Disclaimer et Avertissement : Cf Chapitre 1

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- Un grand merci aux fidèles qui me laissent régulièrement des reviews! Ce chapitre est pour vous!

Merci à Mistycal, ma Bêa. Elle est géniale!

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***PUB: Allez donc lire la fic de Felinness: L'Amazone. Un vrai petit bijou! Lien dans mes favoris!***

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Une Bien Longue Journée 2/2 1

Acte 8 : Se Préparer

Hermione

Comme d'habitude, la porte s'ouvre avant que je ne frappe pour indiquer ma venue.

Le réseau de renseignement de Madame De Paimpont est vraiment efficace ! J'aurais pourtant juré que tous les portraits faisaient la sieste !

« Les Weasley vont être attaqués n'est-ce pas Madame? » dis-je avant même que mon professeur n'ait eu le temps de me dire bonjour.

« Assois-toi, Hermione. Une tasse de thé ? » me demande Madame De Paimpont

« Avec plaisir Madame, je vous remercie » réponds-je, soupirant et me laissant tomber fort peu élégamment dans un fauteuil.

Le thé est fort et bon, comme je l'aime évidemment. Et cela me fait grand bien. Le petit gâteau au chocolat qui l'accompagne aussi.

« As-tu vu Ronald et Harry, Hermione ? Que t-ont-ils dit ? » s'enquiert Madame De Paimpont de sa voix douce

« Je les ai à peine vus Madame. Juste le temps pour Ron de me dire qu'ils ne pouvaient rien me révéler et qu'ils allaient dormir…Ah ! Et qu'il y a une réunion de l'Ordre demain et que c'est le professeur Snape qui assure notre entraînement aujourd'hui. » réponds-je, encore agacée par le comportement de Ron.

« Mmmm… C'est déjà pas mal… Assez, en tout cas, pour que tu devines que quelque chose se prépare et que cela a à voir avec les Weasley. » me fait remarquer Madame De Paimpont, avec un petit sourire.

« Oui, Madame. Et que c'est sans doute pour Halloween. » dis-je, avec inquiétude cette fois.

« Et te demander si tes parents sont concernés également » déduit mon professeur

« Effectivement. » admets-je en la regardant, le cœur serré.

« Bien ! Qu'as-tu déduis d'autre ? » demande-t-elle doucement.

« Je n'ai rien déduis Madame. J'ai juste une hypothèse. » réponds-je, peu sûre de moi.

« Dis toujours. » m'encourage Madame De Paimpont

« Mmmm… Je suppose que Malfoy est le point de départ. Harry et Ron trament quelque chose à son sujet. J'en suis certaine, même s'ils ne m'en ont pas parlé. Parce que je serais sans doute, contre leurs méthodes. Je les trouve un peu brute de coffre parfois, si vous voulez bien me passer l'expression… » lui confie-je.

« Pas de problème Hermione. Continue. » assure-t-elle, en penchant la tête sur un sourire indulgent.

Je lui raconte tout ce que j'ai observé ces derniers temps et l'idée qui m'a traversé l'esprit pendant le repas. Pendant que je parle, Madame De Paimpont me sert une nouvelle tasse de thé et sirote le sien en m'écoutant attentivement, hochant la tête de temps en temps.

« Voilà, vous savez tout, Madame » dis-je quand j'ai fini

« Eh ! Bien ! Il n'y a rien que je puisse révéler Hermione. Si ce n'est que j'ignore totalement si tes parents sont visés par une attaque jeudi. Cependant, quoiqu'il arrive, nous serons prêts. Demain, réunion de l'Ordre. Tous les plans de défense seront finalisés et arrêtés. Vous serez informés de l'heure à laquelle nous partirons plus tard. » me dit-elle, aussi concise et imprécise que Ron finalement.

Je n'apprendrais rien de plus d'elle…

« Très bien Madame. Je vous remercie de vos réponses. Il est temps pour moi d'y aller. C'est bientôt l'heure de réveiller Ron et Harry » dis-je, un peu sèchement.

Je me lève pour partir, un peu vexée, mais elle me retient.

« Hermione, Harry et Ron ne peuvent réellement rien te dire. » fait-elle avec un regard et un ton tout de douceur

« Pas plus que vous. Le Sceau du Secret. Je sais, Madame » dis-je, moi-même radoucie par son expression. « Mais ils auraient pu me le dire autrement. Même si je comprends qu'ils devaient être très fatigués tous les deux après une nuit blanche. »

« Oui. Je te comprends moi aussi. Ronald est très carré aujourd'hui. Il dit les choses sans fioritures. Mais n'a-t-il pas toujours été un peu comme cela, même s'il a fait quelques progrès en la matière ? » fait-elle remarquer.

« Aucune délicatesse effectivement Madame. C'est un trait de son caractère tout craché ! » souscris-je à sa remarque.

« Effectivement, Hermione. Effectivement. » appuie-t-elle également.

« Bien ! Je vous laisse Madame. Bon après-midi. » dis-je, radoucie par son soutien

« Bon après-midi Hermione. Et bon entraînement ! » me souhaite-t-elle

Sur le chemin du retour, je repense à ma courte conversation avec Madame De Paimpont. Elle ne m'a rien appris de plus, mais son silence et ses questions me renseignent plus que de longs discours.

Et mon hypothèse est vérifiée, Harry a réussi à convaincre Malfoy de se rallier à nous et c'est lui qui a donné l'information concernant l'attaque ! J'en suis certaine !

Cela me met suffisamment de bonne humeur pour que je décide d'être indulgente avec mes deux amis…

Mes deux frères de cœur…

Et je me dépêche d'aller les réveiller, pour qu'ils puissent se préparer pour l'entraînement…

Et manger avant…

***********************

Draco

Il est un peu plus de 14H00.

Cela fait deux heures trente maintenant que j'ai lu la lettre de Harry. Deux heures trente que je ressasse mes souvenirs…

Il est temps que je prenne une décision. Que je fasse quelque chose…

Zabini et Nott sont revenus dans le dortoir eux aussi. Je les entends de derrière mes rideaux fermés. Ils pensent que je fais une sieste et chuchotent. Ils parlent de Pansy. Zabini me plaint, moqueur en même temps, car il pense que mes parents et les Parkinson se sont entendus pour un mariage entre nous.

Foutaises ! Elle est bien trop instable et indiscrète. Je sais que mon père a des vues sur une autre fille…

Une fille qui sera malléable et soumise, comme il pense que Mère l'est. S'il savait qu'elle attendait juste le bon moment pour se manifester !

Bon ! Cette fois, il faut que je me décide.

J'ai le choix. Ou je réponds à Harry et j'appelle Dobby ou je ne le fais pas…

Ma nature Serpentarde me pousse vers la deuxième solution bien évidemment. Il est tellement plus facile de se dérober !

