Bonjour!

Je vous présente mes sincères excuses pour ce retard inacceptable. Il faut que je reconnaisse l'évidence : mes études en classe prépa ortho ne me laissent décidément pas suffisamment de temps pour écrire, contrairement à 'année passée lorsque j'étais à la fac.

De ce fait, je vous propose de revoir ma fréquence de publication à la baisse. Ainsi, vous aurez toujours une date précise de publication. Pas besoin d'attendre un chapitre qui ne viendra que plus tard comme ça.
Je pense que passer à 1 chapitre par mois est une bonne idée. J'aurais le temps d'écrire puis de travailler chaque chapitre. Dites moi ce que vous en pensez. Y a t-il une date précise que vous préférez? Plutôt début ou fin de mois?

Sur ce, je vous laisses à la lecture. J'espère que ce chapitre vous plaira.

Mélodie : je suis désolée, mais je n'arrive pas à faire une Leah méchante dans ce chapitre! Mais ça viendra!

Merci beaucoup pour vos reviews du dernier chapitre. Maintenant que l'écriture de cette fiction me prend du temps au détriment de mes études, j'apprécie encore plus votre soutiens.

Bonne lecture!


Le début des problèmes

« Leah ! »

En soupirant, je me penchais à la fenêtre. Avisant Jacob, qui faisait le pied de grue dans mon jardin, je soupirai encore une fois.

« Aller, je viens te sortir de ta grotte. Je vais voir Renesmée, accompagnes moi. »
Je le fixais jusqu'à ce qu'il se trémousse sur place, histoire qu'il comprenne que sa proposition ne me tentait pas du tout.
Malheureusement ma mère vint gâcher mon plaisir.
« Ha Jacob ! Rentre donc ! Je suis contente de te voir, ça faisait longtemps. », l'appela-t-elle pour lui offrir un café.

Je descendais l'escalier, tout en râlant. J'allais encore passer l'après-midi chez les sangsues. En effet, l'imprégnation poussait inexorablement mon alpha vers la maison des Cullens, même s'il ne s'y sentait pas vraiment à l'aise.
Il cherchait donc toujours à être accompagné. Seth le faisait avec plaisir, mais il était parfois absent. Comme aujourd'hui.
Les deux autres membres de la meute, Quil et Embry, n'avaient aucun lien avec les Cullens, et évitaient de les rencontrer. Et Jacob ne voulais forcer personne.

Il savait cependant, que je ne le laissais jamais seul. Et je m' étais habitué aux sangsues depuis notre cohabitation forcée.

« C'est bon maman, on y va de toute manière », la coupai-je en voyant qu'elle s'apprêtait à sortir tout un tas de gâteaux.
Elle était heureuse que l'on soit rentré à la réserve, mon frère et moi. Et elle faisait tout pour que mon envie de repartir soit inexistante.

« À la prochaine Sue, et dites bonjour à Charlie de ma part ! » s'exclama Jake, ponctuant sa phrase d'un geste de la main alors qu'il me suivait.

Ah oui.

Charlie. Il était aussi l'une des causes des attentions de mère. Elle entretenait une relation avec le chérif. Il était aussi, pour mon plus grand malheur, le père d'Isabella. Ce qui faisait presque de moi sa demi-sœur. Berk…

Je savais qu'elle s'en voulait de me lier plus fortement encore avec les sangsues. Puisque le chef Swan gardait contact avec sa fille tout en entrainant ma mère chez les sangsues. Et ça me faisait flipper, bien que je sois à chaque fois présente lors de ces rendez-vous.

Malgré cela, j'étais heureuse de la voir avec un homme, et Charlie était sympa, si l'on ne tenait pas compte de sa descendance. La mort de papa datait, et la voir sourire comme une jeune fille amoureuse, prendre soin d'elle dans le but de plaire à nouveau n'avait pas de prix.
C'était Jacob qui avait d'ailleurs permit l'émergence de leurs sentiments.

Quand les Cullens avaient parlé de partir, pour que l'état de Bella et de Renesmée ne trahissent pas leur secret, Jacob avait pris peur : il ne pouvait être séparé de son imprégnée. Mais il ne pouvait pas non plus quitter sa meute.

