Chapitre 14 – Longue vie à Mrs Margareth Thornton!
« Margareth ! Margareth ! Ton ami Mr Higgins, il… Il est là, il … il t'attend sur le perron, dois-je le faire rentrer cousine ?
-Oui oui, fais-le rentrer Edith, j'arrive, Anne termine une babiole pour moi, mais qu'il entre!
-Miss Hale, vous êtes sublime !
-Merci Nicholas, je ne vois pas Mary, elle n'est pas avec vous ?
-Non, elle nous attend avec les enfants Boucher à l'église comme c'était prévu avec votre tante je crois bien.
-Souhaitez-vous un petit rafraichissement Nicholas ?
-Non je vous remercie Miss Margareth…
- Bien et bien je crois que tout est prêt, nous pouvons nous mettre en route alors. Anne avez-vous mon bouquet ?
-Oui Miss Hale, je l'ai terminé, cela vous conviendra-t-il ?
-Parfait c'est exactement ce que j'imaginais, Tante Shaw, je serai la dernière à quitter cette maison, vous devez donc tous vous mettre en route, allez hâtez-vous sinon nous ne serons jamais à l'heure ! »
Personne ne voulait contredire la future mariée dont l'état de nervosité était à son paroxysme. Dixon organisa les départs : les Lennox prendraient une voiture avec tante Shaw et Dixon, Edith serait seule avec Margareth et Nicholas dans la seconde voiture. Margareth laissait ses amis prendre les devants, elle voulut prendre le temps de saluer cette maison, elle y avait vécu toutes sortes d'émotion : du rire aux larmes, de la joie de retrouver son frère à la mortification de perdre sa mère, puis d'apprendre le décès de son père par Mr Bell. La bâtisse était le symbole d'une époque révolue pour la jeune fille, mais qu'elle ne voulait pas nécessairement oublier. Il lui avait fallu toutes ces épreuves pour dire adieu à son enfance, elle désirait profiter des derniers instants de solitude à hanter ces lieux, car cette maison qu'elle avait trouvé si lugubre à son arrivée à Milton et avait fini par devenir sa demeure.
Nicholas aida Margareth à monter, Edith était déjà tout installée et la voiture n'attendait que la future mariée pour démarrer. Jamais Margareth n'avait vu son ami Nicholas si élégant, il était peigné, rasé de près et semblait très fier d'être aux côtés de ces deux dames de cet attelage. Le trajet se passa dans le calme, Edith ne semblait pas être très à l'aise auprès de Nicholas et ne dit mot, mais Margareth n'y prêta pas attention, elle préférait regarder depuis la voiture cette maison qui s'éloignait, et fit tout son possible pour ne pas déjà se laisser submerger par l'émotion. Elle serrait fortement le bouquet entre ses mains, triturant avec une certaine nervosité le médaillon envoyé par son frère, elle avait décidé de laisser derrière elle ses douloureux souvenirs pour se focaliser sur l'avenir. Elle reviendrait dans cette demeure en tant que femme mariée, elle n'avait pas encore d'idée précise de ce qu'il pouvait advenir de ce lieu puisqu'elle habiterait à Thornton House avec John, mais elle avait déjà quelques théories en tête qu'il lui tardait d'échanger avec lui.
La jeune fille put sentir l'agitation ambiante dès l'arrêt de la voiture, et discerna même les petits cris des enfants Boucher qui devaient lui servir de cortège. Mary prit le temps de désigner une place bien précise à chaque enfant et le plus jeune ayant spécialement été choisi pour porter le coussin qui détiendrait sous peu les alliances des futurs époux. Quand Margareth descendit de la voiture aidée de Nicholas, tout était en place, Tous les invités avaient déjà été placé astucieusement par Tante Shaw et Mrs Thornton, le parvis de l'église était désert mais avait été très simplement décoré, Margareth nota notamment une arche florale de roses jaunes qui rehaussait l'élégance du tympan de l'édifice. A part les enfants Boucher, Nicholas, Edith et son mari, il ne restait que Mary à qui Margareth indiqua rapidement qu'elle pouvait rejoindre l'assemblée à l'intérieur et avertir l'organiste qu'il pouvait commencer à jouer le premier morceau sélectionné.
