Chapitre 14 Easy rider
Wilson regarda son ami partir, bouche bée. Il reporta ses yeux sur Cuddy, qui ne semblait pas spécialement inquiète. Elle rassembla tous les dossiers devant elle.
- Allez, venez donc prendre un café dans mon bureau James, il faut qu'il évacue tout ça tout seul. Il a déjà réussi à se contenir pendant toute la réunion, l'effort a dû être énorme !
Wilson la considéra, étonné, avec une admiration nouvelle.
- Mais comment vous faites pour supporter ça ?
Lisa eut un sourire doux.
- Je suis juste une femme amoureuse qui vient de recevoir un cadeau inespéré.
HHHHH
Ils buvaient tous deux tranquillement leur café dans le bureau de Cuddy quand la porte s'ouvrit brutalement. House, en tenue de motard, posa un casque sur le bureau et fit glisser de ses épaules un sac à dos bien plein.
- Je t'ai amené tes affaires de moto. Change-toi et viens !
Son ton était autoritaire. Lisa ouvrit la bouche…
- Pas de discussions, pas de questions. Tu te changes, et tu viens !
A la grande surprise de Wilson, qui essayait de se faire tout petit, s'attendant au pire, Cuddy saisit le sac et disparut dans sa salle d'eau privée. House arpentait la pièce impatiemment, mais il n'eut pas à attendre très longtemps. Cuddy, réapparut, essoufflée de la vitesse à laquelle elle s'était changée, en tenue de moto.
- C'est bon, tu es prête ? On s'en va !
Sans attendre, House se dirigea vers la sortie, suivi par Cuddy qui courait presque. Leur couple ne passa pas inaperçu dans le grand hall où Cameron examinait les dossiers que lui présentait Brenda. Les deux femmes s'arrêtèrent net, ébahies. House s'arrêta brusquement et se tourna vers Cuddy.
- Et voilà pour les rares personnes qui ne seraient pas encore au courant ! Clama-t-il.
Entourant le visage de sa compagne de ses deux mains, il l'embrassa longuement. Elle lui répondit en s'agrippant à ses hanches, lui rendant son baiser.
Ils se séparèrent, à bout de souffle.
House croisa le regard de Brenda.
- Quelque chose à redire ?
- Non, rien du tout Dr House.
- Très bien, alors on s'en va.
Attrapant à nouveau Lisa de sa main libre, il franchit alors, royal et indifférent, la porte d'entrée.
Brenda et Cameron se regardèrent, bouche bée.
- Vous étiez au courant de quelque chose, vous Dr Cameron ?
- J'avais surpris un ou deux gestes tendres, mais là ça n'est plus de la tendresse, c'est du grand amour !
- Si vous le dites… J'ai du mal à imaginer ce que le Dr Cuddy lui trouve !
Cameron regarda Brenda, rêveuse.
- Il est grand, bien fait, il a de magnifiques yeux bleus, un charme fou, un humour ravageur, je crois que le Dr Cuddy a très bon goût au contraire…
- Si vous n'étiez pas une jeune mariée, je jurerais que vous avez le béguin pour votre ancien patron !
- Comme vous le dites si bien, je suis une jeune mariée comblée.
Cameron s'éloigna, mélancolique et heureuse pour Lisa qu'elle aimait beaucoup. Brenda, qui n'était pas dupe, secoua la tête. Moi, je vois un infirme caractériel, elle, un séducteur aux beaux yeux ! Décidemment, certaines femmes sont étranges…
Lisa était bien agrippée à Greg qui pilotait sa moto avec maestria dans les rues de Princeton, cherchant manifestement quelque chose. D'un seul coup, il pila.
Cuddy s'aperçut avec angoisse qu'il s'était arrêté devant une camionnette qu'elle connaissait bien.
Toujours aussi farouche, House ôta son casque et l'aida à descendre. Saisissant sa canne, il frappa violemment sur la porte du véhicule et hurla :
- Je sais que tu es là, Lucas, ouvre cette porte tout de suite !
Au bout d 'un moment, alors que House continuait à donner des coups de canne, la porte coulissa et s'ouvrit sur le détective, apeuré par la sauvagerie de House.
Lisa s'agrippa au bras de Greg, pensant qu'il allait frapper Lucas. House s'arrêta et la regarda tendrement.
- Ne t'inquiète pas Cuddles, je n'ai jamais frappé personne, je ne vais pas commencer maintenant.
