Bonjour tout le monde

Je sais que ça fait longtemps, mais me voilà avec une autre histoire, basé sur le mot Amitié et qui m'a été demandé par Callie.

J'espère qu'elle va vous plaire et surtout si vous avez d'autres mots n'hésiter pas ;)

La correction est signée Phenix 260 que je remercie.

Bonne lecture

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Amitié

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Pauvre type. Telle était la pensée d'Henry Foss alors qu'il regardait Nikola Tesla sortir de son labo, après une énième remarque désagréable.

- Sérieusement doc ! Comment vous avez pu devenir ami avec un type pareil ?

Le regard du PHA se posa alors sur le docteur Helen Magnus, présente dans le labo, en quête d'une réponse.

- C'est assez compliqué Henry, répondit la scientifique. Disons que le fait d'avoir des ennemis communs nous aura rapprochés…

- Des ennemis communs ? répéta Henry sans comprendre. Du genre ?

- Allez venez ! Je vais vous expliquer tout ça devant un bol de chocolat chaud et une tasse de thé !

Elle entraîna alors le Lycan en direction de la cuisine et une fois les boissons faites, Helen se replongea dans son passé.

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Oxford – Automne 1880

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Helen Magnus parcourait les couloirs de l'établissement d'un pas qui se voulait sûr et qui était pourtant bien loin de son état d'esprit actuel. Pas qu'elle avait peur, non, c'était plutôt de l'appréhension, car après tout, elle s'était battue pour en arriver là. Et être la première femme à être admise à Oxford attirait inévitablement tous les regards. Ça et aussi peut être la longue robe de velours pourpre qu'elle portait. Un choix pas très discret certes, mais c'était sa robe préférée et elle se sentait plus confiante dans des habits qui ne risquaient pas de la trahir.

Elle entra dans la salle de cours et s'assit en silence sur l'un des bancs de l'amphithéâtre, attendant l'arrivé du professeur. Son père et le recteur de l'université avaient étés clairs avec elle, elle pouvait assister aux cours mais n'avait pas le droit de participer.

Malheureusement pour Helen, la journée ne se passa pas aussi bien qu'elle l'avait espéré. Chacun de ses professeurs l'avait observée comme si elle blasphémait et les étudiants ne rataient pas une seconde pour lui rappeler où devait rester une vraie femme. Autant dire qu'au bout d'une semaine, elle en avait déjà assez d'être la bête de foire.

Ce jour-là, la pause de midi venait tout juste de commencer et Helen cherchait un coin calme pour déjeuner quand, par malheur, elle croisa sur son chemin sa bête noire du moment : le fils d'un Lord qui ne devait sa place qu'à l'argent de son père car il n'excellait qu'en très peu de choses si ce n'est pour ennuyer les autres… Du reste, ce dernier prit un malin plaisir à faire tomber les livres de la jeune femme et s'esclaffa avec ses amis en l'observant s'accroupir pour les ramasser… jusqu'à ce qu'une main ne récupère les quelques livres qui étaient encore au sol. Helen leva alors les yeux et croisa un regard tempête et un sourire charmeur.

- Il faut leur pardonner, malheureusement tous n'ont par l'intelligence que l'on attribue habituellement aux étudiants d'Oxford… Certains plus que d'autres.

- J'ai l'habitude, soupira Helen en se relevant. Je me présente, je suis Lady Helen Magnus…

- Pardonnez-moi, je manque à tous mes devoirs. Je m'appelle Nikola Tesla, se présenta le Serbe avec une légère révérence tout en prenant la main tendue de la jeune femme dans la sienne.

Le regard de Nikola se posa ensuite sur la petite bande et ce qu'il lut dans le regard du fils du Lord était très clair : il allait regretter ses paroles…

Le Serbe passa le reste de la journée en compagnie d'Helen, sans faire attention aux moqueries diverses qu'il reçu du fait de sa proximité avec la jeune femme puis, le soir venu, il raccompagna Helen jusqu'à sa chambre.

- J'espère ne pas vous avoir causé trop de problèmes, remarqua Helen sur le pas de sa porte.

- N'ayez crainte, ce ne sont que des enfants capricieux, répondit Nikola en inclinant la tête. Pas de quoi en avoir peur.

- Ils ne semblent pas vous apprécier plus que moi, cependant, nota la jeune femme en serrant ses livres contre sa poitrine.

