Posté le : 15 Février 2013. Blood. I want blood.
Note : Je sais, vous attendiez ce bain de sang avec une impatience grandissante. Eh bien, nous y voilà. ENFIN. Donc pour ceux qui avaient du mal à retenir qui était qui, la tâche vous sera facilité ! J'espère juste que ce début de bain de sang sera à la hauteur de vos attentes. Le chapitre prochain sera sur la fin du jour 1. Priez pour vos personnages préférés. Avant toute chose, je sais que vous aviez voté pour vos personnages préférés jusqu'ici et j'enregistre réellement les votes. MAIS, une fois mort, ces votes ne seront plus effectifs. Il faudra donc changer de fusil d'épaule. Je vous remercie pour toutes vos reviews : elles sont absolument géniales et ça m'encourage pour rédiger la suite même si je n'ai plus vraiment le temps du répondre (studies, duh). Bise, D Would.
Chapitre 13 : Le bain de sang
Jour 1
Djiena Ukiq, District 3 – La végétation, 14 ans
Dès que le décompte est terminé, je saute de ma plateforme et me rue vers la corne d'abondance. Je prends rapidement un sac à dos, évitant de justesse de me retrouver nez à nez avec Noatak Oromy. C'est vrai qu'il serait stupide de ne pas s'attarder ici car la corne a l'air d'être difficile d'accès, mais je préfère me mettre en sécurité pour l'instant.
Je ne réfléchis pas et me jette aussitôt à l'eau. La passerelle est bien plus haute que prévue. Je remarque que devant moi se trouvent plusieurs tributs n'ayant même pas pris la peine de prendre un sac. Ils nagent comme des fous jusqu'à la rive entourés de l'écume qu'ils provoquent. Nulle ne songe à en attaquer un autre dans l'eau, comme des rats tentant désespérément de remonter à la surface lors d'une inondation d'égouts.
J'ignore combien de personnes se trouvent encore près de la corne d'abondance, mais la bataille doit faire rage. J'utilise mon sac comme flotteur et commence à nager lorsqu'un corps tombe en un grand splash !, à un mètre de moi. Je suis éclaboussée de sang et d'eau.
Prise de panique, je me mets à trembler et m'approche du cadavre qui commence à couler. C'est Lana Wypool, la fille du District 2. Elle a un poignard enfoncé dans le thorax. Je ne lui ai jamais adressé la parole... mais je me souviens de sa douceur, de son tact.
Un coup de canon retentit et je décide de déloger l'arme de son corps pour m'en servir plus tard. Dès lors, son cadavre se met lentement à couler et je nage le plus vite possible jusqu'à la rive. Le courant est vraiment fort, comme si les juges nous incitaient à rester davantage dans cette mer houleuse en provoquant une sorte d'affrontement.
Sur ma droite, Enris Kawel, semble boire la tasse. Il se débat dans l'eau tout en hurlant : « BLUE ! FAY ! AIDEZ-MOI ! A L'AIDE ! ». Ces dernières arrivent derrière lui et tentent de le raisonner mais ce gros balourd ne leur inflige que des coups au hasard, ne distinguant ni amis ni ennemis.
Il doit avoir une peur monstrueuse de l'eau. Il donne un magistral coup de poing à Fay qui se retrouve sonnée et Blue crie quelque chose à son tour, mais dans la cacophonie du moment je n'entends pas très bien. Je m'aperçois que je fais du surplace depuis plusieurs minutes lorsque la fille du District 8 file à toute allure sous mes yeux. Près de la passerelle, Blue extirpe le corps de Fay hors de l'eau et abandonne à son sort Enris, son supposé allié.
Au vue des mouvements qu'il fait, je ne comprends pas comment il peut réussir à se maintenir à la surface. Subitement, je suis prise de panique lorsque Noatak Oromy nage à une vitesse incroyable vers moi. Je glapis de terreur et me remets à nager de plus belle, décidée à mettre le plus de distance entre lui et moi.
Noatak Oromy, District 1 – La musique, 18 ans
Je suis depuis quelques secondes seulement de la fille du District 3 qui a réussi à m'échapper à la corne d'abondance. À cause d'elle, j'ai tué quelqu'un d'autre par accident. Je crois que c'est Cyl, le gars sympa du 5.
Comme un requin, je me lance à sa poursuite. Djiena avance le plus rapidement possible mais le courant l'affaiblit. Elle ne s'est pas entraînée aussi bien que moi dans la piscine du Village des Tributs. Par contre, j'ai vu durant le stage qu'elle était très rapide sur la terre ferme. Hors de question que je lui laisse une nouvelle occasion de s'en sortir.