Mais mon amitié pour Harry, elle, me pousse à affronter mes souvenirs, à me confronter à eux. Et cela demande beaucoup plus de courage…

Au final, après un court combat contre moi-même, c'est ma nouvelle amitié qui gagne. Je ne veux pas décevoir Harry.

Je vais lui écrire. Je vais lui raconter ce souvenir qui a été le déclencheur de ce que j'ai été pendant des années… Et ensuite, j'appellerai Dobby et je lui dirais tout à lui aussi… Je dirais tout à ce petit Elfe de maison, qui aimait ma Thilda et a souffert de sa mort, comme j'ai eu à en souffrir…

Un autre point commun entre nous…

Mais celui là, j'aurais bien aimé que nous ne l'ayons pas…

Allez Draco, il n'est plus temps de tergiverser !…

Prépare-toi plutôt à le rencontrer….

***********************

Ron

« Il est l'heure les garçons ! Allez ! Debout ! Vous avez tout juste le temps de vous doucher et de manger un bout en route ! Vite ! » s'exclame Hermione, sans douceur, ni pitié pour nos oreilles.

Hermione me secoue comme un prunier. J'ai horreur d'être bousculé ainsi au réveil ! Je préfère de loin la méthode de Harry… Des petits bisous dans le cou… Quand ce n'est pas plus bas... Nettement plus bas…

Merde ! Il faut que j'arrête de penser à cela !

Trop tard ! La douche froide va être doublement nécessaire maintenant !

Je me hâte en maugréant.

L'eau froide dégouline bientôt sur moi, c'est loin d'être agréable, mais cela me rafraîchit bien les idées. Je me demande ce que Snape a concocté comme programme. Cela va être physique sans aucun doute. Très physique ! Sil y a bien quelque chose de certain, c'est cela ! Pour le reste… Bah ! Nous verrons bien…

Allez, il est temps de se dépêcher. Je m'habille en vitesse, évitant de regarder Harry, encore à moitié nu juste à côté. Lui aussi évite de me regarder… Cela vaut mieux pour nous deux.

Hermione a pensé aux sandwichs. Et je me saisis de l'un d'eux avec avidité. Je meurs de faim ! Mais ce n'est pas étonnant étant donné que je n'ai presque rien pris au petit déjeuner, à 06H30, et qu'il est près de 14H30 maintenant.

« Tu es un amour Hermione » la remercie-je, entre deux bouchées…

« Oui, bon… allons-y ! Vous mangerez en route ! » répond-elle, un peu bourrue

« Tu es fâchée, ma douce ? » lui demande Harry davantage pour l'encourager à dire ce qu'elle a sur le cœur que pour s'en assurer.

« Oui… Non… Je comprends que vous ne pouvez rien dire… » se radoucit-elle un peu

« Excuse-moi ma puce. Je n'ai pas été très agréable tout à l'heure... Mais j'étais vraiment crevé, tu sais… » lui dis-je, me souvenant de la façon cavalière avec laquelle je l'ai traitée tantôt.

« Moui… J'ai un peu parlé avec Madame De Paimpont… Mais nous discuterons de cela plus tard. Les autres vont s'impatienter. » élude-t-elle avec un geste impatient qui écarte tout autre question à ce sujet.

Et je sais que je suis pardonné.

Nous rejoignons donc les autres, qui nous attendent en dehors de la salle commune. Comme d'habitude, Luna est venue jusqu'à la tour pour que nous puissions faire le chemin tous ensemble.

Neville et Ginny nous regardent, Harry et moi, comme s'il nous était poussé une autre tête. Mais ils ne nous demandent rien. Ils savent qu'il y a des tas de choses que nous ne pouvons pas leur dire pour l'instant.

Cela fait enrager Ginny, mais Neville, lui, est beaucoup plus philosophe. Il est de toute façon déjà très heureux de s'entraîner avec nous. Quant à Luna, elle est, comme toujours, sur une autre planète. Du moins, en apparence, parce qu'en réalité, sous ses airs rêveurs et malgré ses remarques singulières, elle a bien la tête sur les épaules Luna… Et plus j'apprends à la connaître, plus je l'adore !

« Oh ! C'est le professeur Snape qui nous entraîne cet après-midi. Nous n'allons pas rigoler » murmure soudain Neville en voyant Snape venir vers nous à l'autre bout du couloir

« Ouais… Préparez-vous pour le carnage. Ça va saigner ! Surtout qu'il n'a pas l'air à prendre avec des pincettes ! » renchérit Ginny

« Il n'est jamais à prendre avec des pincettes ! » surenchérit Neville

« Bah ! Nous verrons bien » dis-je d'un air dégagé

Mais dans le fond, je n'en mène pas large…

Et tout à coup, malgré ma sieste de deux heures, je me dis que la journée va être bien longue aujourd'hui !

Et je me prépare mentalement à souffrir…

***********************

Acte 9 : Agir – Réagir -Tenir

Draco

Je mets un point final à ma lettre, mais j'hésite encore à la fermer. Harry m'a dit que Ron était là quand Dobby a parlé de Thilda chez Madame De Paimpont. Je ne voudrais pas qu'il soupçonne que je suis vraiment responsable de sa mort !

Maintenant, avec le recul et mon nouveau regard, je sais que je ne suis responsable de rien dans cette sinistre histoire. Seul mon père est fautif.

Et je le hais maintenant tout autant que je hais Voldemort…

Comment a-t-il pu me faire cela ? Comment a-t-il pu me priver de ma mère pendant toutes ces années et m'enlever ma seule source de réconfort de façon aussi cruelle ?

Je n'avais que cinq ans bon sang ! J'étais seul, effrayé la nuit dans cette grande chambre et mes journées auraient été si longues sans Thilda ! Oh ! J'avais tous les jouets qu'un enfant peut rêver avoir ! Mais à quoi bon, quand vous n'avez personne avec qui les partager ?

Thilda était ma seule amie, ma seule source de joie hormis Mère qui avait le droit de me voir une fois par semaine seulement ! Et Thilda me donnait tout l'amour, toute la tendresse qui me manquait ! Et il m'a retiré cela ! Il l'a tuée sous mes yeux. Et je comprends maintenant qu'il a intentionnellement demandé à Dobby de venir enlever sa dépouille de ma chambre, de dire que tout était ma faute devant lui !

Pour qu'il ne s'apitoie pas et ne me soit d'aucun réconfort quand il m'emmènerait de ma chambre à son bureau, à travers tout le Manoir…

Je le hais ! Je le hais si fort que je ne sais ce que je ferais s'il était là, devant moi à cet instant…

Et cela me fait peur… Car je ne sais pas si je serais capable de me maîtriser…

J'ai besoin d'en parler à quelqu'un !

Mais ce n'est pas en restant ici et sans réaction que cela se fera… Alors je me décide et j'écris tout cela dans ma lettre. Je fais part de toutes mes réflexions, de toutes mes craintes à Harry. Et cela me fait du bien.

