Alors, qui est donc le coupable ? La réponse est dans ce chapitre !

(Avec aussi une petite introduction pour le prochain tome…)

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Dédicace aux fidèles mousquetaires, merci de vos commentaires !

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Bonne lecture !

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Fusco leva les yeux sur l'impressionnante façade beige. Il était à peine huit heures et le vieux quartier résidentiel était parfaitement calme

-« Dis t'es sur de ton coup ? Parce que là on est chez les huiles, si on se loupe je peux oublier ma carrière ! »

-« Je suis sur de moi Lionel. Toutes les informations que nous avons collectées confortent nos soupçons »

-« Bon, je te fais confiance » affirma l'inspecteur un peu stressé

Un domestique guindé vint ouvrir la porte en réponse à son coup de sonnette

-« Bonjour. Inspecteur Fusco, police criminelle. Nous voudrions parler à Miss Mac Caan »

L'homme les fit entrer dans l'entrée. Fusco se tourna et fit signe à un agent de les accompagner

-« Veuillez patienter. Je vais prévenir Madame mais elle ne reçoit jamais aussi tôt d'ordinaire» annonça t-il avant de traverser le hall d'un pas mesuré

-« C'est … » commença Fusco en examinant les lieux « Démesuré. Et glacial. J'aimerais pas vivre dans une baraque pareille on dirait un musée » constata t-il en désignant les statues qui décoraient le vaste hall de marbre « C'est plutôt pour Finch »

-« Harold aime les musées mais pas au point d'y vivre je crois »

-« Sans compter que son coloc serait surement pas ravi » se moqua Fusco

-« C'est pas vraiment mon style » concéda Reese « mais je peux toujours m'adapter »

-« Evidemment » ricana l'inspecteur

Le serviteur revint et les invita à le suivre de son air ennuyé

-« Madame consent à vous accorder quelques minutes » affirma t-il

-« Trop aimable » marmonna l'inspecteur

Ils pénétrèrent dans le salon richement décoré, John songea que son partenaire serait décidément dans son élément au milieu de toutes ses œuvres d'art. La maitresse de maison les attendait assise dans un fauteuil de velours rouge. Très droite, l'air d'une reine sur son trône avec toute la hauteur que cela impliquait. Patrick était allongé dans un canapé placé face à la cheminée.

Fusco salua et fit les présentations. L'agent alla s'installer à la porte, près à intervenir sur ordre de son supérieur. Esther lui adressa un regard hautain. Patrick voulu se lever mais l'inspecteur lui fit signe de ne pas bouger

-« Ne vous dérangez pas Monsieur Mac Caan. Nous sommes là pour interroger votre mère »

-« Je me demande bien pourquoi » grinça celle-ci

-« Nous aimerions évoquer votre emploi du temps la nuit où Miss Stanford a été agressé »

-« Pardon ? » s'étrangla la femme « C'est une plaisanterie ? »

-« Non c'est très sérieux » confirma Reese

Esther lui adressa un regard méprisant

-« Je ne vois vraiment pas en quoi c'est intéressant ! »

-« Dans ce cas vous ne devriez pas voir d'inconvénient à nous en parler ? » suggéra Fusco

-« J'étais à une soirée de promotion artistique. Des dizaines de personnes pourront en témoigner »

-« Mais y aura-t-il une personne parmi elle qui pourra nous affirmer que vous êtes resté dans la salle toute la soirée sans jamais vous absenter ? »

-« Mais certainement » répliqua la vieille femme

-« Permettez-moi d'en douter Miss Mac Caan »

-« Vous n'allez pas m'accuser de cambriolage tout de même ? » répondit Esther d'un air outré

-« Sauf que nous avons acquis la conviction que le vol n'a jamais été l'intention première de l'agresseur » assena l'ex agent

-« De mieux en mieux ! Et de quoi s'agit-il alors ? »

-« Juste d'une agression »

-« Vous insinuez que le but était d'assassiner Elaine ? » interrogea Patrick qui s'était redressé, inquiet

-« Non, pas exactement Monsieur Mac Caan. L'agresseur ne voulait pas tuer votre ex épouse, seulement la blesser assez grièvement, c'est pourquoi les coups qui lui ont été porté étaient ciblés à la tête mais assenés avec une certaine retenue »

-« Je ne comprends pas où vous voulez en venir, ça n'a pas de sens » jugea l'homme perplexe

-« Au contraire » affirma John « Si Miss Stanford était morte elle n'aurait plus présentée le moindre intérêt » précisa t-il en fixant Esther qu'il eut le plaisir de voir s'agiter sur son siège, visiblement mal à l'aise « pour son agresseur Elaine devait rester en vie, du moins suffisamment pour qu'une fois admise à l'hôpital les médecins puissent la maintenir en vie quelques temps de manière artificielle »

-« Mais dans quel but ? »

-« Parce qu'elle était inscrite au fichier des donneurs d'organe »

Patrick pâlit, son regard se figea

-« Vous voulez dire… »

-« Que la volonté de son agresseur était de lui conserver assez de vie pour que ce protocole puisse s'appliquer »

-« Ce qui devait être loin d'être simple » commenta Fusco

-« En effet. Il s'agissait de frapper ni trop ni trop peu. Et l'on peut considérer que le plan a échoué d'ailleurs puisque, même si Elaine a été gravement atteinte, son activité cérébrale n'a jamais failli ce qui empêche toute intervention »

Mac Caan se passa la main sur le visage, ne sachant plus quoi penser

-« On nage en pleine science fiction » Trancha Esther

-« Je dirais plutôt en plein machiavélisme » rétorqua Reese « Vous connaissiez le dossier médical de votre ex belle fille »

