Note : Désolée de poster si tard, le site était inaccessible depuis plusieurs heures. Merci beaucoup pour vos reviews ! A chaque fois je suis comme un enfant le jour de Noël en les lisant (ben quoi?) et je suis ravie de retrouver les mêmes lectrices au fil des chapitres ^^

Je vois que les mentors manquent, je vous rassure ils seront dans ce chapitre ! :D

Sur ce, bonne lecture !


Chapitre 14

- On est perdu, dit Clove d'un air entendu en regardant ses ongles.

- On n'est pas perdu, répliqua Cato avec mauvaise humeur.

- Dans la mesure où personne ne sait dans quel sens aller, je crois qu'on peut conclure qu'on est perdu, dit Glimmer assise sur la branche d'un arbre.

Ils tournaient dans cette fichu forêt depuis pratiquement une journée. Ils avaient de quoi manger et leurs gourdes étaient pleines mais il fallait qu'ils trouvent très vite un point d'eau ou encore mieux un village où ils pourraient se reposer et se cacher. Cato et Thresh avaient voulu prendre les choses en main – « Ah les mecs ! » soupira Glimmer – mais ils ne réussirent qu'à les perdre encore plus.

Katniss observa la forêt autour d'elle à la recherche de quelque chose de familier qui pourrait lui indiquer la direction à prendre.

Mais rien.

Les pins et les palmiers étaient inconnus pour elle, tout comme le sable et les empreintes d'animaux. Malgré tout elle décida de grimper sur un arbre. Les pins étaient très désagréables avec leur épines et elle atteint une belle hauteur, couverte de griffures.

En bas de l'arbre Cato grommelait qu'il savait parfaitement où il se trouvait. Ou presque. Katniss regarda autour d'elle. A sa droite elle ne vit que l'épaisse forêt de pin balayée par le soleil et devant elle se trouvait un chemin mais aucune trace de point d'eau; elle tourna alors la tête à sa gauche et vit la mer. C'était la première fois qu'elle la voyait et même de loin celle-ci lui parut tout aussi impressionnante. Elle s'étirait à l'infini et sa couleur turquoise était presque hypnotisant. Près d'elle se trouvait une multitude de petits villages.

- Alors ? Cria Clove depuis le pied de l'arbre.

- Il y a la mer ! Dit Katniss avec un immense sourire.

Elle descendit précipitamment.

- Là-bas, dit-elle en montrant l'est, la mer et quelques villages.

Tout le monde eut une expression ravie. Ils avaient l'espoir de trouver des gens accueillants qui les aideraient, ils voulaient manger à leur faim et dormir sans avoir la peur que quelqu'un ne les tue dans leur sommeil.

- Je vous avez bien dis qu'on était perdue ! Râla Clove.

Il leur fallut deux bonnes heures pour atteindre le premier village. Les maisons étaient peintes de plusieurs couleurs (avec une préférence pour le bleu, le vert et le blanc) ce qui s'accordait avec les vêtements des habitants tout aussi colorés. Tout était construit en pierre de couleur claire où le soleil se reflétait bien. Il se dégageait une ambiance douce et sereine que Katniss aima immédiatement. Lorsqu'ils arrivèrent – dans un triste état il faut le reconnaître : couvert de sang, amaigris et fatigués – les villageois les regardèrent d'un air effaré. Le maire du village, un homme encore jeune mais à l'air fatigué, leur fit un bref signe de tête et les invita chez lui.

- Vous prenez énormément de risque à venir ici, dit-il d'une voix un peu lasse en leur servant un jus de fruit.

C'était frais, sucré et délicieusement rafraîchissant.

- De toute façon il n'y a aucun endroit où nous seront en sécurité, répondit Rue avec un sourire triste.

- Ici vous le serez autant que possible. Nous essuyons régulièrement des attaques des Pacificateurs mais on tient le coup ! On produit notre propre nourriture et nous n'avons pas spécialement besoin du gouvernement pour vivre. Malheureusement ils ne l'entendent pas de cette oreille.

- Nous sommes désolée pour vos tributs, murmura Marissa avec un air triste.

Katniss se souvint que c'était l'essaim de guêpes tueuses qu'elle a lâché qui a tué la fille du Quatre et blessé Clove. Son estomac se tordit et elle sentit la culpabilité l'envahir.

- Ne le soyez pas. C'est à Snow d'être désolé et il ne l'est pas, ajouta le maire avec un air un peu las.

