Réponses aux reviews :
R Production : Ta review m'a fait très plaisir et m'a encouragée à poster rapidement la suite, tu ne peux pas imaginer comme ça m'a touchée ! Tes compliments me vont droit au cœur ! Pour Rogue, j'aime beaucoup son personnage et j'aime particulièrement ce que JK Rowling en a fait dans son tome 7 ! Je te rassure, tu auras des réponses… mais pas tout de suite ! Je ne suis pas sadique, mais il faut bien protéger ce qui suivra ) Je n'ai eu aucune pression à poster la suite, juste une envie de vous faire plaisir, en espérant que cette suite te plaira. Je te souhaite une bonne lecture !
Gae In-Ah : Merci pour ta review, j'espère que tu as pu lire les chapitres suivants et que la suite te plaira !
Owlceltlou-Trekker21 : Moi aussi, je carbure au chocolat, noir de préférence ! Mais là, tu as dû avaler une dose énooorme ! ^^ J'avais en effet pensé au béozard dans les chapitres du milieu, quand elle cherche un remède par elle-même. Je m'étais bien dit d'écrire une ligne là-dessus. Car j'ai une autre version que tes propositions (intéressantes et parfois rocambolesques ^^). Tu la liras dans ce chapitre. Mon hypothèse est moins travaillée que les tiennes et j'ai peur que cette histoire de béozard n'arrive comme un cheveu sur la soupe. Mais c'est de ma faute : j'ai oublié de régler ce détail auparavant. Je te remercie donc pour avoir relevé cette incohérence, merci beaucoup ! J'y remédie seulement au chapitre 14 mais tant pis, mieux vaut tard que jamais ! Merci pour tes hypothèses, elles me font réfléchir à la suite des évènements. Bonne lecture pour ce chapitre, et tu me diras ce que tu penses de l'épisode du béozard (je suis obligée de le traiter ainsi car j'ai une autre fin prévue et je ne peux pas m'en éloigner).
ElmaFersen : Je suis ravie que ma fic te plaise, et plus particulièrement ce chapitre ! Car j'avais un peu peur de vos réactions ) Bonne lecture et j'espère que cette suite te plaira !
Teddy : Ta grande sœur est une future orthophoniste et tu parles comme un charretier ! Honte sur la famille ! Merci pour ton assiduité, pour tes commentaires qui me font mourir de rire à chaque fois ! Des gros poutoux et bonne lecture !
Fiind-l0ve : Toi, tu es folle. Je te jure que si je pouvais trouvé un gars comme Draco, je te l'enverrai illico dans un beau papier cadeau, comme ça tu serais comblée et tu pourrais dormir la nuit mouhahahaha ! Bonne lecture pour ce chapitre (tu verras que j'ai changé un peu la trame par rapport à la première version !). Te quiero mi poulpe !
Loufoca-Granger : Je m'attendais bien à ce que quelqu'un soit surpris par le passage de la fin… ^^ Mais comme je l'ai dit au chapitre précédent, toute chose à ses raisons. Ce moment paraît étrange, pas vraiment cohérent quand on connaît Draco (tu l'as bien noté). Mais c'est calculé et l'explication vient dans ce chapitre. Si tu as bien remarqué, j'ai déjà dispersé quelques petits instants de tendresse par-ci par-là dans la fiction, des moments qui détonent. C'est fait exprès pour interroger. Pour Dobby, tu sauras aussi qui l'a envoyé, mais pas dans ce chapitre. En tout cas, merci pour ta review détaillée et pour tes remarques qui me donnent souvent à réfléchir ^^ Bonne lecture !
Bonjour bonjour !
Nous voici donc au chapitre suivant, en vous remerciant pour vos reviews. J'ai été touchée par vos remarques et je suis ravie de vous poster ce chapitre plus tôt que je ne le pensais (eh oui, la rentrée approche).
Ce chapitre vous offre les réactions des deux héros, l'explication de leurs comportements respectifs. Dont Draco ! ) Je ne suis pas certaine que vous aviez imaginé la suite ainsi, mais c'est comme cela. Vous comprendrez en le lisant. Il faut absolument que je fasse évoluer les personnages avant la fin. Sinon ça paraîtra très très bizarre… Je vous rassure, tout va rentrer dans l'ordre ensuite, vous verrez… Ce chapitre est un peu atypique mais j'ai beaucoup aimé l'écrire.