-« Moi ? Comment l'aurais je pu ? » S'offusqua la femme

-« Je pense que vous l'avez consulté lors de l'incident qui s'était produit un peu avant la naissance de Catherine. Elaine avait alors souffert d'une infection urinaire qui avait dégénéré jusqu'à menacer la fonction rénale, ce qui avait poussé les médecins à lui faire subir de nombreux examens. Au final le problème s'était révélé beaucoup moins grave que prévu et tout s'était bien terminé pour la mère et son enfant. A l'époque votre fils souffrait déjà d'insuffisance rénale, donc vous saviez interpréter certaines variables et le fait que le résultat des analyses démontrait une certaine compatibilité avec votre fils n'a pas dû vous échapper »

-« Cela n'avait rien de commun » rétorqua la femme

-« Bien sur ce n'était que des résultats de base, insuffisants pour obtenir une certitude sur les possibilités d'une greffe mais en tout cas suffisant pour laisser espérer cette option et vous aviez de plus en plus besoin de cet espoir auquel vous raccrocher »

-« C'est complètement absurde ! » trancha Esther. Elle se leva et se dirigea vers le chariot pour se servir un verre « J'aurais 71 ans le mois prochain. Vous pensez qu'à cet âge je puisse avoir la force d'agresser une femme de 47 ans en pleine vigueur ? »

-« Votre âge ne vous empêche pas de continuer à pratiquer l'équitation à un certain niveau chaque semaine » remarqua l'ex agent

-« Et c'est costaud un cheval. Même docile… » Renchérit Fusco

-« Votre imagination est sans limite Messieurs » commenta Esther en buvant une gorgée. Les deux hommes échangèrent un regard

-« Nous avons la preuve qu'un appel a été passé de votre domicile vers le portable d'Elaine Stanford le soir de l'agression » bluffa l'inspecteur

Cette fois la femme parut se troubler quelques secondes puis elle riposta

-« C'est impossible ! »

-« Parce que vous aviez pris soin d'utiliser un téléphone prépayé, donc présumé anonyme ? « interrogea Reese « Mais il laisse tout de même des traces comme le lieu de l'appel »

-« Quel prétexte avez-vous trouvé pour que Miss Stanford renonce à la soirée ? » insista Fusco. La vieille femme resta muette

-« Elle n'avait peut être pas envie de vous y croiser ? » suggéra John « D'ailleurs ce n'était pas prévu puisque vous n'avez annoncé votre participation à la soirée que la veille, à la dernière minute en fait, et vu la façon dont vous la harceliez… »

-« Je ne la harcelais pas ! » protesta Esther

-« Vous l'avez appelé 28 fois au cours des quatre derniers jours ayant précédé l'agression ! » répliqua l'inspecteur

La vieille femme serra les poings

-« Nous avions des activités communes, c'était une démarche normale ! »

-« Nous avons les relevés des mois précédent Miss Mac Caan. Vous n'appeliez quasiment jamais votre belle fille malgré vos activités communes. Vous la faisiez appeler par votre secrétaire. Ce n'est que les trois derniers mois que vous aviez pris l'habitude de la contacter vous-même » affirma Lionel « Alors que l'état de votre fils se dégradait »

-« Parce que ce que vous aviez a dire ne pouvait être transmis par votre assistante »

-« Ce sont des suppositions rien de plus ! » lança la femme, irritée

-« Elaine s'était plainte à son époux et à sa cousine de votre insistance »

-« Vous mettez ma parole en doute contre celles d'un arriviste et d'une idiote ? » s'insurgea Esther

-« Je suis certain que nous pourrions trouver d'autres témoignages. Notamment celui du professeur qui soigne votre fils et qui nous a signalé que vous l'appeliez tout les deux jours »

Esther allait répliquer mais Patrick intervint :

-« Maman tu n'as pas fait ça dit ? Tu n'aurais pas fait un truc pareil ! »

-« Tais-toi Patrick ! » répliqua la vieille femme, nerveusement

-« Maman j'ai besoin de savoir ! Est-ce que tu as agressé Elaine ? »

-« Non » L'homme fixa intensément sa mère

-« Peux-tu me le jurer ? » insista t-il. Esther se mordit les lèvres, exaspérée, perturbée par le regard pesant de son fils « Maman ? »

-« Mais tais toi donc ! » Explosa celle-ci « Tu ne comprends pas donc pas ! Tu es le seul fils qu'il me reste et elle refusait de te sauver alors qu'elle pouvait le faire! »

-« Maman… » Répéta Patrick choqué « C'est pas vrai » murmura t-il en se laissant retomber dans le fauteuil

-« C'était une égoïste ! Elle devait t'aider ! Tu es le père de ses enfants ! »

-« Non » murmura l'homme en se prenant la tête dans les mains « Dis moi que tu n'as pas fait ça ! » pria t-il douloureusement

-« Tu sais combien de temps il faut pour trouver un donneur compatible ? » s'emporta Esther « Beaucoup plus qu'il ne t'en reste ! Et elle …On vit très bien avec un seul rein ! »

-« Justement Miss Mac Caan, c'est déjà ce que faisait votre ex belle fille » affirma Reese

