Note de l'auteur :

Bonjour !

Déjà une semaine de passée ! Elle a été bien chargée de mon côté, surtout quand on travaille le week-end, mais j'ai quand même réussit hier soir à boucler le chapitre 36 ! YES ! Et tout ça grâce à vos reviews qui m'ont données envie de continuer. Bon maintenant il va falloir passé au 37...

Je remercie ma bêta pour sa correction qui me permet toujours de poster en temps et en heure.

Nous en sommes donc au chapitre 14, ce que ça passe vite ! J'espère que cela vous plaira toujours autant !

J'attends vos commentaires avec impatiences !

Réponses aux reviews :

Claire : ;) Je suis contente que mes écrits te plaise. Quand à la situation d'Isleen et bien seule l'histoire nous le dira ! Et non elle ne va pas mourir (enfin je ne crois pas), je n'écris pas de fin dramatique ! J'espère que ce chapitre te plaira tout autant. A bientôt !

Callie : Merci pour ton compliment, ca me fait toujours bizarre qu'on me complimente sur mon écriture tant j'en ai bavé lors de ma scolarité. C'est un soulagement de voir que mon style plait (même si il y a encore beaucoup d'efforts à faire) ! Oui la situation de Seth et d'Isleen est compliquée, mais c'est leur histoire que j'écris et tout n'ai pas simple. Mais ils vont finir par s'en sortir ! Merci pour ton commentaire et à bientôt j'espère !

Disclamer : L'univers Twilight ainsi que la majorité des personnages appartiennent à Stéphanie Meyer.


Rencontre

Je me réveille en sursaut m'accrochant au canapé. Wapi lève les oreilles et viens à ma rencontre pour me rassurer. Ma respiration haletante me force à m'asseoir correctement pour essayer de me calmer. Le chien couine, et je le caresse sur le crâne. Encore un cauchemar. Je ne sais pas si je vais réussir un jour à me reposer correctement si je n'arrête pas de faire des rêves mouvementés.

Je me laisse tomber sur les coussins, dépitée. Dire que je m'étais installée ici en espérant que la présence de ma tutrice me rassurait assez pour dormir. Autant dire que c'est raté. La rage a laissé place à la terreur dès que je me suis réveillée. J'ai mis énormément de temps avant de réussir à démêler le rêve de la réalité et les sensations des souvenirs. Depuis tout se mélange encore à chaque fois que j'ouvre les yeux et la panique en profite pour s'installer.

Seulement trois jours que je suis au repos forcé et je m'ennuie. Du coup je dors. Pour me réveiller dans des états pas possibles. Alors je tente de résister au sommeil. Mais les minutes sont aussi longues que des heures, et aussi vides que possibles. C'est certain que je ne risque pas d'avoir d'émotions fortes à part les cauchemars. Je ne dirais même pas d'émotions du tout. Je me laisse donc comater devant la télévision la plupart du temps. Je n'ai même pas droit aux visites. Seule Sue est venue voir comment mon corps se remettait.

Les garçons me manquent. Et Seth encore plus.

Il faut que je sorte si je ne veux pas déprimer. Mais ça aussi c'est impossible. Je peux à peine tenir sur mes jambes. Je refuse de me servir du fauteuil roulant, mais je suis obligée de demander de l'aide pour manger, aller aux toilettes... Une véritable impotente, condamnée à passer ses journées en pyjama. Heureusement, je sens mes forces revenir doucement. Depuis ce matin j'arrive à me déplacer sur de courte période et à affronter les escaliers à quatre pattes. Ce n'est pas très glorieux, mais c'est déjà une preuve d'indépendance. Ma poitrine ne me fait presque plus mal, même si l'hématome est encore bien visible.

Ce nouveau rythme ne me plaît pas vraiment. Ce soir c'est le week-end, et j'espère au fond de moi que quelqu'un de mon âge vienne me voir. Dire que j'aimais tant la solitude... Mais là c'est trop. J'ai besoin de me changer les idées et d'assouvir se manque qui me pèse. Je vais vraiment finir par me momifier. Et puis, je n'ai pas osé demander à Sue ce qui s'était passé après ma crise. Ont-ils réussis à tuer le vampire ? Leur a-t-il échappé ?

- Isleen, tout vas bien ? s'inquiète ma tutrice.

- Oui, j'ai eu un peu de mal à retrouver où j'étais, c'est tout.

Je sais que ça pars d'une bonne intention, et que c'est la première fois qu'elle est vraiment confrontée aux effets de ma maladie. Mais cela m'agace. Parce que je suis tout le temps surveillée. On vérifie que je mange normalement, que mon pouls reste stable, que me corps se remette, que je dors suffisamment. Et si ce n'est pas le cas, ils interviennent.