Puis il se tourna vers le petit homme.
- Ecoute-moi bien l'avorton ! Lisa et moi, on est ensemble et on va y rester. C'est MA femme, ne t'avises pas de la toucher, ne t'avises même pas de la regarder ! Quant à tes photos de merde, dis-toi bien que je vais surveiller mes arrières maintenant. Si je te revois ne serais-ce qu'une seule fois, je te règlerai ton compte.
Lucas se permit un sourire grimaçant.
- Je croyais que tu ne frappais personne ?
- Non, mais je peux faire faire le travail, répondit froidement House. Justement, j'ai rencontré un ancien patient ce matin… De Trenton. Ranger… Spécialisé dans la sécurité. ***
A ce moment, il vit Lucas blêmir.
- Ah je vois que tu le connais, espèce de sale fouine ! Ranger me doit un service. Il se fera un plaisir de débarrasser Princeton d'un rat d'égout comme toi !
House commença à s'éloigner, tenant Lisa par la main et s'arrêta d'un coup.
- Au fait, le nain ! On doit te remercier, Lisa et moi ! Grâce à ton plan foireux de ce matin, on a la bénédiction du Conseil d'Administration, même plus besoin de se cacher…
Bouche bée, Lucas les regarda partir, tous les deux. Ses yeux incrédules s'attachaient à Lisa, jean et blouson, casque à la main, qui regardait son homme avec fierté et admiration. Elle n'avait rien dit, absolument rien, et ça plus que le reste, venant de cette femme de pouvoir, lui prouva à quel point elle était amoureuse.
Il les regarda remonter sur la moto et s'éloigner, notant la parfaite coordination de leurs gestes. Après un moment, il remonta dans son camion et s'effondra sur son siège. Il l'avait perdue, sa vengeance était mort-née et si House connaissait vraiment ce Ranger, une menace très sérieuse planait sur sa tête. Il était peut-être temps de rejoindre son vieux poste Preston en Floride, comme celui-ci l'en priait depuis un moment. Il avait lanterné, espérant attirer Lisa là-bas, mais maintenant le mieux était encore de filer le plus vite possible.
House et Cuddy, eux, fonçaient à toute vitesse dans la campagne dans le chaud soleil de ce début d'après-midi. House aurait pensé que Lisa aurait peut-être peur mais elle le serrait bien fort, la tête posée contre son dos, et semblait profiter de la ballade. Il goûta ce sentiment de ne faire qu'un avec elle, d'avoir enfin trouvé LA personne qui comprenait tout sans explications.
Greg arrêta la moto au même endroit que la première fois. Ils descendirent tous deux et enlevèrent leur casque, les posant par terre. Lisa le regardait intensément, bouche entr'ouverte. Il s'était battu pour elle, il avait affirmé sa possession sur elle, et cela avait fait vibrer chez elle un instinct primaire, venu sans doute tout droit de son cerveau reptilien. Elle s'approcha. Il la saisit dans ses bras. Un long moment, ils restèrent enlacés. Au bout d'un moment, Greg lui releva le menton et l'embrassa voluptueusement. Lisa répondit ardemment, caressant sa langue avec la sienne, caressant son visage. Lui avait plongé les mains à l'arrière de son jean et malaxait doucement ses fesses en la pressant contre lui.
Au bout d'un moment, Lisa se détacha et le regarda, les yeux brillants.
- J'ai follement envie de toi. J'ai envie que tu me prennes, que tu me domines, que tu me renverses, que tu sois fort, que tu sois mon maître…
- Ne t'inquiètes pas. Je vais faire tout ça, chuchota-t-il d'une voix si rauque qu'elle eut du mal à le comprendre. Tu vas gémir, tu vas me supplier à deux genoux, tu vas crier mon nom et tu n'oublieras jamais ce jour !
Il lui tendit son casque, ils montèrent sur la moto, et s'éloignèrent vers Princeton.
Et là, l'auteur se souvient que l'histoire est classée rated M... et que logiquement…
*** Certain( e )s d'entre vous auront peut-être reconnu Ranger, un des héros de Janet Evanovich dans la série « Stephanie Plum ». Sinon, je ne saurais trop vous conseiller cette lecture sans prétention, pleine de pep's, de loufoquerie et de beaux mecs virils (Raaah, Morelli, je meurs…)
