Tour d'abord, coucou à tous.

Ensuite je suis vraiment désolé du retard mais les journées sont beaucoup trop courte. De plus, j'avoue que les chapitres à venir me donnent un peu de difficultés.

Je tenais à remercier toutes personnes qui me suive et qui mette cette histoire dans les favoris, et bien entendu tous celles et ceux qui me laisse de gentille reviews, qui m'encouragent dans mon imagination. Mais surtout je remercie particulièrement Darnemys qui a pris sur elle pour corriger toutes mes fautes ( la pauvre). En conséquence, dés que j'aurais le temps, je rééditerai les précédents chapitres. J'espère m'améliorer grâce à elle et ainsi vous permettre une lecture plus agréable.

Bien entendu, l'univers et les personnages de The walking dead ne m'appartiennent pas, et je gagne bien sur rien à écrire cette fiction, juste le plaisir d'avoir des avis sur mon écriture. Attention aux spoilers.

Parlons en quelques mots de ce chapitre, je me suis pris un peu la tête, effaçant, recommençant... plusieurs fois, pour finir arriver à ça. Ce chapitre et le suivant, passeront du point de vue de Daryl à celui de Beth, pour vous permettre de mieux vous imprégner de leur relation et de leur conflit intérieur. ( en tout cas je l'espère). J'ai vraiment essayé de décrire le choses aux mieux et j'ai vraiment l'espoir que ça vous plaira.

Assez de papotages, je vous laisse découvrir ce que réserve ce chapitre. Il est plus long que les autres, en espérant que ça ne vous pose pas de problème. Voir note de l'auteur à la fin. Chanson: a thousand years, Christina Perri.

Chapitre 14 :

Point de vue de Daryl.

Lorsque j'ouvris les yeux, le soleil venait juste de se lever, laissant entrer une légère clarté dans la pièce. Les lueurs du début de matinée se répandaient sur le corps endormi à mes côtés. Je me permis d'observer le visage de Beth qui reposait sur mon bras, reflétant un calme qui contrastait étrangement avec son agitation de la nuit.

Plus d'une fois, elle avait gémi, et avait semblé secoué par toute une série d'image qui avait du prendre possession de son esprit. Son corps s'était crispé si fortement que je n'avais pas résister au besoin de l'apaiser. J'avais glissé lentement ma main dans son dos, la caressant de bas en haut, pour lui montrer ma présence tout en faisant attention à ne pas la réveiller. J'avais murmuré des « chut » souhaitant ainsi éloigner ses cauchemars et la calmer.

En l'observant si tranquille contre moi, je ne pus m'empêcher d'entendre sa voix chanter cet air qu'elle avait repris en revenant de la colline. Les paroles se répétant dans ma tête, provoquant un léger sourire sur mes lèvres. « You won't ever be alone, wait for me to come home ». C'était tellement étrange cette sensation qui m'envahissait, réalisant en fait qu'à n'importe endroit où Beth serait, je me sentirais chez moi. Sans en connaître la raison, j'étais prêt à suivre cette fille partout, m'assurant sans cesse de pouvoir la protéger. Pour l'instant, je savais que cette communauté, cette maison, ce lit, c'était notre chez nous. Jamais au par avant, je n'avais été capable de penser ainsi. Je n'avais jamais considéré aucun lieu comme chez moi. Comment est-ce que tout cela avait commencé ? Depuis quand m'étais-je laisser avoir à ne plus vouloir être seul ? En toute honnêteté, je n'en avais pas la moindre idée, je n'arrivais pas à répondre à ces fichues questions.

Tandis que j'observais les moindres détails de son visage, passant de ses yeux à sa bouche en passant par son petit nez, je ne cherchais même plus à y répondre. Je n'avais plus qu'un seul désir, la graver en moi, à tout jamais.

Je la sentis remué contre moi et je compris qu'elle allait se réveiller. Elle s'étendit comme l'aurait fait un chaton sortant du sommeil, et un petit sourire étendit ses lèvres. Elle poussa son corps contre le mien, s'arquant pour se réveiller, provoquant un tas de sensations en moi. Elle ouvrit les yeux, pour les fixer aux miens, sans dire un mot. Ses joues se colorèrent alors légèrement, montrant qu'elle ressentait une certaine gêne, je ne savais pas si c'était à cause de la veille ou de notre position. Je ne pouvais pas lui en vouloir en sachant que moi-même, j'avais cette envie de courir loin pour fuir cette situation. Les images de notre précédente étreinte me revenant en mémoire, me faisant ressentir une émotion qui devenait assez difficile à gérer.

Mes yeux glissèrent sur ses lèvres légèrement entre-ouverte, provoquant une excitation grandissante et impossible à dissimuler. Je me décalai, bien décidé à sortir du lit pour essayer de faire retomber la pression mais elle renforça sa prise sur mon bras, visiblement résolue à me garder près d'elle. Je sus directement qu'elle le faisait en toute connaissance de cause, si je tenais compte du petit sourire qui avait atterri sur sa bouche, que je pouvais facilement qualifier de provocateur. Détournant mon regard, je me replaçai essayant de me concentrer sur n'importe quoi d'autre qu'elle. Après tout, il y avait pire comme réveil que d'être à côté de Beth Green.

-Comme ça tu as récupéré ta moto. Affirma-t-elle, me surprenant.

Je ne m'attendais pas à ce qu'elle dirige la conversation en ce sens. En toute franchise, à ce moment précis, le silence m'aurait très bien convenu. J'acquiesçai simplement de la tête. Je l'entendis soupirer doucement et je savais à sa moue qu'elle était frustrée. Je ne me voyais pas lui dire « Attends, j'essaye de calmer mon excitation et après on causera. » J'eus du mal à retenir un rictus en imaginant la tête qu'elle ferait suite à une telle déclaration.

Elle me regarda étonnée et fronça les sourcils dans une mine interrogative.

-Comment tu l'as perdu ? Tu ne m'as jamais expliqué. Insista-t-elle.

Ma concentration était mise à rude épreuve, alors que sa tête reposait contre mon épaule et qu'elle avait pris possession de mon bras pour lui faire subir d'étranges dessins de ses doigts fins et doux. Les petits cercles qu'elle formait, laissaient des picotements sur ma peau longtemps après son passage. Bon sang, cette fille allait réellement réussir à me tuer. Essayant de repousser les frissons qui parcourrait ma colonne vertébrale, je me concentrais sur sa question.

-Le jour où j'ai perdu Sacha et Abraham, avant de tomber sur toi, commençais-je en retombant dans mes souvenirs. Je me suis retrouvé blogué avec un groupe de personnes dans les bois, un mec, Dwight et deux filles. Ils m'ont assommés, attachés et forcés à les suivre.

Sans arrêter ses mouvements sur mon bras, elle releva la tête, la tenant appuyée contre sa main, son coude reposant sur l'oreiller, le regard attentif braqué sur moi. Ses yeux avaient une expression curieuse.

-A ce que j'ai compris, ils fuyaient d'autres hommes et ils ont cru que j'étais l'un d'eux, continuais-je. J'ai réussi à leur faussé compagnie, j'ai piqué leur sac pour reprendre mon arbalète et j'suis tombé sur un de leur truc. Je savais qu'ils en auraient besoin alors j'suis retourné leur rapporter.

-C'était quoi ce truc ? Demanda-t-elle, son visage ébloui par la curiosité. Autant, elle avait un air de petite fille qui écoutait une histoire, autant l'attirance que je ressentais envers elle n'avait rien d'enfantin. Ses maudites caresses ne m'aidant pas à garder la tête froide, elle était probablement loin d'imaginer ce qu'elles provoquaient en moi... ou peut-être que si.

-De l'insuline, finis-je par répondre, faisant mon possible pour fixer mon attention sur la conversation. La petite blonde avec eux, était malade. Je savais qu'elle mourait si je ne leur rendais pas. « Pour ce que ça avait changer » Pensais-je alors amèrement.

Elle sourit sincèrement, éclairant un instant mes sombres pensées. Ne comprenant pas vraiment, ce qui avait provoqué cet éclat.

-Tu es certainement le meilleur homme que je connais Mr Dixon. Crut-elle bon de devoir expliquer devant mon expression interloquée.

Si elle savait que si j'étais retourné, c'était parce que cette gamine m'avait fait penser à elle, plus que de raison, je n'étais pas sur qu'elle me trouverait aussi bon. Honnêtement, j'étais conscient que c'était le seul motif pour lequel j'avais agis.

-Pff, soufflais-je mal à l'aise devant son compliment qui n'avait pas lieu d'être. Je ne comprenais pas pourquoi elle pensait que j'étais quelqu'un de bien. D'une certaine façon, j'avais agis par égoïsme, juste parce que je la voyais à la place de cette fille. Je ne pensais pas que je l'aurais fait autrement, en tout cas, c'était ce que je me disais.

-Le plus con plutôt. Des hommes sont arrivés, les ont entourés et je les ai aidé. Un peu plus tard, la plus jeune s'est fait mordre et nous l'avons enterré. Je leur ai proposé de revenir avec moi, j'avais l'impression que c'était de bonnes personnes. Je me suis trompé, au lieu de me suivre, ils ont pris la moto, mon arbalète et ils sont retournés rejoindre l'autre groupe. Je suppose que c'est celui de Negan. Lui expliquais-je d'un air écœuré, il était clair que mon jugement n'avait pas été le bon. Encore aujourd'hui, je me demandais comment j'avais pu être si stupide.

-J'aurais du les tuer, soulignais-je incertain.

Elle me fixa quelques secondes sans rien dire, donnant l'impression de réfléchir à ce qu'elle allait répondre.

-ça n'aurait pas été toi, tu n'es pas comme ça. Affirma-t-elle.

En la voyant là, face à moi, je me rappelais le sentiment qui m'avait envahi la poitrine alors que la petite blonde mourait devant mes yeux. L'image de Beth à sa place, m'avait coupé le souffle. Alors que j'avais été loin d'Alexandria et ne sachant pas où elle était, l'inquiétude que ça pouvait être elle, m'avait effrayer comme rien avant ça.

-Si je les ai aidé, c'est à cause de cette petite blonde. Elle me faisait penser à toi, avouais-je sans comprendre que les mots sortaient de ma bouche. C'était l'entière vérité mais je n'avais pas eu l'intention de le lui dire.

Elle rougit en souriant, visiblement touchée. Elle pinça ses lèvres en une fine ligne. Je m'autorisai un petit soupire pour m'encourager à aller de l'avant, décidé à démarrer la journée. J'allais me détourner d'elle, quand elle combla la distance pour venir poser sa bouche contre la mienne, dans un baiser d'une douceur infinie. La sensation était agréable et inhabituelle pour moi, jamais quelqu'un n'avait montré autant de délicatesse pour ma personne. Je devais absolument bouger de là avant que les choses dérapent comme la veille.

Essayant de ne pas prendre en compte ma frustration, je me reculai d'elle sans la brusquer. Je me mis debout et passai un propre t-shirt. J'observai la jeune femme qui se levait pour me suivre. Je ne pus m'empêcher de regarder sa silhouette si frêle noyée dans mon vêtement que je lui avais passé pour cacher sa nudité. Je secouai la tête pour éloigner les images qui flottaient dans mon esprit.

-Mets un pantalon avant de descendre, lui indiquais-je mi narquois, mi sérieux.

Je restais ébahi par la vision d'elle, portant le tissus qui lui arrivait à mi-cuisse, la rendant attrayante au possible. Je réalisai que je voulais être le seul à profiter de cette image.

Elle répondit à ma remarque par un sourire timide, le rouge se répandant sur ses joues. Elle se dirigea vers l'armoire pour choper son jeans et pouvoir se vêtir. Lorsqu'elle passa à mes côtés, je la stoppai inconsciemment en attrapant son bras. Écoutant que mon envie, je déposai mes lèvres sur les siennes, essayant d'imiter son propre geste quelques minutes plus tôt. C'était un besoin presque instinctif et je fus surpris de ressentir le même émoi que précédemment. En me détachant d'elle, j'aperçus son regard étonné et je m'autorisai un petit sourire.

-Je vais vérifier la moto. Annonçais-je, elle me sourit mais ne dit rien et hocha la tête positivement.

En sortant de la pièce, je ne pus m'empêcher de penser qu'il était facile de s'habituer à ce genre de réveil.

En passant par la cuisine, je pris un cookie que Carole avait fait et quittai la maison pour retrouver ma moto. Peut-être que ce n'était qu'une excuse pour m'aérer l'esprit et m'éloigner, essayer de reprendre le contrôle de mes émotions, prendre du recul. Je savais que je me battais encore entre l'envie de rester auprès de Beth, ou de fuir le plus loin possible. Ma tête me poussait à prendre mes distances et d'un autre côté, quelques choses au fond de moi m'encourageait à me rapprocher. Certainement la même chose qui m'avait incité à l'embrasser avant de sortir de la chambre. En tout honnêteté, je me sentais complètement perdu.

Alors que je descendais les marches du perron, un « humhum » me fit me retourner. Je découvris Maggie assise sur sa propre devanture, elle avait l'air épuisée mais souriante.

-Hé ! La saluais-je sans penser une seconde à m'arrêter.

