Note de l'auteur: Merci à tous ceux qui lisent et reviewent mon histoire, je vous aime vraiment tous. J'arrive toujours pas à croire que je reçoive autant de votre part, merci.
Note de la traductrice: (va se cacher dans un coin) Pardon, pardon, pardon. Je sais pas quoi dire sinon m'excuser. J'espère quand même que ça continuera à vous plaire, parce que j'ai prévu de me remettre à fond dans Please, Save Me. Voici donc le quatorzième chapitre tout frais tout beau, et je vais corriger les treize premiers par la même occasion pour me remettre d'attaque. Merci pour toutes vos reviews et bonne lecture.
Chapitre 14 : Foaming Oceans
Jedusor vagabondait à travers un corridor abandonné qui donnait vers la chambre commune des Serpentard. Au tournant d'un passage étroit, il aperçut Hermione qui, le dos tourné, marchait d'un pas hésitant. Jedusor en déduisit rapidement qu'elle devait être perdue.
Un rictus vicieux déforma le coin de ses lèvres. Il s'approche à pas de loup de la sorcière. La brune n'avait toujours remarqué sa présence, trop préoccupée à trouver un moyen de sortir des donjons. Jedusor ricana intérieurement puis posa un bras sur sa taille, rapprochant le dos de la brune de son propre torse pour l'emmener vers une alcôve protégée derrière une tapisserie. Elle ne perdit pas un instant pour repousser les bras qui tentaient de l'entourer. Qu'elle se précipite vers la poche de sa robe pour de toute évidence sortir sa baguette le fit sourire. Gentille fille. Avant qu'elle n'ait pu prendre sa baguette, Jedusor se pencha vers elle et lui murmura à l'oreille :
– Voyez vous ça. Mais n'est-ce pas ma Sang-de-Bourbe préférée.
Jedusor remarqua non pas sans fierté qu'Hermione cessa toute tentative de fuite quand elle reconnut sa voix. Elle tendit le cou pour pouvoir regarder derrière elle.
– Tom ?
Ses grands yeux ouverts le firent sourire avec suffisance. D'un mouvement fluide, il la retourna pour qu'elle puisse désormais lui faire face, le dos contre le mur. Hermione eut un léger sursaut, mais ne tenta ni de s'échapper ni d'arrêter le sorcier d'aucune manière. Une étincelle prédatrice brûlait dans les yeux du sorcier tandis qu'il lui demandait négligemment :
– Que fais-tu dans cette partie du château ?
Hermione se tortillait sous son regard pénétrant. Jedusor se rapprocha encore d'elle, de sorte qu'il la plaquait presque totalement contre le mur.
– J-Je me suis perdue, bégaya sa Sang-de-Bourbe.
Jedusor ricana méchamment et effleura du bout de ses doigts les joues rougies d'Hermione. Il était si proche d'elle qu'il pouvait désormais sentir sa respiration effrénée. Son corps près de lui fit resurgir dans son esprit les souvenirs de la veille. Il bouillonnait. Toucher la peau nue de ses joues l'avait tout à fait séduit, et plus encore la réaction d'Hermione à ses gestes. La vue de son corps contracté par la jouissance l'avait assez satisfait. Son rictus s'élargit.
– Tu t'es perdue ? murmura t-il d'un ton séducteur. Me voilà maintenant, quelle chance tu as, n'est-ce pas ?
Avant une quelconque réponse, Jedusor se pencha et captura sa bouche. Il sentit ses lèvres tremblées de surprise alors qu'il les pinçait avec avidité. Sans attendre, il plongea sa langue dans un féroce baiser. Ses mains effleuraient le reste de son corps et son seul souhait à cet instant était d'arracher sur-le-champ ses vêtements et de la prendre contre le mur.
Jedusor mit fin au baiser avant de perdre tout contrôle. Hermione releva la tête et l'observa d'un air troublé. Son regard était teinté d'une certaine innocence que Jedusor voulut à la fois détruire immédiatement et chérir de toutes ses forces. Il mit de côté ses intentions – pour l'instant – et lorgna plutôt Hermione.
– Hmm, ronronna t-il en enroulant autour de son doigt une mèche de la brune. C'est une juste rétribution pour ce que tu m'as donné hier.
Il se frotta contre elle et un sourire tordu osa apparaître sur ses traits pâles en la voyant écarquiller les yeux si comiquement. Son visage tourna instantanément au rouge tomate et elle marmonna avec nervosité :
– C-Ce que… Je…
Les yeux de la brune clignaient rapidement des yeux, ce qui le fit ricaner. Ce n'est que lorsqu'il vit la peur teintée son regard qu'il décida d'avoir pitié d'elle. Il recula pour lui accorder plus d'espace.
– Ne t'inquiète pas. Je ne vais pas abuser de toi dans un couloir vide.
Une mimique diabolique prit forme sur son visage. Ses yeux bleus, possessifs, errèrent sur son corps et il mumura :
– Bien que cela soit tentant.
Une teinte rosée colora les joues d'Hermione. Jedusor l'attrapa par le bras et la sortit de l'alcôve. Avec un sourire suffisant accroché aux lèvres, il la mena au bout du couloir où la Dame Grise flottait paisiblement, à seulement quelques mètres de la salle commune des Serpentard. Jedusor la salua poliment, mais Helena ne répondit rien. Le fantôme l'appréciait d'ordinaire. Là, ses yeux étaient fixés sur Hermione. Une étincelle de fureur étincelait dans son regard sans vie. Elle la toisait de tout son long.
– Encore toi !
Hermione tressaillit à son cri. Quant à Jedusor, lui ne comprenait rien à l'hostilité du fantôme.
– Je suis désolée, murmura la Sang-de-Bourbe avec soumission.
Ses excuses n'apaisèrent pas le moins du monde Helena. Jedusor n'avait jamais vu une telle colère sur les traits du fantôme. La fille Serdaigle était d'habitude d'un caractère si doux que cela avait l'habitude de l'écœurer.
– Ce n'est pas étonnant, cracha Helena. Que je te rencontre dans son royaume.
Jedusor inclina légèrement la tête pour observer le furieux fantôme. Son royaume ? Un regard en biais lui assura qu'Hermione était tout aussi confuse que lui.
– J-Je suis désolée, murmura une nouvelle fois la Sang-de-Bourbe.
Helena flotta vers Hermione, ce qui fit grimacer la brune. Le fantôme articula d'un air venimeux :
– Dis-lui que rien ne pourra m'empêcher d'assouvir ma vengeance.
Sur ces mots, la Dame Grise s'enfuit. Les yeux glacés de Jedusor suivirent la lueur argentée jusqu'à ce que celle-ci disparaisse dans l'obscurité du donjon.
– Eh bien, songea Jedusor avec légèreté en observant une Hermione tremblante. C'était on ne peut plus étrange.
Il agrippa la main de la Sang-de-Bourbe et la dirigea sur le côté.
– Tu la connais ?
Hermione secoua la tête et avoua avec des tremblements :
– Je ne l'ai rencontrée qu'une seule fois. Et elle était vraiment en colère contre moi.
Jedusor haussa les sourcils, curieux.
– Qu'est-ce que tu lui as fait ?
– Rien, assura t-elle rapidement. Est-ce que tu sais qui elle est ?
– C'est le fantôme de la Maison Serdaigle. On l'appelle la Dame Grise, ajouta t-il avec un sourire en coin.
Hermione fronça les sourcils, concentrée.
– La Dame Grise… ?
Elle réfléchit un moment, puis ses yeux se relevèrent d'un coup vers Jedusor.
– C'est elle ? s'exclama t-elle. Helena. En Albanie, la statue du cer-
La fin de sa phrase fut coupée par la pression de la main du sorcier sur sa bouche.
– Baisse d'un ton, ordonna t-il brusquement. Tu n'es certainement pas obligée de prévenir le château entier que nous avons découvert la tombe perdue d'Helena. Alors ferme-la.