-« Pardon ? » questionna la vieille femme interloquée

-« Vous avez eu accès à son dossier d'analyse mais peut être pas au compte rendu intégral. Sinon vous auriez su que la véritable raison pour laquelle Elaine refusait d'aider son ex époux c'est qu'elle ne pouvait pas le faire » expliqua John « Lorsqu'elle avait été soignée pour cette infection lors de sa grossesse les médecins avaient constaté que l'un de ses reins était défaillant et ne fonctionnait qu'à 20% de ses capacités. Une malformation de naissance qui se produit assez fréquemment et qui passe souvent inaperçue du patient puisqu'il s'agit d'un organe paire. Cela fait qu'Elaine vit elle-même avec un seul rein fonctionnel et dans ces conditions elle ne pouvait pas aider Patrick »

La vieille femme passa nerveusement sa main dans ses cheveux

-« Et bien dans ce cas l'agression était réellement la seule issue » ironisa t-elle d'un ton amer

Patrick eut un hoquet horrifié devant le cynisme de sa mère

-« Pense ce que tu veux ! La priorité c'était ta vie ! La sienne ne compte plus depuis qu'elle t'a abandonnée »

-« Mais Elaine ne m'a pas abandonnée, nous avons divorcé d'un commun accord ! »

-« J'ai déjà perdu deux fils je ne perdrais pas le troisième ! » martela Esther

-« Tu es monstrueuse ! »

-« Toutefois la résistance d'Elaine a contrarié vos plans » reprit Reese « Et vous avez monté la tête de votre petite fille jusqu'à la convaincre que sa mère était victime d'acharnement thérapeutique pour obtenir d'elle qu'elle exige la fin des traitements même si les médecins ne la préconisait pas »

-« Seulement y'avait toujours un obstacle sur votre route : Marco, qui lui ne voulait pas laisser mourir sa femme »

-« Sa femme » grinça Esther « Disons plutôt la poule aux œufs d'or. Ce pauvre type venu d'on ne sait où. Je ne pouvais pas laisser ce moins que rien gâcher mes plans ! »

-« Alors vous avez tenté de le faire disparaître lui aussi mais ça n'a pas marché » énonça Reese « C'est ce grand oncle militaire chez qui vous passiez un mois chaque été lorsque vous étiez enfant qui vous avait appris certaines "techniques" ? »

-« Comment savez-vous cela ? » répliqua Esther interdite

-« Vos parents ne savez pas quoi faire de vous pendant les vacances alors ils vous envoyaient chez cet oncle un peu spécial que ses manières mettaient au ban de la famille »

-« Oncle Walter était bien plus intelligent qu'il ne le laissait paraitre. Il m'a appris à me défendre ! »

-« Et à vous battre ? » jugea Fusco

-« Voir à fabriquer de quoi vous défendre comme un certain engin explosif tel que celui qui a failli tuer Marco ?»

-« Manque de chance il était en retard ce soir là. Et dans la journée il était trop bien gardé pour que vous puissiez l'approcher » remarqua Fusco

John, qui guettait du coin de l'œil depuis un instant se précipita au devant de Patrick, il essayait péniblement de se lever. Prit d'un malaise, l'homme se serait effondré au sol sans l'intervention de l'ex agent

-« Monsieur Mac Caan » appela t-il, lui administrant une petite tape pour le garder conscient. Très pâle, Patrick semblait respirer avec difficulté, le regard vague

-« Patrick ! » cria Esther en s'élançant vers son fils. Fusco la ceintura

-« Vous lui avez fait assez de mal comme ça » grogna t-il en lui passant les menottes « Vous êtes en état d'arrestation. La femme se débattait, insultant l'inspecteur de tout les noms « Emmenez là » intima t-il à l'agent qui s'était rapproché « Faites gaffe elle est remuante » ajouta t-il comme la coupable se débattait de plus belle cherchant à échapper à l'agent « J'appelle une ambulance » ajouta t-il à l'intention de son complice

-« Elle est en route Lionel » répondit Reese qui venait d'être averti par son associé. Il avait étendu Patrick sur le canapé et s'efforçait de l'aider

-« Il a tout enregistré ? » interrogea Fusco. John hocha la tête pour confirmer « Le choc a été trop rude »

-« J'en ai peur » jugea Reese devant le teint de plus en plus cireux de Mac Caan. Le souffle court, il gardait les yeux obstinément clos comme pour ne plus voir le monde et échapper aux horribles révélations de sa mère

Ils attendirent les ambulanciers qui ne tardèrent pas à arriver. Ils examinèrent brièvement le malade, décidant rapidement de l'emmener compte tenu de son état

-« Ca ne va pas l'aider » marmonna Fusco en les suivant des yeux

-« Non. Son cas est déjà suffisamment grave je crains que cela ne l'aggrave encore davantage »

-« Le pire c'est que si sa mère avait réussi son coup il aurait peut être été sauvé mais je suis pas sur qu'il aurait pu vivre avec tout ça sur la conscience ! »

-« Non. Probablement pas » approuva Reese

-« Je vais retourner au poste. J'espère qu'elle répétera ses aveux parce qu'on n'a pas grand-chose d'autre »

-« Tu trouveras Lionel. Maintenant que tu as la clé de l'énigme tu pourrais faire d'autre découverte ? »

-« Ouais. Et puis les gars de la scientifique ont retrouvé une empreinte sur le minuteur de la bombe. Avec un peu de chance ce sera la sienne »

-« C'est très probablement le cas »

-« Au pire j'ai le numéro d'un génie au cas où » remarqua Fusco

-« N'en abuse pas trop Lionel »

-« Je sais il est chasse gardée ! »

-« Absolument » approuva Reese « Et je vais m'empresser de rentrer chez moi maintenant, j'en ai assez des déménagements ! »

-« Je te rappelle qu'il existe des limitations de vitesse sur les routes ! » se moqua Fusco