Le maire lança un regard appuyé à Katniss et celle-ci se sentit un peu mieux.

- Par contre vous ne pouvez pas rester ici, poursuivit le maire d'un air sincèrement désolé, nous sommes le village le plus près de la limite du district. Beaucoup de Pacificateurs viennent par ici parce qu'ils ne peuvent pas vraiment aller plus loin.

- Les autres villages sont complètement coupés du Capitole ?

- Oui et non. Nous soutenons la population du Capitole qui a été la première à se révolter pour vous permettre de vivre. Cependant je ne sais pas s'ils saisissent toute l'ampleur de ce qu'ils ont déclenché. Ni vous d'ailleurs.

Ils échangèrent un regard. Avaient-ils l'intention de déclencher une révolution ? Certainement pas, ils avaient juste voulu vivre. Katniss avait la sensation qu'ils avaient déclenché quelque chose qu'ils ne pouvaient pas contrôler. Ils incarnaient le symbole de la rébellion sans le vouloir et leurs proches allaient tous le payer très cher.

- On voulait juste vivre, dit Marissa en faisant écho à la pensée générale.

- Je sais. Et pour vivre vous avez choisis la solution la plus noble, c'est ça qui a motivé la population de Panem. Au lieu de tuer pour vivre, vous vous êtes entraidés et vous avez défié Snow – sans le vouloir certes mais tout de même. C'est une marque de bravoure.

- Mais à cause de ça des gens vont mourir, murmura Rue d'une voix coupable.

- Des gens meurent déjà tous les jours. De faim, de soif, de mauvais traitements. Tu viens du Onze petite, tu devrais le savoir.

Katniss le savait aussi. Son père était mort, sa mère aussi, tout comme la mère et les frères de Peeta. La faute revenait à Snow et à lui seul. Cette situation ne pouvait pas continuer et c'est sans doute la raison pour laquelle les districts avaient saisis l'occasion au vol.

- Il y a toujours des morts dans une guerre, marmonna Cato.

- C'est vrai. C'est malheureux mais c'est comme ça, lança Thresh avec assurance. Ils ne seront pas mort en vain en tout cas et c'est toujours mieux que de vivre dans la peur et la douleur.

Le maire acquiesça et leur fit un sourire triste.

- Vous avez décidé de cette trêve mais les gens ont décidé de se rebeller. Vous leur avez donné de l'espoir, beaucoup plus qu'ils n'en ont jamais eu et c'est ça qui les a poussé à faire ce qu'ils ont fais. L'espoir est la seule chose plus puissante que la peur.

Le discours du maire leur mit du baume au cœur. Il leur fit comprendre qu'ils n'étaient pas responsables de la mort de tous ces gens qui avaient décidé de se rebeller. Ils comprirent aussi qu'il fallait à Panem un autre mode de fonctionnement, pour eux, pour leurs proches et leurs futurs enfants. Katniss savait qu'elle n'était pas responsable de la mort de sa mère, le seul responsable c'était Snow. Parfois le soir elle se repassait en boucle ce que sa mère lui avait dit avant de mourir : « Je suis si fière de toi ».

Elle regrettait de ne pas lui avoir pardonné plus tôt. Jamais elle ne s'était rendu compte à quel point sa mère – même absente – était un pilier pour elle, une sorte de valeur sure qui venait elle aussi de s'écrouler.

Katniss sentit Rue prendre sa main dans la sienne et la serrer. Elle lui rendit son étreinte et se promit qu'elle se battrait jusqu'au bout pour que Rue, Prim et les autres aient un monde dans lequel grandir. Un monde sans Hunger Games et où les gens ne mourraient plus de faim.

- … le district Deux ne s'est pas encore vraiment révolté, les habitants sont partagés, poursuivit le maire et Katniss se rendit compte qu'elle avait décroché.

- C'est le seul moyen d'accéder au Capitole, dit Clove en grattant machinalement ses bleus.

- Quoi ?

- Katniss s'endort on dirait, dit Glimmer en riant.

- On disait que le seul moyen d'accéder au Capitole est le district Deux mais que certains Pacificateurs là-bas sont encore à la solde du gouvernement, expliqua Thresh.

- Ils bloquent l'entrée du tunnel menant au Capitole, ajouta Clove.

- Je vois.

En vérité elle ne voyait pas vraiment et rêvait surtout d'un bon lit où dormir.

