LES LOUVES DU NORD

Hello mes p'tits chous ! Vous avez été assez réactifs au dernier chapitre ça fait plaisir ! (surtout de pas se faire lyncher pour être - encore - en retard). J'espère n'avoir traumatisé personne avec tous les coups de fouets.

Nymueh : ui bon certes le fouet c'est du vu et revu, mais bon ça reste un classique bien efficace. Et oui, ils ne l'ont pas touchée pour avoir une rançon plus élevée. Ils l'ont attrapée parce qu'elle dormait et avait relâché sa garde. C'est ça d'être une super guerrière, on pense qu'on est invincibles et on se fait avoir bêtement ! Ils l'ont trouvée plus ou moins par hasard (à moins que Saruman ait eu vent que Maëlia était dans le coin ?) et ils ne voulaient qu'une rançon, je ne les vois pas comme le peuple le plus évolué de Terre du Milieu hein, c'est un demi-cerveau pour tout un groupe et le reste ont des bras pour faire le boulot. Paris ouverts pour Maëlia en effet, parmi les mâles encore disponibles je compte Theodred, Eomer et Faramir. Comme tu dis, qui vivra (ou lira plutôt) verra. Merci pour les papillotes ;)

saya330 : haha merci beaucoup ! Theodred vivant ? Bonne question... je ne vais rien spoiler, désolée.

Lumatie : ah oui ça va être dur pour notre Maëlia, mais elle est tout de même très forte même mentalement, ne l'oublions pas. Et non, la communauté de l'Anneau n'est pas encore partie de Rivendell alors ils ne risquent pas de la sauver...

Sur ce, bonne lecture, et couvrez-vous parce qu'il fait froid.


Tome 2 : La communauté de l'Anneau

Chapitre 5 – Avancer

24 décembre 3018, camp de l'eored de Théodred en Rohan

-Pas assez rapide ! fit Maëlia pour la troisième fois. J'ai le temps de te tuer au moins trois fois ! Bon allez, va boire un peu d'eau, on fait une pause.

Le soldat qu'elle entraînait hocha la tête et s'éloigna pour aller boire. Maëlia avait son bouclier et son épée dans les mains, et essuya la sueur sur son front d'un revers de manche.

-Trop fatiguée pour un duel amical ? fit une voix derrière elle.

Elle sourit, et resserra sa prise autour de son arme.

-Je suis encore en état de donner une leçon à un gamin, si c'est ta question, le provoqua-t-elle en se retournant.

Théodred parut faussement blessé par sa remarque.

-J'ai treize ans de plus que toi jeune fille, reprit-il. Tu me dois le respect ! Allez, en garde.

-Jamais tant que tu continueras à te battre comme une petite vieille qui a de l'arthrose ! Et je t'attends, le vieux.

Les soldats se rassemblaient autour des deux opposants qui se tournaient autour comme deux lions dans une arène. Maëlia se plaça légèrement de trois quarts par rapport à lui et planta fermement ses pieds dans le sol. Son bouclier en bois peint la protégeait du cou jusqu'aux hanches, et son épée courte était pointée vers son ennemi. Il n'avait que son épée en main, pointe vers le bas.

-Allez grand-mère, je ne vais pas t'attendre toute la journée !

Théodred chargea avec un cri de guerre, courant droit vers elle. Elle soupira avec un sourire goguenard et se décala à la dernière seconde sur la gauche en pivotant vers lui, le frappant dans le dos avec son bouclier et l'envoyant dans la terre et la poussière avec son élan. Il se releva rapidement et se remit en garde, plus attentif. Il s'approcha lentement d'elle, concentré à l'extrême. Elle ne recula pas, au contraire elle attendit qu'il soit assez proche pour le faucher au niveau des chevilles, et rajouter un bon coup de bouclier pendant sa chute. Elle se pencha pour descendre sa lame sur son cou pour le mettre en échec, mais il roula plus loin et réussit à l'esquiver. Il se releva et commença à enchaîner des attaques frontales en espérant l'obliger à reculer sous la force de ses coups. Elle parait et réattaquait immédiatement avec la férocité qui caractérisait chacun de ses combats. Elle ne pensait pas à l'attaque au moment présent, dans sa tête elle était déjà trois ou quatre attaques dans le futur. Elle ne gardait jamais la même stratégie, ce qui en faisait quelqu'un de très imprévisible, et par conséquent de dangereux. Finalement après un échange assez long et impressionnant de virtuosité, Théodred fit voler la lame de Maëlia au loin.