Il était alors resté enfermé chez lui durant toute une journée. Je l'avais ensuite vu se précipiter en direction de Forks.

Inquiets, Seth et moi l'avions attendu chez les sangsues, puisqu'il y revenait toujours pour l'hybride. Là, nous avions appris par Alice qu'il avait expliqué notre nature à Charlie. Il avait tenu au shérif tout un discours à propos du changement qui avait eu lieux chez sa propre file, puis l'avait emmené direction les Cullens.
Les Cullens avaient acceptés la situation car mon alpha n'avait rien dévoilé à propos de l'existence des vampires. Il avait seulement parlé des loups, et avait dit au shérif que sa fille avait changé, point barre.

Charlie avait eu un sacré courage, et n'avait pas cherché à poser de questions. Il était, bien sûr, tombé sous le charme de sa petite-fille. Depuis il venait souvent, prendre des nouvelles, ou passer du temps avec Nessie et Bella.
Et comme ma mère était au courant de notre situation, il avait demandé dans un premier lieu à ce qu'elle l'accompagne, pour le rassurer, même s'il n'avait jamais voulu l'avouer. Depuis, ils ne se quittaient plus.

Je tirais Jacob par le bras, mécontente qu'il soit venu me chercher alors que j'étais tranquillement posée dans ma chambre.

« Je ne t'ai même pas encore demandé ce que je voulais », dit-il en se tournant vers moi, une fois que la maison eut disparu de son champ de vision.

Je le lâchais et m'éloignais, sortant du village de la réserve pour me diriger vers les bois.

« Pas besoin, je sais bien ce que tu viens chercher. Tu ne viens que pour cela de toutes façon », lui répondis-je hargneuse. C'était vrai, il passait tout son temps chez les Cullens, et ne parlait à sa meute, dont moi, que pour savoir si quelqu'un pouvait l' accompagner là-bas.

Alors qu'il ouvrait la bouche pour répondre, surpris, je le coupais.

« C'est bon Jacob. Je ne pige rien à tes histoires d'imprégnation ok ? Mais j'accepte. » Je grimaçais bien malgré moi en prononçant ce dernier mot.
« Juste, reconnais-le. J'apprécie d'être ton second, mais c'est moi qui tiens le rôle d'alpha ces temps-ci. Sauf que e n'ai pas ta voix de grand méchant loup. Et tu sais bien que Quil et Embry rechignent à m'obéir. ».

Je me tu, tandis qu'il m'observait avec intention. Bon, puisque nous parlions enfin, autant tout lui dire. Je respirais un bon coup et continuais. Je parlais doucement, réfléchissant aux mots que je prononçais pour ne pas le blesser. Ce n'était pas mon but.

« Tu sais, nous devons encore faire des rondes. Bien sûr, Il y a la meute de Sam, mais on ne peut pas leur laisser tout le boulot. Il y a des sangsues partout, tu le sais. C'est juste que depuis ton imprégnation tu sembles l'avoir oublié. On dirait que tu vis sur ton nuage…
Non, non c'est pas un reproche », m'exclamai-je pour le rassurer quand je le vis baisser la tête comme un enfant que l'on punit. Ça me faisait vraiment bizarre de devoir prendre des pincettes avec lui. Je n'avais pas l'habitude. Normalement, je gueulais quand quelque chose n'allait pas.

« C'est juste que…. Bon c'est normal que tu passes du temps avec Renesmée… Mais juste essaye de tempérer ok ? Voilà c'est tout… Bon écoute, tu sais que je ne suis pas douée pour ça, ok ? On arrête là, réfléchis-y. »

Je me raclais la gorge, gênée à l'extrême.

« Bon bah on y va ? » le questionnais-je. Sans attendre sa réponse, je m'éloignais pour muter après avoir enlevé mes vêtements.

Il me rejoignit presqu'immédiatement, et je pus voir dans son esprit qu'il analysait la situation et culpabilisait. Comme il s'en voulait d'avoir négligé son devoir d'alpha !

- Désolé.

- Pas de problème Jake.

Il comprenait ce que j'avais essayé maladroitement de lui dire. Et je sentais qu'il se reprenait, réussissant à mettre Nessie dans un coin bien gardé de son esprit, reprenant contact avec son environnement.