Je vous laisse voir par vous-même.
Merci de me donner votre avis après votre lecture, histoire de savoir ce que vous avez pensé de ces rebondissements !
Chapitre XIV : FUITE
Draco soupira, allongé sur son lit, les yeux rivés au plafond. Faire l'amour avec Hermione Granger lui avait paru être une nécessité vitale, un aboutissement et même une libération ! Comme il s'était fourvoyé…
Au lieu de se sentir soulagé d'avoir éteint cette passion dévorante que la présence de la Gryffondor – et parfois même une simple pensée suffisait -, ce qu'ils avaient fait semblait l'avoir attisée. Ce désir violent qui les consumait ne s'était point éteint. Draco n'avait eu aucune réponse, aucune explication à ce feu qui le brûlait dès qu'il songeait à elle.
Encore une fois, Draco rembobina le fil des évènements et ressassa ces doux souvenirs avec délectation. Quelle volupté ! Quelle jouissance ! Comme il avait aimé laisser son empreinte dans le corps de la Gryffondor, la posséder et la voir s'offrir à lui… Et qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour recommencer !
Cela faisait deux semaines qu'Hermione Granger le fuyait. Deux longues semaines qu'elle l'évitait. La Gryffondor semblait bouleversée par ce qui s'était passé.
Cet instant de tendresse volé dans ses bras avait été la dernière occasion où il avait été autorisé à la toucher. Une fois de plus, le Serpentard se maudit : pourquoi se montrait-il si faible par moments ? Il haïssait ces instants de veulerie. Il ne se le pardonnait pas. Mais il était ponctuellement dominé par un besoin irrépressible de rassurer Hermione Granger, de la protéger, de lui faire du bien. Etrange sentiment de la part d'un Serpentard censé haïr et rabaisser ce rat-de-bibliothèque insupportable. Comme s'il ne souhaitait plus être à ses yeux un être méprisable et détestable. Comme s'il cherchait à mériter son attention, voire même son estime…
Contrarié par de telles pensées, Draco frappa du poing contre l'oreiller qui étouffa le bruit. Il n'avait aucunement à chercher l'affection d'une Sang-de-bourbe inférieure et à lui plaire !
Et pourtant, malgré ses tentatives pour attirer son attention depuis une semaine, il ne pouvait se résoudre à la séduire à nouveau par les mêmes moyens que d'habitude : provocation, charme, violence… Il ne saurait dire pourquoi mais il avait confiance. Granger avait ressenti la même fascination pour l'autre, chacun était totalement déstabilisé, épris d'un désir violent en présence de l'autre. Simplement, elle était une fille intelligente qui réfléchissait trop et elle avait mis plus de temps à accepter cette évidence. Granger reviendrait, il en était persuadé… La façon dont elle l'évitait le prouvait déjà : elle le fuyait comme la peste, comme si elle avait peur de se brûler…
Draco ne put s'empêcher de songer que cet instant de faiblesse lui avait donné l'assurance qu'il ne la contraindrait pas, qu'il la laisserait plus ou moins en paix. Il ne voulait pas qu'elle ait peur de lui.
Comme il la haïssait pour cela ! Pour ce brasier ardent qu'elle éveillait en lui dès qu'elle entrait dans son champ de vision. Pour accaparer ses pensées jour et nuit. Pour ne plus avoir le goût de rien.
Or, Draco commençait à bouillir. Ne plus toucher sa peau satinée était un enfer. Il rêvait de pouvoir à nouveau sentir l'odeur de sa peau, lui passer les doigts dans les cheveux, lui mordiller la lèvre inférieure, déposer des baisers brûlants sur sa nuque, l'attraper par les hanches et… Et Draco fit un effort surhumain pour chasser les pensées qui le hantaient nuit et jour.
Il observait chacun de ses faits et gestes comme un rat de laboratoire. La jalousie le dévorait dès qu'elle se trouvait avec ses amis le balafré et la belette. La finale de Quidditch avait lieu le lendemain après-midi et Draco avait de plus en plus de mal à se concentrer.
Par expérience, le Serpentard savait qu'il ne tiendrait pas encore bien longtemps et qu'il ferait tout pour déclencher une confrontation tôt ou tard.
Deux semaines.
Deux semaines qu'Hermione Granger vivait tel un automate. Deux semaines qu'elle fuyait Draco Malfoy. Deux semaines qu'elle se fuyait elle-même.