- On est tous un peu fatigué, dit Marissa, on peut rester ici pour la nuit ?

- Bien sur, mais demain matin je serais obligé de vous demander de partir. Nous sommes le village le plus exposé aux attaques.

Il avait l'air sincèrement désolé.

- On comprend oui, dit Thresh en souriant.

- Je vous conseille d'aller à la capitale du District Quatre, la grande ville côtière qui fait face à la mer. Là-bas se trouve le nœud de la rébellion et je suis presque sûr qu'ils se battront pour vous aider, ajouta t-il avec un sourire.

Ils les amena dans une auberge qui leur proposa plusieurs chambres et un repas chaud. Glimmer fouilla dans ses poches à la recherche d'une bague qu'elle avait amené avec elle. Elle devait valoir très cher mais l'aubergiste refusa catégoriquement quoique ce soit et leur amena même des vêtements propres.

- J'aurais tué pour une douche, cria Glimmer depuis ladite douche.

Glimmer partageait sa chambre avec Rue tandis que Katniss, Clove et Marissa étaient dans la chambre voisine un plus grande.

Rue enfila ses vêtements propres et savoura le plaisir de ne plus être couverte de sang ou de boue séchée. Elle prit le peigne sur la commode et entreprit de démêler ses épais cheveux.

- Attends je vais le faire, lança Glimmer en sortant de la salle de bain.

Elle contempla un instant sa cicatrise, rose, épaisse et plutôt boursouflée puis enfila ses sous-vêtements.

- On va dire que c'est une cicatrice de guerre, je pourrais toujours en rajouter quand je raconterais ça aux garçons ! Rit-elle.

Rue fut prise d'un fou rire et passa le peigne à Glimmer qui s'attaqua à ses épais cheveux.

- J'aimerais bien avoir des cheveux comme les tient, soupira Rue, je n'avais encore jamais vu de cheveux vraiment blonds avant de venir au Capitole !

- Mais les tiens sont très beaux crois-moi, affirma Glimmer, en plus ça tu as un gros avantage : si quelqu'un fait tomber quelque chose sur toi ça va rebondir superbement bien !

Elles éclatèrent de rire alors que Thresh passait la tête par l'entrebâillement de la porte.

- Hey il vous reste du shampoing ? Cato vient de finir le notre.


- A votre avis, je vais mettre combien de temps à récupérer une peau normale ? Grimaça Clove.

Elle observait son reflet dans le miroir de la salle de bain. Entièrement nue, elle contemplait les énormes hématomes qui coloraient son corps, les cicatrices diverses et les plusieurs kilos qui lui manquait. Elle s'était rarement sentie aussi peu jolie. Elle se concentra sur son visage et se dit qu'il était intact au moins. Ses yeux paraissaient plus grand dans son visage amaigrit mais elle se dit que ce n'était pas si grave. Clove avait toujours trouvé ses yeux très beaux.

- Quelques semaines de plus au moins, voire quelques mois, dit Marissa en entrant. Oups ! Désolée... ajouta t-elle les joues rouges en la voyant nue.

- Non ce n'est rien, assura Clove en se rhabillant.

- C'est vrai que c'est impressionnant, concéda la Renarde, mais compte tenu de la gravité de tes blessures, tu t'en sors bien.

- Je sais oui, soupira t-elle. C'est purement esthétique en fait, je n'ai pas envie de finir violette jusqu'à la fin de mes jours.

Clove ne rajouta pas que vu le désir de Snow de les voir mort, il se pourrait bien que la fin de ses jours arrive rapidement.

- Au Capitole les chirurgiens peuvent implanter des moustaches de chat alors ils pourront sans doute faire quelque chose pour toi, dit Marissa en souriant.

- Au pire tu lanceras une tendance, lança Katniss en entrant dans la salle de bain.

- Je vois bien tous les habitants du Capitole en violet pas vous ? Dit Clove en souriant.

- Violet et avec des moustaches de chat, rajouta Katniss.

- Ils sont tellement ridicule hein ? Ajouta Clove en s'habillant.

- Il y a tellement de choses ridicules au Capitole, mais ils nous soutiennent.

- C'est vrai, au pire ils pourront toujours effrayer les Pacificateurs en remuant des moustaches.


