Merci pour vos reviews, voici la suite :)


Le Docteur Ogden était partie depuis quelques minutes déjà. William s'était assis à la table au fond de la chambre et il mangeait tranquillement quelques biscuits qu'il avait laissé la veille sous le regard de son supérieur.

-Bon alors, on fait quoi maintenant? Demanda Brakenreid après quelques temps passés en silence.

-C'était votre plan Monsieur, répondit William, c'est à vous de me le dire.

Thomas soupira et se laissa tomber sur le lit avant de sentir un tissu effleurer son genou. Il baissa les yeux vers celui-ci et le prit entre les doigts, sentant les fines dentelles sous sa peau. Lorsqu'il vit ce qu'il tenait, son visage vira au rouge écarlate et il le lâcha aussitôt en lançant un regard à William.

-Elle vous a laissé un souvenir en tout cas, grommela-t-il en un murmure.

William sourit timidement pourtant avec gêne pour se lever et prendre le dessous de son épouse entre ses doigts avant de le glisser entre ses affaires.

-Quoiqu'il en soit, reprit William avec sérieux, il faut régler cette affaire rapidement. Je ne veux pas que Julia soit encore en danger et...

-Et vu le numéro qu'elle vous a fait, vous avez hâte de la retrouver, ajouta Thomas avec un clin d'œil, ça se voit que vous n'avez pas beaucoup dormi, ajouta-t-il avant que William n'ait le temps de répondre, et je doute que vous ayez joué aux dominos. Vous êtes un homme Murdoch, je comprends, mais ce n'était pas malin. Si Parker ou un de ses hommes de main vous avez vu...

-Dites-le à Julia, coupa William, c'est elle qui est venue me retrouver ici.

-Je doute que vous ayez fait grand chose pour la repousser, répondit Brakenreid.

William se racla la gorge et sans ajouter un mot, il se dirigea vers la salle de bain pour se raser.

-Il faut que George garde un œil sur elle, lança-t-il de la pièce adjacente, davantage qu'avant car je ne serais plus là pour la surveiller à présent. Elle est du même avis que vous, que c'est bien trop dangereux et elle ne souhaite plus me voir avant la fin de cette affaire. Je compte sur lui pour la protéger et je souhaiterai aussi une copie du dossier en complet et...

-Vous l'avez déjà Murdoch, soupira Brakenreid.

Celui-ci réapparut à la porte de la chambre, de la mousse à raser plein le visage.

-Oui mais je crois qu'il me manque quelque chose, vous m'avez dit que Parker a quitté la ville il y a des semaines déjà mais cela ne colle pas. J'ai étudié les entrées des paquebots de la compagnie toutes ces dernières semaines. Il manque une cargaison et un bateau n'est pas entré au port de Toronto. Il faut effectuer une fouille des entrepôts des docks.

-Vous n'êtes pas sérieux? Vous voyez un peu le nombre d'entrepôts qu'il y a sur les docks?

-Avez-vous une meilleure idée?

Brakenreid resta silencieux quelques instants et William s'éclipsa alors dans la salle de bains pour revenir quelques minutes plus tard parfaitement rasé de près et sa chemise fermée.

-Il est temps que cette affaire ce termine Monsieur, soupira William, nous devons arrêter Parker, une bonne fois pour toute.


La jeune femme avait rapidement quitté l'hôtel où elle avait passé la nuit pour faire quelques pas dans la rue encore déserte à cette heure aussi matinale. Elle avait le cœur léger, elle était en paix, comme elle ne l'avait plus été depuis bien longtemps. Elle savourait la brise qui caressait sa peau et un immense sourire se dessinait sur son visage. William était vivant et malgré tout le mal qu'il lui avait fait, c'était tout ce qui comptait. Elle avait passé la nuit dans les bras de l'homme qu'elle aimait, elle s'était réveillée auprès de lui. Elle avait senti ses baisers et ses caresses pendant des heures, elle avait senti son cœur battre contre le sien, son souffle tiède dans ses cheveux, elle avait entendu ses mots d'amour qu'il lui murmurait toujours au creux de l'oreille. Elle l'avait regardé pendant de longues minutes, avant de l'embrasser et de se blottir dans ses bras, là où elle était en paix et heureuse. Tout ceci avait été une réalité et non un rêve douloureux en remarquant qu'elle se trouvait seule dans leur lit. Julia savourait cet instant de bonheur, même si elle savait qu'il allait lui manquer, que les semaines seraient dures et longues jusqu'à son retour sans pouvoir le revoir. Mais elle savait qu'il était vivant et qu'il y avait encore un espoir de le retrouver. Elle savait que même s'ils se trouvaient séparés pendant des mois, des années, des centaines de kilomètres, rien ne pouvait faire taire l'amour qu'ils se portaient l'un à l'autre. Ils étaient vivants et rien n'était plus important que cela à ses yeux.

