Titre : Objects of Desire

Lien vers la fic originale : dans mon profil, FFnet n'affiche pas les liens URL

Auteure : Azrael Geffen

Traductrice : falyla

Correcteurs : falyla/Florent

Paring : Harry Potter/Draco Malfoy Hermione Granger/Severus Snape

Rating : M/NC-17

Etat de fic originel : terminée (20 chapitres divisés en 59 parties)

Etat de la traduction : terminée

Disclaimer: Les personnages appartiennent à l'univers de JK Rowling, l'intrigue est à Azrael Geffen, avec son aimable autorisation.

Warning : slash, scènes de sexe très graphiques, torture, viol, meurtre, tentative de suicide, drogue, abus d'alcool, langage cru.

Site : à cause des thèmes abordés, je ne sais pas si cette fic sera autorisée à rester sur FFnet, je la publie donc en parallèle sur AO3 sous le même pseudo.

Mise en ligne : sauf contretemps inattendu, le lundi, le mercredi et le vendredi.

Résumé : Après la fin de la guerre, Harry, Ron et Hermione décident de revenir à Poudlard pour obtenir leurs ASPICs. Avant la rentrée, lors d'une soirée très avinée, ils établissent et signent un pacte magique où ils s'engagent à perdre leur virginité pendant cette 8ème année.

Note de la traductrice : Merci pour votre soutien et vos messages. J'ai cru comprendre que le personnage de Semeuse vous donnait envie de gerber. Ouais, c'était un peu le but de l'auteure, j'imagine. Cette histoire a (et va avoir) des passages très durs, c'est pourquoi je me permets de vous rappeler la liste des avertissements qui figure juste un peu plus haut.

Bonne lecture.

Objects of Desire

Chapitre 8 (2ème partie)

Je suis juste un mec jaloux

– Tu es de retour.

Snape se retourna et sourit à la silhouette de Minerva McGonagall appuyée au montant de sa porte.

– Oui, dit–il simplement.

Minerva entra dans la pièce en boitillant et Snape fut consterné de voir qu'elle devait s'appuyer lourdement sur sa canne pour pouvoir avancer. Elle était aussi un peu trop pâle.

– Tu vas bien ? demanda–t–il calmement.

Mais il savait déjà qu'elle allait dire oui de toute façon.

– Bien sûr que je vais bien, mes jambes sont juste un peu raides aujourd'hui, c'est tout.

Elle s'assit avec soulagement dans l'un des grands fauteuils près de la cheminée éteinte. Snape alluma un feu et jeta des sorts de réchauffement dans la pièce.

– Je vais te préparer un sérum ostéo–facilitant. Tu as vu Poppy ?

– Je vais bien.

– Tu as assisté au match de Quidditch aujourd'hui ?

– Non, pourquoi ?

– Dans ce cas c'est que tu ne vas pas bien.

Il plaça un chaudron au–dessus du feu et disparut dans son bureau pendant quelques minutes, laissant Minerva près du feu à contempler sa chambre quasi vide et à s'amuser de la vapeur s'élevant du chaudron.

Lorsque Snape revint, il jeta des ingrédients dans un creuset, des choses dont elle supportait difficilement la vue. Des fleurs encore, ça pouvait aller mais c'était quand il jetait dans le chaudron des ingrédients ressemblant à des viscères d'animaux qu'elle se disait qu'elle ne voulait vraiment pas savoir ce qu'il y avait dans ses médicaments.

– Tu sais ce qu'on a plus fait depuis longtemps ? demanda–t–elle en le regardant travailler.

Elle admira ses mains – elle trouvait que c'était ce qu'il y avait de plus beau chez lui.

– Quoi donc ?

– Ça fait des mois que nous ne sommes pas sortis dîner. Si on allait chez Ushers ce soir, ce serait bien, non ?

– J'espérais finir quelques travaux ce soir, Minerva, c'est d'ailleurs pour cela que je suis revenu plus tôt.

– Tu vas refuser un dîner à une pauvre vieille fille comme moi ? Si ça se trouve, j'ai déjà un pied dans la tombe…

Snape sentit son estomac se tordre.

– Je doute que tu aies un pied dans la tombe, Minerva, tu as probablement juste besoin de continuer à prendre tes médicaments, dit–il en forçant sa voix à prendre un ton plein de dérision qui masquait la terreur qu'il avait ressentie en l'entendant parler de sa mort.

– Ils ont un goût ignoble.

– Ils sont bons pour toi.

Elle soupira et lui fit un sourire.

– Viens par ici.

– Pourquoi ?

– Viens ici, je te dis.

– Mais pourquoi ?

– Je veux que tu me prennes dans tes bras.

Il se tendit et fronça les sourcils.

– Tu as bu ?

– Dois–tu vraiment poser autant de questions ? Je me sens mélancolique, Dumbledore est au Ministère et tu es le seul à part lui que j'ai envie de serrer dans mes bras. Est–ce une assez bonne raison ?

Il lui jeta un coup d'œil furieux, il n'avait pas envie de la serrer contre lui. Non pas parce qu'il n'aimait pas Minerva, il l'aimait beaucoup mais il n'était pas une personne très affectueuse. Elle le regardait avec l'air d'attendre quelque chose et il décida finalement qu'il allait devoir s'obliger à le faire. Il se pencha donc et l'emprisonna maladroitement entre ses longs bras. Il fut surpris de la force avec laquelle elle lui rendit son étreinte et bien qu'il ait été tendu au départ, il pouvait comprendre pourquoi les gens faisaient ce genre de gestes. L'étreinte était extrêmement chaude, presque maternelle – pas que sa propre mère ait passé beaucoup de temps à lui faire des câlins. Au bout d'un certain temps, il remarqua qu'elle pleurait. Il se recula et fronça à nouveau les sourcils.

– Qu'est–ce qui ne va pas ? Quelque chose est arrivé ?

– Ce n'est rien, dit–elle en essuyant ses yeux avec le bout d'un mouchoir en soie. Je suis stupide.

Ce qui était stupide, c'était la complète inutilité de son minuscule mouchoir. Il lui lança un regard interrogateur, haussant un sourcil et l'encourageant silencieusement à continuer.

– J'ai été voir l'exposition des Mangemorts.

Elle se moucha.

– Je sais que je n'aurais pas dû y aller mais je l'ai fait, c'était horrible. Et je n'ai pu que penser que si tu n'avais pas changé de camp, ça aurait pu être toi dans l'une de ces vitrines.

Ah, pas bon…

– Bien, j'ai effectivement changé de camp, il est donc inutile de revenir là dessus.

Il essayait de se montrer gentil alors que sa logique lui disait que s'il était là face à elle, pourquoi en faire toute une histoire ?

– Je t'ai dit que j'étais stupide.

Il roula des yeux et répondit ce qu'elle attendait logiquement de lui.

– Tu n'es pas stupide.

