Hey, tout le monde ! J'ai l'impression que ça fait une éternité que je n'ai rien publié (en fait, ça fait presque un mois) !

Plusieurs raisons à cela : je prépare un concours donc j'essaye (je dis bien j'essaye...) de le bosser un peu, et j'ai eu une panne d'inspiration énorme (et ça, c'est très pénible). Heureusement, j'ai réussi à m'en débarrasser, ouf ^^

C'est donc avec joie que je vous retrouve !

Merci à ceux à qui j'ai déjà répondu par message privé et voici mes messages pour les revieweurs invités :

tulula : Yeah ! Merci pour ton enthousiasme ! Ca fait chaud au coeur... J'espère que ce chapitre sera à ton goût, ainsi que les suivants ; en tout cas, je te remercie beaucoup, beaucoup. C'est grâce à des reviews comme les tiennes qu'un auteur a envie de continuer à écrire.
Fanny : Merci, merci, merci, je suis contente que ce concept te plaise, car il me plait à moi aussi (la fille pas humble pour un sou ^^). Je suis ravie que mon histoire te plaise autant, et merci de m'avoir laissé tes impressions, c'est très important =) bonne lecture à toi !
Guest : J'espère que tu as réussi tes partiels ! En tout cas, merci d'avoir pris de ton temps pour partager ton avis sur ma fic ;) Tu as bien cerné le problème Céleste/Malefoy/Hermione ; autant te dire que ça va être plutôt chaotique ^^ Je vais essayer de ne pas trop les torturer mais je ne te promets rien ! En tout cas, merci encore et j'espère que tu prendras plaisir à lire ce nouveau chapitre =)

Mais je tiens aussi à remercier ceux qui me lisent sans laisser de trace. Je ne sais pas si vous êtes nombreux mais, en tout cas, merci de me suivre.

En tout cas bonne lecture et JOYEUX NOËL à vous tous, mes petits lecteurs d'amour.

PS : il va se passer pas mal de choses à partir de ce chapitre, il y a du retournement de situation dans l'air mouhaha.


Chapitre 15 : Échauffourée et baiser sucré


Son bureau était plongé dans la pénombre. La seule source de lumière provenait de la fenêtre magique qui laissait un rayon de lune percer à travers le rideau. Alors qu'elle se croyait seule, elle le vit. Il était là, assis à son bureau. Il semblait occupé à fouiller dans ses papiers.
Lorsqu'il prit conscience qu'elle se trouvait dans la pièce, il leva les yeux vers elle. Des yeux d'un gris intense. Des yeux désarmants.
Il se leva, passa sa main sur sa veste de costume comme pour la lisser et se planta en face d'elle sans la lâcher du regard. Elle posa malgré elle les yeux sur sa bouche. Sa bouche mortellement sensuelle étirée en un sourire. Le sourire de Satan en personne. C'était une provocation ? Si oui, elle était très déplacée.
C'était très mal de le désirer ainsi, mais qu'importe. Elle voulait sentir ses mains la parcourir, ici et tout de suite. Les conséquences, elle y réfléchirait plus tard. Pour l'instant, elle le voulait. Ses yeux semblèrent traduire son envie puisqu'il gomma rapidement le vide qui les séparait et s'empara de sa bouche avec une ardeur bien mal contenue. Elle sentie sa main puissante remonter le long de sa cuisse et, alors qu'elle se sentait déjà défaillir...

_ Hermione ! Ton chat-serpillière a boulotté le fil de la télé !

Elle se réveilla en sursaut, trempée de sueur et totalement désorientée. Une chevelure rousse se tenait à contre-jour dans l'encadrement de la porte.

_ Ça va ? Désolée, je t'ai réveillée mais ce chat est pire que les douze plaies d'Égypte réunies !

Emprisonnée dans ses draps qui s'étaient enroulés tout autour de ses jambes, Hermione enfonça sa tête dans l'oreiller pour toute réponse. Elle sentait que ses joues étaient en feu et le regard soupçonneux de Ginny sur elle n'était pas là pour arranger les choses.

_ Tu es sûre que ça va ? On dirait que tu as couru un marathon.

Non, ça n'allait pas. Ça n'allait même pas du tout. Elle venait de faire un rêve semi-érotique avec Drago Malefoy pour personnage principal. Et elle avait aimé ça.
L'image de Céleste se matérialisa dans son esprit. Si elle venait à l'apprendre... Mais, personne n'avait à savoir et elle n'était pas assez suicidaire pour vendre la mèche.
En relevant la tête de son oreiller, Hermione risqua un coup d'œil en direction de Ginny qui la regardait comme si elle s'était mise à danser la gigue en chantant l'hymne national.

_ Tout va bien, ne t'en fais pas, j'ai seulement fait un affreux cauchemar, lui répondit-elle tout en repoussant ses draps.
_ Laisse-moi deviner, tu rêvais que ton chat-serpillière mettait l'appartement à feu et à sang ? Si c'est ça, désolée de te le dire, mais c'est la réalité...

