Chapitre 14 : Mort.
- Joyuki, tu n'es pas obligée de hurler, je t'entends très bien, même de loin. Dit Byakuya alors sa petite sœur continuait de sautiller partout.
- Maiiis, j'ai pas le droit d'être contente de voir mon grand frère adoré qui m'a tant manqué !
- Tu m'as vu hier…Objecta le noble.
- Et alors ?!
Byakuya abandonna la partie.
- Bon, les mecs, je vous laisse, j'ai un entraînement ce matin ! Bye !
Et la petite tornade blanche partit en shunpo sur un « et tâchez de pas trop vous faire la gueule ! »
Byakuya et Renji firent la moue. Il est vrai que, même si le lieutenant et Joyuki baignaient dans le bonheur depuis leur mariage, les relations entre le fukutaicho et son supérieur étaient devenus plus tendues…L'un avait volé une sœur, l'autre avait volé une meilleure amie, rien de très favorable pour une bonne entente entre les deux hommes…
A vrai dire, ces quatre derniers mois avaient été plutôt houleux pour les deux plus hauts gradés de la sixième division, ils se battaient littéralement pour Joyuki. Quand elle dormait avec l'un, l'autre était jaloux, et quand elle dormait avec l'autre, l'un criait au favoritisme. Ils avaient bien du trouver un terrain d'entente car la jeune femme, excédée d'être comme un jouet que deux gamins se disputent, avait déclaré qu'elle partirait vivre dans sa petite chambre de la deuxième division tant que son frère et son mari ne comporteraient pas en adulte. « Un peu de maturité bordel ! », voilà ce qu'elle avait déclamé. Les deux hommes s'étaient présentés chez Joyuki, tout sourire ( enfin : Renji souriait et Byakuya aussi, mais très intérieurement ) et lui avait présenté un emploi du temps : en rouge, les jours à passer chez Renji, en bleu, ceux chez Byakuya. Les deux Shinigamis avaient failli avaler leur projet et Joyuki, leur claquant la porte au nez, hurla « mais vous avez rien pigé ! Je vous demande pas de réussir à ma partager comme une dernière part de gâteau au chocolat, je vous demande de vous accepter mutuellement ! Je veux être libre de mon temps, bande d'handicapés des neurones ! »
Quelques jours après, la situation avait un peu évolué, Byakuya ne débarquait plus à l'improviste chez Renji en prétextant « avoir besoin de sa sœur pour une histoire de famille » et Renji avait arrêté de débarquer chez son capitaine en prétendant « avoir besoin de sa femme pour une raison qui ne concernait que leur couple ». Cependant, les hommes restaient comme chien et chat…
En attendant, à la deuxième division :
- Tin mais c'est pas vrai ! Grognait Joyuki.
- Qu'est-ce que t'as ? Demanda un de ses compagnons d'armes.
- Regarde ! S'exclamait la Kuchiki en montrant son bras où régnait une longue cicatrice.
- Comment t'as réussi à te faire ça ?
- Tu te souviens de l'Arrancar qui était venu au Seireitei ?
- Celui avec le fouet empoisonné ?
- Ouais, bah j'ai toujours des traces ! Vachement sexy les cicatrices, non ?
- Ooooh on s'inquiète d'être sexy pour son petit Renjiiiii ? Minauda l'homme.
- Mais pas du tout ! S'empourpra Joyuki. C'est juste que ça m'énerve, Unohana m'a dis que ça partirait, mes fesses ouais ! En plus ça me gratte !
- Tu t'arrêtes jamais de grogner ?
- Maiiis.
- Je plains ton pauvre mari.
- Le pauvre mari, comme tu dis, il était consentant pour m'épouser !
- Il a pas vraiment eu le choix « toi là avec les cheveux rouges et les tatouages, viens ici » ! Tes demandes en mariage restent à revoir, ma chère…
- M'en fous maintenant que c'est fini…
- Quoi ? Tu n'as plus l'intention de larguer Renji pour venir avec moi et que nous puissions vivre notre amour passionnel au grand jour ?! S'étonna faussement le grand cadet brun qui servait d'ami à Joyuki.
