Note de la traductrice: merci à Stephenie Meyer de nous laisser le droit de s'amuser avec les personnages de sa saga Twilight, et merci à Amethyst Jackson de m'avoir donné cette sympathique fiction à traduire.

Et bien sûr, un gros merci à vous toutes qui prenez le temps de lire cette histoire, et en particulier à celles d'entre vous qui m'ont laissé des reviews. Vos commentaires me font toujours autant plaisir et réchauffent mon cœur en ce début de janvier assez frisquet.

Et sans plus attendre, voici le dernier chapitre avant que la relation entre Bella et Edward ne change du tout au tout.

Bonne lecture.

Chapitre 14: retenue

BPOV

Je savais que la pendaison de crémaillère chez Alice et Jasper allait être difficile à supporter. Dans une autre vie, Alice avait déjà su comment organiser une fête divertissante, mais ce soir elle jouait les Betty Crocker ou quelque chose comme ça. Martha Stewart, peut-être. Enfin bref, les déesses du foyer de manière générale. Alice avait travaillé tellement fort pour que la fête soit parfaite, que nous étions maintenant rendus en juin. Cela faisait deux mois qu'elle et Jasper habitaient ensemble.

Pour sa soirée, elle avait décidé de nous faire jouer à Pictionary. Or, il se trouve que je détestais ce foutu jeu – principalement parce que j'étais archi nulle en dessin.

J'étais debout devant le tableau. À part moi-même, mon équipe était composée d'Alice, de Charles, l'homme qui m'accompagnait, et d'Emmett, le nouveau papa. Edward avait eu la chance de ne pas se retrouver coincé avec moi quand les équipes avaient été formées. Il était avec Rosalie – qui incidemment avait déjà retrouvé sa taille de guêpe si peu de temps après avoir eu son bébé – Jasper et Makenna, la fille qu'il avait amenée avec lui. Il fallait que je me retienne pour ne pas leur envoyer le marqueur effaçable à sec par la tête.

« C'est un singe! » S'écria Jasper, ce qui me fit lever les yeux au plafond.

J'essayais de dessiner un bébé, mais visiblement je n'y parvenais pas très bien.

« Se comporter comme un singe. Attends, ce serait plutôt faire le singe, » poursuivit Jasper.

« C'est un bébé, » dit sèchement Rosalie. On aurait dit qu'elle allait mourir d'ennui. Je pointai vers elle pour signaler que j'étais réellement en train de représenter un bébé.

« La planète des singes! » Persista Jasper, faisant des gestes exagérés au risque de renverser la bière qu'il tenait dans sa main.

« Elle vient de dire que c'est un bébé, crétin, » grogna Edward. « Que penserais-tu de La planète des andouilles? »

« Ça ne ressemble pas à un bébé, » se plaignit Jasper en se renfonçant dans son fauteuil, l'air boudeur.

Je commençai à dessiner une bouche pour aller avec mon gribouillage – parler bébé. Comment diable étais-je censée illustrer une expression comme celle-là?

« Wow, quelle grande gueule! » Ricana Edward. Ses yeux étaient remplis d'amusement. Qu'il rigole à mes frais ne me dérangeait pas, mais je ne l'aurais pas pris de la même manière s'il s'était agi de n'importe qui d'autre. « Mick Jagger quand il était bébé? »

« C'est qui ça, Mick Jagger? » Demanda la fille qu'Edward fréquentait.

Seigneur, je n'étais même pas certaine qu'elle ait l'âge légal pour boire de l'alcool*. J'aurais voulu utiliser mon crayon pour la poignarder. Où Edward dénichait-il ses conquêtes? À la sortie des maternelles?

« Je te le dirai plus tard, » marmonna-t-il, clairement embarrassé pour elle.

« Bébé singe! » Déclara Jasper, avançant sur son siège comme s'il venait d'avoir une illumination.

« T'as pas encore fini avec tes histoires de singes? » Lui lança Edward, exaspéré.

« Léger comme le souffle d'un bébé? » Suggéra Rose, toujours aussi renfrognée.

« Le bébé de Rosemary, » proposa Edward en adressant un sourire en coin à Rosalie.

Elle lui renvoya la balle. « Embrasse le bébé. »

« Ooooh, bébé, bébé. »

« Bouche de bébé poisson, bouche de bébé poisson! » S'égosilla Japser, avec tellement de triomphe et de conviction que je faillis lui dire qu'il avait deviné correctement seulement pour voir la réaction des autres.

Edward et Rosalie le fixèrent avec incrédulité.