Les hommes retinrent leurs souffles, ils n'avaient jamais vu la jeune femme perdre un seul combat, même lorsqu'ils étaient à huit contre elle ! Mais Maëlia ne cessait de sourire, étrangement. Théodred fit la fatale erreur de penser qu'il avait gagné. Il n'avait pas prévu de recevoir un boulet de canon contre lui, en la forme d'une grande blonde très déterminée de soixante-dix kilos de muscles, qui le tamponna sauvagement avec son bouclier alors qu'elle hurlait, le faisant trébucher en arrière et tomber vers le sol. Ses bras partirent sur les côtés et elle rattrapa habilement la lame de l'homme avant de la pointer sur sa gorge d'un geste rapide.

-Ce n'est toujours pas pour cette fois, mais tu progresses, gamin, dit-elle en l'aidant à se relever.

Il la considéra en souriant, et ils se serrèrent la main avec de grands sourires. Elle tenait le Prince Théodred en très haute estime, d'une part parce qu'il lui avait sauvé la vie, mais surtout parce que c'était un homme profondément bon et généreux, un grand guerrier, et un Prince qui agissait dans l'intérêt de son pays. Maëlia partit dans le camp pour voir où était Layaqhar, quand elle passa près d'un groupe d'hommes qui discutaient.

-Cela fait déjà quatre mois que nous sommes partis, soupirait l'un. Mon fils a un an aujourd'hui, et je ne suis même pas là pour fêter ça avec sa mère.

-Ne t'en fais pas, Connan, le réconforta un autre. Tu reverras bientôt Connor et Sannah. Le Prince nous fera bientôt rentrer, on ne peut pas rester loin d'Edoras pour trop longtemps. Et il a hâte de revoir sa cousine.

-Dame Éowyn, la plus belle femme du royaume, sourit le dernier. Je ferais n'importe quoi pour un de ses sourires. Elle est si belle…

-Il y a deux mois j'aurais été d'accord, mais depuis que la Grande Louve du Nord est arrivée, Dame Éowyn a été détrônée de son titre de reine de beauté, lâcha le deuxième. La Princesse Maëlia est plus belle qu'une Valar.

-Actuellement, fit Maëlia en s'asseyant avec eux, j'ai plus ou moins renoncé à mon titre de princesse. Alors Maëlia suffit, vous savez. Ou Dame Maëlia si vous tenez tant que ça à me donner un titre. Et merci pour le compliment.

Les soldats la fixaient, bouche bée, et un peu honteux qu'elle ait surpris leur conversation.

-Le jeune Connor reverra bientôt son père, j'en suis sûre, ajouta-t-elle avec un petit sourire. Et tu pourras lui souhaiter un joyeux anniversaire.

-C'est gentil, la remercia Connan. Tenez, buvons un verre à sa santé aujourd'hui ! Vous en voulez un, ma Dame ?

-Avec plaisir, sourit la blonde. Merci.

Ils trinquèrent à la santé du fils de Connan et se rassirent. Théodred passait par là et prit un instant pour observer ce qu'il se passait dans son camp.

-Au fait, on est quel jour ? demanda Maëlia.

-Le vingt-quatre décembre, répondit immédiatement Connan.

-Le vingt-quatre… Oh.

Le sourire de Maëlia se fana un peu, et elle s'excusa auprès des soldats avant de s'éloigner. Théodred la rattrapa devant sa tente et lui prit gentiment la main.

-Qu'est-ce qui a bien pu se passer un vingt-quatre décembre pour que la plus grande femme que je connaisse soit d'humeur si sombre ? dit-il directement.

-Demain c'est Noël, répondit-elle simplement en haussant les épaules. Ma mère et ma tante ont amené cette fête avec elles il y a longtemps à Erebor.

Elle lui expliqua qui était le Père Noël, et lui décrivit le grand bal qu'ils organisaient chaque année à cette occasion. Ce bal rassemblait tout le monde, des jeunes enfants, des orphelins, des plus vieux, des nobles et des gens du peuple. Tout le monde avait le droit de venir, et c'était la tradition que chaque enfant ait un cadeau. En général les parents ou les tuteurs s'en chargeaient, mais Anna et Marie s'occupaient de trouver des cadeaux pour tous les orphelins.

-C'est vraiment bien ! s'exclama Théodred. Quelle merveilleuse idée ! Nous devrions faire quelque chose de similaire en Rohan. Mais qu'est-ce qui vous chagrine ?