Hermione sourit à la jeune femme. Elle avait toujours eu une légère tendance à l'exagération. Ginny haussa les épaules comme pour lui dire "je t'aurais prévenue" et tourna les talons. Tout en essayant de ne pas se remémorer son songe, Hermione se leva et se dirigea vers la salle de bain à la manière d'un mort-vivant. Elle n'avait aucune envie d'aller travailler. Pour une fois, elle n'avait même pas envie de voir Céleste, ce qui était vraiment inquiétant. Une fois prête, elle se rendit au salon où elle retrouva Ginny, la baguette pointée sur les rideaux.

_ Tu peux me dire merci, j'ai réparé la télé, le grille-pain et les rideaux, dit-elle en lançant un regard noir au chat-serpillière qui était confortablement installé sur le canapé aux côtés de Pattenrond.
_ Le grille-pain ?
_ Oui, le grille-pain. Ne me demande pas comment il s'y est pris.

Hermione jeta un coup d'oeil sévère à l'animal qui n'était pas du tout conscient d'être le sujet principal de la conversation et attrapa son sac. Encore une minute passée dans l'appartement et elle serait officiellement en retard au travail.
Après avoir souhaité une bonne journée à Ginny, elle s'empressa de sortir de l'immeuble pour transplaner à l'abri des regards.

Clac clac clac. Le bruit de ses pas rapides se répercutait sur les murs malgré le brouhaha qui régnait dans le couloir. Alors que ses doigts effleuraient la porte menant à son service, celle-ci s'ouvrit à la volée.

_ Hermionehermionehermione ! Tu ne devineras jamais qui est dans ton bureau !

Céleste lui avait littéralement sauté dessus, toutes griffes dehors.

_ Malefoy ? On est lundi matin, il n'est pas sensé travailler.
_ Non, idiote ! C'est lui ! s'écria-t-elle en lui lançant un regard appuyé.
_ D'accord... alors là, il va falloir que tu m'explique.
_ Vas-y, tu vas voir ! Dépêche-toi ! dit son amie en la poussant à moitié.

Il y avait effectivement de quoi voir. Alex, le collaborateur de Ludo Verpey, était penché sur le bureau au-dessus d'une liste d'invités et lui faisait dos.
Essayant de reprendre une contenance après avoir laissé son regard se balader sur le jeune homme, elle manifesta sa présence en toussotant légèrement. Alex tourna la tête dans sa direction et son visage séduisant s'illumina lorsqu'il la reconnue.

_ Salut, lui dit-il d'une voix suave en passant la main dans ses cheveux en bataille. Je t'attendais justement.

Il lui apprit que Cassiopée n'était pas venue travailler car elle était clouée au lit à cause d'une angine. Elle ne put s'empêcher d'en éprouver un certain soulagement.
Sans savoir exactement expliquer pourquoi, elle n'aimait pas beaucoup cette femme. Peut-être, finalement, que le portrait que lui en avait dépeint Ginny l'influençait. C'était même fortement probable.

Cassiopée avait fait son entrée dans l'équipe des Harpies de Holyhead au poste de poursuiveur en même temps que Ginny. D'après les quelques bribes d'informations qu'elle avait réussi à identifier parmi le flot d'injures qui avaient jailli de sa bouche, Cassiopée s'était comportée comme une véritable harpie, justement. Elle avait monté les joueuses les unes contre les autres et la saison s'était terminée en bouquet final lorsque la capitaine de l'équipe l'avait retrouvée dans les douches avec son petit-ami. "Une sale affaire" avait commenté Ginny en reniflant de mépris.
Finalement, elle avait été renvoyée de l'équipe sans cérémonie et avait atterri au Ministère, sans manquer de faire jouer ses connaissances, bien sûr.

La matinée passa à une vitesse incroyable. Travailler en compagnie d'Alex avait quelque chose de très agréable. Il était visiblement très compétent pour ce qui était d'organiser des soirées mondaines et était doté d'un humour détonnant, ce qui ne gâchait rien.
Elle apprit qu'il avait connu une ascension fulgurante dans le monde du Quidditch mais qu'il avait dû tout laisser tomber à cause d'une blessure au genou qui l'empêchait de jouer au niveau international. Il avait alors eu un passage à vide et s'était remis en selle grâce au soutien de ses quatre sœurs.
Elle était plutôt honteuse d'avoir jugé Alex un peu trop hâtivement. Elle s'était imaginé un personnage beau mais creux, et elle s'était bien trompée.

A l'approche de l'heure du déjeuner, Hermione repensa à Ginny et à sa requête. Elle avait complètement oublié d'en toucher un mot à Céleste. Elle la trouva complètement désemparée, les mains maculées d'encre et les cheveux en bataille comme si elle venait de faire une bataille de polochons. Apparemment, Mr Boulard la surchargeait de travail depuis l'annonce du gala et elle commençait à légèrement perdre pieds.

Quand Hermione proposa à son amie d'aller déjeuner, elle vit une lueur de soulagement traverser ses yeux. Dix minutes plus tard, elles étaient attablées autour de deux énormes salades de poulet grillé accompagnées de pain chaud.
Alors qu'Hermione avançait la main pour attraper la sauce vinaigrette, elle remarqua que Céleste la regardait avec un petit sourire malicieux.

_ Alors ? Tu le trouve comment ?

Connaissant son amie, Hermione était certaine qu'elle s'était retenue durant de longues minutes de lui poser la question qui lui brulait les lèvres.