– Je suis désolée, Tom, s'excuse la Sang-de-Bourbe immédiatement.
Jedusor en était certain, elle se serait agenouillée devant lui s'il ne l'avait pas tenu par l'épaule. Il leva les yeux au ciel. Elle était vraiment ennuyeuse, parfois.
– Où allons-nous ? demanda Hermione au bout d'un moment.
Heureusement, ses bégaiements peureux avaient cessé. Il lui jeta un coup d'oeil et répliqua sèchement :
– La Salle Commune des Serpentard.
– Pourquoi ?
Jedusor se massa avec lassitude l'arrête du nez.
– Je suis peut-être Préfet-en-chef, mais je peux encore passer du temps dans ma Salle Commune.
– Bien sûr, dit-elle en se pinçant les lèvres. Pourquoi est-ce que je dois venir ? Je ne suis pas une Serpentarde.
Jedusor arqua un élégant sourcil et s'enquit avec provocation.
– Pourquoi donc ? Je pensais que tu appréciais passer du temps avec moi.
Il lui jeta un regard suggestif qui la fit rougir délicieusement. Elle bredouilla.
– C-C'est le cas…
– C'est bien ce que je pensais, ronronna le sorcier, satisfait.
.
.
La salle commune des Serpentard était intimidante. Entre les couleurs vertes et noires oppressantes tout autour d'elle et les personnes qui la fixaient sans une once de discrétion, Hermione ne savait pas ce qui était le pire. En tout état de cause, elle ne se sentait pas à l'aise et fixait la porte dans l'espoir vain qu'elle pourrait rapidement en sortir.
Depuis qu'Hermione était arrivée à Poudlard, les Serpentard l'avaient plus ou moins ignorée, bien qu'ils sachent à peu près tous qu'elle était la petite-amie de Jedusor. Maintenant c'était différent, ils la jaugeaient de loin par de longs regards hautains. En y réfléchissant, Hermione devinait que leur soudain intérêt devait avoir pour cause le duel d'hier avec le fameux Préfet-en-chef. Ça avait boosté sa popularité chez les Gryffondor d'une manière assez surprenante d'ailleurs. Peut-être que les Serpentard aussi s'intéressait désormais à elle.
Hermione se dandinait nerveusement sur un des luxueux canapés de cuir qui ornaient la salle. A sa ô plus grande joie, Drago Malefoy vint s'asseoir juste à côté d'elle. Heureusement Jedusor était assis sur un fauteuil non loin de là. Ses acolytes se prélassaient sur des fauteuils ramenés en cercle autour du sorcier. Le fait que Jedusor soit là les empêchaient d'approcher la brune et c'était d'ailleurs le seul avantage qu'elle pouvait trouver à sa présente situation. Hermione avait remarqué depuis déjà longtemps que Jedusor inspirait une sorte de vénération chez ses camarades Serpentard, son statut de Préfet-en-chef devait y être pour quelque chose.
Sans qu'elle s'en rende compte, la main de la sorcière s'était négligemment dirigée vers la poche de sa robe où se trouvait sa baguette. Ses doigts effleuraient le bois lisse du bâton et elle se remit à penser à Helena. Pourquoi le fantôme lui en voulait-il autant ? Sa colère devait avoir quelque chose à voir avec cette baguette, songea Hermione. Elle l'avait trouvée juste à côté de la tombe d'Helena. La baguette devait lui appartenir quand elle était encore vivante et maintenant le fantôme la prenait pour une voleuse.
- Voilà la liste des différents fournisseurs pour la soirée, énonça la vox hautaine de Drago.
Hermione regarda avec curiosité le blond tendre une enveloppe à Jedusor. Le sorcier la prit mais au lieu de l'ouvrir, la fourra dans la poche de sa robe. Drago observa le mouvement de ses yeux gris et ajouta avec précaution :
- Pourquoi est-ce tu as besoin de savoir ça de toute manière? Je peux demander à Père une invitation si tu es tellement intéressé…
Jedusor ne répondit pas mais le foudroya de son regard glacial dont lui seul connaissait le secret. Le blond se pencha légèrement vers Jedusor puis murmura d'une voix basse, un sourire doucereux au visage :
- Pour revenir au problème de la Sang-de-Bourbe… J'ai vraiment besoin d'elle au Manoir.
Jedusor arqua simplement un sourcil comme pour signifier qu'il ne voyait pas en quoi cela pouvait être son problème. Drago grommela.
- S'il te plaît, dit-il d'un ton plaintif. Pourquoi est-ce que tu ne me redonnes pas Penny ? Tu ne l'utilises même pas. Mon père est furieux que je l'ai perdue. Il m'a même menacé de me supprimer mon argent de poche.
Hermione quant à elle restait figée, prête à suffoquée en silence. Il parlait d'elle ! Elle ne pouvait que regarder fixement Jedusor en priant qu'il ne la trahisse pas. Jedusor regardait à peine Drago, ennuyé au plus haut point.
- Je te l'ai déjà dit, répondit-il avec suavité. La Sang-de-Bourbe est à moi. Son allégeance me revient désormais.
- Tom s'il te plaît, geignit Drago. Tu peux encore me la redonner. Père me harcèle. Il a payé cher pour avoir Penny chez lui. Je… Je pourrais te donner quelque chose en échange. Mais s'il te plaît, j'ai vraiment besoin de la Sang-de-Bourbe.
Une ombre de colère passa dans les yeux bleus de Tom. Il siffla d'un ton dur, fermant définitivement le sujet.
- J'ai dit non.
Hermione scruta nerveusement Drago. Elle savait qu'il n'abandonnerait pas aussi facilement. Avant qu'il ne reprenne la parole, l'entrée de la salle commune s'ouvrit et Hermione fut presque soulagée de voir arriver Bellatrix Black. Un sourire satisfait dansait avec furie sur ses lèvres charnues tandis qu'elle traversait telle une diva la pièce. Elle se laissa tomber sur l'accoudoir du fauteuil de Jedusor et lui sourit à grande dent.
- Tu ne devineras jamais, Tom, pouffa Bellatrix. Si tu lances un Petrificus Totalus sur quelqu'un et que tu lui relances un maléfice de Babillage, il se mord la langue en essayant de parler.
Sur ces mots, elle gloussa comme une furie puis s'étala paresseusement sur le fauteuil de Jedusor.
- Je viens de le faire sur un Poufsouffle de deuxième année, s'exclama t-elle fièrement. L'idiot s'est presque arraché la langue. Assez sanglant. Tu aurais bien aimé, Jedusor.
Evan Rosier, un garçon assez grand et musclé aux cheveux blonds foncés releva les yeux de son magazine de Quidditch. Il observa Bellatrix et lui demanda, totalement indifférent aux détails « amusants ».
- Comment tu as fait pour ne pas te faire renvoyer ?
Une lueur folle apparut dans les yeux sombres de la sorcière et ses lèvres se tordirent en un sourire de loup. Elle allait répondre quand son regard se posa sur Hermione. Son air glorieux la quitta instantanément. Elle se leva et foudroya Hermione du regard.
- Qu'est-ce que cette Gryffondor fait ici ? aboya Bellatrix.
L'hystérie brûlait dans son regard alors qu'elle attendait la réponse de Jedusor. Le sorcier ne réagit presque pas et l'informa simplement :
- Je l'ai invitée.
Les yeux de Bellatrix se rétrécirent jusqu'à devenir deux petites fentes furieuses. Hermione tressaillit. La sorcière ricana.
- Elle dérange.
- C'est ma petite-amie, fut la réponse calme de Jedusor.
Bellatrix ne tenait plus en place. Sa colère s'était évanouie de son joli minois. Elle sourit doucement à Jedusor et suggéra d'une voix mielleuse :
- Je savais pas qu'on pouvait inviter ses plans culs.
Les yeux de Jedusor se plissèrent et il ne cacha pas son énervement :
- Je te demande pardon ?
Bellatrix faisait semblant de ne pas comprendre et posa comme une actrice de théâtre une main sur sa poitrine.