Elle le regarda les yeux humides et lui sourit soudainement, il se sentit heureux de l'avoir pour amie. Et avant qu'il ne s'en rende compte, il se retrouva en train de la serrer contre lui, encore… Et décida que ce devait être l'âge qui l'adoucissait.

– Dîne avec moi, dit–elle tout contre sa poitrine avant de renifler à nouveau.

Il ne pouvait décemment pas le lui refuser à présent.

– Tu es une femme diabolique, tu sais ?

– Je sais. Dîne avec moi.

– D'accord, soupira–t–il, mécontent de s'être fait avoir par quelques larmes. À quelle heure ?

– Nous devons y être à dix–neuf heures trente, j'ai déjà réservé.

Elle se détacha de lui et sécha ses yeux.

– Combien de temps il te faudra pour faire tous tes trucs ?

oOo

Hermione n'aurait jamais dû aller à Pré–au–Lard avec Harry et Lavande… Car ce qui avait commencé comme une agréable séance de lèche vitrines en vue des fêtes de Noël s'était rapidement transformé en recherche d'une robe pour son rendez vous avec Victor Krum.

Jusque là, Lavande avait refusé tout ce qu'elle avait essayé et Harry riait comme un bossu à la lecture d'un article sur les parfums du zodiaque dans Sorcière Hebdo.

– Que pensez vous de celle–là ?

Tous deux la regardèrent et firent une grimace.

– On dirait ma tante Marge qui se rend à une veillée, dit Harry en pinçant ses lèvres d'écœurement.

– Qu'est–ce qui ne va pas ? demanda Hermione en regardant son reflet. Elle n'est pas si mal.

– Rien, répondit Lavande avec dégoût, si tu penses entrer dans les ordres.

– Eh bien, je ne veux tout de même pas l'encourager.

– Oui, mais tu ne veux pas avoir l'air d'un répulsif pour hommes non plus.

Hermione, frustrée, se mit à taper du pied. Elle avait fait exprès de choisir quelque chose de modeste avec un col haut et des manches longues. Lavande, quant à elle, avait passé du temps à étudier des livres sur la mode, les vêtements, les patrons et les tissus. Elle tentait de la convaincre de choisir quelque chose de plus féminin.

– Tu sais, ce n'est pas parce que tu as un sentiment pour Snape que tu dois t'habiller comme lui, fit remarquer Lavande avant de lui mettre une robe de soie vert forêt sur le bras.

– Elle sait ? demanda Harry. Lavande sait pour Snape ?

– À l'évidence, oui, répondit Hermione en tirant le rideau de la cabine d'essayage.

– Ça veut dire que je me suis tu pour rien ?

– Qu'est–ce que tu veux dire ? fit Hermione.

Elle n'avait pas vraiment envie d'entendre l'opinion de Harry là dessus.

– Bon, d'accord. Redis–moi pourquoi tu sors avec Krum ce soir si tu as une relation avec notre estimé Maître des Potions ?

– Ce n'est pas un rendez vous, Harry.

– Alors qu'est–ce que c'est ?

– Il n'a pas d'amis et il voulait simplement dîner avec quelqu'un.

Harry et Lavande échangèrent un regard.

– Chérie… commença Lavande d'un air concerné. Un homme qui veut être ton ami ne te sort pas dans le restaurant le plus cher de Pré–au–Lard, il t'emmène simplement au pub.

Hermione sortit de la cabine d'essayage vêtue de soie verte et s'observa attentivement dans le miroir. Cette robe était vraiment très belle. Modeste, avec un haut col mais mieux cintrée à la taille, avec des manches évasées.

– J'aime bien celle–ci, dit–elle en souriant à son reflet. Oui, j'aime vraiment beaucoup celle–ci.

– Ouais, elle est magnifique, fit Harry, pour un rendez–vous avec Krum…. Elle a l'air chère. Il va vraiment penser que tu ne lui portes aucun intérêt du tout.

– Oh, Harry…, intervint Lavande. Il n'y a aucune raison pour que Hermione ressemble à une vieille mégère simplement parce que ce type ne l'intéresse pas.

– Okay, alors juste une chose, tu vas parler à Snape de ce dîner entre amis ?

Hermione se mordit la lèvre.

– Eh bien… Non. Je n'en avais pas l'intention.

– Pourquoi pas, si c'est juste un dîner entre amis ?

– Il pourrait ne pas comprendre.

– Exactement.

Elle se tourna vers Harry.

– Tu détestes Severus, alors pourquoi est–ce que tu le prends comme si j'étais en train de trahir ton meilleur ami ou quelque chose comme ça ?

– C'est pas ça. Je te dis juste que si tu aimes bien Snape, tu ne devrais pas sortir avec Krum parce que Snape va sûrement le savoir un jour et que tu seras déprimée et misérable quand il aura piqué sa crise.

Harry croisa les bras.

– Mais j'ajouterais quand même que Krum est un bien meilleur parti que Snape, je veux dire… C'est Snape, quoi… Euuurk.

– Harry.

– Oui, Lav' ?

– T'es pédé ?

QUOI !?

– Il n'y a que les pédés pour dire euuurk

– Oh, va te faire voir.

– Les enfants ?

Ils se tournèrent vers Hermione qui les regardait, les mains sur ses hanches.

– Est–ce qu'on peut prendre cette robe et s'en aller ? Lavande doit encore me coiffer et me maquiller.

Harry et Lavande échangèrent un autre regard. Ça faisait tout de même beaucoup pour quelque chose qui n'était pas un rendez vous.

oOo

Il y avait deux choses qui faisaient de Ushers l'un des restaurants les plus populaires de Pré–au–Lard. La première était la variété de ses menus ensorcelés pour que chacun ait la garantie de trouver un plat qu'il aimait et la seconde était le service à la façon moldue. Des serveurs prenaient les commandes des clients et apportaient les plats, ce que tous les sorciers trouvaient original et pittoresque.

Tout en feuilletant son menu, Minerva saisit l'opportunité d'examiner son compagnon. Il leur avait fallu du temps pour apprendre à se faire confiance. Elle se souvenait de lui lorsqu'il n'était encore qu'un enfant que James Potter et Sirius Black ennuyaient impitoyablement. Il était impopulaire et aussi sombre que les ombres de la Forêt Interdite. Plus sombre qu'à présent. Peu de gens l'auraient cru et seuls ceux qui le connaissaient bien pouvaient comprendre à quel point il avait été sombre. Le fait qu'il était devenu un Mangemort ne l'avait pas surprise, ni touchée particulièrement. Il n'était qu'un ennemi de plus pour l'Ordre et à ce moment là, elle avait d'autres soucis en tête.