-Daryl. Appela-t-elle alors, me surprenant et je fus automatiquement inquiet de ce qui m'attendait. Je l'observai de là où je me tenais et elle me fit un signe discret pour que m'inciter à m'approcher. Je me tus et attendis qu'elle me parle comme elle en avait visiblement l'intention. Elle resta un instant muette, réfléchissant à quoi dire, et sa façon d'être incertaine m'angoissa encore plus, me rendant mal à l'aise. Je me doutais du sujet de la conversation, mais ce qui me surprenait, était son hésitation. Maggie n'était pas le genre de femme à prendre des gants pour discuter, elle avait la réputation d'être franche et direct lorsqu'elle avait quelques choses à dire, elle ne se gênait pas pour le faire.

-Je sais qui se passe un truc avec ma sœur. Déclara-t-elle d'un seul coup, et mon cœur se mit à battre si vite, que je crus un instant qu'il allait sortir de ma poitrine.

J'hésitais entre nier et lui dire que ce n'était pas du tout ce qu'elle pensait, ou encore lui dire que ce n'était pas ses affaires. Avant que je puisse ouvrir la bouche pour parler, elle m'interrompit d'un geste, indiquant qu'elle voulait poursuivre.

-Attends, laisse-moi finir.

Sur le coup, je me sentis un peu comme un gamin à qui on allait faire la leçon mais j'eus l'impression que je devais lui laisser la chance de s'exprimer. Quoiqu'il en soit, si la conversation ne me plaisait pas, je pourrais toujours partir.

-Je ne suis pas aveugle, ça ne sert à rien de me dire qu'il n'y a rien. Je connais ma sœur et je pense que nous sommes avec toi depuis assez longtemps pour commencer à te connaître. Même si j'avoue que t'es pas très facile à cerner...

Elle se permit un petit sourire conciliant avant de continuer.

-Je commence à savoir comment tu fonctionne, ta façon d'agir, ta manière d'être. Mais avec elle... Nous avons tous remarqué comment vous vous regardez. Comment vous êtes inquiet l'un pour l'autre. Comment tu te soucie d'elle. Je dirais même le fait que la présence de l'autre est presque indispensable, à chacun de vous.

Je relevai la tête à toute son énumération de ce qu'elle pensait comprendre, je n'aurais jamais pensé qu'on puisse voir tout ça en moi. J'avais envie de lui crier qu'elle ne savait pas ce qu'elle disait mais j'étais conscient que ça reviendrait à mentir.

-Malgré ça, quelque chose te blogue, reprit-elle alors, m'étonnant à nouveau. Qu'est-ce que c'est Daryl ? Me questionna-t-elle, sans me laisser la moindre chance de répondre, elle continua dans son monologue, qu'elle devait avoir retenu depuis pas mal de temps.

-L'âge ? Vos caractères très différents ? Le passé ? Le futur ?

Je l'écoutais attentivement maintenant, curieux de voir où elle voulait en venir et honnêtement, je ne savais pas quoi donner comme réponse.

-Daryl, regarde autour de nous, tu crois vraiment que ces questions rhétoriques ont encore de l'importance de nos jours ?

Elle m'observa quelques instants et ressentant un certain malaise, je me contentai de hausser les épaules, ignorant complètement ce qu'elle voulait que je dise. Elle sourit alors comme si elle était amusée par mon comportement ou peut-être qu'elle s'attendait à ce que j'agisse ainsi.

-Je ne sais pas, avouais-je en soupirant, contraint à la conversation. Beth est …

-Beth est remplie d'espoir, de vie, d'une joie souvent exaspérante mais par dessus tout ça, ma sœur sait ce qu'elle veut. Et crois moi, quand elle a décidé qu'elle aurait quelque chose, elle l'obtient toujours. Détailla-t-elle la plus jeune des Greene, en me coupant la parole.

Je souris devant le portrait qu'elle avait peint de sa cadette, celui-ci assez réaliste. Je visualisai soudainement le visage de Beth, souriante et pleine de vie, m'inspirant la lumière dans l'obscurité. La chaleur monta en moi alors que l'image se transformait au souvenir de la soirée précédente. Revoyant la lueur du désir qui habitait ses yeux, ressentant à nouveau les mêmes frissons qui m'avaient complètement désarçonné. Je pouvais encore voir son corps nu devant moi, immobile, presque comme une offrante.

Revenant à la réalité, je baissai rapidement le regard ayant peur que Maggie lise mes pensées peu catholiques ou qu'elle s'aperçoive de mon trouble. J'avalai difficilement ma salive et repoussai toutes les images, le plus loin possible de mon crâne.

-T'es quelqu'un de bien Daryl. Tu lui as tellement apporté et je suis convaincue que tu peux la rendre heureuse, je crois que tu le fais déjà, à ta façon.

Sans en connaître la raison, tout ce qu'elle me disait, me déstabilisait. J'étais stupéfait par ce qu'elle annonçait. Je ne comprenais pas vraiment le but de cette discussion. Je me serais attendu à ce qu'elle crie en me disant « si tu touche à ma sœur j'te tue » ou un truc du genre mais pas ce discours, j'avais l'impression qu'elle me parlait de quelqu'un d'autre. Après tout, comment pouvait-elle croire que je pouvais apporter du positif à Beth ? C'était insensé.

-C'est elle qui m'a rendu meilleur. Lâchais-je en retrouvant l'utilité de ma voix, m'en voulant directement pour cette déclaration, pourtant si vrai.

Maggie sourit largement, apparemment ravie, je la vis poser discrètement sa main sur son ventre, qui je le savais, renfermait un petit être en plein développement.

-Glenn et moi, nous allons être parent, indiqua-t-elle comme si je n'étais pas encore au courant, sa voix semblait un peu incertaine.

-Je sais que c'est fou, je sais qu'il peut nous arriver n'importe quoi mais j'essaye de ne penser qu'au présent. Je suis consciente que demain tout peut changer, c'est la raison pour laquelle je veux profiter de chaque moment, je veux tenter ma chance dans la chasse au bonheur, en sachant que c'est probablement temporaire. Je ne veux rien regretter.

J'eus envie de lui dire « ne dis pas ça » mais je savais qu'elle avait tout à fait raison. C'était vrai que faire un bébé dans ce monde, était de la pure folie, surprenant et peut-être un peu égoïste. Au delà de ça, un bébé restait l'espoir pour un futur possible. Ma propre réflexion me fit sourire, quelques années plus tôt, j'avais trouvé ça stupide et irresponsable de la part de Lori et pourtant à cet instant face à Maggie ma réaction était tout autre. Peut-être que la petite dure à cuire m'avait aidé à voir les choses autrement ou alors c'était juste Beth.

-Beth avait prévu que vous auriez un bébé, la surpris-je à mon tour, ses yeux s'écarquillèrent, elle eut l'air un peu émue. J'avais envie de partagé ce moment avec elle, c'était un élan spontané et je voulais qu'elle sache à quel point sa sœur avait pensé à elle.

-Après la chute de la prison, nous étions que tous les deux et un soir, nous discutions et elle me l'a dit « je pensais que Maggie et Glenn aurait un bébé », récitais-je avant de continuer. Ça été la première fois que j'ai parler de ma vie à quelqu'un. Elle m'a donné l'envie d'espérer, de croire encore à l'existence de bonne personne. Plus encore, elle m'a rappelé que vous étiez encore en vie quelque part et qu'on devait vous chercher, ne pas abandonner.

-Elle a ce don ma sœur.

J'acquiesçais simplement de la tête, j'eus presque envie de lui avouer que ce jour là, une étrange étincelle c'était allumé au fond de moi, sans vraiment savoir ce qu'elle signifiait. Que j'avais réalisé que Beth était une femme et plus une enfant, qu'elle avait su m'atteindre plus que n'importe qui. Je ne pouvais pas lui dire, c'était à moi et rien qu'à moi.

-J'suis heureux pour Glenn et toi. La félicitais-je.

Je trouvais assez étrange d'être là, à discuter avec Maggie et en même temps, c'était presque naturel, agréable. J'avais eu la crainte qu'elle s'oppose à moi d'une manière ou d'une autre et en fait, je la trouvais plus que compréhensive et attentionnée, elle était touchante. Peut-être parce qu'après tout, elle avait plusieurs points communs avec sa jeune sœur, la ressemblance était à présent visible pour moi, cet espoir visible au fond du regard était le même. En fait, il n'y avait rien d'étonnant à cela, elles étaient toutes les deux les filles d'Hershel Greene.

-Daryl, quoiqu'il arrive, promets-moi que tu prendras soin d'elle, me demanda-t-elle. Je ne sus qu' acquiescer de la tête devant son ton quasi suppliant. C'était une promesse que je m'étais faite ce soir là en brûlant la cabane, être là pour la protéger. Aujourd'hui, ce même engagement prenait une ampleur tout autre, beaucoup plus personnel. Je fixai un dernière fois mon regard à celui de la jeune femme face à moi et après un signe de main, je me détournai d'elle, prêt à m'éloigner.

-Daryl, m'appela-t-elle une nouvelle fois. Faisant un effort extrême pour retenir un soupir blasé, je pivotai vers elle, lui accordant mon attention.

-Contrairement à ce que j'aurai pu penser, j'suis bien avec tout ça... Vous deux... ensemble, Hésita-t-elle à révéler. Je déglutis péniblement devant son regard insistant et mon cœur manqua un battement, devant sa constatation. Entendre ces mots avait quelque chose d'irréaliste.

-Mais si tu lui fais du mal, le plus gros connard au monde ainsi que la plus grosse horde de rôdeurs, seront le dernier de tes soucis, me menaça-t-elle une lueur un peu inquiétante fibrant dans ses yeux. Ok, c'était quelque peu flippant mais à la base j'avais pensé me faire agresser rien que pour avoir oser poser mon regard sur sa petite sœur, alors je me trouvais assez satisfait même si surpris par son discours. Je me permis un petit rictus de conciliation, montrant mon accord, et j' hochai la tête de haut en bas. Puis sans plus tarder, je partis pressé de quitter cette situation assez embarrassante, je sortis enfin le souffle que sans m'en rendre compte, je retenais. En réfléchissant à tout ça, je ne savais même pas si cette conversation avait une raison d'être, Beth et moi nous n'étions pas... enfin rien était vraiment... Bon stop, ça suffisait ainsi je ne savais même pas ce que nous étions, à croire que les autres comprenaient plus de chose que moi-même.

Enfin, j'étais dans une position où j'étais à l'aise, sans pression, juste moi et la moto. J'avais toujours aimé chipoter sur les engins quel qu'ils soient, la plus part du temps c'était ainsi que je passais mon temps avant le tournant. En tout cas quand Merle ne nous foutait pas dans une de ces putains de merde, comme il avait le don de le faire. L'évolution du monde avait changé tellement de chose, les rôdeurs m'avaient pris mon frère mais je ne m'étais jamais senti aussi entouré. C'était un peu comme si les gens autour de moi, se préoccupaient réellement de mon sort. Ce qui n'était jamais arrivé au par avant.

-T'as récupéré ta moto . Surgit Carole sans que je l'ai vu arrivé.

J'approuvai son observation d'un signe positive de la tête et lui expliquai la situation dans laquelle je m'étais retrouvé quelques semaines avant. Je remarquai l'expression de Carole, elle agissait étrangement et je la trouvais affectée par tous ce qu'on endurait. Plus les jours passaient et plus mon inquiétude vis à vis d'elle grandissait, elle me semblait tellement différente.

-est-ce que tu vas bien ? M'informais-je.

-Oui, voulut-elle me faire croire. Je la connaissais assez pour savoir à quel point elle mentait.

-Qu'est-ce qui vous ont fait ces gens là-bas ? Interrogeais-je pensant que son état psychique actuel avait un lien avec ça. Je n'avais pas osé poser la question directement à Beth car elle avait semblé ébranlée même si elle avait voulu me montrer l'inverse. Malheureusement pour elle, les cauchemars de la nuit dernière m'avait confirmé mon intuition.

-Rien, avoua Carole, m'étonnant.

Je fixai mon regard au sien, essayant de lire en elle, de comprendre ce qu'elle ne voulait pas me dire mais je fus encore plus surpris de voir qu'elle pensait ce qu'elle disait. Pourtant, ces personnes les avaient enlevé, et retenu prisonnière. Si Beth et Maggie avaient agi de la sorte, c'était qu'elles n'avaient pas eu le choix. Dans ce monde, c'était ainsi soit tu tuais soit tu étais tué. Si les filles en étaient arrivées là, c'était parce qu'elles n'avaient pas eu le choix.

-Carole, ils ne vous auraient pas relâché sans rien tenter. Essayais-je de lui faire comprendre, où étais passé la femme du terminus, celle qui nous avait tous sauvé ? En cet instant là, je m'inquiétai encore plus pour elle.

-Si tu as besoin tu sais que tu peux me parler, lui indiquais-je d'un ton doux, devant son air perdu et un peu perturbé. Elle me sourit comme pour montrer sa reconnaissance.

-Denise te cherche, annonça-t-elle pour mettre fin à notre conversation. Je me redressai sur mes jambes, essuyai mes mains à mon bandana, la saluais-je d'un hochement de tête et je me dirigeai vers l'infirmerie, me demandant ce que le doc me voulait.

En arrivant sur le lieu en question, j'aperçus Rosita, les bras croisés sur sa poitrine, l'air impatiente. Elle me lança un regard surpris alors que je me rapprochais. A mon grand soulagement, nous eûmes même à engager la conversation car Denise apparut à nos côtés, une liste à la main.

