait fait de la peine. Il avait juste voulu se montrer honnête vis à vis de son petit ami. Il n'avait certainement pas voulu le blesser.

- Pourquoi tout ne peut pas être plus simple ? Demanda finalement le jeune homme après de longues secondes de silence.

Castiel haussa les épaules. Il n'avait aucune réponse à fournir à son petit-ami. Lui-même se posait très souvent cette question. Il avait la sensation que le sort s'acharnait sur Dean. Il avait jeté bien trop d'épreuves et de souffrances en travers de son chemin. Et au moment où l'horizon commençait enfin à s'éclaircir, il fallait que son père ait un accident de voiture.

- Pourquoi est-ce que je ne peux pas avoir une vie comme les autres ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas avoir une famille normale ? Lança Dean.

Castiel n'était même pas sûr qu'il s'adressait toujours à lui. Il semblait parler simplement pour évacuer un peu de la tension qu'il ressentait. Et pour mettre des mots sur ses émotions et ses questionnements. Il s'adressait peut-être à Dieu, au destin ou même à la vie en général. Castiel resta tout de même concentré sur ce qu'il disait. Et il se sentit le devoir de dire quelque chose.

- Je ne sais pas Dean, déclara t-il finalement.

Ce qui n'était pas une réponse ni réellement quelque chose de réconfortant. Mais cela avait le mérite de signifier à son petit-ami qu'il était là et qu'il l'écoutait. Il espérait sincèrement que cela suffise pour le moment.

- Est-ce que tu crois que c'est de ma faute ? Est-ce que c'est parce que j'ai … j'ai commis des péchés que Dieu me punit en définitive ?

Castiel tourna le visage vers son petit-ami et oublia pendant une seconde qu'il était au volant d'une voiture. Il entendit quelqu'un klaxonner puis vit Dean se tendre et il reporta aussitôt son attention sur la route. Il redressa sa voiture avant de prendre une grande inspiration pour calmer le rythme de son cœur. Il n'en revenait pas de ce que le jeune homme venait de dire. C'était sans nul doute ce qu'il avait entendu de plus stupide depuis très longtemps. Mais il n'aurait pas probablement pas du être étonné. Il savait que Dean avait tendance à penser que tout était de sa faute. Qu'il était responsable non seulement de ce qu'il subissait mais aussi et surtout de tout ce que ses proches vivaient. Et c'était terrible de constater que le temps n'avait pas fait envoler ses insécurités.

- Non Dean, ce n'est pas de ta faute, jeta le jeune libraire d'une voix qu'il espérait relativement calme.

Le jeune homme soupira longuement et Castiel sut aussitôt qu'il ne le croyait pas. Il profita alors d'une bande d'arrêt d'urgence sur le côté de la route pour se garer et se tourner enfin vers son petit-ami.

- Dean, regarde-moi ! Exigea t-il.

Le jeune homme secoua la tête et garda les yeux rivés sur le pare-brise devant lui. Castiel se demandait parfois s'il n'aurait plus besoin de le rassurer un jour. Si son petit-ami serait un jour suffisamment confiant pour ne plus nécessiter qu'on le rassure à chaque moment de la journée. Castiel savait que ce n'était pas quelque chose qui le ferait fuir ou rompre. Il était prêt à tout endurer pour aider son petit-ami. Mais il savait que cette insécurité rendait Dean malheureux. Il se rendait compte lui-même que quelque chose clochait et Castiel détestait le voir souffrir.

- Dean, s'il te plait, souffla le jeune libraire adoptant une autre technique.

Son petit-ami se tourna enfin vers lui. Castiel lui adressa un mince sourire.

- Ce n'est pas de ta faute. Tu peux blâmer Dieu si tu crois en lui ou le destin, le sort et le manque de chance … ou alors tu peux en vouloir à ton père et à tous ces hommes qui t'ont poussé à croire que tu étais responsable de tout. Mais surtout, ne t'en veux pas à toi.

Castiel avait l'impression d'avoir déjà tenu ce discours des dizaines de fois. Il savait qu'il aurait encore à le tenir dans l'avenir. Il s'y était préparé. Il était prêt à tout pour aider son petit-ami à guérir définitivement.