- Ne me dis pas que tu l'as pas encore baisé ! dit-elle avec un sourire diabolique. Si tu ne la veux pas, tu peux me la refiler.
Jedusor observait calmement de ses yeux bleus glacés la sorcière. Il répliqua par un rictus cruel.
- Si tu veux un jouer, va t'en trouver un. Je n'aime pas partager.
La précédente Bellatrix furibonde se calma à contrecœur. Sans qu'on s'y attente, Dolohov prit la parole à sa place, et pas sans une once de méchanceté.
- Hmm, Bellatrix. T'as pas vu le duel d'hier ? Je pense que la Gryffondor est un adversaire bien trop coriace pour toi.
Bellatrix le foudroya du regard et ne retint pas d'afficher sa colère débridée à l'endroit de la face souriante de Dolohov. Elle avait déjà posé sa main dans la poche de sa robe, mais avant d'avoir pu en sortir sa baguette, la voix froide de Jedusor mit fin à ses velléités.
- Assez.
Il n'y avait pas une seule note de colère sur le visage du sorcier tandis qu'il observait Bellatrix et Dolohov. Les deux se tortillaient sous son regard scrutateur mais il mit fin à son examen d'une voix qui ressemblait en tout point à un ordre.
- Nous sommes maintenant tous réunis, il est temps de trouver un endroit plus privé pour parler.
Tout le monde se leva immédiatement, prêt à le suivre. Jedusor se leva avec élégance de son fauteuil. Ses yeux bleus se reposèrent un court instant sur la figure d'Hermione qui lui renvoya un petit regard timide.
- Regulus ? coupa t-il sèchement.
Le garçon qui se trouvait au fond du groupe, se crispa. Jedusor le regarda froidement avant de lui ordonner d'un ton impérieux.
- Escorte Hermione dans la Grande Salle. Il est presque l'heure de dîner.
Regulus baissa la tête et marmonna un :
- Bien sûr, Tom.
Jedusor ne répondit pas mais s'approcha de la brune qu'elle regarda avec prudence.
- Hermione, tu vas avec Regulus, dit-il d'une voix sévère mais moins froide que précédemment. Je te verrai après le dîner dans les quartiers des Préfets-en-chef.
- Hm-hmm… On est vendredi, murmura Hermione. Je… C'est aujourd'hui la fête. Tu te souviens ?
Jedusor fronça les sourcils, puis acquiesça. Il s'inclina et posa un léger baiser sur sa joue.
- Je veux que tu sois rentrée à onze heures, lui rappela t-il sévèrement.
- Oui, Tom.
.
.
Hermione jetait des regards en biais au garçon qui marchait à ses côtés. Regulus Black. Il était plutôt petit et assez maigre. Avec ses cheveux noirs brillants, ses traits fins et son sourire timide, il avait tout de même un air mignon.
Il avait l'air un peu décalé dans le cercle d'amis de Jedusor, en comparaison des Dolohov ou des Rosier, épais comme des joueurs de Quidditch. Regulus n'avait pas non plus les manières snob d'un Drago ou la folie colérique de Bellatrix. Hermione se demandait comment il avait pu se lier d'amitié avec Jedusor.
- Je voulais vous dire à quel point j'ai apprécié votre duel hier, Miss Rookwood, lui dit-il timidement. C'était vraiment surprenant.
N'étant pas habituée à se faire vouvoyer et encore moins à recevoir des compliments, Hermione rougit et murmura :
- Merci. Mais j'ai perdu de toute façon.
Regulus sourcilla.
- Je ne pense pas. Ou au moins, c'était comme un match nul. Même Lupin t'a félicitée ! C'est pas vraiment quelque chose qu'il a l'habitude de faire.
- Peut-être bien, mais Tom m'a désarmée. Il a gagné.
- Tu devrais savoir, Rookwood, déclara Regulus en escaladant une volée d'escaliers, que quand Tom prend en duel quelqu'un, ça ne dure en général que quelques secondes. Avant que tu viennes en DCFM, personne ne l'avait jamais battu.
Hermione n'en croyait pas ses oreilles.
- Je n'aurais pas dû l'attaquer de cette manière… Je veux dire, aussi physiquement.
Le Serpentard eut un petit rire.
- En fait, c'était assez rafraîchissant de le voir lutter, pour une fois.
Un léger sourire apparut sur le visage d'Hermione. Elle ne savait pas comment l'expliquer mais elle se sentait étrangement tranquille en la présence de Regulus. Excepté Jedusor, peu de sorciers lui inspirait une si grande tranquillité. Peut-être que ce n'était pas un hasard si ces deux-là étaient amis après tout.
- Tu ne devrais pas dire ça, le taquina t-elle. Tom est quand même ton ami.
A ses mots, le sourire s'effaça du visage de Regulus. Il semblait désormais plus hésitant, comme s'il cherchait ses mots.
- Oui, murmura t-il sombrement. … mon ami.
Avant qu'Hermione n'ait pu l'interroger sur son attitude morose, Regulus lui demanda d'une voix désormais plus plaisante :
- Sans compter ton petit-ami, comme est-ce que tu trouves Poudlard pour l'instant ?
Hermione était quelque peu perplexe face à ce si brusque changement de ton mais lui répondit tout de même.
- C'est merveilleux.
- Tu suivais des cours à la maison avant ?
Hermione acquiesça.
- C'est ça. Mais je préfère de loin Poudlard.
- Je vois, dit Regulus avec un sourire chaleureux. Quel est ton cours préféré ?
Un large sourire s'épanouit sur les lèvres de la sorcière. Pendant le reste de leur trajet jusqu'à la Grande Salle, elle ne s'arrêta pas de divaguer sur les cours et à quel point ils étaient tous incroyables. Rapidement, elle se rendit compte qu'elle ne pouvait en nommer un seul qu'elle préférait par-dessus les autres. Regulus écoutait amusé l'enthousiasme exubérant de la brune.
- … bien que les potions ne soient pas mon point fort. Mais Tom m'aide un peu, dit-elle joyeusement. Le cours de Runes Anciennes est très intéressant également. J'ai presque terminé le devoir que Wenlock nous a donnés.
- Vraiment ? s'enquit Regulus, admiratif.
Ils s'avancèrent dans la Grande Salle. Quelques étudiants étaient déjà attablés. Regulus accompagna Hermione jusque vers la table des Gryffondor.
- J'aime aussi les Runes Anciennes, dit-elle avec un sourire. On pourra peut-être travaillé sur un prochain devoir ensemble, si tu veux.
Hermione acquiesça avec enthousiasme. Regulus la salua une dernière fois avant de s'excuser de devoir partir. Tandis qu'Hermione s'asseyait à la table des Gryffondor et l'observait quitter la salle, elle réalisa trop tard qu'elle oublié de lui demander ce que Jedusor et ses amis étaient en train de faire.
.
.
.
Quelques temps plus tard, Hermione quittait la bibliothèque à la hâte. Elle s'était laissée complètement absorbée par les nombreux livres et se morigénait d'avoir pu être aussi peu attentive. La fête gryffondore avait déjà commencé et Hermione avait hâte. Elle n'était jamais allée à une fête. Bon, il y avait bien eu au manoir Malefoy des fêtes organisées par Drago avec ses amis mais Hermione n'en avait jamais profité. Elle devait dans ces moments là servir les invités, nettoyer leur bazar et en plus de ça, Drago avait la fâcheuse manie de devenir incroyablement plus insupportable lorsqu'il était saoul. Elle était vraiment reconnaissante que Jedusor la laisse y aller.
En repensant au fameux Préfet-en-chef, une vague de chaleur la frappa et elle rougit. Les souvenirs de la journée remontèrent à l'esprit de la brune: d'abord le duel en cours de DCFM, puis… ce qui était arrivé dans le quartier des Préfets. Le souvenir des doigts de Jedusor sur son corps, la façon dont il l'avait embrassé et enlacé, tout cela fit naître en elle un plaisant frisson au creux de son ventre. Elle ne savait pas quoi penser. Tom était son maître, il pouvait faire ce qui lui plaisait avec elle. Mais elle ne pouvait certainement pas en profité de son côté. Pourtant quand elle lui avait rendu son baiser, elle avait apprécié elle aussi.
