Genre : yaoi, historique

Disclamer : ces perso ne sont pas à moi, mais je compte bientôt faire un prêt à la banque pour les racheter !

( un grand merci à yami ni hikari pour m'avoir signalé mon erreur !lol effectivement je m'étais trompée !lol ça n'arrive qu'à moi des étourderies de ce genre… Voilà enfin le bon chapitre !)

Alors tout d'abord, pardonnez-moi pour le retard que j'ai pris, mais j'étais partie en vacances 15 jours, puis après j'ai eu une semaine d'examens, mais maintenant, je suis en vacances jusqu'à septembre, alors je vais enfin pouvoir continuer plus sérieusement ! Donc gomen pour votre attente, j'espère que ce chapitre vous satisfera !

Gros bisous à tout le monde et bonne lecture !

La Putain du roi

Ils sortirent de la salle d'entraînement et Kougaiji suivit docilement Dokugakuji qui l'emmena jusqu'à ses propres appartements. Il essaye d'entamer la discussion mais le jeune homme répondait rarement, ou d'un simple hochement de tête.

- Nous serons mieux dans mes appartements, j'ai de quoi vous soigner… Moi aussi il m'arrive de me blesser dans un combat à l'épée et j'ai l'habitude depuis… Les lames sont bien entretenues normalement, mais on ne sait jamais, de nos jours, une infection est vite arrivée…

Il ouvrit enfin la porte de ses appartements et s'effaça pour laisser le jeune homme entrer.

Kougaiji observa la décoration avant de s'asseoir lourdement dans un fauteuil, trop fatigué pour rester debout. Dokugakuji sourit en le voyant puis alla chercher sa pharmacie. Sans savoir pourquoi, le jeune homme l'attirait, mais pas de la façon dont il aurait pu l'imaginer… D'habitude, quand quelqu'un l'attirait, il finissait dans son lit, de gré ou de force… Mais là, il n'y avait rien de cela dans ce qui l'attirait chez le jeune homme. C'était plus une sorte de curiosité qu'un désir, plus une envie de connaître son esprit plutôt que son corps…

Il revint prés du jeune homme et lui prit son bras pour le soigner. C'est à peine si Kougaiji esquissa une grimace de douleur et il s'abandonna volontiers aux soins de son aîné. Il le regarda faire, étrangement muet et scrutateurs. Dokugakuji sentit son regard sur lui et reporta le sien sur la blessure qui barrait le bras du jeune homme, le laissant dans son observation. Cela lui faisait un effet bizarre : d'habitude il avait horreur qu'on le regarde, mais les yeux du jeune homme n'étaient ni impolis, ni moqueurs, ni même juges. Ils se contentaient de le regarder, simplement, naïvement même.

- Tu ne parles pas beaucoup… remarqua enfin Dokugakuji qui finissait par être mal à l'aise dans ce silence.

- Peut-être parce que je n'en ai pas besoin… répondit Kougaiji.

Dokugakuji eut un léger sourire devant cette réponse énigmatique sans cesser de soigner le bras blessé. Il passa une serviette pour éponger le sang puis désinfecta délicatement la plaie.

- Dis-moi si je te fais mal…

- Non, ça va.

- Alors comme ça, tu es avec la princesse Yaone. Peut-on savoir le titre qui te vaut l'honneur de l'accompagner ?

- Je suis son ami…

Dokugakuji tiqua à cette réponse : il avait demandé un titre et le jeune homme lui donnait celui d'ami ! Alors qu'il s'attendait à ce qu'il se vante d'un poste honorifique quelconque ou d'une marque d'honneur à sa famille, il lui parlait de sentiments et d'amitié… C'était bien la première fois qu'on lui répondait ainsi. Et le frère du roi apprécia… Plus qu'il ne l'admit : l'amitié était si rare à la cour, surtout pour lui qui ne représentait qu'un droit d'accession au trône…

- Ah… se contenta-t-il de répondre.

Il nettoya la plaie puis passa une légère crème pour apaiser la douleur. Il sentit le bras du jeune homme se raidir et il s'y prit plus doucement.

- Je suis désolé…

- Non, tout va bien, ne vous inquiétez pas.