-En parcourant les cartes des environs, je me suis souvenu d'un endroit où nous pourrons trouver des médicaments. Ce n'est pas vraiment une pharmacie mais si je me souviens bien, nous devrions obtenir certains antibiotiques. Je sais que vous n'avez pas de courses de prévues aujourd'hui, alors je me suis dit que vous pourriez peut-être aller y jeter un œil. Expliqua-t-elle.

Jetant un coup d'œil rapide à la petite hispanique à mes côtés, j'opinai du chef, trouvant l'idée plus qu'intéressante.

-Ouais, ça doit pouvoir se faire. Affirmais-je.

-Je veux venir avec vous, reprit alors le doc et je l'observai de haut en bas, essayant de trouver la blague.

-Tu as déjà été à l'extérieure ? La questionnais-je connaissant déjà la réponse.

-Non mais...

-N'y pense même pas, pas le temps pour du baby-sitting, coupais-je d'un ton cassant. Il était hors de question que je prenne le moindre risque en l'emmenant avec nous. Elle n'imaginait certainement pas ce qui se trouvait derrière ces murs ni le danger auquel elle pourrait être confrontée.

-Ce n'est pas une bonne idée, m'appuya Rosita en secouant la tête négativement.

-Ce n'est pas très loin, on va en voiture, on fait le trajet, on récupère ce qui peut y avoir et on revient. Insista-t-elle.

-Donne nous ta liste et on ramène ce que t'as besoin. Nous irons à deux, contrais-je d'un ton autoritaire.

-Vous pouvez lire ça ou ça ? Demanda-t-elle en glissant son doigt sur plusieurs mots de sa liste. Elle mit la feuille sous le nez de la brune et je vis à son expression qu'elle ne comprenait rien à ce qui était écrit. Je niai de la tête contraint à reconnaître la situation.

-Vous avez donc besoin de moi. Ces médicaments peuvent être très utiles, ils pourront sauver des vies, argumenta-t-elle intelligemment.

Pendant un minute, la colère gronda en moi, je ne supportais pas d'embarquer des novices avec moi, ne sachant pas ce qui nous attendaient. Silencieusement, je tournai la tête vers Rosita, lui demandant son opinion. Malgré son expression forcée, elle haussa les épaules blasée et acquiesça de la tête, donnant son accord.

-T'as gagné, on va, on prend ton bordel et on se rapplique. Tu écoutes ce qu'on te dis, tu discute pas et tu te tiens près de nous. Ordonnais-je de manière sèche, contrarié face à ces circonstances.

Elle n'eut pas l'air de remarquer mon état de nervosité car elle dodelina la tête de haut en bas, visiblement satisfaite de sa petite victoire, comme si tout ça avait une réelle importance pour elle.

-On se retrouve dans 15 min à l'entrée, je vais vite dire... Prendre quelques affaires et j'vous retrouve là-bas. Me rattrapais-je avant de révéler mes véritables intentions.

Je remarquai leur regard amusé et un peu moqueur braqué sur moi et je me détournai rapidement les ignorant, les laissant échanger un petite rire railleur.

Si j'étais honnête avec moi-même, je savais pertinemment bien que je ne venais pas juste prendre mon sac pour partir. Je voulais juste venir prévenir de mon départ, sachant que si je ne le faisais pas, Beth serait certainement fâchée. De plus, elle pourrait s'imaginer n'importe quoi, c'était une façon de lui dire que je ne courrais pas grand chose et que je serais vite de retour. J'aperçus Carl dans la cuisine mais je ne pris pas la peine de m'avancer vers lui. Une voix douce qui chantonnait me parvenait du salon, j'aurais reconnu cette voix dans n'importe quelle circonstance. Je m'accostai à l'arcade de la pièce, n'indiquant pas ma présence. La vision qui prenait forme devant moi, me fit ressentir une émotion inconnue. En retournant plus loin dans mes souvenirs, je sus que je l'avais déjà éprouvé une fois, ce soir là, dans la maison funéraire. Je l'avais surpris jouant du piano et chantant, mes entrailles s'étaient retournés devant la beauté du spectacle.

Cette fois, la sensation était encore plus vivace, plus incontrôlable. Elle était accroupi au sol avec Juddith qui souriait attendrie par la musique. Sa main caressant les cheveux de la fillette, c'était juste le tableau d'une mère avec son enfant. L'amour était partout dans la pièce, elle était faîte pour être maman. Je n'avais jamais ressenti l'envie de fonder une famille, le modèle que j'avais eu était tellement désordonné que je n'aurai jamais imaginé recréer le même scénario. Pourtant, le sentiment qui fit gonflé ma poitrine à ce moment là, me fit regretter de ne jamais pouvoir avoir … Non, mais j'étais juste fou devant la jeune femme qui chantait. Je perdais l'esprit, voulant une chose que je savais impossible et surtout pas faites pour moi. Je secouai la tête et l'espace d'un instant, je laissai les paroles entrer à l'intérieure de moi.

« Heartbeats fast
Colors and promises
How to be brave
How can I love when I'm afraid to fall
But watching you stand alone
All of my doubt suddenly goes away somehow
One step closer »

Alors que je l'écoutais chanter à la petite dure à cuire, je me rendis compte que ma respiration devenait saccadée et que ses paroles m'atteignaient d'une façon inimaginable. C'était la promesse non dite de la protéger qui avait fait qu'aujourd'hui je me posais des tonnes de questions. Je n'avais peur de rien, c'était ce que je me plaisais à croire, c'était ce que je lui avais dit cette après midi là, après avoir trop bu. Toute fois, à cet instant précis, j'étais terrifié par la débâcle des sentiments qui me secouaient. J'étais terrifié de ne plus rien contrôler. Est-ce qu'elle avait ce pouvoir de faire envoler tous les doutes qui m'habitaient depuis toujours ?

« I have died everyday waiting for you
Darling don't be afraid I have loved you
For a thousand years
I love you for a thousand more »

« Time stands still
Beauty in all she is
I will be brave
I will not let anything take away
What's standing in front of me
Every breath
Every hour has come to this
One step closer »

L'observant à distance, je souris à cette idée, tout ce que nous avions vécu nous avait mené là où nous étions. Sans le tournant, je ne serais pas ici à la regarder, je ne l'aurai même pas rencontrer. Sans le tournant, nous n'aurions pas fini à la ferme. Si la prison n'était pas tombé, nous ne nous serions pas retrouvés tous les deux seuls. Je n'aurais jamais réalisé à quel point elle était exceptionnelle. J'avalai ma salive devant cette constatation, chaque souffle, chaque heure, nous avaient mené à ce moment.

« I have died everyday waiting for you

Darling don't be afraid I have loved you
For a thousand years
I love you for a thousand more
And all along I believed I would find you
Time has brought your heart to me
I have loved you for a thousand years
I love you for a thousand more »

ça sonnait tellement vrai à mes oreilles. Avant tout ça, je n'étais rien, juste un corps ambulant, un peu à l'image d'un rôdeur, sans véritable but dans la vie, ni travail, ni famille, juste un frère encore plus fou que moi. Avec elle à mes côtés, ma vie s'était comme éclairée, ce que j'avouai, contrastait complètement avec le monde qui tournait autour de nous. Il avait fallu la merde pour que ma vie prenne enfin un sens. Sans m'en apercevoir, cette fille s'était glissée sous ma peau. Elle était devenu essentielle, peut-être plus que cela encore, un peu comme une drogue à laquelle on ne sait plus se passer. J'avais bon revoir tous les moments que nous avions vécu ensemble, tous ces moments rien que nous deux, je ne parvenais pas à savoir quand elle avait réussi à fissurer mes murs et à s'infiltrer si profondément en moi. Que ce soit l'après midi avec ce jeu stupide et la dispute qui en suivit ou la soirée où nous avions jouer avec le feu, brûlant une partie de mon passé. Peut-être était-ce la première fois qu'elle avait chanté à ma demande ou encore cette déclaration non avouée, avant qu'elle me soit arrachée. J'étais incapable de comprendre comment je l'avais laissé me trouver. Néanmoins, elle y était parvenue, au fur et à mesure du temps ensemble, une étincelle s'était allumé pour ne faire que grandir. Pour arriver à...

-Hé Daryl ! S'écria Carl derrière mon dos, me faisant sortir précipitamment de mes préoccupations. Il avait un grand sourire, légèrement taquin.

L'appel du garçon fit se retourner Beth qui me découvrit alors, stoppant net sa chanson. Elle se mit debout, visiblement d'humeur joyeuse, stabilisant Juddith au sol pour s'assurer qu'elle ne chute pas. Elle se rapprocha de moi, souriante, laissant la fillette jouer au sol. La voyant s'approcher, mon cœur se mit à courir dans ma poitrine à un rythme égrainé. J'essayai tant bien que mal de calmer mon emballement, voulant reprendre une respiration régulière. Su le coup, je devais très certainement ressembler à un adolescent devant la plus belle fille du lycée, en tout cas c'était l'impression que j'avais.

-Tu vas bien ? S'inquiéta-t-elle un peu, devant mon silence.

-Mouais, réagis-je enfin, retrouvant l'usage de la parole et je fus reconnaissant de voir que ma voix semblait sur.

-Je pars en course avec Rosita et le doc, récupérer des médocs. L'informais-je.

-Parfait, je prends mes affaires et j'arrive, nous partons …

-Tu devrais rester ici, la coupais-je l'air de rien. Tu n'es pas obligé de venir avec, ça sera pas long.

-Mais je …

-Tu as besoin de te reposer, et puis tu semblais bien, là, avec la petite dure à cuire, contrais-je à nouveau sans lui permette de finir sa phrase.

En réalité, je préférais la savoir à l'intérieure de nos murs, en sécurité que sur la route. Les derniers jours avaient été rempli de rebondissements et avaient été éprouvants. Je compris qu'elle était frustrée devant mon insistance et le fait que je lui coupais la parole, ne la laissant pas s'exprimer. C'était quelque chose qui la mettait hors d'elle. Elle lança un regard à Juddith qui essayait de ramasser je ne sais quoi au sol, puis reporta son attention sur moi. Elle hocha la tête vaincue, montrant son consentement. Je lui souris timidement, ravi de sa décision, et surtout soulagée qu'elle ne provoquait pas un combat.

Normalement, j'aurais du sortir mais c'était comme si une force invisible refusait que nos regards se détachent. Je poussai un soupir imperceptible et fis mine de partir mais je sentis sa petite main reposer sur mon bras, lui accordant à nouveau toute mon attention. Elle combla la petite distance qui nous séparait et mit ses lèvres sur ma joue avec toute la douceur qui la caractérisait.

-Fais attention, souffla-t-elle, et je pus voir toute son inquiétude se refléter dans ses yeux.

-Toujours, affirmais-je me voulant rassurant. Je lui décrochai un petit clin d'œil pour essayer de la détendre et j'eus cette envie irréversible de l'embrasser plus profondément qu'elle venait de le faire. Me souvenant de la présence de Carl, je ne pouvais pas me le permettre, je n'étais déjà pas très à l'aise avec moi-même alors montrer ce genre d'attention devant quelqu'un d'autre, ça restait impossible. En même temps, je n'étais pas persuadée que c'était la bonne chose à faire avant de partir, je n'étais pas sur de pouvoir m'arrêter si je commençais.

Du coup, je la fixai une dernière fois, essayant d'enregistrer l'image d'elle au fond de ma tête, encore une fois, et je quittai la pièce sans me retourner.

Point de vue de Beth :

J'étais debout dans le salon, fixant la porte que Daryl venait juste de franchir, je faisais de mon mieux pour calmer la frustration qui me rongeait. Il allait en course et je voulais réellement l'accompagner. Je détestais le savoir à l'extérieure d' Alexandria, je savais que c'était stupide car il savait se débrouiller mais même si il était solide comme un roc, il restait un être humain et donc il était potentiellement en danger comme tout le monde. Du coup, l'angoisse avait pris possession de moi à l'instant même où la porte s'était refermée.

Néanmoins, je comprenais son point de vue, j'avouais facilement que j'étais épuisée et un peu perturbée par ce que j'avais fait. Le mieux pour moi était de rester avec Juddith, étant la seule chose qui arrivait encore à me changer les idées. Malgré ce fait, j'aurais préféré être auprès de lui, je devais vraiment apprendre à mieux me contrôler, je n'avais pas envie de devenir complètement dépendante de lui. Ce n'était pas une bonne chose, sachant pertinemment qu'il était un homme avec quelques défaillances au niveau social et contact. D'ailleurs, c'était peu dire de déclarer qu'il m'avait surpris le matin même en m'accordant un baiser rempli de douceur. Je souris encore devant la sensation que son geste avait provoqué en moi, me laissant complètement retournée. C'était réellement étrange de voir Daryl aussi paisible et doux, j'étais touchée car je savais que j'étais la seule à le connaître de cette façon.

La réalisation que j'avais fait la veille, ne m'aidait pas vraiment à garder mes distances, bien au contraire, j'avais cette envie de le rapprocher encore plus. C'était complètement insensé de me découvrir amoureuse de l'archer. J'avais déjà eu des coup de cœurs dans le passé, notamment avec Jimmy et après avec Zack, si je pouvais qualifié ça de coup de cœur mais il n'y avait absolument rien de comparable avec les émotions que je ressentais juste à être auprès de Daryl. Ni même avec toutes les sensations qu'il arrivait à me faire éprouver. Rien que par sa présences, ses gestes, ses regards, le ton de sa voix, les petits sourires discrets sur ses lèvres, il arrivait à me faire frémir, tout en lui me transcendait.