_ Qui ça ? Alex ? demanda-t-elle en devinant parfaitement à qui Céleste faisait référence.

Il est gentil et étonnamment professionnel...

_ Rho, on s'en fiche de savoir s'il est professionnel ! Comment tu le trouves physiquement ?
_ Il est assez séduisant et il a un très beau sourire, confia-t-elle en fixant son assiette comme si elle contenait quelque chose d'absolument captivant.
_ Séduisant ? s'indigna Céleste en lâchant sa fourchette. C'est une vraie bombe atomique !
_ N'exagère pas... Bon, d'accord, il est très beau, fut-elle obligée d'admettre en voyant le regard outré que lui lançait la jeune femme.
_ Hermione, si tu ne fais pas tout pour le faire tomber fou amoureux de toi, je ne veux plus jamais t'adresser la parole, déclara Céleste en plantant son couteau dans une tomate avec solennité.
_ Je n'ai pas du tout l'impression que tu me force la main...

Elle vit les lèvres de son amie s'étirer en un sourire bienveillant. Malgré tout, elle semblait préoccupée.

_ Tout va bien ? Tu as l'air soucieuse.
_ Non, enfin oui, mais ça va.
_ C'est Malefoy ? demanda précipitamment Hermione, déjà prête à en découdre.
_ Oui, mais ce n'est pas vraiment ce que tu crois. En fait, il m'a proposé qu'on se fiance.

"En fait, il m'a proposé qu'on se fiance". Proposé qu'on se fiance. QU'ON SE FIANCE. Le choc devait se lire dans ses yeux car Céleste se mit à rire.

_ Ça t'étonnes, hein ? Tu peux me le dire, tu sais, je ne le prendrais pas mal.
_ Et bien, commença Hermione en essayant de mettre de l'ordre dans le flot de paroles qui menaçait de sortir de sa bouche sans crier gare, ça me surprend de sa part.
_ Tu pensais qu'il n'était pas amoureux de moi, n'est-ce-pas ? demanda Céleste, avec une grimace de déception.
_ Ne dis pas n'importe quoi. C'est juste que je ne pensais pas que c'était aussi sérieux entre vous, c'est tout. C'est très rapide tout ça, tu ne peux pas le nier.

La jeune femme tourna la tête vers un couple qui déjeunait deux tables plus loin. Elle aurait dû être comblée, et ça ne semblait pas être le cas.

_ Tu as raison... lâcha Céleste dans un souffle. C'est pour ça que je me sens si mal.

Enfin, elle retrouvait son amie. La vraie. La Céleste qui fuyait devant toute forme d'engagement. Non pas que c'était quelque chose de positif d'être ainsi, mais c'était le genre de réactions qu'elle avait avant de rencontrer Malefoy.

_ Et... tu vas le quitter ? l'interrogea Hermione tandis qu'un petit personnage dans sa tête se tenait déjà prêt à danser la samba.
_ Non ! Tu es folle ! s'écria son amie si fort qu'un vieux monsieur s'était détourné de sa crème brulée pour l'observer. Ce n'est pas parce que le mariage me fait peur que je vais tout plaquer. Je l'aime vraiment, tu sais. Seulement...je ne me sens pas prête à me fiancer et encore moins à me marier.

Le petit personnage dans le cerveau d'Hermione se liquéfia pour se transformer en une flaque gluante et nauséabonde. L'espace d'un instant, elle avait espéré que son amie soit débarrassée de l'influence néfaste de Malefoy et que, par la même occasion, elle-même n'aurait plus à subir sa présence continuelle. Mais, cela aurait été follement miraculeux.

_ Il m'a fait sa demande hier soir. Il m'a dit "J'aimerais beaucoup que tu y penses" et il m'a tendu la boite, lui expliqua Céleste. J'espère qu'il ne s'est pas rendu compte que je paniquais comme une malade intérieurement.
_ Et la bague, où est-elle ? l'interrogea Hermione en ne remarquant aucun nouveau bijou à son doigt.
_ Dans mon sac, confia son amie en rougissant légèrement. Je n'arrive pas à la mettre. Je crois que je vais tout lui dire ce soir. Oh, Hermione ! J'ai tellement peur qu'il le prenne mal et qu'il me laisse tomber comme une vieille chaussette !
_ Je t'en prie, arrête, la coupa-t-elle avec une voie plus sèche qu'elle ne l'avait voulu. S'il t'aime vraiment, il ne va pas te quitter pour ça, ne t'en fais pas.

Voilà que maintenant elle prêtait à Drago Malefoy de louables sentiments. C'est fou ce que l'on peut être capable de faire par amitié.

_ Au fait, en parlant de mariage...

Et elle rapporta à Céleste la demande que Ginny lui avait faite de devenir sa demoiselle d'honneur. Bien sûr, et comme Hermione s'y attendait, son amie accepta immédiatement et sembla très excitée par la réception qui s'annonçait le samedi soir.

_ Je sens que ça va être génial ! Je pourrais emmener Drago ?

Il aurait été étonnant que son nom ne soit pas remis sur le tapis. Ginny ne verrait probablement pas d'obstacle insurmontable à sa venue, mais pour ce qui était d'Harry et Ron, elle n'en était pas aussi certaine.