Je continue de progresser lorsque j'entends des cris sur le côté. Quelque chose en moi est interpellé et je m'arrête quelques secondes. Là-bas, près des pilotis de la corne d'abondance se trouve Enris Kawel qui semble sur le point de se noyer.
Mais en plissant les yeux, je remarque qu'il s'appuie sur la petite aveugle et qu'elle est submergée sous l'eau depuis un bon moment.
Je reste là, indécis : ils vont mourir tous les deux et ça serait une bonne chose pour moi, mais d'un autre côté... qui voudrait mourir de cette façon ? Tant pis, qu'ils crèvent. Ça fera une paire de tributs de moins à vaincre.
Les cris de la fille du 6 m'assourdissent. Un flash me parcourt et je repense à la popularité incontestable d'Opale Swensea au Capitole. Si je la sauve maintenant, les gens m'adoreront et les juges seront plus indulgents avec moi. Ils ne voudront pas la laisser mourir maintenant, alors que c'est un tribut choyé.
Djiena a presque atteint le rivage. Désormais, c'est trop tard : elle s'enfoncera bientôt dans la forêt et mes chances de l'anéantir disparaissent.
Je m'approche à la nage d'Enris et hurle :
– LÂCHE-LA !
Mais ses yeux révulsés, ses gestes imprécis et sa panique le dévorent tout entier. J'attrape le bras d'Opale qui semble désormais inconsciente mais le gars du 3 ne veut pas la lâcher. Je lui donne un coup de coude dans la figure, pourtant il continue de s'appuyer sur elle. Brusquement, il m'attrape de ses gros bras velus et je me retrouve étranglé, la tête sous l'eau, à l'instar d'Opale. Je tente de le griffer pour qu'il lâche prise, mais rien à faire.
Je réussi à tirer de mon étui un des sabres que j'ai attrapés à la corne d'abondance et lui tranche brusquement les poignets puis la gorge, comme je l'ai fait quelques jours plus tôt avec la juge. L'eau devient rouge tout autour de nous et j'attrape le corps inconscient d'Opale avant de nager avec elle jusqu'à la rive. J'ai une sorte de point de côté qui me lance le flanc.
Je n'aurais pas dû la sauver, même si ma « bonne » action est retransmise dans tout Panem et que les gens m'envoient des dons... je n'aurais pas dû. Je me suis épuisé pour rien car cette petite est déjà morte de toute manière avec sa cécité. Je la dépose sur le sable sans ménagement car après tout, c'est ainsi qu'on doit la traiter : comme un tribut ordinaire. Sinon, elle mourra.
Sur la plage, il n'y a personne d'autres que nous pour l'instant.
Je pourrais attendre ici et en tuer deux ou trois dès leur arrivée mais je n'ai plus beaucoup de force à cause du combat autour de la corne d'abondance, celui dans l'eau et la course à la nage. Il serait plus prudent de trouver une cachette, de vérifier ce que j'ai dans mon sac et de me reposer. Je jette un regard autour de moi, m'assure qu'Opale n'est pas dans un endroit trop voyant puis me redresse.
– La prochaine fois qu'on se recroise dans l'arène, je te tue.
Je tousse et recrache un peu d'eau au passage. Elle a les yeux ouverts et semble respirer tout doucement. Je ne sais pas si elle m'a entendue, ni même si elle sait de qui il s'agit. Mais je m'éloigne déjà vers la forêt tropicale en courant à toute vitesse.
Opale Swensea, District 6 – Les banques, 12 ans
Le garçon du 1 m'a sauvée. Que se passe-t-il dans sa tête ? Où est la logique là-dedans ? Pourquoi ne m'a-t-il pas laissée à mon sort ? Je balaie ces questions de mon esprit et tente de réfléchir de manière cohérente. Mon mentor pense qu'il me faudrait un support comme repère. Je sens l'odeur du bois... Il y a des arbres pas loin, donc une possibilité d'attraper une branche pour m'en servir comme bâton.
Je sens la mer lécher ma silhouette alanguie sur la plage. Encore sonnée, j'essaie d'écouter ce qu'il se passe autour. Plusieurs tributs ne sont pas loin. Je me mets à genoux, les mains dans le sable, et avance le plus vite possible à quatre pattes.
Je grelotte de froid et quand le sable se fait plus rare, je me redresse et m'accroche au tronc d'un arbre. J'avance précautionneusement, me laissant guider par les odeurs de la forêt tropicale. J'entends un nouveau coup de canon et je me pétrifie. Qui est mort ? Je tremble de terreur en repensant aux bruits d'horreurs autour de la corne d'abondance. Après l'explosion d'un des tributs, tout est allé si vite... Comment ferai-je cette nuit pour savoir qui est mort puisque les portraits sont affichés dans le ciel ? Comment pourrai-je savoir si mes amis vont bien ?