Il était arrivé au château une nuit, toujours immergé dans l'obscurité mais un tel désespoir marquait ses traits que Dumbledore l'avait laissé entrer. Son Maître, le Seigneur des Ténèbres, s'intéressait à James et Lily Potter ainsi qu'à leur fils Harry et il était persuadé que la rumeur à propos d'une prophétie concernant la naissance de l'enfant qui provoquerait sa chute était fondée. Voldemort voulait exterminer toute la famille et Lily devait être protégée à tout prix.

Lily Potter était la dernière personne que Severus Snape avait aimée d'après les souvenirs de Minerva, ce qui était triste car Lily n'avait que très peu pensé à lui. Bien sûr, Minerva trouvait l'idée d'un couple formé par Lily Potter et le reptilien Snape très peu crédible. L'homme devait avoir eu la tête dans les nuages pour imaginer ça. Minerva avait supplié Dumbledore de ne pas le laisser entrer, de ne pas le croire. Il était déjà pourri étant enfant, il devait l'être encore, il n'y avait qu'à regarder le chemin qu'il avait choisi de suivre.

– Oui, avait dit Albus calmement. Le chemin qui mène à notre porte.

Plus tard, après la mort des Potter, après que Voldemort eut disparu et que Harry eut été placé en sécurité auprès de sa tante et de son oncle, Albus l'avait accueilli à l'école en tant que professeur. Elle n'avait jamais compris sa décision. Snape était un homme aigri qui n'aimait pas les enfants mais c'était aussi un animal que Dumbledore avait pour projet de domestiquer. Minerva avait fait comme tous les autres membres du personnel, elle l'avait évité, le laissant seul dans ses cachots. À part Dumbledore, personne ne lui avait adressé plus de deux mots amicaux dans les cinq années qui avaient suivi son arrivée. Et puis un soir, à la demande du directeur, il était venu aux Trois Balais boire un verre avec les autres professeurs. Minerva s'était énervée et avait demandé à Albus pourquoi il avait amené le Maître des Potions à leur table alors qu'il n'y était pas le bienvenu.

Albus l'avait regardée avec tristesse et avait dit :

– Il t'entend, Minerva, il n'est pas sourd.

Ce fut la plus grande honte de toute sa vie. Et à partir de ce moment, elle s'était donnée pour mission d'apprendre à le connaître. Cela leur avait pris encore cinq années pour développer une forme d'amitié véritable. Et à présent, près de treize ans après ce fameux soir au pub, elle pouvait dire qu'elle le comptait parmi ses meilleurs amis.

En vérité, Minerva adorait Severus Snape. Et s'il n'avait pas été aussi misérable et méchant, ça n'aurait pas été pareil. Ça la peinait beaucoup de voir que les autres n'arrivaient pas à l'apprécier autant qu'elle le faisait. Bien sûr, il avait un mauvais caractère et sa tendance à être désagréable avec tous ceux qu'il rencontrait ne poussait pas les gens à vouloir le connaître, mais Minerva espérait encore qu'un un jour, une fille aurait envie de regarder au delà des apparences afin de découvrir les trésors qu'il cachait.

Mais elle savait qu'au fond c'était un rêve chimérique.

– Tu commandes quoi ? demanda Snape en balayant son propre menu du regard et se demandant ce qu'il y avait sur celui de sa compagne.

– Je pense que je vais prendre les crevettes royales à l'ail.

– Je n'aimerais pas être à la place de Dumbledore ce soir.

Elle rit.

– Tu ne l'envies jamais. Au fait, il passera peut être plus tard, après son rendez–vous avec Fudge.

À la mention du nom du Ministre, ils roulèrent tous deux des yeux et vidèrent cul sec leurs verres de vin. Minerva interpella un serveur.

– Que prenez–vous ?

Il fronça les sourcils. Comme beaucoup de gens, il n'aimait pas avoir à choisir parmi une trop grande quantité de plats sur un menu, il n'arrivait jamais à se décider. Il opta finalement pour le canard au vin rouge, cela s'accorderait très bien avec le vin qu'il était en train de boire. Il se dit que Lucius pouvait être fier, il arrivait maintenant à dire quel vin allait avec quel plat…

Minerva décida de ne pas lui poser de questions à propos de sa visite à Londres et au musée. Elle y avait été elle–même et se sentait plus qu'horrifiée et honteuse après avoir vu la collection catatonique du Ministère. Les Malfoy avaient été les amis de Snape et elle ne pouvait imaginer ce que cela avait dû lui faire d'aller chercher le corps de la femme, peut–être avait–il également vu Lucius Malfoy. Elle frissonna en repensant à sa visite.

Au lieu de cela, elle le soumit à vingt minutes de plaintes diverses au sujet de Dumbledore, ce qui, elle le savait, allait l'adoucir quelque peu avant qu'elle ne lui pose la question qu'elle brûlait de lui poser.

– Alors… commença–t–elle avec un sourire joyeux. Et ma fête ?

Snape eut envie de se cogner la tête contre la table, il aurait dû la voir venir. Il n'y avait eu que peu de moments durant les deux derniers mois où elle n'en avait pas parlé.

– Ta fête ?

– Allons, Severus…

Sa voix avait pris ce ton qu'il reconnaissait à présent comme celui qui disait : « Accepte–c'est–le–seul–moyen–pour–que–je–la–ferme ».

– …Ça fait des années que plus personne n'a organisé de fête et nous devrions nous amuser, la guerre est terminée, nous avons gagné et nous pouvons enfin voir arriver une nouvelle année avec joie.

– Je suis d'accord, dit–il en prenant une gorgée de son vin qu'il savoura un instant, appréciant son arôme. Mais pourquoi dans ma maison ?

– Tu sais pourquoi… Elle est grande, il y a une salle de bal et ce n'est pas Poudlard.

– Tu connais certainement d'autres personnes qui possèdent une salle de bal.

– Pas une comme la tienne !

La première fois que Minerva avait posé les yeux sur le Marais, c'était après la bataille au Manoir Malfoy. Ce jour–là, toute l'aile gauche du Manoir avait été détruite et Narcissa avait été capturée. Snape avait autorisé les membres de l'Ordre à utiliser le Marais comme hôpital de fortune et, tandis que les blessés et les invalides s'entassaient dans la salle de bal, Minerva en avait fait le tour en regardant le plafond et en imaginant les lumières de la fête.

– Personne ne viendra, grommela–t–il. Je n'ai pas passé ma vie à tenter de me faire des amis.

– C'est ma fête, insista–t–elle. Les gens viendront pour moi.

– Chez moi.

Je réparerai tous les dégâts.

Il haussa un sourcil.

– Les dégâts ?

– Il n'y en aura pas, rectifia–t–elle rapidement avant de se mettre à rire. S'il te plait, Severus, ce sera amusant, je te le promets.

– D'accord, soupira–t–il doucement.

Il allait devoir s'y plier de toute façon, alors autant ne pas tenter de reculer l'échéance.

