lilchoco: merci! Une heureuse année a toi aussi!

Les contraires s'attirent

Chapitre 14

A bout de souffle, Hermione s'arrêta une fois arrivée dans la salle commune, lasse, elle se laissa tomber dans un des fauteuils pourpres, fermant les yeux, tentant de calmer les pulsations de son cœur qui battait à tout rompre.

Pourquoi s'était-elle enfuit ? …Elle avait eu peur, peur d'encore souffrir, elle ne méritait pas d'être gryffondor, elle ne méritait rien.

Hermione l'aimait, elle en était maintenant persuadée, douce chaleur quand elle le voyait, plénitude quand elle se plongeait dans ses yeux, papillons au creux de son ventre.

Mais lui ne l'aimait pas, et même si en l'espace de quelques nuits il lui avait adressé quelques mots d'un ton vaguement compatissant, ce n'était que pour mieux la briser ensuite, il ne la voyait que comme une traînée, une sang de bourbe.

Une larme roula malgré elle le long de sa joue, dessinant un sillon noir, désespoir.

Elle aurait tellement voulu lui avouer… lui faire partager ce tourbillon de sentiments qui la happait, qu'elle-même avait du mal parfois a cerner, mais elle imaginait déjà sa réaction, il la regarderait d'abord avec mépris, puis ces yeux si bleus quand ils étaient autre fois que tous les deux prendraient une teinte orageuse, signe du malefoy en colère, et il déverserait son flot de haine, venin sortant de sa bouche, s'infiltrant dans les moindres failles de son cœur, la brisant encore, toujours.

Ces mots, ce ne sont que des mots, mais ils lui font encore plus mal qu'un coup de poignard.

Hermione se laissa bercer par ses sombres pensées et s'endormit, préférant oublier ce jeune homme qui la tourmentait, ce jeune homme qu'elle ne pouvait aimer.


- Mais je l'aime !

- Non ! C'est impossible ! Hermione ! Tu ne peux pas !

- Ron…

Les yeux scintillants de larmes, Hermione se tenait aux pieds de son ami, le suppliant de la comprendre, par amour pour elle…

- Mais c'est…c'est un mangemort !

- Il ne l'a pas choisis !

Ron baissa les yeux vers celle qu'il aimait depuis toujours, et qu'il croyait connaître, son regard s'assombrit.

- Tu vas devoir choisir, Hermione, il n'est pas de notre camps, il nous tuera tous…

La gryffondor le regarda, l'implorant silencieusement, elle ne pouvait pas aller contre ces sentiments, voyant qu'elle ne répondait pas, le rouquin le fit à sa place.

- Bien, je vais te simplifier le choix, c'est la dernière chose que je ferai pour toi, adieu Hermione.

Et il partit, la laissant là, à genoux, la tête entre ses mains, ses sanglots redoublant. Ils l'avaient tous abandonnée, elle les avait tous trahis. en se liant avec leur ennemi de sang et de toujours, elle avait briser leur amitié.

Elle n'en avait pas eu le droit.

C'était interdit, contre nature.

Pourtant…elle n'avait put s'empêcher de l'aimer

Elle maudit cupidon de l'avoir tuer de sa flèche.

Son monde c'était écroulé.


Hermione se réveilla en sursaut, de la sueur perlait sur son front, elle regarda l'horloge, 14 heures, elle avait raté le déjeuner et allait bientôt être en retard pour le cours d'arithmancie.

Aussi vite qu'elle le put, elle rassembla ses affaires et parti de la salle en courant, en chemin elle se remémora l'étrange rêve qu'elle avait fait, il résonnait en elle comme un avertissement.

Ils ne pouvaient pas s'aimer.

« si tu ne viens pas à moi, j'irai à toi… »

Heureusement elle ne fut pas en retard en cours, elle s'installa à sa place et se mit à griffonner sur son parchemin les notes que lui dictait son professeur, sans pour autant ne pouvoir s 'empêcher de penser a un certain serpentard…

A la sonnerie, la rouge et or put enfin souffler, soulagée, elle n'avait que ce cours là cet après midi, donc sa journée était enfin terminée.

Encore chamboulée par son rêve, Hermione s'empressa de ranger ses affaires prenant gare de ne croiser le regard de personne, ayant peur que sa « trahison » ne se lise dans ses yeux, elle espérait surtout ne pas croiser Ron dans les couloirs…

D'un pas précipité elle se rua hors de la salle et fit un détour pour rejoindre la salle commune, ce chemin passait par les cachots, elle espérait ainsi croiser le moins de monde possible.

Elle avançait encore, toujours, dans ce sombre labyrinthe, faisant le vide dans son esprit, oubliant ce qui la tourmentait. Soudain, elle perçut des pas derrière elle, l'angoisse la prit, elle accéléra, mais les bruits de pas derrière elle se rapprochaient aussi, inexorablement, la rattrapant.

Sans même réfléchir, Hermione se mit à courir, serrant son sac contre elle, elle ne savait pas qui la poursuivait, c'était sans doute une réaction puérile mais elle n'avait put s'en empêcher, sa peur avait pris le dessus, comme bien souvent ces temps ci..

Elle courait, courait dans ses dédales sombres, seul le bruit de ses pas et ceux de son poursuivant rompaient le silence, la gryffondor avait perdu toute raison, toute lucidité, courant toujours plus vite, sentant l'air gonfler ses cheveux, son souffle se faire plus saccader, les pas se rapprocher.

Lorsque soudain, un bras puissant la happa et la colla contre le mur, elle se débattit, cria, griffa, oubliant qu'elle avait pris ce chemin car justement rares étaient les personnes qui l'empruntaient.