Je m'enfonce dans le décor de l'arène et tente de me repérer grâce aux bruits des animaux... de simples animaux ou encore des mutations génétiques ? Je prends mon courage à deux mains et avance précautionneusement, les bras devant moi.
Lorsque j'arrive près d'un arbre au tronc gigantesque, je tire sur une branche et la brise. Je la touche rapidement et crois reconnaître un type de bois souvent utilisé dans la décoration au Capitole...
Je souffle, et me laisse tomber au sol. Où se cacher ? Je réfléchis un long moment avant de reprendre ma route : le mieux serait dans un arbre mais le souci, c'est que je ne pourrai jamais voir si je suis réellement dissimulée de la vue des autres ou non.
Un bruit de feuillage attire mon attention. Je resserre ma prise autour de mon bâton en tournant dans tous les sens. Ce n'est pas le bruit que ferait un animal... Je n'ose demander qui est là de peur d'attirer l'attention d'un tribut qui passerait par là simplement par hasard. Ce serait stupide de révéler ma position alors que, pour l'instant, j'ai plutôt une bonne étoile au-dessus de ma tête.
Les caméras doivent certainement être braquées sur moi si ce sont des tributs : ils doivent s'attendre à une rencontre imminente. Ce sont peut-être mes derniers instants... J'espère que mon père ne regarde pas ça. Il doit être fou d'inquiétude.
J'entends une voix s'élever et m'approche le plus silencieusement possible. Je crois reconnaître la voix de Fay Pandorre. Pourtant, celle-ci a l'air pâteuse, un peu comme si elle avait la bouche remplie de quelque chose... sans doute du sang.
– Ils ont eu Enris, lance-t-elle, apparemment très inquiète. On ne peut plus compter que sur nous deux.
– Pourquoi ce crétin ne nous a-t-il pas dit avoir peur de l'eau ? lance son alliée qui doit être Blue, la fille du 4. On aurait pu aviser dès le stage d'entraînement.
– J'en sais rien, admet Fay. Il devait sûrement en avoir honte... Viens par là, je crois qu'il y a un endroit où on pourrait continuer. En tout cas, ce chemin a l'air plus sûr que celui de tout à l'heure.
Je les entends s'éloigner jusqu'à ce que le silence relatif de la jungle revienne. Je regrette tellement que Kiet et Gabi ne soient pas là.
Blue Kap, District 4 – L'histoire, 16 ans
Fay a l'air abattue par la mort d'Enris. À peine entrées dans les Jeux, nous avons déjà perdu un allié de taille. J'avoue que je ne pensais pas qu'il disparaîtrait au bain de sang. Je comptais beaucoup sur ses muscles pour la suite des évènements.
J'avais tout calculé pour que l'on soit un trio redoutable... pourtant, rien ne s'est produit comme prévu. Par exemple, je n'avais pas prévu de me retrouver seule avec Fay. Selon mes calculs, elle aurait dû mourir avant Enris. J'avais bien pensé à la laisser se noyer avec lui, mais il aurait été stupide de supprimer de suite un de mes pions avant même notre entrée dans les Jeux.
Fay est couverte de gloire et j'espère bien qu'une parcelle va rejaillir sur moi au cours des Hunger Games.
– Tu saignes.
– Ouais, dit-elle, et ça risque de devenir une habitude ces prochains jours.
– Apparemment, Enris n'y est pas allé de main morte.
Fay me foudroie du regard et je retiens un léger rire.
– Désolé, je n'ai pas pu m'empêcher de faire ce jeu de mot vaseux. Paix à son âme, à ce bon vieux Enris, dis-je en enjambant une énorme souche d'arbre.
– Tu t'en fous qu'il soit mort ?
– C'était mon allié tout autant que je le tien, j'te ferai dire... mais j'ai pas envie de rentrer dans le mélodrame. Il devait mourir, non ? C'est le jeu.
Fay déplace quelques branches et admet :
– C'est vrai, mais ça a été si... brutal.
– On a essayé de l'aider, mais y'avait rien à faire. Je t'assure. Là, on doit penser à notre survie avec une cachette avant qu'on tombe sur d'autres tributs. Je suis sûre qu'il y en a juste à côté puisqu'on est tous partis dans la même direction... Tiens, on va essayer de continuer par là-bas.