– Et je te promets, poursuivit Minerva sans remarquer qu'il venait juste de lui donner son accord, que si tu me laisses faire cette fête, je te serai redevable le restant de ma vie et je peux aussi te trouver une compagne pour la soirée, je vais…

Elle s'arrêta et le regarda.

– Est–ce que tu viens de dire oui ?

– Oui, tu peux faire ta fête.

– Oh, mon dieu, je t'aime.

Elle tapa dans ses mains, incapable de retenir sa joie. Pendant un bref instant, Severus put s'imaginer l'enfant qu'elle avait dû être.

– Tu aimeras, je te le promets.

– J'en doute sérieusement mais tu t'amuseras et c'est ce qui compte.

Elle le fixa avec un sourire machiavélique.

– Je vais te caser avec une gentille fille.

Severus roula des yeux de façon dramatique, il aurait dû la voir venir là aussi. Toutes leurs conversations allaient dans ce sens. Il n'avait aucune idée de qui pouvait bien être cette fille mystérieuse avec qui Minerva voulait le caser ni pourquoi elle ne prenait pas elle–même ses rendez vous mais il n'avait aucune envie de la rencontrer. En huit années, il n'avait jamais dit oui et il n'allait pas commencer maintenant.

– Je n'ai pas besoin que tu me cases, dit–il doucement.

– Elle est très gentille, sourit Minerva. Tu l'apprécieras.

– Je ne suis pas intéressé.

– Severus !

Elle fit la moue.

– Minerva.

Il prononça son prénom en imitant parfaitement le ton qu'elle avait employé puis il s'enfonça dans son siège et croisa les bras sur son torse, sur la défensive.

– Je suis capable de trouver moi–même mes partenaires.

– Et depuis quand ? grogna–t–elle avec dérision. Depuis que je te connais, tu ne t'es même pas intéressé à une seule fille, je commence à penser que tu ne les aimes pas.

– J'aime les femmes, dit–il, indigné.

– Oh, vraiment ? Il y a une amie que je devrais connaître ?

Elle avait posé la question par pur sarcasme mais fut stupéfaite et horrifiée de voir son visage s'empourprer. Sa bouche s'ouvrit sous le choc.

– Oh, mon dieu, dit–elle lentement. Tu as rencontré quelqu'un.

– Je… commença–t–il en tentant de faire disparaître sa rougeur. Ne sois pas ridicule, je…

Toutes les conversations cessèrent dans la salle et il sembla à Snape que le monde s'était arrêté de tourner, juste un bref instant. Et sa bouche était restée ouverte, au milieu de sa phrase. Hermione venait d'entrer dans le restaurant en compagnie de Viktor Krum.

oOo

Hermione entra dans le restaurant avec Krum sur ses talons. Elle avait craint de ne pas être à la hauteur mais fut immédiatement rassurée. Lavande l'avait parfaitement coiffée, réussissant à lui faire des anglaises brillantes qui cascadaient le long de son dos. Elle avait aussi incrusté des perles dans ses cheveux et Hermione se sentait un peu comme une princesse. Son maquillage était lui aussi parfait mais elle ne se sentait pas vraiment elle–même ainsi parée et puis elle trouvait que ça faisait vraiment trop pour une sortie avec Viktor Krum. La seule chose qu'elle avait catégoriquement refusée avait été que Lavande lui prête une paire de chaussures. Elle estimait que pour marcher dans Pré–au–Lard, ses habituelles chaussures noires feraient l'affaire. Et alors qu'elle entrait dans le restaurant, elle fut heureuse que sa robe cache ses chaussures.

L'endroit était luxueux et élégant, sûrement le genre d'endroit que ses parents aimeraient. Tout le monde portait des robes de soirée, cela semblait être l'usage.

Krum fit un sourire charmeur à la jeune sorcière qui attendait pour leur montrer leur table. Hermione trouvait dommage qu'il ait perdu beaucoup de son ancienne froideur alors qu'elle le regardait flirter avec la sorcière qui rougissait et gloussait tout en le draguant outrageusement.

Elle aurait voulu dire :

– Regarde… Tu peux avoir qui tu veux, alors pourquoi moi ?

La sorcière leur fit signe de la suivre et ils entrèrent dans la salle à manger. Hermione se figea brusquement.

– Oh, mon dieu… Severus, articula–t–elle silencieusement.

Il n'était pas censé être là… Il n'aurait pas dû revenir avant le lendemain. Et il n'aurait pas dû être en train de la regarder méchamment tandis qu'une veine palpitait sur sa tempe comme si elle n'était qu'une 1ère année qui venait de faire fondre son dixième chaudron en seulement quelques semaines…

Une main se posa sur son dos et Krum la guida jusqu'à sa chaise. Elle savait de quoi tout cela avait l'air et c'était de ça justement qu'elle ne voulait pas que ça ait l'air… Elle aurait voulu traverser la salle et lui expliquer que ce n'était pas un rendez–vous, que c'était seulement un dîner entre amis. Mais au lieu de cela, elle s'assit et s'interrogea sur ce qui l'avait poussée à faire tout ça. Car si ce n'était pas un rendez–vous, alors qu'est–ce que c'était ? Elle portait une nouvelle robe, elle était maquillée et avait même pris la peine se faire coiffer. Ça ressemblait bel et bien à un rendez–vous. Excepté le fait qu'elle ne voulait pas être avec Viktor Krum et qu'en cet instant, elle aurait tout donné pour échanger sa place avec celle du professeur McGonagall.

D'ailleurs à ce propos, pourquoi était–il avec le professeur McGonagall ?

Elle sentit une veine sur sa propre tempe se mettre à palpiter.

oOo

– Alors, qui est–ce ?

– Qui est qui ? demanda Snape avant de vider son verre cul sec et de se resservir.

Il se demandait où pouvait bien être son dîner car la seule chose dont il avait envie était de quitter cet endroit aussi vite que possible… Sauf qu'il savait très bien qu'il n'irait nulle part aussi longtemps que Hermione serait assise à cette autre table…

– La fille que tu as rencontrée, quel est son nom ?

– Ce ne sont pas tes affaires.

Il vida encore une fois son verre et s'en resservit un autre. Lorsqu'il remarqua qu'il ne restait que peu de vin dans la bouteille, il fit signe au serveur de leur en apporter une nouvelle.

Minerva fut déconcertée par son brusque changement d'attitude, elle avait même du mal à le supporter lorsqu'il agissait ainsi.

– Quelque chose ne va pas ? demanda–t–elle prudemment.

– Non, répondit–il en lançant un regard noir vers Hermione.

Minerva suivit son regard.

– Tu ne l'approuves pas ?

– Je m'en fiche totalement.

Il termina le vin et fut interrompu par l'arrivée de son dîner. Il jeta un coup d'œil autour de lui afin de redemander au serveur d'apporter cette bouteille qu'il avait commandée. Il ne supportait pas ce service à la moldue, après tout, s'il avait envie de dîner comme un Moldu, il pouvait se rendre dans l'un des nombreux restaurants que comptait le pays.