- Et que dira ta princesse si je te ramène à elle ainsi blessé, hein ? plaisanta Dokugakuji.

Kougaiji esquissa un sourire, le premier que vit le frère du roi depuis qu'il l'avait rencontré. Il le trouva très beau lorsqu'il souriait et se promit de sortir plus de bêtises rien que pour avoir le plaisir de renouveler cette expérience.

Il finit de bander le bras et lâcha le jeune homme. Ses doigts gardaient la chaleur de sa peau sur eux et il les resserra, les enfermant au creux de sa paume. Quant à Kougaiji, il posa sa main libre sur son bras bandé, découvrant le pansement que Dokugakuji lui avait mis.

- Merci beaucoup.

- Mais de rien, tout le plaisir fut pour moi, répondit le frère du roi en souriant.

Kougaiji se leva et Dokugakuji en fit de même, mais aucun d'eux ne prit la parole et ils se contentèrent de se regarder dans les yeux, peut-être pour y trouver les mots qu'ils cherchaient, ou pour inciter l'autre à rompre le premier le charme qui était doucement tombé sur la chambre. Mais aucun mot ne sortit.

Dokugakuji finit par se racler la gorge, cassant le silence. Il n'avait pas envie que l'autre parte, il avait un si beau regard, mais ce silence lui pesait. Il se tourna ensuite vers la porte.

- Je ne vais pas te retenir plus longtemps… dit-il timidement.

C'était la première fois qu'il réagissait comme un puceau se dit-il, et cela l'énervait étrangement. Pourquoi ce jeune homme faisait-il tomber le masque hautain qu'il arrivait si bien à porter d'habitude ?

Kougaiji s'avança vers la porte mais au dernier moment, alors qu'il allai s'engouffrer dans le couloir, il se retourna brusquement et captura les lèvres de Dokugakuji. Son baiser était doux et en même temps légèrement impérieux, révélant le fort caractère qu'il dissimulait sous son silence. Puis il s'écarta et le regarda surpris, comme s'il n'avait pas vraiment réalisé ce qu'il venait de faire.

- Je… Je suis désolé… murmura-t-il avant de s'éloigner rapidement comme un gamin pris en faute.

Dokugakuji ne le retint pas, encore sous le choc de ce qu'il venait de ce passer…

Il se rendit compte qu'il avait drôlement apprécié… Oui, drôlement apprécié….

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Dokugakuji pensait au jeune homme qu'il avait rencontré en se dirigeant vers la bibliothèque. Il avait finalement opté pour la bibliothèque au lieu de se rendre au grand salon… Le baiser de Kougaiji l'avait laissé trop rêveur pour qu'il puisse retourner à son ironie habituelle et ses sarcasmes avec les courtisans. Pour l'instant, il avait envie de se retirer du monde pour savourer le peu du baiser de Kougaiji qu'il lui restait sur les lèvres…

Il traversa un couloir et heurta soudain une forme qui sortait rapidement d'une pièce sans regarder ce qu'il avait devant elle. Il manqua de tomber et se raccrocha de justesse au mur en y prenant appui.

- Vous pourriez faire attention quand même ! s'insurgea-t-il.

Il croisa soudain le regard d'Hakkai qui l'avait bousculé : un regard voilé de colère et de haine.

En un instant, le baiser du jeune homme disparu de sa mémoire et l'épisode de sa nuit mouvementée après la vengeance de son frère et de son amant lui revint en tête. Sa propre colère s'alluma en lui : il ne leur avait pas pardonné, et le souvenir était encore trop vif en lui. Il adopta un sourire ironique et toisa Hakkai.

- Ce n'est pas de te jeter dans mes bras qui fera revenir mon frère vers toi tu sais…

Hakkai sursauta et lui lança un regard noir.

- Qu'est-ce que vous racontez ? Encore des mensonges, pour ne pas vous dépayser….

- Oh que non, cette fois-ci c'est la vérité…

Le ton victorieux qu'adoptait Dokugakuji intrigua Hakkai : quelle était cette certitude qu'il avait en lui ? Il lui vint soudain à l'esprit qu'il devait en savoir plus que lui sur la délégation des ambassadeurs et la raison de leur venue au palais, et l'image de la princesse Yaone passa sous ses yeux.