-Je n'ai jamais été vraiment à ma place dans les bals. Je sais un peu danser, mais j'ai toujours été plus à l'aise sur un champ de bataille. Les belles robes, les bijoux, les phrases de séduction, ce n'est pas pour moi. Mais au bal de Noël, tout est différent. Le but n'a jamais été d'impressionner qui que ce soit, la seule obligation était de passer une bonne soirée, de célébrer l'amitié et la famille, et d'être heureux. J'aime beaucoup cette fête. Ça me fait bizarre de manquer le seul bal que je tolérais.

-Alors sois heureuse, et célèbre l'amitié. C'est ça Noël, non ? sourit Théodred.

Elle hocha la tête mais resta seule dans sa tente ce soir-là. Le lendemain Théodred décida de garder le campement là, mais Maëlia décida de rester dans sa tente avec sa louve toute la journée.

-Oh, la blonde ! cria une voix à l'extérieur de la tente.

-Qu'est-ce que tu me veux, grand-mère ? répliqua-t-elle avec un demi-sourire.

-Enfile ça, on t'attend, dit-il en lui lançant un paquet avant de se poster devant la tente.

Elle fronça les sourcils et défit le paquet. Elle hoqueta de surprise face à ce qu'elle découvrit. Ils lui avaient trouvé une robe ! Mais pourquoi diable voulaient-ils la voir porter une robe ? Elle l'enfila néanmoins, et trouvait ça parfaitement ridicule avec ses bottes en cuir renforcé. Elle plaça son épée sur sa hanche comme d'habitude, passa sa cape et rajouta les fourrures sur ses épaules avant de sortir.

-Eh bien, Connan n'est pas si mauvais en couture, rit Théodred en la regardant. Je sais bien que c'est loin des robes que tu as pu porter chez toi, mais c'était notre meilleure option. Et honnêtement, tu es splendide dans cette robe.

-Merci, fit Maëlia en se grattant la nuque avec embarras. Maintenant, je peux savoir pourquoi je dois porter une robe en plein hiver dans un campement au milieu de nulle part ?

-Les hommes ont préparé une petite surprise, sourit l'homme en lui présentant son bras. Me feras-tu l'honneur ?

-C'est moi qui en suis honorée, répliqua Maëlia en riant.

Elle tint la robe d'une main pour ne pas se prendre les pieds dedans. C'était un habit très simple de lin blanc. Deux bretelles larges couvraient un peu les épaules, et le décolleté était très sage. Le tissu tombait un s'évasant, et une bande de lin avait été rajoutée en bas, comme si on avait fait la robe trop courte d'abord. Aucune décoration, aucun ajout qui marquerait la moindre noblesse ou richesse qu'elle était habituée à avoir. Elle aimait bien cette robe.

-Connan a dû découper sa tente ou ses couvertures pour arriver à me faire une robe, remarqua-t-elle. Il faudra veiller à ce que ce soit remplacé.

-Bien entendu, acquiesça Théodred. Ah, nous y voilà. Bienvenue au premier bal de Noël du Rohan.

Les soldats avaient assemblé des tréteaux et quelques plats simples y reposaient, ainsi que des gourdes d'eau et quelques gourdes de vin. Quelques feux brûlaient hauts et clairs, et les soldats qui en possédaient avaient sortis leurs instruments de musique. L'heure était à la fête et à l'allégresse, et les hommes riaient.

-C'est un de plus beaux bals de Noël auquel j'ai participé, sourit Maëlia, très touchée par l'attention.

-Et la fête ne fait que commencer ! répliqua Théodred. Soldats ! Ce soir nous fêtons notre invitée, la Princesse Maëlia d'Erebor. Levez tous vos verres en son honneur !

Les hommes exprimèrent leur joie et le rire clair de Maëlia résonna entre les tentes.

-Puis-je t'inviter à danser ? demanda le Prince.

-A part pour quelqu'un de ma famille, tu vas être la première personne à qui je réponds que ce sera avec un immense plaisir, répondit-elle en prenant la main qu'il lui tendait.

Le même jour (25/12/3018), cour de Rivendell

L'ambiance était sombre à Rivendell depuis quelques semaines. Alyandra et Ashana avaient pris un grand coup avec la lettre de leur oncle, et peinaient à maintenir une façade calme et sereine. Boromir marchait tous les jours dans les jardins avec sa promise, tentant très maladroitement de la distraire et de la courtiser. Legolas se contentait de l'embrasser sur le front quand il la croisait dans les couloirs, et de la tenir dans ses bras chaque nuit pour l'aider à traverser les cauchemars.

