Chapitre 14 : Mira et Margaret

Correctrice : Like-a-Dream

Petit rappel : Meredith posa la bouteille sur sa coiffeuse, finalement elle la reprit et l'ouvrit.

Octobre touchait à sa fin, les arbres affichaient leurs plus belles couleurs, l'air se rafraîchissait et d'épaisses fumées commençaient à sortir des cheminées. Mais les Moon ne prêtaient que peu d'attention à la majesté de l'automne en ces temps agités.

–Meredith, dépêches-toi nous allons être en retard, appela Marine depuis le hall d'entré.

–J'arrive, grogna la jeune fille deux étages plus haut.

Vilmée l'aida à enfiler un gilet et une écharpe, enfin Meredith descendit les marches de l'escalier et rejoignit ses parents. Elle enfila un manteau alors que Marine faisait claquer sa langue pour montrer son impatience. La petite famille se mit enfin en route. Ils arrivèrent dans un quartier de Coventry détruit deux ans plus tôt lors d'un bombardement aérien des nazis. Les Moon ne connaissaient pratiquement rien de cette guerre qui frappait les moldus depuis bientôt quatre ans. Une seule maison tenait encore debout, et c'était une grande maison aux briques rouges. Elle apparaissait comme miraculée au milieu de ce triste spectacle. Les Moon s'avancèrent sur le perron, le père de Meredith frappa à la porte. Quelques secondes plus tard, un elfe leur ouvrit la porte.

–Vous voilà ! s'exclama Devon Verpey avec un sourire. Je craignais que vous n'ayez pas reçu mon message.

–Si si, bien sûr, dit précipitamment Marine en passant devant son mari. Où est Mira ?

–Dans sa chambre, je vous y conduit.

Ils le suivirent dans les escaliers puis dans un long couloir, il ouvrit une porte et Meredith sentit son coeur louper un battement lorsqu'elle vit le berceau. Marine fut la première à se ruer dans la pièce, elle était tellement excité que ses cris réveillèrent le bébé endormit. Devon prit précautionneusement son enfant dans ses bras.

–Donne-là moi, demanda Mira.

–Une fille ? demanda Marine.

Meredith ne put s'empêcher de remarquer le ton légèrement déçu de sa mère.

–Oui, répondit Mira.

Marine se tut durant une seconde.

–Eh bien, c'est fabuleux ! fit-elle finalement au bout d'un moment. A-t-elle un prénom cette merveille ?

Marine était probablement toujours autant frustrée, mais elle ne le montra plus. Elle s'extasia comme si l'enfant avait été un garçon.

–Margaret, répondit Mira.

–Tu as respecté la règle des M, c'est vraiment adorable, Margaret Moon !

Devon toussota légèrement.

–Oh pardon, s'excusa-t-elle avec un sourire confus. C'est l'émotion. Margaret Verpey.

–Vous voulez la prendre mère ?

Marine gloussa comme une collégienne, Meredith en aurait presque eut peur si cela ne s'était pas déjà produit lors de la naissance de Marla, l'autre nièce de Meredith. Marine prit la petite dans ses bras. Meredith regarda sa mère qui rayonnait de bonheur, elle ne la voyait presque jamais dans cet état. Meredith fut presque jalouse que cette attention particulière soit portée envers sa nouvelle petite nièce.

–Elle a le petit nez des Moon, fit-elle remarquer.

–Les mains aussi, ajouta Devon en échangeant un sourire complice avec sa femme.

–Oui ! C'est vrai, s'extasia de nouveau Marine.

La petite Margaret passa ensuite dans les bras de son grand-père, avant d'atterrir dans les bras de Meredith.

–Elle t'aime bien on dirait, fit remarquer Mira.

–Ce sera bientôt ton tour, dit Marine. Dans un an peut-être ! Le temps de te marier. Tu nous fera peut-être un garçon.

Meredith adressa un vague sourire à l'assistance la dispensant de répondre. Sentir cette petite chose dans ses bras lui procurait un sentiment étrange. Marine ne put attendre plus longtemps, elle reprit le bébé dans ses bras. Meredith en profita pour observer le nombre d'objets nouveaux qu'elle n'avait encore jamais vu chez sa soeur. En plus du berceau, il y avait plusieurs hochets, des peluches, et du linge en très très grande quantité.

–Il faut qu'elle se repose maintenant, annonça Mira.

Devon reprit sa fille des bras de Marine et la reposa dans son berceau. Il sortit sa baguette et fit apparaître des petits oiseaux qui tournaient en rond au-dessus du bébé.

Meredith regarda sa nouvelle petite nièce s'endormir. Elle était tellement petite, tellement fragile, tellement... Tellement...