Enfin, il y a aussi des bons côtés : ma tutrice me raconte beaucoup de chose sur leur famille, et m'apprend à cuisiner certains plats quand j'ai assez d'énergie pour rester assise. Je n'avais jamais appris à faire la cuisine.

Tout est plus doux avec mes tuteurs, comme du coton : mou, caressant et chaud. Bien plus que dans les autres familles que j'ai connu. Ils s'aiment encore malgré les années. J'ignore comment ils font. J'ai vu tant de couples se déchirer, à se demander si les humains sont vraiment faits pour être à deux. Ce genre de questionnement n'atteint pas la réserve. J'ignore si c'est la tradition qui le veut, mais aucun des Quileutes n'est séparé, encore moins divorcé. Seule la mort déchire les couples de façon irrémédiable, et ça dans le monde entier.

La femme était encore au lycée quand elle a rencontré son futur mari lors d'une fête. Une bête sauvage blessée était rentrée dans le jardin de ses grands-parents en plein milieu du repas. Ces derniers avaient tout de suite appelé le vétérinaire et son apprenti, mon tuteur. Pour la jeune fille ça a été le coup de foudre. Elle a tout fait pour le revoir, passant ses jours auprès des bêtes malades. Au bout d'un an à se tourner autour, il l'a invitée à diner dans un restaurant. Depuis rien n'a pu les séparer.

Même le fait qu'elle ait perdu un enfant lors d'un accident. Elle n'a jamais pu en reporter un. Pourtant elle sentait qu'ils pouvaient donner quelque chose à des enfants. Alors l'homme les avait inscrits sur les listes de l'assistance sociale. Leur dossier a été retenu. Mais aucun enfant ne voulait venir. Je crois qu'ils en ont plus souffert que ce qu'ils veulent bien me dire. Cette chambre que j'occupe a attendu quelqu'un pendant vingt ans.

Et moi l'air de rien je suis arrivée ici, assez mécontente de me retrouver dans un lieu perdu. Je ne sais pas ce qui ne tourne pas rond à l'assistance social. N'importe quel enfant aurait été heureux chez eux. Ils méritent mieux qu'une presque adulte malade et dépressive. Quand je les vois je sais que ma chance est immense, mais j'ai si peur. Si, comme pour les autres, je brisais leur famille ? C'est le pire qui pourrait leur arriver...

Je me relève rapidement, espérant que mon corps tienne le coup. Il grimace encore un peu sous l'effort, malheureusement les antidouleurs ne fonctionnent pas aussi bien qu'on l'aurait voulu. Je tente d'escalader l'escalier seule, et même si c'est à quatre pattes, j'atteins l'étage. Je me sens mieux une fois dans ma chambre. Ma chambre. Depuis ma dernière crise je me suis surprise à avoir un véritable sentiment de propriété sur cette pièce. Les meubles se sont recouverts de galets et de coquillages ramassés à la mer. Mes cours traînent sur le bureau à côté de mes bouquins et de certains mots de Jacob... La veste de Seth posée sur mon siège à bascule…

Je soupire, lui aussi est interdit de visite. Et je crois que c'est le pire. Je me suis habituée à le sentir près de moi plusieurs heures par jour. Et là, c'est le vide qui se trouve à sa place. A chaque fois que la porte s'ouvre j'espère qu'il aura trouvé un moyen de venir me voir. Il a cours lui, pendant que moi j'attends que ma convalescence se termine. Et je fais tout pour : une alimentation saine, suivant le régime gentiment créé par Sue, un peu d'exercice pour me délier les muscles, et des heures et des heures de repos. Je ne suis pas vraiment calme pour autant. Je n'ai pas pu reparler directement de ce qui s'est passé. De ce qui a déclenché ma crise. Et ce n'est pas en me forçant à éviter les loups que je vais arrêter de me poser des questions.

Je prends mon portable pour regarder l'heure. 16h30. Les cours viennent de terminer. Encore de longues heures avant de pouvoir aller dormir. Je m'installe à la fenêtre, jouant avec un livre sur les légendes Quileutes. Un livre que j'avais commencé il y a quelques semaines, bien avant de savoir que tout cela était vrai. Ce qui est un grand changement de perspectives.

Les heures passent et j'entends tout d'un coup une voix qui me fait tout laisser en plan. Je me lève difficilement sortant de ma chambre précipitamment et du haut des escaliers je peux voir que je n'ai pas rêvé. Seth est là. Et comme si il avait senti ma présence il lève les yeux vers moi.

Je lui souris et je le vois escalader sans préambule les marches pour s'arrêter à trente centimètres de moi. Je vacille légèrement sous son regard pénétrant. Qu'est-ce qu'il a pu me manquer. Et ses bras se referment sur moi. J'entends son cœur tambouriner contre ma poitrine et je ne peux m'empêcher de le serrer contre moi lui aussi.