Je savais que c'était un comportement normal. Enfin, c'était en tout cas ce qu'il s'était passé à chaque imprégnation. Le loup oubliait le monde extérieur, trop subjugué par son imprégnée, jusqu'à ce qu'on le pousse à se souvenir du reste. Ça pouvait être plus ou moins violent.
Voilà pourquoi j'avais espéré que Jake sortirait de lui-même de cet état de béatitude. Je ne voulais pas lui faire de mal.

Je me rappelais de l'imprégnation de Jared. Sam avait dû le frapper, fort, pour qu'il arrête de ne voir que Kim. La réaction du loup ne s'était pas fait attendre, et s'en était suivi une brève bataille, Jared vite mit à terre par la voix d'alpha.
Heureusement, il suffisait généralement d'un ordre alpha pour que le loup imprégné reprenne pied dans la réalité. Le problème était que Jacob était l'alpha.

Seul Sam n'avait pas été sujet à ce phénomène. En tout cas, bien moins que les autres. Peut-être parce qu'il avait été le premier loup… Le plus fort et le plus beau…

Un hurlement me fit sortir de ma rêverie. Je tournais la tête pour voir Jake assit au sol, la tête relevée, dans une position qui criait son rôle dans la meute. Un sourire s'étira sur ma face de louve.

Mon alpha était là de nouveau.

Juste après, les voix de chaque loup de notre meute résonnait dans notre esprit.

- Ha salut Jacob. Content de te revoir parmi nous, le taquina Embry.
- Mouais
, bougonna ledit alpha. Bon les mecs, maintient on reprend depuis le départ. Seth et Embry, en patrouille, allez là où la meute de Sam n'est pas passée aujourd'hui ! Quil reste avec claire, mais demain, tu reprends du service. Avec Leah, on va voir Nessie.

Je sentais bien que les garçons étaient déçus de ne plus avoir la liberté de faire ce que bon leur semblait. Mais ils étaient bien plus soulagés de voir notre alpha reprendre sa fonction !

- Bon on y va, ou pas ?, me demanda Jacob, tout content.

J'acquiesçais et le suivit en trottinant. À peine avions nous mit une patte dans le jardin des sangsues, qu'une furie rousse se jeta sur Jacob. Je reculais d'un pas en grommelant.
- Sale gamine, ronchonnai-je, même si personne à par Jacob ne pouvait me comprendre.

« Leah ! » me salua Nessie, tout en restant férocement agrippée aux poils épais du loup roux.
Je lui répondis d'un signe de tête, et je me dirigeais vers la maison. Lorsque j'entrais, Esmée m'accueillit chaleureusement comme à son habitude, Rosalie m'ignora royalement alors que Jasper et Alice, tranquillement installés sur le canapé du salon me firent un signe de la main. Le docteur devait être au boulot, et les heureux parents en train de forniquer joyeusement dans leur cabane au fond des bois, pour changer.

Je me dirigeais sur mes quatre pattes dans mon coin. Oui, parce que vu le nombre de fois où je venais – plutôt où Jacob me trainait-, Esmée avait décidé de me faire « mon coin », comme elle disait. Je savais qu'il s'agissait d'une de ses idées pour me faire venir plus souvent.
Elle m'aimait bien, comme presque toute sa famille. Je ne savais pas vraiment pourquoi, puisque lorsque j'étais avec eux, je ne parlais que rarement, n'étais pas agréable et passais mon temps à les observer impoliment.

Parfois, je restais en louve, parfois non. Ça les amusait. Moi je me sentais plus en sécurité. Bon soyons honnête, je me sentais de toute manière en sécurité, peut-importe ma forme. Non, je restais sous forme animale lorsque je voulais être tranquille. Ils n'essayaient jamais de faire la conversation ainsi. Et mystérieusement, ils en étaient amusés.
Je crois qu'ils aimaient avoir réussi à faire en sorte que je ne les déteste plus…

Je me laissais tomber sur les gros cousins qui étaient placés contre le mur à mon attention, et posais ma tête sur mes pattes avant.