Dès le lendemain de l'incident, Hermione avait cherché à éviter Malfoy comme s'il était un Epouvantard. Elle avait bien conscience que c'était une réaction primaire qui consistait à se protéger elle-même. Mais il lui semblait qu'elle n'avait pas le choix. Pour survivre.
Ce qui s'était passé ce soir-là avait été comme une tornade dévastant tout sur son passage. Hermione avait été totalement submergée par ce qu'ils avaient vécu, par ce qu'elle avait ressenti. Ne faire qu'un avec lui avait été une expérience bouleversante, au-delà de tout ce qu'elle avait vécu jusqu'alors. Au-delà de tout ce qu'elle avait imaginé. Un flot de sensations brûlantes l'avait engloutie dans un havre de paix et de plaisirs insoupçonnés.
Mais à cela, Hermione ne voulait plus y songer. Le moyen pour se protéger consister essentiellement à éviter toute pensée en rapport avec Malfoy ou ce qu'ils avaient ou pourraient faire. La Gryffondor construisait des barrières pour se défendre des attaques de l'ennemi et elle se terrait minablement derrière ce bouclier. De façade, Hermione semblait froide et indifférente. Ailleurs. Mais son regard la trahissait bien trop souvent à son goût et ses amis l'avaient percée à jour depuis longtemps. Elle se refusait pourtant à leur expliquer la cause de son tourment. Et il y avait de quoi ! Comment réagiraient-ils ? La culpabilité la rongeait chaque nuit, dès qu'elle éteignait la lumière. Elle s'était mise dans une galère incroyable !
Malfoy s'était montré surprenant, une fois de plus. Loin de la harceler, il la laissait presque en paix. Dans un tout autre contexte, Hermione aurait pleinement savouré ces deux semaines sans raillerie, sans insulte, sans menace, sans chantage.
Chaque matin, Malfoy déposait la fiole sur la table basse de leur salle commune et s'éclipsait. Hermione se demandait si lui-même n'avait pas besoin de réfléchir aussi. Mais ses coups d'œil appuyés, ses frôlements accidentels, ses sous-entendus ne lui offraient qu'un calme relatif. De toute façon, sa simple présence dans une pièce suffisait à lui rappeler combien la situation était difficile et quel magnétisme il exerçait sur elle. Hermione peinait à faire taire l'appel irrépressible que Malfoy exerçait sur elle, même à distance. C'était comme si son esprit interdisait ce que son corps et son cœur réclamaient. Et la bataille féroce qui avait lieu dans son esprit faisait perdre chaque jour du terrain à sa bonne conscience, raisonnable et sage.
Hermione n'en pouvait plus. Cette histoire lui empoisonnait l'existence. Elle n'était plus capable de se concentrer sur rien, même en cours de légilimancie ! Ce qui s'était passé l'obsédait. Pire, Malfoy l'obsédait. Malgré ses multiples efforts pour se changer les idées et pour l'éloigner d'elle, ses pensées étaient constamment tournées vers lui. Lui qui l'envoûtait à chaque regard. Hermione se demanda même si son absence n'était pas calculée… Il cherchait peut-être à la torturer de nouveau, à la faire languir de désir. Malfoy avait compris depuis longtemps qu'il était sa faiblesse. Et il jouait avec. Non, tout cela était grotesque. Il ne pouvait deviner où elle en était, ce à quoi elle pensait. Et on ne pouvait dire que depuis deux semaines, Malfoy était un diable tentateur…
Et comme quand on joue avec le feu, Hermione avait peur de se brûler à nouveau…
Ce matin-là, comme tous les autres matins, la Gryffondor se rendit en cours le ventre vide. Les heures de cours défilèrent longuement, s'étirant paresseusement dans la monotonie du monologue du professeur Binns. Volontairement, Hermione était arrivée légèrement en retard et s'était ainsi placée au fond de la salle de cours. Seule. Les coups d'œil interrogateurs et alarmés de ses deux amis la poussèrent à baisser honteusement les yeux. Eux aussi elle les évitait.
