3x12
Pour les changements de garde robe et les métamorphoses.
*pov Murphy*
"Poussez vous, poussez vous bande de nases...
J'agite mes bras devant moi, ces lambins réagissent à peine... va falloir que je réfléchisse à les faire s'activer.
Les Z parqués ne s'approchent pas de la clôture de ce côté de l'enceinte. Mais ils se précipitent tous à l'opposé, vers l'extérieur.
Elle est là.
Je le sens.
Ils la sentent.
"DEGAGEZ BORDEL ! ne puis je m'empêcher de toner.
Ils me saoulent tous ces sales hybrides, à me grouiller autour, à jamais me lâcher... vivement la nuit... j'en peux plus depuis des jours, des semaines.
"Calmos, M...
- Oh putain ! T'es là... ! m'écris je à haute voix, m'approchant du portique en bois.
- C'est ça mon lapin...
- Me chauffe pas Y/n... passant ma langue sur mes lèvres, cherchant du regard au dessus du sas plein de Z.
Ils sont soudain particulièrement agités et tous agglutinés contre le grillage, levant tous les bras comme des gamines à l'approche d'un boys band à la con, me bouchant la vue sur le trottoir qui longe la palissade.
"Putain d'bor...
Thomas surgit à l'autre bout du portail, dans la pénombre du truc en bois, je vois ses bras tomber le long de son corps et lui se redresser.
"... Tête..."
Le mot surgit jusqu'à mes oreilles porté par une voix plus claire, calme et... féminine.
"Te voilà... n'y tenant plus.
J'avance sous le portique, baissant la tête, l'échine toute courbée à cause de cette connerie de mirador monté bien trop bas...
Je me force à sourire à Thomas qui s'approche, toujours avec sa tête de déterré mexicain pour seul faciès. Il m'agace ce môme...
"Dis moi que... ouvrant les bras, tout sourire et accueillant.
Thomas reste rigide face à moi, le regard fixé comme depuis des semaines.
Une petite main est pourtant accrochée à son bras gauche, les petits doigts tout crispés.
"Que me caches tu Tommy ? prenant encore une ton enjoué. Ne pouvons nous sortir de là et venir à l'intérieur, tout courbés comme des crétins ?"
Je recule sans quitter le gamin des yeux ni surtout la petite main qui s'agrippe aux plis du tissu de la veste, comme si elle était invisible, blanche comme un linge sur le noir de la veste sombre... Mais quelle gamine joueuse, ma petite chérie...
On se sort enfin de là, faisant mine de ne pas la voir se coller au môme tant qu'elle n'a pas franchi le sas. Faut dire que les Z la suivent à la trace... à l'odeur, même, j'ai envie de dire...
Je fronce les sourcils car c'est même plutôt étrange, cette réaction de leur part, si vive la concernant...
"Bienvenue ma très chère ! une fois enfin dans la cours, l'accueillant comme il se doit, sous le ciel lumineux de ce beau mois de juin. Ne fais donc pas ta timide mon coeur, depuis le temps que je t'attends... on se parlait encore il y a cinq minutes !
- Je suis plus à l'aise à l'écrit... dit sa petite voix soudain si timide dans mes oreilles.
Le soleil dans le magasin de meubles, juste avant le néant me frappe de plein fouet. C'est elle qui me fait ça ?!
Elle se décide à sortir de sa cachette, se dévoilant de derrière la stature de Thomas qui la camoufle toute entière.
Et puis la voilà.
Enfin.
Une chaleur me monte dans tout le corps, incontrôlable, vite bouillante.
"Mais qu'est ce que tu lui as fait ?! Elle est toute bleue ! crie je sur Thomas.
.
*pov y/n*
Je glisse du dos de 10, comme prévu, les Z s'activent à mon approche. Ils ne sont jamais fatigués ces Mathieu l'Dégueu ...
"Fais gaffe ta tête, ne puis je me retenir de dire quand K passe sous cette porte moyenâgeuse ridicule. Personne n'a vu qu'elle allait ne convenir qu'aux hobbits ?! Même moi je rentre ma tête dans mon cou, par réflexe, avant de me redresser... Ma pauvre fille, sous quoi n'es tu jamais passée ?!
Dans la rue, je maîtrisais ma trouille, là, dans le passage rétréci, à portée des doigts et de dents des Z, l'angoisse me saisit violemment, ne pouvant que me serrer encore davantage si c'est possible, contre 10K.
J'entends bien les mots de M, droit devant, mais je ne peux plus bouger, collée à 10, qui reste calme et droit.
"Je suis plus plus à l'aise à l'écrit...
Mais d'où tu sors des conneries pareilles, y/n, sérieux ?!