-« A l'occasion tu devrais le rappeler aussi à Harold » répondit l'ex agent sur le même ton

-« Ah ouais ? Encore ta mauvaise influence ? »

-« Possible »

Lionel secoua la tête, désabusé

-« A plus superman ! »

John sourit puis se détourna pour aller récupérer sa voiture, pressé de rejoindre son compagnon

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Reese était à peine dans le couloir lorsqu'il dut affronter l'assaut joyeux de son chien. Il finit par se dégager et pénétra dans la pièce principale où il remarqua en même temps les trois livres près de son partenaire, la photo sur le panneau et son associé concentré sur son écran…

-« Finch ! Pas déjà ! » Protesta t-il

-« Je suis navré M Reese »

-« Mais l'enquête vient à peine de se terminer ! »

-« Il semble que ce nouveau cas ne puisse attendre »

-« Et bien il attendra au moins le temps que je vous embrasse » argua l'ex agent en faisant pivoter le fauteuil de son associé pour le tourner vers lui et l'obliger à se lever en l'embrassant aussitôt sans lui laisser le temps de répondre

-« Rassurez vous je n'avais pas l'intention de m'en priver moi non plus » affirma Finch lorsqu'il fut contraint de rompre le baiser

-« Est-ce que la machine sait que j'ai aussi besoin de moments de répit avec son créateur pour rester efficace ? »

-« J'ignore si elle connait ce genre de détail »

-« Alors apprenez-lui » marmonna John en tirant sur sa cravate pour obtenir plus d'accès tout en le faisant reculer vers le canapé

-« Elle n'avait peut être pas prévu que son agent tomberait amoureux dudit créateur ? » suggéra Finch en cherchant à le stopper

-« Elle aurait dû anticiper vous connaissant »

-« John. Si vous me laissiez faire les recherches » murmura l'informaticien en se forçant de repousser les mains de plus en plus curieuses de son partenaire « L'enquête n'en sera que plus vite résolue »

-« Vous ne pouvez pas savoir »

-« Non mais… Si vous continuez… nous serons ralentis » plaida Finch. Reese releva la tête et le fixa indécis. L'informaticien frissonna devant le désir qui faisait briller ses yeux

-« Vous savez ce qui se produit quand je manque de vous ? »

-« Oh oui je sais ! »

-« Et vous êtes prêt à prendre le risque ? »

-« De toute façon vous m'avez déjà promis une soirée très spéciale non ? »

-« Exact » répondit Reese avec un sourire qui en disait long

-« Alors je peux retourner travailler ? »

Reese soupira

-« D'accord » concéda t-il. Finch lui donna un baiser et regagna son fauteuil

-« Ce sera peut être un cas rapide ? » suggéra t-il

Reese ne lui répondit pas faisant mine de bouder. Il ne lui fit pas de remarque. Cela faisait plusieurs jours qu'ils n'avaient pas eu un peu de temps pour eux, sans contrainte, et cela commençait à lui peser à lui aussi. Il collecta les premières informations et communiqua les adresses du domicile et du lieu de travail de leur numéro. Reese ne tarda pas à se mettre en route pour retrouver leur nouveau numéro, Paul Werner, présentement conseiller fiscal dans une banque du centre ville.

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Reese rappela vers 15H

-« Tout va bien Harold ? »

-« Très bien John. Et de votre côté ? »

-« Tout est calme. Notre numéro n'est pas un remuant. En fait plutôt le genre geek qui voyage dans ses fichiers » précisa t-il d'un ton taquin

-« Vous connaissez le sujet on dirait ? » répondit Finch sur le même ton

-« Plutôt bien oui. Et c'est un sujet passionnant »

-« Je n'avais pas remarqué votre intérêt pour l'informatique M Reese »

-« L'informatique pas vraiment. Mais les informaticiens… »

-« "Les" ? » remarqua Finch

-« Un » Corrigea l'ex agent

-« J'aime mieux ça » approuva l'informaticien « Mais à son poste M Werner n'est-il pas censé recevoir quelques clients ? »

-« C'est ce que je pensais aussi mais je n'ai vu personne dans son bureau depuis ce matin à part une collègue avec qui il a partagé un café. Ils ont discuté dix minutes et depuis il n'a pas bougé. A midi il n'est pas descendu à la cantine il avait amené son sandwich et depuis il reste devant son ordinateur »

-« Je n'ai rien trouvé sur ses comptes. Il mène une vie très codifiée en fait. Il va au restaurant tout les dimanches et au cinéma tout les samedis, ce sont ses seules dépenses en dehors des courses. Il a fini de payer son studio et possède de conséquentes économies »

-« Avec son mode de vie c'est logique »

-« En effet. Je ne vois vraiment rien de suspect dans tout cela. J'ai juste remarqué un détail un peu étonnant concernant son travail. Cela fait 32 ans qu'il travaille au même poste de conseiller»

-« 32 ans ? Et il n'a pas évolué ? » S'étonna l'ex agent

-« Justement, j'ai trouvé trace dans son dossier de trois offres qui lui ont été faite, destinées à faire évoluer son poste, chaque fois il les a décliné »

-« Il ne veut pas de promotion ? »

-« Apparemment non. Je pense qu'il est trop habitué à sa routine et ne voudrait pas de nouvelles responsabilités »

-« D'habitude c'est plutôt le contraire ! »

-« Oui c'est surprenant »

