Marinette n'était clairement pas du matin.
Elle ne l'avait jamais été, d'ailleurs.
Il lui avait déjà fallu une bonne dizaine de minutes pour se réveiller, assorties de quelques minutes supplémentaires pour réaliser qu'elle n'était pas chez elle, et que l'immense lit dans lequel elle se trouvait n'était autre que celui d'Adrien. Et de nouveau, elle avait eu besoin d'un certain temps de réflexion avant de se rappeler de sa chaudière en panne, et de la proposition d'Adrien de les héberger elle et son chat en attendant les réparations.
Elle était à présent debout, se dirigeant d'un pas vacillant vers la commode qui trônait le long de l'un des murs de la chambre pour y chercher des vêtements. L'esprit encore embrumé, elle ouvrit le tiroir qu'Adrien avait vidé à son attention pour lui permettre d'y ranger ses affaires, cherchant à tâtons de quoi se vêtir pour la journée. Ses doigts attrapèrent un morceau de tissu que Marinette n'identifia pas immédiatement. C'était trop léger pour être un sous-pull, mais la jeune femme fronça un instant les sourcils, son cerveau encore largement endormi lui soufflant qu'il était définitivement impossible qu'elle ait ramené avec elle un débardeur, pas par d'aussi froides journées d'hiver.
Les yeux encore mi-clos de Marinette s'ouvrirent brusquement lorsqu'un éclat de rire la tira de son état comateux. Elle se retourna pour découvrir un Adrien hilare assis au milieu du lit, avant de baisser le regard vers sa main et de découvrir la raison de ce soudain accès de bonne humeur.
Un boxer.
Elle s'était manifestement trompée de tiroir, et tenait à présent entre ses doigts l'un des boxers de son compagnon.
Marinette s'empourpra légèrement, tandis que le fou-rire d'Adrien repartait de plus belle face à l'expression contrariée de la jeune femme.
- « Ne t'inquiètes pas, je suis sûr qu'il t'irait très bien ! » s'esclaffa-t-il entre deux hoquets.
Marinette lui répondit d'une grimace, avant de lui lancer le sous-vêtement d'un habile mouvement de poignet. Adrien réceptionna l'objet avec adresse, puis la jeune femme à présent parfaitement réveillée se hâta de fouiller dans le bon tiroir pour sélectionner sa tenue du jour.
N'ayant aucune obligation particulière, les deux jeunes gens s'étaient offerts le luxe d'une grasse matinée, accompagnée d'un temps de préparation plutôt conséquent une fois réveillés. La journée était donc assez largement entamée lorsqu'Adrien entra finalement dans la salle à manger, tandis que Marinette s'affairait déjà dans le coin cuisine, cherchant quelque chose à boire. Au vu de l'heure tardive, tous deux s'étaient accordés sur le fait de faire l'impasse sur le petit-déjeuner, pour attendre le repas de midi qui ne tarderait guère.
Adrien s'accouda nonchalamment au bar qui séparait l'extrémité de sa cuisine semi-ouverte du reste de la pièce, notant au passage que le petit chat noir de Marinette avait trouvé refuge dans une corbeille de fruit vide qui trônait un peu plus loin. Le jeune félin braqua aussitôt ses yeux verts dans sa direction, avant de se lever souplement et de s'asseoir droit devant lui, le fixant sans ciller. Comme pour lui lancer un défi.
Adrien tendit lentement la main vers lui, et l'animal qu'il avait rebaptisé Chat Noir se pencha immédiatement sur le côté, s'inclinant de quelques centimètres pour éviter le contact. Un sourire malicieux se dessina instantanément sur le visage du jeune homme. Il avança de nouveau les doigts, et le félin se pencha de nouveau, et encore, et encore, tandis que la main d'Adrien poursuivait sa lente progression. Le corps du minuscule animal formait à présent un angle assez remarquable avec l'horizontale, Chat Noir refusant fermement de faire le moindre pas sur le côté. Mais la gravité aidant, son fragile équilibre fut finalement rompu, et il se trouva obligé de déplacer hâtivement deux de ses pattes pour éviter de basculer complètement le long de la surface vitrée du bar.
Chat Noir se redressa avec un léger reniflement contrarié, relevant la tête alors qu'il se rasseyait dans une pose aussi digne que possible et dardant un regard méprisant en direction d'Adrien. Le jeune homme étouffa un petit rire, avant de tendre de nouveau les doigts vers le jeune chat qui continuait à le scruter d'un air de défi.