Je pointe du doigt une sorte de chemin sinueux où la végétation semble moins dense. Je sursaute de terreur lorsqu'un minuscule singe vient se poser sur mon épaule pour ensuite se suspendre à mon sac à dos.
– Bordel, c'est la première fois que j'en vois un de si près !
– Tu n'es jamais allée au zoo du District 7 ? me demande Fay en chassant le singe.
– Tu plaisantes ? Mes parents sont du genre à rester enfermés chez eux une bonne semaine entière.
Nous reprenons notre marche en tentant cette fois de faire moins de bruit. Nous regardons partout autour de nous, les sens en alerte. Le décor de l'arène a l'air particulièrement hostile. Plus nous nous enfonçons, plus il fait chaud et lourd.
– Je crois que si le singe nous est littéralement tombé dessus, ce n'est pas par hasard, lance Fay au bout de plusieurs minutes de marche. Il a dû sentir la nourriture.
– Quoi ? Tu penses qu'on a de la bouffe dans les sacs ?
– Un seul moyen de le vérifier. Regarde, ici ça semble être une bonne cachette.
Nous nous arrêtons devant une espèce de gigantesque baobab dont l'enchevêtrement de racines laisse découvrir une planque souterraine, de quoi loger un gros ours à peine. On sera sans doute à l'étroit à l'intérieur, mais pour un premier jour, avec toute la fatigue, Fay et moi nous ne trouverons certainement pas mieux.
– Je vais chercher des branches pour dissimuler un peu l'entrée, propose Fay.
– Je me demande où tu trouves l'énergie de faire encore tout ça.
– Depuis que j'ai cinq ans, raconte-t-elle, mes parents me baladent de studio en studio, et de studio en théâtre pour gagner de l'argent. J'ai l'habitude de faire plein de choses sans m'arrêter. J'ai enduré la fatigue plus d'un million de fois.
Lorsque nous avons rassemblé assez de branchages, nous nous glissons dans le trou et ouvrons nos sacs à dos. Le mien contient des pansements de plusieurs tailles, du baume, un flacon de désinfectant, un sachet contenant vingt-quatre crackers et un minuscule couteau. Celui de Fay aussi contient du baume. Mais pour le reste, il n'est composé que de deux tranches de viandes séchées, un blouson de rechange, un peu de ficelle et une espèce de montre.
– Fais voir.
Fay la garde longtemps entre ses doigts puis me la passe.
– Ca ressemble aux bracelets qu'on nous avait donnés au Village des Tributs, dis-je en fronçant les sourcils. C'est bizarre, il n'y a pas de bouton. Peut-être que ça s'actionne avec la voix.
– Hors de question qu'on allume cette chose, rétorque Fay. Imagine que les autres tributs en aient un aussi et que ça les conduise directement à nous.
– Non, c'est impossible. Si tout le monde en avait un, j'en aurais aussi eu un dans mon sac à dos... et c'est pas le cas.
Fay a l'air sceptique mais reprend tout de même la montre.
– Je n'ai pas confiance, c'est tout.
– Si c'est dans nos sacs, ce n'est pas dangereux. C'est censé être un kit de survie, pas une bombe à retardement !
Mon alliée lève les yeux au ciel et explique en choisissant soigneusement ses mots :
– Blue, nous sommes dans les Douzièmes Hunger Games du Capitole et ils sont censés être spéciaux, à mon avis.
– Pourquoi ? Parce que c'est le chiffre 12 ?
– Il y a eu de nombreux changements dans l'organisation cette année, je ne pense pas que ça soit pour rien. Et tu as vu la passerelle de la corne d'abondance ? Elle ressemble à celle de la dernière Expiation !
Ferroh Sverre, District 11 – L'écriture et les arts picturaux, 18 ans
La passerelle est pratiquement vide, désormais. Tous les tributs survivants se sont enfoncés dans la forêt tropicale. La corne d'abondance est plantée au milieu de la mer, à quelques dizaines de mètres du rivage. Je la contourne et regarde à l'aide de jumelles ce qu'il se passe sur la plage : il n'y a personne.
– Du nouveau ? lance Trinity par-dessus mon épaule.
– Toujours rien pour l'instant. Ils sont sans doute partis se cacher.
– Qu'ils restent dans cette jungle pourrie, nous on garde la corne.
Son ton féroce laisse présager qu'elle est de très mauvaise humeur. Je crois qu'elle n'a pas bien supporté que je lance des encouragements à Gwalenn, ma partenaire de District. J'espère que Séleucos et elle ne l'ont pas interprété comme une forme de trahison.