Mais je ne tiens pas longtemps dans cette position, et Seth sens que mes jambes tremblent. Il me soulève légèrement et je m'accroche à lui. Il nous entraîne dans ma chambre me posant sur mon lit, avant de fermer la porte.

Ses yeux noirs me regardent emplit d'émotions que je ne veux pas décrypter car elles font échos aux miennes. Ma timidité ne semble pas l'arrêter, et il se love entre mes jambes. Ses bras passent autour de ma taille et sa tête repose sur mon aine. Je devrais certainement être gênée par notre proximité, mais je peux sentir son besoin de se coller à moi. Apparemment son inquiétude ne s'est pas volatilisée avec les jours passés. Au contraire. Il a dû vivre notre séparation encore plus difficilement que moi.

Et comme il l'a fait il y a quelques temps, mes doigts caressent ses cheveux. Ils sont si doux. Lisses et courts, mais tellement soyeux, je m'amuse à frotter la paume de ma main contre eux, et la sensation me plaît beaucoup. A Seth aussi si je me fie à son soupire de bien être.

Nous restons un long moment dans cette position, sans bouger, sans parler. Nous n'en avons pas besoin. C'est comme si nous ne pouvions pas faire autre chose que de profiter de la présence de l'autre.

Seth finit par lever la tête vers moi, et je souris en voyant qu'il a la trace de mon bas de pyjama sur sa joue. Mes doigts caressent les marques que le tissu à fait sur sa peau, et il se colle à ma main, sans me lâcher des yeux. Il se lève légèrement sur ses genoux, et alors que moi je suis assise, nos visages se retrouvent face à face.

Je rougie violemment et détourne le regard. Il est trop proche de moi. Son souffle caresse ma joue, puis le creux de ma gorge. Cette caresse relève d'une intimité que nous n'avions pas encore, et je suis pétrifiée. Mais je ne peux que me laisser faire. Comment lutter sous les vagues de bien être qu'il m'envoie ?

Je ferme les yeux en sentant ses lèvres effleurer ma peau. Comment en est-on arrivé là ? Je soupire doucement, et je le sens sourire contre moi. C'est si doux. Ma main remonte le long de sa nuque et s'y accroche. D'un seul geste il est en train de tout bouleverser...

Mon cœur bat de plus en plus vite. Il doit l'entendre car il s'écarte de moi, et sa mine redevient vite inquiète. Je me laisse tomber en arrière, et il s'assoit sur mon lit, ses bras m'encadrant.

- Tu m'as manqué, murmure-t-il comme une excuse.

- Toi aussi.

Se sont nos premiers mots, mais nos corps parlent pour nous. Il a envie de se rapprocher encore un peu plus de moi. Et je ne vois pas pourquoi je l'en empêcherais. Beaucoup de choses me passent au-dessus de la tête. Et je n'en ai que faire. Seul lui compte.

Je l'attire contre moi, et il se colle à mon flan. Nous bougeons un peu pour nous installer. Son bras se glisse sous ma tête, et l'autre m'enserre par la taille. Installée contre son épaule, mes yeux se ferment tous seuls.

Je me sens en sécurité ici, dans ses bras. Enveloppée dans sa chaleur. Son odeur est si présente dans son cou... C'est si bon d'être ici...

I&S

La sensation de froid me fait ouvrir les yeux. La nuit est tombée. Il fait très sombre dans ma chambre. Je tente de comprendre ce qui a pu me tirer de mon sommeil si serein pour une fois. La présence de Seth est vraiment bienfaitrice. D'ailleurs où est-il ? Un bruit à ma gauche me fait comprendre qui vient de se lever, et que c'est lui qui m'a réveillé.

Je tire un peu la couverture pour me réchauffer. Je ne sais pas qu'elle heure il est, mais il doit être tard. Seth devrait surement être rentré chez lui, et je n'ose pas imaginer ce que mes tuteurs ont pensés de notre enfermement dans ma chambre. Pourtant je n'ai pas envie qu'il parte.

- Seth ? murmure-ais-je d'une vois ensommeillée. Où vas-tu ?

- Je t'ai réveillé ? s'inquiète-t-il en se retournant.

- Le froid. Qu'es-ce que tu fiches ?

- Jacob m'attend dehors. Je dois le retrouver avec les autres pour surveiller les frontières. Rendors-toi.

- Ils ne peuvent pas se passer de toi une nuit ?

- Plus on est nombreux, plus on assure nos arrières. Mais je reviendrais demain. Maintenant que maman m'autorise à venir te voir, je ne vois pas Lucas et Alma dire quelque chose. Et crois moi je vais en profiter.