- « Adrien... « , l'interrompit Marinette en riant, un verre de jus d'orange à la main. « Arrête de martyriser mon chat. »
Le jeune homme retira aussitôt sa main, jurant presque avoir vu une lueur de triomphe traverser les yeux étincelants du chaton.
- « Je ne le martyrise pas, Princesse », protesta-t-il en s'éloignant, non sans lui adresser un malicieux clin d'oeil. « C'est juste une petite bataille d'ego, rien de plus. »
Adrien traversa le salon, passant devant la table pour gagner un coin de la pièce où trônait une table basse encadrée de deux canapés en cuir.
Le jeune homme s'installa confortablement sur l'un d'entre eux, profitant de l'occasion pour en scruter avec attention les moindres recoins, avant de réitérer l'opération avec le fauteuil voisin. Sa rapide inspection lui confirma que malgré leur petite rivalité, Chat Noir n'avait manifestement pas poussé le vice jusqu'à faire ses griffes sur le précieux matériau dont étaient faits les canapés. Non pas qu'Adrien ne s'en soucie outre mesure, mais il savait que Marinette aurait très certainement culpabilisé si son animal de compagnie avait décidé de s'en prendre à ses meubles. Et Adrien n'aimait pas que Marinette s'en veuille, surtout au sujet d'une chose dont il ne l'aurait absolument pas tenue responsable, c'était donc pour lui un certain soulagement de voir que le petit chat semblait avoir laissé la pièce intacte.
Il releva son regard pour observer la jeune femme qui était à présent occupée à nourrir le félin en question.
Un soupir nostalgique s'échappa des lèvres d'Adrien.
Il n'avait rien de particulier contre l'hiver, mais il lui fallait bien reconnaître que cette froide saison avait certains inconvénients.
Disparues, les petites robes légères qu'affectionnaient tant Marinette. A la place, sa compagne particulièrement frileuse s'emmitouflait dans de multiples couches de vêtements qui dissimulaient sa peau de porcelaine à son regard. Lui-même ne valait guère mieux, songea-t-il avec un certain réalisme tout en tirant machinalement sur les manches de son pull, ayant lui aussi naturellement abandonné T-shirts et chemises d'été au profit de hauts à manches longues. Mais malgré tout, cela lui manquait de ne plus voir déambuler Marinette dans des tenues dont les fines bretelles laissaient apparaître ses épaules laiteuses, ou dont la longueur offrait une vue plus qu'appréciable sur ses fascinantes jambes.
Adrien fut tiré de ses réflexions par l'arrivée de Marinette, qui avait manifestement terminé de s'occuper de son chat.
Elle s'assit aux côtés d'Adrien avant de ramener sur eux un immense plaid qu'elle avait apportée avec elle, les emmitouflant tous deux dans cette pelucheuse couverture. Elle se rapprocha ensuite encore plus d'Adrien, se lovant confortablement contre lui pour profiter autant que possible de la chaleur que dégageaient leurs deux corps. Ne trouvant manifestement pas cela suffisant, elle fit délicatement glisser sa main le long de la taille du jeune homme. Ses doigts fins jouèrent un instant avec le bas de son pull, cherchant une ouverture pour mieux se faufiler contre sa peau. Elle y parvint rapidement, avec cette main puis avec l'autre, faisant reposer ses doigts directement sur les côtes et le torse d'Adrien et soupirant d'aise alors qu'elle sentait se diffuser la douce chaleur de son épiderme.
Les lèvres de Marinette s'incurvèrent en un doux sourire alors qu'elle se pelotonnait de plus belle contre Adrien. Leur proximité aidant, elle eut à peine besoin de se redresser pour déposer un léger baiser sur la mâchoire de son compagnon.
Passant un bras par dessus les épaules de la jeune femme pour mieux lui rendre son étreinte, Adrien laissa échapper un nouveau soupir, de satisfaction cette fois, avant de baisser la tête pour capturer les douces lèvres de Marinette avec les siennes.
L'hiver avait aussi ses avantages.
Mention spéciale à mon propre chat qui a manifestement décidé de faire preuve de solidarité féline durant l'écriture de ce chapitre, en se couchant sur mon clavier, sur mes mains, sur mes bras, en se roulant sur mon clavier, en jouant avec la souris, le fil de la souris, en essayant de débrancher la souris avec ses dents, en ouvrant le lecteur de CD et en tentant de se faire les dents sur un des angles de l'écran.
J'aime mon chat. ^^
Merci de m'avoir lue :)