Blondie soupira et je ricanais, faisant tressauter mon corps poilu. Ma présence l'indisposait. Surtout lorsque je restais sous ma forme animale, car mon odeur était alors bien plus forte. De mon côté, je pouvais aussi les sentir avec plus de précision, mais voir sa tête dégoutée valait bien ce sacrifice.

Je lui jetais un rapide coup d'œil, sans bouger la tête. Elle lisait, assise gracieusement sur le canapé.
Je secouais un peu ma queue, créant un courant d'air qui, je l'espérais, l'atteindrait. Elle fronça délicatement le nez.

Je m'amusais comme une folle, alors que les autres faisaient semblant de ne rien voir.

- Un jour, elle te bouffera, et tu l'auras cherché, me dit Jacob,qui partageait encore mes pensées.
- Qu'elle essaie,
répliquais-je. J'arrêtais toutefois mes mouvements, et me calmais.
- Je vais avec Nessie et Bella en forêt. A tout à l'heure.
- Attends Jacob ! Tu abuses ! Tu me demandes de venir, et tu te casses en me laissant seule avec toutes ces sangsues !,
m'exclamais-je en me relevant d'un coup, sous les regards à peine surpris de la famille vampire.

Il ne me répondit pas.

« Mais il sait bien que ça ne te dérange pas tant que ça. »

Je sursautais légèrement suite à la première parole échangée à voix haute depuis que j'étais couchée sur mes coussins.

Edward forcement. Maintenant que sa femme était partie avec sa gamine et Jake, il n'avait plus rien à faire. Je ne supportais pas qu'il fouille dans ma tête. C'était déjà suffisamment énervant de partager mon esprit avec mes frères de meute, mais si une sangsue s'y mettait aussi….

Je refusais clairement d'avouer qu'il n'avait peut-être pas tout à fait tort. Mais il n'avait pas raison pour autant !

Je fis donc comme si je n'avais rien entendu, me recouchais, et gigotais pour me retrouver dos à eux.
Enfin, je pensais sciemment à tout ce que j'aurais pu faire de bien plus intéressant en ce moment.

Il rigola, puis sorti, accompagné de blondie et de Jasper.

Quand Jacob revint enfin, nous partîmes. Il m'expliqua qu'ils avaient croisé une sangsue lors de leur promenade. Elle appartenait apparemment à une famille amie avec les Cullens, mais elle s'était enfuie en voyant Nessie. Les Cullens étaient partis à sa recherche, après qu'Alice ait vu qu'elle voulait voir une espèce de roi des sangsues.
D'après Edward, leur amie avait dû confondre Nessie avec une enfant immortelle, ce qui était apparemment interdit par leur loi.

J'ignorais que les sangsue avaient des lois….

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Cela faisait maintenant une semaine que l'épisode de la sangsue avait eu lieu. Les Cullens semblaient légèrement inquiets, pour peu qu'on les observe avec beaucoup d'attention. J'espérais juste qu'ils n'allaient pas encore nous mettre dans une fâcheuse situation, comme ils en avaient l'habitude.

Je m'étirais, roulant sur mon lit. Jacob m'avait dispensée de ronde cette nuit, et j'en avais profité pour me reposer.
En effet la meute de Sam patrouillait hier soir, et nous évitions de nous retrouver sous forme animale face à eux. Nos relations n'étaient pas très bonnes. Voir même mauvaise.

Chaque meute essayait d'ignorer l'autre. Mais Sam et les autres nous en voulaient beaucoup. D'après eux, c'était de notre faute si la meute s'était divisée, et si l'on ne pouvait plus être un groupe unis comme avant.

Seth, Quil et Embry étaient relativement épargnés. Jugés soit trop jeune, soit trop loyal, Jacob et moi étions responsables de leur embrigadement. Personnellement je le vivais plutôt bien. Même si j'aurais forcement préféré avoir de bonnes relations avec eux.
Surtout avec Sam. Mais à chaque fois qu'il me manquait trop, je me rappelais comment il nous avait attaqués sans regret. Même si je l'aimais encore, au moins étais-je consciente qu'il n'était qu'un salaud. Et cette fois, rien à voir avec l'imprégnation.
Je souffrais toujours, mais bien moins qu'avant quand j'espérais encore après lui. Et puis, je ne le voyais plus avec Emily, puisque l'on ne se côtoyait rarement, et jamais chez eux. C'était mieux.