Je rougie un peu en comprenant ce qu'il insinue. Moi aussi j'ai envie de passer du temps avec lui. Mais pour l'instant je suis inquiète pour lui. L'imaginer à la chasse aux vampires ne me réjouit pas du tout. Comment fait-on pour rester à l'arrière sereinement. Et encore j'ignore ce que cela implique. Si je connaissais les détails je suis certaine que je serais morte de peur.

- C'est encore le vampire de l'autre jour ?

- Oui, entre autre. Elles sont plusieurs. Hier j'ai presque réussit à en attraper une, mais elle s'est échappée. On finira bien par avoir l'un d'entre eux, et ça les calmera.

- Je n'aime pas ça...

- Ne t'inquiète pas. Tu vas te rendormir, et demain je serais là.

Il se penche vers moi en voyant que je ne suis pas vraiment satisfaite. Ses doigts caressent ma joue, écartant les cheveux qui y sont collés. Je le vois de nouveau se pencher vers moi. Ses lèvres embrassent mon front et il se lève pour descendre par ma fenêtre. Je le regarde faire sans vraiment y croire.

Avec dextérité il referme les carreaux derrière lui et descend du toit. Je n'entends même pas sa chute, par contre le hurlement de loup et les multiples réponses qui lui répondent tranchent le silence de la nuit.

J'espère que tous se passera bien.

I&S

Nous sommes en milieu d'après-midi et je n'ai toujours aucune nouvelle de Seth. Cela va faire trois jours qu'il est parti par ma fenêtre, et depuis plus un mot. Dire qu'il était censé revenir dès le lendemain... Je me demande ce qui se passe. Je sais qu'il va en cours et qu'il doit faire ses rondes, mais j'espérais qu'il trouverait un peu de temps pour moi. Je ne suis pas vraiment inquiète parce que s'il s'était passé quelque chose, je serais au courant. Enfin je crois. J'essaye de ne pas trop penser à tout ça. Mais c'est difficile quand on est cloitré dans sa chambre sans pouvoir sortir. Je n'arrive à rien depuis que je me suis levée. Pourtant aujourd'hui je me sens mieux. Je peux me lever et marcher à peu près normalement, ce qui est un grand progrès.

Je n'ai pas son numéro de portable et je vais devoir appeler Jacob pour savoir s'il sait où Seth se cache. A moins qu'ils ne soient ensemble. Mais je ne me sens pas le courage de passer un maudit coup de téléphone. En fait, je ne sais même pas trop ce que je demanderais...

Pourtant, après plusieurs minutes à tourner autour de mon portable, je finis par composer le numéro de Jacob. La tonalité sonne dans le vide pendant un long moment.

« Oui je sais, je suis encore indisponible ! Pour se plaindre c'est après le bip ! »

Je raccroche sans laisser de message. Dépitée je me laisse tomber sur le canapé en soupirant comme un vieux ballon dégonflé.

- Appelle directement chez eux. Si Seth n'ai pas chez lui Sue pourra certainement te renseigner.

- Hum...

- Tu veux que je le fasse pour toi ?

- Non... Non, je vais le faire.

Je ne sais jamais quoi dire au téléphone car je n'appelle jamais personne. Mais delà à demander à quelqu'un d'autre de passer un appel pour moi... J'ai l'impression d'être une gamine pas très douée.

Ma tutrice me tend le téléphone après avoir composé elle même le numéro. Comment me mettre au pied du mur. En même temps, je ne suis pas certaine que j'aurais réussis à le faire moi-même. La prochaine fois que je vois Jacob je lui demande le numéro de Seth.

- Allo ? Allo ?

- Oui, bonjour Sue. C'est Isleen. Est-ce que Seth est chez vous ?

- Non, il n'est pas encore rentré. Je crois qu'ils ont à faire avec Jacob et les autres. Je le préviendrais dès qu'il rentrera, ou bien si je vois Leah.

- S'il est trop fatigué, il faut mieux le laisser se reposer, je le verrais plus tard. Je préfère qu'il dorme si possible.

- Oui, tu as raison. J'aviserai.

- Merci, bonne soirée.

- A toi aussi.

Je raccroche en soupirant de dépit. Je n'ai pas de chance. Et je refuse de passer encore une journée entière enfermée dans la maison. Peut-être vais-je réussir à convaincre mes tuteurs de faire une promenade ou quelque chose d'autre. Tout ce qu'ils veulent, mais j'ai besoin de respirer l'air frais.

Bizarrement ils se laissent facilement convaincre, m'autorisant même à partir seule. J'attrape rapidement la polaire de Seth, et mes chaussures les plus chaudes avant qu'ils ne changent d'avis. J'écoute leurs recommandations en leur montrant que j'ai mes médicaments, que mon portable est chargé, je leur explique où je vais et promet d'être rentrée dans moins de deux heures. Wapi me fait les yeux doux, et je consens à l'emmener avec moi.

