Bonjour à tous,
Exceptionnellement, je ne réponds pas aux reviews... Mais, merci à tous !
Bonne lecture !
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Comme Draco s'y était attendu, Lucius n'avait pas changé d'avis concernant l'éventuelle présentation du journal au procès. Lorsque sa famille était à nouveau venue le voir, une semaine après la proposition du blond, il avait à nouveau clamé haut et fort son désaccord. Son fils avait donc pris sa décision. Il le ferait sans sa bénédiction. Lucien fut prévenu dès le lendemain, dans le dos de Narcissa. L'avocat vint donc voir le fils de son client le plus vite possible et le lendemain soir il fut au Manoir.
Sa mère étant absente pour la soirée, Draco n'eut pas à se cacher et le reçut dans le salon. Même si Thomson parut étonné du revirement de son client, il ne s'attarda pas dessus et bien vite le journal fut à nouveau réintroduit.
- Bon, fit l'avocat en feuilletant les pages. Nous allons pouvoir commencer. Vous souvenez-vous de tout ? Il me semble que vous m'aviez dit que vous l'aviez lu, il y a deux ans, non ?
- Oui, répondit Draco en leur servant de l'alcool fort. Mais je m'en souviens bien. Ce n'est pas le genre de chose que l'on oublie. Cependant, pourrions nous nous retrouver autre part pour faire cela ? Je ne veux pas plus déranger notre hôte, Helena.
Lucien courba un sourcil, perplexe, mais acquiesça.
- Bien sûr. Vous pourriez venir chez moi. J'habite non loin du Chemin de Traverse.
Le blond hocha la tête vivement.
- Je vous remercie.
- Bien. Quand souhaitez-vous commencer ? Demain ?
- Non. J'ai à nouveau un interrogatoire. Après demain, en fin d'après midi, cela vous irait ?
- Oui.
Il se saisit d'une feuille et y inscrivit son adresse.
- Voilà, fit-il en la lui tendant. Je prends le livre d'ici là, je vais déjà commencer.
L'avocat se leva, le journal en main.
- Vous direz à votre père, à ta prochaine visite, que nous nous en occupons. Je ne préfère pas m'y rendre. Laissons le doute au ministère, plus celui-ci croit que notre défense est fragile, mieux ce sera pour Lucius.
- D'accord.
Draco se leva et lui tendit à la main. Lucien s'en saisit sans hésiter et le salua d'un sourire.
- A dans deux jours donc.
Il lâcha ensuite sa main, puis transplana.
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Narcissa rentra tard dans la soirée. Elle vint saluer son fils qui ne dormait pas. Draco s'était installé dans le salon, près de la cheminée, son verre à la main. Blaise était monté plus tôt se coucher, laissant le blond seul avec ses pensées. Sa mère le trouva abattu sur son fauteuil, sirotant son scotch. Fatiguée, elle vint s'asseoir à ses côtés et lui vola son verre.
- Tout va bien, Draco ? demanda-t-elle en vidant le contenu, cul sec.
-Et vous ? répliqua son fils en lorgnant vers la bouteille non loin de là.
La femme se laissa aller dans le dossier.
- J'ai passé une bonne soirée. La société ne semble pas nous avoir oubliés. J'en ai juste assez des phrases de compassion hypocrites que je reçois à longueur de journée : « Narcissa, ma chérie, je suis tellement désolée pour votre mari... » et autre.
Draco sourit en entendant l'imitation d'une hypothétique amie niaise de sa mère. Cette dernière se reprit cependant.
- En tout cas, dimanche, j'aimerais que tu me laisses le voir seule. Je suis sûr que j'arriverai à le convaincre.
- Bien sûr, mère.
- Et toi ?
- Moi... J'appréhende juste les interrogations de demain.
- Hum... Tant que nous ne parlons pas du journal...
Son fils se leva.
- Oui. Bon, je vais me coucher. Bonne nuit, mère.
- Bonne nuit Draco.
Le lendemain matin, l'ancien préfet fut réveillé une nouvelle fois par un vibrement désagréable provenant de sa table de nuit. L'objet de plastique l'avait laissé tranquille depuis la soirée de commémoration à Poudlard. Apparemment, le Survivant commençait à s'impatienter. D'une main fatiguée, Draco se saisit du portable et tapa maladroitement le code.