Ils sont d'ailleurs en train de jeter les derniers corps à l'eau afin que l'hovercraft les récupère plus tard sans nous déranger. Ce fut très dur de lancer Cyl à la mer, mais il le fallait. Je dépose les jumelles sur une des caisses et ouvre au hasard un sac à dos, espérant y trouver de quoi manger.
– Non, s'écrie Trinity. Il faut qu'on rationne !
J'émets un petit rire et lui arrache le sac des mains.
– De un, tu n'es pas ma mère, et de deux, nous sommes les maîtres de la corne d'abondance. Et comme son nom l'indique, à moins d'une catastrophe, nous ne manquerons de rien.
– Et si comme tous les autres on doit la quitter cette foutue corne ? rétorque-t-elle.
– Ils avaient prévu que des gens restent, élude Séleucos en sortant de la corne. À l'intérieur il y a quatre sacs de couchage et une lampe. Les juges devaient s'attendre à ce que des tributs prennent l'ascendant lors du bain de sang et s'installent ici.
Trinity me dévisage une seconde puis lâche :
– Bon, très bien. Dévore tout sur ton passage mais tu ne viendras pas pleurer sur mon épaule quand les mots « Jeux de la Faim » prendront tous leur sens.
Elle ramasse une épée ensanglantée et entreprend de la nettoyer pour la ranger avec le reste de notre arsenal. Je m'assieds sur une des caisses et partage un des paquets de crackers avec Séleucos. En lui jetant un regard rapide en biais je me rends compte à quel point il est minuscule. Je dois bien faire deux fois sa taille.
– Trinity a l'air de m'en vouloir...
– Oh, t'en fais pas, ça ira sans doute mieux demain après avoir dormi un peu, répond-il. Elle est juste à cran. Voir un mec exploser juste sous ses yeux n'est pas une expérience particulièrement plaisante, j'imagine.
– Tu ne l'as pas vu ?
– Non, j'étais à la gauche de Noatak. La corne bouchait la vue.
– Mmh, et d'ailleurs, comment tu as fait pour échapper à ses griffes ?
– Les pilotis, explique-t-il entre deux bouchées. J'ai fait semblant de sauter et je me suis en réalité accroché aux pilotis pendant le temps du bain de sang, puis je suis remonté.
– Trinity pensait qu'on t'avait eu lors de l'attaque. La frayeur que tu lui as faite !
– Ouais, peut-être...
Séleucos est tout à coup pensif. Je me demande comment cela se fait qu'il soit aussi intelligent pour son âge, ce qu'il faisait dans sa vie avant les Jeux... et le reste. Je continue de grignoter quand je crois apercevoir des formes sur le rivage. J'attrape mes jumelles et regarde dedans : sur la plage Axl Petrillus porte sa petite sœur qui semble avoir une blessure à la tête.
– Ce sont les tributs du 7, prépare-toi à les accueillir.
Séleucos prend les jumelles et déclare :
– Mais la fille est blessée ! Qu'est-ce que tu veux qu'ils nous fassent ?
– Le frère doit sans doute vouloir cacher sa sœur un moment pas très loin pour revenir à la corne d'abondance.
– C'est de la folie ! s'écrie Trinity en attrapant tout de même un grand couteau recourbé. S'il pense pouvoir nous voler la corne d'abondance aussi facilement, il se trompe !
– Je pense qu'il est là pour récupérer de quoi la soigner, j'avance sans être trop sûr de moi. On n'a qu'à se cacher à l'intérieur de la corne, le laisser venir et le... le tuer quand il sera là.
– D'accord, lance Séleucos en essayant de grimper.
– Attends, je vais t'aider, dit Trinity en emportant un couteau supplémentaire qu'elle cache dans sa botte. Ferroh, prend les jumelles. On pourra le surveiller de l'intérieur.
J'acquiesce et finis par les rejoindre. Nous restons là, tapis, et j'observe ce qu'il se passe sur la plage tout en le leur commentant :
– Il vient de cacher sa petite sœur derrière un gros rocher à l'abri des récifs. Il s'avance vers la mer... C'est bon il est dans l'eau... Attendez, il fait demi-tour.
– Quoi ?! s'exclame Séleucos. Pourquoi ? Vite, regarde !
– Putain, y'a le gars du 12... Ethan ! Il s'approche de la fille et elle a l'air complètement dans les vappes.
Trinity s'empare des jumelles et murmure :
– Bon sang...
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• Le sponsoring continue ! N'oubliez pas de voter pour votre tribut favori à la fin de ce chapitre. Et pour ceux qui ne votent pas, croisez les doigts pour que vos tributs favoris s'en sortent !
Thinks-up a bien répondu à la question bonus du chapitre précédent : tu as deux points pour ce chapitre !