A vrai dire, elle avait du mal à imaginer comment Malefoy pourrait terminer la soirée sans qu'aucun petit four ne lui ait été enfoncé dans le nez par un membre de la famille Weasley. Mais, elle réfléchirait à ce problème plus tard. En attendant, elles devaient retourner au travail et c'est avec hilarité qu'elle regarda Céleste parcourir tout le chemin du retour comme si elle se rendait à la potence.

Lorsqu'Hermione pénétra dans son bureau, Alex était déjà revenu. Mais il n'était pas seul. Malefoy était là, assis à son bureau. Il épluchait la liste d'invités qu'il avait lui-même établi et rayait quelques noms ici ou là. Il portait son costume bleu nuit. Celui du rêve.

Il releva la tête vers elle et lui fit un petit signe de tête poli auquel elle répondit en essayant de garder un visage impassible. Peut-être qu'elle y parvint car il ne sembla rien remarquer d'inhabituel. Et pourtant... Dès qu'elle l'avait vu, les images de son rêve étaient revenues de plein fouet dans son esprit sans qu'elle puisse l'empêcher.
Alors qu'elle se rapprochait des deux hommes, une petite voix criarde résonnait dans sa tête "Ne rougis surtout pas, ne rougis surtout pas, ne rougis surtout pas".

Elle croisa le regard d'Alex qui lui sourit gentiment et lui fit une petite tape maladroite sur l'épaule. C'était assez adorable. Elle qui le pensait atrocement sûr de lui, elle découvrait que, finalement, c'était un garçon comme un autre : assez maladroit lorsqu'il s'agissait des filles.
Bien entendu, cela ne l'avait pas vraiment aidé à empêcher le rouge de s'étendre sur ses joues. Pas plus que le parfum de Malefoy qui lui chatouillait le nez et qui sentait diablement bon.
Pour masquer sa gêne, elle baissa les yeux sur le parchemin qu'il tenait entre les mains.

_ Tu n'as pas mis Harry et Ron sur la liste ?

Penchée au-dessus du bureau, elle venait de réaliser que les deux noms ne figuraient nulle part.

_ Tu sais bien que Tête d... enfin, Mr Boulard voudra qu'ils soient présents.
_ Pourquoi ? demanda-t-il avec un horrible petit sourire. Parce que l'un a un steak haché sur le front et l'autre a enfin acheté une maison qui ne ressemble pas à une porcherie ?

C'est à ce moment-là que le gobelet de café de Malefoy décida de quitter malencontreusement le bureau sur lequel il l'avait posé pour se renverser sur son pantalon de costume.

_ Espèce de mégère ! C'est brûlant !

Il sortit précipitamment sa baguette de la poche arrière de son pantalon et fit disparaitre toute trace de café en un clin d'œil.

_ Mais c'est qu'elle a du caractère en plus d'être belle, j'adore, commenta Alex en lui servant un sourire digne d'une publicité pour un dentifrice.
_ Un peu trop de caractère peut-être, ajouta Malefoy en lui lançant un regard noir avant de poursuivre. Quand tu seras disposée à travailler normalement, tu nous le feras savoir, Granger.

Quel crétin. Après l'avoir défié du regard de l'en empêcher, elle empoigna sa plume et ajouta les noms de ses deux amis au bas de la liste. Ce fut le seul élément notable de l'après-midi et, après cette légère anicroche, ils purent travailler dans d'assez bonnes conditions.

Malefoy continua de compléter sa liste avec l'aide d'Alex et passa quelques coups de fils dans différentes ambassades. Hermione, elle, essaya de rattraper le retard qu'elle avait pris dans le traitement du courrier reçu car, même si la priorité absolue était le gala, le monde ne s'était pas arrêté de tourner comme en attestait l'énorme pile d'enveloppes qui trônait sur son bureau.
Elle prenait soin de fuir le regard de Malefoy comme la peste et elle avait le sentiment qu'il en faisait de même. Cette ignorance mutuelle l'arrangeait beaucoup. Elle n'avait aucune envie de rêver à nouveau de lui et surtout pas dans des positions équivoques.

En parlant de regard, elle n'avait pu s'empêcher de remarquer qu'Alex n'avait cessé de lui jeter de petits coups d'œil tout au long de l'après-midi. Elle avait pourtant gardé les yeux résolument baissés sur son courrier. Elle n'y pouvait rien, elle était comme ça. Elle n'était pas vraiment du genre à encourager un homme à flirter avec elle.
Depuis qu'elle s'était vouée corps et âme à sa carrière, elle avait oublié ce que ça faisait de s'ouvrir à quelqu'un. Et d'ailleurs, elle n'éprouvait pas le besoin vital d'y remédier. Céleste lui avait souvent reproché cela et avait essayé de lui présenter plusieurs de ses amis, sans résultat. La seule chose qu'Hermione avait gagné de ces rendez-vous arrangés était un pot de marguerites à moitié fanées et un bon de réduction chez Tissard et Brodette.

Alors que l'après-midi touchait à sa fin, Mr Boulard donna le signal de départ en rentrant chez lui. Dès que sa bedaine pendante eut passé la porte, Hermione s'empressa de remettre son bureau en ordre tandis que Malefoy et Alex enfilaient leur manteau.
Alors qu'elle attrapait son sac, elle sentit une présence tout près d'elle. Alex la regardait en souriant.