- Mais arrête de fantasmer mon vieux ! Gronda doucement Joyuki. Je suis très bien avec Renji.
- Oh mon dieu que c'est beauuuu l'amouuuuuur.
- Ta gueule.
Et le soir venu, la Kuchiki rentra chez elle :
- Renji ? Appela-t-elle.
Devant le manque de réponse, la jeune femme pensa à voix haute :
- Ah oui, c'est vrai, il doit rentrer tard ce soir à cause de je sais plus quoi…
La Kuchiki soupira en se déshabillant et se glissant sous les draps. Et quelques heures plus tard :
- Hein ? Qu'est-ce que c'est ? Demanda Joyuki en émergeant de sous les draps.
La Kuchiki se frotta les yeux et attrapa le réveil : 04h30.
- Ah okay, donc quand il disait « je rentrerai tard » c'était VRAIMENT très tard…Songea la jeune Kuchiki.
La jeune femme s'étira dans son lit, Renji était rentré, elle le savait, elle l'entendait marcher le plus doucement possible sur le sol en espérant ne pas faire de bruit :
- Je suis réveillée tu sais…Lança-t-elle à l'adresse de son mari.
Renji ouvrit la porte de la chambre :
- C'est moi qui t'ai réveillé ?
Joyuki fit « non » de la tête.
- Où est-ce que tu étais, il est si tard ? Questionna-t-elle.
- Entraînement avec Ikkaku, j'ai pas vu le temps passer, désolé.
- Y'a pas de mal.
Renji posa la pile de dossiers qu'il tenait sur le petit bureau et s'allongea sur la matelas, la tête sur le ventre de Joyuki :
- T'as de la chance quand même…Dit la jeune femme.
- Mh ?
- Bah ouais, imagine que je sois une de ces énergumènes qui font toute une montagne de pas grand chose… « Ah alors comme ça t'étais avec Ikkaku ?! Tu trouves que c'est une heure pour s'entraîner ?! Et d'ailleurs, qu'est-ce qui me prouve que t'étais vraiment avec lui et pas avec une minette ?! Hein, hein, HEIN ?! »
Renji tenta de l'étouffer avec l'oreiller en riant :
- C'est vrai que t'es pas chiante comme femme, et j'apprécie. Dit le lieutenant en reposant sa tête sur le ventre de Joyuki qui lui caressant tendrement les cheveux.
- Et ouais, que veux-tu, c'est dans ma nature d'être parfaite…Se vanta Joyuki.
Renji sourit en commençant à dormir, la journée avait été épuisante.
- Depuis quand tu ramènes du travail à la maison ? Questionna la jeune femme.
- Mh ? Oh, ça…Dit Renji en regardant la pile de dossiers qu'il avait ramené. Ikkaku est passé me voir pour l'entraînement plus tôt que prévu et j'ai pas finis mon quota de dossiers pour Kuchiki Taicho…Je finirais ça demain matin…Souffla le lieutenant en rampant sur le matelas pour embrasser sa chère et tendre.
- Nii-chan a horreur du retard, tu sais…
- Là, maintenant, tout de suite, je m'en fiche…Dit Renji en continuant de faire circuler sa langue sur le cou de la jeune femme.
- Ouais, mais si les dossiers étaient pour ce soir et que tu les lui donnes que demain matin, ça va gueuler…
- Jo…Pense pas à ça…
- Allez, je lui amène, on passera aux choses sérieuses après…
Renji grogna :
- Okay mais je…je…je t'attend de pied ferme…Bredouilla le lieutenant avant de sombrer totalement dans le sommeil.
- De pied ferme, hein ? Ca se voit…Ironisa Joyuki en ramenant la couverture sur son mari.
La jeune femme se saisit ensuite des dossiers, finit de les remplir rapidement et se mit en route.
Sur le chemin de la maison familiale, la jeune femme reçut un message :
- Tiens, un Papillon de l'Enfer, à cette heure là ? S'étonna-t-elle.
Elle tendit un doigt pour réceptionner l'insecte et écouta attentivement le message :
- QUOI ?! S'écria-t-elle.