- Mais pourquoi … commença Dean.

Castiel ne le laissa pas finir sa phrase. Il refusait de l'entendre se plaindre encore ou se dévaloriser pour trouver des excuses à tous ceux qui lui avaient fait du mal.

- Stop ! Jeta t-il. Stop Dean ! Il n'y a pas de réponses à ta question. C'est la vie qui est comme ça. Elle est difficile et elle est injuste. Et je sais que tu as eu ton lot de problèmes et que tu aimerais que la chance tourne mais … je suis là maintenant. Je suis là et tu peux compter sur moi pour rester là tant que tu auras besoin de moi. Peut-être qu'il est là le signe que les choses s'arrangent … je … je suis là pour toi mon amour et je déteste d'entendre te rabaisser de la sorte.

Castiel pouvait lire la détresse dans le regard de Dean. Et quelque chose qui ressemblait à de la culpabilité. Pas en raison de l'accident de son père mais bel et bien parce qu'il avait la sensation d'avoir fait de la peine au jeune libraire. Ce dernier prit une grande inspiration puis posa ses mains sur les joues de son petit-ami.

- On va aller voir ton père et tout va bien se passer … peu importe ce qu'il pensera de moi et peu importe ce qu'il me dira … c'est toi et moi pour la vie Dean … même si on doit se battre comme le monde entier. D'accord ?

Dean finit par hocher la tête et Castiel l'embrassa aussitôt. Le baiser resta chaste. Tous les deux gardaient en tête le fait qu'il s'apprêtaient à voir John. Et ils n'avaient définitivement pas la tête à autre chose.

Quand Castiel recula la tête, Dean souriait faiblement. C'était une première victoire. Le jeune libraire déposa un rapide baiser sur son front puis se tourna à nouveau vers la route. Il se réengagea dans la circulation après avoir jeté un dernier coup d'oeil à Dean.

Ils roulèrent pendant de longues secondes en silence. Castiel savait que son petit-ami était en train d'imaginer comment les choses allaient se passer et il ne pouvait pas lui en vouloir d'y réfléchir. Plus ils approchaient de l'hôpital et plus il angoissait lui-même. Il avait été sincère en disant à son petit-ami qu'il se fichait totalement de la réaction de John. Il n'en restait pas moins inquiet d'être rejeté de façon permanente par cet homme.

Dean pouvait le nier tant qu'il le souhaitait. Castiel savait qu'il y avait une petite part de lui qui voulait être acceptée par John. Une petite partie de lui qui cherchait toujours à le rendre fier. Qui espérait l'entendre lui dire qu'il l'aimait comme il était. Et Castiel ne voulait surtout pas que ses espoirs soient déçus simplement parce qu'il avait été incapable de se faire accepter par son père.

Il allait devoir se montrer charmant et gentil. Respectueux et calme. Il allait devoir encaisser les éventuels coups sans s'énerver. Et par dessus tout, il devait résister à son envie de dire sa façon de penser à l'homme qui avait brisé Dean.

Ils étaient à quelques minutes seulement de l'hôpital quand le jeune homme brisa le silence à nouveau.

- Mon amour, lança t-il.

Castiel fronça les sourcils, surpris par le surnom employé par Dean. Il savait que le jeune homme n'était pas forcément adepte de ces petits noms.

- Quoi ? Demanda t-il en approchant de l'entrée du parking de l'hôpital.

Dean posa à nouveau sa main sur sa cuisse et la serra une seconde. Il semblait un peu moins nerveux que quelques minutes plus tôt et Castiel aimait à penser que c'était en partie grâce à lui.

- Tu m'as appelé « mon amour » tout à l'heure. Tu ne l'avais jamais fait, expliqua finalement Dean.

Castiel ne s'en souvenait. Il se mordilla la lèvre inférieure une seconde avant de garer sa voiture dans une place relativement loin de l'entrée de l'hôpital. Il coupa ensuite le moteur et se tourna vers Dean.

- Tu n'aimes pas ? Demanda t-il finalement.

Il avait toujours eu l'habitude d'appeler ses petits amis par des surnoms affectueux. Il le faisait sans réellement y penser. Mais il ne voulait pas avoir mis Dean mal à l'aise.