Ensuite j'ajoute que je souhaite qu'il dise tout à Ron et à Hermione aussi, si toutefois elle est maintenant au courant de notre toute nouvelle amitié. Après tout, Harry m'a parlé d'eux, pour que je les connaisse un peu avant de les rencontrer. Il est juste, qu'ils me connaissent un peu également.

Bien entendu, je le fais aussi, parce que je ne veux pas que ma correspondance avec Harry jette de l'ombre sur la relation qu'ils ont, Ron et lui. Qu'elle soit un objet de rancœur… Après tout, Ron pourrait douter de moi et de mes intentions, penser que je veux briser les liens qui les unissent tous les deux…

Or, je souhaite vraiment de toutes mes forces que Ron m'accepte et qu'Hermione et les autres aussi m'acceptent dans leur groupe.

Parce que je sais qu'en leur compagnie, je pourrais m'éloigner définitivement de l'ancien moi, celui qui a été façonné par mon père…

******************

Ron

Oh ! Purée ! Cela fait à peine trois quarts d'heure, que nous avons commencé et je suis déjà en nage !

Snape nous a d'abord fait faire des étirements et des échauffements pendant un quart d'heure. Puis il nous a sorti le grand jeu ! La technique du tapis roulant ! Un truc Moldu adapté à la sauce Nally De Paimpont et Arthur Weasley associé ! Autant dire que la technique n'a plus grand chose à voir avec l'originale !

Nous courons sur place, chacun sur un large et long tapis qui roule sous nos pieds. Et c'est Snape aux commandes des réglages bien entendu ! Toutes les trois minutes, il augmente la vitesse et sous prétexte que j'ai de plus longues jambes que les autres, il augmente la mienne davantage !

Je ne vais jamais tenir! D'autant que de temps à autre, il nous lance des Sorts qui nous obligent à effectuer des bonds de côtés ou à baisser la tête ! C'est terrible ! Car il ne faut surtout pas perdre le rythme ! Ok, cela augmente notre résistance et nos réflexes mais s'il continue comme ça, cela ne servira à rien ! Nous serons morts avant la fin de l'entraînement !

Ouf ! Il ralentit légèrement la cadence, même si cela reste rapide.

Oh ! Merde ! Non ! Pas le tir au couteau combiné ! Non ! Il ne va pas oser ça maintenant, à cette vitesse !

Si ! Il ose !

Il faut à présent que l'on attrape les couteaux qui apparaissent à cadence de plus en plus rapprochée et viser la cible… En courant toujours bien entendu ! Et en évitant les Sorts bien entendu aussi !

Il veut notre mort ! Ce n'est pas possible autrement !

Bon, d'accord, c'est pour nous apprendre à viser correctement même en pleine course. Mais nous pourrions aussi bien le faire avec une baguette !

Et ça dure ! Et ça dure ! Et ça dure !

Holà ! L'épée maintenant ! Ça, c'est pour les Harpies ou les Vampires ! Une bonne petite décapitation en règle des cibles qu'il nous balance! D'un seul coup ! Et toujours dans les mêmes conditions !

Et que je te virevolte à droite ! Et que je te virevolte à gauche ! Les cibles arrivent par deux puis par trois !

Et ça accélère !

Action ! Réaction ! Encore et encore !

Je n'en peux plus ! Je vais m'écrouler s'il n'arrête pas dans les trente secondes qui suivent !

Oh ! Merci Merlin ! Il m'a entendu ! Allez ! Petit footing dégressif pour ne pas se casser les jambes, étirements et la voix de Snape qui claque comme un fouet.

« A la douche Messieurs et Mesdemoiselles ! Et restez chaud surtout ! Ce n'est pas fini ! Allez ! Vous avez cinq minutes ! Juste le temps de vous rincer et vous changer ! Il nous reste 1H25 d'entraînement ! »

Merlin ! Que la journée est longue !

*********************

Draco

Ma lettre est finie, l'enveloppe cachetée. Elle est lourde dans ma main et il ne reste plus qu'à appeler Dobby pour la faire parvenir à Harry.

Mes mains tremblent. Comment va-t-il réagir en me voyant ? Que va-t-il dire ?

Sans savoir pourquoi, je me mets à genou sur mon lit et je m'assois sur mes pieds, fermement décidé à tenir l'engagement que j'ai pris avec moi-même de parler à Dobby.

Je respire à fond, plusieurs fois, comme Harry m'a appris à le faire, pour retrouver un peu de calme et je prononce les mots qui vont faire venir le petit Elfe à moi.

Dans un grand « crack », il apparaît, juste devant moi.

Il est bizarrement vêtu d'un short rouge et d'un tee-shirt vert, d'un chapeau en laine sur la tête et de chaussettes dépareillées aux pieds.

Et je remarque tout de suite qu'il n'est guère plus à l'aise que moi car il triture un pan de son tee-shirt.

Il parle le premier, d'une voix de fausset hésitante et ses yeux écarquillés brillent de larmes contenues :

« Draco Malfoy Monsieur… m'a appelé… Draco Malfoy Monsieur… a une lettre… pour Maître Harry Potter Monsieur ? »

« Oui » réponds-je, la gorge nouée par l'appréhension.

Et ma main tremble si fort quand je lui tends la lettre, qu'elle manque me glisser des doigts.

Dobby regarde la lettre un instant, puis, hésitant, il tend lui aussi une main tremblante et s'en saisit doucement avant de la glisser avec précaution dans une poche de son short. Et il relève de nouveau la tête vers moi, ses grands yeux écarquillés remplis de crainte…

« La Grande Dame… La Grande Dame a dit à Dobby… que Draco Malfoy Monsieur… parlerait à Dobby de sa Thilda… » dit-il, hésitant

« Oui Dobby… Harry me l'a dit. Je vais le faire… J'aimais beaucoup Thilda, tu sais Dobby. Je l'aimais vraiment beaucoup et j'ai eu beaucoup de chagrin quand elle est morte. »

Je lui raconte tout. Je lui dis comment Thilda m'a élevé, remplaçant Mère auprès de moi. Je lui dis combien j'ai eu du chagrin quand elle m'a annoncé, le jour de mes cinq ans, qu'elle ne pourrait plus venir aussi souvent, que je devrais rester avec mon père toute la journée et me coucher seul le soir. Je lui dis comment mon père est venu dans ma chambre et a trouvé Thilda en train de me consoler. Comment il s'est fâché et l'a tuée pour me punir !

Je lui dis tout. Et je pleure comme le petit garçon que j'étais, je pleure la tête baissée, avec dans le cœur autant de chagrin que j'en ai eu en ce jour fatidique de mes cinq ans…

Soudain, d'un doigt hésitant, Dobby vient cueillir une larme sur mon visage.

Son geste me rappelle Thilda.