L'ouragan nous a séparés sans prévenir, et maintenant que je vais le revoir en vrai au bout de toutes ces semaines, voire mois sans doute, je ne sais même plus, je suis nerveuse... Mon bras reste collé à 10K à côté de moi. Ses doigts cherchent et trouvent les miens. On se serre avec vigueur une seconde ou deux pour garder le contact, le lien, la foi, face à ce Messie de pacotille mais tellement réel soudain.
"J'ai aussi un truc à faire... aller, montre toi."
Je me décale enfin, découvrant le grand homme qui jacasse encore.
"... Elle est tout bleue ! s'écrit-il après 10K, tendant un bras vers moi.
- M ?! Ton peeling a été trop exfoliant mec ! C'est quoi cette gueule de hipster façon mappemonde ? ! Heureusement, le blanc c'est toujours la classe... hochant la tête d'un oeil approbateur.
Je m'approche de lui tout sourire, mais lentement, alors qu'il me tend les bras, sans plus rien dire.
Je me laisse enlasser, raide, alors que son grand corps m'enveloppe toute entière, pas certaine qu'on distingue même le haut de ma tête au dessus de ses épaules larges, envahie du noir de son grand manteau.
"Heureux de te revoir Y/n, me souffle-t-il dans les oreilles, chaleureux mais que pour nous deux.
- Salut M... de ma voix la plus amicale sachant qu'il va me reprendre inlassablement.
- M'appelle pas...
Mais en même temps il me laisse me reculer, et je revois la lumière du jour.
-Que tu es beau Capitaine ! Regarde toi dans cette nouvelle collection automne hiver...
Il tique mais je vois à son oeil reptilien que le grade lui plaît terriblement.
"Tu ne trouves pas, 10, que c'est Capitaine Haddock dans son manteau marin... bon... avec les cheveux blanc... Haddock à 90 ans quoi...
- 'Connais pas... fixant ledit monsieur.
- Merde... pas né pour ça non plus... hein M... me retournant vers le géant lui faisant un clin d'oeil plus à l'aise.
Tous autour de nous semblent être restés figés depuis le début de nos retrouvailles. Je ne montre rien mais j'ai les boules soudain.
"Pourquoi Mini me est bleue, reprend le plus grand en fixant le môme.
- J'ai quoi ?! voulant détourner sa colère palpable conte 10K, cherchant un miroir, me frottant la figure.
- Mais tu n'as rien... arrête ça... me tient M comme une enfant.
-J'ai un truc sur la figure ?! J'ai trouvé des mûres ce midi, je me suis fait péter le bide, j'en ai encore autour de la bouche ?! frottant ma bouche du revers de la main sans grande délicatesse.
- Mais non... souffle-t-il doucement. Arrête ! gentiment à voix basse.
Il pousse ma main et pose ses doigts quand même sur ma bouche et montent jusqu'à ma joue, et mon oeil droit. Je ressens soudain une douleur à son contact, comme quand il suffit de toucher un hématome pour se souvenir sur quel meuble on s'est cogné. Ses yeux tombent dans les miens. Ses pupilles vrillent, je vois bien. Diversion de 10K réussie.
"M... dis je du même ton. Excuse mon lapin, mais... faut que j'aille aux cabinets... les mûres... la chaleur... la joie de te revoir... roulant des yeux.
Il cligne encore se redressant, revenu à la réalité.
"Pardon... me mordant la lèvre inférieure sans cesser de le fixer.
- Euh bien sûr... montre lui ! ordonne-t-il sévèrement à un mec doté d'une bouille de pie derrière lui, sans se retourner. Et... je te rejoins vite ma Y/n... J'en ai pour une seconde.
- Prend ton temps... je vais en avoir pour un moment... faisant une grimace.
- Si charmante...
- Oh ta gueule M... dis je tout bas affectueusement.
Je m'éloigne, le brun m'ouvrant la marche après un signe de tête sec.
Je me retourne pour voir M accrocher le cou de 10.
"Un gnon à cause d'une noisette ?!" glapit M dans ma tête.
Le mec me montre une boîte en bois et haute. Monsieur Murphy est écrit en rouge sang en haut de l'une, Tous les autres en haut de l'autre.
"Mais je rêve... incrédule en me dirigeant vers la première.
- Hey ! C'est l'autre pour toi... proteste la pie.
- Tu m'as bien regardée Looping ?! me retournant vers lui.
Mais qu'est ce qui me prend ?! Il peut me scotcher contre la porte des chiottes en bois d'une seule main le mec !
"Je ne me mélange pas moi, je vais dans celle ci, je décrète sans me démonter.
Je me dégoûte.
Mais je tente.
Je m'exécute, m'attendant à ce qu'il me chope par le col.
Mais non.
Rien.
Et m'installe à l'ombre avec un comic de walkingdead... cool je l'ai jamais lu celui là !
"Previously on the Walking Dead…" dis-je d'une grosse voix, assise sur le trône de bois.