- Jamie aimait bien m'appeler « bébé » … je n'ai jamais réellement aimé ce surnom mais … bizarrement … quand ça vient de toi, ça ne me gêne pas. A vrai dire, j'aime plutôt ça, confia t-il.

- Je savais qu'un grand romantique se cachait sous cette carapace de gros dur que tu portes en permanence ! Rétorqua Castiel en souriant.

Dean secoua la tête puis se pencha en direction de son petit-ami et déposa un rapide baiser sur ses lèvres. Castiel se laissa faire avec plaisir. Il aurait aimé pouvoir rester plus longtemps dans cette voiture à plaisanter avec le jeune homme. Il aurait aimé pouvoir faire comme si tout le reste n'existait pas. Mais il savait que le monde extérieur ne pouvait pas être ignoré très longtemps. Il était temps pour eux de l'affronter une bonne fois pour toute.

- Quoi qu'il puisse arriver là-bas … n'oublie surtout pas que je t'aime … et ne l'écoute pas … jamais. Ok ? Demanda Dean.

Castiel hocha la tête puis embrassa une dernière fois son petit-ami avant de sortir de la voiture. Dean en fit de même quelques secondes plus tard et le jeune libraire le regarda allumer une cigarette d'une main qui tremblait.

- Sam pense qu'il va t'adorer … il dit que tout le monde t'adore mais je crois que c'est en partie parce qu'il est amoureux de toi, commenta Dean en avançant en direction de l'entrée de l'hôpital.

Castiel ne put s'empêcher de rire en entendant ça. Il savait bien que son petit-ami ne le pensait pas. C'était toutefois devenu une plaisanterie entre eux trois. Sam et le jeune libraire étaient devenus relativement proches. Ils avaient des goûts en commun et ils aimaient parler ensemble. Dean leur avait dit un jour qu'ils formaient un joli couple. Depuis, il les ennuyait très souvent avec ça. Castiel n'y voyait aucun inconvénient. Il aimait bien trop voir son petit-ami rire et sourire pour lui dire d'arrêter. Le seul qui était gêné par la plaisanterie était Sam. Mais c'était sans nul doute parce qu'il était un adolescent et qu'il se vexait facilement. Peut-être cela tenait-il également au fait que Dean exigeait de rencontrer Jess, la petite amie de son frère, et que ce dernier redoutait de le voir plaisanter à ce sujet devant elle.

- Je suis adorable, rappela Castiel en passant son bras autour des épaules de son petit-ami.

Ce dernier tira une bouffée de sa cigarette et expira la fumée par le nez lentement.

- Et tellement modeste avec ça, rétorqua t-il.

Castiel sourit de plus belle en secouant la tête.

- Je suis parfait, commenta t-il.

Dean rit une seconde à côté de lui puis jeta le mégot de sa cigarette par terre avant de l'écraser du bout du pied. Castiel s'immobilisa devant la porte de l'hôpital et se tourna vers son petit-ami. C'était le moment qu'il redoutait. Celui où il allait enfin être confronté à l'homme qu'il détestait tant sans réellement le connaître. L'homme qu'il jugeait responsable de tous les problèmes de Dean. Il regarda son petit-ami observer les allers et venues des personnes autour d'eux avant de reporter son attention sur lui et de lui adresser un signe de la tête.

- Je t'aime, assura Castiel une dernière fois.

Il voulait que ce soit les mots que Dean entendraient avant de voir son père. Le jeune homme lui sourit puis prit une grande inspiration et pénétra enfin dans l'hôpital. Castiel lui emboîta le pas aussitôt. Il ne voulait pas le laisser s'éloigner. Il avait besoin de le sentir près de lui. Et son petit-ami semblait ressentir la même chose puisqu'il avait adapté son rythme à celui du jeune libraire.

Dean se dirigea vers les ascenseurs sans un mot. Il y avait beaucoup d'effervescence autour d'eux. Le personnel allait et venait sans leur prêter la moindre attention. Castiel saisit cette opportunité pour prendre la main du jeune homme dans la sienne et pour la serrer. Des médecins semblaient en grande discussion à leur droite alors qu'un groupe d'infirmières et d'infirmiers se débattaient avec des patients mécontents. Castiel les regarda une seconde et sursauta quand l'ascenseur s'ouvrit enfin devant eux.