John avait fait son entrée quelques minutes auparavant au bras de sa très fière mère Mrs Thornton, et il attendait patiemment aux côtés de son ami William sa fiancée qui se faisait désirer. « Ne t'inquiètes pas John, elle va venir » ! lui lança son ami comme pour le détendre. Il avait bien vu son ami se raidir à force d'attendre sa promise.
«Margareth, on se retrouve à l'intérieur ma chère » ! dit en cœur Edith et son époux du côté du parvis. Elle prit néanmoins le temps d'étreindre un instant sa cousine, on aurait presque pu apercevoir quelques discrètes larmes qui perlaient le long de son visage de porcelaine, mais elle ne s'attarda pas plus. Sholto offrit aimablement son bras à son épouse, et tout deux prirent la direction de la nef centrale et disparurent dans l'édifice à la cadence de la musique.
-Miss Margareth, vous êtes prête ? dit Nicholas.
-Et bien, je ne sais pas si l'on peut l'être vraiment, mais je pense que je ne peux plus reculer…
-Techniquement parlant, oui, mais je voudrais pas que Mr Thornton m'accuse d'avoir apporté mon cerveau avec moi et de vous mettre de mauvaises idées en tête.
-Nicholas, je ne vois pas trop où vous voulez en venir mais je crois que John sait bien que je n'ai pas besoin de vous pour être « originale » je dirai!
-La musique a commencé Miss Margareth, je crois que c'est à nous maintenant.
-Effectivement, j'entends déjà la marche nuptiale venir jusqu'à nous.» Margareth l'apprendrait plus tard, mais cette musique avait donné beaucoup de fil à retordre à l'organiste de la paroisse qui n'était pas habitué travailler des airs de Wagner à Milton, d'habitude les choix des couples étaient relativement plus simples, mais Tante Shaw avait décidé que tout devait être de la dernière mode londonienne pour la célébration, et Margareth avait fini par lui accorder ce petit caprice.
Nicholas offrit son bras à son amie, et tous deux prirent la direction de l'église, suivis par les enfants Boucher, l'un envoyait des fleurs sur leur passage, trois autres tenaient la traine de la future mariée. Margareth sentait déjà quelques larmes arriver, mais elle fut forte et rien ne sortit, elle se contentait de marcher en se tenant bien droite comme on le lui avait si bien appris à Londres. Elle put voir que tout le monde n'avait d'yeux que pour elle, souvent elle se tournait vers Nicholas qui la rassurait de son regard bienveillant. Elle parcourut de la tête l'assemblée par politesse à qui elle offrit ses plus radieux sourires : elle aperçut la fidèle Dixon, Mary, ses amies d'Hellstone, ainsi que sa tante, etc puis elle le vit Lui. Si elle ne devait pas continuer de marcher pour que la cérémonie ne commence, elle aurait certainement marqué un temps d'arrêt. Il était si beau dans son complet, et quelle prestance. Elle vit en un coup d'œil qu'il s'agissait d'un costume neuf, jamais il n'avait été si charismatique. Lui n'avait eu d'yeux que pour elle dès qu'elle fit son entrée au bras de Higgins, personne n'aurait pu l'empêcher d'admirer sa promise pendant ses précieuses minutes, même William s'était tu pendant la longue remontée de la nef de Margareth. Il n'avait eu aucun doute des sentiments de son vieil ami pour Margareth, et en cet instant précis il n'en avait plus non plus à l'encontre de la jeune fille.
Nicholas vint déposer la future mariée au bras de son promis, s'inclina respectueusement vers Margareth ainsi que vers John puis il rejoint sa fille qui était placée au côté des invités de la famille de Margareth, les enfants Boucher prirent grand soin de déposer délicatement la traîne de Margareth et rejoignirent à leur tour Mary, il n'y eut que le petit dernier qui restait au côté du couple et de leur témoins. Le vicaire de Milton demanda alors à l'assemblée de se lever, puis commença la cérémonie. Margareth regardait John de temps à autre, et lui, faisait de même avec un léger sourire qui venait illuminer son visage. Le jeune couple ne devait pas se rappeler dans le détail le fastidieux monologue dicté par l'homme d'Eglise, quelques notions de « famille », « d'amour », de « respect » venaient émailler le discours du vieil homme, mais peu dans l'assemblée prenaient réellement le temps d'écouter et de retenir les précieux conseils qu'il souhaitait donner. On avait failli perdre le petit porteur d'alliance à plusieurs reprises, et Margareth émue par ce petit bonhomme qui essayait de se tenir bien droit lui proposa une chaise.