Je pouvais sentir le regard persistant de Carl sur moi, par conséquence, je me retournai vers lui.

-Quoi ? L'interrogeais-je innocemment, reportant toute mon attention sur Judith toujours occupée à jouer sagement.

-Vous me faites trop rire, se moqua-t-il.

-Pourquoi ? Fis-je semblant de ne pas comprendre son allusion.

-ça fait des mois que vous vous tournez autour, vous dormez même ensemble depuis pas mal de temps maintenant. Pourtant, vous êtes toujours aussi gêné. Observa-t-il.

Je me demandai soudainement si en utilisant le verbe « dormir », il voulait vraiment dire ça ou si il insinuait quelques choses de beaucoup plus intime. Rien qu'au souvenir des caresses et des baisers torrides du soir précédent, mes joues rosirent d' embarras mais aussi de plaisir.

-C'est compliqué, déclarais-je en essayant de dissimuler mes nouvelles rougeurs.

-En quoi ? Insista l'adolescent en me fixant, visiblement surpris.

Je lui souris et haussai les sourcils comme pour lui montrer l'évidence et lui indiquer ce que je pensais.

-Daryl. Nous reprîmes tous les deux en cœur d'une voix amusée.

Je ne pus m'empêcher de laisser un léger rire échapper de mes lèvres. Ce simple prénom réussissait à envoyer au plus profond de moi un envol de papillon. Pourquoi rendait-il les chose si compliqué ? Une partie de moi continuait de croire qu'il ne s'intéressait pas à moi de cette manière. Cependant, il avait répondu avidement à mes baisers et il avait traité mon corps de la plus belle façon qu'un homme pouvait le faire. Je le connaissais assez pour savoir qu'il essayait juste de garder une certaine distance, juste pour avoir le contrôle. Néanmoins, certaines choses devaient seulement se passer, et il fallait parfois s'autoriser à lâcher prise.

Il m'avait confié certaines informations sur son passé qui me permettait de comprendre qu'il avait eu une enfance malheureuse qui avait provoqué un manque de confiance en lui et que pour se protéger, il s'était forgé des murs solides. Je n'étais pas décidée à laisser son passé prendre le dessus sur ce que nous pouvions construire ensemble. Je voulais profiter de ce que la vie pouvait m'offrir et le plus vite possible, sachant que tout dans notre monde était qu'éphémère et pouvait s'arrêter n'importe quand. Je réprimai un frisson d'inquiétude en me souvenant qu'il était en dehors de la communauté.

-Et toi avec Enid ? Voulus-je dévier la conversation, pour éloigner toutes les pensées non désirées.

Ma question amena une couleur vive sur le visage de Carl, le rendant légèrement penaud. Je saisis l'occasion pour le taquiner un petit moment à ce sujet. Nous discutions ensemble assez longtemps, voulant lui accorder un peu de mon attention et savourant la détente d'être entre nous.

Après avoir passé du temps avec Carl, je décidai d'aller chez Maggie avec Judith. Je me faisais du soucis pour ma sœur et j'avais besoin de me rassurer sur son état. Je trouvais assez insolite de m'inquiéter d'elle, Maggie avait toujours été téméraire et courageuse, forçant mon admiration. Elle avait été un véritable modèle pour moi, et elle l'était encore aujourd'hui. Je me souvenais d'elle au début de l'épidémie, et surtout à l'arrivé du groupe à la ferme. Elle était rempli de détermination, sachant ce qu'elle voulait, ne reculant devant rien. Le mot qui la caractérisait le mieux devait être « fonceuse ». Pourtant aujourd'hui, je ne pouvais pas m'empêcher de m'inquiéter. Nous venions de traversé pas mal d'épreuve, j'avais tellement eu peur pour elle et le bébé, j'étais décidée à prendre soin d'eux.

Nous étions rassemblé autour de la table de la cuisine pendant que Judith essayait tant bien que mal d'emboîter des boîtes en plastique.

-Comment vas-tu ? Lui demandais-je. Je compris tout de suite qu'elle allait m'assurer qu'elle allait bien mais mon regard persuasif l'avertit de ne pas me mentir. Elle joua alors carte sur table.

-ça ira ... juste un peu secouée, je suppose. Et toi ?

-Bien.

Je n'étais pas venue ici pour qu'elle se préoccupe de moi et pour lui donner plus de soucis, au contraire. A mon tour, je réalisai à son air suspicieux que rien ne servait d'essayer de lui faire gober des chimères.

-Comme toi, j'imagine. Ajoutais-je, jouant la franchise.

Elle me sourit de manière compréhensive et posa sa main sur la mienne, offrant une légère pression. Je ne lui dirais pas à quel point je me sentais responsable de ce qui lui était arrivé. Elle ne saurait jamais les cauchemars qui envahissaient mon subconscient.

-Ce que tu as fait hier, c'était courageux mais très dangereux, reprit-elle en me fixant droit dans les yeux. Beth, tu …

-Je serais toujours là pour toi Maggie. Je ferai tout ce que je peux pour que ton bébé et toi vous soyez en sécurité et que vous puissiez vivre une vie meilleure. Je ne veux pas vous perdre. Alors je suis prête à tout faire pour l'éviter. Avouais-je en la coupant, refusant qu'elle me fasse la leçon comme si j'étais toujours une enfant.

Prise par l'émotion, elle se leva de sa chaise et vint me prendre dans ses bras, dans une étreinte réconfortante. Elle se rassit en face de moi, tenant toujours ma main.

-En fait, je voulais juste te dire que tu as tellement changé, que tu es devenue très forte, admit-elle en me surprenant. Je vis la fierté dans ses yeux, et je sentis les miens s'humidifier. Essayant de camoufler mon émotion, je détournai le regard vers la fillette au sol, l'observant émue, imaginant le bébé de Maggie à ses côtés d'ici quelques temps.

-Où est Daryl ? S'enquit-elle en me sortant de mon observation. J'entendis dans sa voix, un grain de moquerie mal dissimulé. Sans savoir pourquoi, je rougis aussi vite.

-Il est sorti sur une course avec Rosita et Denise, indiquais-je légèrement.

-Est-ce que les choses... sont sérieuses entre vous ? S'informa-t-elle en choisissant ses mots. Malgré son semblant de délicatesse, je perçus directement les insinuations qui se cachaient derrière sa phrase. Mes joues chauffèrent un peu plus en me souvenant de la veille au soir, était-ce cela qu'elle qualifiait de sérieux ?

Honnêtement, je n'étais pas certaines d'avoir le courage, ni vraiment l'envie de lui annoncer qu'il m'avait repoussé alors que je m'étais pratiquement offerte à lui. Le doute me percuta à nouveau, me demandant si je plaisais vraiment à Daryl et si il y avait quelque chose qui clochait avec moi. Son geste me frustrait toujours autant et me laissait perplexe.

En jetant un coup d'œil à la femme devant moi, je sus que je n'avais rien à perdre. Après tout, elle était ma sœur et ce n'était pas comme si j'avais des amies à qui aller me confier sur mes sentiments. De plus, j'avais toujours eu envie d'avoir ce genre de relation avec elle, confidence pour confidence. Toujours un peu hésitante, j' hochai la tête négativement et je compris à son expression qu'elle ne laisserait pas tomber sans plus d'informations.

-Il m'a repoussé, arrivais-je enfin à prononcer, ma voix tremblante d'inconfort. Ses yeux s'écarquillèrent et elle me sourit mis amusée mi attendrie.

-Oh Bethy... commença-t-elle d'un ton compatissant. Il essaye juste d'agir au mieux.

-Peut-être qu'il pourrait me laisser prendre mes propres décisions. Contrais-je alors, me sentant un peu en colère contre Daryl. Je ne voulais pas qu'il agisse au mieux, je voulais qu'il me traite comme je le souhaitais, comme une femme.

-Je crois que tout ça doit être nouveau pour lui. Je n'avais jamais vu Daryl agir envers personne comme il le fait avec toi. Voulut-elle me rassurer.

-Pour moi aussi, c'est nouveau, avouais-je d'une petite voix. Avec lui, j'me sens vivante, plus que je ne l'ai jamais été.

Je souris attendrie avec l'image de l'archer qui apparaissait dans ma tête. Ma sœur rayonna alors face à ma révélation, apparemment heureuse de ma déclaration.

-Tu sais c'est un sentiment...

-Je sais Maggie, l'amour, c'est compliqué, ça peut faire autant de mal que de bien, la citais-je en finissant sa phrase.

Elle ouvrit la bouche, et la referma aussi vite, imitant le poisson hors de l'eau à la perfection. Je réprimai un rire devant son air surpris et en même temps euphorique. Elle plaça ses deux mains sur ses lèvres comme pour retenir un cri.

-Bethy tu es … S'excita-t-elle, frôlant l'hystérie.

-Oui Mags, je crois que je suis amoureuse de lui. Déclarais-je timidement, alors que je n'arrivais pas à me débarrasser de la représentation mentale de Daryl.

Le silence s'instaura dans la pièce, laissant chacune d'entre nous, plongées dans nos propres réflexions.

La porte s'ouvrit alors laissant apparaître Glenn, il embrassa tendrement sa femme. Ces deux là étaient vraiment beaux à regarder. L'amour entre eux était perceptible à des kilomètres.

-Salut. Siffla-t-il à mon encontre. Qu'est-ce que vous faites ?

-Bethy était entrain de me dire que … Commença ma sœur joyeusement, en regardant son mari.

-Maggie, l'interrompis-je dans un sursaut d'énergie, extrêmement mal à l'aise.

-Que Daryl était parti sur une course. Finit-elle en me souriant, amusée par mon éclat de voix inutile.

Nous nous observâmes toutes les deux et dans une symétrie parfaite, nous pouffâmes, c'était un vrai et sincère éclat de rire, quasi à en avoir mal au ventre. Surtout lorsque nous surprîmes, le regard étonné de Glenn sur nous. Le pauvre nous regardaient comme si nous avions perdu la tête.

Judith commença doucement à s'agiter et je leur annonçai que j'allais rentrer la mettre à la sieste. Après avoir serré une dernière fois ma sœur dans mes bras et lui avoir murmuré un « merci » à l'oreille, je sortis accompagné du bébé.

Pour finir, Daryl avait eu raison d' insister pour que je reste à Alexandria, ça faisait du bien de passer une journée presque normale, de partager des moments d'émotions avec les miens, ça me permettait de relâcher un peu la pression. Toutefois, le savoir de l'autre côté de nos murs m'angoissait toujours autant et je n'avais plus qu'une envie c'était de le voir rentrer.

Point de vue de Daryl :

La journée était bien avancée maintenant et je devais admettre que je n'avais qu'une hâte, celle de rentrer à Alexandria. La course avait duré un peu plus longtemps que prévu car nous étions tombé sur un arbre au milieu de la route, qui bloguait le passage, nous obligeant ainsi à continuer à pieds. Malgré ça, nous avions trouvé le magasin et nous avions pu récupérer pas mal de médicaments.

Nous revenions à la communauté bien chargé. Denise avait eu une très bonne idée en nous amenant dans ce lieu, ça avait été une vraie réussite.

La pauvre avait été bouleversée là-bas, elle avait certainement du voir quelques choses qui la révulsait. Malheureusement, ce monde était rempli de vision d'horreur et la réalité était difficile à digérer pour beaucoup. En toute franchise, j'avouais qu'il était impossible de s'habituer à ce genre d'abominations. La vérité, c'était que nous n'avions pas le choix et nous devions faire face, en repoussant bien souvent nos émotions, c'était la seule façon pour continuer à avancer. Suite à sa sortie précipitée de la boutique, j'avais voulu l'encourager, alors je l'avais remercié de nous avoir guider. Nous avions fait une belle découverte grâce à elle et elle devait le savoir.

Maintenant, nous étions sur le chemin du retour, et plus on avançait plus j'étais pressé d'être chez nous. Cette pensée me fit sourire, le sentiment d'avoir une maison restait bizarre. L'idée d' emprunter le chemin de fer pour aller m'avait oppressé mais sachant que nous irions plus vite pour rentrer, je laissai tomber mon appréhension.

Du coup nous étions bien lancé sur le trajet, je marchais aux côtés de Rosita, tous les deux complètement silencieux. C'était un point que j'appréciais particulièrement, parler pour ne rien dire, n'était pas vraiment mon truc, ni le sien. Alors que le calme nous entourait, mes pensées eurent tout le loisir de remonter jusqu'à un visage d'ange. Visualisant ses sourires chaleureux, ressentant encore ses lèvres sur les miennes. Un simple touché de cette fille me faisait trembler de la tête au pieds. C'était étrange de se sentir ainsi autour d'une personne, et surtout inhabituelle. Je l'imaginais facilement entrain de m'attendre à la maison et en fait, je n'avais qu'un seul empressement, c'était de la rejoindre, de la voir. Sans mentir, je savais que je voulais tellement plus d'elle. Cette réalisation m'effraya, était-ce normal d'avoir autant besoin d'une personne ? La voix de Merle ricanant retentit à mes oreilles. Mon frère se serait en effet bien moquer de moi. Lui aurait simplement tirer son bonheur de la situation et se serait détourner d'elle sans aucun remords. Ce n'était en rien mes intentions, il était hors de question que je lui fasse du mal. C'était une des raisons principales pour laquelle, je n'avais pas encore accepter d'aller plus loin. J'ignorais totalement si je pouvais lui apporter ce qu'elle attendait, il y avait peu, je m'en pensais incapable. Pourtant l'envie d'essayer était de plus en plus intense en moi. Néanmoins, j'avais l'impression que rien que le fait de la toucher pouvoir la briser, alors oubliant mon envie d'elle, je me reculai. Je ne voulais en rien la noircir et enlever cette lumière qu'elle portait en elle. Cependant, revenir en arrière devenait réellement compliqué, surtout devant son obstination. Un frisson s'étendit le long de ma colonne vertébrale, alors que l'image d'elle complètement nue, parcourait ma tête. « quand elle veut quelque chose, elle l'obtient »avait révélé Maggie en toute sincérité et si à mon tour, je voulais être franc, je devais reconnaître que Beth m'avait obtenu depuis un bon moment, d'une manière ou d'une autre.