Dean et lui montèrent à l'intérieur aussitôt puis le jeune homme appuya sur le bouton de l'étage où se trouvait son père. Castiel pouvait sentir la tension de son petit-ami dans la façon qu'il avait de serrer sa main dans la sienne. Mais il se fichait de la douleur qui se propageait dans ses doigts. Il était exactement là où il voulait être. Il était là où il devait être et il n'y avait rien de plus important à ses yeux.

Quand ils furent arrivés au bon étage, Dean guida Castiel dans le couloir jusqu'à la chambre de son père. A la grande surprise du jeune libraire, la porte était ouverte et le lit vide. Dean semblait tout autant surpris que lui s'il en croyait la façon qu'il avait de regarder autour de lui en fronçant les sourcils.

Après avoir observé dans les moindres détails la chambre des yeux, Dean finit par en ressortir. Il se dirigea aussitôt vers l'accueil où se trouvait une jeune femme visiblement concentré sur son écran d'ordinateur.

- Je cherche mon père, lança t-il sans prendre la peine de le saluer.

Castiel se doutait que son comportement devait paraître particulièrement malpoli à la femme en face de lui mais il pouvait le comprendre. Il savait très bien ce que Dean avait pensé en voyant la chambre libre. Et il devait admettre que l'idée s'était aussi infiltrée dans son esprit.

- Pardon ? Demanda la jeune femme en le regardant.

Dean soupira, visiblement énervé. Castiel posa une main dans son dos et sentit qu'il tremblait de la tête aux pieds. Le jeune libraire passa finalement son bras autour de sa taille pour le soutenir au cas où ses jambes flancheraient.

- Je cherche mon père … John Winchester. Il n'est pas dans sa chambre et il … je suis son fils.

Castiel pria mentalement un Dieu en lequel il ne croyait pas pour qu'il ne s'agisse pas de quelque chose de grave. Mais il pouvait sentir l'angoisse monter en lui inexorablement. Il se doutait que c'était pire encore pour son petit-ami. Il se colla donc contre lui pour qu'il puisse sentir sa présence.

- Monsieur Winchester a été emmené pour passer un nouveau scanner. Le docteur veut suivre l'évolution de sa commotion. Il devrait être de retour d'ici quelques minutes. Vous pouvez l'attendre ici.

Castiel sentit le soulagement l'envahir et il se tourna vers Dean pour constater la même chose chez son petit-ami. Il le conduisit alors jusqu'aux chaises en plastique qui avaient été installé le long du mur entre les portes de chambres et le fit s'asseoir. Dean semblait toujours choqué et il ne cessait pas de mordiller sa lèvre. Castiel pouvait le comprendre. Il s'agenouilla devant le jeune homme et posa ses mains sur ses genoux.

- Tout va bien, souffla t-il.

- J'ai cru … pendant une seconde j'ai cru, bafouilla Dean avant de secouer la tête et de fermer les yeux.

Castiel le laissa faire sans chercher à le forcer à le regarder. Il savait que le jeune homme avait besoin de gérer son stress à sa manière. Il aurait préféré que son petit-ami ressente le besoin de lui parler. Mais il ne voulait pas le brusquer. Pas au moment où ils s'apprêtaient à franchir une étape importante dans leur relation.

Castiel se contenta donc de rester devant Dean en silence, ses mains sur ses genoux et ses yeux fixés sur le visage tendu du jeune homme. Il aurait été incapable de dire combien de temps il resta ainsi. Mais quand il se releva enfin, il avait mal aux jambes et le dos qui le tirait atrocement. Derrière lui, un infirmier poussait le lit où se trouvait John Winchester. Dean se leva aussitôt et fit un pas dans la direction de son père avant de s'immobiliser. Castiel le rejoignit alors et passa à nouveau un bras autour de la taille pour le soutenir. Il eut peur pendant une seconde que son geste soit mal accepté par son petit-ami mais ce dernier ne bougea pas. Castiel vit alors le regard de John se poser sur eux. Il put lire de la surprise dans ses yeux. Et quelque chose d'autre. Quelque chose qui ressemblait à de la colère ou à de la résignation. Dean semblait à nouveau particulièrement nerveux mais il se décida tout de même à avancer pour s'approcher de son père. Castiel le suivit aussitôt. Il ne s'arrêta que lorsqu'ils furent au pied du lit de John.