- Vous savez quelque chose, n'est-ce pas… ? demanda-t-il doucement, plus affirmatif qu'interrogatif.

- J'ai mes sources dans cette cour, et ma foi, je peux me vanter de dire que peu de choses m'échappent, oui…

Hakkai le regarda froidement : lui non plus n'avait pas pardonné… Et s'abaisser à réclamer quelque chose à cet individu le répugnait.

Mais Dokugakuji lui vint en aide de lui-même, trop heureux de lui avouer ce qu'il savait.

- Je sais donc de source sûre que Gojyo va épouser la princesse Yaone, pour renforcer son alliance entre nos deux pays… Un moyen comme un autre de signer un contrat… Quel dommage, vous formiez un si beau couple…. Huuum, vous allez devoir vous séparez….

Hakkai avait blêmi au fur et à mesure que Dokugakuji lui énonçait les faits, et ce dernier en aurait souri s'il n'avait pas abordé cet air blasé pour mieux enfoncer le couteau dans la plaie, comme si tout cela était parfaitement normal. Le jeune homme avait les yeux dans le vague et il tenta d'articuler quelque chose, mais aucun son ne sortit de sa bouche.

Tout d'un coup, toute l'ampleur de la situation lui apparaissait… Il comprenait mieux pourquoi Gojyo l'avait chassé du repas et pourquoi il était parti à cheval avec la princesse Yaone… En effet, avec lui dans les jambes, il aurait été gêné…

Il porta la main à sa poitrine : son cœur battait trop vite, il allait exploser… Dokugakuji esquissa un sourire en le voyant aussi pâle et lui posa une main sur l'épaule, se montrant faussement compatissant.

- Vous ne le saviez pas ? C'est vrai ? Vous me voyez désolé d'être porteur d'aussi mauvaises nouvelles… Si je peux faire quoi que ce soit pour vous…

Hakkai retrouva ses réflexes et il rejeta la main du frère du roi loin de lui, frissonnant sous ce contact haï. Il lui lança un regard aussi noir qu'un puit sans fond et s'éloigna sans dire un seul mot, rapidement. Il courait presque quand Dokugakuji le perdit de vue. L'homme s'estima fier de lui : on n'aurait pas rêver meilleure vengeance.

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Hakkai arriva en courant dans sa chambre et i s'empressa de fermer la porte à clé pour pouvoir enfin verser les larmes qui lui brûlaient les yeux. Il resta le dos adossé contre la porte, la tête baissée, fixant sans le voir le parquet au sol. Il revoyait dans son esprit la nuit qu'ils avaient passé lui et Gojyo : tout avait l'air d'aller si bien… Même s'il l'avait forcé à lui avouer, il lui appartenait corps et âme, il le savait au fond de lui. Depuis qu'il était dans ce palais, le roi avait envahi son cœur et ne l'avait plus lâché, jusqu'à en devenir une partie essentielle dont l'amputation lui aurait à coup sûr coûté la vie… Mais s'il l'aimait sans conteste dans son cœur, la réalité s'annonçait d'ors et déjà plus difficile… Jusqu'à présent tout s'était bien passé, mais il aurait dû se douter qu'un jour ou l'autre, une proposition de ce genre allait tomber et qu'ils allaient devoir se séparer. Car Yaone n'accepterait sûrement pas que l'ancien amant de son mari reste à la cour. Tout cela, Hakkai le comprenait aisément, même si tout son être se révoltait contre …

Ce qu'il avait du mal à admettre par contre, c'était le silence de Gojyo. Il lui avait refusé sa table, il partait avec Yaone sans lui… Comme si tout d'un coup il avait effacé sans problème son amant de sa vie. Après leur nuit où Hakkai avait avoué qu'il lui appartenait entièrement, il prenait cela comme une trahison… Il lui en voulait atrocement, sans se douter une seule seconde que le roi pouvait aussi souffrir de cet arrangement.