- … pourquoi vous ne devriez pas être là.
Une voix arriva aux oreilles d'Hermione de l'un des sombres corridors qu'elle venait de dépasser. Elle scruta avec précaution derrière elle. Non loin de là se tenait deux figures. Les cheveux blonds touffus, vêtu d'une épaisse cape, elle reconnut l'une d'elle : Lupin. L'autre était au moins d'une tête plus petite et assez frêle comparée au corps du professeur. Hermione fronça les sourcils en reconnaissant Alecto Carrow, le professeur d'Histoire de la Magie. Un sourire méchant tordait son visage tandis qu'elle lançait des regards noirs au loup-garou.
- J'en parlerai à Dippet, gronda t-elle cinglante. Croyez-moi, il vous renverra aussitôt.
Malgré les manières agressives de la femme, Lupin renifla négligemment. Sa voix était calme.
- T'as déjà essayé l'année dernière. Tu t'en souviens, ma chérie ? Ca ne t'a pas vraiment réussi. Regarde je suis encore là.
Carrow était intenable de furie et s'avança avec dangerosité de Lupin. La haine brûlait dans ses yeux tandis qu'elle observait l'homme. Elle ouvrit la bouche pour aboyer :
- Vous n'êtes qu'un infâme SANG-MÊLÉ ! Vous ne devriez jamais être né. Vous me répugnez !
Les dents de Lupin se découvrirent et il grogna d'une voix menaçante.
- Fais attention à comment tu me parles, Carrow. Tu ne sais pas quand je pourrais te mordre.
Carrow lui rit au nez, bien qu'elle fit tout de même un pas en arrière. Elle persifla :
- Je ne sais définitivement pas ce qui a poussé Dippet à vous engager pour enseigner. Un Sang-Mêlé ? Vous n'êtes pas mieux que ces sales Sangs-de-Bourbe.
Lupin ricana et ses yeux jaunes étincelaient quand il répondit avec une fierté non-feinte :
- Je ne suis pas un Sang-Mêlé. Je suis un loup-garou avant toute chose.
Il s'avança légèrement vers Carrow, ce qui ne laissait maintenant plus qu'un espace de quelques centimètres entre les deux. Hermione pouvait voir la tension émaner de la figure de Carrow tandis que le loup-garou se tenait si près. Elle ne pouvait pas en vouloir à la femme. Lupin avait vraiment l'air capable de tuer, avec sa lueur prédatrice, tandis qu'il grognait dangereusement :
- La horde est ma famille et le Corps la seule autorité que je reconnaisse. Alors si j'étais toi, je la fermerai gentiment, fillette. Tu ne veux sûrement pas mettre en colère le grand méchant loup.
Carrow recula d'un coup. Visiblement troublée, elle se battait pour maintenir son air supérieur.
- Vous me menacez, Lupin ? siffla t-elle d'une voix stridente.
Un sourire de loup naquit sur les lèvres du sorcier et ses étranges yeux jaunes se posèrent une dernière fois sur Carrow. Sans rien dire, il fit volte-face et remonta tranquillement le couloir. Hermione réalisa un temps trop tard qu'il venait droit dans sa direction. Il passa juste à côté d'elle. Hermione déglutit nerveusement mais cela ne l'arrêta pas pour autant et elle se décida à suivre le sorcier. Lupin grommelait dans sa non-barbe tout en farfouillant dans sa poche de manteau.
- Quelle merdeuse…
Il en sortit un paquet de cigarettes, en sortit une et la mit directement dans sa bouche. D'un petit claquement de doigts, il fit sortit de son pouce une petite flamme. Il alluma sa cigarette et en prit une longue bouffée. Le sorcier grommela d'une voix sombre :
- Qu'est-ce que tu me veux, Rookwood ?
Il ne s'était pas tournée vers Hermione pour poser sa question et avait simplement continué son chemin. Tandis qu'elle le rattrapait, Hermione pouvait observer l'emblème inscrit sur son manteau, juste au-dessus de ses biceps : le contour d'un loup noir hurlant au milieu d'une lune jaune. Lupin regardait silencieusement Hermione, la cigarette pendante du coin de sa bouche. Face à son regard insistant, elle murmura faiblement :
- Je ne voulait pas entendre votre conversation. Je suis désolée, Professeur Lupin.
Le loup-garou continuait de la regarder de ses yeux dangereusement jaunes.
- Je ne suis pas un professeur. Encore heureux…, répondit-il d'un ton bourru avec un regard en direction de là où Carrow se trouvait plus tôt. Sinon je devrais me taper ses discours d'abrutie toute la putain de semaine.
- Ah… euh…, dit-elle en lui lançant un coup d'œil. Je suis encore désolée, Monsieur Lupin ?
- Capitaine, rectifia t-il avec une autre bouffée de cigarette. Capitaine Lupin.
Hermione acquiesça.
- Où allez-vous, Capitaine Lupin ? demanda t-elle timidement
Lupin soupira et lui jeta d'un ton sarcastique :
- Ça pourrait te surprendre mais apprendre à des bleus comment il faut tenir correctement une baguette n'est pas ma tâche première.
Hermione le scrutait, confuse. Lupin émit un petit rictus, le rendant un peu moins effrayant.
- Je vais aux baraques, expliqua t-il. Avec un peu de chance, ils m'auront gardé un peu de whisky Pur Feu.
Ils avaient maintenant atteint le Hall d'Entrée et passait les portes de devant. Lupin observait Hermione avec suspicion avant de lui demander sèchement :
- Que vas-tu donc faire ce soir, Rookwood ?
- Ah… euh…
Hermione hésitait à lui dire pour la fête des Gryffondor. En y réfléchissant, Lupin ne serait pas trop tatillon.
- Les Gryffondor organisent une fête sur le bord du lac.
Sa déclaration sembla apaiser de manière considérable l'humeur de Lupin. Un sourire tordu apparut sur son visage et ses yeux pétillèrent joyeusement.
- Ah, une des fêtes légendaires Gryffondor ? s'enquit-il amusé.
- Légendaires ?
Lupin riait doucement quand il ouvrit les portes d'entrée avant un léger mouvement de la main. Ils s'avancèrent tout deux dehors.
- De mon temps, elles l'étaient, dit-il avec bonhommie.
Hermione s'enroula plus fortement dans sa robe noir et demanda doucement :
- Vous avez étudié à Poudlard ?
- Oui, proclama t-il fièrement. A Gryffondor. La meilleure des maisons et de loin.
Hermione eut un petit rire. Lupin était donc un Gryffondor lui aussi. Qui aurait pu le croire ? Elle avait du mal à l'imaginer s'asseoir tranquille dans une salle de classe.
- Comment était votre temps à Poudlard ?
Les yeux jaunes de Lupin la quittèrent pour glisser sur la vue du château tout entier. Sourire au visage, il soupira doucement :
- Conflictuel.
Le silence se fit, Lupin semblant désormais perdu dans ses propres souvenirs. Il jeta au loin sa cigarette, peu inquiet de là où elle irait, et en sortit immédiatement une autre. Elle secoua la tête quand il lui offrit l'une d'entre elles. Il n'est vraiment pas un professeur, pensa t-elle intérieurement. A la place, elle lui demanda avec précaution :
- Quand avez-vous rejoint le Corps ?
Lupin gloussa.
- Tu es bien curieuse, hein ?
Hermione rougit et baissa la tête.
- Je suis désolée, Capitaine Lupin.
Il haussa juste les épaules et lui répondit tout de même.
- Je me suis engagée à mes dix-sept ans. Juste après mon diplôme.