Je sors rapidement tentant de ne pas trop salir le parquet. Je siffle Wapi qui réagit au quart de tour. Le chien me suit dans ma marche rapide. J'ouvre la porte à mon compagnon qui saute allégrement et se couche sur la banquette. Au moins un de nous deux a de l'énergie à revendre. Je m'installe rapidement derrière le volant.

J'inspire. Bon alors comment se démarre cette voiture. J'insère la clef et la tourne. Puis cette manette doit être le levier. La camionnette tressaute avant de démarrer à la vitesse d'un escargot. Le volant est dur à tourner, les pédales résistent et je dois forcer pour changer d'allure. Si j'arrive à bon port entière je pourrais être flattée. Je me réconforte en pensant que s'il y a un accrochage elle résistera certainement mieux que les voitures d'aujourd'hui. Cependant à cette heure il n'y a presque personne. Tous les indiens sont à l'école ou au travail.

La route droite me met en confiance, j'accélère progressivement jusqu'à atteindre une allure convenable. En tout cas pour moi. Les arbres passent dans un léger flou, formant un masque vert autour de ma voiture. Je me prends même à rêver en chantonnant, toujours le même air… Je suis les routes, le chemin me revenant en flash à chaque carrefour. Etrangement je me retrouve sur un sentier que mes tuteurs m'ont montré. L'ombre de la végétation sur la route bouge au rythme du vent, claquant sur les pointes vertes. J'entends l'air mugir et frôler la tôle de la voiture, pourtant celle-ci trace son chemin sans effort.

Un petit écart de sable sur la route me semble indiqué pour s'arrêter. Se garer relève du défi avec la Chevrolet. Le volant résiste à mes mouvements, m'empêchant de manœuvrer correctement. Je finis par la laisser un peu de travers sur le semblant de parking. Ca fera l'affaire, je ne compte pas rester des heures. Je siffle Wapi, l'évitant de justesse lorsqu'il descend de la banquette. Cet animal est lui aussi atteint par la joie de vivre de ce lieu. A moins que ça soit de sortir. Il m'entraîne dans son élan, me forçant à avancer rapidement malgré les courbatures.

Je marche droit, le bouvier devant moi, slalomant entre les arbres. La végétation est recouverte d'une légère pluie. Comme des petits diamants les gouttes d'eau subliment la nature. Discrètement elle illumine la moindre toile d'araignée, la plus petite des branches, et les feuilles. La terre sent encore la récente ondée. Je respire cette odeur tenue. On est si bien au creux des bois.

Un paysage mélancolique, il va parfaitement avec mon humeur. Les fougères se frottent contre mon jean. Je crapahute entre les racines et cailloux qui ornent le sentier. Je repère sur le coté des traces de lapin, et de petites crottes. Cette forêt est une maison, et pas seulement pour eux. Depuis toute petite j'ai aimé les bois, l'atmosphère intimiste qui y règne. Les feuillages enveloppant mon corps, j'ai toujours l'impression d'être une partie intégrante de cette nature. J'entends des oiseaux chanter au dessus de ma tête, dérangés par les aboiements du chien. Je me sens bien ici. Tous ces arbres sont vieux, ont vécus, et vivent encore. J'aimerais croire que je connaîtrai ça un jour. Etre vieille et me promener dans les bois, mes doigts jouant sur l'écorce des arbres, me rappelant les rides de mon visage.

Mes tennis s'enfoncent inlassablement dans la terre humide, puis dans le sable. La sensation n'est pas désagréable, comme si mes pieds frôlaient du coton. Au bout de quelques minutes je sors enfin sur la plage, le chien sur mes talons. Il court jusqu'à la mer sans que je ne puisse l'arrêter. Il joue avec les vagues, bondissant avec l'écume, pourchassant l'eau lorsqu'elle se retire. Le fait qu'il soit trempé ne l'arrête même pas. Au contraire il met encore plus de passion dans son jeu. Tant pis pour la banquette, elle en verra d'autre.

Je déambule au plus près des vagues, lançant de temps à autre un bâton ou un caillou pour Wapi. L'horizon est clair au large. Les rayons du soleil caressent l'eau, de leur couleur dorée. J'erre en direction de la falaise, masse noire se découpant sur le fond gris. Toujours aussi abrupte, elle représente une lame tranchant le ciel et le vent. Plus je me rapproche d'elle plus l'air deviens sifflant.

Mes muscles me font l'impression d'être rouillés. Ils protestent à chaque pas, mais je continue d'avancer heureuse de pouvoir respirer au grand air. Ça a toujours été comme ça. J'aime être dehors, pendant que je le peux encore.