Je relevai la tête, étendant les muscles de ma nuque, et mon regard tomba sur le visage observateur de Rosita, celle-ci arborait un air moqueur sur ses traits.

-Quoi ? Crachais-je brusquement, irrité par ses railleries muettes.

-Rien, mentit-elle ouvertement sans se départir de son sourire.

Un bruit retenti juste derrière nous et d'un même mouvement, nous nous précipitâmes vers Denise resté quelques mètres en arrière. La doc se retrouvait en proie avec un rôdeur.

-C'est bon, je m'en charge, cria-t-elle envers l'hispanique qui se dirigeait vers elle pour intervenir, la stoppant net.

Surpris, nous restâmes à distance raisonnable, observant toute la scène, prêt à intervenir si la situation lui échappait. Je ne pus m'empêcher de me demander à quel jeu jouait cette fille. Elle m'avait pourtant l'air assez intelligente pour comprendre qu'elle se mettait en danger. Trouvait-elle ça marrant ? Ne voyait-elle pas à quelle vitesse les choses pouvaient déparées ? Je commençais à croire qu'elle n'avait pas réalisé qu'elle pouvait mourir à tout moment.

En me faisant mes propres réflexions, je sentais la colère croître en moi, sans réussir à la canaliser, je savais que j'allais bientôt exploser. Après un moment qui me sembla durer des heures, elle enfonça enfin son couteau dans le crâne purifié du mort-vivant, le rendant automatiquement immobile et inoffensif. Denise se dégagea du corps sans vie et se releva lentement, elle se plia en deux et vomit ce qu'elle avait dans l'estomac, choquée par ce qu'elle venait de vivre. J'effaçai la grimace de dégoût de mon visage et la regardai interloqué et énervé.

-Qu'est-ce qui t'as pris ? Pourquoi t'as fait ça ? S'informa méchamment Rosita, visiblement aussi remontée par la prise de risque inutile de la jeune femme.

Je la vis se pencher et ramasser un objet, qu'elle tendit victorieuse vers nous.

-Pour ça. Indiqua-t-elle fièrement.

Lorsque j'aperçus la canette de soda la rage en moi, s'accentua encore d'un cran et se fut le goutte d'eau qui me fit bondir. Elle fit mine de nous contourner pour reprendre la route et je vis rouge d'une manière incontrôlable.

-Pour un soda? tu as failli te faire tuer pour un soda ! Hurlais-je hors de moi. Je t'avais dis de ne pas prendre de risque, d'écouter ce qu'on te disait, de rester prêt de nous. Tu trouve ça comique ? Tu penses que c'est un jeu ?

-Non, je devais le faire, je devais en être capable. Se défendit-elle.

Je remarquai qu'elle était frustrée par le ton que j'employai mais je n'en avais rien à foutre. Devant mon air colérique, elle continua m'empêchant de reprendre la parole.

-Vous pensez sans doute que tout ça est un jeu pour moi mais ce n'est pas le cas. C'est juste que c'était important pour moi. Pour vous, c'est différent, vous le faites tous les jours. Tara le fait également. Je devais trouver le courage de sortir de ces murs et la force pour affronter ceci.

Elle montra le rôdeur qu'elle venait de liquider. L'intonation de sa voix était devenu plus rude, plus confiante, essayant de nous convaincre, montrant qu'elle savait ce qu'elle faisait, ou en tout cas qu'elle avait une raison de le faire. Elle fixa alors Rosita d'une lueur compatissante.

-Si je t'ai demandé de venir avec moi, c'est parce que je sais que tu es seule, j'ai entendu ce que tu as dit ce matin. Exposa-t-elle.

La jeune hispanique baissa un peu les yeux vers le sol, faisant jouer un de ses pieds dans la poussière, dans un signe d'embarras. Denise se tourna alors vers moi, et je sus qu'elle était décidé à me dire mes quatre vérités, que je le veuille ou non.

-Toi, je voulais que tu sois là, car je me sens en sécurité auprès de toi, tu es doué pour ça. Mais tu es toujours là entrain d'empêcher quiconque de t'approcher de trop prêt, voulant éviter de t'attacher. Tu gardes les autres à l'écart, évitant ainsi de créer des liens trop étroits. Me décrit-elle.

J'avalai lentement ma salive, sachant qu'elle n'avait pas terminé, et redoutant ce qui allait venir.

-A l'intérieure de nos murs, il y une fille qui se damnerait pour toi, elle n'a d'yeux que pour toi et elle a une confiance absolue en toi. Elle te suivrait jusqu'au bout du monde. En même temps, j'ai vu comment tu la regardes tout le temps, je sais ce que ça signifie. Tu ferais tout pour elle, tu donnerais ta propre vie si ça pouvait la sauver mais tu as tellement peur de ce que cela peut impliquer que tu rejette tout ce qu'elle peut t'apporter.

Elle stoppa un instant son monologue, scrutant nos réactions, se demandant sans doute si elle avait dépassé les limites autorisée. Pour être franc, elle m'avait tellement scotché par sa déclaration spontanée que j'étais incapable de prononcer un seul mot.

-Tara m'a dit qu'elle m'aimait, laissa-t-elle sortir dans un soupir de regret. J'ai pas répondu car j'avais peur...

Son regard tomba alors dans le mien et je déglutis difficilement face à la réalisation qui prenait forme dans mon esprit, comprenant le message qu'elle essayait de me faire passer.

-Pourtant, je l'aime aussi et maintenant ….

Sa phrase s'interrompit d'une traite, malgré le fait que sa bouche continuais à bouger lentement, sans qu'aucun son ne sorte. Une flèche traversait son œil pour franchir son crâne. Je l'observais complètement horrifié, je restai comme pétrifié sur place pendant quelques secondes. Revenant doucement sur terre, j'aperçus des hommes sortir des arbres, et nous entourer. Je reconnus direct Dwight qui tenait Eugène ainsi que mon arbalète. Je le vis prononcer une phrase que je ne saisis pas, mon esprit diriger à quelques kilomètre de là. J'aurais du me demander ce que le faux scientifique faisait là, ou comment ces types nous étaient tombé dessus. Cependant, la seule chose à laquelle je fus capable de penser, c'était Beth.

Point de vue de Beth :

L'après midi touchait doucement sur la fin, Juddith était levée depuis peu de sa sieste et j'étais occupée à lui donner une compote. En voyant les heures défilées, mon angoisse de ne pas voir rentrer Daryl augmentait, m'encombrant l'esprit. Refusant de céder à la panique qui m'obstruait le cerveau, je repoussai la petite voix qui me disait que quelque chose s'était produit. Je faisais de mon mieux pour fixer mon attention sur la petite fille face à moi, ainsi que sur les discussions entre Carl et Enid qui me parvenaient du salon. Ils étaient si mignon et maladroit, que ça en était touchant. Ça apportait un sentiment de normalité de voir deux adolescents se tourner autour, ça me rappelait tous ces moments au lycée avant que le monde se transforme.

-ça te dit une petite ballade ? Demandais-je à la fillette, alors qu'elle me regardait avec deux petits yeux pétillants.

J'avais besoin de m'aérer la tête, de faire autre chose que d' attendre et de stresser. De plus, le soleil brillait dans le ciel, et c'était le temps idéal pour profiter d'une petite promenade, avant que la soirée ne tombe. Je savais que ça me permettrait de m'évader légèrement. Je préparai la poussette, je mis le bébé dedans, l'attachant correctement, je saisis un biberon d'eau pour juddith et pris la direction de la sortie.

-ça vous dirait de faire un tour avec nous ? Proposais-je en passant devant le salon.

Les deux jeunes s'interrogèrent dans un échanges de regards silencieux, avant qu' Enid acquiesça un sourire sur les lèvres.

Dans les rues, l'ambiance semblait sereine. Quelques personnes se promenaient comme si le monde derrière les murs n'existaient pas. C'était facile de faire semblant que les morts n'avaient pas envahit la terre. Les gens d'Alexandria s'étaient tellement senti à l'abri de tout que l'invasion des rôdeurs avait été une révélation pour eux. Nous étions à l'abri nul part et nous devions toujours le garder à l'esprit.

Sur notre chemin, nous avions croisé Olivia qui comme toujours s'occupait des réserves. Je lui souris aimablement en passant à ses côtés. Nous avions aperçu Aaron et Eric en grande conversation, je les saluai avant de continuer ma route.

Je devais avouer que la ballade était relaxante, entouré des papotages constant de Carl et Enid, participant même une fois de temps en temps. Malgré le fait que je passais un agréable moment, le risque qui ait pu arrivé quelques chose à Daryl ne me quittait pas.

J'aperçus alors Carole, elle était assise dans la balancelle placée sur le perron de Tobyn. Elle fumait une cigarette, le regard perdu au loin. Délaissant quelques peu, les deux jeunes gens à mes côtés, je m'avançais vers elle avec Juddith.

-Carole, l'appelais-je doucement pour attirer son attention. Elle baisa lentement la tête et sourit gentiment en remarquant notre présence.

-Beth que fais-tu là ? S'informa-t-elle.

-Juste envie d'une promenade avec Judith.

Le silence s'interposa entre nous, me rendant un peu mal à l'aise, pourtant je n'avais encore jamais été gênée avec elle. Toutefois, je n'avais aucune idée de quoi dire, je ne comprenais plus très bien l'état d'esprit dans lequel la femme face à moi se trouvait. Depuis l'attaque de Wolves, elle semblait lointaine, j'avais l'impression qu'une certaine fragilité avant pris possession d'elle, la rendant incertaine. J'imaginais à quel point les événements avec l'autre groupe avait pu la bouleversée. Je n'en étais pas ressortie indemne non plus, les remords toujours ancrés en moi. Néanmoins, ce n'était pas comme si nous avions eu beaucoup le choix, en tout cas, c'était ce que j'essayais de me dire. Au delà de ça, je n'arrivais plus à reconnaître Carole dans la femme devant moi.

-Est-ce que tu vas bien ? Osais-je lui demander, réellement préoccupée et soucieuse de faire quelques chose pour l'aider. Elle acquiesça de la tête son sourire devenant une légère grimace.

-Carole, si tu as besoin de parler, je suis là. Tu ne devrais pas rester seule, ajoutais-je craignant par son regard, qu'elle prenne de mauvaise décision.

-Je sais Beth, mais ne t'inquiète pas pour moi. Le plus important, c'est que vous soyez tous bien. Voulut-elle me rassurer.

-Toi aussi, tu es importante, précisais-je. Je ne souhaitais en rien qu'elle prenne ses distances et s'éloigne de nous. Nous étions une famille et nous devions rester ensemble, et se soutenir.

Elle me sourit franchement cette fois, ce qui me rassura un peu.

-Et toi, tu vas bien ? S'enquit-elle à son tour. Bien entendu, il était hors de question que je lui fasse par de mes doutes ou de mes inquiétudes et encore moins du sentiments de culpabilité qui m'habitait.

-Toujours quand j'suis avec Judith, répondis-je en regardant la petite fille tendrement, celle-ci babillait joyeusement. N'oublie pas, si tu as besoin tu sais où je me trouve, insistais-je en lui accordant un dernier sourire.

Je ne savais plus quoi dire et je ne voulais en rien m'attarder sur mon humeur personnel. Il était donc temps de mettre un terme à l'entrevue. Je lui accordai un dernier sourire qui se voulait encourageant et je partis rejoindre les adolescents.

Ce fut un moment décompressant, agréable. Le reste de la ballade se passa entre rire et chanson qu'Enid et Moi fredonnaient, sous le regard moqueur de Carl. Nous nous étions même mise à jouer avec Judith dans l'herbe, la laissant gambader maladroitement et rire aux éclats. Cela nous permettait le temps d'un instant d'oublier tous nos soucis.

Le soleil baisait lentement, indiquant que la soirée venait, il était temps de rentrer. Comme un accord, nous nous dirigeâmes vers l'entrée d'Alexandria. Sacha était en garde avec spencer, ceux-ci observaient les alentours.

-Denise, Rosita et Daryl sont de retour ? Questionnais-je, essayant d'être le plus légère possible. Vu l'heure, ils devaient être revenu et l'archer était entrain d'attendre à la maison.

-Non, démentit-elle mes pensées. Rejetant la boule d'angoisse qui se formait dans ma gorge, je la saluai et me détournai accompagnée des deux adolescents. Je fis quelques pas pour me diriger vers la maison, essayant de taire le mauvais pré sentiment qui courait en moi, ainsi que la voix qui me criait de patienter là, ce qui je le savais ne servirait à rien. Lorsque la voix de Sacha rugit derrière moi.