- Bonjour papa, déclara Dean d'une voix qui tremblait sensiblement.

Castiel avait tout imaginé dans sa tête. Il avait pensé que John se mettrait à hurler en le voyant ou à dire à son fils de partir et de revenir sans lui. Il avait imaginé qu'il y aurait des larmes et des cris. Peut-être même des coups échangés. Mais certainement pas cette acceptation silencieuse. John semblait fatigué. Le jeune libraire ne pouvait s'empêcher de se demander si c'était la raison qui faisait qu'il n'avait rien dit jusque là sur sa présence.

- Je te présente Castiel … c'est … c'est l'homme dont je t'ai parlé … c'est mon petit ami, expliqua Dean.

Il était nerveux mais il semblait déterminé et Castiel ne pouvait pas être plus fier de lui qu'à cet instant précis. Il était temps pour lui de dire quelque chose. Probablement de saluer John. Il ne savait pas vraiment quoi lui dire. John avait les yeux rivés sur son fils et semblait déterminé à l'ignorer. Ce qui arrangeait considérablement le jeune libraire.

- Bonjour Monsieur Winchester, lança t-il tout de même.

Il attendit de voir si le père de Dean allait le regarder mais quand il ne bougea pas, il choisit de ne pas en être vexé. Il tourna la tête vers son petit-ami et se concentra sur la tension qu'il pouvait lire sur son visage. C'était lui qui comptait aux yeux de Castiel. Il se fichait totalement que John puisse avoir envie de le connaître ou non.

- Comment vas-tu ? Demanda finalement le jeune homme quand le silence commença à s'éterniser.

Dean semblait avoir envie de se comporter normalement même si la situation ne l'était absolument pas. Castiel pouvait comprendre son désir mais il doutait que l'illusion puisse durer longtemps. Pas avec le comportement que semblait voulait avoir John. Mais s'il voulait jouer à ce jeu, le jeune libraire pouvait parfaitement y jouer aussi.

- Je vais bien, assura John en regardant son fils dans les yeux.

Dean ouvrit la bouche pour parler mais le médecin de son père l'interrompit. Il s'approcha d'eux pour expliquer qu'il était temps pour John de regagner sa chambre et de se reposer. Castiel aurait aimé que son petit-ami saisisse cette opportunité pour partir. Mais il semblait déterminé à prolonger cette rencontre avec son père. Et il suivit le médecin et John dans la chambre quand l'infirmier poussa son lit à l'intérieur. Castiel hésita une seconde avant d'y pénétrer à son tour. Il refusait de baisser les bras et de laisser le jeune homme seul. Il lui avait juré qu'il serait là pour lui. Il allait tenir sa promesse.

Quand il entra dans la chambre, il posa aussitôt les yeux sur Dean. Son petit-ami se tenait à nouveau au pied du lit de son père. Il regardait le docteur examiner John avec les sourcils froncés. De toute évidence, le médecin semblait préoccupé.

- Il y a un problème ? demanda le jeune homme.

Le docteur ne le regarda pas immédiatement et Castiel sut aussitôt qu'il y avait quelque chose qui clochait. Il le garda pour lui bien sur mais il s'approcha de son petit-ami et posa sa main dans le bas de son dos. John ne pouvait pas le voir faire et c'était mieux ainsi. Il préférait ne pas le braquer.

- Le scanner montre une légère hémorragie. Rien de très grave mais nous préférons surveiller votre père pendant encore quelques jours.

- Mais tout va bien ? Demanda Dean.

Il était de plus en plus inquiet et Castiel pouvait sentir la tension dans les muscles de son dos. Il avait envie de le prendre dans ses bras mais il doutait que ce geste plaise à John. Castiel jeta un coup d'oeil au père de son petit-ami. Il paraissait relativement calme malgré ce que le docteur venait d'annoncer. Sans doute était-il trop fatigué pour réellement réagir en conséquence.

- Votre père semble récupérer correctement mais nous allons rester vigilant encore quelques jours.