En sortant du cours, elle croisa le professeur Rogue qui lui fit discrètement signe de le suivre. Une fois dans son bureau, il ne prit pas la peine de s'asseoir, signe que la conversation serait courte. Son ton se fit encore plus mielleux que d'accoutumée :
- Miss Granger, vous avez mené à bien votre mission concernant les trois extraits de poison à administrer à trois élèves. Heureusement que j'avais épuisé la réserve de béozards et que Mme Pomfresh n'a pas pu avoir recours à ce remède ! Elle a été obligée de faire appel à moi et j'ai pu donner l'antidote en temps voulu aux trois élèves ! se félicita Rogue à voix basse, comme s'il s'adressait à lui-même.
Immédiatement, il observa Hermione et suivit son regard intéressé vers son armoire personnelle. Il éclata d'un rire moqueur :
- N'y pensez même pas, Miss Granger ! J'ai liquidé le stock de béozards dans cette école, dès que j'ai su quel mode opératoire nous allions adopter avec vous ! Mais je pensais que vous seriez assez intelligente pour y penser avant…
Hermione lui lança un regard noir : bien sûr qu'elle y avait déjà songé ! Seulement, il lui était impossible de s'en procurer autrement qu'en volant la pierre dans la réserve personnelle du professeur Rogue. Or, lorsqu'elle lui avait subtilisé du venin d'Acromantula quelques mois auparavant, elle avait fouillé de fond en comble l'armoire à la recherche d'un béozard. Mais c'eût été inespéré. Elle savait que Rogue n'était pas aussi stupide.
- Pour l'instant, le Lord vous ordonne de lui rapporter toute information concernant l'Ordre, Harry Potter ou sa mission. Même le moindre détail pourrait l'intéresser. A chaque cours de légilimancie, vous me ferez un rapport sur les informations que vous aurez recueillies durant la semaine. Soyez attentive et exhaustive, Miss Granger ! Ce sera tout.
La jeune fille se hâta de sortir des cachots et décida d'aller profiter des premiers rayons de soleil du printemps dans le parc. Elle fit auparavant un détour par les cuisines où elle récupéra un sandwich. Elle s'assit au bord du lac et se perdit dans la contemplation des reflets moirés à la surface du lac. Un quart d'heure plus tard, elle dut à regret quitter ce havre de solitude pour rejoindre ses camarades en cours de potions.
Comme si c'était devenu une habitude, Hermione arriva avec deux minutes de retard mais le professeur Rogue, à sa grande surprise, ne lui en tint pas rigueur. Il devait peut-être estimé qu'il lui avait raccourci sa pause déjeuner. Elle écopa tout de même d'un regard noir quand elle bafouilla un mot d'excuse. A sa grande surprise, Pansy Parkinson avait profité de son retard pour lui prendre sa place à côté de Malfoy, place assignée par le maître des potions en début d'année.
Cependant, Rogue était tellement absorbé par les ASPIC qui approchaient à grand pas et par l'urgence de la situation catastrophique dans laquelle se trouvaient les trois quarts de ses élèves qu'il ne releva pas l'affront de Miss Parkinson. Ce ne fut pas Hermione qui s'en plaignit. A la hâte, elle regagna un bureau vide au fond de la classe et déballa ses affaires alors que le professeur entamait son cours :
- Un mois. Qui peut me dire ce qui se passe dans un mois ?
Son ton était dangereusement menaçant. Son regard perçant balaya la salle.
- Bien sûr, ni Londubat ni Potter ne sont en mesure de répondre… Que c'est étonnant ! ironisa-t-il. Oui, Miss Parkinson ?
- Les ASPIC, monsieur ?
- En effet, dix points pour Serpentard !
Ron, quelques rangs derrière la jeune sorcière, afficha un air révolté et souffla un peu trop fort à Harry :
- Dix points pour ça ?
- Eh oui, Weasley, dix points pour récompenser le courage de Miss Parkinson ! rétorqua d'un ton doucereux le professeur Rogue. Elle a été la seule à oser répondre. Vous connaissiez tous la réponse mais les Gryffondors n'ont semble-t-il pas le courage ou l'intelligence pour répondre à une question aussi simple ! Votre impertinence coûtera dix points à votre maison, Weasley !
Les Serpentards éclatèrent de rire, applaudissant copieusement le directeur de leur maison qui ignora cette ovation. Ron s'empourpra et serra de colère les poings sous la table.
- Il y a donc les ASPIC dans un mois ! reprit calmement Rogue. Et vous avez presque tous un niveau si lamentable en potions que vous n'obtiendrez qu'un T à votre examen final ! A partir d'aujourd'hui, je ne veux plus entendre un bruit dans cette salle ! Nous allons réviser les potions vues dans l'année. Qui peut me rappeler les ingrédients d'un élixir de bravoure ?