Aragorn passait beaucoup de temps à se battre en duel avec Ashana, parce qu'il savait que cela aidait énormément la jeune femme à ne pas sombrer dans la folie. Elle tentait d'être aussi forte que sa cousine l'était, mais ses murs à elle s'écroulaient bien plus facilement. Le Seigneur Elrond avait tenu une petite cérémonie privée pour les deux sœurs, ses jumeaux, Legolas et Aragorn. Les jeunes femmes avaient accepté seulement ceux qui avaient réellement connu leur cousine, et pouvaient se targuer d'avoir eu son amitié.

Mais aujourd'hui les jeunes femmes avaient repoussé leur immense chagrin et avaient posé leurs sacoches sur le dos de leurs louves. Elles avaient vérifié que leurs armes étaient toutes bien aiguisées, et qu'il leur restait une grande quantité de flèches. Elles avaient enfilé leurs armures à nouveau, vérifié que leurs colliers étaient toujours accrochés autour de leurs cous, et avaient enfilé leurs capes avant de rejoindre les autres dans la cour au coucher du soleil. Gandalf donna le signal du départ, et dans le crépuscule, la compagnie se mit en marche.

5 janvier 3019, Gouffre de Helm

-Théodred, nous ne sommes pas assez nombreux ! Envoie un messager chercher plus d'hommes ! Envoie-moi, je serai plus rapide sur Layaqhar que n'importe lequel de tes cavaliers. Mais ne fais pas ça avec seulement cette petite troupe. Nous ne sommes même pas mille !

La troupe de cinquante qui l'avait sauvée n'était qu'une fraction de l'eored du Prince, et ils avaient rejoints le reste de la petite armée le lendemain de leur rencontre. Ils étaient depuis peu au Gouffre de Helm, le quartier général du Prince. Hier, un petit groupe d'éclaireurs leur avait rapporté que des orcs se déversaient de l'Isengard, et qu'ils se mouvaient à l'ouest de l'Isen. Théodred avait immédiatement commencé à planifier une attaque. Il voulait faire une frappe éclair au niveau des Gués de l'Isen, et stopper les orcs avant qu'ils ne se déversent en Rohan.

-Nous sommes assez nombreux, mais pas assez équipés, répliqua Théodred. Nous partirons dans un mois, quand tous les hommes et les chevaux seront prêts.

Maëlia leva les yeux au ciel.

-C'est de la folie ! s'exclama-t-elle en frappant la table de son poing. Je n'ai aucun pouvoir sur tes hommes et ne prétends certainement pas en avoir un. Mais dis-moi si je me trompe quand je suis convaincue que nous partageons une amitié forte.

Il secoua la tête pour toute réponse.

-Bien, alors écouteras-tu mes conseils ? Nous nous battons pour la même cause. Nous avons tous les deux une grande expérience militaire. Et c'est bien pour toutes ces raisons que je te supplie de m'envoyer moi ou n'importe lequel de tes hommes chercher des renforts.

-Non, je tiens à laisser des hommes capables dans le pays dans le pire des cas. L'eored est suffisante pour mener une attaque, ces orcs ne sont pas si nombreux, et ils ne nous attendront pas. Mes hommes connaissent bien le terrain, ses points forts et ses pièges. Nous allons nous débarrasser de cette vermine et ensuite, nous irons à Edoras.

Maëlia soupira. S'il y avait bien une chose pour laquelle Théodred rivalisait avec elle, c'était l'entêtement. Elle s'excusa et sortit de la salle à grands pas furieux. Elle siffla fort une note très aigue, et un cri de loup lui répondit. Layaqhar arriva bientôt devant elle.

-J'ai besoin d'air ma belle. Emmène-moi s'il-te-plaît.

La louve noire releva la tête et lâcha un impressionnant cri, avant de partir aussi vite que le vent vers les portes de la Citadelle. Elle resta dehors pendant des heures, parcourant les plaines sur le dos de sa meilleure amie, et ne revint aux portes qu'à l'aube, alors que les premiers rayons de soleil illuminaient la crête à l'est. Les soldats la laissèrent passer sans encombre ni questions, et elle alla dans la petite chambre que Théodred avait faite préparer pour elle et sa louve. Elle retira son armure et ses armes, et se laissa tomber en tunique et pantalon sur son lit, ne gardant que de petites dagues sur elle, et un poignard sous son oreiller. Ainsi qu'un entre le matelas et le sommier, un autre coincé entre un pied de la petite table et le mur, et enfin un dissimulé sous les pattes de Layaqhar.