Au même moment, les lumières du Seireitei commençèrent à se rallumer, visiblement, tous les autres Shinigamis avaient reçu le même message.
- Putain, dix Arrancars ! S'écria Joyuki. Mais d'où est-ce qu'ils sortent tous ?
La jeune Kuchiki se ressaisit et se concentra pour sentir les flux de reiatsu. Elle rouvrit soudainement les yeux :
- Attend, je le connais ce reiatsu, c'est l'Arrancar de l'autre jour ! Ah, l'enfoiré ! Je vais le louper cette fois ! Et puis, ça me défoulera !
Et sortant son zanpakutôh de son fourreau, Joyuki s'élança vers la source du reiatsu de l'Arrancar. La Kuchiki déboula bientôt dans un coin sombre, près d'un petit coin de forêt.
- Allez, montre-toi ! Je sais que t'es là ! Dit Joyuki en forçant les yeux pour voir dans l'obscurité.
- Oh, mais on se connaît, non ? Dit une voix grave alors qu'une silhouette blanche émergeait de derrière un arbre.
Joyuki se retourna pour faire face à son ennemi :
- Alors, prêt à te faire botter les fesses une nouvelle fois ?
- Et toi prête à mourir ?
La Kuchiki eut un sourire en coin :
- C'est parti ! Lança-t-elle. Tsume, Tsukineko !
- Kirihanasu, Shikyo. Dit l'Arrancar en même temps.
Les deux armes se libérèrent au même moment. Joyuki regarda attentivement la nouvelle forme de son ennemi. Le fouet qu'il avait l'autre jour était devenu plus long, plus menaçant, et une énorme carapace blanche le recouvrait totalement, tout comme son propriétaire.
- Laisse-moi te présenter une toute nouvelle capacité de mon épée…Dit doucement l'Arrancar.
- Du genre ? Demanda Joyuki.
- Du genre qui va te faire souffrir.
L'Arrancar envoya une bonne dose de reiatsu en direction de son arme :
- Mais qu'est-ce qu'il fout ? Se demanda Joyuki.
La jeune femme ne comprit que quand elle sentit ses vieilles blessures se rouvrir. Elle hurla de surprise et de douleur et tomba à terre :
- P…Putain…c…comment…
- C'est ça la capacité dont je te parlais…Shikyo à l'étonnant pouvoir de pouvoir relancer toutes les blessures qu'il a infligé. Et si tu te souviens pas, c'est une arme empoisonnée, en d'autres termes…
- En d'autres termes t'as relancé le poison en même temps que les blessures…Compléta Joyuki.
- En voilà une fille intelligente.
L'Arrancar sourit sadiquement et avança vers Joyuki qui se releva et se mit en garde :
- Okay, t'as eu ton petit effet de surprise, mais ne crois pas que ça va suffire…
- Je ne crois rien, je constate !
Et sur ce, l'Arrancar lança son fouet en direction de Joyuki. La jeune femme le dévia de son zanpakutôh mais, derrière elle, le fouet se sépara en des milliers de lamelles qui vinrent l'étreindre jusqu'au sang :
- Putain ! Fit Joyuki en se débattant.
- Ca ne sert à rien de lutter…Dit l'Arrancar d'une voix doucereuse en se saisissant du visage de la jeune femme et le faisant basculer en arrière pour exposer à sa vue la gorge blanche de la Kuchiki.
- Trouve un plan, trouve un plan, trouve un plan…Se répétait Joyuki alors qu'elle sentait une pointe de lame se serrer contre sa glotte.
De son côté, Renji avait vraiment du mal a émerger. Le Papillon de l'Enfer le harcelait véritablement ! Il daigna enfin écouter le message qu'on tentait de lui faire écouter :
- Des Arrancars…Fit Renji, les yeux mi-clos. Putain, je suis vraiment trop dans le pâté…
Le lieutenant ouvrit les yeux :
- Attend…c'est quoi ce vieux mauvais pressentiment que je sens là…
Renji s'assit sur le bord de son lit et soupira :
- Bon, okay, j'y vais…
Il se saisit de Zabimaru et fila en un shunpo mollasson.