Alors qu'Hermione prenait assidûment des notes, elle remarqua que quelqu'un au premier rang s'était retourné et l'observait avec insistance. Hermione croisa le regard métallique de Draco. Au lieu d'être glacé, son regard était brûlant et semblait faire à Hermione des promesses qui la firent rougir aussitôt. Elle baissa les yeux avant que quelqu'un n'intercepte cet échange peu conventionnel entre les deux ennemis.
Hermione mit cinq bonnes minutes à se reconcentrer sur ses notes. Un simple regard de sa part éveillait en elle tout ce qu'elle s'était appliquée à enfouir au plus profond d'elle.
A la sortie du cours, Harry et Ron se précipitèrent vers leur amie.
- Non mais tu as vu ce qu'il a fait ? Dix points de moins pour ça ! se scandalisa Ron.
- Il est vraiment… approuva Hermione avec autant d'aplomb qu'elle put.
- Tu es encore arrivée en retard ! remarqua d'un air soucieux Harry.
- Oui, oui… confirma-t-elle d'un ton évasif. Je suis plongée dans les révisions depuis…
- Tu pourrais me réexpliquer l'élixir de bravoure ? demanda Ron avec espoir.
- Oui, bien sûr ! dit-elle, heureuse que l'on change de sujet. Demain après-midi, ça te va ?
Aux regards lourds de reproches que ses amis lui lancèrent, Hermione comprit qu'elle avait dit une bêtise.
- La finale de Quidditch ! Désolée, les garçons, je suis complètement décalée dans le temps !
- Moui… marmonna Ron, l'air vexé.
- Vous êtes fin prêts ? demanda-t-elle d'un ton qu'elle espérait enjoué.
- Parfaitement ! assura Harry. Malfoy va mordre la poussière !
- C'est ce qu'on verra, Potter ! lança la voix traînante de Malfoy derrière lui, accompagné de ses deux gorilles Crabbe et Goyle.
Non loin de lui, Pansy ricana.
- Toi et tes bouseux ne nous font pas peur, Malfoy ! répliqua Harry d'un ton mauvais. Tu es peut-être le seul à avoir assez de cervelle pour demander à papa Lucius de te payer un balai assez puissant pour décoller tes fesses pâles du gazon !
- Potter, tu vas… gronda Draco en sortant sa baguette.
- Que se passe-t-il ici ? intervint le professeur Rogue qui empruntait le même couloir.
- Rien, professeur ! minauda Pansy.
- Bien, alors déguerpissez de ce couloir sur-le-champ avant que je n'ôte des points ! aboya-t-il.
Les élèves s'échangèrent quelques regards mauvais avant d'obtempérer de mauvaise grâce. Draco eut le temps de glisser à Hermione :
- Tu sais qui tu vas supporter demain, Granger ?
- A ton avis, Malfoy ? chuchota-t-elle d'un ton féroce.
- Ca dépend à quoi on fait référence… Il me semblait qu'il y avait eu du rapprochement avec Serpentard… murmura-t-il d'un ton lourd de sous-entendus.
-Je te hais Malefoy ! articula-t-elle, la voix tremblante de rage et le rouge aux joues.
-Tant mieux, ça n'en sera que plus amusant !
Hermione était à bout d'arguments. Elle accéléra le pas pour rejoindre ses amis sous le rire moqueur de Malefoy. Des larmes de rage coulèrent sur ses joues et elle s'empressa de les essuyer. Comment avait-elle pu imaginer que ce serpent pouvait avoir un cœur ? Amère, elle repensa à ses mots : « un rapprochement avec Serpentard »… Effectivement, il y avait eu plus qu'un rapprochement. Et Draco s'était fait un plaisir de le lui rappeler…
- Tu viendras au match cet après-midi ?
Hermione ne répondit pas à la question de Ginny. Elle se concentrait sur le contenu de son assiette. Mais la rouquine ne lâchait pas si facilement l'affaire.
- C'est la finale, tu le sais, non ? Contre Serpentard !
" Raison de plus pour ne pas y aller ! " songea-t-elle.
- Tu es devenue sourde ? s'énerva Ginny qui ne supportait plus la platitude de du comportement d'Hermione.
