Un cadeau de Noël pour mes très aimés lecteurs avec un petit jour de retard ! Un chapitre ! Le dernier et plus important du Prélude, en plus. Si c'est pas digne des fêtes de fin d'année, ça !
L'atmosphère changea radicalement dès que Link eut passé la limite qu'était le tronc renversé. L'angoisse et l'étrange furent remplacés par le calme et la paix. Des oiseaux se promenaient joyeusement au sol en sifflant, et une très légère brise caressait les feuilles des arbres ainsi que le visage du jeune homme. Au centre de la paisible clairière où il avait pénétré se tenait un piédestal de pierre dont la couleur se trouvait entre le gris et le blanc, et sculpté des plus sobrement.
Plantée dans la roche, une épée attendait.
L'Épée attendait.
Elle patientait depuis que son maître l'avait replacée en ce lieu la dernière fois. Il était temps de la réveiller de son sommeil plus que centenaire.
À pas lents, l'Hylien parcourut les quelques mètres qui le séparait de l'arme. Sur son passage, les oiseaux s'envolaient en pépiant, pour se poser dans la frondaison et l'observer curieusement. Il s'arrêta enfin devant l'épée, et retint son souffle. C'était la première fois qu'il la voyait, et sa beauté lui semblait époustouflante de finesse. La garde avait la couleur violette des fleurs du printemps, formant deux ailes de part et d'autre de la lame argentée aux reflets bleutés ; une lueur faible, mais bien présente, pouvait se deviner, comme le souffle d'un puissant animal paisiblement endormi. La Triforce était représentée à la base de la lame, gravée à même le métal - ou quel que soit le matériau utilisé pour la forger. Sur le manche, le mauve était entrecoupé de croisillons verts. L'équilibre de l'arme semblait parfait, de même que sa forme. Elle pouvait sans aucun doute trancher même la plus résistante des armures, briser le plus épais des boucliers, résister au plus violent des assauts.
Si cela ne suffisait pas, il y avait cette sensation de sacralité qui émanait de l'Épée, qui ressemblait fortement au sentiment que l'on ressentait quand l'on entrait dans l'enceinte des monuments sacrés. Quelque chose dans l'air, comme une présence ancienne, positive et puissante, qui ferait s'agenouiller même le plus impie des Hommes.
Après plusieurs minutes passés à contempler sa beauté, Link empoigna le manche de l'Épée de Légende. Il sentit son énergie chaleureuse et bienveillante remonter de ses mains et parcourir ses veines, se répandant à travers tout son être. Puis, avec une lenteur mesurée, l'Hylien la retira de son piédestal de pierre, avec une facilité étonnante. Une fois hors de la pierre, il la brandit fièrement au-dessus de sa tête, et savoura la vue des reflets de la lumière jouant avec le fil de la lame. Il se sentit incroyablement bien, et eut pendant un instant l'impression d'avoir trouvé sa place en ce monde. Il ferma les yeux et poussa un petit soupir de bien-être.
Quand il rouvrit les paupières, le décor avait légèrement changé. Toujours des arbres, des oiseaux colorés aux piaillements joyeux, et le même calme apaisant qui planait dans l'air. Sans aucune précipitation, il se retourna. Les statues se dressaient fièrement, formant le même couloir que lors de sa "visite" précédente. Toutes, sans exceptions, se ressemblaient jusque dans certains détails poussés à l'extrême. Link s'approcha de la plus proche et l'examina. L'homme semblait être légèrement plus âgé que lui actuellement, d'une ou deux années tout au plus, mais son visage grave aurait pu être celui d'un homme relativement plus vieux tant il paraissait avoir tout vu. Le Kicoricois passa à la statue suivante. Cette fois, c'était un jeune garçon, de treize ou quatorze printemps, qui avait dans les mains une tablette orné du symbole des Sheikahs, le peuple au service de la famille royale, sur la face arrière. Link avança jusqu'à la statue suivante. Celle-ci représentait une nouvelle fois l'inconnu, mais il était représenté sur la croupe d'un cheval qui se cabrait, et, fait particulier, était simplement habillé d'un pantalon et d'une tunique dont le col représentait une épée stylisée dont la garde était en tout point semblable à celle de l'épée de légende. Il n'avait pas le chapeau à pointe des deux premiers. On pouvait remarquer la même tablette de pierre que tenait le garçon précédent attachée à sa ceinture. Le jeune homme continua ainsi son chemin, observant avec attention les nombreuses statues, chaque fois semblables, chaque fois différentes. Il était étrange de voir à quel point le sculpteur avait réussit à figer l'expression de son, ou ses sujet(s) dans ses moindres détails. Même les pupilles, les rides du visage et le grain de la peau avaient fidèlement été reproduits. Ainsi se succédèrent plusieurs dizaines de représentations de pierre.
À la fin du « couloir », une nouvelle clairière, sans piédestal toute fois. L'Hylien avança lentement vers le centre de celle-ci. Une fois arrivé là, l'Épée de Légende brilla dans sa main. L'esprit qui y sommeillait en sortit soudainement dans un éclat de lumière violacé. Cela ne surprit cependant pas son porteur, qui sourit à l'apparition. Cette dernière s'adressa à lui, sans toutefois bouger ses lèvres factices :
"Bienvenue dans votre Sanctuaire, Maître Link."
Ainsi débuta, à nouveau, l'éternelle quête du Héros. La grande épopée a repris, mais des choses diffèrent. Lesquels, me demanderez vous ? Cela... Vous le saurez peut-être la prochaine fois.
Et voilà ! Le Prélude est fini ! Il en aura fallu du temps. La prochaine partie ne pourra débuter que le 1er février, sauf si j'arrive à finir le chapitre qui suit durant la semaine qui vient, ce qui est très peu probable. Joyeux Noël et bonne année à tous, encore une fois !