Elle aussi le faisait quand j'avais un chagrin de petit garçon. Je lève la tête et mes yeux rencontrent les siens, tout aussi noyés de larmes que les miens.

« Je suis désolé Dobby ! Vraiment désolé si tu savais ! Je ne voulais pas que cela arrive ! Je ne savais pas que mon père ferait cela ! Je te demande pardon Dobby ! » le supplie-je

Le petit Elfe de maison se jette dans mes bras, s'accrochant à ma robe, pleurant, sanglotant bruyamment contre ma poitrine. Et je referme mes bras autour de lui et je le serre tout contre moi, pleurant toujours avec lui. Et je le berce, comme Thilda le faisait avec moi, quand j'avais peur de l'orage.

Combien de temps cela dure, je ne saurais le dire, mais quand enfin il est calmé, Dobby se dégage doucement de mes bras et il se mouche bruyamment dans un grand mouchoir à carreaux. Il se saisit ensuite de ma main dans sa paume droite et sa main gauche vient doucement caresser la mienne, en un geste que Thilda avait aussi pour moi.

« Le petit Maître Draco a demandé pardon à Dobby… Oh ! Mais le petit Maître Draco est un gentil petit Maître comme Thilda le disait ! Oh ! Oui !… Un gentil petit Maître !… Et le petit Maître Draco ne doit pas demander pardon ! Ce n'est pas sa faute si ma Thilda est morte !… La Grande Dame avait raison ! Le petit Maître Draco n'a rien fait de mal ! C'est le père du petit Maître Draco qui est un méchant sorcier ! C'est lui qui a tué ma Thilda !… Et Dobby est bien content que le méchant sorcier soit en prison !… Et si un jour le méchant sorcier en sort et essaye de faire du mal au petit Maître Draco, le petit Maître Draco n'a qu'à appeler Dobby ! Et Dobby le défendra comme il a défendu Maître Harry Potter Monsieur ! » déclare-t-il, affichant ensuite un grand sourire.

« Merci Dobby » lui réponds-je doucement, en souriant moi aussi. « Je n'y manquerais pas. »

« Dobby va maintenant aller porter la lettre du petit Maître Draco à Maître Harry Potter Monsieur ! Il lui portera tout ce que le petit Maître Draco voudra que Dobby lui apporte ! » ajoute-t-il avant de disparaître dans un grand « crack » sonore.

Je l'ai fait !

J'ai tenu la promesse que je me suis faite de tout lui dire !

Je l'ai fait !

Et c'est un autre pas vers ma liberté…

****************

Harry

« Duel à deux contre un ! » tonne la voix glaciale de Snape. « Lovegood et Weasley fille contre Longdubat, Potter et Granger contre Weasley garçon ! Attaque, défense ! Vous connaissez le principe ! Sorts informulés ! Et les attaquants, pas de pitié pour les défenseurs ! D'un côté comme de l'autre vous utilisez tous les sorts que vous connaissez ! A pleine puissance ! »

Après la douche, nous nous sommes entraînés sur cibles mouvantes. Attaque, esquive, attaque encore, avec des cassements de rythme épouvantables qui m'ont laissé les jambes lourdes. Je croyais après cela que Snape allait passer à la Magie sans baguette, comme il le fait habituellement, mais non, nous n'avons pas encore suffisamment sué à son goût faut-il croire !

Pour une fois, je ne suis pas la tête de turc de Snape. Et je plains Ron de tout mon cœur ! J'ai pourtant cru que j'allais m'en prendre plein la tête après les révélations que Ron a faites concernant la retenue de jeudi soir.

Mais il semble que ce soit le conteur qui paye l'histoire aujourd'hui…

A moins que ce soit une stratégie pour distraire Ron.

Avec Snape, il faut s'attendre à tout !

Nous nous mettons en place. Une demi-heure ! Il faut que nous tenions encore une demi-heure ! A ce rythme, ce n'est vraiment, vraiment pas gagné !

Allez Ron ! Allez Hermione ! Allez tout le monde !

Il veut nous épuiser, mais non allons lui montrer ce que valent les Gryffondors et les Serdaigles ! Encourage-je tout le monde d'un regard avant que Snape ne fasse le signe de tête qui va déclencher les hostilités.

***********************

Acte 10 : Où Snape Est Surprenant

Severus

Ils tiennent ! Ils se battent tous avec un courage qui dépasse l'entendement ! Comme peuvent-ils encore tenir debout après tout ce que je leur ai fait faire ? D'où tirent-ils cette énergie ?

Potter sans doute !

J'ai vu le regard qu'il leur a adressé avant le signal de départ ! Et les autres n'ont rien dit, mais ils ont, tous, redressé fièrement la tête dans un accord muet. Il est leur leader incontesté, celui qu'ils se sont choisi pour les mener et les guider et il n'a pas besoin de parler pour se faire comprendre.

Ils le suivent, sans faillir, sans faiblir, sans protester.

Ils sont pourtant si jeunes, des enfants presque encore. Et moi, je les entraîne pour en faire des guerriers…

Les enfants ne devraient pas avoir à se battre !

Les enfants ne devraient avoir qu'à être des enfants !

Foutue guerre !

Foutu Voldemort !

Foutus sorciers adultes qui n'osent se rebeller contre lui, quand des enfants, eux, se préparent à le combattre sans rechigner et avec un courage, un acharnement qui ferait pâlir l'étoile de Godric Gryffondor lui-même !

La petite Lovegood commence à flancher. C'est normal, c'est la plus frêle du groupe. Mais quelle force de caractère elle aussi, sous ses dehors de rêveuse un peu folle !

Weasley est pâle. Il ne va pas tarder à s'écrouler. C'est normal, il n'a pas dormi la nuit dernière et il a enduré plus que les autres depuis le début de la séance. Mais quel combattant magnifique ! Et quelle hargne, quel sang froid ! Même devant la puissance de tir phénoménale de Potter et les Sorts prodigieux de Granger! Je ne voudrais pas être son ennemi, même si je peux lui en apprendre encore !

Et Longdubat ! Il s'essouffle, mais il tient la distance lui aussi! Pourtant, la petite Weasley ne l'épargne pas avec sa succession rapide de Chauve-Furies ! Sa grand-mère peut-être fière de lui !

Nous pouvons tous être fiers d'eux…

Et je ne peux pas continuer à les faire souffrir comme cela ! Je dois arrêter là. Ces gamins ne méritent pas que je les mène à l'effondrement total…

Non, ils ne le méritent pas. Ils méritent bien autre chose de ma part !