Non loin de là, Byakuya Kuchiki combattait avec une ferveur peu habituelle tant elle était forte. Certes, il n'avait pas une réputation de limasse au combat, mais tout de même, il semblait réellement énervé…ou inquiet… Et c'était le cas, de un, il avait senti le reiatsu de Jo exploser, de deux, il n'aimait pas du tout le reiatsu d'Arrancar qui se diffusait tout près de celui de sa sœur, et il essayait de se débarrasser de ces ennemis pour aller aider sa sœur au plus vite.
- Tin…Pensait Jo. Il est coriace, nettement plus fort que la dernière fois…
Bien que la jeune femme ai réussit à se défaire des lamelles qui la retenaient, elle ne faisait qu'accumuler les esquives et les blessures, ça ne pouvait pas continuer ainsi…
- Merde, je vois plus rien…le poison commence a faire effet…non, pas de démoralisation, il faut que je me batte, il faut que je LE batte !
Joyuki, bien qu'affaiblie, réunit tout ce qui lui restait de reiatsu :
- C'est maintenant au jamais. Songea-t-elle.
De son côté, l'Arrancar semblait surpris qu'une si petite femme ait autant de réserves…Joyuki tenait à présent son zanpakutôh bien droit devant elle et fonça sur son adversaire…puis le choc…
Byakuya venait de trancher son dernier adversaire, mais il n'en était que plus stressé car le reiatsu de sa sœur venait de s'effondrer. Faisait fi des blessés et du désordre, il fonça vers la source du reiatsu de Jo qu'il avait sentit et finit par débouler dans une sorte de clairière : La première chose qu'il vit fut un corps, celui de l'Arrancar, et si l'Arrancar était mort, Joyuki ne pouvait que être vivante !
- Jo ! Appela Byakuya.
- N…Nii-chan…Souffla une petite voix.
Le cœur de Byakuya rata un battement. Pas possible…Joyuki était là, allongée par-terre et une blessure béante au ventre :
- JO ! Hurla Byakuya. Jo, qu'est-ce que…
- Je l'ai eu, dis-moi que je l'ai eu ! Souffla-t-elle.
Byakuya la prit dans ses bras :
- Oui, oui tu l'as eu…il est mort…
Le Kuchiki regarda avec surprise le corps de l'Arrancar qui se décomposait déjà :
- Ce con…murmura Joyuki. J'ai réussit à retourner son arme contre lui, le poison est déjà en train de la bouffer…le problème…c'est…c'est que moi aussi…
Une larme roula sur la joue de Joyuki :
- Bya…je veux pas…je veux pas mourir…
- Ne dis pas ça, ça va aller.
- Non…je me sens froide, je ne te vois même pas…je ne vois plus rien mais…mais je veux pas mourir, je veux rester ici…je veux pas…
- Chut, ne parle pas, la quatrième division va arriver, accroche-toi. Souffla Byakuya, la gorge nouée.
- Onii-chan…je…je…je t'aime tu sais…
- Arrête de parler comme ça, tais-toi. Dit le Kuchiki qui commença néanmoins à pleurer. Jo, s'il te plait…
- R…Ren…Commença la jeune femme.
La poitrine de Jo se souleva brutalement et s'affaissa sur un dernier mot :
-…ji…
Byakuya se sentit mourir.
- Non ! NON ! JO ! Répond-moi ! Me fait pas ça ! Jo ! Jo !
Byakuya avait beau secoué le corps inerte de sa sœur, cela ne changea rien. Le noble héritier se mit à pleurer encore plus abondamment et à renifler. Ce n'était pas possible, pas elle…pas sa petite sœur, non…
- Jo…Gémit Byakuya en enfouissant son visage dans le coup de sa Joyuki…
Et alors que l'héritier pleurait, il sentait le corps de sa sœur partir en fumée comme celui de l'Arrancar, sans voir qu'au-dessus de lui se tenait un homme qui récoltait les particules spirituelles qui se défaisaient du corps de Jo…
Byakuya essaya de retenir ses particules, appelant encore et toujours sa petite sœur par son prénom, même si c'était une action vaine, il ne pouvait s'en empêcher :
- Jo…Jo…Pleura-t-il encore.