Pourtant, il savait que son agacement soudain était parfaitement irrationnel. C'était ce qu'il voulait, ce qu'il espérait même… Bien sûr, Krum était professeur à Poudlard mais il avait le même âge que Hermione et serait un bien meilleur compagnon que lui. Elle méritait quelqu'un comme Krum, il était certainement bien plus aimable que lui et il devait être une personne joyeuse. Et puis la fascination qu'elle avait eue à son égard avait duré très peu de temps, il pouvait à présent retourner à la tranquille solitude de sa vie bien ordonnée.

Mais il n'en éprouvait aucune joie. Son estomac se tordait et une bouffée de colère remonta le long de sa gorge. Il était parti depuis moins de quatre jours et elle était déjà là, à flirter avec cet exilé d'Attrapeur bulgare !

– Et c'est sérieux avec cette fille ?

Il revint brutalement à la conversation.

– Non, dit–il. Nous n'avions rien en commun.

Avions ? Alors c'est terminé ?

Le regard de Severus se reposa sur Hermione. Terminé ? Mais ça n'avait jamais vraiment commencé !

– Je crois, oui, répondit–il d'un air absent.

– Pourquoi ? insista Minerva.

Hermione sirotait un verre de vin, son regard fixé sur Krum. Sans la quitter des yeux, il répondit :

– Je crois qu'elle aime quelqu'un d'autre.

Minerva fronça les sourcils et suivit à nouveau son regard – toujours fixé sur Hermione Granger. Elle cligna des paupières puis regarda encore de l'un à l'autre. La jeune fille se tortilla sur sa chaise, elle avait l'air nerveuse. Minerva la vit jeter un regard de côté vers Severus, croiser son regard, rougir pour enfin retourner à sa conversation avec son compagnon.

Severus eut l'air encore plus amer.

Minerva déglutit.

Mon Dieu…

C'était impossible… Severus et la jeune Granger. Elle ne pouvait imaginer Severus baissant sa garde, pas un seul instant, encore moins avec une fille qui avait vingt ans de moins que lui et qui était l'une de ses élèves par–dessus le marché. Il avait vu cette fille grandir et traverser la puberté…

Et Hermione Granger l'avait toujours irrité au plus haut point.

D'un autre côté, elle pouvait tout à fait comprendre la fascination de Hermione. C'était une fille intelligente, pleine de ressources et qui par dessus tout recherchait une relation d'égal à égal. Harry et Ron étaient intelligents bien sûr mais ils possédaient une autre forme d'intelligence. Ils n'avaient pas cette soif de connaissance qui animait Hermione et ne pouvaient pas la comprendre de ce point de vue–là. Il y avait aussi cette amitié que la jeune fille semblait avoir développée avec Draco Malfoy mais Minerva devait s'avouer que cela l'effrayait car si le jeune Malfoy était intelligent et avait soif de connaissances, il était aussi le fils de son père…

Minerva ne se faisait cependant aucune illusion, Severus n'était pas le parti idéal mais si Hermione avait réussi à creuser une brèche dans l'armure et voir ce qui se cachait derrière, eh bien, Minerva ne doutait pas qu'elle puisse tomber amoureuse de lui. La seule chose qui ne cadrait pas, c'était que la jeune Granger semblait romantique et Minerva ne pouvait pas imaginer Severus en romantique un jour…

Mais Severus avait–il pu s'oublier assez longtemps pour commencer une quelconque relation avec la jeune fille ? Elle en doutait. Peut–être avait–elle tort, peut–être avait–elle mal interprété les signes…

– Tu es sûr qu'elle aime quelqu'un d'autre ?

Minerva savait qu'elle devait y aller en douceur.

– Je veux dire… Elle te l'a dit ?

– Non, répondit–il sèchement en chipotant sa nourriture. Ça n'a pas d'importance, nous n'avions rien en commun. Ce n'étaient que quelques instants d'égarement.

– Je suis sûre que quelque chose s'est passé, rétorqua Minerva. Tu n'es pas du genre à te mettre dans tous tes états pour rien.

– Je ne suis pas dans tous mes états.

– Oh, que si, insista Minerva en souriant avec gentillesse.

Encore une fois elle rappela à Snape la mère qu'il n'avait jamais eue.

– Je pense que tu apprécies vraiment cette fille.

– C'est n'importe quoi, je la connais à peine.

Minerva roula des yeux, exaspérée, tandis que Snape fusillait du regard le serveur – encore un de ses étudiants, nota–t–il – qui venait de leur amener une bouteille de vin en s'excusant de les avoir fait attendre.

– Severus, dit finalement Minerva. Comment penses–tu que tous les couples du monde se forment ? Le fait est que très peu se connaissent réellement avant de se mettre ensemble. L'attirance sexuelle est souvent ce qui vient en premier.

– Très anti–romantique de ta part, Minerva, rétorqua Snape avec aigreur. J'aurais pensé que tu étais partisane du mariage spirituel.

– Dans un monde parfait, oui. Mais dans notre réalité, neuf couples sur dix se rencontrent, baisent et ensuite seulement apprennent à se connaître.

Snape avala de travers sa gorgée de vin et toussa dans sa serviette de table. Il n'arrivait pas à savoir ce qui le choquait le plus : que Minerva exprime une telle opinion ou bien qu'elle utilise le mot baiser.

– En vérité, l'attirance joue un rôle très important dans les relations. Le désir doit être présent sinon ça ne marche pas.

– Merci, Minerva, je garde ça en mémoire.

– Oh, pour l'amour du ciel, Severus !

Il lança un nouveau regard noir à Hermione, qui bougea inconfortablement sur sa chaise comme si elle sentait qu'on l'observait.

Bien, pensa–t–il amèrement. Laissons la mijoter, cette petite traînée.

– Je vais aux toilettes, annonça Minerva.

– Charmant. Je ne t'accompagne pas…

oOo

– Excuse–moi, Herrr–mion–neuu, je dois aller aux toilettes.

Oh, merci, mon Dieu…

Hermione lui sourit alors qu'il quittait la table. Krum buvait beaucoup trop… Ils n'étaient là que depuis une demi heure et il était déjà éméché. Il ne parlait que de Quidditch, un sujet qu'elle préférait survoler et qui, dans une conversation, lui donnait envie de dormir. Et elle n'en avait rien à faire de la façon complexe dont Roderick Plumpton avait attrapé le vif d'or en seulement trois secondes et demie en 1921. Il avait attrapé cette maudite chose en trois secondes et demie, où était la partie complexe là dedans ? Comment trois secondes et demie pouvaient elles monopoliser une conversation entière ?

Lorsqu'il fut hors de vue, elle remarqua que le professeur McGonagall avait laissé Severus seul. Elle se leva et traversa rapidement la salle afin de parler à celui qui n'avait pas cessé de l'assassiner du regard depuis qu'elle était arrivée.