Quelques minutes plus tard, Devon annonça qu'en plus du bébé, Mira aussi devait se reposer. Il conduisit donc les Moon au salon où l'elfe avait servit le thé. La conversation s'orienta sur les faire-parts de naissance et Marine tenait à y faire paraître le nom des Moon.

–On peut le glisser dans le nom de Mira, déclara-t-elle. On écrit Mira Moon Verpey.

Meredith n'écoutait pas vraiment la conversation. Elle repensait à la potion qu'elle avait eut dans les mains deux mois plus tôt. Avait-elle bien fait de ne pas en boire le contenu ? Ses rondeurs s'affirmait de plus en plus, et même la saison lui permettait de les dissimuler, pour combien de temps encore ?

–Arrête de manger autant ! gronda Marine sa fille en baissant le ton.

Meredith remarqua soudain qu'elle n'arrêtait pas de piocher dans l'assiette de biscuits posée devant elle.

Une heure plus tard, les Moon étaient de retour chez eux. Vilmée les attendait pour préparer le dîner. Lorsque Meredith se coucha se soir-là, elle s'imagina pour la première fois tenant un bébé dans ses bras, son bébé. Elle était incapable de savoir si cette perspective la réjouissait ou non.

Novembre, les arbres paraissaient plus morne à présent, bien qu'ils aient encore leurs feuilles. Leurs habits étaient plus foncé, moins gai. La maison des Moon avait reprit son train-train habituel. Meredith continuait d'assister aux dîners mondains, seule ou bien avec ses parents. L'effervescence après la naissance de Margaret était légèrement retombée tandis que Marine avait récupéré son premier objectif de la saison : marier sa dernière fille. Les rondeurs de Meredith étaient de plus en plus visible et sa mère commençait à s'en inquiéter.

–Je persiste à dire que ce Charlus Potter est très bien, raconta Augustin.

–Je préférais Harfang Londubat, à choisir, répliqua Marine.

Les Moon revenaient d'un dîner, Meredith était exténuée, elle aurait donné tout l'or du monde pour aller se coucher à cet instant, seulement elle avait décidé quelque chose, et elle ne voulait pas se désister. Elle toussota et se leva de son siège, dans l'encadrement de la porte de la cuisine, Vilmée s'était figée.

–J'ai quelque chose à vous annoncer, annonça-t-elle.

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Lorsqu'elle se réveilla le lendemain, Meredith mit quelques secondes à réaliser que cette chose qui recouvrait une partie de son visage était du sang séché. Comment avait-elle atterrit dans son lit ? Meredith n'en n'avait aucun idée. Elle n'était pas enveloppée dans ses couvertures et elle portait toujours sa robe de la veille, déchirée par endroit et tachée du propre sang de Meredith. En regardant ses bras, elle vit de profondes entailles alors elle chercha sa baguette pour les faire cicatriser, mais sa baguette était introuvable. De toute façon, elle n'aurait jamais pu soigner ses blessures : elles étaient dû à la magie. Meredith tenta de se lever, mais tomba sur le sol, ses jambes ne parvenaient plus à la soutenir. Au bout d'un moment, elle parvint cependant à rejoindre la porte de sa chambre. Elle était verrouillée de l'extérieur.

–Vilmée ! appella Meredith.

Elle tendit l'oreille, guettant le moindre son qui pourrait annoncer l'arrivée de l'elfe. Mais l'elfe ne vint pas.

–Vilmée !

Meredith s'assit sur le sol, en restant à coté de sa porte. Il était dix heures, donc, Vilmée allait bientôt monter nettoyer les chambres des étages avant le déjeuner. Meredith guettait toujours, l'oreille collée à la porte, car il fallait soigner ses blessures. Elle avait mal, mais bien sûr la douleur n'était rien comparée à celle qu'elle avait ressentit la veille. Enfin Vilmée passa devant sa porte.

–Vilmée, Vilmée ! murmura Meredith.

–Je n'ai pas le droit de vous parler Mademoiselle, chuchota précipitamment Vilmée.

–Vilmée ! continua Meredith.

L'elfe ignora tous les appels de Meredith qui suivirent. Elle continua son travail, bien que Meredith crut l'entendre pleurer à un moment. Meredith alla à sa coiffeuse et tenta de bricoler des bandages. La porte de la salle de bain était également verrouillée. Elle n'avait pas d'eau, pas de nourriture, pas de baguette, et pas de Vilmée. Meredith passa sa journée à trafiquer ses pansements improvisés et elle tenta de rappeler Vilmée, en vain. Le soir venu, Meredith entendit son père rentrer de sa journée, elle l'entendait lui et sa mère parler ensemble. Puis, on entendit des pas monter les escaliers, Meredith plongea aussitôt hors de sa chaise et alla s'asseoir contre un mur, les jambes repliées devant elle. La porte s'ouvrit à la volée, laissant place aux parents de Meredith.