L'échange des consentements fut un grand moment pour le couple : le Oui très ému de la jeune fille – dont le son n'avait pas du dépasser le deuxième rang des ouailles- tranchait d'avec la profonde voix de baryton de John qui résonna pendant un long moment dans l'église. Personne ne vit qu'en cet instant la fière Mrs Thornton était en larmes, discrètes certes, mais bien réelles et cette fois-ci, elle ne cherchait pas à les cacher. Le pasteur indiquait par un regard au jeune Boucher de se lever et de se rapprocher du couple pour leur tendre le coussin et les alliances. John prit la main de Margareth et lui passa la bague, il déposa par la suite un chaste et délicat baiser sur la main puis Margareth fit de même pour John. Après avoir reçu la bénédiction du vicaire, John se hasarda à embrasser tendrement Margareth puis le couple fit face à leurs invités qui les ovationnaient. L'ensemble du cortège se leva pour attendre sur le parvis le tout nouveau couple à célébrer, chacun put lancer du riz sur les jeunes gens qui se prêtaient volontiers au jeu, puis chacun alla saluer ses invités de son côté avant de se remettre en route pour Thornton House. Comme il s'agissait d'une voiture couverte, les deux amoureux purent se relâcher et en profitèrent pour se rapprocher.
« Alors, comment vous sentez-vous Mrs Thornton ?
-Et bien, très Mr Thornton, et vous-même ?
-Et bien pendant l'espace d'un instant Mrs Thornton, j'ai bien cru que vous ne viendriez plus, je n'en pouvais plus de vous attendre... D'habitude les demoiselles sont plus ponctuelles dirons-nous, lui souria-t-il.
-Désolée de vous avoir fait attendre, mais il me semblait qu'il existait un adage disant que: plus on attendait, meilleur était le résultat, est-ce une idée fausse ?
-Décidemment, vous n'avez jamais tort Margareth !
-Cessons nos babillages enfantins, voulez-vous… Tout à l'heure j'ai bien cru que personne n'avait entendu mon consentement, je dois vous avouer…
-Ne vous inquiétez pas, le plus important est que moi je l'ai entendu, et il était très sincère… Puis-je vous embrasser à présent ma chère épouse ?
-Je ne pense pas que vous devriez me demander la permission surtout en ce jour, je suis votre épouse comme vous l'avez dit à juste titre… ».
Margareth ferma ses yeux, et sentit John se rapprocher d'elle langoureusement, il prit son menton dans une de ses mains pour lui relever le visage puis vint l'embrasser, délicatement tout d'abord, puis succombant à leur désir mutuel, le chaste baiser devint plus fougueux et plus intense. Margareth sentit alors pour la première fois la langue de John venir effleurer délicatement la sienne; au départ gênée, elle fut dans un second temps charmée par cette nouvelle sensation et passa ses bras autour de la nuque de son époux, lui signifiant ainsi son accord pour poursuivre ce délicieux échange. Ils se séparèrent à regret lorsque la voiture s'arrêta devant l'usine. Mr et Mrs Thornton furent accueillis par Nicholas et derrière lui, par l'ensemble des ouvriers de l'usine.
« Mr Thornton… Mrs Thrornton, au nom de l'ensemble des ouvriers de la Marlborough Mills, nous vous adressons tous nos vœux de bonheur, et toutes nos félicitations ! dit Nicholas.
-Margareth, laissez-moi vous présenter…
-Votre nouveau contremaître je pense, souriait la nouvelle mariée.
-Mais... Mais comment le saviez-vous, il n'y avait que quelques personnes dans la confidence…
-Je suis perspicace, mais c'est William qui m'a mis sur la piste de Nicholas !
-Il faudra décidément que je touche deux mots à mon ami, je vous en prie ma chère, allez au buffet, il est en votre honneur.