-Beth, ouvre, ils arrivent.

Quelques choses dans l'intonation de la métisse me fit me presser. Je me dépêchai de faire glisser le portail, s'en savoir réprimer le frisson de panique qui me traversait.

Alors qu'ils empruntaient l'accès libre de passage, je remarquai toute de suite que Denise n'était pas présente. Deux autres personnes étaient pourtant dans la voiture, Eugène et Abraham. Ils n'étaient pas sensé se trouver là, alors pourquoi l'étaient-ils ? Le faux scientifique était couché à l'arrière avec Rosita tenant sa main, il était blessé, une tache rouge assombrissait sa chemise, et son teint était d'une pâleur impressionnante.

Mon regard croisa celui de Daryl, qui se tenait derrière le volant, et je compris à la lueur sombre de ses yeux que quelques choses de terrible s'était produit. Denise était morte.

Nous étions rassemblés dans l'infirmerie, Carl et Enid étaient retournés à la maison avec Judith, pour que je puisse suivre les autres. Abraham était parti chercher Rick pour lui expliquer les derniers incidents. J'avouais facilement que j'étais curieuse de savoir quels ennuis ils avaient rencontré et comment ils s'étaient retrouvés ensemble. Sans pouvoir m'en empêcher, j'observais Daryl, inquiète par son silence et son regard noir. Il avait cet air coupable sur le visage, que je n'aimais pas du tout mais qui me disait tout de suite, que ce qui s'était passé était grave.

-Qu'est-il arrivé ? Osais-je enfin lui demander, trop impatiente pour attendre Rick et surtout souhaitant le faire sortir de son mutisme. Ma voix était douce et posée. Il releva la tête vers moi, soupira en secouant la tête, comme s' il n'était pas sur de quoi répondre.

Ce fut à ce moment là qu' Abraham entra dans la pièce.

-Rick arrive. Comment va-t-il ? Interrogea-t-il en se dirigeant vers le lit d'Eugène.

-il ira bien, heureusement qu'on avait les antibiotiques que Denise a trouvé, déclara Rosita.

La voix de la jeune femme était fébrile, son regard était un mélange de tristesse et de rancœur mal dissimulée vis à vis du grand roux. Il y avait une réelle tension entre les deux qui était difficile à ignorer. Il paraissait évident que leur relation amoureuse était terminée et j'avais notamment remarqué que l'ancien militaire avait pas mal de vue sur Sacha, si pas plus. Je n'osais même pas imaginer l'état d'esprit dans lequel l'hispanique devait se trouver. L'image de Daryl papillonnant avec une autre femme que moi, me hanta quelque secondes avant que je me réprimande mentalement. J'éloignai l'idée complètement stupide de ma tête en me grondant, je n'avait aucun droit de penser à ce genre de chose alors qu'entre Daryl et moi, il n'y avait rien d'officiel. Je ne pouvais pas comparer la liaison que Rosita et Abe avaient partagé, avec la nôtre, en supposant qu'il y avait bien une relation.

De plus, je m'en voulais de penser à cela alors que nous étions encore une fois en situation critique. Je reportai alors mon attention sur Eugène et le rouquin. Le premier s'étant réveillé, ils échangeaient aux sujets de mordre dans des couilles, ce qui me laissa perplexe. J'étais dans l'impossibilité de fixer ma concentration, ne comprenant pas tout ce qu'ils se disaient. Je remarquais la fierté dans la voix de l'ancien militaire mais les mots m'échappaient car la présence de Daryl à mes côtés m'obsédait. Plutôt l'expression colérique et un peu choquée sur son visage me tracassait. Il était accoudé à la fenêtre, le teint livide, j'avais beau détailler ses traits, je n'arrivais pas à lire ses émotions. Bien sur, je savais qu'il faisait tout pour les camoufler du mieux possible, restant immobile et silencieux. Il ne m'accordait ni regards, ni geste, ni mots. Je le connaissais assez pour comprendre qu'il était ébranlé et qu'il se battait pour retenir ses pulsions colériques. J'étais consciente qu'il avait besoin de temps et de solitude mais à cet instant, j'avais l'impression d'être inutile.

Rick pénétra alors dans l'infirmerie, jetant un regard à chaque personne présente, s'assurant vite fait de l'état de santé du blessé.

-Que s'est-il passé? Interrogea notre leader, il ne parla pas de Denise et je supposai que l'ancien militaire avait du lui dire. Comment est-ce arrivé ? Continua-t-il en montrant Eugène couché sur son lit.

Même si j'étais curieuse de connaître l'histoire, j'avais cette sensation de ne pas être à ma place, je ressentais le besoin de m'échapper et de les laisser gérer cela entre-eux. Je me balançais maladroitement sur mes pieds, mal à l'aise.

-Je vais retourner près de Jude, annonçais-je alors, avant que quiconque puisse reprendre la parole. Baissant mon regard vers le sol, pour me faire toute petite, je fis mine de sortir de la pièce mais une main stoppa mon geste en attrapant la mienne. Je savais qui c'était et surprise, je me détournai pour rencontrer les yeux presque implorant de Daryl, je fronçai les sourcils inquiète par son expression.

-Reste... s'il te plaît, hésita-t-il à dire. Sa voix d'habitude si rude, était tremblante et timide. J'osais un regard à nos mains jointent, étonnée qu'il le fasse devant nos amis, et encore plus par le fait, qu'il n'avait pas l'intention de la lâcher.

Je compris à quel point il avait besoin de soutien. J'observai les autres qui comme je le supposais étaient stupéfaits par sa marque d'affection. Rick opina du chef pour me dire de rester, même si honnêtement, je n'avais pas besoin de ça pour le faire. Si Daryl souhaitait que je sois là, alors je le serai sans aucun doute. Je me replaçai à ses côtés, ne détachant pas nos mains, m'assurant de garder une certaine distance pour lui laisser l'espace nécessaire. Me surprenant à nouveau, je le sentis se rapprochant discrètement, jusqu'au moment où nos bras se touchèrent, créant un choc électrique qui se répandit dans tous mon corps. Je dus me faire violence pour ne pas relever la tête et le regarder à nouveau, déployant toutes mon attention à ce qui se disait.

-Nous sommes partis en course pour récupérer des médicaments avec Denise, commença Rosita. Elle a eu une super idée, c'était une réussite, les sacs sont rempli de médocs. Sur le retour, elle a reçu une flèche dans l'œil, avant même que nous comprenions ce qui nous arrivait, des types sont sorti des bois avec Eugène. Nous ne les avons pas senti venir.

-Je connaissais le mec, Dwight, compléta Daryl, la mâchoire serrée, la haine lisible dans ses yeux.

Me souvenant de notre conversation de ce matin, j'eus un frisson horrifié, commençant tout doucement à comprendre la réaction de l'archer.

-Je l'ai rencontré lorsque j'ai perdu Sacha et Abraham, le jour où on a éloigné la horde de Rôdeurs.

Rick hocha la tête de manière compréhensive, connaissant son ami, il devait certainement faire le même constat que moi. Nous avions compris qu'il se sentait coupable de la mort du doc.

-Il a tiré avec mon arbalète, grogna-t-il confirmant notre intuition.

Personne ne dit un mot, sachant que ça ne servirait à rien. Daryl avait toujours cette tendance à prendre toute la misère du monde sur ses épaules. Je serrai sa main un peu plus fort pour lui montrer ma présence, mon soutien. Je fis taire la voix qui me criait de le prendre dans mes bras, de lui murmurer des paroles réconfortante, comme il le faisait pour moi lors de mes nombreux cauchemars. Cependant, je savais que ce n'était pas une bonne idée, pas ici, pas devant nos amis. Ce n'était pas quelques choses qu'il apprécierait. Je me contentais de lui tenir la main, passant maladroitement mon pousse sur le haut de la sienne, dans une caresse, qui je l'espérais, apaisante.

-Eugène voulait trouver un endroit pour faire des munitions, entama Abraham, brisant le lourd silence. Ils ont profité que j'étais un peu à l'écart pour le saisir. Ces fils de putes ne m'ont pas vu, j'ai pu les suivre, nous guidant jusqu'aux autres. .

La manière dont il regardait le blessé, je pouvais voir qu'il s'en voulait quelque peu, comme si il n'aurait pas du se tenir éloigner. Je ne pus m'empêcher de me demander ce qui s'était passé entre eux pour qu'il ressente le besoin de le laisser seul. Toutefois, ça ne regardait qu'eux et l'important restait qu'il était arrivé à temps, enfin en quelques sortes, repris-je mentalement en pensant à Denise.

Je savais que leur lien s'était créé de façon spécial, débutant sur un mensonge d'Eugène, mais aujourd'hui il était clair qu'il se considérait l'un l'autre. Je voyais dans le regard du grand costaud, un respect et une certaine fierté. Quoi qu'il en soit, ces deux là comptaient parmi les membres de ma famille, avec leurs défauts et leurs qualités.

-Comment vous en êtes vous sorti ? S'informa Rick, visiblement frustré par le récit. Je le connaissais assez pour savoir qu'il essayait déjà de former un plan d'attaque dans sa tête.

-Eugène a fait diversion, nous donnant la possibilité d'agir, valorisa Rosita en accordant un sourire au faux scientifique.

-Putain ouais, il a mordu ce connard à la bite, ricana Abraham un air assez impressionné.

Mes yeux s'écarquillèrent en entendant cette révélation. Le type avait du avoir vachement mal, bien fait pour sa gueule, pensais-je méchamment.

Le silence s'installa à nouveau, chacun réfléchissant à ce qui venait de se dire.

-Nous allons tous rentrer chez nous, intervint l'ancien chérif. Nous reparlerons de tous ça demain. Vous devez vous reposer, surtout toi Eugène.

-Tu crois qu'on va attendre les bras croisés ? s'emporta Daryl, sa voix reflétant sa colère. Nous devons faire quelques choses.

-Nous le ferons, mais pas aujourd'hui. La nuit est entrain de tombé, il est déjà tard, c'est dangereux de s'aventurer dehors et tu le sais. Demain, nous tracerons un plan et on agira, assura sagement Rick, essayant tant bien que mal de calmer son meilleur ami.

L'archer secoua la tête sèchement, montrant son accord tout en laissant apparaître sa rage. Je savais qu'il allait vouloir se venger et ça m'effrayait. J'avais déjà eu un aperçu de sa façon d'être lorsqu'il s'en voulait, lorsque les remords le rongeaient. Il pouvait être tellement destructeur, surtout envers lui-même.

-Et pour Denise ? Voulut savoir Rosita, en pinçant les lèvres.

-Aaron et spencer sont parti récupérer son corps, Abraham leur a indiqué l'endroit. Demain, nous pourrons l'enterrer.

Tout le monde se tut. Cette journée avait pourtant bien commencé, ne pouvait-on pas avoir un seul jour sans drame ? était-ce trop demandé ?

Bien entendu, chacun d'entre nous, était capable de faire le lien entre les éléments des jours passés et ceux d'aujourd'hui. Tout ça avait rapport qu'avec un seul nom « Negan ». « Nous sommes tous Negan » nous avait répété Carole après leur enlèvement, c'était ce que cette femme avait dit. Je ne savais pas trop ce que ça signifiait mais une chose était sur, c'était terriblement flippant.

Nous venions de rentrer à la maison avec Rick, le silence était de mise, pas un seul son ne filtrait de nos lèvres, rendant l'air autour de nous lourd. Daryl n'avait toujours pas lâché ma main, et même si je trouvais ça inhabituel de sa part, je ne pouvais pas lui arracher. J'avais l'impression que par ce contact, toute la tension qu'il ressentait se transférait dans mon propre corps.

Michonne avait préparé de quoi manger, et tenait Judith dans ses bras. Celle-ci se mit à s'agiter en me voyant et je me penchai pour la saisir, lâchant du même coup la main de Daryl. Celui-ci tressaillit alors que je rompais le contact et en l'observant je remarquai une lueur un peu étrange, mélange d'angoisse et de frustration. Je n'étais pas vraiment sur de savoir ce que c'était, mais je pouvais voir à quel point il semblait tendu. J'eus envie de reprendre sa main dans un geste instinctif mais la fillette se penchait inexorablement vers moi, espérant que je la prenne. Ce que je fis rapidement avant de me remettre aux côtés de l'archer.

-Regarde, qui est là Judith, m'exclamais-je tendrement en désignant l'homme près de moi. J'essayais juste de le sortir de ses sombres pensées, sachant que la petite fille avait cette faculté de me faire sourire, j'espérais qu'elle pouvait avoir le même effet sur lui.

-Hé, petite dure à cuire, souffla-t-il le visage vide d'émotions positives. Il passa sa main dans ses cheveux, dans un geste affectif, qu'il avait souvent à son égard mais s'éloigna aussi vite.

-A demain, lâcha-t-il en empruntant les escaliers.

-Tu ne manges pas? s'étonna Michonne, l'inquiétude traversant ses traits.

-Pas faim, répondit-il simplement sans prendre la peine de se retourner.

Mon estomac se contracta au moment où il disparaissait de ma vision. J'enlaçai Judith un peu plus fortement dans mes bras, comme pour trouver du réconfort dans le bébé. Le voir ainsi, perturbé et en colère m'apportait un sentiment de tristesse et plus encore, je me sentais impuissante.