- Je suis Serbe et vous, vous êtes une femme, répondit Nikola. Je pense qu'ils ne supportent pas le fait qu'un étranger, forcément inculte selon leurs critères, et qu'une simple femme soient plus intelligents qu'eux, voilà tout.

Cette remarque amena un doux sourire sur les lèvres d'Helen. Nikola prit alors congé et la jeune femme referma sa porte. Elle ne put jamais voir Nikola être traîné de force dans une ruelle et être battu par les hommes qu'il avait offensés plus tôt dans la journée…

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Lorsqu'Helen arriva le lendemain matin à Oxford, elle était de bonne humeur. Nikola était un jeune homme charmant, qui avait été capable de voir qu'elle n'était pas qu'une simple femme. La jeune femme retrouva rapidement le Serbe, assis sur un banc au soleil et plongé dans un épais livre. Elle s'approcha de lui, toute souriante, avant de se figer, sa bonne humeur envolée, en voyant la lèvre fendue et le coquard qu'arborait le jeune homme.

- Grand Dieu, Nikola ! murmura la jeune femme abasourdie en s'asseyant vivement sur le banc. Mais que s'est-il passé ?

Le Serbe tourna la tête vers Helen, puis posa son regard sur un groupe de personnes l'observant à l'ombre des arcades en discutant entre eux. Soudain, il se leva et tendit le bras à la jeune femme, défiant du regard le groupe. Il l'entraîna ensuite un peu à l'écart et se réinstalla sur un autre banc.

- Que vous est-il arrivé Nikola ? demanda Helen en effleurant la marche arrondie d'un violet soutenu autour de l'œil de son nouvel ami.

- Rien, rassurez-vous Helen, juste un petit différend avec des confrères…

- Un petit différend ? s'étonna Helen. Un différend musclé alors !

La jeune femme leva la main, hésitante, et dégagea les cheveux que Nikola avaient sur le front. Elle put ainsi voir qu'il avait également une bosse près de la tempe droite.

- Il faut vous faire soigner, fit Helen inquiète. Venez, allons voir l'Infirmière…

Des mains douces attrapèrent celle de la jeune femme et les écarta.

- Soyez sans crainte, tout va bien. J'ai prit un antidouleur, les marques s'en iront d'elles-mêmes dans quelques jours.

Helen acquiesça malgré ses doutes. Assaillir Nikola de questions ne servirait à rien. La jeune femme soupira. Les hommes pouvaient se montrer si têtus parfois…

Etrangement, la journée se passa sans anicroche, la bête noire d'Helen la laissa tranquille et elle put poser les questions qu'elle voulait grâce à l'intermédiaire de Nikola, ce qui se révéla bien pratique quand les professeurs refusaient jusqu'à la regarder…

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Un mois se passa sans problèmes majeurs et, comme l'avait dit Nikola, peu à peu les autres étudiants se lassèrent et la laissèrent tranquille. Certains d'entre eux s'étaient même approchés d'elle pour discuter de telle ou telle théorie, se présentant comme étant John Druitt et James Watson. Le tout sous le regard noir de Nikola, qui n'appréciait guère de devoir partager la jeune femme. Mais le Serbe du rapidement se rendre à l'évidence, ces hommes étaient brillants. Et le dernier qui avait rejoint le petit groupe, Nigel Griffin, via James Watson, l'était tout autant…

La neige avait recouvert Londres d'un manteau immaculé, et Helen et Nikola ne pouvaient se lasser de ce spectacle alors que le jeune homme raccompagnait comme à son habitude, la jeune femme chez elle. Aucun d'eux ne remarqua les hommes qui les suivaient depuis peu, jusqu'à ce que deux d'entre eux ne s'attaquent à Nikola et qu'un troisième ne traîne la jeune femme dans une ruelle sombre en la bâillonnant d'une large main solide.

Helen et Nikola furent jetés à terre dans la neige boueuse qui recouvrait le sol et le Serbe fut rapidement roué de coup sous les appels et les suppliques d'Helen dont les cris résonnaient dans le silence de l'hiver.

- Vous devriez plutôt vous inquiéter pour vous, fit soudain une voix qu'Helen connaissait.

La jeune femme se retourna et reconnu la personne. C'était le fils de Lord qui lui créait de problème à Oxford depuis son arrivée. Elle l'avait presque oublié… Il faut dire qu'avec la garde rapprochée que lui dispensaient Nikola, John, James et Nigel, il n'avait plus osé l'approcher…

Reculant contre le mur, Helen le regarda s'approcher. Une terreur sans nom s'empara alors d'elle quand elle comprit ce qu'il avait l'intention de lui faire, défaisant les boutons de son pantalon… Et avant qu'elle n'ait pu émettre la moindre protestation, il était sur elle, la mettant au sol, l'insultant tout en cherchant à passer sous les encombrantes robes de laine.