Malfoy, j'ai attendu un signe de ta part depuis notre dernière rencontre. M'aurais-tu oublié ?
Ricanant, le blond répondit.
Pourquoi ? Je t'ai manqué ? Désolé, mais je suis assez pris en ce moment. J'ai encore un interrogatoire aujourd'hui.
Pourquoi pas demain soir alors ?
Je suis pris, aussi.
Vraiment ? Tu es sûr que ce n'est pas de la mauvaise volonté ? Si je te demande pour après demain soir, ce ne sera aussi pas possible ?
J'ai un rendez vous, Potter ! Et j'étais libre après demain soir, mais là je ne sais pas si j'en ai vraiment envie.
Agacé, Draco se leva, jetant l'objet sur sa couverture. Mais, une fois habillé et coiffé, il revint vers lui et le plaça dans sa poche intérieure. Harry n'avait pas répondu.
Un peu plus tard dans la matinée, Narcissa et lui arrivèrent au ministère. Comme la fois précédente, ils furent séparés et amenés dans une petite pièce, privés de leurs baguettes. Grant mit moins de temps à arriver cette fois-là. Ses papiers en main, il claqua la porte derrière lui et s'assit à la table, l'air fier de lui. Un instant plus tard, la Gazette du Sorcier se trouvait devant Draco, la photo du Survivant et lui en première page. Un ricanement dans la voix, l'auror s'exclama :
- Et bien, monsieur Malfoy ! Qu'allez vous trouver comme explication cette fois-ci ? Je croyais que la guerre vous avait permis de passer au dessus de votre animosité commune. Vous n'avez pas été très honnête avec nous.
Lassé, le blond soupira. Ses yeux étaient figés sur l'image qu'il connaissait à présent par coeur. Il se voyait empoigner le col du brun et sa -bouche s'ouvrait pour dire quelque chose. Prenant sur lui, il détourna le regard de la photo et répliqua calmement.
- Nous avons eu une anicroche. Rien d'alarmant cependant.
- Ce n'est pas ce que montre cette photo, ni ce que raconte l'article.
- Les journalistes écrivent ce qui leur permet de vendre. Potter est un sujet très favori des lecteurs en ce moment.
- Néanmoins, nous vous voyons parfaitement l'agresser. Que lui disiez vous ?
Draco passa une main dans ses cheveux. Il ne pouvait pas répondre à cette question.
- Cela ne vous concerne pas.
Un sourire mauvais se dessina sur les lèvres de Grant.
- Monsieur Malfoy, toute votre vie nous concerne. C'est le but de ces interrogatoires.
- Où est le psychomage qui devait venir ? demanda l'ancien préfet, espérant changer de sujet.
- Il ne va pas tarder. Ne changez pas de sujet, monsieur Malfoy. Que vous disiez-vous ?
- Croyez vous que notre Sauveur serait content d'apprendre que vous l'espionnez à travers moi ?
- Malfoy! s'écria Grant en élevant la voix. Répondez à la question.
Se mordant les lèvres, Draco réfléchit, il devait trouver autre chose. Son interlocuteur en face le fusillait du regard. Il semblait prêt à exploser, Draco devait donc trouver un élément convaincant. Mais alors qu'il allait parler, un vibrement se fit entendre, en provenance de la poche intérieure de sa veste. L'ancien préfet blêmit en voyant l'auror loucher vers elle. Ce dernier fronça les sourcils.
- Qu'est ce que c'est ? questionna-t-il.
- Pardon ? fit Draco en feignant l'innocence et, surtout, l'ignorance.
- Qu'il y a-t-il dans votre poche ?
- Mais... Rien!
Pas du tout convaincu, Grant se leva et se pencha sur la table. Le blond se mit alors debout à son tour, reculant vers le mur derrière lui. L'auror n'hésita pas à lui empoigner le bras pour le rapprocher de lui et passer une main dans sa veste. Outré, Draco le repoussa violemment. L'homme se retrouva à terre mais ne recula cependant pas. Il sortit sa baguette et cria :
- Accio !
De suite, le portable sortit de la poche et atterrit dans sa main.