-Il ne va pas bien, indiqua la samouraï.

-Il se sent coupable, crut bon de compléter Rick, en connaissant son ami. Ils se tournèrent tous les deux dans ma direction, l'air un peu étrange.

-Il va vouloir se venger, confirmais-je comme si ils ne le savaient pas déjà, mais c'était les seuls mots qui m'étaient venus à l'esprit.

-je sais, soupira-t-il.

-Je vais monter le rejoindre. Tu veux que je couches Judith ?

En réalité, je n'avais qu'une envie, rejoindre Daryl et m'assurer qu'il irait bien. Malgré ça, si Rick avait besoin de moi pour la fillette, je ne pouvais pas lui refuser.

-Non, pas ce soir, nous allons nous en occuper, merci quand même.

Je leur souris reconnaissante, et je retins une taquinerie que j'aurais bien placée. Ils formaient une belle petite famille tous les quatre. Ne voulant pas m'attarder plus que ça, je déposai Judith dans les bras de son père mais alors que j'allais monter les marches, la voix de Rick m'interrompit.

-Beth, ne le laisse pas se renfermer...

J'eus l'impression qu'il n'avait pas fini sa phrase, mais rien de plus ne vint. Il avait cet air concerné sur le visage. J'étais consciente du lien qui unissait les deux hommes, bien plus qu'une simple amitié et il était touchant de les voir inquiet l'un pour l'autre. J'acquiesçai de la tête et m'éclipsai à l'étage supérieur.

Alors que je me rapprochais de la chambre, l'angoisse montait de plus en plus. Je voulais être là pour Daryl, pour le soutenir mais je ne savais pas exactement dans quel état j'allais le retrouver. Le souvenir de ce jour où il m'avait hurlé dessus s'insinuait en moi. Je savais que l'alcool avait fait ressortir toute sa haine, mais je savais que ce qu'il m'avait avoué, était réel. Il était toujours envahi par tant de culpabilité qu'il était difficile de lui faire voir autrement.

Bien entendu, ce n'était pas ses cris sur moi qui m'effrayait, ça je saurais les gérer sans problème, mais c'était plutôt son côté auto destructeur qui me pétrifiait. J'avais peur de ne pas savoir l'aider. Ce jour là à la cabane, il avait pris sur lui la mort de papa, disant que s'il avait continué à chercher le gouverneur ça ne serait pas arrivé, il avait pris le drame comme si c'était sa faute, à tord bien sur. Malgré tout, aujourd'hui, je savais que le même refrain résonnait dans sa tête.

Il pouvait être tellement fort, donnant l'image de lui indestructible, mais cet après-midi là, je l'avais vu si fragile, si meurtri que j'en avais eu la respiration coupée. C'était la première fois que je le voyais s'effondrer.

Repoussant, les images de ma tête, je pris mon courage à deux mains et ouvrit la porte, prête à subir sa colère, prête à l'écouter, peut-être même à le combattre verbalement. J'entrai dans la pièce, et je l'aperçus immédiatement, assis sur le bord du lit, la tête entre les mains, il ne semblait pas pleuré car aucun mouvement ne secouait son corps. Il était juste là, immobile et l'air chamboulé. A cette vue, mon cœur se serra. Daryl était si doué à retenir ses émotions que le voir flanché était douloureux pour tous ceux qui y assistait.

-Hé, murmurais-je.

J'étais incapable de dire, si il m'avait entendu et s'il avait même remarqué ma présence. En tout cas, il ne donna aucune indication en ce sens. Je m'installai à ces côtés, pas trop près mais pas trop loin non plus. Réfléchissant à l'attitude à adopter, ayant peur de le brusquer. Ne sachant pas quoi dire, même si plein de chose me venait en tête. J'aurai pu lui affirmer « je suis là pour toi » ou « j'ai peur pour toi » ou même « si tu savais ce que tu représentes pour moi » ou juste ces trois petits mots qui faisait fibrer mon cœur. Pourtant rien de tout cela avait de réelle importance à cet instant, ce n'était pas des choses à dire surtout à lui alors qu'il était mangé par les remords et certainement la vengeance.

-Si tu étais venue avec, ça aurait pu être toi avec cette flèche, me surprit-il. Je sortis instantanément de mes réflexions. Sa voix était tremblante d'émotions, je fixai mon regard au sien, me rendant compte de ce qu'il venait d'exposer. J'étais loin de me douter que j'étais en partie la cause de son état d'esprit actuel. Je n'étais pas certaines de comprendre ce qu'il voulait dire mais quelques choses dans ses yeux me confirma mon impression. Il était tourmenté par la peur de me perdre, il avait peur que je puisse mourir. Je me sentis émue mais également troublée.

Était-il seulement conscient de l'angoisse que je ressentais lorsqu'il quittait Alexandria ? Savait-il à quel point j'étais effrayée à l'idée de le perte ? Cependant, à ce moment précis, il ne s'agissait pas de moi mais de lui. Ses yeux étaient noyés dans les miens, je le sentis poser sa main sur ma joue,dans une infinie douceur, provoquant une série de picotements dans ma nuque. Sa respiration devenait saccadée et plus rapide, alors que nos regards ne se quittaient pas. La chaleur montait en moi à chaque seconde un peu plus, m'amenant à réaliser à quel point je le désirais. J'étais vivante et bien décidée à le lui prouver.

Profiter de l'instant présent, c'était maintenant, pas demain, pas après demain, juste maintenant. Sans hésiter, je me glissai sur ses genoux, me plaçant à califourchon sur lui, une jambe de chaque côté des siennes, ignorant son expression étonnée. Il combla alors la distance de nos lèvres, pour les sceller l'une à l'autre, dans un baiser tout d'abord timide, mais très vite brûlant. J'eus cette impression que non seulement sa vie en dépendait mais la mienne aussi.

Le baiser devenait de plus en plus intense, provoquant une boule de feu au creux de mon ventre, accentuant le désir que j'avais de lui. Mon corps entier tressaillit face à la puissance de ce besoin, ma conne vertébrale était secouée de décharge électrique. À bout de souffle, je me détachai de sa bouche, posant mon front contre le sien, essayant de maîtriser mon rythme cardiaque et savourant mon nouvel émoi.

-Je suis ici … avec toi... je suis en vie... haletais-je dans un murmure presque sensuel. Sans lui laisser l'occasion de répondre, je capturai ses lèvres, passant mes mains dans sa nuque pour approfondir le baiser. Je glissai lentement ma langue sur sa bouche pour lui demander l'autorisation d'entrer, et il n'opposa aucune résistance. Nos langues se mélangèrent dans un ballet langoureux et excitant.

Ses mains descendit le long de mon dos pour saisir l'ourlet de mon t-shirt, dans un geste automatique, je levai les bras en l'air pour lui permettre de l'enlever, détachant nos lèvres pendant quelques secondes. Je profitai de l'instant, pour lui enlever son propre vêtement. Je détaillai alors son torse, comme je l'avais déjà fait à de nombreuse reprises lors de nos réveils mais cette fois-ci dans une situation toutes nouvelles. Je laissai mes mains partir en explorations, parcourant le moindre millimètre de sa peau, me rendant de plus en plus fébrile à mesure que je prenais conscience de ses muscles. Il m'embrassa à nouveau, tout en libérant mes cheveux de la queue de cheval, les faisant retomber le long de mon visage. Sa bouche glissa doucement le long de mon coup, traçant un chemin bien précis, comme si il savait exactement où aller. Un gémissement s'échappa de mes lèvres sous ces sensations inédites. Chaque geste de sa part provoquait un nouvel incendie à l'intérieure de mon être. Ses mains descendirent le long de mon dos, et il me fit lentement basculer sur le lit, me plaçant sous lui.

Cette fois, il n'y avait plus de doute possible, je ne le laisserais plus reculer même si jusqu'à présent, il n'avait pas l'air d'en avoir l'intention. Un frisson de plaisir me traversa rien qu'à imaginer ce qui allait suivre. Il caressait mon corps avec une douceur insoupçonnée, sa main partant de mon épaule à l'extrémité de mon bras, puis se posant sur mon ventre, traçant une série de petits cercles de ses doigts. Chaque touché laissant des picotements longtemps après le passage. Lorsqu'il replaça sa bouche sur la mienne, mon corps se souleva de manière spontanée, pour venir à la rencontre du sien.

A cet instant, rien d'autre n'existaient à part lui, la passion et moi. C'était comme si, j'étais dans un autre monde, où il n'y avait que nous deux.

-Tu sens bon, chuchota-t-il en approchant sa bouche de mon oreille.

La chaleur monta encore d'un cran, enfin si c'était possible, je me sentais aussi légère qu'une plume. Il se stoppa un instant, m'arrachant un petit son de frustration, et me faisant froncé les sourcils. Je vis dans ses yeux un désir non camouflé, et même si il aurait voulu me faire croire l'inverse, son corps serré contre le mien me donnait l'opportunité de sentir toute la force de son envie.

-Si tu as changé d'avis, c'est le moment de me le dire, avança-t-il.

Je compris que si je donnais mon accord, il ne serait plus capable de s'arrêter. Ce qui était tant mieux, vu que je n'avais aucune envie que tout ça se termine.

-J'ai envie de toi, avouais-je sans retenue. Le ton de ma voix m'étonna moi-même, mélange de passion et de désespoir.

Je le vis déglutir difficilement et sans attendre, il m'embrassa avec une ardeur dévorante. Mon corps réagit automatiquement, ondulant contre lui, l'incitant à plus et toujours plus. J'avais besoin de lui, besoin de le sentir, la réalisation me frappa subitement, je le voulais. Cette sensation était inconnue pour moi, je n'avais encore jamais ressenti ça. Toutes les parties de mon corps le réclamaient.

Sans savoir comment, mon esprit totalement embrouillé par le désir, nos pantalons tombèrent au sol. Il dégrafa mon soutien-gorge, et explora tout mon corps de ses baisers, me faisant gémir inconsciemment. Chaque caresse, chaque souffle sur ma peau allumait un brasier au fond de moi. J'avais l'impression de découvrir chaque parcelle de mon corps à travers ses mains.

Ayant ce besoin de le toucher encore et encore, mes doigts gambadaient sur son torse, sur ses bras, s'épanouissant sur ses épaules solides. Je le sentais frémissant sous mes caresses, je faisais attention pour ne pas glisser sur son dos me doutant que ça le gênerait.

La respiration haletante, je laissais mon corps réagir naturellement, venant à la rencontre du sien avec un certain empressement. En me frottant contre la démonstration de son désir, je me mordis la lèvre inférieure, surprise de le sentir si fort. Je sentis sa main remonter à l'intérieure de mes cuisses en prenant tout son temps, ces doigts frôlèrent mon intimité, restant à une distance minimale me donnant envie de plus et me frustrant. Je poussai mon corps vers le bas, pour qu'il rencontre ses doigts, à l'endroit où je le souhaitais, l'incitant ainsi à m'explorer plus loin.

-Doucement, Beth, doucement, marmonna-t-il d'un ton rauque, m'envoyant une vague de frissons.

Je lui souris d'une manière assez aguicheuse, avec une assurance et une fougue que je ne me connaissais pas, j'invitai sa main à faire ce que je voulais.

-Je suis un homme mort, lâcha-t-il, m'arrachant un petit éclat de rire.

Je n'arrivais plus vraiment à réfléchir, la tête complètement retournée par toutes les sensations qui me submergeaient, par tous ce que ses caresses envoyait en moi. Des gémissements sortaient de ma bouche sans que je puisse les retenir, essayant de contrôler le tourbillon qui prenait forme au creux de mes reins. Il m'embrassait à chaque fois qu'un son franchissait mes lèvres, empêchant ainsi le bruit de sortir de moi. Je sentais tout mon corps fondre sous ses doigts, c'était si intense, mon corps s'arqua dans le plaisir, se laissant aller à son exploration.

Il enleva d'un coup ses doigts de moi, stoppant en même temps toutes les émotions qui me dévoraient. Je ne sus retenir un soupir de frustration, alors que mon corps en demandait plus. Le sentiment d'empressement s'empara alors de mon être, je ne voulais plus attendre. Comme s'il avait deviné le fil de mes pensées, il se plaça complètement sur moi, posant une main de chaque côté de ma tête pour éviter de peser de tout son poids sur moi. Il blogua ses yeux dans les miens, sa respiration était à l'image de la mienne, profonde et irrégulière.

Je pris soudain conscience du doute qui voilait son regard, je relevai la tête pour venir à la rencontre de sa bouche, posant mes lèvres sur les siennes, l'encourageant à continuer.

-Tu l'as déjà fait avant ? S'enquit-il en s'éloignant de quelques millimètres. La question m'émeut plus que de raison, je ne pensais pas qu'il s'inquiéterait de ce genre de chose, surtout dans notre situation actuelle.

-Oui, une fois, le rassurais-je honnêtement mais timidement.

Je ne savais pas si je devais lui dire, que ça n'avait rien de commun avec ce que nous étions entrain de vivre, la comparaison n'avait même pas lieu d'être. Du coup, je gardai ça pour moi, en tout cas pour l'instant. Je n'avais aucun doute sur le fait que ce qui allait suivre, serait nouveau pour moi.