– Severus ?

Il eut un sourire plein de mépris.

– Oui, Miss Granger ? demanda–t–il d'un ton doucereux.

– Je… Je voudrais vous expliquer, commença–t–elle en se mordillant la lèvre.

C'était une habitude qu'elle devait absolument perdre parce qu'à chaque fois ce geste attirait le regard de Severus sur sa bouche et qu'elle savait que cela l'irritait.

– Ce truc… avec Viktor… Heu… Nous sommes juste amis, ce n'est pas un rendez–vous, ni rien.

– Miss Granger, les personnes que vous choisissez de voir ou de ne pas voir ne concernent que vous, n'est–ce pas ? Ce qui me regarde, par contre, c'est votre penchant pour vos professeurs… Je croyais pourtant vous avoir démontré qu'ils étaient des partenaires assez inappropriés, compte tenu de votre situation dans cette école. Je détesterais voir Mr Krum perdre son emploi à cause d'un dîner entre amis.

Hermione le regardait, bouche ouverte.

– Mais… Vous ne comprenez pas… Severus…

– Et je me permets de vous rappeler de vous adresser à moi en m'appelant Professeur Snape ou Monsieur tant que vous ferez partie des élèves de Poudlard, Miss Granger. Est–ce clair ?

Elle tremblait mais se redressa avec défiance.

– Oui, Professeur, parfaitement clair.

– Bien. À présent si cela ne vous dérange pas, j'essaie de finir de dîner.

Elle tourna les talons et regagna sa table, juste à temps pour voir Viktor revenir et repartir sur le sujet des Beautés de la Bulgarie, un discours qu'elle connaissait déjà.

oOo

La sale petite traînée. Elle profitait de l'absence d'un homme pour aller en tourmenter un autre. Krum avait l'air saoul et vraiment confus. Seulement des amis, bien sûr. Plus tard, le soir même lorsque Krum serait en elle, qu'il la prendrait, la ferait sienne, elle ne dirait plus cela.

À la seule pensée que quelqu'un d'autre la touche, son estomac se contracta. Il se sentit mal. Il regarda de son côté, son dîner était servi et elle chipotait encore plus que lui.

– Bonsoir, Severus. Minerva m'avait dit que tu serais ici.

Génial, juste ce dont il avait besoin ! Que Dumbledore arrive, regarde dans sa tête et lui botte le cul… Il lui lança un regard noir avant de fermer son esprit, une chose qui alluma une lueur malicieuse dans le regard du vieil homme.

– De bonne humeur, à ce que je vois… Est–ce que Minerva est encore en train d'essayer de te caser avec une gentille fille ?

– Non, absolument pas, répondit Minerva en s'asseyant avant de se servir un nouveau verre de vin. Il s'est mis de mauvaise humeur tout seul, je n'ai rien à voir là dedans.

Severus ne voulait pas ramener la précédente conversation sur le tapis, et Minerva, qui n'était pas complètement folle, se tut. Au lieu de cela, elle se mit à réprimander Dumbledore pour ne pas avoir permis à Potter de jouer au Quidditch cette année car l'équipe de Gryffondor se trouvait en sérieuse difficulté sur le terrain.

Snape, lui, continuait à vider la bouteille de vin en se forçant à manger un peu. Il savait que le canard aurait dû avoir un goût exquis dans sa bouche mais à cet instant, rien n'aurait pu avoir bon goût dans sa bouche, sauf peut–être la langue de Hermione Granger mais vu la façon dont Krum venait de mettre sa main sur la sienne, cela n'arriverait plus…

Okay, Snivellus, intervint sa conscience, nous sommes amis depuis longtemps, mais nous allons devoir nous séparer si tu continues comme ça… C'est exactement ce que tu espérais, alors tu devrais être soulagé.

Il ne peut pas l'avoir, elle est à moi.

Abandonne.

Et Snape put presque voir sa conscience faire ses valises et s'en aller.

oOo

Hermione retira sa main de la poigne de Viktor tout en plaquant un sourire faussement enjoué sur son visage. Viktor était rapidement en train de passer de l'état d'éméché à celui de complètement saoul… Et sous la table, son pied caressait son mollet – qu'il trouvait toujours, peu importait l'endroit où elle plaçait ses jambes. En cet instant, elle aurait donné un million de Gallions pour être déjà de retour à Poudlard, vers un Ron qui lui crierait dessus.

Snape la regardait encore. Professeur Snape. À la vérité, elle avait espéré qu'il serait un peu jaloux mais il semblait avoir ramené sa méchanceté avec lui de son voyage à Londres. Il avait visiblement combattu l'attirance qu'il ressentait pour elle… Mais elle était contente au moins de ne pas avoir l'air de pleurer sa perte. Cependant, elle préfèrerait avaler un verre de Poussos plutôt que d'envisager faire quoi que ce soit de sexuel avec Viktor Krum.

– Est–ce que je t'ai déjà dit à quel point tu es belle ce soir ?

Hermione grimaça. Viktor avait une haleine qui empestait le vin aigre et son regard sur elle était on ne peut plus lubrique. Elle se recula, sourit et le remercia pour le compliment, Snape ne lui avait jamais dit cela.

Si, en vérité il l'avait fait… Cette fameuse nuit, dans la réserve d'ingrédients. Il lui avait dit qu'elle était belle alors qu'il était tenu de dire la vérité. Elle lui jeta un regard rêveur. Pourquoi ne pouvait–il pas se comporter autrement ? Comme quelqu'un qui voudrait d'elle… Pourquoi cela n'avait–il pas été Krum ?

Elle observa Viktor et soudain tout lui parut clair. Elle l'avait beaucoup aimé lorsqu'elle était plus jeune, elle le trouvait séduisant. Mais maintenant qu'elle y regardait de plus près, elle pouvait discerner la similarité de leurs traits. Cheveux noirs, gros nez, yeux noirs et visage effrayant. Viktor n'avait été qu'un substitut, une pâle copie de celui qu'elle avait toujours voulu…

Cette soudaine réalisation ne la rendit pas plus heureuse.

Elle se mit à manger à toute vitesse, décidant qu'elle avait vraiment besoin de sortir de ce restaurant et de rentrer au château. Elle espérait seulement qu'il ne lui serait pas trop difficile de se débarrasser de Viktor.

oOo

– Alors, Severus et moi irons au Marais pour Noël afin de tout préparer pour le nouvel an. Tu pourras venir aussitôt que la fête sera terminée.

– Et tu comptes m'abandonner en me privant de toute compagnie adulte pour le dîner de Noël ?

Minerva eut l'air désemparé malgré l'étincelle qui pétillait dans le regard de Dumbledore.

– Ce n'est pas comme si nous n'allions pas du tout nous voir, tu pourras venir tout de suite après le dîner.