_ Je me demandais si tu accepterais de venir boire un verre avec moi, dit-il tout en mettant les mains dans ses poches.

Sous le coup de la surprise, elle lâcha son sac dont le contenu s'éparpilla sur le sol. Tandis qu'Alex se penchait pour ramasser son agenda, elle plongea sous le bureau pour rassembler les quelques Mornilles qui avaient roulées jusque-là.
Lorsqu'elle refit surface, elle n'eut pas besoin de se regarder dans un miroir pour savoir que ses joues étaient devenues aussi colorées qu'un feu de signalisation.

_ Alors, ce verre ? répéta Alex en lui tendant son agenda, le sourire aux lèvres.
_ Je ne sais pas trop, répondit-elle avec maladresse tout en rangeant ses pièces. J'ai une amie chez moi et…
_ Juste un verre, Hermione.

Elle comprenait tout à fait pourquoi Céleste trouvait ce garçon charmant. Il n'était pas humainement possible de dire non face à un tel sourire.
Malefoy n'était pas encore parti. Il se tenait dans l'embrasure de la porte en attendant sûrement que Céleste termine de rassembler ses dossiers. Même s'il leur tournait le dos, Hermione était sûre qu'il avait assisté à toute la scène car il avait sur le visage un air railleur qui ne laissait aucune place au doute.

_ Oui, c'est d'accord, allons-y, dit-elle après avoir lancé un regard noir en direction de l'homme blond.

Lorsqu'ils passèrent devant lui, Hermione l'entendit émettre un petit rire dédaigneux qui ne manqua pas de l'agacer au plus haut point. Alors qu'elle suivait Alex, elle salua silencieusement Céleste d'un geste de la main auquel la jeune femme répondit par un regard plein de sous-entendus.
Alors qu'Hermione allait refermer la porte derrière elle, elle vit les lèvres de son amie former les mots « Embrasse-le ». Elle était tout bonnement incorrigible.

On n'était que le 15 novembre et, pourtant, le froid était mordant en ce début de soirée. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où Alex voulait l'amener mais, apparemment, ils n'avaient pas besoin de transplaner pour s'y rendre. Après avoir parcouru deux rues, ils arrivèrent devant une porte plutôt délabrée dont la peinture était écaillée par endroit. Était-ce vraiment là où il voulait l'amener boire un verre ? On aurait plutôt dit un coupe-gorge.
Alors qu'elle se demandait s'il ne lui faisait pas une blague, Hermione vit Alex sortir sa baguette, regarder à droite et à gauche si personne ne le voyait et dessiner une sorte de cercle sur le bois. Un léger déclic se fit entendre et la porte s'ouvrit d'elle-même.
Alex échangea avec elle un regard rassurant et lui fit signe d'entrer à sa suite. Elle s'était attendue à pénétrer dans un pub inquiétant, mais au lieu de ça elle eut la surprise de découvrir une vaste pièce à la décoration branchée.
La surprise devait se lire sur son visage car le jeune homme se mit à rire et se pencha à son oreille.

_ C'est un bar très à la mode chez les sorciers, en ce moment. Je viens ici tous les vendredis.
_ Je ne connaissais pas…
_ C'est normal, c'est une sorte de club privé. Si tu ne connais pas son existence, tu ne peux pas y entrer, lui expliqua-t-il en lui proposant de s'asseoir à une table en hauteur.

Le bar était bondé mais Hermione n'aperçut aucun visage connu. Ce lieu était assez agréable avec ses tables en plexiglas, ses fauteuils de cuir vernis et sa lumière bleutée, mais ce n'était pas vraiment le genre d'endroit qu'elle fréquentait habituellement. En fait, ce pub semblait plutôt réservé à des sorciers disposant d'un niveau de vie assez élevé et ce genre de personnes ne figurait pas dans son carnet d'adresses.

Alex parti commander des boissons et revint cinq minutes plus tard avec un verre qui semblait rempli d'hydromel et un autre rempli d'un liquide rosé et mousseux.

_ Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle en désignant le verre.
_ C'est une invention de la maison de la Bièreaubeurre au jus de cranberries, un régal. Goute, tu verras.

Elle porta le verre à ses lèvres et sentit avec ravissement le liquide délicieusement chaud et sucré descendre dans sa gorge. Ce n'est que lorsqu'elle reposa son verre qu'elle vit qu'Alex n'avait pas touché au sien et qu'il la dévorait des yeux.

_ Ne bouge pas. Tu as de la mousse…

Il approcha sa main de son visage et passa délicatement son pouce sur sa lèvre supérieure. Elle sentie son cœur s'accélérer légèrement au contact de sa peau si chaude. Cet homme était vraiment beau. Peut-être un peu trop.

_ Désolé si je te mets mal à l'aise.
_ Non, non, rassure-toi, ça va, dit-elle précipitamment en sachant pertinemment qu'elle pensait exactement le contraire.

Oui, il la mettait mal à l'aise. Mais pas dans le mauvais sens du terme. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas eu de rendez-vous galant qu'elle n'avait plus aucune idée de quoi dire et quoi faire en présence d'un homme et, en l'occurrence, d'un homme séduisant.

