CHAPITRE 14 : La froideur de l'hiver
-RON !
-On m'a appelé tu crois ? Demanda le jeune roux à son meilleur ami en soupirant
-C'est une question rhétorique ? Répondit Harry
-Ben soit elle peste toute seule et je suis son bouc émissaire, soit elle m'appelle vraiment et je préférerais me trouver dans les alpages avec deux cornes sur la tête…
-Oublie les alpages et concentre toi sur le diable qui crache du feu dans la cuisine… Lança Ginny en lâchant son livre pour se préparer.
-J'en ai marre c'est toujours ma faute… Pesta Ron avant de rejoindre Hermione
C'est sur la pointe des pieds et la tête baissée que Ron arriva dans la cuisine. Hermione se tenait debout, les bras croisés, comme attendant des excuses…
-J'ai fait quelque chose ? Risqua-t-il
-Où sont-elles ? Dit calmement Hermione
-Ca y'est ça va encore être ma faute…
-Elles ont pas disparues ! Tu les as reprises ? Finalement je méritais pas mon cadeau ! S'énerva Hermione
-Tu devrais te calmer parce que t'as l'air énervée !
-Je suis pas énervée ! Juste… juste que tu m'agaces !
-Et il est dix heures du matin… ça promet ! Ironisa Ron
-Bon écoute je vais pas passer une heure à te faire cracher le morceau, alors t'en as fait quoi ? Commença à crier Hermione
-De quoi ! Reprit Ron sur le même ton
-Mes lunettes !
-T'as perdu MES lunettes ! MON cadeau ?
-Ron, je sais que c'est toi qui les as !
-Et pourquoi je les aurais prises !
-Parce qu'elles étaient sur la cheminée à côté des tiennes et qu'il ne reste plus que ta paire ! Hurla Hermione
-Ah… Dit Ron doucement et d'un air confus…
-Je savais que c'était toi ! Reprit Hermione
-Aussi si tu m'avais dit ça depuis le début ! Cria le jeune homme
-C'est une blague ! Tu te rends même pas compte de tes actes !
-Et toi tu ne cherches même pas à m'expliquer les choses, tu cries toujours et tu… tu… ET T'ES CHIANTE !
-Et toi t'es gauche, prise de tête, agaçant, feignant, dégoûtant, irrationnel, gamin, …
-C'est bon n'en rajoute pas ! Moi aussi j'peux te faire une liste ! De toute façon t'es trop tout ! Trop sérieuse, trop responsable, trop toujours furieuse, trop plongée dans tes bouquins, trop rationnelle, avec toi on dirait qu'on vit dans un camp de concentration !
-Un camp de concentration ! Je me trouve pourtant bien patiente avec toi !
-Ah oui, et quand tu viens me réveiller à trois heures du matin parce que j'ai pas plié le linge, quand tu me crie dessus pour la moindre bêtise, quand tu fais exprès de salir les toilettes pour voir si j'aurais l'idée de les laver, quand tu éteins la télé pour m'obliger à travailler, hein !
-Mais c'est pour ton bien Ron !
-Le mien ou le tien !
-Tu crois que ça me fait plaisir de salir les toilettes, de me réveiller à trois heures pour te montrer que tu dois respecter tes responsabilités, de te crier dessus alors que je préférerais qu'on… d'éteindre la télé alors que je te vois t'amuser à regarder tes séries débiles… Si je m'en foutais de toi je ne ferais pas tout ça ! Répondit Hermione plus calmement
-Y'a d'autres façons de me montrer que tu tiens à moi !
-Et je l'ai déjà fait il me semble ! Se défendit la jeune fille
-Ben… recommence… Tenta Ron avec une tête de chien battu
-Oh oh, je te vois venir ! Sourit la jeune fille
-On peut toujours essayer ! Plaisanta Ron alors que l'atmosphère se détendit d'un seul coup, comme si aucun des deux ne pouvait rester fâchés plus de cinq minutes.
-La prochaine fois t'essayera quand j'aurais bu quelques bierreaubeurres, ça pourrait marcher, lança Hermione avec un clin d'œil
-Comptes sur moi… commença Ron avant de reprendre, tu me pardonnes pour tes lunettes ?
-Oui, j'te pardonne, allez viens… Sourit Hermione en prenant Ron dans ses bras.
Aucun mot ne fut alors échangés, chacun profitant au maximum du moment présent, sans savoir que l'autre ressentait la même sensation. Lorsque enfin il se séparèrent, un léger sentiment de gène s'installa et Ron retourna alors dans la chambre où se trouvait un Harry concentré sur un magazine de Quidditch et sa sœur jetant des coups d'œil furtifs au jeune brun pendant qu'elle relisait depuis cinq minutes la même phrase de son livre. Le jeune roux se demanda pendant quelques secondes s'il n'aurait pas mieux fait de se disputer plus longtemps avec Hermione en voyant l'ambiance dépressive qui prospérait dans la chambre.
-Vous devriez pas être aussi joyeux, vous allez vous décrocher la mâchoire à force de rire… Ironisa Ron avant de recevoir deux regards noirs qu'il interpréta comme le stade ultime de la paix dans le monde.
-Viens on les enferme dans la chambre toute la journée et on va skier ! Ce soir je serais oncle, j'en suis sûr ! Chuchota Ron
-Ron ! Vas voir ailleurs si j'y suis ! Pesta la jeune fille qui tentait de fermer son sac à dos depuis plus de cinq minutes en écoutant son ami lui émettre des plans plus farfelus les uns que les autres
-Ou on leur annonce qu'on est condamnés, je suis sûr qu'ils seront tellement tristes qu'ils vont se consoler mutuellement et…
-Et tu seras oncle avant la fin de la journée, oui j'ai compris Ron, seulement on est pas mourant –du moins pour l'instant parce que je vais finir pas mourir d'ennui avec tes théories-, la porte de la chambre ne se ferme pas à clef, et celle du chalet s'ouvre de l'intérieur ! Donc va préparer tes affaires et avec un peu de chance on va faire face à une tempête de neige qui nous bloquera en haut des pistes et ils auront tellement peur de mourir que tu seras oncle avant la fin de la journée !
-Oui ! Ca c'est de l'idée ! S'enthousiasma Ron sous le regard exaspéré de son amie.
Trente minutes plus tard, après un transplanage rapide, les quatre amis se retrouvaient dans la station de ski française, entourés d'enfants excités et de parents surmenés. Si Hermione était un peu plus âgée et Ron plus jeune, il n'y aurait eu aucun doute possible sur les rôles qu'ils tenaient.
-Ron, marche sur la route !
-Non, c'est plus marrant dans la neige !
-Tu vas être trempé !
-Mais non ! Ahhhh c'est froid !
-Neige dans la chaussure ?
-Ben oui, t'aurais pu me prévenir !
-Je rêve, pincez-moi ! Gémit la jeune fille
-Tu m'aides à l'enlever 'mione ?
-Attends qu'on soit dans le magasin de ski Ronald !
-Mais c'est froid !
-T'avais qu'à m'écouter ! Allez avance, tu gênes les voitures !
-C'est toi qui m'a dit de marcher sur la route !
-Ron ! T'es à gauche ! On roule à droite en France !
-Je roule pas encore….
- Avec tout ce que tu t'enfiles aux repas, ça ne devrait pas tarder… Bon marche à droite, magne-toi !