Julia marchait tranquillement sur le trottoir lorsqu'un homme vêtu de noir la heurta violemment. Elle vacilla quelques instants et la main puissante de l'inconnu la rattrapa de justesse avant qu'elle ne tombe.

-Oh veuillez m'excuser Madame, dit-il d'un voix grave avec un éclair de malice dans les yeux.

Julia se glaça d'effroi l'espace d'une seconde en croisa son regard mais pourtant elle lui sourit poliment en s'éloignant.

-Ce n'est rien Monsieur, répondit-elle timidement, je ne regardais pas où je mettais les pieds.

-Il n'y a que l'amour qui puisse rendre une femme aussi distraite.

-Oh non je...hum, bonne journée, bredouilla Julia en souriant avant de s'éloigner.

-Bonne journée Madame, répondit doucement l'inconnu avant qu'un rictus ne glisse sur ses lèvres et qu'il ne la regarde s'éloigner jusqu'au moment où elle disparue au coin de la rue.


L'entrepôt était sombre malgré le soleil brillant à l'extérieur. Il était midi, mais pourtant, seules les bougies dispersées sur une simple table en bois illuminaient les alentours. Un homme d'âge mur s'y trouvait assis, comptant des billets en souriant lorsqu'un autre approcha de lui en souriant. Cet homme qui avait heurté Julia un peu plus tôt dans la journée.

-Alberto, murmura l'homme assit, que me vaut l'honneur de ta visite?

-Une nouvelle intéressante Monsieur Parker, dit-il de sa voix grave.

Il lui fit signe de s'asseoir en face de lui et il s'exécuta avant de retirer son chapeau et de lever les yeux vers lui.

-Du nouveau de Chicago?

-Non Monsieur, le paquebot est parti il y a trois jours mais les transmissions sont coupées jusqu'à son arrivée à Toronto. C'est une autre affaire qui m'amène.

-Je t'écoute.

-C'est à propos de l'Inspecteur Murdoch.

-Il est mort depuis longtemps.

-J'ai suivis sa femme pendant des jours et je ...

-Je n'ai pas le temps pour ça, lança le plus âgé des hommes en se levant, éliminer Murdoch était dans mes plans, il est enterré et sa femme ne m'intéresse plus en rien à présent.

-Il est en vie.

L'homme se tourna vers lui et leva un sourcil vers le plafond avant de s'approcher et de s'asseoir sur le bord de la table.

-Comment le sais-tu?

-Sa femme, je continuais de garder un œil sur elle, comme vous me l'aviez demandé de le faire encore quelque temps.

-Et qu'as-tu découverts?

-Elle a passé la nuit dans un hôtel et j'y ai vu entrer un agent de police après elle, qui en est sorti quelques minutes plus tard, ce matin l'Inspecteur Brakenreid en a fait de même et la femme de Murdoch a quitté les lieux juste ensuite, heureuse si vous voyez ce que je veux dire. A moins qu'elle ait un amant, je crois qu'elle a retrouvé son mari. Et il y avait un homme qui lui tournait autour, il ne ressemble en rien à Murdoch, mais je l'ai vu plusieurs fois avec son supérieur.

-Je crois comprendre, grommela l'homme en riant doucement, il faut croire que Murdoch est encore bien vivant malgré son "état".

-Qu'est-ce qu'on fait?

-Ce qui était prévu, on s'occupe du dernier chargement en provenance de Chicago et ensuite on va donner un petite leçon à Murdoch. Nous allons le forcer à sortir de son trou et nous allons lui faire regretter ce petit jeu. Garde un œil sur sa femme, elle voudra le rejoindre à nouveau. Si elle quitte la ville suis là et assure toi qu'elle ne revienne pas.

-Je la tue?

-Non voyons, je ne suis pas un monstre, dit-il en s'éloignant, assure-toi de la garder en vie, que Murdoch ai de quoi souffrir et qu'on puisse faire des affaires avec lui. Je crois que nous allons jouer un peu Alberto, ajouta-t-il en lui adressant un clin d'œil.

Le jeune homme ne répondit pas et sourit largement à son tour, regardant son patron quitter les lieux d'un pas lent mais déterminé.


à suivre...