-En notre honneur, John, c'est aussi pour vous tout ceci. »
Margareth et John saluèrent ainsi la foule et donnèrent le départ du buffet. John avait accordé une pause spéciale pour l'ensemble de ses ouvriers pour l'occasion, et le buffet avait été préparé avec soin par Mary et les deux autres aide-cuisinières. Quantité d'ouvriers chuchotaient au passage de la nouvelle Mrs Thornton, la plupart savaient qu'au contact de l'ancienne Miss Hale, Mr Thornton était devenu plus conciliant et semblait nettement plus humain, même la douairière semblait également s'être assagie à son contact. Beaucoup de choses avaient changé au sein de l'usine, le travail en lui-même restait très dur, surtout pour les plus jeunes enfants, mais il y avait de nettes améliorations dans les conditions de travail. Margareth essaya de saluer chaque ouvrier qu'elle croisa, mais garda une attention particulière pour les plus jeunes enfants et les ouvrières. Mary lui proposa sans cesse des petites bouchées à manger et par politesse Margareth en accepta quelques unes au plus grand plaisir de John, qui l'observait discrètement, lui étant très occupé à recevoir les félicitations de certains de ces ouvriers.
Margareth vint trouver Nicolas qui était en train de se désaltérer auprès de quelques autres ouvriers.
« Alors Nicholas, il me semble que des félicitations sont de rigueur également pour vous !
-Et oui, mais c'est Mr Thornton que je dois remercier pour cette promotion.
-Vous le méritez j'en suis sûre, vous êtes un bon ouvrier, j'en était convaincue et je ne m'étais pas trompée. Je suis très heureuse que John ait pu réviser son jugement vous concernant. J'imagine que Mary et les enfants sont ravis également pour vous.
-Oui, surtout, que grâce à cette promotion nous pourrons sans doute quitter Frances Street pour trouver un logement moins vétuste et mieux isolé pour les enfants Boucher.
-Bien c'est une bonne chose pour les petits, n'hésitez pas à venir me voir si vous avez des difficultés à trouver un nouveau logement, je verrai ce que je peux faire.
-Bien Mrs Margareth, je veux dire Mrs Thornton.
-Je vous en prie Nicholas, entre nous point de conventions sociales, tout comme avec Mary d'ailleurs, je n'ai pas changé, alors je ne vois pas pourquoi vous ne pourriez plus m'appeler par mon prénom.
-En public à la Marlborough Mills vous serez tout de même Mrs Thornton.
-Très bien Mr Higgins, je dois vous laisser, nous sommes maintenant attendus à Thornton House par nos invités, puis-je vous confier une mission à vous et Mary ?
-Allez-y, je vous écoute.
-Pourriez-vous vous assurer que l'ensemble du buffet soit réparti équitablement pour chaque ouvrier, je paierai les heures supplémentaires qu'il en coutera à Mary et ses camarades pour le partage et le nettoyage des tables.
-Très bien, je lui dirai, mais je pense qu'elle n'acceptera un paiement supplémentaire.
-Nous verrons, nous verrons, dites-lui que c'est Mrs Thornton qui le demande !
(…)
-Margareth ?
-Oui John ?
-Nous devons y aller, nous sommes attendus à Thornton House, la voiture peut nous y conduire, nous y seront en quelques instants. Nos invités y sont déjà arrivés, Dixon a veillé à les accueillir avec Anne et ils se sont déjà tous rafraichis et délassés.
-Très bien, j'arrive dans un instant !
-Nicholas, je vous souhaite une très bonne journée et je vous dis à bientôt, encore une fois toutes nos félicitations pour vos nouvelles responsabilités, j'espère que vous parviendrez à épauler mon époux pour le décharger un peu.
-J'essaierais Margareth, je vous le promets. Bonne célébration à vous ! »
Margareth et John reprirent place dans la voiture et le trajet qui devait durer quelques instants s'éternisa plus de 20 minutes à cause d'une parade de forains itinérants qui passait par là dans les rues de Milton. Au plus grand plaisir de Margareth, la voiture était au point mort, ce qui n'enchantait guère John qui commençait à s'impatienter sa femme elle, trouvait au contraire charmante l'agitation de la rue et elle taquina son mari sur son manque de spontanéité tandis qu'une tête passa par la fenêtre de la voiture :
« La bonne aventure mes bons amis ? La bonne aventure ? Voulez-vous savoir ce que votre avenir vous réserve ?