« Leah, je vais voir Charlie ! », hurla ma mère depuis le salon. « Tu pourras étendre le linge s'il te plait ? Bisous ».

J'attendis que le claquement de la porte résonne dans la maison maintenant vide pour m'extirper difficilement de mon lit.
L'automne était maintenant bien avancé, et les températures avaient chutée. Même si le froid ne me faisait pas, à strictement parler, d'effet, je préférais malgré tout la chaleur de mon lit à la froideur de la pièce.

Après ma toilette, je sortis pour étendre le linge, comme la fille bien attentionnée que j'étais. Comme ma mère passait plus de temps chez Charlie, j'avais, de mon côté, plus à faire à la maison. Je ne m'en plaignais pas, puisque je devais de toute manière m'occuper durant la journée.
Je ne faisais rien, à part mon travail de louve bien sûr. Mais comme les rapports avec l'autre meute n'étaient pas au beau fixe, ça me prenait moins de temps puisque nous patrouillons chacun notre tours.

Secrètement, je faisais en parallèle des recherches d'appartements à louer et d'offres d'emplois loin d'ici. Je voulais toujours partir. Tant pis si Jacob ne m'accompagnait pas. Il était juste plus difficile de m'y préparer.

En effet, presque chaque nuit, lorsque je savais en tout cas qu'aucun loup de ma meute n'était transformé, je mutais puis essayais de sortir de cette influence qu'avait l'alpha.
Je m'étais aussi beaucoup renseignée sur l'organisation d'une meute et les conditions de vie des vrais loups.
Je me disais que nous devions avoir des gènes en commun, et qu'alors nous vivions et réagissions peut-être de la même manière. J'aurais voulue être un oméga. Mais je ne savais pas si cela était possible…

Une fois mon travail fini, je décidais d'aller faire quelques courses à la superette de la réserve. J'avais remarqué qu'il ne restait plus grand chose dans le frigo. Il faut dire que puisque ma mère y allait moins souvent, et que notre appétit de loup n'avait pas diminué en parallèles, nous épuisions vites les réserves. Enfin, surtout moi, puisque je refusais de manger chez les sangsues, même quand mon frère y prenait ses repas.

Je n'aimais pas sortir acheter de quoi manger moi-même cependant. Car lorsque nous avions suivi Jacob, les anciens avaient parlé d'une fugue aux membres de la tribu qui avaient remarqués notre disparition, à Jacob, Seth et moi.

Depuis que nous étions revenus, nous fixait avec un air réprobateur. Quels enfants honteux nous étions, pour avoir abandonné notre mère ! Et cela avait contribué à relancer les chuchotis sur mon passage, alors qu'ils s'étaient atténués depuis l'épisode avec Sam et Emily.

D'ailleurs, il fallait reconnaitre que c'était surtout à cause d'elle que je rechignais à aller à la superette. Elle avait toujours essayé de se faire pardonner lorsque je faisais partie de la meute de Sam. Lorsque nous étions alors tous ensemble une famille, quoi que j'aie pu en penser à l'époque. Mais depuis que nous avions été bannis à cause de notre rébellion contre notre alpha, elle semblait éprouver une culpabilité encore plus grande.

Je l'évitais. De toute façon je n'avais rien à lui dire. Et si je savais qu'elle n'avait rien avoir avec les derniers évènements, je refusais de lui pardonner pour Sam. En fait je voulais simplement l'oublier…

J'entrai dans le magasin, saluant les caissières. J'étais obligée de prendre un de ces encombrants chariots, car il aurait était suspect que je puisse porter sans difficultés toute la nourriture qu'il me fallait acheter. J'étais au rayon légume, lorsque j'aperçus Emily. Elle vint vers moi alors que je l'ignorais.
Elle se trémoussait, mal à l'aise, triturant ses mains.

« Salut, Leah », commença-t-elle.

Je lui tournais le dos, l'ignorant totalement, et fis mine de choisir les plus belles tomates.

Elle continua malgré ma réaction.