Snape soupira en écoutant Minerva décrire la façon dont elle allait transformer sa maison en lieu de réception pour sorciers. Ça faisait longtemps que personne n'avait fait de pareille fête et elle avait visiblement compté sur son accord afin d'organiser la sienne, elle avait d'ailleurs déjà tout prévu. Elle avait même préparé les invitations, ne restait qu'à les envoyer, ce qu'elle prévoyait de faire dès le lendemain. La seule condition qu'elle avait imposée avait été qu'aucun étudiant ne devait être invité. Car d'après ses dires, elle ne se souvenait pas d'une seule fête n'incluant pas Poudlard et sa population…

Ça convenait très bien à Snape, il n'avait pas vraiment envie que ses étudiants voient sa maison. De plus, la seule étudiante qu'il aurait eu envie d'inviter, à part Draco, était actuellement en train de flirter outrageusement avec le type qui apprenait aux enfants comment piloter un balai…

Autant pour sa merveilleuse intelligence…

oOo

– Et si nous sorrrtions d'ici ? suggéra Viktor avec un regard concupiscent.

Hermione fut ravie qu'il le propose, même si elle savait ce qu'il voulait dire…

– Bonne idée ! répondit–elle avec un rire nerveux.

Elle pensait tout de même arriver à le semer lorsqu'ils seraient arrivés au château.

Ou bien elle pouvait commencer tout de suite…

Et tandis que Krum payait la note, elle se glissa dehors et commença à marcher aussi vite qu'elle le pouvait vers Poudlard.

oOo

Snape vit Krum aller payer sa note tandis que Hermione sortait.

Tiens, elle n'attend pas l'ancienne gloire déchue… Intéressant…

Il se sentit plus consterné que désespéré et une minuscule lueur d'espoir fondit sur lui telle une vague sur une plage.

– Je dois m'en aller, dit–il soudainement en se levant, coupant Minerva au beau milieu d'une phrase.

Il jeta quelques Gallions sur la table et sortit de la salle.

Dumbledore afficha un air perplexe. Minerva haussa les épaules et lui expliqua que personne ne pouvait savoir comment allait réagir Severus, il n'était plus vraiment lui–même dernièrement…

– Oh, regarde ! fit Dumbledore une fois l'instant de stupeur passé. C'est Viktor, il est sans doute venu dîner.

Minerva regarda autour d'elle et remarqua tout de suite l'absence de Hermione. Un sourire gagna son visage.

– Oui, Albus. Tu devrais l'appeler, il nous dirait comment s'est passée sa première semaine.

oOo

C'était ridicule.

Snape était sur le point de se rendre complètement ridicule, en plus, il courait – chose qu'il ne faisait jamais, à moins d'une extrême urgence… Toujours était–il qu'elle avait une bonne avance sur lui et que là, il devait bien courir pour la rattraper.

– Hermione !

Elle se retourna et le regarda avec des yeux ronds. Son cœur fit une embardée.

– Professeur ! fit–elle d'une voix aiguë. Je…

Il l'attrapa par la taille, ce qui lui fit perdre son équilibre. Afin de se redresser, elle saisit un pan de sa robe et l'entraîna sans le vouloir hors du chemin, dans la forêt. Elle tituba et tomba en arrière, le faisant tomber avec elle. Il jura et tâcha d'amortir sa chute. Il réussit à protéger sa tête d'un choc violent contre le sol dur mais il ne put leur éviter à tous deux un atterrissage sans douceur au milieu des arbres. Ils se retrouvèrent étendus, lui au dessus d'elle.

Hermione eut instantanément conscience que son corps était pressé contre le sien. Sa robe s'était enroulée autour d'elle dans sa chute et révélait à présent ses jambes et sa culotte. Instinctivement, elle écarta ses cuisses pour lui permettre de s'installer entre elles tout en luttant afin de conserver ce qui lui restait de contrôle sur elle–même.

– Severus…

– Chuuut… murmura–t–il.

Sa bouche humide et brûlante se posa dans son cou tandis qu'il humait son parfum.

Oh, Seigneur, comme elle lui avait manqué.

Ses doigts longèrent l'élastique de sa culotte puis descendirent entre ses cuisses avant de descendre encore caresser la peau si délicieusement révélée.

Elle gémissait, haletait, poussait de petits cris… Elle était même étonnée de constater avec quelle rapidité il arrivait à lui faire émettre de tels sons…

Lui ne disait rien, mais son esprit criait : « Elle est à moi, elle est à moi, elle est à moi », encore et encore, lui ôtant toute raison. Elle devait savoir qu'elle était à lui, rien qu'à lui. Personne d'autre ne la toucherait, ne se l'approprierait. Ses mains caressèrent la courbe douce de ses hanches, faisant remonter sa robe plus haut, exposant sa taille svelte.

Puis ses mains trouvèrent ses seins. Ses paumes effleurèrent légèrement les deux globes de chair alors que ses doigts tremblants s'employaient à défaire les boutons de la robe. Hermione se décida à l'aider, tirant sur son col. Elle fut soulagée de sentir céder les boutons et ne pensa même pas qu'elle venait juste d'acheter cette maudite robe. Severus tira doucement sur son soutien gorge qui, grâce à plus de chance que d'adresse de sa part, s'ouvrit sous ses doigts et ses seins, plus pleins qu'ils ne l'avaient jamais été, apparurent, quémandant son attention.

Oh, mon dieu… Ils étaient parfaits.

Tout en la couvant d'un regard plein de désir et de la jalousie, il suça son index et toucha l'une des pointes qui se tendaient vers lui. Hermione sentit son souffle se figer et cria presque mais le son de son cri resta dans sa gorge tandis qu'elle s'affaiblissait sous le baiser que Severus lui donnait, sa bouche était humide et brûlante sur la sienne. Leurs langues se trouvèrent et se caressèrent intimement pendant que les mains de Severus caressaient ses seins et jouaient avec ses tétons sensibles. Elle sentait son érection contre son aine, elle la brûlait, même au travers du tissu rêche de sa robe de professeur.

Elle le voulait, elle voulait le voir… Elle voulait le dévêtir et voir enfin ce qui était durement pressé contre son corps et qui était pourtant toujours caché, ça l'exaspérait. Elle mourait d'envie de lui ôter cette robe, peu importait l'endroit où ils se trouvaient et le risque qu'ils couraient de se faire attraper… Plus rien n'avait d'importance à présent, seul comptait le désir qui l'avait envahie et cette chaleur qui se diffusait entre ses cuisses, là où les doigts de Severus étaient revenus. Ils longèrent sa culotte, mais cette fois, ils passèrent la barrière de l'élastique pour aller fouiller les replis de son intimité et s'introduisirent à l'intérieur, dans sa moiteur.

