.
Autrui, ce mystère
.
66 – Laser (TamHao)
Pour toi, Rea – (admettons qu'Hao ait conservé son pouvoir de télépathie après le SF).
Tamao est transparente pour lui, cela ne signifie pas sans intérêt ni charme, mais qu'il peut lire en elle comme dans une eau claire. Son regard la traverse tel un rayon laser, d'elle il peut tout savoir, et ce qui est stupéfiant, c'est qu'elle est la seule à n'en éprouver ni effroi ni offense. Elle s'offre, limpide, cristalline, sans rien lui cacher, sa confiance est absolue, elle ne souffre même pas du déséquilibre qui en découle, elle s'en fout, elle l'a pris comme il était, sans hésitation, et ça, c'est pour Hao un mystère plus opaque qu'un trou noir.
.
67 – Doll (Jun)
La fille sur l'écran gémissait bruyamment, poupée peinturlurée et factice, aux mains de son partenaire. Jun écarquillait les yeux, la bouche sèche, devant la scène sordide. Elle se mordit les lèvres, tendit la main vers son écran. Puis, soudain horrifiée, elle s'éloigna de l'ordinateur, nauséeuse, et courut aux toilettes.
Elle n'arriva pas à vomir, juste à pleurer. A se détester. Elle s'en voulait d'autant plus qu'elle n'aurait pas dû juger sa fille, c'était une adulte, mais c'était répugnant, immonde, à dégueuler.
Jamais ces images ne quitteraient sa rétine, jamais elle ne s'ôterait de l'idée que c'était entièrement sa faute.
.
68 – Spy (CannaAnna)
Depuis qu'Anna a repris ses droits sur le Fumbari Onsen – avec une délicatesse insoupçonnée –, Tamao est en vacances et un calme tranquille plane sur l'établissement. Il se ponctue de cérémonies du thé et de séances d'ikebana, que Canna feint de dédaigner, quand ses deux sœurs y prennent joyeusement part.
Elle espionne de loin, s'abstenant de fumer. Anna compose un bouquet de branches dépouillées dont Mary et Mathilda, agitées, ne comprennent pas la beauté. L'ornement prend forme, et Canna, fascinée, boit des yeux l'élégance de la nuque de l'itako, ployée comme une fleur, de son visage appliqué, de ses doigts agiles.
.
69 – Pottery (Rakist, Jeanne)
Rakist ressent parfois une drôle d'impression quand, regardant Jeanne s'amuser avec la pâte à modeler qu'il lui a offerte, il réalise qu'elle représente parfaitement la manière dont il la sculpte.
Sous les petits doigts potelés de la fillette prennent forme des vases cabossés et des boudins lisses. De ses mains à lui, lourdes et sans grâce, naît une créature disciplinée et pure, qui saura aussi bien prier que tuer, un être angélique, saint, chef et esclave, qui sera égérie, instrument, et qui vénérera ses chaînes plus que tout.
Le pire, c'est qu'elle l'aime! Il ne sait ce qu'il éprouve: fierté ou dégoût.
.
70 – Royalty (HaoSati)
Doute de trad, donc j'ai choisi le double thème "royal/redevance" – UA, fantasy
– Sire, les redevances sont trop lourdes, décrète Sati. C'est plus que le peuple n'en peut supporter.
– Ma reine, sourit Hao, vous êtes trop tendre pour ces manants. Les craignez-vous?
Elle soupire.
– Je les aime. C'est leur révolte que je crains.
Mais Hao est seul juge. Sati lui a laissé le trône, n'exigeant que la place de princesse consort. Elle ne s'oppose jamais vraiment à lui. Pourtant, chaque jour, il s'en méfie davantage. Pas seulement parce qu'il n'arrive pas à la cerner, mais aussi parce qu'il le réalise, à présent: il y a plus de majesté en elle qu'en lui.
.