Soudain en colère contre Gojyo, il chassa ses larmes d'une geste rageur. S'apitoyer sur soi-même ne servait à rien, il l'avait compris avec Dokugakuji. Par contre, il n'allait pas laisser cela se passer comme cela.

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Gojyo rentra le cœur apaisé de leur promenade, ignorant ce qui se tramait dans celui de son amant. Par contre, il comptait bien tout lui expliquer dés qu'il pourrait mettre la main dessus, ce qu'il espérait faire sans tarder.

Il salua poliment Yaone et sa suite, et s'échappa dans le palais. Il fut intercepté par Sanzo qui lui remit une liasse de dossiers à consulter au plus vite, tus concernant leur accord avec les ambassadeurs. Gojyo soupira en voyant tout le travail qu'il avait à faire : si le contrat de mariage pouvait attendre, certains autres détails étaient beaucoup plus urgents. Hakkai devrait attendre, même si toutes les pensées de Gojyo se dirigeaient vers lui.

- J'ai pris la liberté d'inviter Yaone au repas de ce soir, ça n te gêne pas ? demanda Sanzo.

Gojyo lui coula un regard inquisiteur : il sentait bien que son conseiller essayait de forcer la main à ce mariage et cela le gênait un peu. Cependant, il acquiesça sans ajouter un mot et partit dans son bureau, affichant un air contrarié…

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Tous les dossiers le retinrent très tard et Gojyo ne pu se libérer que pour aller dîner. S'il avait imaginé qu'une simple alliance coûtait autant d'efforts… Heureusement il avait abattu beaucoup de travail et il espérait que cela lui laisserait un peu de repos pour la suite.

Il se dirigea immédiatement vers la salle à manger, se réjouissant intérieurement de retrouver Hakkai, oubliant momentanément la présence de Yaone….

De son côté, Hakkai se dirigeait également vers la salle à manger mais comme le matin, il fut arrêté en chemin par Sanzo qui essaya de lui faire faire demi-tour, prétextant une discussion politique importante où sa présence aurait été malvenue.

Hakkai lui fit un mince sourire, comprenant parfaitement ce qu'il essayait de faire et il le contourna sans dire un mot. Sanzo attrapa son bras pour l'arrêter mais Hakkai se dégagea d'un geste violent, trahissant sa mauvaise humeur, et il partit vers la salle à manger sans même écouter les suppliques de Sanzo.

- Laisse-moi Sanzo, je suis au courant… dit-il simplement sans se retourner.

Le conseiller se figea sur place, surpris de cette révélation… qui voulait en dire long… Il se reprit cependant et suivit Hakkai dans la salle, étrangement inquiet de ce qui allait s'y passer….

Hakkai s'assit juste en face de la princesse Yaone, la dévisageant bizarrement. Elle sentit son regard sur elle et baissa la tête, un peu gênée. Lui se contenta de la fixer, mais son regard dériva quand Gojyo entra dans la pièce.

Le roi fut soulagé de trouver Hakkai à table, mais le regard que lui lança ce dernier le mit mal à l'aise. Il était étrange, comme s'il semblait lui reprocher quelque chose. Cela rendit Gojyo encore plus mal, même s'il croyait que son amant ne savait encore rien de la situation…

Il lui adressa un sourire discret auquel Hakkai ne répondit pas, se contentant de désigner Yaone du menton, comme un vulgaire paquet. Gojyo fut choqué de l'insulte, et écarquilla les yeux pour l'inciter à arrêter, mais Yaone fit semblant de ne rien voir et entama joyeusement la discussion, interpellant le roi, comme si rien ne s'était passé. Gojyo lui adressa un large sourire et lui répondit aimablement, pour essayer de s'excuser du geste d'Hakkai.

Cet échange agréable énerva Hakkai, qui se rendit compte que les deux jeunes gens avaient profité de la journée pour se rapprocher. Et rien qu'à voir le regard que Yaone dirigeait sur Gojyo, on se doutait qu'il y avait anguille sous roche. Il ne toucha pas aux plats qu'on lui présenta, les dédaignant hautainement. Yaone le remarqua et tenta une approche aimable, espérant amadouer le jeune homme dont elle ignorait le rôle exact.

- Vous n'avez pas faim ?