- C'est bon, Ginny, je t'ai entendue ! grogna Hermione sans lever les yeux vers son amie. Et je ne vois pas comment je pourrais ignorer ce qui se passe cet après-midi !
La Préfète lança un coup d'œil circulaire agacé autour d'elle. Toutes les tables de la Grande Salle ne vivaient que pour la finale ayant lieu dans quelques heures. Les Serpentards, tout de vert et argent vêtus, toisaient les Gryffondors d'un air provocant. Les autres maisons avaient elles aussi choisi leur camp. Luna Lovegood était affublée d'une tête de lion rugissante qui faisait son petit effet. Dès qu'un groupe de Serpentards croisait des Gryffondors, les insultes fusaient. La compétition ravivait et exacerbait des tensions ancestrales. Chacun établissait son pronostic sur le vainqueur du match. Une seule chose animait véritablement tous les élèves, cette chose qu'ils avaient tous en commun : l'envie et la hâte de voir le dernier match que disputeraient le Prince des Serpentards, Draco Malfoy, et le Survivant, capitaine des Gryffondors, Harry Potter.
Quant à elle, la Gryffondor se réprimanda sévèrement : ses amis avaient besoin de son soutien. Elle pouvait laisser de côté ses états d'âme l'espace de quelques heures pour les supporter dignement.
- Bien sûr que je viendrai ! promit-elle à Ginny en lui adressant un sourire éclatant. Serpentard va trépasser !
- Ca veut dire quoi ? demanda Ron, interloqué par ce dernier mot qu'il ne connaissait pas.
Hermione soupira : trépasser était un mot, certes, un tantinet désuet mais elle n'avait pas imaginé que Ron ne puisse pas le connaître. Elle allait encore passer pour la Miss-je-sais-tout insupportable qui étale son savoir.
- Un vieux mot moldu. Il signifie que Serpentard va mordre la poussière ! expliqua Harry pour reprendre les mêmes mots que Draco.
Il appuya ses paroles en tapant du poing sur la table. Un coup d'œil féroce vers la table de Serpentard fit comprendre à toute l'école combien le capitaine de Gryffondor était déterminé. Mais le regard que lui rendit Draco lui apprit qu'il n'était pas le seul à vouloir vaincre. L'espace d'un instant, les deux rivaux s'affrontèrent du regard. Puis les yeux gris de Draco glissèrent imperceptiblement vers Hermione qui fit mine de regarder ailleurs.
L'ambiance battait son plein. D'un côté du stade, une marée rouge et or clamait le nom de leur capitaine alors que de l'autre côté les huaient les supporters de Serpentard. L'effervescence était à son comble. Au milieu de tout cela, Hermione se plaçait comme une observatrice discrète. Seule son écharpe rouge et or annonçait le camp qu'elle soutenait – bien que tout le monde le savait déjà ! Néanmoins, une écharpe lui semblait inadéquate. D'un air attentif, elle étudia le ciel. Le match débutait à dix-huit heures. Il ne ferait pas encore nuit. Le temps était ensoleillé, malgré quelques nuages qui parsemaient le ciel clair. Le printemps était bien installé sur Poudlard. C'est pour cela qu'une écharpe n'était pas vraiment de mise, malgré une légère brise qui soufflait sur le parc. Le temps était clément pour les deux équipes qui s'affronteraient dans environ un quart d'heure.
Hermione contempla avec un franc sourire l'enthousiasme de ses camarades. Neville, Dean Thomas et Colin Crivey agitaient une immense banderole où un lion était sur le point de dévorer un serpent. D'un coup de baguette, Hermione anima la banderole et le lion attrapa le reptile entre ses crocs et le déchiqueta dans un rugissement sonore qui fit trembler les bancs de bois. Sa petite touche personnelle fut longuement acclamée par les Rouge et Or alors que les Serpentards la sifflèrent copieusement. Neville adressa à Hermione un sourire de remerciement et l'invita d'un geste à les rejoindre dans la tribune pour partager leur liesse. D'un bref signe de tête accompagné d'un sourire d'excuse, la Préfète refusa. Bien qu'elle partageât la joie collective, Hermione n'avait ni l'envie ni la force de se mêler aux supporters hystériques d'Harry et ses coéquipiers.