-« J'aimerais bien recevoir une promotion » affirma Reese

-« Vraiment ? » demanda Finch surprit

-« Oui. J'ai une idée là-dessus » murmura John

L'informaticien fronça les sourcils, son ton ne lui disait rien qui vaille

-« Et bien parlez en à votre patron M Reese. Mais pour l'instant restons concentré sur M Werner » précisa t-il

John sourit, sentant qu'il était déjoué

-« Maintenant je présume qu'il attend sa mise à la retraite » repris Finch pour recadrer la conversation « Avec ce qu'il a cotisé sur son fond de pension il pourrait y prétendre dans environ trois ans »

-« Ce sera un jeune retraité »

-« Le bénéfice d'une vie d'économie » constata l'informaticien

-« Finch il y a un type qui se dirige vers son bureau » annonça alors l'ex agent « On dirait le directeur, je vais écouter la conversation »

-« Entendu soyez prudent »

-« Bien sur » approuva Reese

Finch raccrocha mais n'eut pas le temps de reposer son téléphone qu'un nouvel appel lui parvenait. Il sourit en voyant le nom sur l'écran et décrocha rapidement.

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OoooooooooO

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Trois quart d'heure s'était écoulé lorsque John rappela son partenaire

-« Oui ?»

-« C'est réglé Finch »

-« Déjà ? »

-« La mission a prit fin rapidement cette fois. Lorsque nous discutions tout à l'heure je vous avais dit qu'un type se rendait dans le bureau de Paul »

-« Je m'en souviens »

-« En fait c'était le directeur adjoint. Il a annoncé à Werner qu'il était promu au poste de sous directeur d'agence, grâce à son ancienneté, en lui présentant la nouvelle comme une évolution logique mais surtout très bénéfique. Cela lui assurait une fin de carrière avec un revenu conséquent et pour une charge de travail sensiblement identique »

-« Et comment a-t-il réagit ? »

-« Il a refusé, comme à son habitude. Sauf que l'autre lui a alors répondu que cette fois ce n'était pas une proposition mais une mutation d'office. Soit il acceptait le poste soit il était viré »

-« C'est incroyable, je n'ai jamais vu d'employé qu'il faille menacer de licenciement pour lui faire accepter une promotion »

-« Je suis d'accord mais visiblement Werner n'y tenait vraiment pas. Il a parut accuser le coup quelques minutes puis a quitté précipitamment son bureau pour se rendre dans celui de l'adjoint qu'il a tranquillement tenté d'étrangler pour se venger. Il y serait peut être parvenu d'ailleurs, la colère rend plus costaud »

-« Mais vous êtes intervenu à temps bien entendu »

-« J'étais là pour ça Finch »

-« Et est ce qu'il a justifié son geste ? »

-« Il a dit qu'il ne tolérerait pas qu'on dérange sa vie » répondit Reese « J'ai l'impression qu'il aurait bien besoin d'un examen psychologique »

-« Hum. Je pense en effet que cet homme avait peut être besoin de quelques soins »

-« C'est le genre de type pas spécialement dangereux mais qui un jour explose sous la pression »

-« Pas le plus coupable » jugea Finch

-« Le vigile avait appelé la police, pour une fois je n'ai même pas eu le temps de prévenir Lionel »

-« Et bien cela lui permettra de souffler un peu »

-« Il va râler pour ses stats » se moqua Reese « Et moi je vais pouvoir rentrer tôt »

-« C'est une bonne chose. Peut être auriez vous le temps de passer chez Cybbertek en revenant à la bibliothèque ? »

-« Bien sur. Un colis a récupérer ? »

-« Oui. Quelques composants »

-« Ok je vous ramène cela »

-« Je termine une mise à jour. Je serais plus disponible à votre retour » « Enfin presque » ajouta mentalement Finch

-« D'accord. A tout de suite »

Reese se mit en route, faisant un détour par le magasin d'informatique pour récupérer la commande de son compagnon. Une heure plus tard il était de retour à la bibliothèque. Il parvint en haut du grand escalier et pénétra dans le couloir. Il fut un peu surpris de ne pas voir Bear venir à sa rencontre selon son habitude. Il entra dans la salle principale et Finch se leva en le voyant. Il s'approcha et le prit par la taille tandis que l'informaticien passait les bras autour de son cou et l'embrassait spontanément

-« Tout va bien Finch ? »

-« Très bien »

Bear surgit à cet instant et se jeta dans les jambes de son maître, tout excité

-« Hey doucement ! » protesta celui-ci « Tu rattrapes ton retard ? » se moqua t-il en le câlinant. Le malinois profita des caresses puis retourna précipitamment vers l'un des rayonnages « Mais qu'est ce qu'il a ? » interrogea Reese, intrigué par son empressement. Il se redressa, un bras toujours autour de la taille de son compagnon qui, lui, posa une main sur son torse

-« De la visite » répondit Finch. L'ex agent fronça les sourcils et ouvrit la bouche pour l'interroger lorsqu'il vit revenir le chien et entendit des pas rapides à sa suite. Lee surgit à son tour du rayonnage

-« Salut John ! » lança t-il joyeusement

-« Salut Lee » répondit celui-ci surprit

-« J'en ai un autre Harold ! » affirma le jeune garçon en montrant un ouvrage à l'informaticien, le tenant devant lui à deux mains et adressant un regard inquiet sur le propriétaire des lieux

-« Va le mettre avec les autres Lee. Je t'ai dit de choisir ce qui te plaira »

Un grand sourire illumina le visage du garçon

-« Vous êtes sympa Harold ! » Clama t-il et il déposa le livre sur une pile érigée sur le coin du bureau et qui en comptait déjà huit de toute les tailles, avant de repartir aussi rapidement qu'il était venu vers un autre rayonnage, suivit comme son ombre par le malinois