- Granger ! Tais-toi donc !

Elle s'arrêta aussitôt, stupéfaite, reconnaissant la voix essoufflée.

Elle releva les yeux vers celui qui la retenait prisonnière, une main sur chacun de ses poignets

- Malefoy !

Un sourire s'esquissa sur ses pâles lèvres, et une lueur malicieuse pétilla dans ces yeux.

- En personne ! Je dois dire que tu cours vite ! Quelle mouche t'a donc piquer !

Ses cheveux étaient légèrement ébouriffés par la course, et ses joues rosies par l'effort, mais son souffle était revenu à la normal, il attendait toujours sa réponse, la tenant fermement.

- Je… je ne sais pas…

La gryffondor baissa les yeux et rougit, en fait elle ne savait pas très bien ce qui lui avait pris, elle était déjà très angoissée, et le fait d'avoir entendu quelqu'un la suivre alors qu'elle se pensait seule l'avait mise dans une peur panique…car oui, il la suivait bien, intrigué par cet éclair de lucidité, Hermione releva les yeux.

- Et toi ? Pourquoi me suivait- tu ?

La jeune fille fronça les sourcils d'indignation, ce qui donna envie de rire au serpentard, mais voyant son air sérieux et résolu, il se retint.

prenant un air songeur et son sourire mystérieux de vil séducteur il lui répondit.

- Eh bien je voulais te parler, on a plus le droit de parler tranquillement maintenant ? Au fait, je peux te lâcher ou tu vas encore t'enfuir ?

Hermione rougit de plus belle, quelle idiote elle faisait ! Elle détourna les yeux, ne voulant plus affronter son regard narquois.

poussant un soupir désapprobateur, le serpentard libéra ses mains et prit délicatement son menton pour la forcer à le regarder.

Petite gryffondor, pourquoi baisse-tu toujours les yeux devant moi ?

- j'attends

- Tu attends quoi ?

Ces yeux, seuls indicateur de son humeur, si changeants…à ce moment même ils sont bleus, d'un bleus tendre, apaisant, doux, calmant son monde intérieur si enclins au doute, mais pour combien de temps…

- J'attends tes sarcasmes qui ne tarderont pas a venir, comme toujours.

Un voile de tristesse passa sur ses yeux chocolat, elle avait tellement l'habitude…elle ne voyait que la pluie qui revenait sans cesse après le soleil, le cauchemar qui recommençait sans cesse après le rêve, elle ne voulait plus croire, elle c'était promis…

- Excuse-moi…Hermione, pour tout…

Il avait prononcé son prènom, pour la première fois, une pointe de tendresse dans la voix, de remord aussi…qu'il était beau lorsqu'il le prononçait…

- je…

elle ne savait quoi dire, elle le regarda alors dans les yeux, se plongeant dans cet océan brumeux, ou elle pouvait apercevoir une éclairci bleutée, elle adorait s'y perdre, et retrouver son chemin le plus tard possible…

il la regardait, un air suppliant, un air désolé qui finit de l'attendrir.

- je te pardonne…

Une larme roula sur sa joue tandis qu'elle prononçait ses mots, une larme de bonheur, la larme d'un souhait tellement espéré, enfin exaucé…

Il la recueilli du bout de son doigt et se rapprocha davantage d'elle, il ne voulait pas qu'elle pleure pour lui…son front collé contre le sien, il ferma les yeux et entrelaça ses doigts aux siens, signe d'une union scellée, il sentait le rythme de sa respiration, souffle de vie qui soulevait lentement sa poitrine contre lui.

Lui, elle, enlacés dans ce sombre couloir…

S'il avait le pouvoir d'arrêter le temps…il l'aurait utiliser à ce moment sans hésiter.

puis il rouvrit les yeux, reprenant contact avec la réalité.

- Hermione…je ne te promets pas qu'il n'y aura pas d'autres larmes…tu sais ce que je suis, ce que je deviendrais…

Hermione posa son doigt sur ses lèvres, lui intimant le silence, et replongea dans son regard aux couleurs de l'océan et de l'orage, elle savait, elle savait que la vie avec lui promettait de nombreuses épreuves, de nombreuses barrières et de nombreuses déceptions, elle savait que leur union ne serait jamais acceptée, autant par sa famille que par ses propres amis, et si son père le découvrait …c'est leur vie qu'ils perdraient…

Mais elle n'avait plus envie de réfléchir, plus envie de penser au futur, elle avait simplement envie de vivre ces instants présents, de savourer le peu de bonheur que la vie lui offrait avant de songer aux malheurs que présageait demain.

« vivre pour le présent, ne pas se soucier du lendemain »

il comprit, avec ce simple regard, il interpréta ce silence, il fallait arrêter de se poser des questions, il fallait accepter les rares moments de bonheurs, car il savait au fond de lui que ça ne durerait pas…Draco malefoy n'était pas conditionné pour être heureux …

Ses doigts toujours entrelacés aux siens, la maintenant toujours contre le mur, Draco se pencha lentement vers la gryffondor, il la vit fermer les yeux et fit de même, son visage vint frôler celui de la jeune fille, et bientôt, leurs lèvres s'effleurèrent, un baiser tout d'abord hésitant, puis qui s'approfondit lorsque Hermione passa ses bras autour du cou du serpentard et que celui-ci passa les siens autour de sa taille.

un baiser doux, tendre.

un simple échange, mais sincère.

une promesse de bonheur éphémère.

calme avant la tempête.

« Plutôt milles morts, que de passer à côté de l'histoire de leur vie »