Là, maintenant, tout de suite, je dois vraiment ressembler à un Ron qui n'a rien compris au film, bouche ouverte et les yeux aussi grands que des soucoupes. Le film, je vous l'explique. Hier, Remus nous a appris, aux Weasley et à moi, que notre amie 'Mione était décédée. Même si je suis dans la confidence de ce simulacre de mort, je n'ai pu m'empêcher de pleurer la disparition de ma meilleure amie telle que je la connaissais. Et aujourd'hui, la deuxième identité d'Hermione, enfin la vraie identité d'Hermione, Rogue au féminin avec z'yeux glacials, robe noire et voix sans émotion, débarque chez mon oncle pour me demander de l'aide, pour récupérer Sirius, enfin ces mots exacts sont…'A accueillir Sirius quand il va revenir de derrière le voile'. Et donc maintenant, tout de suite, j'ai la bouche grande ouverte et j'essaye de comprendre la situation et surtout de savoir comment je dois réagir.
-Harry, est-ce que ça va ?
Un frisson glacial me parcourt le dos. En écho de la voix de Jade, j'entends celle de mon professeur honni qui me dit « Potter, vous sentez-vous bien ? ». Bon sang, c'est la marque de fabrique des Rogue, une voix aussi peu expressive. Comment Hermione, heu, Jade veut que je la considère encore comme mon amie alors qu'elle ressemble tellement au Bâtard Graisseux.
Bon, je fais quoi maintenant. Je crois que fermer ma bouche sera une bonne chose. Voilà c'est fait. Ensuite, j'explose de rire, de colère ou je reste calme et je demande des explications. La troisième solution ne me semble pas trop mal, j'aurai toujours l'occasion de hurler pendant les explications. Je m'assoie sur mon lit, le dos calé contre mon oreiller, mes jambes étendues devant moi, ma baguette à porté de main. Je fais signe au glaçon féminin, heu, à Jade de s'asseoir sur ma chaise de bureau. Mais celle-ci préfère rester debout.
-Explique, dis-je d'une voix un peu dure.
Le léger sourire de Jade disparaît de son visage rendant celui-ci glaciale. Je crois que j'ai été un peu dur là. C'est quand même mon amie et puis ce n'est pas de sa faute à elle tout ce qu'il lui arrive.
-Je suis désolé Herm… Jade, mais pour moi ce n'est pas facile. Quand je te vois et je t'entends, j'ai l'impression de voir Rogue et je le hais tellement que je reporte un peu ce sentiment sur toi.
-Ce n'est pas grave, Harry me dit-elle en souriant.
Cette remarque me fait sourire, là j'ai l'impression de retrouver mon Hermione.
-Explique-moi, s'il te plait, repris-je d'un ton plus doux.
Jade me parle de la vallée des méditations dont l'arcade du département des mystères est l'entrée, de la raison de sa présence là-bas qui me fait pâlir et monter une certaine colère en moi. Elle me dit qu'on peut retrouver mon parrain et deux minutes plus tard, elle me dit que le passage vers leur ch'est plus quoi est mortel pour les sorciers or Sirius est sorcier. Je m'apprête à lui faire cette remarque quand elle me cloue le bec par cette remarque.
-Oh! Laisse ton côté emporté de Gryffondien un instant et laisse moi finir.
-Mais tu viens de dire…
-Je sais ce que je viens te dire, que l'arcade est mortelle à un sorcier mais qui te dit que Sirius est un vrai sorcier. Je veux juste te donner toutes les informations telles que je les ai reçues.
Elle s'arrête un instant sans doute pour réfléchir à ses paroles.
-Oh, Merlin! Je crois que mon côté serpentard prend le dessus. Je viens d'agir par pur sadisme en te parlant que logiquement un sorcier meurt en passant à travers le voile. Je suis désolé Harry.
-T'es pardonné. Ce n'est pas de ta faute, on ne peut pas combattre ses gènes et les tiens viennent de l'être le plus sadique que je connaisse, dis-je dans un sourire narquois.
-Eh, je ne te permets pas d'insulter mon père, dit-elle en sautant sur mon lit et en commençant à me chatouiller.
Je réussis à la faire basculer sous moi quelques instants plus tard et j'entreprends de lui rendre l'appareil.
-Arr…êtes…Harry…piité…
-Avoue que ton père est un sadique et peut-être que j'arrêterais.
-Ja…mais.
-Tu en es sure, dis-je en trouvant le point le plus sensible de mon amie.
-Aaaahhh ! O…K…tu…as…rai…son.
-Dis-le.
-Mon…père…est…un …sadi…que.
-Voilà qui est mieux, dis-je en arrêtant les chatouilles.
-Et toi, tu es un tortionnaire.
A cette remarque, j'éclate de rire. Que cela fait du bien. Et surtout ce petit interlude me fait comprendre que malgré certains traits physiques et de caractères qui l'ont changée, Hermione/Jade est et restera mon amie. Me sentant plus à l'aise, je reprends mes vieilles habitudes que j'ai avec Hermione. Je me recale contre mon oreiller, la rapproche de moi en passant mon bras autour de ses épaules et lui dépose un baiser sur sa joue.
-Continue, sœurette, tu as toute mon attention.
Jade bouge un peu contre moi pour trouver sa place entre mes bras, pousse un soupir de bien-être et continue son histoire. Elle me parle de son peuple et du pacte fait avec les sorciers et du mélange des sangs. Je commence à entrevoir la suite, et pourquoi Sirius va pourvoir revenir vers nous. Jade me le confirme presque aussitôt et m'explique pourquoi elle a besoin de moi.