Lorsqu'elle se réveilla un peu avant l'heure du déjeuner, elle s'assit à la petite table et rédigea une missive.

« Père, Mère, Oncle Fili, Tante Anna et Kaelan,

Je suis désolée de ne pas avoir écrit avant, mais je n'avais aucun moyen de vous faire parvenir un message. Je ne vais pas m'excuser d'être partie avec Layaqhar sans autorisation royale ou familiale, mais je ne pense pas que cela vous ait tant surpris de ma part. J'ai voyagé vers le sud, et ai été capturée par des pillards comme vous le savez peut-être. J'ai été libérée par le Prince Théodred du Rohan et ses hommes, et j'ai rejoint leurs rangs pour le moment. Nous sommes rentrés au Gouffre de Helm il y a peine quelques jours, et partons bientôt en expédition. Je ne vais pas vous donner la date estimée de mon retour puisque je n'en ai aucune idée. Layaqhar est avec moi, et nous allons toutes les deux très bien. J'espère qu'il en est de même pour vous et mes cousines, si vous avez de leurs nouvelles.

Avec mes salutations respectueuses et mon affection.

P.S. : Kaelan, je te fais confiance pour prendre soin de nos parents ainsi que de Fili et Anna. Arrête de donner autant à manger à Hawkeye ou il deviendra obèse. Et travaille ton lancer de poignards. Rappelle-toi, on vise les deux yeux ouverts, on voit deux fois mieux. Je t'aime petit frère, de tout mon cœur.

Maëlia. »

Elle la scella avec un peu de cire et partit dans la salle à manger où déjeunait habituellement Théodred. Il était déjà à table quand elle arriva, mais les plats n'étaient pas encore servis. Elle fronça les sourcils quand elle vit que les quelques hommes qui mangeaient habituellement avec eux n'étaient pas là aujourd'hui. Elle alla néanmoins s'asseoir à la gauche du Prince comme à son habitude et lui tendit la lettre. Il haussa un sourcil curieux, mais la prit.

-Pourrais-tu la faire envoyer à Erebor ?

-Elle partira immédiatement après le repas, répondit-il simplement.

Un serviteur entra à ce moment précis et déposa le plat fumant devant eux avant de s'éclipser. Ils commencèrent le repas dans un silence pesant, mais Maëlia était déterminée à ne pas le briser, et elle savait qu'il craquerait le premier.

-Bon, où étais-tu ? finit-il par dire.

Gagné.

-Partie prendre l'air.

-Maëlia…

-Je suis partie avec Layaqhar dans les plaines de l'Ouestfold, c'est tout.

-C'est tout ? répéta-t-il. C'est tout ?! J'étais mort d'inquiétude ! J'ai failli envoyer une patrouille te chercher ce matin, mais j'ai appris par une sentinelle que tu étais déjà rentrée. Tu ne peux pas partir comme ça quand ça te chante, regarde où ça t'a menée la dernière fois !

Le poing de Maëlia se resserra instantanément autour de son couteau et tout son corps se raidit alors que ses yeux se voilaient et prenaient la couleur de l'orage.

-Je n'ai plus faim, cracha-t-elle en se levant brusquement.

Théodred lui agrippa le bras et la retint avec force.

-Tant que tu es ici, tu es sous ma responsabilité, et je ne peux pas te laisser vagabonder ainsi, c'est bien trop dangereux.

-Je ne suis que sous ma propre responsabilité, répliqua-t-elle durement. Je fais seulement un bout de ma route avec toi et tes hommes.

-Tu vas partir ? demanda-t-il d'une voix blanche.

-Je ne sais pas. Mais je refuse d'être sous tes ordres, ce point était très clair dès le début. Pourquoi tu t'inquiètes autant pour moi ? Tu m'as déjà envoyée en mission de repérage, une fois pendant quatre jours, seule. Ce n'est pas si différent.

-Tu n'en as donc aucune idée ? dit-il doucement.

Maëlia haussa un sourcil, le pressant pour plus d'informations. Mais Théodred restait silencieux à la regarder dans les yeux. Elle finit par soupirer et libéra sèchement son bras avant de sortir de la salle la tête haute.


Voilà voilà... dites-moi ce que vous en avez pensé par review, n'hésitez pas à poser des questions si le coeur vous en dit, et portez-vous bien, bisous !