Il remonta la manche de son bras droit et lui montra une paire de cicatrices qui marquait sa peau tannée. Des dents acérées devaient s'être plantées bien profondément dans sa peau pour avoir laissé des traces si profondes.
- Après onze moins d'entraînement en tant que recrue, on m'a accepté, lui dit-il, en souriant face à ses cicatrices. Onze mois de pur enfer, crois-moi. J'avais littéralement envie de mourir. Mais j'ai continué, on m'a donné la morsure et j'ai rejoint le Corps. Fin de l'histoire. D'autres questions ? lui demanda t-il avec malice.
Hermione secoua hâtivement la tête et murmura avec timidité :
- Non, monsieur.
Lupin en aboya presque de rire.
- Pour quelqu'un qui en a dans le ventre, tu es bien timide.
Hermione lui lança un regard interrogateur. Le loup-garou eut un rictus et la taquina :
- Je suis soulagé qu'enfin, bon dieu, on ait quelqu'un qui sache déjà tenir sa baguette correctement. Ça me fait moins de travail.
Le château était déjà loin derrière eux et Hermione remarquait déjà les eaux scintillantes du lac. Lupin s'arrêta et lui sourit.
- C'est là que nos chemins se séparent.
Hermione acquiesça. Avant qu'il ne s'éclipse, elle lui demanda :
- Quand reviendrez-vous ?
- Jeudi, lui répondit le loup-garou, son rictus toujours en place. De jeudi à vendredi, toutes les semaines, jusqu'à ce que mon commandant me prenne en pitié.
- J'aime vos cours, lui déclara timidement Hermione.
Elle fronça les sourcils.
- Enfin, jusqu'à ce que Tom n'essaye de me brûler vivante.
- Ouaip, fais attention pour la prochaine. Il a l'instinct du tueur celui-là, gloussa Lupin. J'aurais dû arrêter le duel avant qu'il essaye de te griller…
Lupin haussa négligemment les épaules. D'un mouvement de baguette, il lui fit un signe d'au revoir et disparut dans la nuit. Un léger sourire étirait le visage d'Hermione pendant sa remontée du chemin qui menait jusqu'au lac. A l'approche du lieu, elle entendit assez rapidement de la musique et des bavardages. Le lac scintillait de l'ombre pâle de la lune. Le regard d'Hermione se détourna de cette vision pour s'attacher à la tente qui se tenait juste aux bords de l'étendue d'eau. C'était une sorte de grande voûte faite de tissu blanc. Des lampions flottaient magiquement autour de l'immense tente et au plafond de celle-ci, illuminant l'espace d'une lumière joyeusement orangée. Les convives s'étaient regroupés sous la voûte illuminée, bavardant et riant à gorge déployée, soutenus par la musique éclatante propagée par un gramophone magique.
Hermione s'avança avec hésitation. Une chaleur bienvenue la prit par surprise et elle en déduisit que la tente était chauffée par des Sortilèges de Réchauffe pour empêcher l'air froid de janvier de rentrer. La brune était un peu nerveuse, elle s'avançait à petit pas. Les gens étaient proches d'elle et Hermione eut la soudaine envie de déguerpir au plus vite. Perdue dans la pensée d'un exil volontaire jusqu'au château, elle bouscula malencontreusement quelqu'un.
- Je suis navrée, s'excusa t-elle promptement.
Elle leva la tête et reconnut instantanément la jeune fille longiligne aux cheveux noirs. Elle l'avait accueillie à son arrivée à la station de Pré-au-lard et l'avait amené jusqu'à Poudlard : la Préfète-en-chef, Lisa Turpin.
- Pas grave, répondit celle-ci, la voix étrangement sèche.
Turpin offrait à Hermione un regard tout à fait scrutateur, et déplaisant. La dernière fois qu'elle lui avait parlé, elle avait pourtant l'air joviale et attentionnée. Elle lui semblait maintenant on ne peut plus hautaine.
- Euh…, marmonna Hermione sans savoir ce qu'elle avait fait de mal. Je voulais te… remercier encore une fois pour t'être occupée de moi à mon arrivée.
Turpin regardait Hermione avec suspicion. Après une seconde d'un silence assez inconfortable, la Préfète-en-chef remarqua froidement :
- Pourquoi est-ce que Jedusor ne s'en est pas occupé ? Il est ton petit-ami, n'est-ce pas ?
- Il devait discuter avec un ami, et n'avait pas trop le temps pour moi, mentit-elle.
Sa suspicion ne faiblit pas.
- Pourquoi vous êtes ensemble ?
Hermione cligna des yeux, confuse.
- Je te demande pardon ?
Sans répondre, la Préfète lui demanda sombrement :
- Personne ne t'a prévenue ?
- Prévenue ? Pourquoi ?
- Il est… Jedusor est…
La Préfète ne finit pas sa phrase. Elle fit un pas vers Hermione, posa une main douce sur son épaule, et lui murmura d'une traite :
- Ecoute, Hermione, tu as l'air de quelqu'un de vraiment sympa. Donc je te donnerai un seul conseil : Reste loin de Jedusor. Il pratique la magie noire. Et ses soi-disants amis ne sont pas mieux que lui. Je sais qu'il a l'air d'un gars attentionné, mais il ne l'est vraiment pas, crois-moi. Jedusor est dangereux.
Avant qu'Hermione ait pu réagir, Turpin se retourna et disparut dans la foule. Hermione fixait le sol, l'estomac noué. Depuis son arrivée à Poudlard, tout le monde n'arrêtait pas de l'avertir à propos de Jedusor. D'abord Parvati, ensuite Ginny et Ron, maintenant Turpin. Hermione prit une respiration lourde. Jedusor était-il vraiment dangereux ? Il était parfois vraiment effrayant mais il ne lui avait jamais fait de mal. Il l'avait menacée, certes, mais ça n'avait jamais dépassé ce stade. Il ne l'avait pas une seule fois giflée, gifles qui étaient au contraire quotidiennes au manoir Malefoy.
- Hey, dit une voix qui la fit sortit de ses pensées. Te voilà.
Sans attendre une répondre de sa part, des bras l'entourèrent pour un chaleureux câlin. Elle releva la tête, étonnée, pour y découvrir la face joviale d'un Ron.
- Mademoiselle est en retard, la réprimanda t-il gentiment.
Hermione eut un petit rire et se dégagea de son étreinte.
- C'est faux, dit-elle avec une fausse indignation. Tu avais dit que la fête commencerait après le dîner. Et on est « après le dîner ».
Ron se gratta la tête. Il amena son verre à ses lèvres, le but cul-sec, et s'exclama tout joyeux :
- T'as raison. Maintenant viens ici, dit-il en lui attrapant le bras. Tu rates le meilleur.
Il l'amena jusqu'à un groupe de transats ramenés en cercle. Hermione vit Ginny et Dean se prélasser sur l'un d'entre eux. Seamus était assis dans un autre, une bouteille de Bièreaubeurre aux lèvres. Il rota assez bruyamment, ce qui lui valut un regard noir de Ginny. Il sourit à Hermione.
- Ah, mais regardez qui voilà. La nouvelle venue.
- T'as bien bu mon salaud, remarqua Ron.
- P'têtre bien, rétorqua Seamus. Mais toi aussi.
Ron ne s'embêta pas à lui répondre et attrapa une bouteille de ce qui ressemblait à du whisky Pur-Feu et la versa dans plusieurs verres. Il en tendit à ses voisins, et arrivé à Hermione, celle-ci refusa.
- Non merci.
- Ah non, Hermione, gloussa Ginny de son transat. Si tu te saoules pas, tu pourras pas survivre à ce qui vient.
Dean se mit à la chatouille ce qui la fit éclater de rire. Ron poussa Hermione sur l'un des transats et il s'assit à ses côtés.
.
.
Plus tard dans la soirée, toujours assise sur son transat, Hermione connaissait le plus beau moment de sa vie. Elle discutait et riait à gorge déployée avec ses amis. Elle n'aurait jamais pu deviner qu'une fête pouvait être si relaxante. Ses amis étaient tous un peu ivres, alors que la sorcière s'était contentée de jus de citrouille.