Le commentateur du match était, depuis le début de l'année, un Serdaigle de cinquième année : John Blair. La plupart des élèves et professeurs avait reconnu qu'il n'arrivait pas à la cheville de Lee Jordan. Mais pour l'instant, personne n'avait candidaté pour ce poste. Sa voix amplifiée résonnait dans le terrain mais Hermione ne prêtait guère attention à ce qu'il disait à propos de l'accélération des nouveaux balais de l'équipe de Serpentard, des Nimbus 3000. Mais, selon lui, le modèle ne rivalisait pas avec l'Eclair de Feu du capitaine de l'équipe de Gryffondor. Enfin, cinq minutes avant le coup d'envoi, il annonça l'entrée de l'arbitre du match : Mme Bibine, le professeur de vol.
Suivirent les joueurs. Chaque équipe entra dans le terrain en volant, soulevant une clameur dans les gradins. Ils firent un tour d'honneur avant d'atterris au milieu du terrain, là où Mme Bibine les attendait, un sifflet aux lèvres. Les deux capitaines se retrouvèrent face-à-face et se toisèrent avec hargne. Mme Bibine leur demanda de se serrer la main, ce qu'ils firent en prenant bien soin de broyer les phalanges de l'adversaire.
- Malfoy, papa Lucius va être déçu que tu lui ramènes les restes de ton Nimbus pour décorer votre salon ! lui glissa Harry d'un ton belliqueux.
- C'est vrai, toi tu ne peux rien ramener à tes parents, Potter ! grinça Draco.
Si l'arbitre n'avait pas sifflé le début du match, Harry aurait décoché un coup de poing dans la mâchoire de son adversaire. Au lieu de cela, il enfourcha son Eclair de Feu et suivit des yeux le Vif d'Or qui disparut au-dessus de Pickle, l'un des batteurs de Gryffondor.
- Ca y est, la finale est lancée ! commenta John. L'altercation entre les deux capitaines n'a échappé à personne… Que le meilleur gagne !... Oh ! Potter s'élance déjà à toute vitesse. Sa stratégie n'est pas très difficile à deviner : il veut attraper le Vif d'Or le plus rapidement possible !
Hermione leva les yeux au ciel : John Blair décrivait le travail de l'Attrapeur comme s'il dévoilait un secret inattendu. Même elle, pourtant pas vraiment experte en Quidditch, avait compris qu'Harry voulait en finir le plus vite possible et gagner à tout prix.
- Pour l'instant, c'est Schaeffer, le poursuiveur de Serpentard, qui a le Souafle… Mais le Cognard de McClung le lui arrache des mains et c'est reparti avec la petite Weasley qui se dirige vers les buts de Matt Nicholson ! Et… 10 à 0 pour Gryffondor ! Décidément, cette jeune fille est très douée…
L'ouverture du score fut accueillie par les cris de joie et les applaudissements des supporters de Gryffondor. Malfoy houspilla copieusement son gardien, Nicholson, qui ne semblait pas avoir anticipé l'attaque foudroyante de Ginny.
Crabbe et Goyle étaient les batteurs de Serpentard. Malfoy ne les avait pas choisis pour leur finesse de stratèges mais bien pour leur puissance. Les deux gorilles étaient assez redoutés.
Alors que Ginny arrachait le Souafle des mains de Garber, un des poursuiveurs de Serpentard, et filait tout droit sur les buts de Nicholson, elle évita de justesse Crabbe qui s'était placé sur son passage. Mais elle ne se méfia pas de Goyle qui rejoignit son coéquipier.
Leur spécialité était la défense en double-batte joins un revers et ils étaient très fiers de leur synchronisation. Les deux batteurs frappèrent le Cognard en même temps afin de lui donner un maximum de puissance. Mais au lieu de l'envoyer devant eux comme attendu, le Cognard prit la direction inverse, derrière eux. A quelques mètres des buts, Ginny interrompit sa tentative de lancer quand elle entendit un sifflement menaçant se diriger droit sur elle. La Gryffondor se baissa et évita de justesse le Cognard. Ce dernier frôla le sommet de son crâne. Dans la précipitation, elle lâcha le Souafle que Garber récupéra en lui lançant un sourire radieux.