- Qu'est ce que... ?! s'exclama-t-il. Vous avez un portable ?
- Vous savez ce que c'est ?
- Bien sûr!
L'auror se remit debout, continuant de s'écrier, haut et fort :
- Mes parents étaient moldus! Ils ont été tués par ton maître, sale mangemort! Où as-tu eu ceci ? Pourquoi ne voulais-tu pas que je le vois ?
- C'est personnel.
Grant se rapprocha lentement de lui, redevenant calme d'un seul coup. Il se plaça très près du blond et pointa sa baguette vers la gorge de celui-ci. Il murmura alors tout bas.
- Monsieur Malfoy, pour la dernière fois, entre nous il n'y pas de notion d'intimité. Parlez moi de ce téléphone!
Mais Draco resta muet malgré le bout de bois beaucoup trop proche de sa jugulaire. L'auror dut donc s'intéresser lui même à l'appareil. Après un rapide coup d'oeil, il revint vers l'ancien préfet.
- Vous avez reçu un message. De qui est-ce ? Quel est le code ?
A nouveau, le blond garda sa bouche bien fermée. La baguette se leva alors, allant se pointer entre ses deux yeux.
- Monsieur Malfoy, ma patience a des limites.
Mais alors qu'il allait à nouveau interroger, la porte s'ouvrit et un petit homme rondouillard pénétra dans la pièce. Il lâcha une exclamation en voyant la scène. Puis, se reprenant, il posa sa petite valise sur la table et intervint :
- Monsieur Grant, que faites vous par Merlin ?! Nous ne devons pas utiliser la force !
L'auror s'éloigna. Il força Draco à se rasseoir sur la chaise et en fit de même. Il plaqua ensuite le portable sur la table.
- Il ne veut pas coopérer.
Celui qui devait être le psychomage se pencha et observa l'objet.
- Monsieur Malfoy, vous avez un portable ? Mais pourquoi ?
Grant répondit à sa place.
- Il doit sûrement savoir que son courrier est surveillé. Il a des informations à cacher. Malfoy, qui vous a dit que votre courrier était surveillé ?
Calmement, Draco croisa ses mains sur la table et répondit :
- Vous, il y a deux secondes.
Rageant, l'auror grinça des dents. Le psychomage posa une main sur son épaule pour l'apaiser. Il fit ensuite apparaître une chaise pour lui même et s'y installa.
- Monsieur Malfoy, je ne me suis pas présenté. Je suis le psychomage Miller. Bien, pourquoi vous êtes vous procuré un portable si vous ne saviez pas que votre courrier est surveillé ?
- J'étais curieux de la technologie moldue. Il faut reconnaitre que les messages sont ainsi beaucoup plus rapidement transmis.
- Et avec qui communiquez vous ?
- Je ne peux pas vous répondre.
Perdant patience, Grant leva sa baguette et jeta une batterie de sorts sur l'appareil. Tous ricochèrent. Miller siffla.
- Et bien, on peut dire qu'il est bien protégé.
- Je l'ignorais, avoua Draco.
A bout de nerfs, Grant se leva. Il pointa son doigt sur le blond et siffla.
- Monsieur Malfoy, vous n'êtes pas encore sorti de cette salle. Je peux vous garantir que tant que nous ne saurons pas, vous resterez ici.
Il quitta ensuite la pièce, claquant la porte derrière lui. Miller offrit un triste sourire au blond. Celui-ci resta impassible puis poussa un profond soupir intérieurement. Le psychomage avait à nouveau commencé à parler, à le questionner. Il était vraiment mal parti.
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Une heure plus tard, le psychomage était parti et Draco se retrouvait seul dans la salle. Le portable avait été enlevé, il devait sans aucun doute être examiné. L'ancien préfet ne pouvait donc que stresser. Il était angoissé à l'idée que l'on découvre le destinataire des messages présents dans l'appareil de plastique noir et, surtout, le contenu de ceux-ci. Il ne se souvenait pas s'ils avaient mentionné une seule fois leur précédente liaison, mais qui était assez intelligent le devinerait sans souci en les lisant. Harry avait peut être posé des sorts de protection sur l'appareil, mais cela ne serait jamais assez pour contrer la puissance du ministère. Si celui-ci voulait découvrir le contenu du portable, il le ferait.