- Nan mais sérieux, s'exclamait Dean. La copine de Tom Jedusor. J'aurais jamais imaginé une fille si… si…. Si gentille en fait.
Hermione se sentit mal-à-l'aise et se mit à rougir. Un bras passa autour de ses épaules. Ron avait déménagé sur son transat et bredouillait :
- Tu la gênes, mec.
- Ah mais on pense pas mal, Hermione. T'es vraiment adorable.
Ginny rit.
- C'est vrai. C'est la grosse surprise en fait. Je pensais que Jedusor était du genre à avoir une copine comme bah… je m'étais toujours imaginée un démon avec des cornes, avec une langue fourchue et… et…
Tandis qu'elle cherchait ses mots, Seamus compléta :
- Avec pour collier des os de nouveaux-nés.
Hermione ne put s'empêcher d'éclater de rire. Ron ajouta :
- J'étais certain que sa copine serait une sorte de vampire.
Parvati et Lavande se joignirent à eux. Ils discutaient avec force de la meilleure manière de repousser un vampire quand Hermione se mit à bailler et à s'allonger sur son transat.
- Fatiguée ? demanda doucement Ron.
Hermione regarda ses yeux bleus. Ils étaient plus clairs que ceux, plus profonds, de Jedusor, et avaient une étincelle de joie. Hermione secoua la tête et sourit.
- Alors tu aimes la fête ?
- Beaucoup.
- Mieux que de rester à la maison, hein ?
- Définitivement, dit-elle avec un large sourire.
- Je suis vraiment content que Maman n'ait jamais pensé à me faire étudier à la maison. Je te l'ai pas dit mais j'ai cinq frère, en plus de Ginny bien sûr.
- Wow. Ca doit être amusant.
- Étouffant plutôt. Tu imagines, nous tous à la maison toute l'année. La maison exploserait. Tu as des frères ou des sœurs ?
- Non, répondit Hermione en regardant par terre.
Son coeur se serra douloureusement, comme il le faisait à chaque fois qu'elle pensait à ses parents. Ron avait remarqué son air triste et essaya de lui remonter le moral.
- Tu sais, tu pourrais venir au Terrier un jour. C'est pas si mal, enfin tant que tu échappes aux tâches ménagères de Maman. Imagine toi faire la vaisselle quand on est neuf à la maison.
Hermione fronça les sourcils à ses paroles.
- Ta famille n'a pas de Sangs-de-Bourbe ?
- Nah, renifla t-il amusé. Qu'est-ce que tu crois qu'on est ? Des foutus riches ? Mon père est contre de toute façon.
Les yeux d'Hermione s'élargirent et elle murmura, horrifiée :
- Il est contre les Sangs-de-Bourbe ?
- Hein ? dit-il en l'observant avec confusion, avant de lui expliquer : Non. Il est pas contre eux. Mais… tu vois, il est un peu fan de la technologie moldue. Il répète à tout va qu'ils sont intelligents. En fait, il est contre le fait d'utiliser des Moldus ou des Sangs-de-Bourbe et tout le tralala.
- Oh, fit Hermione, surprise par cette idée.
Elle se rallongea dans son transat, plongée dans sa réflexion. Des sorciers contre l'utilisation de Sangs-de-Bourbe ? Vraiment ? Elle n'avait aucune idée que cela pouvait exister. Elle se mit à sourire en regardant Ron, Ron qui était engagé dans un bras-de-fer avec Seamus, ce qui faisait rire la foule autour d'eux. Rendre visite à Ron chez lui serait agréable. Hermione se demandait si Tom la laisserait y aller. Peut-être que Ron pouvait inviter Tom avec elle, mais les deux ne s'aimaient pas beaucoup. En pensant à Tom, Hermione se souvint de ses ordres.
- Quelle heure est-il ?
Ron et Seamus se battait toujours, Lavande vérifia à son poignet sa petite montre argentée.
- Onze heures moins le quart. Pourquoi ?
- Euh…, dit Hermione en se relevant doucement. Je pense que je vais rentrer au château.
- Oh non, se plaignit Parvati qui était assise juste à côté d'elle. Il est encore tôt.
- Non vraiment, insista Hermione. Je vais rentrer au château.
- Allez, plaida Seamus qui avait fini son petit match avec Ron. Reste un peu.
Hermione regardait ses amis et eut plaisir de voir qu'ils tenaient vraiment à ce qu'elle reste. Ces sorciers et ces sorcières appréciaient vraiment de passer du temps avec elle. Hermione voulait rester, mais Jedusor lui avait explicitement demandé de rentrer à onze heures.
- D'accord, fit Ron. Si tu insistes, mais je t'escorte alors.
- Ah non non, s'exclama Hermione qui ne voulait pas qu'il quitte la fête par sa faute. Pas besoin. Je vais retrouver mon chemin, ne t'inquiète pas.
Seamus rigola et ajouta :
- Et si quelqu'un t'attaque, t'as qu'à les stupéfier comme tu l'as fait à ton duel. Ron sert pas à grand-chose de toute façon.
Avant que la discussion n'explose, Hermione fit ses au revoirs et quitta rapidement ses amis. Les gloussements de Lavande lui parvinrent vaguement à sa suite.
- Je suis sûre qu'elle va rejoindre Jedusor.
.
.
Hermione traversait à vive allure les couloirs sombres. Il fallait à tout prix qu'elle arrive à l'heure sinon Jedusor serait sûrement furieux. Une main dans la poche de sa robe, elle en sortit une petite gourde de potion dont elle souleva le goulot. Le Polynectar avait toujours un goût aussi immonde. Le goût de menthe brûlait dans sa gorge et les arrière-goûts métalliques lui faisaient irrémédiablement penser au sang. Tandis qu'elle remettait la gourde dans sa poche tout en continuant à marcher à vive allure, elle ne fit pas attention et rentra dans quelqu'un.
- Je suis désolée, bégaya t-elle.
Lorsqu'elle leva la tête pour rencontrer le visage de la personne, elle s'attendait presque à voir les yeux glacés de Jedusor. A la place, elle vit des cheveux blonds et un sourire en coin.
- Monsieur Malefoy, accueilla Hermione d'une voix pas aussi ferme qu'elle l'aurait voulu.
Drago eut un sourire en coin. Hermione aurait tout donné à cet instant pour s'enfuir en courant, mais elle était tout bonnement vissé au sol.
- S'il te plaît, dit-il d'une voix basse. Appelle-moi Drago.
Des frissons désagréables la parcoururent. Le blond émit son plus beau sourire pour lui demander :
- Que fais-tu donc ici, Hermione ? Il est déjà tard.
- J-J'étais à la bibliothèque, bégaya t-elle rapidement.
- Toujours si studieuse, soupira t-il. C'est dommage que tu n'aies pas fini à Serpentard. Tu aurais pu assurer à la maison beaucoup de points.
Hermione voulait juste décamper. Elle put à peine cacher ses tremblements lorsqu'il passa ses doigts sur son bras, comme s'il essayait de balayer de la poussière non-existante.
- Dis-moi Hermione. Pourquoi est-ce que tu bois toujours cette potion ?
Le coeur d'Hermione rata un battement. Elle sentit le besoin de sortir la flasque de sa poche et de la serrer contre sa poitrine. Cette flasque de Polynectar était son seul rempart. Sans cela, Drago ne garderait pas bien longtemps des manières aussi civilisées. Il la giflerait et lui lancerait un sortilège cuisant sans une seule arrière-pensée. Ravalant sa peur, Hermione murmura d'une voix tremblante :
- A cause de la dragoncelle. Je l'ai attrapé quand j'étais petite.
Drago arqua un sourcil.
- C'est une maladie grave.
Hermione acquiesça rapidement.
- Oui, c'est à cause de ça que je dois prendre la potion de Gorsemoor, pour ne pas que la dragoncelle revienne.
Drago eut un geste de compassion.