Ils méritent que je leur donne la reconnaissance qu'ils ne recevront peut-être jamais par ailleurs, par ceux qui les laisseront se battre pour eux, sans regret, sans remord, sans honte…

Et qui trouveront sans doute encore à les critiquer injustement s'ils échouent à sauver la vie de l'un de leurs…

« Très bien tout le monde ! Vous avez, tous, fourni un bel effort et gagné le droit de vous arrêter là pour aujourd'hui ! Neville Longdubat, votre défense s'est grandement améliorée. Luna Lovegood, vous avez beaucoup gagné en rapidité. Ginevra Weasley, très bonne attaque, précise et nette. Hermione Granger, guère académique mais très efficace votre dernière combinaison de Sorts. Harry Potter, excellente précision et puissance dans les tirs. Quant à vous Ronald Weasley, je suis heureux de constater que vous étiez en très grande forme aujourd'hui… sur tous les plans…
Maintenant, à la douche tout le monde! Et Potter, Granger, Weasley garçon, vous resterez après. »

Ils me regardent tous, médusés.

Je les comprends, même si je l'ai fait sur un ton neutre, c'est la première fois que je leur fais un commentaire positif en fin de séance.

Et en relâchant un peu mon masque habituel en plus !

« Qu'est-ce que vous attendez ! Je n'ai pas toute la soirée devant moi ! » abois-je pour les faire réagir et leur jetant à nouveau mon regard le plus noir.

Ils se précipitent vers le vestiaire, me laissant seul avec une sensation bizarre dans le ventre.

Nally, que m'as-tu fait faire…

Comment les choses vont-elles se passer maintenant ?

********************

Harry

Aucun de nous n'en revient !

Non seulement Snape a arrêté la séance dix minutes avant la fin prévue, mais il nous a fait un commentaire positif à chacun !

Et quel commentaire !

Oh ! Bon sang ! La tête de Neville ! Impayable ! J'ai cru qu'il allait tomber à la renverse ! Ginny, elle, s'est pincée pour vérifier si elle était bien réveillée. Luna n'a jamais eu les yeux aussi écarquillés d'étonnement. Hermione était aux anges, avec un sourire si grand que j'ai pensé un instant qu'il allait faire le tour de sa tête ! Et Ron… Ron qui s'est surpassé pour ne pas flancher à la fin, a bombé le torse et s'est redressé de toute sa taille, ragaillardi soudain…

Quant à moi, parce qu'il a cité mon prénom, je me suis senti enfin reconnu par ce professeur qui, depuis cinq ans, ne voyait à travers moi que mon père qu'il détestait…

Et, à mes yeux, cela rend son compliment encore plus précieux qu'un diamant !

Et ils étaient mérités ces compliments ! Ô combien mérités !

Jamais Snape n'avait été aussi dur, aussi impitoyable qu'aujourd'hui !

Mais cela valait le coup finalement ! Oh oui ! Cela valait le coup !

Parce que nous n'avons pas seulement eu droit à un commentaire positif… Nous avons aussi été autorisés à voir une expression sur le visage de notre professeur, ce qui a ajouté beaucoup à la sincérité et au prix de ses mots…

Car Snape avait l'air vraiment fier de nous ! Et cela, ça vaut tout l'or de monde !

Et je n'ai jamais eu autant de plaisir à recevoir des félicitations jusqu'à présent !

Et je sais que je ne suis pas le seul à penser cela… Il n'y a qu'à entendre les autres chanter ou siffler joyeusement sous la douche pour le comprendre !

Il n'y a qu'une seule chose qui me chiffonne…

C'est que l'espace d'un quart de seconde, j'ai cru voir quelqu'un d'autre à sa place…

Mais j'ai dû rêver…

**************************

Severus

En attendant que les gamins aient fini de prendre leur douche, je regarde par la fenêtre qui donne sur le lac, dont les eaux miroitent sous les derniers rayons du crépuscule.

J'entends les gamins chanter et siffler à tue-tête et cela me fait sourire. Il leur en faut si peu finalement pour être heureux… Quelque part dans leur tête, je ne serais peut-être plus à l'avenir, « Snape, le bâtard graisseux des Cachots » mais « le professeur Snape »…

Et cette pensée me donne, une fois de plus, cette sensation bizarre dans le ventre. Une sensation qui ne m'ait pourtant pas désagréable puisque je me surprends à sourire encore…

Finalement, Nally a raison : cela fait du bien d'être un peu « cool »…

Fichue Gryffondor !

La porte du vestiaire s'ouvre et Longdubat, Lovegood et Ginevra Weasley en sortent, frais comme des œufs du jour, bavardant gaiement et tout souriants. On ne dirait jamais qu'ils sortent d'un entraînement éprouvant…

« Bonsoir professeur Snape ! » claironnent-ils en cœur et joyeux.

« Bonsoir » réponds-je d'une voix neutre, en même temps contrarié et agréablement surpris de leur ton… cordial…

Oh ! Nally ! Pourvu que tu aies raison cette fois encore et qu'ils ne s'adressent pas à moi, dorénavant, sur ce ton là !

Les trois autres sortent à leur tour du vestiaire, souriants eux aussi, mais avec plus de retenue cependant, et ils viennent se placer devant moi, attendant poliment que je leur parle.

« Comme vous le savez, il y a une réunion de l'Ordre demain. Elle aura lieu comme d'habitude au Square Grimmaurd. Soyez ici à 19H00 précise. Ne vous préoccupez pas du dîner. Un en-cas sera servi au QG. Arrangez-vous cependant pour avoir un prétexte pour quitter rapidement la Grande Salle, sans que cela ne paraisse suspect. »

« Bien professeur. Mais peut-on savoir comment nous allons nous rendre au Square Grimaud ? » demande Granger, avec son bon sens pratique habituel.

« Vous partirez par Portoloin avec les professeurs De Paimpont et Dumbledore. Mettez cependant des vêtements moldus et sombres car l'arrivée est située à l'extérieur. Une panne d'électricité est prévue dans les environs, mais mieux vaut que vous passiez le plus inaperçu possible. Vos armes ne seront probablement pas nécessaires, mais prenez les quand même. »

« Entendu professeur. Et pour les autres ? Que devons-nous répondre quand ils demanderont pourquoi vous nous avez retenus ? » interroge cette fois Potter

« Dites leur que j'ai convenu avec vous d'une nouvelle date pour un autre entraînement. Après tout, il faut prévoir en fonction de vos activités respectives et nos emplois du temps sont chargés… Monsieur Weasley pourra dire que je lui ai ajouté une nouvelle option : l'Occlumencie… Je pense en effet que cela pourra lui être utile de renforcer la maîtrise de ses émotions en certaines circonstances. A Mademoiselle Granger, Longdubat et Mademoiselle Weasley aussi d'ailleurs, mais je les entreprendrais dans cette matière plus tard. Mademoiselle Lovegood, quant à elle, est, je pense, suffisamment déconcertante pour ne pas en avoir besoin. » réponds-je, d'une voix la plus neutre possible

Le jeune Weasley a rougi, d'embarras et non de colère me semble-t-il. Granger, elle, semble éminemment intéressée par ma proposition et elle frétille déjà d'impatience.