Pendant ce temps, au Capitole, Seneca Crane était en pleine dépression et avalait anti-dépresseur sur anti-dépresseur. Les tributs s'étaient non seulement échappés mais s'étaient volatilisés dans la nature. Le président Snow lui avait fait clairement comprendre que ses propres jours étaient comptés s'il ne retrouvait pas les enfants très rapidement.

De son côté Haymitch préparait activement la rébellion. Les autres mentors l'aidaient mais ils se rendirent rapidement compte que leur marge de manœuvre était très limité. Officiellement ils n'avaient pas le droit de rentrer chez eux jusqu'à ce que les tributs soient retrouvés. Officieusement le gouvernement tentait de les éloigner de toute menace possible et de ne pas provoquer de rébellion à grande échelle.

Snow avait bien comprit que la situation était plus instable que jamais et que les anciens vainqueurs pourraient sans aucun problème rallier une énorme quantité de gens à leur cause. Sans compter que le district Treize, loin de se tenir tranquille, envoyait des troupes par centaines et posaient des bombes un peu partout. Plutarch Heavensbee, un des juges des Hunger Games, s'était révélé comme étant un habile agent double et tenait au courant les anciens vainqueurs de l'avancée de la rébellion. Ce jour-là il les avait retrouvé au sous-sol de la tour d'où il observait habituellement les jeux.

- Ah vous voilà ! S'exclama t-il en voyant les anciens vainqueurs réunis. Ici il n'y a pas de caméras, ni de micros.

- Une première, grommela Haymitch avec mauvaise humeur.

- Allons allons, les choses sont en train de changer !

- Vous avez des nouvelles des enfants ? Demanda Seeder d'une voix inquiète.

- Oui ! Alors ils sont passés du côtés du district Douze où la mère de Katniss est décédée mais je n'en sais pas plus de ce côté là. Par contre ils sont désormais du côté du Quatre.

- Le Quatre ? S'exclama Cashmere d'une voix glaciale. Ils se croient en vacances ?

- Le noyau le plus dur de la rébellion vient de là, dit Finnick,ils y seront en sécurité.

- Absolument ! Affirma Plutarch. On pense qu'ils ont grimpé sur un arbre et sauté par dessus la barrière.

- Étrange, marmonna Brutus, j'aurais pensé qu'ils tenteraient de rejoindre le district Treize.

- Apparemment ni les habitants du Douze, ni les rebelles des autres districts n'ont une très bonne opinion du Treize, dit Plutarch en secouant la tête.

- C'est étonnant, lança Enobaria avec sarcasme, qui ne voudrait pas tuer Snow pour voir son double féminin diriger Panem.

Plutarch grimaça.

- Il est vrai que ses méthodes laissent à désirer, concéda t-il en secouant la tête. Ceci dit j'espère que les rebelles du Treize et ceux de tous les autres districts s'allieront, ça serait la meilleure solution.

- Ça me paraît difficile, voire impossible, lâcha Brutus.

- Du moins tant que Coin est là, je suis pratiquement sûr que les autres n'approuvent pas ses méthodes mais ils n'ont nulle part où aller, expliqua Plutarch.

- En fait choisir entre Snow et Coin revient à choisir entre la peste et le choléra, résuma Haymitch.

Plutarch Heavensbee sorti ensuite de sa poche plusieurs photos. Haymitch comprit que c'étaient des captures d'écran de caméra de surveillance de divers districts.

- Voilà ce que les caméras ont pris.

Il déroula la première où on voyait Glimmer et Rue marcher furtivement dans ce qui ressemblait au district Douze. Elles paraissaient amincis et fatiguées et Seeder se demanda si Rue reverrait un jour ses parents vivante. Une autre les montrait près de la gare du district Douze, tapis derrière un mur.

- Je rêve où ils sont en train de faire un pique-nique ? S'exclama Cashmere les yeux écarquillés.

- Mais non enfin ! Répliqua Gloss.

- Si si elle a raison, affirma Chaff un peu interloqué.

Cashmere ne rêvait donc pas. En s'approchant de la photo on pouvait voir que Thresh coupait du saucisson et du pain.

- Non mais vraiment ! Lança t-elle avec mauvaise humeur.

- Ceci dit avec une bonne bouteille... Commença Chaff.

- Oh que oui, ajouta Haymitch en lui souriant.

L'apéro n'avait pas d'heure comme disait Haymitch.


J'espère que vous avez aimé ! Je retourne dormir sous ma couette (j'ai un gros rhume) et je vous souhaite un bon apéro ! x)