Dean hocha la tête en entendant la réponse du médecin. Ce dernier termina les vérifications qu'il avait commencé sur John puis il s'excusa et sortit de la chambre. Le père de Dean jeta alors un coup d'oeil à Castiel. Le jeune libraire le soutint sans bouger malgré son envie de s'écarter du jeune homme aussitôt.

- Alors c'est vous ? Demanda John.

Castiel hocha la tête. Il ne savait pas vraiment ce que le père de Dean entendait par là mais il acquiesça tout de même.

- Papa, je croyais que tu voulais faire un effort ? Rappela le jeune homme.

John se tourna vers lui et haussa les épaules.

- Je sais qu'il compte pour toi et je suis prêt à faire un effort mais … tu ne m'enlèveras pas de l'idée qu'il est trop vieux pour toi.

Il parlait comme si Castiel n'était pas là. Le jeune libraire ne se vexait pas facilement mais il n'aimait pas du tout ce que le père de Dean sous-entendait. Il était temps pour lui de se défendre.

- Je suis effectivement plus âgé que votre fils mais je l'aime. Je n'ai jamais cherché à le forcer à quoi que ce soit et je ne veux surtout pas le faire souffrir. Vous avez le droit de me détester parce que je suis gay ou que je sors avec votre fils mais vous ne pouvez pas sous-entendre ce que vous sous-entendez. Je ne suis pas un pervers et je ne suis pas quelqu'un de tordu. J'aime votre fils.

Dean se tourna vers lui, visiblement surpris par ce qu'il venait de dire. Castiel le regarda une seconde avant de se tourner vers John pour attendre sa réaction. Pendant une seconde, il crut que le père de son petit-ami allait s'emporter. Mais il se contenta de le regarder avant de soupirer et d'hocher la tête.

- Je suis désolé, admit-il finalement.

Il semblait sincère et Castiel était surpris qu'il reconnaisse son erreur. Dean lui avait décrit son père comme un homme sûr de lui et dur. Un homme qui ne s'excusait jamais et qui restait campé sur ces positions. Cela ne ressemblait définitivement pas à l'homme que le jeune libraire avait en face de lui. Il ouvrit la bouche pour parler mais il n'en eut pas l'occasion. John ferma les yeux subitement et porta une main à son crâne. Dean contourna aussitôt le lit et s'approcha de lui. Castiel resta pétrifié au pied du lit, incapable de faire quoi que ce soit. Il observa John se frotter le front puis grimacer. De toute évidence, il avait mal. Dean lui attrapa l'avant bras.

- Papa, est-ce que ça va ? Demanda t-il.

John secoua la tête puis tendit son bras libre pour chercher quelque chose sur la table de nuit. Dean le regarda faire puis sembla comprendre ce qu'il voulait. Il attrapa le bouton d'appel et appuya frénétiquement dessus pendant de longues secondes. Puis il le jeta sur la table de nuit. John avait toujours les yeux fermés et il semblait souffrir atrocement. Castiel avait envie de faire quelque chose mais il n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait faire pour aider. Il resta donc planté au pied du lit sans bouger comme un imbécile. John arracha son bras de l'étreinte de Dean après quelques secondes puis, subitement, il se mit à convulser sur le lit. Le jeune homme l'appela plusieurs fois, impuissant.

Dans la confusion générale, et alors qu'il avait les yeux rivés sur Dean, Castiel n'avait pas vu l'équipe médicale entrer. Il s'en aperçut quand le médecin repoussa son petit-ami et se pencha au dessus de John. Il se mit à crier à ses collègues des choses que Castiel ne comprenait pas. Il sortit enfin de sa torpeur quand il vit que Dean paniquait et tentait de forcer le passage vers le lit de son père. Il était retenu par le bras par un infirmier qui faisait le double de sa taille. Le jeune libraire se dirigea alors vers lui et repoussa l'homme qui le malmenait. Il saisit ensuite les épaules de son petit-ami et le fit se retourner pour qu'il ait le dos tourné au lit où son père convulsait toujours.

- Dean, laisse les travailler, jeta t-il.