–Tu vas nous dire qui t'as fait ça maintenant ? demanda froidement Marine.

Meredith ne répondit pas.

–Réponds à ta mère ! C'est qui ? Un sang-de-bourbe, un moldu ? C'est pour ça que tu ne nous dit rien ?

Meredith se referma sur elle-même, tout en sachant ce qui allait suivre.

–Réponds ! hurla sa mère.

Devant le mutisme de sa fille, Marine sortit sa baguette magique.

–Endoloris ! lança-t-elle.

Meredith sentit chaque parcelle de son corps hurler de douleur, elle entendait même le hurlement de cette chose en elle qui était la cause de cette situation.

Brusquement le sort fut levé.

–Alors, qui ?

Elle ne répondit pas, pleurant d'avance en pensant au prochains sortilèges qui la toucheraient. Augustin leva sa baguette, il ne prononça pas un mot, mais de profondes entailles apparurent sur la peau de Meredith. Elle cria plus fort qu'elle ne l'aurait jamais imaginé.

–Mais à quoi tu pensais ?! Tu voulais déshonorer ton nom ? hurla Marine. Déshonorer ta famille ? Tes parents ?

–Non, murmura Meredith. C'était un accident.

–Un accident ! Un accident ? Ce genre d'accident ne peut pas arriver avant ton mariage ! hurla à nouveau Marine.

–Je suis désolée, je ne voulais que cela arrive.

–Comment s'appelle le père ? insista Augustin.

Meredith se tut de nouveau, avant de se remettre à hurler sous le nouveau sortilège que lui jetait sa mère. Meredith dut tomber inconsciente car elle ne se souvint plus de ce qui se passa après. Durant la nuit, elle sentit une petite main sur sa bouche qui la réveilla.

–Ne faites pas de bruit Mademoiselle, implora Vilmée.

Meredith acquiesça et l'elfe enleva sa main. Meredith se releva péniblement, elle était allongée sur le sol et elle avait de nouvelles blessures couvertes de sang séché. Vilmée avait apportée la mallette de soins mais elle ne soigna pas les blessures les plus apparentes de Meredith. Elle se contenta de celles qui recouvraient ses jambes, son dos et toutes les autres parties du corps que cachait la robe de Meredith. Vilmée donna une bouteille d'eau et du pain à Meredith qui eut du mal à mâcher les aliments car sa mâchoire devait avoir prit un coup. Vilmée le remarqua et la soigna, Meredith ne vit pas exactement comment elle s'y était prise et peu lui importait, sentir de l'eau couler dans sa gorge était la seule chose qui lui importait à cet instant.

–Vous ne direz pas à vos parents que je suis venue ? demanda Vilmée craintive.

–Rassures-toi je ne dirai rien.

L'elfe s'en alla, laissant Meredith à nouveau... Seule. Il fallut attendre deux jours pour que les parents de Meredith reviennent la voir, ses blessures cicatrisaient à peine qu'elle en eu de nouvelles. L'unique point positif de cette visite était qu'à son réveil, Meredith trouva la porte de la salle de bain ouverte, elle pouvait avoir autant d'eau qu'elle le voulait à présent.

Puis le cinquième jour, c'est en plein jour et accompagnée de Marine que Vilmée entra dans la chambre de Meredith. Elle portait un plateau dans une main et la mallette de soins dans l'autre.

–Redescends préparer le déjeuner dans une heure, ordonna Marine avant de refermer la porte derrière l'elfe.

Meredith se jeta sur le plateau, elle avait faim, durant ses excursions nocturnes, Vilmée n'avait pas supporter de désobéir à ses maîtres et m'apportait donc que de très faible quantité de nourriture.

–Ils ont acceptés que je vous soigne, apprit Vilmée.

–Je savais que tu parviendrais à les convaincre.

Lorsqu'elle eut finit de manger, Vilmée installa Meredith sur le lit et la soigna. Après un long moment elle annonça :

–Il va bien.

–Qui ça ?

–Le bébé, il va bien.

Subitement, Meredith se mit à pleurer. Surprise Vilmée eut un mouvement de recul, puis elle se rapprocha et tenta de prendre Meredith dans ses bras, chose qu'elle ne se permettait que très rarement.

–Vilmée ! Le dîner ! hurla Marine un étage au-dessous.

–Je dois y aller, mais je reviendrais, ne vous inquiétez pas Mademoiselle, tout se passera bien.

Meredith regarda l'elfe sortir de sa chambre. Elle était moins confiante qu'elle sur l'avenir. Meredith regarda le miroir de sa coiffeuse, elle pourrait le casser facilement mais les morceaux seraient tranchant. Tranchant sur sa peau, tranchant sur... Ses poignets.