-Ouh ! Vous m'avez fait bien peur, et bien, dit Margareth, pourquoi pas… John qu'en pensez-vous ?
-Je ne suis pas sûr, je ne suis pas trop adepte de la divination, ceci manque de vraisemblance pour moi…
-Donnez-moi juste une pièce et je vous dirai votre bonne fortune M'dme ! Donnez-moi votre main. Voilà, alors, je vois, je vois un bonheur immense pour vous deux. Je vois une longue vie de bonheur, je vois, attendez…
-Et bien quoi ? Que voyez-vous ? dit Margareth impatiente…
-Elle voit qu'il lui faut certainement une autre pièce susurra-t-il à l'oreille de sa femme.
-Balivernes ! dit Margareth.
-Vous aurez une bonne et longue vie Mdme, reprit la vielle voyante, une vie heureuse, vos malheurs sont loin derrières vous M'dme, vous êtes une bonne âme… »
On entendit alors la voix du cocher : « Msieur Thornton, la rue est dégagée, pouvons-nous repartir ?
-Oui, dit autoritairement John, nous partons ! Allez, rejoignez les autres forains vieille femme.
-Cette femme était extraordinaire John, vous avez entendu tout ce qu'elle a dit… ?
-Pures fantaisies Margareth, je vous vois dans une voiture habillée d'une robe de mariée, qu'en déduis-je ? Que vous êtes au comble du bonheur… Comme tout le monde vous avez au votre lot de malheur, ses paroles auront juste eu un peu plus de sens pour vous. Mais ne doutez pas une seule seconde qu'elle n'a dit que ce que vous souhaitiez entendre à cet instant précis, il n'y a rien de sorcier dans l'art de la divination. Je prends un exemple : je vois, je vois que ce soir vous allez passer une soirée inoubliable en compagnie de tous vos amis et de votre famille. Alors qu'en dites-vous ?
-Je dis que vous n'êtes pas encore prêt pour une reconversion en mage ! »
Un fugace baiser vint mettre fin à ce dialogue incongru et la voiture s'arrêta devant le perron de Thornton House. Les invités étaient déjà rentrés depuis quelques minutes, certains s'étaient changés et attendaient patiemment le couple dans le salon. Margareth préféra conserver sa robe, Anne vint lui enlever son voile et lui fit un rapide ourlet ainsi qu'une pince pour lui permettre de raccourcir sa traine et Margareth put ainsi la prendre dans sa main. Rapidement les invités passèrent dans le salon principal, où un rapide buffet avait été dressé grâce au talent de la cuisinière de la famille Thornton, épaulée pour l'occasion par Anne et Dixon. Margareth ne toucha qu'à peu de chose, nouée par l'émotion encore présente, et déjà rassasiée par le buffet donné à l'usine en son honneur quelques minutes auparavant.
« Je t'assure Dixon que j'ai déjà avalé toute sortes de sandwichs et bouchées à la Marlborough Mills il y a quelques instants, John peut en témoigner au besoin. Mais ne t'inquiètes pas, je vais très bien.
-Je peux en témoigner Dixon, Mary a presque forcé Margareth à se nourrir à son corps défendant tout à l'heure, elle a avalé au moins trois bouchées différentes, elle a bien fait honneur au buffet.
-Très bien, mais je veille ! Il vous faudra reprendre des forces Miss… Je veux dire Mrs Thornton sinon vous ne tiendrez pas le bal, votre cousine à l'air bien décidé à ne pas se coucher de sitôt et elle espère bien qu'après ce petit buffet vous la rejoindrez rapidement !
Toute l'assemblée attendait le couple de la journée pou démarrer officiellement le bal, et plus encore Edith qui trépignait de pouvoir commencer à danser enfin après s'être si longuement préparé le maint-même. Sa patience allait bientôt être récompensée.
« Margareth, dit Sholto, je ne suis pas sûr de pouvoir contenir mon épouse encore longtemps, si vous et John voulez bien vous donner la peine d'entamer le bal… Je vous en remercierai à tout jamais !
(…)