Comme si c'était le signal, qu'il attendait, il se glissa en moi, sans que nos yeux se quittent. Rendant le moment aussi intense qu'il pouvait l'être. Je savais qu'il prenait son temps, ne voulant pas me faire mal, et même si sur le coup, j'avais eu peur d'avoir quelques douleurs, je devais reconnaître que le sentiment que j'avais, était juste savoureux. Je le sentais si fort en moi, trouvant parfaitement sa place. C'était indescriptible. Une fois entièrement à l'intérieure de moi, il arrêta tout mouvement, s'assurant du regard que j'allais bien. Me rendant compte qu'aucun mot ne pouvait sortir de façon compréhensif, je me mis à bouger sous lui, lui commandant silencieusement de faire pareil.

Il ne perdit pas de temps, et synchronisa ses mouvements aux miens. Il commença par de légers coup de bassins qui au fur et à mesure devinrent plus rapide. Je replaçai mes mains dans sa nuque, saisissant sa bouge pour un baiser profond, étouffant de la sorte tous les gémissements qui cherchaient à quitter mon corps.

Tandis que je frémissais sous ses lèvres, je le sentis trembler de haut en bas, je n'en étais pas sur mais j'avais l'impression qu'il sera bientôt au point culminant. Exactement de la même façon que moi. J'étais réellement dans un état second, le sentant parfaitement bien. Dans un geste rapide, je serrai mes jambes autour de ses hanches, comme pour renforcer le lien, comme pour renforcer nos mouvements. En sentant la jouissance monter en moi, je rejetais la tête en arrière, remarquant que son souffle devenait de plus en plus fort et saccadé. Cette fois un cri sortit de mes lèvres sans que j'arrive à contrôle quoi que se soit, atténué immédiatement par ses lèvres.

-Beth, souffla-t-il contre ma bouche. Le son de mon nom dans sa voix était simplement irréel, presque magique et je compris qu'il était venu. Son corps se relâcha et il se glissa à mes côtés. Je ne savais pas trop pourquoi, mais une question me taraudait « était-ce ça d'avoir un orgasme ? ». je souris à moi-même, bien entendu je ne poserai pas la question, ni maintenant, ni jamais. Une chose était sur, c'était bien la première fois que je ressentais autant de sensations, j'avais juste cette impression d'avoir été hors de mon propre corps. Je fermai les yeux, savourant les derniers frissons toujours présents au fond de mon ventre.

Je me permis alors de l'observer, et vit qu'il faisait de même, son regard était brillant, il me regardait comme jamais personne ne l'avait fait. J'espérais vraiment qu'il ne regretterait pas ce qui venait de se passer et qu'il ne reculerait pas.

-Tu vas bien ? Me demanda-t-il, juste le son de sa voix me fit sourire plus de raison, ça y était, j'étais complètement perdue.

-Plus vivante que jamais, avouais-je en rougissant légèrement, une partie de moi voulait qu'il sache ce que j'avais ressentis, mais je ne savais pas comment lui exprimer. Je me sentais assez maladroite, ne sachant pas comment agir, je ne savais pas ce qu'il attendait que je fasse. Je ne voulais pas devenir envahissante, je savais qu'il avait besoin de son espace personnel. Néanmoins, j'avais cette envie, de me coller à lui, de profiter de sa chaleur, juste de lui. Comme si il avait compris mon dilemme, il coupa court à mes réflexions en rapprochant mon corps le plus près possible du sien, me faisant soupirer de contentement.

Tout ça semblait tellement improbable, presque comme un rêve et je me mis soudain à prier pour ne pas me réveiller. Cependant, mon corps entier me criait que toutes ses nouvelles sensations avaient bel et bien existé. Ce que j'avais pu imaginer jusque là dans mon subconscient n'avait jamais été aussi fort, aussi « jouissif » oui, c'était le bon mot.

La curiosité de savoir comment c'était pour lui, me rongeait de l'intérieure, mais je ne me voyais pas lui demander « alors c'était bon ? ». J'étais consciente de ce que j'avais ressenti et j'avais pu sentir son plaisir mais j'avais la crainte qu'il ait pu trouvé ça fade, comparer à ce qu'il avait du vivre avant. En fait, je réalisais que je ne connaissais rien de ses relations passées.

Je me serrai un peu plus contre lui, déposai un léger baiser sur son épaule, ayant à nouveau l'envie de ressentir toutes ces émotions. Je déposai mon menton sur le haut de sa poitrine, détaillant tous les détails de son visage, passant mes doigts lentement contre sa peau.

-Quoi ? Voulut-il savoir, je pinçai mes lèvres un peu mal à l'aise.

-Rien... commençais-je. Mais il fronça les sourcils dans une mimique intriguée et je me dis que tout compte fait je pouvais peut-être lui poser la question.

-Combien de filles t'as eu avant le tournant ?

Il écarquilla les yeux surpris par ma curiosité, ou peut-être par mon audace, il haussa les épaules.

-Fais moi confiance, tu veux pas savoir. Déclara-t-il l'air légèrement plus sombre.

J'imaginais la vie qu'il avait du avoir à l'époque avec Merle, je savais que ce n'était pas des plus glorieuses et je me doutais que les occasions pour coucher n'avaient pas du lui manquer. Toutefois, l'entendre de vif voix avait le don de me ternir les idées. Je secouai la tête me traitant mentalement d'idiote, je n'allais tout de même pas être jalouse de ce qui avait existé il y avait longtemps. Il avait eu un passé et je devais l'accepter.

-Si, dis moi, j'suis pas stupide, je sais que tu as eu une vie avant que le monde tourne fou. Insistais-je, un petit sourire aux lèvres, essayant de paraître légère.

-Pourquoi c'est si important ? Interrogea-t-il à son tour, ayant probablement du mal à suivre ma logique.

-Juste comme ça, pour savoir.

Franchement, j'avais juste besoin de me rassurer et d'être sur que ce qu'on venait de faire, n'avait pas été si mal. Que ça lui avait plu autant qu'à moi. Il me sourit étrangement, comme s'il avait deviner mes intentions et je rougis légèrement. Il poussa un petit soupir mi amusé, mi contraint.

-Je ne sais pas vraiment. Assez bien, je suppose. Avoua-t-il d'une traite, ressentant un certain malaise. Sans savoir pourquoi, je baissai les yeux, me concentrant sur sa poitrine, essayant d'ignorer la boule qui venait de se former dans ma gorge, me sentant subitement ridicule.

-Hé ! Reprit-il en relevant mon menton de son doigt pour que je puisse le regarder. Je t'ai déjà expliqué, j'étais pas très sérieux, je traînais avec Merle tout le temps, passant de bar en bar. Dans ce genre d'endroit, c'est pratique de ramasser les filles faciles.

J'étais reconnaissante qu'il prenne le temps pour essayer de me rassurer, mais sur le fait, ça ne changeait pas grand chose, il avait une grande expérience, tandis que moi, je n'y connaissais rien.

-Je n'ai jamais eu de vraie relation, indiqua-t-il en fixant son regard au mien. Ça n'a jamais ressemblé à ça, hésita-t-il à ajouter. Je savais qu'il parlait de nous, et un petit sourire attendri étira mes lèvres en une fine ligne.

-Toi... moi...ce qu'on vient de faire... ces moments... , c'est nouveau pour moi, ça semble irréel, confia-t-il, m'envoyant un millier de papillon au creux de mon ventre. En réponse à tous ça, je posai mes lèvres sur les siennes, voulant lui transmettre ce que je ressentais.

-Et ça, ça te semble réel ? Souris-je en m'écartant de quelques centimètres. Il ne répondit pas mais le sourire qu'il afficha, valait mieux que n'importe quel mot.

En le voyant là, souriant et les yeux pétillant, j'eus soudainement envie de lui crier à quel point j'étais amoureuse de lui, mais je n'étais pas si naïve et je n'avais aucune envie de le faire fuir. Je reposai ma tête sur son torse, écoutant le rythme de son cœur, dessinant des petits dessins sur son bras à l'aide de mes doigts. Je crus un instant qu'il allait s'endormir, sa respiration devenant plus lente et régulière, mais il me surprit en reprenant la parole.

-Et toi ?

-Quoi moi ?... Je te l'ai dis, une fois. Répondis-je avec une certaine gêne, en voyant son regard explicite.

-C'était qui ? S'informa-t-il, une lueur étrange passait dans ses yeux alors qu'il m'observait. J'eus même l'impression que c'était de la jalousie. Devant cette idée, je souris toute seule et ne pus résister à le narguer.

-Jaloux Mr Dixon.

Il eut l'air offusqué par ma remarque, fit une drôle de mimique et grogna un « n'importe quoi » qui élargit mon sourire. Après quelques minutes de silences, sentant toujours son regard interrogateur, je repris la parole.

-C'était Jimmy, une semaine ou deux avant que les choses changent, me rappelais-je alors. C'était normal de le faire, juste comme ça, assez vite fait.

Ma voix était peu assurée, je ne savais pas trop quoi dire, j'étudiais l'expression de son visage et je n'arrivais pas trop à en saisir le sens. Je voulais lui expliquer et lui faire comprendre qu'il était le premier et certainement le seul à me faire ressentir toutes ces sensations surréalistes, à me faire sentir différente.

-Je ne savais pas qu'on pouvait ressentir autant de choses avant ce soir. M'exprimais-je repoussant toute gêne, voulant me montrer sincère.

Le regard qui me lança, me transperça . Je n'avais pas besoin de lui dire que ma première fois n'avait dure que dix minutes, qu'aucune caresses, ni qu'aucun baiser de Jimmy ne m'avaient fait quitté la terre ferme. Que l'acte en lui-même avait été douloureux et sans étincelle. Que rien ne s'était allumé en moi. Je me promis qu'un jour je lui dirais que lui seul était capable de provoquer un feu au fond de moi, parce que lui seul, était l'homme de qui j'étais amoureuse.

Il m'embrassa à nouveau tendrement, et ce fut moi qui approfondit le baiser, augmentant la chaleur qui prenait forme au creux de mes reins, la transformant au fur et à mesure en brasier qui se dirigea droit sur mon cœur.

De fil en aiguille, il me combla de caresses, d''attention, de baisers, de sourires, jusqu'au moment où il m'embarqua dans une secousse suprême de bonheur, jusqu'à atteindre notre apogée. Et ce fut encore meilleure que la première fois.

Lorsque ma respiration reprit un rythme normal, se calant sur celle de Daryl, je ne tardai pas à m'endormir, espérant plus que tout qu'il ne changerait jamais d'avis, que la flamme qu'il avait allumé, persisterait toute ma vie. Dans une prière muette, je priai pour qu'il reste avec moi toute la journée du lendemain, oubliant sa vengeance, même si je savais que ça n'arriverait pas.

note de l'auteur:

traduction des paroles:

Battements de cœur rapides
Des couleurs et des promesses
Comment être courageux ?
Comment puis-je aimer quand j'ai peur de tomber ?
Mais en te regardant seul debout
Tous mes doutes soudainement s'en vont en quelque sorte
Un pas plus près

Je suis morte chaque jour en t'attendant
Chéri, n'aie pas peur, je t'ai aimé
Depuis un millier d'années
Je t'aime pour un millier de plus
Le temps s'arrête
La beauté dans tout ce qu'elle est
Je vais être courageux
Je ne laisserai rien s'emporter
Ce qui se tient en face de moi
Chaque souffle
Chaque heure nous a mené là
Un pas plus près

Je suis morte chaque jour en t'attendant
Chéri, n'aie pas peur, je t'ai aimé
Depuis un millier d'années
Je t'aime pour un millier de plus
Et tout ce temps je savais que je te trouverais
Le temps m'a apporté ton cœur
Je t'ai aimé depuis un millier d'années
Je t'aime pour un millier de plus

Bon voila j'espère que ça vous a plu. J'avoue que c'est la première fois que j'écris sur un rapport intime, je ne sais pas vraiment si c'est bien fait, j'hésitais entre décrire plus, décrire moi, ... j'espère donc avoir vos avis. Comme je vous l'ai déjà expliqué, j'avais besoins qu'ils se trouvent maintenant, avant ce qui va suivre. Je tenais à ce qu'ils aient ce moment de plaisir.

Je suis un peu inquiète par rapport au fait que le chapitre était assez centré sur leurs émotions et donc par le manque d'action. Je voudrais aussi vos avis là dessus car le prochain chapitre, sera encore dirigé de cette manière avant l'action. Qu'avez-vous pensé de la chanson?

Et pour revenir à la conversation Maggie/Daryl, je suis curieuse d'entendre ou plutôt de lire vos réactions. je sais que beaucoup de fan suppose qu'elle aurait été en colère vu la différence d'âge, mais je crois réellement qu'elle aurait très bien surmonter cet état de fait. Surtout quand je vois comment elle affronte la mort de Glenn. Je me dis qu'elle aurait compris... Bien sur ce n'est que mon avis.

Je tenais aussi à vous dire que j'ai légèrement différé l'écoulement du temps par rapport à la série mais c'est justement pour qu'ils puissent avoir leur moment. J'espère vraiment que ce chapitre vous aura touché, et n'hésitez pas à me laisser vos commentaires, merci encore à vous tous qui me lisez.

Dernière petite chose après je vous laisse tranquille, je suis entrain décrire une autre fanfiction sur Daryl et Beth mais assez différentes de celle-ci, pour l'instant, j'ai écris dix chapitres que je dois retranscrire sur pc. Est-ce que ça vous intéresserait de la lire?