-Tu comprends, Harry. Sirius ne me connaît pas et je ne sais pas dans quel état, il va être quand il va revenir de la Vallée, c'est pour cela que j'ai pensé que tu pourrais m'accompagner.
Je retrouve bien là mon Hermione, toujours à se soucier du bien-être des autres. Sa mère devait être quelqu'un de bien car j'ai du mal à voir Rogue se préoccuper des sentiments des autres.
-Pourquoi ne l'as-tu pas proposé à Remus ?
-Je ne l'ai pas fait car le lieu où se trouve la porte est protégée contre l'intrusion des loups-garous.
J'acquiesce.
-Et où se trouve ce lieu ?
-Dans la grotte des sages.
Je sursaute. Ce n'est pas la voix de Jade qui me répond. Un instant plus tard, je vois un serpent sortir tranquillement d'une des manches de la robe de sorcière de mon amie et venir se lover sur ses jambes.
-Je te présente Sansseur, me dit-elle en caressant le reptile qui semble apprécier cet attouchement. Sansseur voici Harry, dit l'élu.
Le dit serpent se dresse et plonge son regard dans le mien, me jaugeant. Ayant un peu l'habitude, je le sais se faire une opinion de moi, même si je pense qu'il ne suffit pas d'un seul regard pour se faire un avis sur quelqu'un. Pendant le temps que dure l'examen, je me penche sur quelque chose qui m'a fait tiquer quand j'ai entendu les paroles prononcées par me paraissaient comme sifflantes, comme….
-Jade, je l'appelle en baissant mon regard vers elle.
-Oui, me répond-elle en relevant la tête.
-Depuis quand tu parles Fourchelangue ?
Et là, elle se redresse et prend son air désespéré en bougeant la tête de gauche à droite, la même attitude quand Ron et moi sortons des conneries aussi grosses que nous.
-Harry, j'appartiens au peuple des serpents.
-Et ?
Un soupir de découragement.
-A ton avis, quel langue parle le peuple des serpents ?
-Bah, je ne sais pas la langue des serpents.
-Et ?
Et merde. La langue des serpents, c'est le fourchelangue. Mais quel idiot. Jade rit.
-Tu comprends vite mais il faut t'expliquer longtemps.
-Oh ça va, dis-je en boudant à moitié.
Le silence s'installe quelques secondes puis Jade interroge son serpent.
-Sansseur, comment on fait pour aller à la grotte des Sages ?
-Je vais nous y emmener. Levez-vous et tenez-vous par la main.
Le serpent glisse et s'enroule tout autour du bras de Jade pendant que celle-ci se lève et me tend la main. Après avoir m'être redressé et remis un peu d'ordre dans mes affaires, je prends sa main. Je l'ai à peine touché que je ressens la sensation d'un transplanage.
On atterrit dans une grotte aux parois brunes décorées de serpents aux couleurs vives éclairée par une douce lumière venant de nulle part et de partout à la fois. En face de nous un passage que Jade empreinte sans hésitation comme si elle connaissait le lieu. Je la suis lui faisant confiance. Nous traversons un couloir étroit et bas de plafond, m'obligeant par endroit à baisser ma tête. Après quelques minutes, nous arrivons enfin dans une nouvelle salle. Le premier mot qui me vient est magnifique. Impossible de connaître les dimensions exactes de la salle, le plafond et les parois se perdent dans les ténèbres. Mais le peu que je vois est vraiment splendide. Pas un centimètre carré des parois et du sol n'est pas gravé, sculpté, colorié, doré ou incrusté de pierres précieuses. En face de nous, sur une estrade deux colonnes recouvert de serpents sculptés, s'entremêlant et devant un autel de pierres noires creusé en son centre. Je vois Jade se placer devant cet autel sans hésitation comme si elle savait exactement le rituel à exécuter, faire apparaître un petit couteau dans sa main sans utiliser sa baguette ni prononcer une formule, et d'un geste vif s'entailler son poignet. Quelques gouttes tombent dans le creuset pendant que Jade prononce une incantation dans une langue inconnue. Une lumière presque aveuglante se crée entre les deux colonnes et pendant quelques instants rien ne se passe puis je distingue une petite tache noire qui grandit au fur et à mesure prenant peu à peu la forme d'une silhouette.
Et d'un seul coup, la lumière disparaît laissant voir à qui appartient celle-ci. Je sais que ce ne peut être que mon parrain, mais j'ai du mal à le reconnaître. Je m'étais attendu à le revoir tel qu'il était au moment où il a basculé derrière le voile, la peau sur les os, l'air maladif, pale et les cheveux emmêlés et sales. Et devant moi je trouve l'homme d'âge mur qui aurait dû être si il n'avait pas fait son séjour à Azkaban, l'air aristocratique et un peu hautain des blacks, un sourire pleins de mystères et charmeur, les cheveux bruns et courts tombant sur ses yeux. Tout doucement, je m'approche de lui, n'arrivant pas complètement à croire qu'il est vraiment là, qu'il est vivant. Avec grâce, il descend les degrés de l'estrade et en quelques pas me rejoint. Comme un enfant que je suis encore un peu, je me jette dans ses bras qu'il vient d'ouvrir pour m'accueillir. Pas un mot ne sort de ma bouche, je me contente de pleurer de joie et de soulagement pendant que lui rigole de son rire si particulier, un jappement de chien.