Ses doigts étaient comme des êtres intelligents animés d'une vie propre, ils savaient où caresser, où insister, ils savaient exactement ce qu'elle voulait et ce qu'elle aimait. Son pouce caressait paresseusement son clitoris et un, puis deux doigts plongèrent en elle et se mirent à faire des allers retours qui la firent hoqueter dans la bouche de Severus. Elle était en train de fondre, la douleur en elle grandissait encore et encore, cet homme lui dérobait toute sa raison et lui donnait envie de rester pour toujours dans cette forêt humide et froide.

Elle désirait tellement le toucher. Elle ne l'avait jamais fait encore… Elle écarta la robe de Severus et glissa ses mains à l'intérieur. Ses mains entrèrent en contact avec sa peau chaude et ses muscles fermes, mais elle ne pouvait toujours pas le voir et elle devrait se contenter de ce contact pour le moment. Ce contact si incroyablement chaud… Leurs chaleurs s'accordaient. Elle avait besoin de lui, de l'avoir en elle… Il suffirait simplement de relever se robe et de déboutonner son pantalon, mais quiconque passerait près d'eux verrait ses pieds en l'air ornés de ces chaussures d'écolière et saurait alors ce qu'ils faisaient. Et il fallait avant tout prévoir ce genre de chose !

Le délicieux poids de Severus sur elle, le goût de sa langue et le délicat mouvement de ses doigts en elle achevèrent de lui faire perdre la raison. Son corps trembla et ses hanches se soulevèrent tandis qu'elle sentait l'extase l'envahir. Elle geignit contre ses lèvres et s'agrippa à son corps jusqu'à ce que seul le plaisir lui fasse lâcher prise.

Snape cessa de l'embrasser et posa sa tête sur l'épaule de la jeune fille jusqu'à ce que sa respiration se calme. Son propre souffle était irrégulier alors qu'il balayait les cheveux de Hermione, à présent décoiffés par leur position au sol. Il se redressa et commença à ôter sa robe, il avait l'intention après ça de lui retirer son sous vêtement et de la prendre sur le champ.

Elle sourit et tendit la main pour lui caresser la joue. Elle le voulait, et elle voulait qu'il le sache.

– Je te veux en moi, murmura–t–elle.

Il n'avait pas besoin de beaucoup plus… Ses doigts étaient à l'intérieur de son slip, il préférait le déchirer plutôt que de la faire changer de position.

Mais une voix forte et familière le coupa dans son élan.

– Severus ? Severus, tu es là ? Je te l'ai dit, Albus, il n'est pas venu par ici.

– Pourtant, je suis sûr de l'avoir vu partir en direction de la forêt, répondit Dumbledore.

Snape eut une soudaine envie de pleurer et les larmes lui montèrent réellement aux yeux tandis qu'il jurait silencieusement. Ce n'était vraiment pas juste. S'il ne la possédait pas sous peu, il allait exploser. Hermione le dévisagea et il fut tout de même content de voir qu'elle avait l'air aussi frustré que lui. Ils restèrent étendus, immobiles quelques instants, espérant que les intrus s'en iraient ou passeraient sans les voir mais un bruit de pas se rapprocha d'eux et les força à bouger. Il lui remit son soutien gorge et rajusta le haut de sa robe. Il l'aida à se relever et la regarda dans les yeux. Elle vit briller dans son regard sombre une lueur possessive qui l'effraya et la fit frissonner.

Il caressa doucement sa lèvre inférieure de son doigt et un sourire de satisfaction étira ses lèvres. Il l'avait séduite de son propre chef, délibérément, il se l'était appropriée. Il l'avait marquée comme sienne. S'il avait été un chien, il aurait uriné tout autour d'elle afin de marquer son territoire.

Il fronça les sourcils en entendant la voix de Minerva l'appeler une nouvelle fois. Il embrassa Hermione rapidement et s'éloigna en enfonçant ses mains dans ses poches.

Un instant après, Hermione entendit le professeur McGonagall.

– Ah ! Tu es là ! Mais qu'est–ce que tu faisais, caché dans la forêt ?

– L'appel de la nature.

McGonagall rit.

– Oh, Severus… Pisser dans les bois…

Hermione fixa un long moment l'endroit vers lequel ils étaient partis, les yeux remplis de larmes. Elle se sentit soudain très seule. Il l'avait laissée là, seule dans cette forêt glaciale. Elle se força à marcher et regagna le chemin, la gorge serrée par les larmes de rage et de frustration.

Soudain, deux mains s'accrochèrent à ses hanches et un corps indéniablement masculin se colla à son dos. Elle sentit contre ses fesses frotter un sexe presque dur. Elle se retourna, persuadée qu'il était revenu, prête à tout lui pardonner. Mais l'odeur du vin tourné et l'épaisseur de l'haleine de celui qui lui faisait face la firent reculer. Elle regarda Krum, horrifiée.

– Eh, ce n'est que moi, dit–il d'une voix pâteuse en raffermissant sa prise autour de sa taille.

Il la ramena vers lui et frotta son corps contre le sien.

– Je… Je suis désolée, répondit–elle avec un petit rire nerveux en tentant de lui échapper.

Mais il la tenait si bien qu'il lui était impossible de lui échapper à moins de lui casser les doigts.

– Mais tu m'as fait peur.

– Désolé, chérrrie, c'était pas ce que je voulais fairrre.

Il approcha son visage du sien, elle put distinguer dans ses yeux une lueur de désir.

– Je me demandais où tu avais disparrru.

Hermione commença à paniquer… Elle voulait à tout prix qu'il la lâche. Elle se demanda brièvement si quelqu'un l'entendrait si elle criait.

– Viktor…

Elle prit une grande inspiration et le repoussa aussi fort qu'elle put. Ses mains remontèrent sur son corps et palpèrent ses seins.

– Tu aimes ça ? murmura–t–il, exhalant son souffle brûlant dans son oreille.

Il avait visiblement confondu son cri avec un cri de plaisir.

– Que dirrrais–tu d'un tourrr dans forrrêt, il y a beaucoup de coins trrranquilles et isolés.

Hermione fit la grimace, son estomac se révulsait à la simple pensée de rester seule avec lui. Mais elle se força à rester calme. Elle devait se contrôler. Elle attrapa les mains de Viktor et les éloigna fermement de ses seins.

– En fait, Viktor, je crois qu'il est temps de rentrer au château.

– Bonne idée, répondit–il d'un air enthousiaste. Mes quarrrtiers sont calmes et agrrréables.

Elle s'écarta pour éviter la main qui allait se poser sur ses fesses.

– En fait, je crois que je devrais rentrer dans mes quartiers, Viktor, j'ai la migraine et je crois que j'ai mes règles, mon ventre me lance affreusement.

Elle tourna les talons en le laissant planté là, tout désir enfui, elle grimpa la colline menant au château.

A suivre…

Voilà, merci d'avoir lu jusque-là. J'attends vos commentaires.

Bisous.

Falyla