En théorie je peux vivre avec ma maladie, mais ça sera plus pénible et dangereux sans traitement. Il me faudra surveiller encore plus mon équilibre de vie, comme le font mes tuteurs en ce moment. En quelques jours je suis déjà à bout alors tout le reste de ma vie... Je me demande ce que va être mon futur. Maintenant j'ai du mal à l'imaginer sans Seth, mais les paroles du Docteur Cullen m'ont remis les pieds sur terre. Je ne pourrais pas lui offrir une véritable vie de famille. Et il devra supporter mes crises, mon état de santé changeant. Quand à avoir des enfants n'en parlons même pas. Je ne peux vraiment pas lui offrir grand chose.

Le docteur Cullen peut bien vouloir faire de nouvelles recherches, je suis certaine qu'elles n'aboutiront à rien de plus. Et puis je me rappelle très nettement la batterie de tests que j'ai effectué. Etre branchée des heures à des machines, attachée dans l'obscurité à un lit. Pas besoin de plus pour me provoquer des crises à répétition. Je voulais qu'on me laisse sortir. Les infirmières tentaient de me rassurer, mais à douze ans on doute des gens qui vous sanglent pour ne pas que vous tombiez de votre literie. Mes tuteurs de l'époque passaient tous les soirs, m'apportant des cassettes, et des livres, mais j'étais tellement droguée que je n'arrivais à rien à part attendre. Rien ne m'affectait, ni les journées, ni les visites. Au bout de deux semaines on m'a diagnostiqué outre une déprime chronique, une nouvelle forme d'épilepsie. Les médecins ont voulu faire plus de tests, mais mes tuteurs ont refusé. Le mot "cobaye" a certainement était de trop.

Je ne fais plus confiance à la science depuis longtemps, ni à tous ses médecins qui croient encore qu'ils vont trouver la solution que leurs collègues n'ont pas vu. Moi je n'y crois plus, et même si selon mes tuteurs le docteur Cullen est un des meilleurs médecins de l'état, je ne vois pas ce qu'il pourrait avoir de plus qu'un autre. Même en étant un vampire. Pourtant ils espèrent, tentant de me convaincre de retourner le voir. Et c'est le pire qu'ils puissent faire. Je ne peux pas guérir.

Il commence à faire plus froid, et la nuit tombe. Je fais demi-tour, suivant mes traces de pas dans la surface meuble. Je ne pensais pas mettre autant éloignée de la voiture. Wapi me court après, me distançant, et revenant dans les secondes qui suivent. Arrivée à la lisière de la forêt j'appelle le chien qui nage dans l'eau. Bouh ! Elle ne doit pas être très chaude. Un coup d'œil à ma montre m'indique que je traîne depuis une heure. Il est vraiment temps de rentrer.

Je m'énerve un peu en l'appelant un seconde, puis une troisième fois. Qu'est-ce qu'il voit de si intéressant ? Je le siffle impatiente. Il fait froid à rester piquée comme ça dans le vent !

- Wapi ! Arrête de grogner sur l'eau, elle ne peut pas te répondre.

J'hésite un moment à avancer sans lui, mais il serait capable de rester là. Au bout de cinq minutes à aboyer dans le vide il revient enfin vers moi. Je n'ai pas le temps de l'éviter, il m'éclabousse allègrement. Sympa ! Je ne sais pas lequel de nous deux ressemble le plus à un chien mouillé à présent !

Je fais demi-tour en chantonnant. L'air de la mer m'a allégé. Les thérapeutes ont peut-être raison, le bruit des vagues a des vertus apaisantes. Je murmure des paroles sans queue ni tête. J'ignore d'où me vient cette berceuse. Depuis mes premiers souvenirs je m'entends la chanter. Pourtant je n'ai aucun souvenir d'un de mes tuteurs la chantant. La partie la moins rationnelle de moi veut qu'il s'agisse d'une chanson de mes parents. Je vire vraiment au ridicule parfois. Je vois mal un bébé se souvenir d'une mélodie et de rien d'autre. Au mieux ça serait un reste de ma période chez dans ma première famille d'accueil. Et encore je crois que je fantasme un peu.

Wapi court dans les bois, certainement derrière des lapins. Tout d'un coup je ne l'entends plus, puis un cri paniqué me parvient.

- Wapi !

Je marche de plus en plus vite m'enfonçant dans les bois, appelant le bouvier. Mais il ne revient pas. Je m'inquiète et je hurle son nom. Un nouveau glapissement retentit sur ma gauche. Et cette fois je cours, enfin aussi bien que je peux. Mais qu'est-ce qui lui arrive. Il n'y a pas de piège dans ces bois, si ?