« Très bien Monsieur, quand et où dois-je me présenter ? » demande Weasley

« Vous viendrez en même temps que M. Potter. Nous trouverons bien à nous arranger pour que le temps que je lui consacre déjà, soit mis à profit pour vous deux. » réponds-je un peu sèchement pour signifier un agacement que je ne ressens même pas, malgré la surcharge de travail que je m'impose encore.

« Entendu Monsieur. Et pour la date du prochain entraînement ? » demande encore Potter

« Mmmm… Si ma mémoire est bonne, vous êtes tous libres le mercredi après midi à partir de 15H00... Alors disons de 15H30 à 17H00. Cela me conviendra parfaitement également… Et dites à Longdubat que je souhaite le voir mardi soir après ses cours, vers 17H30. Je conviendrais, avec lui, d'un emploi du temps pour des cours particuliers de Potion »

Mais qu'est-ce qui m'a pris ? Comme si je n'avais pas déjà suffisamment de travail ! Voilà que, non seulement j'ai ajouté des cours d'Occlumencie à Weasley mais en plus, je m'offre de donner des cours particuliers de Potion à Longdubat !

Une impulsion…

Je viens d'obéir à une impulsion ! Comme un stupide Gryffondor ! Et les gamins me regardent avec l'air de se demander si je ne deviens pas fou !

Il faut que je sorte d'ici avant de dire d'autres inepties !

« C'est tout pour ce soir. Et soyez discrets pour donner les informations aux autres ! » dis-je, avant de sortir en claquant rageusement la porte derrière moi, car je viens encore de dire une sottise !

Rhaaaaaaaaa !

Mais comme s'ils pouvaient faire autrement qu'être discrets puisque nous sommes sous le Sceau du Secret !

Comment se fait-il que je sois aussi stupide depuis ce matin ?

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Acte 11 : Sang Pur – Noblesse – Bonnes Manières

Draco

Je me sens plus léger, maintenant que j'ai parlé à Dobby. Saoul des larmes versées, mais plus léger. Un poids s'est retiré de mes épaules et de ma poitrine…

Il avait raison Harry. Cela fait du bien de parler de ses problèmes, de se confronter à ses mauvais souvenirs et à ses souffrances…

Cela permet de voir les choses différemment, comme j'ai pu m'en rendre compte aujourd'hui en réalisant que je ne devais pas culpabiliser pour la mort de Thilda…

Oh ! Cela n'enlève rien à la peine et au chagrin que j'ai ressenti, que je ressens encore… Mais cela l'adoucit. Cela me permet de retrouver aussi des souvenirs de tendresse et d'amour que j'avais enfoui dans mon cœur et dans ma mémoire, car je ne me sentais plus le droit de me réfugier dans leur douceur et leur chaleur quand j'en avais pourtant tellement besoin !

Je réalise aussi combien l'emprise de mon père était solidement arrimée à cet événement. Comment je me suis moi-même attaché à lui plaire pour échapper au sort funeste qui aurait pu être le mien si je m'étais rebellé ! Comment j'ai tout fait pour éviter d'être battu, insulté, humilié et bafoué comme l'étaient ses Elfes de maison, auxquels il m'a comparé durant des mois après ce meurtre.

Deux lunes rondes sont passées depuis que Thilda est morte.

Depuis ce jour là, Père me fait donner des leçons par un précepteur, pour apprendre à lire, à écrire, à compter et à parler le latin.

Père se charge, quant à lui, de me donner les leçons de maintien, pour que je me conduise « avec toute la noblesse d'un Sang Pur » dit-il…

Je ne comprends pas trop ce que cela veut dire, mais je m'applique bien sinon, il me donne des coups de canne ou des tapes sur la tête.

Il est toujours méchant avec moi. Il me dit toujours que je suis sale, que je ne sais pas me tenir correctement et que je lui fais honte quand je mange. Mais ce n'est pas facile de manger les petits pois avec une fourchette et un couteau ! Ni de couper sa viande, surtout quand c'est une caille et que je dois le faire avec une fourchette et un couteau aussi !

« Tu es dégoûtant Draco ! Ta robe est toute tâchée ! Sais-tu combien coûte une robe comme celle-ci ? Tu me soulèves le cœur et cela mérite une punition ! Viens ici ! »

Père me fait mettre à genou devant lui et m'ordonne de lui tendre les mains. Et il tape fort sur mes doigts avec sa baguette. Mes doigts deviennent tout rouges et je les sens gonfler. Et cela fait mal ! Mais je n'ose pas pleurer, même si j'en ai très envie et je serre les dents

« Voilà Draco, ce que méritent les petits garçons dégoûtants comme toi ! On les punit, comme les Elfes de maison maladroits et puants ! Retourne à ta place maintenant ! Et mange correctement cette fois ! »

Je grimpe sur ma chaise et je m'assois, le dos bien droit, comme Père m'a appris. Je prends mes couverts, dans mes doigts douloureux, si douloureux ! Mais je m'applique, maniant très doucement le couteau et la fourchette. Je prends toutes les précautions possibles pour ne rien laisser tomber. Mais, mes doigts sont gourds et j'ai trop mal, alors la fourchette bascule sur le côté et les petits pois tombent sur ma robe.

« Espèce de petit imbécile incapable et maladroit ! Ah ! Mais on dirait que cela te plait de te faire punir comme un vulgaire Elfe de maison ! D'être aussi répugnant et malpropre ! De gâcher des vêtements coûteux ! Oh ! Mais j'oubliais ! Tu aimes les Elfes de maison et tu me détestes moi ! Il est donc normal que tu préfères les prendre comme modèle !
E
h, bien ! Puisque c'est ainsi, tu vas être vêtu comme eux mon fils ! Déshabille-toi ! Complètement ! »

Tout tremblant de peur et maladroit à cause de mes doigts blessés, j'obéis à Père et je défais mes vêtements. Quand je suis nu, il fait apparaître un torchon blanc, comme celui que porte Dobby, cet Elfe de maison qui m'enferme tous les soirs dans ma chambre.

Et il m'en revêt…

« Voilà, Draco ! Tu resteras vêtu comme Dobby puisque tu lui ressembles ! Et cela jusqu'à ce que tu saches te tenir correctement à table ! »

Je sens les larmes qui montent dans mes yeux… Je ne veux pas être vêtu comme Dobby, je ne veux pas lui ressembler ! Il n'est pas gentil avec moi… Et j'ai froid, vêtu ainsi ! Si froid !