« Il ne reste plus que quinze secondes, » réussit à articuler Emmett entre deux fous rires.

« Bébé boum. »

« Bébé… »

« Bon sang, dessine un truc qui ressemble à quelque chose, » se plaignit Jasper.

Je lui jetai un regard furieux et continuai à dessiner des flèches qui sortaient de la bouche sur le tableau.

« Bébé, s'il te plaît, reviens à la maison. »

« Bébé qui régurgite? L'exorcisme de bébé? »

« Oui monsieur, c'est mon bébé, » offrit Rosalie, à bout de patience.

« Non monsieur, vous vous trompez, » railla Edward pour compléter la rime.

Ses lèvres remontèrent lorsqu'il tenta de demeurer sérieux.

« Eh ben voilà, » déclara Emmett. « Votre temps est écoulé. »

Je laissai tomber mes bras en signe de soulagement et de défaite.

« Parler bébé, » leur dis-je.

« Oh! » S'exclama Edward en secouant la tête. « D'accord, ça a du sens quand on y pense. »

« Parler bébé? » Répéta Jasper, perplexe. « Qu'est-ce que ça veut dire? Ce n'est pas une expression consacrée. »

Edward roula des yeux. « Parce qu'évidemment bouche de bébé poisson, tout le monde connaît ça, je suppose? Je ne vais plus jamais te choisir pour faire partie de mon équipe. »

« Le score final, » annonça Emmett. « Notre équipe 110, votre équipe 60. »

« Putain de merde! » Maugréa Jasper. Il n'acceptait pas très bien la défaite.

« Merci mon Dieu, c'est enfin fini, » marmonna Rosalie en envoyant ses cheveux blonds derrière ses épaules.

« C'était vachement marrant! » Répliqua Alice, indignée.

Mon compagnon vint me rejoindre pendant que tous les invités se mélangeaient à nouveau. « Je ne sais pas dessiner, » soupirai-je, mal à l'aise et embarrassée.

« Non, non, » réfuta Charles en secouant la tête. « C'est un bébé, et il est visiblement en train de parler. Tu es merveilleuse. »

Je souris à contrecoeur, sachant qu'il mentait et ne me sentant pas en état de prendre des éloges que je ne méritais pas. Je savais qu'il disait ça juste pour être dans mes bonnes grâces, et je ne lui rendais pas la tâche facile, mais avait-il besoin d'être toujours à mes pieds à m'aduler comme si j'étais une déesse de l'Olympe? Quel ringard!

« Qui veut du café? » Demanda Alice d'une voix sonore. Tous les invités passèrent leur commande.

« Je vais t'aider, » dis-je, contente d'avoir une excuse pour m'éloigner de Charles durant quelques minutes.

Alors qu'Alice et moi nous dirigions vers la cuisine, Makenna s'avança vers nous. « Où est la salle de bain? » Demanda-t-elle à Alice.

« Dans le corridor, la première porte à gauche, » lui répondit mon amie en pointant la direction indiquée.

Je regardai Makenna embrasser Edward sur la joue en se rendant au petit coin et je serrai les poings afin de ne pas perdre mon calme. Il y avait une partie de moi qui criait que cette fille ne convenait pas du tout à Edward, et la partie de moi qui ne se mentait pas à elle-même faisait remarquer que je ne voulais voir Edward avec personne d'autre que moi.

Une fois dans la cuisine, Alice mit la cafetière en marche. C'était une de ces machines ridicules qui ne pouvaient pas produire une tasse de café normale, mais qui par contre pouvaient préparer quelques uns des mélanges les plus complexes que Starbucks ait jamais inventés.

« Ne trouves-tu pas que Makenna est un peu jeune pour Edward? » Demandai-je à Alice, l'air de ne pas y toucher.

Elle pouffa. « Un peu jeune? Je sais qu'elle est majeure, mais leur différence d'âge devrait quand même être passible d'une peine quelconque, si tu veux mon avis. Cependant, je dois admettre qu'elle a accompli pas mal de trucs pour son âge… »

« Qu'est-ce qu'elle a accompli? Elle fait du parfum, » ronchonnai-je.

« Heu, ouais, du parfum. Cinq cent flacons par semaine, » répliqua Alice.