- Il est grand temps qu'un homme t'apprenne où est ta place, femme ! fit son assaillant d'un ton haineux. Tu n'auras plus jamais envie de sortir de chez toi après cela !

Helen se débattit alors avec toute la force dont elle était pourvue et réussit à porter un coup. La joue de l'homme se teinta alors de sang et trois griffures apparurent. L'homme se redressa alors en grognant comme un animal et allait la gifler lorsqu'il fut heurté par quelque chose qui le propulsa contre le mur. Un craquement sinistre retentit puis ce fut le silence.

Il fallut quelques secondes à Helen pour comprendre qu'on venait de la sauver. Elle se redressa sur ses bras, ses mains gantées glissant dans la boue, et regarda Nikola qui avait de toute évidence réussit à se débarrasser de ses propres assaillants et était venue à son secours.

Le Serbe s'approchait d'elle pour l'aider à se relever quand le fils du Lord se jeta sur son dos dans un hurlement de rage, les propulsant tous deux dans une flaque d'eau crasseuse. Ils roulèrent l'un sur l'autre en se frappant mutuellement, puis Nikola réussit finalement à avoir le dessus et à assommer son adversaire d'un solide coup de coude à la tempe avant de se relever aussi vite que ses douleurs le lui permettaient, pour ensuite se diriger vers Helen en titubant. Il ôta, non sans une grimace de douleur, son manteau détrempé et le posa sur les épaules d'Helen et l'aida à se relever.

- Etes-vous blessée, Helen ? demanda-t-il en lui tenant les épaules, face à lui.

- Non, je… Je ne crois pas, quelques bleus, peut-être… Mais vous Nikola, vous saignez…

Elle toucha du bout du doigt une coupure à la tempe et le Serbe grogna.

- Je vais bien, l'interrompit-il. Ce ne sont que quelques bleus et éraflures… Venez, partons d'ici avant qu'ils ne reprennent connaissance…

Helen hocha la tête et soudain, se blotti contre l'homme, prise de tremblements. Elle était en train de réaliser ce qui avait faillit lui arriver… La jeune femme perçut les bras hésitants de Nikola l'étreindre puis lui frotter doucement le dos pour l'apaiser.

- Tout va bien Helen, je ne laisserais personne vous faire du mal, vous êtes trop précieuse à ce monde… Vous m'êtes trop précieuse, chuchota le Serbe contre ses cheveux en la serrant contre lui.

La dernière partie n'avait été qu'un murmure qu'Helen fit semblant de ne pas avoir entendu, car à cet instant, elle n'était pas prête à l'entendre. Nikola sursauta soudain et la guida doucement hors de la ruelle. Là, ils bénirent le froid mordant d'avoir gardé les gens chez eux et le jeune homme entraina son amie dans une autre rue.

- Ma maison n'est pas dans cette direction, Nikola, fit remarquer Helen.

- Je sais, et pardonnez ma hardiesse, mais mon appartement est plus près et vous y serez en sécurité. Mais si vous souhaitez, je peux toujours vous ramener chez vous…

Helen jeta un regard au-dessus de son épaule et eut un frisson de peur.

- Une fois chez moi je ferais quérir votre père, assura Nikola. Il viendra vous récupérer et nous lui expliqueront ce qu'il s'est passé.

La jeune femme acquiesça et le laissa finalement l'emmener le long de la rue silencieuse.

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L'appartement de Nikola Tesla était plus que modeste et encombré par toutes ses recherches. La moindre surface plane, meuble, chaise, même le lit, était couverte de livres ou de feuillets, exactement l'image qu'Helen se faisait du domicile du jeune homme.

- Veuillez m'excuser pour le désordre, fit Nikola en s'avançant pour ranger un peu. Je n'avais pas vraiment prévu de recevoir du monde chez moi… Pas aujourd'hui, en tous cas…

- Je trouve que cet appartement est tout à fait à votre image, nota Helen avec un léger sourire.

- Vraiment ? Merci…

Helen acquiesça alors avec un doux sourire et prit place sur une chaise qu'elle libéra en déposant les livres sur une pile déjà branlante.