« Mais tu pleures ! Tu me désobéis encore ! Que t'ai-je déjà dit à ce propos Draco ? »

Ma bouche tremble et j'essaye de répondre, mais je ne peux que balbutier des paroles incompréhensibles. Et pour cacher mes larmes qui redoublent, je baisse la tête… Il va me battre encore, je le sais…

Et je tremble de tous mes membres…

« Tu bafouilles et tu baisses la tête en plus ! Regarde-moi Draco ! » hurle-t-il, rouge de rage. « Un Sang Pur ne baisse jamais les yeux ! Un Sang Pur reste toujours droit et fier ! Un Sang Pur ne bafouille jamais ! Un Sang Pur ne pleure pas ! Je te l'ai déjà dit cent fois Draco ! Alors dis-moi : que mérites-tu pour m'avoir désobéi une fois de plus ? »

« Je… Je mérite… d'être puni… Père… » réussis-je à articuler au prix d'un énorme effort.

« Oui… Tu mérites cela Draco ! Et comme tu ressembles à un Elfe de maison, tu vas te conduire comme un Elfe de maison et le faire toi-même ! Tu vas te punir Draco ! Tu vas aller chercher le tisonnier dans l'âtre et tu vas te brûler la jambe ! Et si tu ne m'obéis pas, tu subiras le même sort que ta stupide et bien-aimée Thilda ! »

Alors j'obéis, en fermant bien fort les yeux et je m'évanouis sous la douleur…

Je ne sais pas qui m'a reconduit dans ma chambre après cela. Je me souviens seulement, que la douleur m'a réveillé dans la nuit, tremblant et fiévreux, et que le lendemain il me fût très pénible de marcher pour aller rejoindre le précepteur à l'heure de ma leçon quotidienne. C'est lui, qui m'a soigné. Et cela lui a coûté sa place d'ailleurs… Et, connaissant mon père, le pauvre homme n'a sans doute jamais pu trouver un autre emploi de précepteur…

Oui. Toute mon enfance a été conditionnée par la peur et la terreur à partir de mes cinq ans. Bien sûr, les souvenirs de cette époque se sont estompés par la suite, à mesure que je grandissais et satisfaisais aux attentes de mon père. Et les cadeaux et présents dispendieux ont remplacé les cris, les humiliations et les coups.

Même si je prenais encore une raclée au moindre manquement…

Mais elles étaient suivies de cadeaux et je les oubliais rapidement… Sans doute parce qu'il me plaisait à penser que mon père me les faisait pour effacer ses remords… Et je lui pardonnais..

Ai-je été idiot ! Jamais il n'en a éprouvé… Il voulait juste s'assurer de ma soumission à son égard… Et ma fidélité…

Je lui pardonnais… J'espérais tellement qu'il m'aime que j'étais prêt à tout pour lui plaire…

Oui, j'étais un enfant en quête de l'amour de son père…

Cela, cependant, n'excuse pas totalement à mes yeux mon comportement de ces dernières années. Je n'aurais pas dû oublier… Je n'aurais pas dû occulter… J'aurais dû garder un regard critique…

Il faudra que j'en parle à quelqu'un… A Harry bien sûr, mais aussi à un adulte… A Madame De Paimpont peut-être… Oui, je suis en confiance avec elle… Je sens qu'elle ne me jugera pas et m'aidera à voir plus clair dans tout cela.

Mais pour l'instant, il est l'heure d'aller dîner…

Je jette un coup d'œil discret sur le dortoir avant de sortir de mon lit et de me précipiter dans les douches.

Par chance, il n'y a personne.

Je constate, dans le miroir, que j'ai bien fait de passer ici avant de monter dans la salle commune. J'ai bien besoin de me rafraîchir un peu et de poser des Sorts de Dissimulation sur mon visage. Je ne tiens absolument pas à ce que quiconque voit que j'ai pleuré.

Dès que je suis prêt, je respire à fond et je me rends dans la fosse aux serpents. Bien entendu, Pansy se précipite vers moi.

« Draco ! Où étais-tu donc passé ? » me demande-t-elle stupidement

« Tu vois bien que je viens de mon dortoir Pansy ! » lui fais-je remarquer, un peu abruptement, pour signifier mon agacement et dans le secret espoir qu'elle me laisse tranquille.

Peine perdue ! Car bien entendu, l'idiote ne comprend pas et continue…

« Oh ! Draco ! Mais que faisais-tu tout seul là bas ? Tu aurais été bien mieux ici avec nous, tes amis ! »

Mes amis ! Mais tu n'es pas mon amie Pansy ! Tu ne sais même pas ce que ce mot signifie ai-je envie de lui crier.

Je ne veux plus entendre cette folle !

Alors je décide de l'envoyer sur les roses, avec grossièreté, comme il m'arrive parfois de le faire depuis toujours, avec succès.

« Peut-être, faisais-je tranquillement mes devoirs ou lisais-je, sans être importuné par des babillages incessants et stupides ! Peut-être, faisais-je une sieste dans l'espoir qu'un rêve me transporte dans un monde sans imbéciles, idiots et crétins ! Ou, peut-être encore, me faisais-je une bonne petite branlette pour avoir au moins un peu de plaisir en ce dimanche calamiteux qui n'en finit pas ! » lui réponds-je, avec calme mais sur un ton glacial et coupant comme un rasoir

Mais si Pansy rougit, comme elle le fait habituellement, elle ne tourne pas les talons. Au contraire, elle pouffe et se rapproche de moi, pour me dire, à voix basse et sur un ton enjôleur :

« Oh ! Tu es grossier Draco ! C'est très vilain d'être grossier comme cela ! Tu sais, j'ai bien remarqué que tu es nerveux depuis quelque temps. Alors je me suis demandé : Pansy, pourquoi Draco est-il si nerveux ? Et puis, j'ai pensé à mon grand frère ! Cet été, je l'ai entendu dire à l'un de ses amis qu'il était nerveux parce que cela faisait trop longtemps qu'il n'avait pas… satisfait certains besoins naturels… Oh ! Bien sûr, il était beaucoup plus explicite et grossier lui aussi.
Alors, je me dis, que peut-être toi aussi tu as le même problème… Si tu veux, je peux peut-être t'aider… Après tout, nos familles sont liées et Père m'a dit qu'il ne voyait pas quelle autre jeune fille de bonne famille tu pourrais épouser… Alors, il n'y a pas de mal à prendre un peu d'avance n'est-ce pas ? Surtout que cela te ferait beaucoup de bien ! »

J'ai envie de hurler !

J'ai envie de vomir à la pensée de baiser Pansy !

J'ai envie de lui balancer un Sort Cuisant qui l'enverrait à l'infirmerie pour les dix ans à venir !