- Non, je suis totalement écoeuré, répondit sèchement Hakkai.

Gojyo dirigea ses yeux sur lui, étonné du ton que prenait le jeune homme.

- Oh… dit simplement Yaone pour combler le vide que laissait cette réponse.

- Oui, ce doit être votre parfum… Il est tellement entêtant qu'il m'ôte l'envie de manger.

Yaone rougit confusément, choquée de telles paroles. Gojyo fronça les sourcils et s'exclama :

- Hakkai, tais-toi et retire ces paroles tout de suite.

Son amant le foudroya des yeux, puis se détourna pour se servir un verre d'alcool, ignorant totalement l'ordre de Gojyo.

- Non… Non, ce n'est rien, laissez… balbutia Yaone. Je suis peut-être allé un peu fort sur mon parfum aujourd'hui, c'est vrai…

La pauvre ne savait plus où se mettre mais essaya de garder une contenance.

- Remarquez, c'est le même parfum que mettent les filles du port, celles qui se vendent pour pas cher… Cela explique peut-être tout ! rétorqua soudain Hakkai, les yeux glacials et la voix dure.

Yaone ne retint pas son hoquet de surprise et elle rougit, cette fois-ci de colère. Comment ce jeune homme pouvait-il oser lui dire ça ?

- Et vous, quel est votre prix ? lui demanda Hakkai droit dans les yeux.

- Je ne vous permet pas ! s'insurgea-t-elle. Comment pouvez-vous… ?

Elle était réellement choquée, elle ainsi que toute la table. Personne n'osait dire un mot devant une pareille scène, et Sanzo se mordit les lèvres d'avoir laissé Hakkai entrer. Il aurait dû le jeter de là avec l'aide des gardes. S'il s'était attendu…

Quant à Gojyo, la conduite de son amant le révoltait. Comment osait-il se montrer aussi impoli et aussi rustre ? Il se leva de table et cria :

- Hakkai, retire ça tout de suite et sors d'ici ! Tu es pitoyable !

Le jeune homme se leva à son tour et cria encore plus fort que le roi :

- J'espère qu'elle n'était pas trop chère pour toi Gojyo, parce qu'elle n'en vaut pas le coup, crois-moi !

La tension entre les deux hommes était palpable : Gojyo fulminait alors qu'Hakkai le défiait ouvertement. Les corps tendus, prêts à en découdre, ils se fixaient comme deux fauves en cage. Hakkai avait laissé sa panoplie de gentil garçon et d'amant serviable au vestiaire : cette fois-ci, c'était un molosse dont on avait enlevé la muselière qui se tenait devant lui, lui reprochant tout silencieusement.

- Sors d'ici, gronda sourdement Gojyo.

- Avec plaisir, de toute façon l'air est irrespirable ici… répondit vertement Hakkai.

Il sortit sans attendre. Toute la salle retint son souffle dans l'attente de savoir ce qu'allait faire Gojyo, mais le roi réussit à se calmer et il s'assit, les jointures de ses doigts blanches à force de serrer les appuis de sa chaise. Yaone soupira brusquement et cela permit aux autres d'en faire de même. Ce ne fut qu'au bout de plusieurs minutes silencieuses que Gojyo se tourna vers elle, les dents serrées, et s'excusa pour l'attitude de son compagnon.

- Merci Majesté, répondit-elle.

La discussion ne reprit que plusieurs minutes plus tard, et encore le roi n'y participa pas, plongé dans une colère sourde à l'encontre d'Hakkai. Il n'attendit pas la fin du dîner pour quitter la table, s'excusant rapidement auprès de Yaone.

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Hakkai était retourné dans leur chambre, furieux. Gojyo l'avait chassé sans façon, et même s'il l'avait cherché, il lui en voulait. L'idée que le roi puisse privilégier cette femme plutôt que lui le rendait fou furieux. Il avait rarement connu ce qu'était la jalousie, il commençait maintenant à en entrevoir les sombres contours…

Il ne resta pas longtemps seul : des pas se firent entendre dans la couloir des appartements du roi, martelant avec violence le sol. Gojyo ouvrit soudainement la porte de la chambre et resta là, fixant sur Hakkai un regard indéfinissable et tourmenté.