- Tu sais, mon grand-père est mort de la dragoncelle.
Hermione remarqua une lueur triste dans ses yeux gris et elle sut immédiatement qu'il jouait devant elle une comédie bien apprise. Drago n'avait jamais aimé son grand-père. La mort d'Abraxas Malefoy ne datait que d'à peine deux ans, et le moins qu'on puisse dire c'est que Drago n'avait pas vraiment eu l'air à cette époque d'une veuve éplorée. Il avait bien simulé le deuil le jour de l'enterrement, mais pas avant, ni même après.
- Je suis désolée de l'apprendre, commenta Hermione d'une voix guindée.
- Merci, fut la réponse polie de Drago.
Il continuait à la mettre mal à l'aise avec ses sourires aguicheurs. Soit il n'avait pas noté son inconfort, soit il s'en fichait. Il commenta plutôt, sur l'air d'une conversation normale :
- Tu sais, depuis que tu es arrivée ici, les garçons et moi on se demande comment tu as bien pu mettre la main si facilement sur notre cher Tom.
- J-je n'ai pas mis la main sur Tom, dit la sorcière d'un ton circonspect.
- Bien sûr que non, pouffa t-il doucement. Mais quand même, après ce duel en DCFM, on voit bien pourquoi Tom t'affectionne autant, même si tu n'es – excuse-moi – qu'une Gryffondor.
Hermione bredouilla des choses inintelligibles, sans savoir vraiment ce qu'il fallait qu'elle lui réponde.
- Dis-moi Hermione, demanda le blond avec suavité. Est-ce que Tom t'a déjà invité dans les quartiers des Préfets ?
- Oui, pourquoi ? répondit-elle en fronçant les sourcils.
- Non, j'étais juste curieux de savoir, déclara t-il avec un innocent sourire. Est-ce que tu saurais, par tout hasard, si Jedusor a un Sang-de-Bourbe ?
La question de Drago fit tressaillir Hermione. Elle se mit à réfléchir au meilleur moyen de répondre, mais elle finit par bégayer un simple :
- N-non, je ne crois pas.
- Hmm, dit-il en arquant un sourcil. Tu es sûre. Le Sang-de-Bourbe est une femelle. Pas si vieille que cela. Des cheveux horribles.
Hermione secoua la tête. Mes cheveux ne sont pas horribles ! voulait-elle crier au présomptueux Serpentard, mais elle garda le silence.
- Dommage, soupira t-il.
Hermione essayait de calmer sa respiration erratique, espérant que la conversation se finisse bientôt. Le Serpentard avait lui d'autres idées en tête.
- Comment est-ce que tu as rencontré Tom d'ailleurs ?
- Je...euh… Quoi ?
- C'est bien ta première fois à Poudlard, non ? dit Drago d'un air angélique. Je me demandais juste de quelle manière tu avais pu le rencontrer, puisque vous aviez l'air ensemble avant d'arriver ici.
Le pouls de la sorcière s'arrêta presque et une sueur froide coula sur son front. Qu'est-ce qu'elle pouvait lui répondre ? Qu'est-ce que Drago savait en vérité sur la famille de Jedusor ?
- N-Nos parents… se connaissent, dit-elle en se tortillant.
Drago arqua un sourcil impressionné, toujours aussi faux dans son attitude.
- Ah bon ? s'enquit-il avec toute sa superbe. Vois-tu, assez bizarrement, Tom ne parle pas beaucoup de sa famille.
Il se rapprocha d'Hermione. Son torse la touchait presque. Hermione s'arrêtait presque de penser tant son corps était figé par la peur. La dernière fois qu'elle avait été si proche de Drago, il lui avait hurlée dessus et l'avait frappée.
- Alors les Rookwood et les Jedusor sont amis ?
- C-C'est…
Hermione cherchait désespérément à se dégager de la situation. Drago leva sa main et la posa sur son épaule, le pouce pressé contre sa peau. Elle se tendit à ce contact presque intime.
- Tu es déjà allée chez les Jedusor ? lui demanda t-il. Tu sais, je n'ai jamais eu l'occasion de me rendre chez Tom. Je suis si curieux. Tu dois bien le comprendre…
C'était comme si la main sur son épaule pesait des tonnes. Les yeux d'Hermione s'élargirent de panique.
- Allez, Hermione. Tu peux me le dire à moi.
Elle sursauta. Il avait murmuré ses dernières paroles à son oreille dans un ronronnement qui se voulait séducteur. Il était si proche qu'elle sentait son souffle chaud sur sa peau. C'était assez pour qu'Hermione perde son sang-froid. Elle ne voulait pas de Drago près d'elle. Jamais. Elle ne voulait plus lui mentir et trembler à ses pieds comme elle le faisait !
La colère d'Hermione se transforma peu à peu. La panique quitta son corps tandis qu'un sentiment autrement plus puissant traversa son corps.
Est-ce qu'elle n'avait pas enduré Drago assez longtemps ?
Hermione accueillait avec joie ce nouveau sentiment et décida de laisser cette colère la guider. Sa main s'enfonça dans la poche de sa robe pour en sortir sa baguette.
Ma baguette !
En un seul geste leste, Hermione sortit la baguette. Drago, trop préoccupé à la séduire (tenace habitude qu'il avait avec toute chose) ne remarque pas sa baguette qui fendit d'un coup l'air.
Conjiceris !
Le sortilège sortit instantanément de sa baguette pour s'écraser sur la poitrine du sorcier. Hermione vit les yeux gris du blond s'écarquiller, tandis qu'il était repoussé avec violence à l'autre bout du couloir, d'où il atterrit. Un léger hoquet quitta sa bouche lorsqu'il s'écroula, puis le silence revint, et il resta étendu inconscient au sol.
Hermione se tenait debout, la baguette toujours levée, dans le sombre couloir et jetait de loin un regard au Drago inconscient dont la forme était enveloppée par l'obscurité environnante. Elle cligna plusieurs fois des yeux pour se rendre compte de ce qu'il s'était passé. Ce n'était pas bien. Elle pouvait pas se balader et lancer des sortilèges à un sorcier, comme ça ! Hermione savait qu'elle n'aurait pas dû.
En même temps, un gloussement joyeux sortit de sa bouche et étirèrent son visage en un radieux sourire. Elle était fier de son travail, elle l'avait bien eu, n'est-ce pas ? Les pouffements ne la quittèrent plus après avoir observé le corps effondré de Drago. Elle aurait ri à haute vois si une voix ne l'avait pas interrompue dans sa victoire.
- Hermione ?
La brune se raidit et cacha derrière son dos sa baguette. En se tournant, elle vit Jedusor finir de grimper les escaliers du donjon.
- Je ne t'avais pas dit de revenir à onze heures ? siffla t-il d'une voix qui laissait percer sa colère.
- Ou-oui, bégaya Hermione, qui cachait toujours discrètement le corps de Drago à la vue de Jedusor.
La colère de Jedusor se fit plus ferme tandis qu'il s'approchait d'Hermione.
- Alors pourquoi est-ce que tu continues à hanter comme ça les couloirs ?
- Hmm… Je…, répondit-elle en essayant de trouver une excuse crédible.
Jedusor se tenait maintenant juste devant elle. Elle voyait sa magie noire s'éveiller autour de lui, mais heureusement, il n'avait pas encore remarqué Drago. Hermione remerciait à tout va Merlin qu'il fasse si noir dans ce couloir.
- Alors euh…, lâcha t-elle pour gagner du temps, je n'ai pas de montre en fait, donc tu ne peux pas vraiment m'en vouloir pour être en retard.
Elle regarda innocemment Jedusor dont la mâchoire était tendue et les poings serrés. Sa magie noire se faisait ressentir dangereusement.
- Tu n'as pas de montre…, répéta t-il.
Le ton mortel de sa voix fit naître en Hermione une appréhension nouvelle. Elle se décala d'un mouvement distrait et les yeux furieux de Jedusor la quittèrent pour se plisser encore plus.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? exigea t-il de savoir.