-« Vous m'expliquez ? » demanda Reese

-« Lee a un exposé à faire. Il avait besoin d'un livre bien précis que son père ne parvenait pas à trouver en librairie »

-« Et il est venu vous l'emprunter ? »

-« J'avais dit à l'inspecteur Fusco… »

-« Lionel !» cria de loin le garçon

-« …que si Lee avait besoin d'un ouvrage la bibliothèque était à sa disposition »

-« C'est généreux » jugea John « Comme vous » précisa t-il en lui volant un baiser

Lee revint vers le bureau, Bear toujours en sentinelle

-« Quand papa a dit qu'Harold avait une bibliothèque je pensais pas que c'était comme ça. C'est trop cool ici ! »

-« Ravi que cela te plaise Lee »

-« J'adore ! » répliqua le jeune garçon « Mais je ne dirais rien j'ai promis » affirma t-il de son air le plus sérieux tout en vérifiant sa pile

-« Son père lui a bien expliqué que ce lieu devait rester secret »

-« Comme le repaire de Batman ! » précisa le gamin « Et je dirais rien ! » lança t-il en s'échappant à nouveau vers le fond de la salle avec son complice canin sous le regard amusé des deux hommes

-« Vous allez vraiment lui prêter tous ces bouquins ? » chuchota John

-« Lee est un garçon sérieux. Il ne les abimera pas. Son père m'a dit qu'il aimait lire et prenait soin de ses livres »

-« Vous lui faites confiance alors ? »

-« Oui »

-« Je pense que vous avez raison » affirma Reese en posant un baiser dans son cou le faisant frissonner

-« John » gronda Finch. Celui-ci sourit et demanda :

-« Et où est Lionel ? »

-« L'inspecteur Fusco… »

-« Harold ! » appela aussitôt Lee

-« … est allé chercher le déjeuner » acheva l'informaticien « Je crains qu'il ne se soit trouvé quelque peu dépassé par l'enthousiasme de son fils lorsqu'il a découvert ces lieux »

-« C'est parce que c'est trop cool ! » cria le gamin

-« Pauvre Lionel » constata Reese moqueur « Il va être fou quand il va voir la pile »

-« J'en ai bien peur » s'amusa Finch

-« Mais pourquoi vous interrompt-il sans cesse ? » chuchota l'ex agent

L'informaticien soupira

-« Lee ne comprend pas pourquoi je ne nomme pas son père par son prénom comme vous le faite » répondit-il sur le même ton

-« Oh je vois »

-« Il s'est mis en tête de corriger cela »

-« Alors c'est en bonne voie » jugea John

-« Pourquoi dites vous cela ? »

-« Parce que vous avez beaucoup de mal à résister à ce gamin »

-« Hum » marmonna Finch se sentant pris en faute

-« D'ailleurs à ce sujet… »

-« John ne commencez pas ! Comme vous venez de le dire c'est un gamin »

-« Pour l'instant. Mais il va grandir » rétorqua l'ex agent

-« Voulez vous bien être sérieux ! » protesta l'informaticien

-« Soyez moins tentant, je verrais ce que je peux faire » répliqua Reese en nichant son visage dans son cou

Finch pinça les lèvres

-« C'est perdu d'avance avec vous ! » Marmonna t-il. John eut un petit rire. Lee réapparut à l'entré du rayon pour mieux disparaitre dans le suivant

-« Vous allez en faire un rat de bibliothèque »

-«Est ce une mauvaise idée John ? »

-« Pas le moins du monde »

Des pas résonnèrent dans le couloir et Fusco apparut, les mains encombrées de sachets. Bear surgit, fit le tour de l'inspecteur, et retourna vers son copain

-« Salut Superman » lança Fusco en posant ses sacs sur la table

-« Salut Lionel »

-« Bear veut assurer tout les services à la fois »

-« C'est le gardien des lieux » estima son maître

-« Je suis allé chez Zhang et j'ai pris un assortiment »

-« Tu as bien fait Lionel »

Lee revint avec un nouveau livre. Il stoppa son élan en voyant son père

-« T'es déjà là papa ? J'ai pas vu la moitié des étagères !»

-« Charmant l'accueil ! » grogna Fusco « Ca va faire deux heures que t'es là ! »

-« Ouais mais c'est grand ! » protesta son fils « J'ai trouvé mon livre préféré »

-« Mais c'est pas celui là qu'il te fallait. En plus Finch te l'as déjà offert »

-« C'est pas pareil ! Dans cette édition y'a de superbes illustrations ! C'est trop génial ! »

-« Lee ! » Gronda l'inspecteur

-« Harold a dit que je pouvais prendre ce que je voulais ! » l'interrompit son fils et il alla déposer le livre avec les autres, formant une seconde pile pour l'équilibre

-« Hein ? » s'étrangla Fusco en le voyant faire « Mais tu avais besoin d'un bouquin ! T'es pas censé piller la bibliothèque ! »

-« Mais papa y'a que des trucs super ! »

-« Tu n'es pas obligé d'en prendre autant » insista l'inspecteur « Tu pourras revenir une autre fois ! »

-« Oh ça oui ! » s'exclama le gamin

-« Ton père a raison Lee. Emporte déjà ceux là et tu reviendras » proposa Reese

Le garçon fit la moue, déçu

-« C'est plus raisonnable et cela te fera d'autres occasions de voir Bear » ajouta Finch