« Attends une minute… » Je me retournai vers Alice, bouche bée. « Tu veux dire que Makenna est la conceptrice d'Eau de Makenna? Ce jus prétentieux qu'ils vaporisent sur moi chaque fois que je mets les pieds chez Macy's? »

« La seule et unique, » approuva-t-elle. « Ça pue un max ce parfum, pas vrai? Je n'en achète pas. Et je ne vois pas non plus pourquoi elle ne pouvait pas trouver un nom plus original pour son produit. »

Alice appuya sur une série de boutons et sa cafetière se mit en marche. Qu'elle sache comment faire fonctionner une machine aussi sophistiquée m'impressionnait. Jasper devait y être pour quelque chose… Elle se tourna à nouveau vers moi. « Alors, il a l'air cool ton Charles. »

« Ouais, il est pas mal, » dis-je en fixant le plancher afin qu'elle ne voie pas mon expression désenchantée.

Quelle honte de savoir qu'il n'arriverait jamais à la cheville de l'homme que je voulais vraiment.

ooo

EPOV

« Jasper, quand donc avais-tu l'intention de me montrer la couverture de ton nouveau livre? » Questionnai-je, aucunement mal à l'aise d'interrompre une conversation entre lui et Charles à propos du dessin de Bella qui se voulait un bébé mais qui ressemblait à un singe.

Je ne m'intéressais pas réellement au plus récent bouquin que mon ami était sur le point de publier; je voulais juste le prendre en aparté pour lui demander s'il connaissait des détails sur ce dénommé Charles. À mon avis, ce type était plus gluant qu'une sangsue.

« Tout de suite si tu veux. J'en ai un exemplaire dans mon étude, » dit-il en se levant pour me montrer le chemin.

Il n'avait pas l'air contrit de laisser son interlocuteur en plan pour acquiescer à ma demande. Je le suivis le long du couloir jusqu'à l'une des chambres qu'il avait converti en bureau/bibliothèque.

« Ton étude? Ça fait pas un peu pédant, ça, Jazz? » Le narguai-je.

« Ferme-la, Edward! J'ai travaillé très fort pour être en mesure d'appeler cette pièce mon étude! Figure-toi qu'Alice voulait la transformer en garde-robe supplémentaire. »

« Quoi? La chambre au complet? » Je regardai autour de moi; la pièce dans laquelle nous nous trouvions était presque aussi vaste que la salle de séjour.

« Parfaitement, la chambre au complet. Cette femme est insensée, mais je serai damné si je ne l'aime pas justement pour ça. »

Je lui souris de toutes mes dents. « Tu es insensé, Jazz, mais vous deux ensemble ça fonctionne très bien. »

« Alors… Makenna semble… heu, une chic fille, » commenta Jasper tout en s'installant confortablement dans la chaise pivotante en cuir brun foncé derrière sa table de travail en bois de merisier.

Je hochai la tête. « Elle a un charme certain, je suppose, » répondis-je évasivement.

Je n'avais pas envie de parler d'elle en ce moment. En vérité, elle était un peu idiote et beaucoup trop jeune pour moi. Je l'avais amenée seulement parce que je savais que Bella allait venir avec quelqu'un.

« Que penses-tu de Charles? » Demandai-je à Jasper en tripotant un presse-papier.

« Il a l'air bien de sa personne. Tu devrais lui parler, d'ailleurs. Apprendre à le connaître, » suggéra-t-il, ses yeux bleu glacier éclairés par une lueur de perspicacité qui laissait clairement entendre qu'il voyait exactement où je voulais en venir.

Il n'allait pas en dire plus, alors je lui fis savoir le fond de ma pensée. « Il est trop flagorneur pour que j'aie envie de lui parler directement, » marmonnai-je. « De toute façon, pourquoi Bella fréquente-t-elle un gars qui s'appelle Charles, hein? Ça ne fait pas un peu bizarre, considérant que son propre père s'appelle Charlie? »

« Ouais, c'est un peu étrange, » dit-il en penchant la tête subtilement, « mais ce n'est pas un défaut de caractère. »

« Ne ruine pas mon plaisir, Jasper, » grognai-je. « Je veux détester ce type. »

Jasper rit de bon cœur, sa mine songeuse se changeant en sourire. « C'est bon, déteste le mec. Essaye juste de te retenir quand tu es dans la même pièce que lui, d'accord? »

Je soupirai et souris en retour. « Je vais faire de mon mieux. »

*Aux États-Unis, l'âge légal pour pouvoir boire de l'alcool est 21 ans et dans certains états, pour pouvoir acheter des cigarettes il faut avoir 19 ans.

Fleur, merci pour ta collaboration et nos échanges de fous rires.

Milk

ps: je me suis bien marrée en traduisant ce chapitre.