- On peut savoir ce qui t'a prit ? dit-il soudain en serrant les dents.

Hakkai lui renvoya à son tour un regard aussi noir que l'orage.

- Et toi ? Je crois que de nous deux, c'est toi qui a le plus de comptes à rendre !

- Qu'est-ce que tu me chantes là ? demanda Gojyo, encore plus énervé.

- Finalement, tes serments, tes gestes d'amour, tout cela, jusqu'à cette nuit… ! hurla Hakkai, hors de lui. Tout cela n'était rien pour toi, tu t'es foutu de moi depuis le début !

Tous les muscles de son corps étaient tendus, ses poings étaient serrés à éclater et ses yeux lançaient des éclairs aussi foudroyants que la foudre elle-même.

- Comment oses-tu encore douter de mes sentiments ? cria à son tour le roi.

Ils auraient pu discuter sur le beau temps ou la dernière mode en cours, la tension aurait été la même. Ils s'écoutaient à peine, dépassés par leur propre colère.

Hakkai était au bord des larmes mais il résista : il ne ferait pas ce plaisir au roi, il l'avait assez humilié comme cela.

- Je n'ai été qu'un jouet depuis le début… Et maintenant que tu es lassé, tu me jettes comme un vulgaire paquet !

- Je ne sais pas qui t'a mis cela en tête, mais tu divagues complètement ! Je t'ai toujours aimé et je t'aime toujours. Rien n'a changé !

- Ah oui ! Et comment comptes-tu garder la situation actuelle tout en épousant cette fichue princesse ?

Gojyo se figea, ainsi qu'Hakkai qui attendait une réponse.

- Comment sais-tu cela ? demanda soudain le roi sur un ton plus calme.

- Tu vas donc l'épouser… constata Hakkai, dégoûté.

- Non, non ! s'exclama brusquement Gojyo pour rectifier l'erreur de son amant. Je ne vais pas l'épouser !

Hakkai se tut de stupeur.

- Comment pourrai-je t'abandonner ? murmura d'une petite voix Gojyo en le regardant fixement, un peu plus calmé.

- Mais… Mais on m'a pourtant dit…

- Il faut que je t'explique, je t'ai cherché toute la journée pour te le dire mais tu étais introuvable…

Les forces d'Hakkai l'abandonnèrent soudain et il partit s'asseoir sur le lit, complètement abattu. Pourquoi avait-il cru Dokugakuji… ?

Gojyo n'osa pas encore s'approcher, il fallait avant tout qu'ils se calment tous les deux et il resta debout à l'observer, cherchant le meilleur moyen d'aborder la difficile discussion.

- J'ai effectivement reçu une proposition de mariage avec la princesse Yaone… dit-il finalement.

Hakkai releva la tête, sa colère soudain rallumée…

- Et alors ? demanda-t-il, menaçant.

- Je veux refuser mais les conséquences peuvent être telles… Ce n'est pas facile Hakkai, tu n'imagines même pas dans quelle situation je suis… Je suis totalement coincé.

Il déambulait tout en disant cela et il frappa le mur pour extérioriser son énervement intérieur. Il se sentait si perdu, pris au piège et alors qu'il s'affairait à rechercher des solutions pour s'en sortir, Hakkai lui faisait maintenant une scène… C'était bien la dernière chose dont il avait besoin….

- Je ne veux pas te perdre…Crois-moi…

Son ton avait l'air si sincère alors qu'il disait cela, cherchant des yeux une aide chez son amant, qu'Hakkai sentit la colère l'abandonner.

Il se leva et s'approcha de son amant.

- Moi non plus je ne veux pas être séparé de toi… Je te crois, murmura-t-il d'un ton adouci.

Il le prit dans ses bras et lova sa tête contre son épaule. Gojyo poussa un profond soupir et accepta cette chaleur qui lui avait tant manqué durant la journée….

A suivre….

Voilà !

Dites-moi ce que vous pensez du couple Doku x Kou ! ce n'est qu'un début évidemment, mais je ne sais pas si j'ai réussi à bien rendre le perso de Kougaiji…

Bisous à tout le monde !