Cette fois le gamin afficha un large sourire

-« Vous avez raison Harold ! » Il posa le livre qu'il n'avait pas lâché « Je prends juste ça et je reviendrais » confirma t-il « Je vais juste vérifier que tout est rangé » ajouta t-il en retournant dans le rayon

-« Toujours les mots qu'il faut n'est ce pas ? » taquina Reese, posant un bref baiser sur les lèvres de son partenaire qui rougit

Fusco grognait dans son coin

-« Papa c'est cause toujours ! Mais qu'est ce que vous lui avez fait Harold ? »

-« Mais rien du tout inspecteur » répondit Finch amusé. Il vint s'asseoir à la table alors que Lionel déballait les sachets aidé de Reese

-« Celui là c'est le poulet pour Bear » Précisa Fusco en désignant l'un des sachets

-« Inspecteur ! » gronda l'informaticien

-« Vous faites jamais d'extra Finch ? »

Ce dernier le fusilla du regard

-« Tu peux rien faire ? » chuchota Fusco à son complice

-« Le sujet est brulant » remarqua celui-ci sur le même ton.

Lee revint et s'avança jusqu'à la table

-« Tu as pensé à Bear papa ? »

-« Oui le paquet est là » répondit ce dernier en désignant le sachet

-« Chic » jubila le gamin en s'en emparant. Il stoppa son geste et se tourna vers l'informaticien « On peut Harold ? » demanda t-il « Juste une fois ? On ne mange pas souvent tous ensembles ! » Plaida t-il

-« Hum. Il est vrai que cela n'est pas fréquent » concéda Finch « Alors pour une fois… »

-« Ah ! » se réjouit le garçon et il s'empressa de servir le chien
Reese et Fusco échangèrent un regard puis se tournèrent d'un même mouvement vers l'informaticien

-« Finch ! » s'exclamèrent-ils d'une seule voix

-« Quand c'est moi vous râlez ! » protesta John

-« Et moi j'ai droit à un sermon » renchérit Fusco

Finch baissa les yeux, embarrassé

-« C'est un peu… différent » risqua t-il « Vous êtes des adultes… » Constata t-il cherchant une excuse valable à sa faiblesse

-« C'est un peu fort ! » affirma Reese

-« C'est injuste ! » insista Fusco

Lee leva la tête et fixa l'ex agent

-« John, ne faites pas semblant d'être fâché contre Harold c'est pas crédible » énonça t-il tranquillement « Et toi papa tu dis toujours qu'un invité ne dois pas critiquer son hôte, donc t'as pas le droit de critiquer Harold » ajouta t-il en se tournant vers son père qui lui adressa un regard stupéfait

-« On dirait que vous vous êtes trouvé un défenseur Finch ! » grinça l'ex agent

-« Ouais ! Le premier qui embête Harold on s'en occupe Bear et moi » confirma Lee l'air sérieux et le chien jappa comme pour l'approuver

-« C'est un complot » marmonna Fusco

-« Ca m'en a tout l'air » approuva Reese

Finch n'osa pas répondre, résistant difficilement à l'envie de rire devant l'air sérieux du gamin et les mines déconfites des deux complices

Deux " clan" se formèrent. Reese et Fusco d'un côté, discutant à mots couverts de leurs dernières enquêtes. Finch et Lee bavardant de divers sujets au gré de l'imagination du gamin. Bear en trait d'union.

Finalement Fusco consultât sa montre

-« Va falloir qu'on rentre. Tu prépares tes livres Lee ? »

-« Ok » le garçon quitta la table et se dirigea vers la pile. Finch le suivit

-« Je vais te donner une sacoche. Ton sac à dos n'y suffira pas »

-« Merci Harold »

-« Ca va aller pour ton exposé ? »

-« Je vais lire le roman dès ce soir. Il n'a pas l'air trop gros et pour l'instant je dois connaitre que les trois premiers chapitres »

-« Alors ça devrait aller » estima Finch

-« Je lis vite ! »

-« C'est bien mais l'essentiel est avant tout de comprendre ce qu'on lit » objecta l'informaticien

-« C'est vrai mais j'y arrive » précisa Lee « Je ne comprends pas pourquoi le prof nous a imposé ce livre » jugea t-il en fixant l'ouvrage « Il est difficile à trouver. Certains de mes copains sont bloqués à cause de ça »

-« Oh. Et comment vont-ils pouvoir étudier ? »

-« La responsable de la salle de lecture a récupéré un exemplaire et elle va faire des photocopies. C'est pas pareil mais bon… »

-« Cela leur permettra de travailler »

-« Ouais »

-« Si tu as besoin d'aide… » Suggéra Finch

-« Merci Harold. C'est gentil. Vous l'avez déjà lu ? »

-« Oui. Il y a longtemps mais je m'en souviens. Ton père va t'aider aussi »

-« Papa est pas trop doué pour les dissertations. Parce qu'il est trop habitué à écrire des rapports »

-« Ils demandent moins d'imagination » constata Finch

-« Mais souvent il me relit et il me souffle des trucs. Il a toujours des bonnes idées » L'informaticien sourit à l'admiration tranquille du gamin pour son père « Mais cette fois il pourra peut être pas » ajouta Lee et Finch s'étonna en voyant son regard s'assombrir brusquement

-« Pourquoi pas ? » demanda t-il

Le garçon ne répondit pas tout de suite, rangeant le livre dans son sac puis en classant un autre dans la sacoche

-« Ce soir il va voir une collègue » dit-il finalement

-« Ah oui ? » répondit Finch perplexe

-« Elle l'a invité »