- Du thé ? proposa alors le Serbe. A moins que vous ne désiriez quelque chose de plus fort ?

- Non, un thé bien chaud sera suffisant, merci.

Elle observa ensuite Nikola mettre la bouilloire sur le fourneau à charbons, puis celui-ci s'excusa. Il sortit un moment de la pièce et la jeune femme l'entendit discuter avec une autre femme, probablement sa logeuse, lui demandant de faire quérir le Docteur Gregory Magnus afin qu'il vienne chercher sa fille.

Dire que l'homme était furieux en apprenant la nouvelle de l'agression de sa fille était un euphémisme. Très rapidement, et après un esclandre du Dr Magnus dans le bureau du recteur de l'université, les agresseurs furent renvoyés d'Oxford et priés de quitter Londres dans les plus brefs délais, écopant d'une interdiction de séjour à l'université tant que la jeune femme y serait. Par la suite les quatre hommes qui composaient le cercle d'amis d'Helen insistèrent pour la raccompagner tous ensemble et tous les soirs, peu importe le temps, jusqu'à chez elle, afin qu'une telle situation ne se reproduise plus jamais…

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Sanctuaire – Présent

- Je pense que c'est à partir de ce jour que Nikola et moi sommes devenus de vrais amis.

- Sérieux doc, il vous a vraiment sauvée comme vous le dites ? demanda Henry, abasourdi.

- Les apparences sont trompeuses et ça n'a jamais été aussi vrai qu'avec Nikola, répondit la jeune femme avec un sourire Il faut du temps et surtout beaucoup de patience pour réussir à voir au-delà de son masque, mais une fois que c'est fait et une fois qu'il vous a offert son amitié, vous pouvez toujours compter sur lui.

- Désolé de vous dire ça doc, mais dernièrement, Tesla vous as crées plus de problème qu'il n'a aidé à en résoudre…

Helen hocha doucement la tête.

- C'est vrai que ces derniers temps n'ont pas étés de tout repos avec Nikola, admit-elle. Mais malgré tout, chaque fois que j'ai besoin de lui, il est là, tu ne peux pas le nier.

- Au moins une chose que l'on peut lui reconnaître, marmonna le PHA. Et pendant tout ce temps vous êtes restés amis ? Même pendant qu'il essayait de faire renaître la race des vampires et de diriger le monde. Vous n'avez jamais douté de lui ?

- Toute amitié à des hauts et des bas, Henry, fit Helen. Et celle que je partage avec Nikola ne fait pas exception. Mais les problèmes auquel nous avons du faire face n'ont fait que renforcer cette amitié. Oui, Nikola est capable de nous entraîner dans les pires situations possibles. Mais j'ai suffisamment foi en lui pour savoir qu'il nous aidera à trouver une solution pour nous en sortir sans trop de casse.

- Et vous lui pardonnez tout ? Comme ça ? Simplement parce qu'il a donné un coup de main ?

- Malgré les apparences, je pense que Nikola n'est pas mauvais de nature. C'est juste que parfois son génie le pousse dans des recherches qu'il ne contrôle pas toujours. Alors oui je lui pardonne car selon moi le pardon, le respect et l'entraide sont les bases d'une amitié solide. Et Nikola aidera toujours ses amis, même s'il le fait avec peu de tact…

- Mouais, répondit Henry, peu convaincu, avant de sortir de la pièce.

Le PHA rejoignit rapidement son labo, mais il n'y entra pas. Pour la simple raison qu'il était déjà occupé par un autre génie au travail. En effet, Nikola était en train de décortiquer la dernière invention du Lycan tout en prenant des notes.

- Je ne vous dérange pas ? demanda Henry, furieux de voir Tesla mettre son nez dans ces affaires. Faites comme chez vous, surtout…

- Ah ! Heinrich, vous tombez bien ! s'exclama le Serbe en retour.

Le vampire s'approcha du Lycan et lui tendit une feuille noircie par son écriture.

- Je vous ais fait une liste des corrections à apporter à votre… gadget…

Henry prit la liste, stupéfait par le culot du Serbe et observa sans mot dire celui-ci quitter la pièce. Il jeta ensuite un coup d'œil à la liste qu'il avait dans la main et une question surgit dans son esprit : Tesla serait-il en train de l'aider ? Non impossible !

Henry reprit son travail sans savoir que sa curiosité lui avait valut l'amitié d'un vieux vampire, la même amitié qui liait ledit vampire à l'une des femmes les plus extraordinaires que ce monde n'est jamais connue…