Mais je garde mon calme…

Non…

A vrai dire, j'entre plutôt dans une colère froide qui m'aide à garder mon calme pour lui répondre :

« Pansy, les jeunes filles de bonne famille ne baisent pas avant le mariage. Elles se doivent de se garder pure pour leur nuit de noce et garantir la fertilité de leur union. Que penses-tu que le Seigneur des Ténèbres dirait s'il apprenait que tu m'as fait cette proposition indécente ? Crois-tu qu'il te féliciterait ?
Je vais être magnanime Pansy et je tairais cette conversation quand il me demandera ce que je pense de toi, aux prochaines vacances. Mais à compter de ce jour, tiens ta langue Pansy. Tiens la bien ! Car si tu m'ennuies encore, lorsque je te demande implicitement ou explicitement de te taire, je pourrais être tenté de lui dire que tu ne fais pas honneur à ton sang !
Et enfin Pansy, pour répondre à ta question, oui, j'ai envie et besoin de baiser d'urgence ! Mais ce n'est pas avec toi que je le ferais ! Parce que je respecte les traditions moi ! Je respecte les jeunes filles de bonne famille ! Parce que je suis un Sang Pur et fier de l'être ! »

Pansy est devenue toute pâle et je la sens sur le point de défaillir, mais je la plante là, non sans avoir un regard plein de dédain pour elle auparavant.

Et avec la satisfaction de penser qu'elle sera muette comme un véracrasse, pour le temps du dîner au moins, et qu'à l'avenir, un seul regard devrait la convaincre de se taire …

Peut-être…

Mais Merlin !

Que cette journée est longue !

******************

Harry

Le dîner est joyeux à la table des Gryffondors !

Neville et Ginny, en forme malgré notre entraînement tuant, rivalisent de bons mots avec Dean et Seamus. Neville, particulièrement, rayonne. Lui, qui avait déjà pris confiance en lui, me semble encore plus à l'aise ce soir.

Le compliment reçu du professeur Snape sans doute…

Je me demande comment il va réagir quand il apprendra qu'il va bénéficier de cours particuliers de Potion ….

A la table des Serpentards, ce n'est guère le même cas. Ils ont plutôt l'air maussade, à l'instar de Draco. Même Pansy Parkinson se taît, c'est dire ! Et la mine renfrognée qu'elle affiche ne l'arrange pas du tout, bien au contraire ! Elle a plus que jamais l'air d'un pékinois revêche !

Pauvre Draco, obligé de se coltiner cette fille… Surtout à table, moi, cela me couperait l'appétit…

Ron me donne un coup de coude dans les côtes. Je comprends que mon regard vers la table des Serpentards s'attarde un peu trop et je me re-concentre donc sur la mienne. Et, à voir tous ces visages rieurs qui m'entourent, à entendre ces rires francs et clairs, je mesure l'ampleur de ma chance, d'être en si joyeuse compagnie.

C'est bon d'être un Gryffondor !

Mais, déjà, Hermione donne le signal de départ, nous faisant remarquer que notre journée n'est pas finie. Il est vrai que nous devons faire passer le message du professeur Snape et que nous avons encore quelques petits exercices à fignoler en DCFM…

Bon, c'est vrai… Nous devons surtout donner le change aux autres, parce qu'en fait, ces exercices là, sont pour nous d'une facilité déconcertante…

Mais, bon ! Nous ne devons pas mettre la puce à l'oreille aux autres élèves…

Et finalement, c'est parfois plus difficile de faire croire que nous ne réussissons pas un Sort que d'en assimiler un nouveau !

Nous remontons donc notre allée en bavardant joyeusement, quand soudain, au moment où nous allons passer la porte, Pansy Parkinson bouscule violemment Ron pour le doubler…

« Dis donc le miteux ! Tu ne peux pas faire attention ! Tu n'es pas parmi les tiens dans ta bauge puante ! Ici, on ne bouscule pas les demoiselles ! Et on les laisse passer en premier ! » aboie-t-elle, plus hargneuse que jamais.

Quelques Serpentards ricanent et, instinctivement, je cherche Draco du regard. Il affiche un visage glacial et une brève lueur de colère anime ses yeux alors qu'il regarde lui-même Parkinson.

Va-t-il intervenir ? Si oui, je m'apprête à donner le change…

Ron, quant à lui, plisse les yeux et s'avance vers la Serpentarde pour la toiser de toute sa hauteur.

« Tu as beaucoup de chance d'être une fille Parkinson » lui dit-il, d'un ton calme, mais plus froid que la banquise. « Parce que je peux t'assurer que si tu étais un garçon, je t'écraserai comme une punaise. N'en profite pas cependant et n'insulte plus jamais ma famille, n'insinue plus jamais que nous vivons dans un taudis, que nous sommes sales et répugnants…
Parce que je peux t'assurer en cas contraire, que tu risques beaucoup d'avoir à ravaler ta langue. N'oublie pas que je ne suis pas le seul Weasley ici. Je pourrais empêcher ma sœur de te refaire le portrait pour ce soir, mais la prochaine fois, je prendrais grand plaisir à la regarder faire. Compris ? »

Parkinson, écrasée, dominée par la stature de Ron, pâlit à mesure qu'il parle et finalement, considérant Ron et Ginny venue se placer à côté de lui, elle se tourne vers Draco.

« Il m'a menacée Draco ! Tu as entendu cela ? Il m'a menacée ! » lui dit-elle, larmoyante et d'une voix aiguë et tremblante.

« Débrouille-toi Pansy. Tu as voulu t'attaquer de front à quelqu'un qui fait le double de ta taille et de ton poids, assume maintenant ! » répond-il, sur un ton tranchant, croisant les bras sur sa poitrine, comme s'apprêtant à assister à un bon spectacle.

« Serais-tu un couard Malfoy ou un amoureux des « Sang de Bourbe » et des « Traîtres à leur Sang » peut-être, pour ne pas prendre la défense d'une honorable « Sang Pur » menacée par la racaille ? » susurre à voix basse, presque inaudible, un jeune Serpentard blond qui affiche un air moqueur

D'un geste vif, Draco attrape le garçon par la nuque et, plantant un regard assassin dans ses yeux, il lui dit d'une voix dangereuse.

« Remettrais-tu en doute mon autorité Brandburgy ? Revendiquerais-tu ma place ? Très bien… Vas-y, affronte donc la belette ici, devant la moitié de l'école et les professeurs qui n'en perdent pas une miette… »

Le gamin semble se liquéfier, tant sous l'effet de la pression des doigts de Draco sur sa nuque, que sous celui, glacial, de son regard et de son ton. Il se taît et quand Draco relâche sa prise, il recule d'un pas, vaincu.

« Qui est le couard à présent ? Nous réglerons cela dans la salle commune de Serpentard Brandburgy » lui murmure-t-il encore, avant de se tourner à nouveau vers Parkinson avec une moue dédaigneuse.

« Est-ce tout Pansy ? Alors, allons-y ! Nous nous sommes suffisamment attardés ici » déclare-t-il enfin, passant devant tout le monde avec un port de tête royal, le visage de nouveau complètement impassible.

Je crois que la soirée va être pire encore que le dîner chez les Serpentards !

Et je ne voudrais pour rien au monde être à la place de Draco !

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…Eh bien! Il est chargé ce dimanche, vous ne trouvez pas? Et ce n'est pas encore fini! Et, comme d'habitude...

Votre avis m'intéresse vivement…

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