_ Je ne suis pas très douée pour ces choses-là, confia-t-elle en portant à nouveau le liquide à ses lèvres plus machinalement que par vraie soif.
_ Moi, je crois que tu es très douée au contraire…

A quoi faisait-il référence au juste ? Fallait-il comprendre autre chose ? Apparemment, oui car elle crut voir ses joues rosir légèrement, ce qui ne manqua pas de lui faire le même effet.

_ Tu as encore de la mousse, lui dit-il avec un sourire amusé.

Alors qu'elle s'apprêtait à l'essuyer, Alex se pencha vers elle, gommant l'espace qui les séparait et posa ses lèvres chaudes et alcoolisées sur les siennes. C'était un baiser très chaste et très doux. Le genre de baisers qu'elle échangeait avec Ron, autrefois.
Lorsqu'il rompit leur étreinte, elle n'aurait su dire si c'était la pièce qui était surchauffée ou si c'était elle qui était en train de bouillir sur place. Il lui lança un regard brillant et fit un petit sourire gêné avant de baisser les yeux sur son verre d'hydromel.

_ Je suis désolé, excuse-moi. Tu dois penser que je vais trop vite.

Oui, il allait définitivement trop vite. Mais, malgré tout, ça n'avait rien de désagréable.

_ Non, ne t'excuse pas, c'est…

Le reste de ses paroles s'étouffèrent dans sa gorge. Alors qu'elle jetait un coup d'œil rapide en direction du bar, elle venait d'apercevoir avec effroi une silhouette parfaitement familière et un visage on ne peut plus identifiable qui regardait dans leur direction.
Voyant qu'elle fixait un point derrière lui, Alex se retourna vers le comptoir.

_ Oh, mais c'est Malefoy ! Hey, viens par ici !

Si elle ne savait pas que c'était impossible, elle aurait soupçonné Alex d'être le jumeau de Céleste. C'était tout à fait le genre de situations gênantes que son amie provoquait toujours sans le vouloir.
L'homme blond, un Whisky-Pur-Feu à la main, se dirigea vers eux, visiblement à contrecœur. Il avait l'air d'assez mauvaise humeur et Hermione se rappela que Céleste devait lui annoncer le soir-même qu'elle refusait de se fiancer. Connaissant l'orgueil de Malefoy, il avait du très mal prendre et l'avait laissée en plan.

_ Viens, assis-toi ! On ne s'attendait pas à te trouver ici ! s'exclama Alex en lui tapant sur l'épaule.
_ Pour tout te dire, moi non plus.

Hermione était persuadée qu'il les avait observés pendant qu'ils s'embrassaient. Pourquoi ? Elle ne saurait réellement le dire, mais elle avait senti une légère pointe de raillerie dans sa voix lorsqu'il avait répondu à Alex.

_ Qu'est-ce qui t'amènes ici ? Pourquoi ta copine n'est pas avec toi ? lui demanda ce dernier avec autant de tact qu'un rhinocéros en train de charger.

Apparemment, Hermione avait visé juste. Le visage de Malefoy s'était légèrement assombri lorsque le nom de son amie avait été prononcé. Mais, il ne semblait pas vraiment affecté. En fait, il paraissait plus énervé qu'autre chose. Il but une longue gorgée de whisky avant de répondre.

_ J'avais besoin de boire un verre avant de rentrer chez moi.

Elle avait sûrement du lui annoncer sur le chemin du retour. Pauvre Céleste. Elle devait être dans un état pitoyable et, elle, elle était là, dans ce bar, en train de boire tranquillement un verre et de se faire bécoter. Il fallait absolument qu'elle aille la voir.

_ Je crois que je vais rentrer, dit-elle en adressant à Alex un sourire désolé. Je suis vraiment fatiguée et Ginny m'attend à la maison.
_ Oh, déjà ? demanda-t-il, visiblement déçu.
_ Ne vas pas la voir, elle va très bien.

Malefoy n'avait même pas levé les yeux de son verre d'alcool. Il avait vu parfaitement clair dans son intention de courir au chevet de Céleste. Mais s'il pensait pouvoir lui interdire d'aller lui rendre visite, c'est qu'il était encore plus stupide qu'elle le croyait.

_ Je ne vois pas de quoi tu parles.
_ Arrêtes, Granger, ne joue pas les imbéciles, lui répondit-il en faisant tourner les glaçons contenus dans son verre avec sa baguette. Je sais que tu es au courant et que tu te dis qu'elle doit être en train de se morfondre chez elle. Mais, crois-moi, elle va très bien.
_ Ça j'en doute, rétorqua-t-elle d'une voix cassante. Tu l'as quittée, n'est-ce-pas ?
_ Je n'ai pas envie d'étaler ma vie privé devant des inconnus, sans vouloir t'offenser, ajouta-il à l'adresse d'Alex qui devait sûrement beaucoup regretter d'avoir invité Malefoy à les rejoindre. Donc, on reprendra cette discussion plus tard, Granger, si tu veux bien. Ou alors même pas du tout. Ton amie se fera sûrement un plaisir de tout te raconter.
_ Si je la retrouve dans un sale état, je te promets de te le faire payer.
_ Je te le répète, elle va très bien. Crois-moi quand je te dis que tu ne la connais pas comme moi je la connais, dit-il avant de finir son verre d'un seul trait.