Crispant ses mains sur son pantalon, Draco tenta de se calmer. Il ne devait pas montrer son inquiétude, cela ne ferait qu'empirer les choses.
Après un temps qui lui parut infiniment long, des voix se firent entendre. Elles se rapprochaient de la pièce et semblaient ne pas être d'accord.
- Mais, monsieur le ministre, vous ne pouvez pas faire cela ! Nous tenons quelque chose !
- Assez, Grant ! Ma décision est prise.
- L'auror a raison, vous savez, monsieur le ministre. Sans vouloir outrepasser votre autorité, laissez moi vous dire que ce n'est pas une bonne idée. S'il ne veut pas en parler c'est que cela cache quelque chose.
- Miller ! C'est son intimité et, oui, vous outrepassez mon autorité.
La porte de la salle s'ouvrit ensuite en grand, claquant contre le mur. Les trois hommes apparurent. Kingsley, l'air plus blasé que jamais, s'avança et posa le portable sur la table.
- Vous pouvez le reprendre, monsieur Malfoy. Il n'a pas été ouvert.
Il se tourna ensuite vers les deux autres.
- A l'avenir, plus aucune question ne sera posée sur cet appareil moldu. Est-ce que c'est clair ?
- Oui, monsieur le ministre, répondirent en coeur l'auror et le psychomage.
- Bien. L'interrogatoire est terminé.
Sans demander son reste, l'ancien préfet se leva, prit son téléphone et passa la tête haute près des trois hommes. Il croisa ensuite Jink dans le couloir qui lui rendit sa baguette, puis s'en alla. Une fois chez lui, il se laissa tomber dans un fauteuil, épuisé. Mais que s'était-il passé ? Comment avait-il échappé ainsi aux filets de Grant ? Pourquoi Kingsley en personne était intervenu ?
Son portable vibra alors. Il le leva à son niveau et vit qu'il avait reçu en tout cinq messages.
Après demain soir alors. Ron et Hermione seront en voyage.
Malfoy ?
Que se passe-t-il ? Pourquoi tu ne réponds pas ?
Mince ! Je vais voir le ministre de suite.
Ca y est, tu es libéré ?
L'explication était donc là. Mais cela voulait dire que Kingsley était au courant ? De quoi d'ailleurs ?
Potter ! Qu'as-tu fait ? Comment as-tu su qu'ils essayaient de l'ouvrir ? Kingsley sait ?
Je t'ai sauvé la mise. Tu pourrais dire merci. Enfin, je nous ai sauvés la mise... Kingsley sait juste que c'est moi qui te l'ai donné et que les messages étaient de moi.
Mais comment as-tu su ?
Oh ! Simple sort de détection en cas d'attaque, quelque chose dans le genre.
Draco soupira.
Donc Kingsley sait.
Il sait juste que nous discutons par portable, c'est tout. Enfin je crois aussi qu'il a deviné que je t'avais dit que ton courrier était surveillé mais bon... Il était tellement étonné que je me déplace pour cela et que je lui avoue qu'il n'a rien dit. Il avait juste l'air très perplexe.
Je le suis aussi, Potter.
Très drôle. Alors ? Après demain soir ?
Je pourrai mais... Pourquoi précises-tu que Granger et Weasley ne seront pas là ? Je croyais que tu vivais seul.
Certes, mais je préfère être discret pour l'instant. Hermione se pose de plus en plus de questions, surtout après ta réponse de l'autre jour.
Pour l'instant ?
Tu sais... « Parler pour avancer ». Donc jusqu'à qu'on ait avancé.
Avancé vers où ?
La réponse mit un temps plus important que les autres fois pour arriver. Pendant ce temps là, le blond ne lâcha pas des yeux l'appareil, le gardant au creux de ses mains tremblantes. Lorsqu'elle apparut finalement sur l'écran, son coeur fit un bond.
Avancé vers où on veut, Draco.
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Et voilà ! Un interrogatoire plus ou moins mouvementé et un Harry toujours aussi envahissant. Enfin, Draco ne se plaint plus maintenant, à croire qu'il est habitué... :)
A vendredi, normalement.
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