Il fit un signe à Hermione de dégager du chemin et observa le sol du couloir où Drago était toujours allongé.
- Drago Malefoy ?
Son regard orageux se tourna vers Hermione.
- Pourquoi est-il ici ? Tout à fait inconscient ?
- Hmm...alors…, marmonna Hermione.
Une nouvelle vague de rage menaça de l'attaquer. Elle déglutit avec nervosité et expliqua d'une petite voix :
- J'ai quitté la fête à l'heure prévue. Vraiment. Mais Drago m'a arrêtée. Il ne voulait pas me laisser. Alors je-
Le regard d'Hermione se posa sur le corps affaissé contre le mur du couloir de Drago.
- Je lui ai jeté un sortilège, en quelque sorte.
Elle leva son regard vers Jedusor. Sa colère était toujours là et il lançait des regards noirs vers Drago.
- Pourquoi est-ce qu'il ne t'a pas laissée ? demanda t-il d'une voix mortellement froide.
Hermione était intimidée par la tournure des événements. Son souffle s'échauffa et elle baissa les yeux.
- Je suis désolée, murmura t-elle avec soumission. Je n'aurais pas dû lui lancer de sortilèges. Je ne savais juste pas quoi f-
- Hermione, l'arrêta la voix sèche de Jedusor. Que voulait-il ?
- I-Il voulait savoir comment je te connaissais, expliqua t-elle rapidement. Il posait pleins de questions différentes sur comment on se connaissait et où tu vivais.
Elle fit un geste dans l'air et prononça d'une voix stridente :
- Et il était si proche de moi. Comme toi maintenant. Je n'aimais pas ça. Avant… avant…, quand il se mettait si proche, il le faisait pour me frapper.
Un frisson la parcourut.
- Il me rendait nerveuse et en même temps, j'étais si en colère. C'est pour ça que j'ai utilisé ma baguette.
Les yeux d'acier de Jedusor la quittèrent et se posèrent sur Drago. Hermione le regardait avec inquiétude mais elle perdit ses moyens en entendant le sorcier pouffer. Ses yeux brillaient d'un amusement sinistre avant qu'il ne s'approche d'elle. Ricanant toujours, il prit sa main et l'éloigna de Drago.
- Tu n'es pas en colère contre moi ? demanda t-elle avec hésitation.
Tom fit un signe de dénégation et persifla avec une hilarité non contenue :
- Non. Après tout, c'est une assez bonne excuse pour arriver en retard.
- Mais j'ai agressé un sorcier.
- C'est pas comme si ça m'importait, dit-il en haussant les épaules.
Hermione n'en revenait pas, c'était...inattendu. Elle – une Sang-de-Bourbe- incarnait une Sang-Pure, avait volé une baguette et l'avait utilisée pour attaquer un sorcier. C'était là les pires crimes qu'un Sang-de-Bourbe pouvait commettre. Et Jedusor… il s'en fichait ? Hermione secoua sa tête comme pour évacuer toute l'absurdité de la situation.
- Je… Je… Je l'ai fait intentionnellement, confessa t-elle avec stupidité, comme pour lui faire comprendre la situation.
- Oui, pouffa Tom. J'avais compris ça.
- Et ça… ne te dérange pas ? s'enquit Hermione, n'y croyant même pas.
Tom tenait toujours sa main avec fermeté pour la conduire jusqu'aux Escaliers. Il se tourna vers elle avec des yeux amusés.
- A peu de choses près, non.
Hermione l'observait avec prudence et déclara pour en être sûre :
- Tu ne vas pas me lancer de Doloris ?
Son amusement persista.
- Tu as presque l'air de le vouloir.
- NON ! nia Hermione promptement.
Jedusor ricana. Un rictus mauvais apparut sur ses traits et il suggéra :
- Je pense même que Malefoy le méritait de toute façon.
Hermione fronça les sourcils. Il lui rendit un petit sourire qui révélait ses dents blanches et elle ne put lui rendre un petit sourire elle-même.
- Comment était ta petite fête ? demanda t-il. Tu t'es amusée ?
Hermione, pas vraiment remise de son altercation avec Drago, bredouilla des banalités.
- C'était assez sympa en fait. Est-ce que les Serpentard ont aussi des fêtes ?
Tom aquiesça et la taquina :
- On en a. Sauf qu'on ne les fait pas au beau milieu du mois de janvier comme vous, stupides Gryffondor que vous êtes.
- Les Gryffondor ne sont pas stupides, au contraire, souffla t-elle vexée. Il y avait une grande tente préparée avec des sorts de réchauffe.
Tom ricana à ses paroles. Ils avaient atteint l'entrée de la salle commune des Gryffondor. Avant qu'Hermione ne se tourne vers le portrait de la Grosse Dame, les yeux de la sorcière flottèrent jusqu'à ceux, bleus, de Tom. L'avertissement de Turpin lui revint brusquement en tête.
'Jedusor est dangereux'
Elle s'approcha avec hésitation de lui pendant que Tom l'observait de ses yeux glacés. En fixant ses orbes bleues, Hermione ne les voyait plus trop comme froides. Elle leva une main avec prudence et c'est avec un coeur battant la chamade qu'elle posa doucement celle-ci sur son avant-bras. Elle regarda avec étonnement sa main le toucher. Elle leva le visage de Jedusor qu'elle pensait mis en colère par ses gestes impudents.
Mais ses yeux étaient toujours de vastes océans de bleu et il ne semblait pas accorder plus d'importance que ça au contact de la sorcière. Ce visage vide de colère rassura Hermione et prise d'un nouvel élan, sa main tremblante quitta l'avant-bras de Tom et passa sur son torse. Sa chemise était douce sous son toucher. Tom lui ne l'arrêtait pas et l'autorisait donc à passer sa main sur lui. Le ventre d'Hermoine se contracta douloureusement mais quelque chose de plus fort que sa crainte prit le dessus.
Sa main était posée sur l'arrière de son cou et sa gorge serra mais elle essaya tout de même de le ramener à elle. Elle aurait pu croire que Tom allait l'arrêter là en lui hurlant dessus mais c'est avec une surprise immense qu'elle le vit obtempérer et se pencher vers elle. La respiration d'Hermione était on ne peut plus rapide mais elle se rapprocha encore de son visage. Sa lèvre inférieure en tremblait presque, mais elle osa tout de même poser sa bouche contre la sienne.
Ses yeux se fermèrent au contact de ses lèvres douces contres les siennes. Elle l'embrassa d'abord timidement, attendant encore qu'il la rejette. Mais il ne le fit pas, et Hermione rassembla tout son courage pour entourer de ses bras le cou du sorcier et ainsi approfondir le baiser. Un sentiment tout à fait plaisant se glissa en elle et fit rater à son cœur quelques battements. Elle le sentit poser ses mains doucement sur sa taille et cela ne l'effraya pas, bien au contraire, une vague de chaleur s'empara d'elle. Il répondait à son baiser mais assez étrangement, n'essayait pas de la contrôler. Il la laissait continuer d'explorer ses envies sans y inclure les siennes. Hermione appréciait pleinement le sentiment de ses lèvres contre les siennes.
Hermione ne savait pas combien de temps elle l'avait passé à l'embrasser, mais après un moment, elle mit fin au baiser et s'éloigna d'un pas. Elle se tenait devant lui mais n'osait plus, après cela, le regarder en face. Quelques instants après, la brune sentit une main sur son épaule et tressaillit, prête à recevoir sa colère, mais à son plus grand étonnement, il déclara simplement :
- Il est tard. Va te coucher.
Sans rien dire de plus, il la poussa doucement vers le portrait de la Grosse Dame.
.
.
.
'In your poisoned wounds
Fall the shadows of burning planets
The splitting breakers of foaming oceans
Your invisible paths going through raging storms
You spread like lightning flashes through my heart
And I grew in this darkness.'
-Dilip Chitre
(* 1938 † 2009)