Hermione sentit son sang bouillir en elle. Lui, la connaitre mieux qu'elle ? C'était d'une absurdité sans nom. Elle connaissait Céleste depuis trois ans, c'est-à-dire depuis beaucoup plus longtemps que lui qui n'était qu'une vulgaire pièce rapportée.

_ Et, qu'est-ce que tu sais à son sujet que j'ignore ? demanda-t-elle avec agacement.
_ Peu importe, répondit-il en se levant précipitamment. Je vous laisse à vos occupations. A demain au Ministère.

Ils le regardèrent s'éloigner d'un pas rapide et sortir du bar sans un regard en arrière.

_ Qu'est ce qui lui prend ? s'étonna Alex.
_ Aucune idée…

Elle aurait voulu expliquer à Alex qu'essayer de comprendre la psychologie de Malefoy se révélerait absolument inutile, mais, avant qu'elle ait pu émettre le moindre son, il avait fondu sur elle et avait à nouveau emprisonné ses lèvres entrouvertes.

Le second baiser était aussi agréable que le premier. Mais plus long, plus intense. C'était une sensation assez étrange de se laisser embrasser ainsi, dans un lieu inconnu, et par une personne presque étrangère. Mais, bizarrement, Alex la mettait en confiance. Elle avait l'impression de le connaitre alors même qu'elle n'avait jamais eu de vraie conversation sérieuse avec lui, hormis pour le travail.
D'un autre côté, elle n'était pas sûre de faire ce qui était le plus raisonnable. C'était un collègue, elle ne devait pas l'oublier et se causer des problèmes au bureau ne faisait pas vraiment partie de ses plans.

Alors que le jeune homme approfondissait encore son baiser et commençait à être légèrement envahissant, l'image d'une Céleste en pleurs sembla clignoter dans le cerveau d'Hermione. Elle recula brusquement sa tête et manqua d'envoyer valser sa Bièraubeurre avec son coude.

_ Je suis vraiment, vraiment désolée, mais je dois absolument rentrer, dit-elle avec un sourire d'excuse. Mon amie Ginny m'attend à la maison et je ne l'ai pas prévenue que je rentrerais plus tard.
_ Je peux te raccompagner, si tu veux, proposa Alex, les yeux plein d'espoir.
_ Non, non, répondit-elle précipitamment. C'est très gentil de ta part mais elle doit déjà beaucoup s'inquiéter et...reste pour profiter de ta soirée. On se verra demain au travail.
_ Oh euh, bon d'accord…

Il était déçu. Cela se voyait. Mais peu importe, Ginny et Céleste étaient largement plus importante qu'un garçon qu'elle connaissait depuis seulement quelques jours. Et il ne sembla pas beaucoup lui en vouloir car il se leva pour lui déposer un baiser très chaste sur la joue.

_ A demain, jolie Hermione.

Sa bouche s'étira en un grand sourire qui l'aurait sûrement faite fondre si le spectre de l'amitié ne l'avait pas rappelée à l'ordre.
Elle se détourna de ce qui aurait probablement été une agréable soirée pour se diriger vers la sortie. Lorsqu'elle enclencha le mécanisme d'ouverture de la porte et qu'un froid glacial s'infiltra par toutes les coutures de ses vêtements, elle regretta amèrement la chaleur qui emplissait dans le bar.

La rue était déserte. Ce n'était pas un quartier de Londres très fréquenté en soirée et elle était heureuse de sentir sa baguette magique à travers la doublure de son manteau.
Alors qu'elle marchait le long de la rue afin de chercher un endroit un plus discret pour transplaner, des bruits étouffés attirèrent son attention au croisement d'une petite ruelle faiblement éclairée.

Deux hommes se battaient comme des chiffonniers. Ce n'était pas des moldus car leurs deux baguettes étaient à terre et ils en étaient sûrement venus aux poings par la force des choses ou par peur de violer le Code du secret magique.
Alors qu'elle allait faire apparaitre un Patronus pour prévenir la brigade d'intervention des aurors, elle reconnut l'un des deux hommes. Ou, du moins, elle était quasiment sûre que c'était lui. Ses cheveux blonds étaient assez reconnaissables mais l'obscurité de la ruelle était traitre. Pourtant, elle était presque certaine que c'était lui.
Il empoignait l'homme avec force et essayait de le plaquer contre le mur. Hermione le vit donner un coup de tête à l'individu et elle comprit un quart de seconde plus tard que le craquement simultané était le son qu'avait produit le nez de l'homme lorsqu'il s'était brisé.

Elle porta sa main à sa baguette, prête à les immobiliser quand un coup de poing plus fort que les autres envoya Malefoy rouler à terre. Il ne se releva pas. Gémissant de douleur, ses mains semblaient chercher quelque chose sur le sol, tâtonnant au hasard. Il cherchait sa baguette.
Sans hésiter plus longtemps, Hermione sortit la sienne et s'avança vers l'homme dont le nez laissait échapper un flot de sang. Il sembla très surpris et un peu apeuré de la voir. Elle-même n'en menait pas large.

_ Partez ! ordonna-t-elle en essayant de cacher les tremblements de sa voix. Sinon, j'appelle la brigade d'intervention et vous finirez la nuit à Azkaban.