Je le découvre enfin, couché sur le flan. Il n'a pas l'air blessé, mais il gémit toujours. Je m'accroupis près de lui tentant de le calmer, mais d'un coup il se met à hurler à la mort avant de gronder en regardant derrière mon dos.

Je me retourne.

Deux yeux rouges. C'est la première chose que je vois. Et ils me figent immédiatement. Se sont des yeux de prédateurs. Et cette fois je suis vraiment une proie facile. Je tente de lutter contre la peur, mais en une seconde il a franchit les dix mètres qui nous séparaient.

Sa bouche pâle s'étire en un grand sourire charmeur, dévoilant ses dents blanches et brillantes. Il ne bouge pas, comme si il ne voulait pas m'effrayer. Mais c'est trop tard. Il devait avoir une quarantaine d'année lors de sa transformation, ce qui lui donne une assurance magnifique. Trop pour être naturel. Bien plus étrange que le docteur Cullen. Ses traits coupés à la serpe, mélangés à sa peau d'une couleur olivâtre tranchent avec ses cheveux longs et noirs. Il dégage cette même aura étrange, à la fois séductrice et inquiétante, que les deux autres vampires que j'ai vus. Même si le docteur Cullen paraît être un enfant de cœur à côté de celui-ci.

Comment me suis-je débrouillée pour rencontrer deux vampires en moins d'une semaine ?

Wapi geint une nouvelle fois. Je le caresse d'une main tremblante. Et je l'attends approcher. Une main puissante me fait décoller du sol, et me rapproche de lui. Son haleine à une drôle d'odeur, à la fois fraîche et sanguinaire. Je n'ai même pas vraiment le temps d'avoir peur. Je me crispe, mais la seconde d'après se sont des doigts glacés qui effleurent mon visage. Ils effleurent mon nez, ma bouche, le creux de ma nuque.

Je ne veux pas qu'il me touche, je me débats un peu, sans résultat à part celui de le faire rire. Mais qu'es-ce qu'il fait ? Les vampires jouent-ils avec leurs proies avant de les dévorer ?

Un frisson me parcours le corps alors que l'idée que je vais mourir s'imprègne dans mon esprit. Je vais mourir.

Il me repousse contre un arbre, un peu trop fort, et je suis sonnée. Ma main touche ma tempe, et je sens du sang couler sur mes doigts. D'un doigt provocateur il touche à son tour ma blessure et porte le liquide rouge à ses lèvres. Ces pupilles flamboient mais il ne fait pas signe de vouloir m'attaquer. J'ai les oreilles qui bourdonnent. Je tente de le repousser, sans savoir si je crie vraiment ou si c'est juste mon corps qui hurle de l'intérieur. Sa poigne se resserre et j'entends un de mes os se briser. J'hurle de douleur.

Je suis morte de peur. Et je sens qu'une crise se déclenche alors que je tremble de plus en plus. Je me roule en boule, sans pouvoir résister à la déchirure de mes muscles, à la souffrance dans mon bras. Ma tête tourne. Il me redresse et j'aperçois son sourire.

- Si je m'attendais à cela...

Son léger accent me fait frémir. Il n'est pas de la région, je dirai même qu'il n'est pas américain. Enfin peu importe son origine, il va me tuer. Je n'arrive même pas à réaliser que c'est la fin. Alors je vais mourir par la main d'un démon ? Jolie pied de nez à la maladie. Aujourd'hui que la mort se rapproche je ne désire que vivre. Pourtant je suis comme la spectatrice de ma propre fin. Là maintenant je vais m'éteindre. L'homme va couper le fil de ma vie. Un si petit fil, minuscule. Dix-sept ans. Mes yeux se ferment, je préfère ne pas savoir quand cela va arriver. Je n'ai pas le courage de regarder mon peloton d'exécution. Je ne peux qu'attendre. Pourquoi me fait-il autant languir ?

Son odeur m'empoisonne. Forte et enivrante, on dirait une drogue. Mais elle me déplait, m'intoxique. Où sont les fragrances naturelles des bois et de la mer, la transpiration et le goût du soleil ? J'ai l'impression de respirer l'odeur d'un cadavre trempé dans du formol.

Mon cœur bat de plus en plus vite, et j'ai peur. Vraiment peur. Je ne pense qu'à ça. Qu'à ce qui va se passer. Je pensais m'être fait à l'idée de mourir mais pas comme ça. Une larme coule le long de ma joue. Je voudrais pouvoir m'enfuir loin d'ici, courir me réfugier dans les bras protecteurs de Seth. Seth... Je ne le reverrai jamais. Mon corps convulse légèrement, tressautant dans la main du vampire. Le prédateur ne réagit pas, il me tient juste à proximité de lui. Sa main me force à le fixer, emprisonnant mon menton entre ses longs doits.

- Ainsi ma traque se termine ici. La proie courant dans les bras du chasseur.