- Quelle dextérité ! complimenta John Blair en décrivant l'action de Ginny. Garber s'élance, fait la passe à Schaeffer qui évite un Cognard…
Et Ron manqua son arrêt. Les deux équipes étaient à égalité. Galvanisés par leur but et par la clameur de leurs supporters, les Serpentards se ruèrent à nouveau vers les buts de Ron. Mais ce dernier serra la mâchoire. Il ne devait pas laisser passer celui-ci. Deux pousuiveurs adverses se retrouvèrent face à lui. Ron se demanda d'où allait venir le tir. Il adopta une technique périlleuse mais qui pouvait fonctionner. Le gardien de l'équipe de Gryffondor serpenta très rapidement entre les trois buts et repoussa le Souafle lançé par Garber. Sa figure fut longuement applaudie par les Gryffondors.
- Oh, le magnifique double huit ! commenta John. Décidément, le Quidditch coule dans les veines de la famille Weasley !
Hermione et Neville jetèrent un coup d'œil agacé au Serdaigle : à quoi rimaient ces petits compliments lancés à demi-mot à l'intention Ginny ? D'après les rumeurs, ce n'était pas un fait nouveau. John Blair était un fervent admirateur de Ginny Weasley.
Malfoy peinait à se concentrer sur le match, alors que Potter volait dans tous les sens, à l'affût. Le Serpentard cherchait Hermione des yeux. Il la trouva, seule, sur un bout de banc, au milieu d'un océan rouge et or. Mais elle ne participait pas à l'euphorie collective et semblait perdue, les yeux dans le vague. Draco aurait tout donné pour revoir un sourire illuminer son visage d'ange. La tristesse ne lui allait pas du tout. Depuis deux semaines, il avait tenté d'attirer son attention. Mais la Gryffondor ne lui adressait plus la parole et Malfoy ne s'en accommodait pas du tout, pour une raison inexplicable. Ce soir, il allait faire un gros coup d'éclat. Pour elle. Pour attirer son attention. il gagnerait la finale.
Le match était serré. Gryffondor menait à présent 60 à 40. Malfoy avait rapidement compris que les deux équipes étaient de niveau égal et que l'une gagnerait simplement grâce au Vif d'Or. Ce serait l'attrapeur qui les départagerait.
Draco se remit en chasse. Il décrivit de larges cercles autour du terrain. De temps à autre, il lançait un ordre ou un encouragement à ses joueurs. Il remarqua Crabbe et Goyle qui se lancèrent un regard équivoque. Interloqué, le capitaine de l'équipe de Serpentard observa Crabbe se placer discrètement derrière Ginny et lui assener un coup de batte dans la jambe alors que celle-ci fonçait vers Shaeffer. La petite Weasley hurla de douleur et tomba de son balai. Pickle lança un sort qui ralentit sa chute. Heureusement pour les Serpentards, Mme Bibine n'avait rien vu du coup bas de Crabbe. Elle ne pouvait donc se prononcer contre Serpentard. Tel était le règlement du Quidditch. Le match fut suspendu quelques secondes, le temps pour Mme Pomfresh de guérir la blessure de Ginny. Les Gryffondors sifflèrent l'arbitre et les Serpentards. La traîtrise de Crabbe n'avait échappé à personne. La traîtrise de Crabbe n'avait échappé à personne.
Mme Bibine siffla la reprise du match. Draco sourit, se gardant bien de réprimander son joueur pour le coup déloyal qu'il venait de porter à l'équipe adverse. Affaiblie, Ginny était obligée de rester en position basse. Profitant de la faiblesse des Gryffondors, Serpentard marqua un nouveau but. Draco applaudit la tournure que prenait le match. Il reprit sa course.
Alors qu'il survolait les buts de Weasley, un éclair doré fila dix centimètres sous son coude gauche. Malfoy se pencha et cueillit la petite balle volante au creux de sa paume et remonta en chandelle. Serpentard avait gagné.
Harry jeta son Eclair de Feu de dépit par terre et quitta le terrain avant la remise de la Coupe.
Draco savoura longuement sa victoire peut-être un peu due au hasard. Les Serpentards le portèrent en triomphe. Une marée verte et argent envahit le terrain. Dès qu'il le put, le capitaine se tourna vers la place qu'occupait Hermione. Qui avait disparu. Peut-être n'avait-elle-même pas vu la fin du match. Malfoy poussa un cri de rage, poussa ses joueurs et quitta le terrain, à la grande incompréhension de ses supporters.
Voilà, les amis... Qu'en avaient-vous pensé ? Que va faire Draco à votre avis ? Quelle va être la tournure des évènements à présent ?
Merci de me laisser une petite review et à bientôt !