L'homme n'avait pas l'air dangereux. D'ailleurs, son visage ne lui était pas inconnu, mais elle aurait été incapable de l'identifier. Il fit un mouvement pour récupérer sa baguette, mais se ravisa lorsqu'il vit des étincelles sortir de celle d'Hermione.

_ Laissez-moi prendre ma baguette, s'il vous plait… implora-t-il d'une voix rauque. Je veux juste rentrer chez moi.

Elle le considéra un instant. Il paraissait sincère. Et puis, même s'il tentait quelque chose, elle serait plus rapide que lui et le désarmerait avant qu'il n'essaye quoi que ce soit.

_ Allez-y, et partez.

L'homme ne se le fit pas dire deux fois. Il ramassa sa baguette et bouscula à moitié Hermione en s'enfuyant à toutes jambes tout en tenant son nez de sa main gauche.

Elle se retrouvait maintenant seule face à Malefoy qui formait une masse sombre sur le bitume glacé. Il continuait à émettre des gémissements étouffés et se tenait le ventre. Visiblement, il souffrait le martyr.

Elle pointa sa baguette sur son visage pour faire disparaitre les traces de sang. Malheureusement, c'est tout ce qu'elle pouvait faire pour lui pour le moment. Elle avait, bien sûr, toutes les potions de base pour soigner les blessures et pour calmer la douleur chez elle, mais elle ne voyait pas comment elle pouvait faire pour soulever Malefoy toute seule s'il restait ainsi prostré. Un sortilège de lévitation aurait été bien pratique mais c'était un sort plutôt risqué à jeter dans une rue du côté moldu de Londres.
Ou alors, elle pouvait appeler des médicomages de Ste Mangouste. Oui, c'était une bien meilleure idée.

_ Spero Patronum !

Sa loutre argentée apparue. Il fallait qu'elle fasse vite si elle se faisait repérer par un moldu en train de faire de la magie, elle pourrait s'attirer de gros ennuis. D'ailleurs, ce n'était pas non plus le sort le plus discret qui soit. Avant qu'elle ne réfléchisse à employer un autre moyen de communication, Malefoy remua plus fortement et parla d'une voix enrouée entre deux râles de douleur.

_ N'appelles personne… Si tu fais ça, je… humpf, je perdrais mon travail…
_ Quoi ? Pourquoi ? Tu ne peux pas rester là ! dit-elle sans comprendre.
_ C'était le…chef du bureau des…aurors.

L'information mit quelques secondes à faire le tour de son cerveau. Pourquoi s'était-il battu avec un haut-responsable du Ministère ? Était-ce pour cela qu'il avait quitté le bar si précipitamment ?

_ Attends, je ne saisis pas tout là. Il va forcément te dénoncer dès ce soir, ou dès demain matin si tu as de la chance alors, ça ne change rien si je préviens Ste Mangouste, dit-elle tout en faisant disparaitre sa loutre argentée. Tu as besoin de soins et je suis incapable de te ramener toute seule.
_ Il ne me dénoncera pas… Je sais des…choses sur lui, lâcha-t-il avant de pousser un grognement.

Cela changeait beaucoup de choses. Si elle prévenait les médicomages, ils feraient sûrement le lien avec l'agression du directeur du bureau des aurors qui devait déjà être à Ste Mangouste depuis plusieurs minutes. Même si elle ne portait pas Malefoy dans son cœur, elle n'avait pas envie d'avoir son arrestation sur la conscience.
Et si elle prévenait Céleste ? Non, mauvaise idée. Déjà qu'elle était en train de devenir elle-même la complice d'une agression sur un haut dignitaire, elle n'avait aucune envie que son amie soit mêlée à ça. Résignée, elle se pencha et saisi le bras de Malefoy pour le passer par-dessus son épaule.

_ Je te jure que si j'ai des ennuis par ta faute, tu risques de te faire achever par certains de mes amis…
_ Si tu parles de…Potter et Weasley, me voilà…rassuré... parvint-il à rétorquer en se tenant toujours le ventre de la main droite.
_ Si tu arrives encore à faire de l'humour, j'imagine que tu peux aussi essayer de te mettre debout, répliqua Hermione en le prenant sous l'épaule droite pour l'aider à se relever.

Il poussa un grognement audible et parvint finalement à se redresser. Il ne tenait pas beaucoup sur ses jambes et il fallait donc qu'elle se dépêche de transplaner avant qu'il ne s'effondre à nouveau.

_ Je vais te donner l'adresse de mon…appartement... Aïe, fais attention !

Elle avait légèrement faibli sous son poids et avait failli le lâcher en entendant ce qu'il venait de lui dire.
Il était hors de question qu'elle se rende chez Malefoy. Déjà que le ramener chez elle n'avait rien d'enthousiasmant, si en plus elle allait chez lui, elle se sentirait mal vis-à-vis de Céleste. Même s'il y avait prescription en raison de la situation rocambolesque, elle connaissait assez bien la jeune femme pour savoir qu'elle ne comprendrait pas.

_Non, tu viens chez moi.

Et, sans lui laisser le temps de répliquer, elle transplana, Malefoy toujours agrippé à elle.


Oui, il m'arrive d'être légèrement sadique sur les bords...