Le jeune homme jeta un coup d'oeil par dessus son épaule. Le médecin criait toujours et le personnel s'activait pour lui donner ce qu'il demandait. L'infirmier qui avait retenu Dean leur demanda alors de quitter la pièce pour laisser le personnel travailler. Le jeune homme ne semblait pas en avoir envie mais Castiel ne lui laissa pas le choix. Il tira son petit-ami vers la sortie.

- Tu dois appeler Sam, lança t-il pour tenter de convaincre Dean.

Ce dernier cessa de lutter en entendant le nom de son frère. Il suivit finalement Castiel et le laissa refermer la porte derrière eux. Il resta tout de même proche. Ils pouvaient entendre le médecin parler à l'intérieur, appeler John et exiger qu'on lui fournisse des médicaments dont les noms étaient inconnus du jeune libraire. Le temps sembla se suspendre et Castiel n'aurait pas su dire combien de temps ils restèrent plantés devant la porte de la chambre. Quand elle se rouvrit, il recula aussitôt d'un pas.

- Comment va t-il ? Demanda Dean immédiatement.

Le docteur le fit s'écarter de la porte et Castiel vit les infirmier pousser le lit de John par la porte. Il était calmé mais il était inconscient.

- Votre père fait une hémorragie cérébrale. Nous allons devoir l'opérer pour diminuer la pression sur son cerveau. C'est une procédure délicate. Mais c'est notre seul chance de lui sauver la vie. Est-ce que vous comprenez ce que je vous dis ?

Dean avait les yeux rivés sur le lit de son père. Il ne répondit pas et le médecin lui posa une nouvelle fois la question. Cette fois, le jeune homme se tourna vers lui et hocha la tête.

- Je vais avoir besoin que vous signiez les papiers nous autorisant à opérer votre père. Mes collègues vont vous les apporter pendant que nous préparons tout le nécessaire pour l'opération. Est-ce que c'est d'accord ?

Dean hocha une nouvelle fois la tête. Le médecin ne perdit pas une seconde de plus et s'éloigna de lui à grandes enjambées. Castiel vit son petit-ami trembler violemment et il sut à cet instant précis qu'il allait tomber. Il se précipita donc dans sa direction et le prit dans ses bras. Comme il l'avait prévu, les jambes de Dean cédèrent sous son poids et il tomba contre le jeune libraire. Ce dernier le serra contre lui et ferma les yeux. Il avait la sensation d'être totalement inutile et impuissant. Il détestait ça. Il aurait voulu avoir les mots justes pour réconforter le jeune homme. Mais il doutait sincèrement qu'il en existe.

- Je suis sûr que ça va bien se passer, assura t-il finalement à court d'idées.

Dean hocha la tête dans son cou. Castiel avait la sensation d'être un menteur en promettant à son petit-ami des choses sur lesquelles il n'avait aucune maîtrise. Mais il ne voyait pas quoi faire d'autre. Et il espérait qu'en se montrant positif, il aurait une petite influence sur le sort de John. Il sentit son petit-ami fondre en larmes contre lui et il lui caressa doucement le dos en le conduisant sur les chaises en plastique qu'ils avaient occupés plus tôt. Le jeune libraire n'avait aucune idée des chances de John de s'en sortir. Il ne savait pas si son état était réellement grave mais il avait l'impression que le docteur lui même était extrêmement inquiet. Ce qui n'était définitivement pas une bonne nouvelle. Le jeune libraire savait que s'il arrivait quelque chose à John, Dean aurait les pires difficultés du monde à s'en remettre. Il ne voulait surtout plus le voir souffrir. Il avait le droit d'être heureux et de laisser derrière lui les épreuves et les moments difficiles. Mais quoi qu'il puisse arriver, il se jura d'être là. Il doutait simplement que son amour et sa présence suffirait. Alors, sans rien dire à Dean mais en le gardant serré contre lui, il adressa une prière silencieuse pour que John s'en sorte. Il pria pour que la chance tourne une bonne fois pour toute et pour que son petit-ami soit épargné. Il pria pour que Sam et lui ne soient pas orphelins. Pour que les péchés de John soient pardonnés et qu'on lui accorde une seconde chance d'être un bon père. Il se le répéta encore et encore sans s'arrêter une seule seconde. C'était probablement la seule chose qu'il pouvait faire pour Dean et il comptait bien le faire à fond.