« Je voulais te dire… enfin, te demander plutôt. Vous ne voulez pas venir, les garçons et toi au feu de camps ce soir ? »

Sidérée, je me retournais d'un coup et la fixait. Si vite qu'elle en sursauta. Lentement, froidement, en détachant chaque syllabe, je lui répondis.

« Je ne crois pas que l'on soit attendu. On fait plus parti de votre meute. On n'a plus rien à voir ensemble. ».

Elle s'acharna.
« Oui, oui, je sais bien. Mais… enfin je pense qu'on pourrait essayer non ? Deux meutes doivent pouvoir vivre ensemble. On pourrait peut-être faire une soirée tous ensemble, ou un après-midi à la falaise, comme avant non ? ».
Elle était nerveuse, et son regard se posait partout, sauf sur moi.

Je n'en revenais pas. Elle n'était pas là pour me supplier une fois de plus de la pardonner. Elle voulait simplement que nos meutes se rassemblent.

Soudain, suspicieuse, je l'interrogeais.

« C'est Sam qui le veut ? »

Elle pâli soudain, et secouant la tête elle bafouilla.

« Hum. Heu. Oui. Enfin, non. Pas encore mais… mais il sera d'accord ! », s'exclama t'elle, me suppliant presque. Je l'observais et la vis telle qu'elle était, pour une fois, sans que la rancœur n'obscurcisse mon jugement. Elle ressemblait à ces mères qui perdent leur enfant. Ou bien à Esmée quand des disputes violentes éclataient chez les sangsues.

Je me rendis compte qu'elle avait, elle aussi, certainement beaucoup souffert de la division de notre meute. Elle s'était toujours considérée comme la mère des loups. Jacob, qu'elle adorait, s'était enfui, défiant son petit ami. Puis Seth et moi l'avions rejoint. Et maintenant elle perdait en plus Embry et Quil.

J'imaginais bien que l'ambiance devait être tendue chez eux, lors des repas traditionnels de la meute après chaque patrouille. Le faisaient t-ils toujours d'ailleurs ? Moi aussi, je regrettais ce temps-là. Après tout, ils restaient mes frères, même si nous avions désormais pris des chemins différents.

J'eus pitié d'elle. Je voulu la prendre dans mes bras, comme lorsque nous étions jeune, afin de la rassurer, comme elle l'avait fait si souvent pour moi à une autres époque.
Un sourire attendri étira les lèvres : Emily avait toujours été trop sensible pour son propre bien. Elle ne supportait pas que les gens qu'elle aimait se querellent.

Je lui pris la main, espérant la réconforter. Je senti alors quelque chose de froid sous mes doigts. Intriguée, baissant la tête, je fixais sa main.

Ou plutôt son doigt. L'annulaire.

Je la lâchais soudain, comme brulée et elle eut un hoquet de surprise face à ma réaction.

J'avais oublié durant un instant. Mais l'anneau qui enserrait son doigt me fit l'effet d'un coup de poing : il n'était pas là avant que la meute ne soit dissoute. Je songeais immédiatement à sa signification. Je la regardais, horrifié, alors que son regard se brouillait.

Le cœur battant la chamade, je lâchais mon sac de tomates, alors que j'avais l'impression que j'allais vomir.

« Tu… tu… il veut… » Je bafouillais, paralysée.
« Leah, laisses moi t'expliquer. Tu sais que l'impr… »
« La ferme ! Ne me parles pas de cette fichue… ce connard de coup de foudre !», Je la coupais dans sa phrase, me reprenant de justesse, alors que tout le monde nous observait. Avant qu'elle ne réponde, je la poussais violemment. Elle vacilla et tomba au sol.

« Je te hais », lui lançai-je, pleine de rage.

Comme Jacob lorsqu'il avait reçu l'invitation au mariage de Bella et Edward quelques mois plus tôt, je m'enfuis et me transformais sitôt les premiers arbres atteints.

Je voulais m'éloigner, être seule.

Je courus, sans m'arrêter, passant près de la maison Cullen. Leur odeur m'atteignit, avec celle de Jacob, et je redoublais mon allure.

Mon alpha filait le parfait amour avec l'hybride. Même les sangsues étaient heureuses.

Le monde était mal fait.