- Vite…

Il rigole. La biche que je suis, veut mourir vite. J'ai déjà trop réfléchi à ce moment. Ne peut-il pas m'achever ? Me tuer et boire mon sang. Me vider de tout fluide vital. Il doit me tuer, à moins qu'il ne veuille me voir me tordre de souffrance entre ses bras. Non, s'il vous plait pas ça ! Son nez frôle l'arrête de mon visage. Ca y est. Me trouvera-t-on vide de mon sang ?

- J'ai des projets pour nous.

- Seth... Seth...

Je le sens me traîner dans les bois en bordure de la forêt. Ce n'est pas encore pour maintenant. Je m'épuise à attendre. Mes nerfs craquent peu à peu. Mes larmes sont cascade sur mes joues. La forêt sera donc ma dernière demeure. Je deviendrais poussière dans cette terre généreuse. L'éternité dans ce lieu. Ses pas ralentissent, alors que je me laisse porter sans vie. Je détaille une dernière fois ses arbres, le ciel rouge, le couché du soleil. Je respire mes dernières goulées d'air. Je savoure le rythme de mon cœur chancelant. Combien de battement avant la fin du décompte ? Dix ? Moins ? Je regarde mon tueur. Après tout c'est la dernière personne que je vais voir. Au loin le chien de mes tuteurs aboie à la mort. A la mort. J'espère que lui survivra à notre après-midi. Il aurait pu le tuer, mais il ne l'a pas fait. Merci mon dieu car je n'aurais pas pu regarder ça.

Mes pieds touchent le sol. Je regarde le prédateur. Quelque chose le terrifie. Qu'est-ce qui peux bien lui faire peur à ce point ? N'est-il pas l'être le plus puissant sur terre ? Son regard se fige sur le chemin que nous suivons. Je sens ses muscles se tendre, et sa poigne se raffermir. Que voit-il au loin ?

- Pas si vite…

Je m'écroule au sol comme une poupée de chiffon. Rien ne me permet de tenir debout. Le vampire hésite entre me laisser ou m'emporter. Le comprendre dépasse mes capacités. Qu'attend t-il pour en finir ? Qu'importe ce qui arrive, il a largement le temps de me tuer… En position d'attaque tout son intérêt se porte sur les bois. La peur s'amplifie de plus en plus. Pourquoi est-ce que je ne suis pas encore décédée ? Je ramène mes jambes vers moi, tremblante. Il se fige au hurlement de loups. L'espoir envahit ma tête. Si la meute… Je me surprends à prier, si les loups pouvaient passer par là. S'il vous plait !

- Je reviendrais !

Il se retourne et en un clignement d'œil il disparaît. Je suis perdue. Mes membres ne peuvent pas bouger. Je reste la molle, une flaque de larmes me noyant l'esprit. Je suis vivante. J'ai si peur encore qu'il revienne. Ne vient-il pas de me le promettre ? Va-t-il tuer les loups et revenir me chercher ? Je devrais fuir mais mes forces sont dissoutes. L'attente. J'ignore ce qui me fera réagir, mais je patiente jusqu'à son arrivée. Mes yeux fixent le sol. Que va-t-il m'arriver à présent ?

La crise monte. Plus forte. Mon corps éclate au rythme des pulsations de mon corps. J'ai mal, mais je ne peux plus rien faire. Un gémissement m'échappe. Je crois que je ne vais survivre à celle là. Je vomi sur le sol, me tordant de douleur. Mon corps encore trop secoué par la précédente attaque se déchire. Les souffrances se mélangent dans un tourbillon sans fin.

Je crois distinguer un gémissement de loup, puis d'autres. La terre tremble ou bien est-ce moi. Les pierres et la végétation remuent. Je reste cependant aveugle à ce qui m'entoure. Les larmes rendent flou l'univers et je n'ai pas assez de force pour bouger.

Des ombres sombres jaillissent sur ma droite. Enfin je crois. Je me plie de nouveau sous une vague de douleur plus forte. Je ne vois que des formes immenses qui m'entourent en grognant.

Et puis je sens qu'on me bouscule. Quelqu'un est tout prêt de moi.

- ISLEEN ! Répond, s'il te plait.

J'aimerais faire quelque chose, mais c'est trop tard pour parler. J'halète alors que tout devient de plus en plus flou. On me bouscule avec force. J'hurle de douleur. Je crois que l'on me redresse. Mon dos a craqué...

Je remue sous les gestes de cet autre qui me parle, cherchant quelque chose. Puis je sens une aiguille dans mon bras...

Mes pensées se troublent. Je...


Bon je sais, c'est encore une fin en pleine action... Je dois aimer ça, pardonnez-moi ! Un petit commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé ?

A bientôt !