-« C'est une bonne chose non ? » hasarda l'informaticien

-« Mouais » marmonna Lee

-« Tu n'as pas envie que ton père ait une amie ? » demanda prudemment son vis à vis

-« Si. Ca me ferais même bien plaisir »

-« Mais ? »

-« Pas celle là »

-« Tu l'as déjà vu ? »

-« Une fois »

-« Et elle ne t'as pas plu ? »

Le gamin pinça les lèvres, ennuyé

-« Tu sais Lee ce n'est pas bon de juger les gens trop vite. Tu ne l'as vu qu'une fois, ce n'est pas suffisant. Prends le temps de faire sa connaissance, tu pourrais être surpris ? »

-« C'est pas ça » marmonna Le garçon

-« Explique-moi alors » intima patiemment l'informaticien « Je ne dirais rien tu le sais ? »

-« Oui » affirma le gamin, confiant « En fait c'est juste que moi, quand je croise des gens, ben soit je les sens bien, soit je les sens pas. C'et comme si y'avait des ondes vous comprenez ? » Demanda t-il avec un regard interrogateur

-« Cela peut arriver chez les personnes très intuitives » approuva Finch

-« Vous me croyez ? »

-« Oui bien sur, je sais que cela existe »

-« Papa dit que je me fais des films. Mais c'est vrai vous savez. Quand je croise un nouveau je sais tout de suite si on va être copain et je ne me trompe pas souvent. J'avais un copain une fois. Je l'avais mis en garde contre un nouveau que je sentais pas et il ne m'a pas cru et après il l'a bien regretté »

-« Je pense que tu as raison de suivre tes intuitions » jugea Finch après quelques secondes de réflexions « Toutefois il ne faut pas non plus juger trop vite, laisse une chance à cette "collègue" Peut être que les débuts seront compliqués puis cela s'améliorera ? »

-« Peut être bien » concéda le gamin « Moi je veux bien faire des efforts »

-« J'en suis sur. Tu es un gentil garçon »

-« Merci Harold. Vous êtes chic »

-« Et si ça ne va pas… »

-« Je vous raconterais » approuva Lee en baissant la voix avec l'air d'un conspirateur

-« D'accord » répondit Finch sur le même ton

L'appel de Fusco les interrompit

-« Tu es prêt Lee ? »

-« Oui papa » répondit ce dernier en fermant la sacoche. Lionel s'était rapproché et il la saisit

-« Elle pèse une tonne ! » protesta t-il

-« C'est le poids de la science inspecteur » remarqua Finch avec un clin d'œil vers Lee. Celui-ci sourit et vint poser un baiser sur sa joue pour lui dire au revoir, avant de faire quelques caresses à son copain canin

-« Allez en avant ! Merci Finch. Je vous rapporterais tout ça quand il aura fini »

-« Rien ne presse »

-« A plus les gars »

-« Salut Lionel. A bientôt Lee » répondit Reese que le garçon venait saluer. Il les regarda s'engager dans le couloir puis s'avança vers son partenaire et l'enlaça, posant le menton sur son épaule. Finch posa spontanément ses mains sur les siennes « A bientôt car j'ai dans l'idée qu'on n'a pas fini de voir ce gamin trainer dans le coin »

-« Ah oui ? » demanda Finch d'un ton innocent

-« Il est totalement sous le charme de ces lieux et surtout de leur propriétaire »

-« Et ça vous déplaît ? »

-« Oui ! » grogna Reese « En plus vous faite du favoritisme en le laissant nourrir Bear »

Finch gloussa devant l'air rancunier de son partenaire

-« Quelque chose me dit que je vais souvent entendre cette remarque »

-« Evidemment ! »

-« Vous n'avez pas le même âge M Reese »

-« C'est heureux pour lui » rétorqua l'ex agent

Finch se laissa aller en arrière, posant la tête contre son épaule et ferma les yeux

-« Quelle importance si ce n'était pas le cas ? » murmura t-il « Puisque vous êtes le seul qui compte ? » Il sentit le frisson que ses mots firent naitre chez son compagnon. John enfoui son visage dans son cou en le serrant un peu plus

-« Tricheur » l'entendit-il marmonner et cela le fit sourire. Ils restèrent ainsi quelques minutes à profiter de l'autre puis Finch demanda :

-« Vous saviez que l'inspecteur Fusco a une amie ? »

Reese redressa la tête

-« Lionel ? Il a une petite amie ? » Interrogea t-il perplexe

-« Juste une amie pour l'instant. Une collègue apparemment »

-« Il m'a caché ça ! C'est Lee qui vous l'a dit ?»

-« Oui car cela semble l'inquiéter »

-« Pourquoi ? »

-« Je crois que le courant ne passe pas trop entre lui et cette femme »

-« Jalousie ? »

-« Non. Ce n'est pas l'impression que j'ai eu »

-« Je ne pense pas que Lee soit comme ça » approuva John

-« En fait c'est un enfant très intuitif et visiblement il est inquiet mais il n'a vu cette femme qu'une seule fois. Je lui ai conseillé d'attendre avant de la juger trop vite »

-« Il ne faut pas s'arrêter aux apparences » murmura Reese, bien placé pour le savoir. Finch le comprit et caressa doucement sa main

-« A voir comment cela va évoluer »

-« Quel cachottier tout de même » grogna l'ex agent

-« C'est le début. Si cela devient sérieux nous le saurons » estima l'informaticien

-« Et je pourrais enfin lui rendre ses taquineries ! » se réjouit Reese avec un sourire satisfait

-« Oh ! Quel gamin vous faites ! » Protesta Finch

Reese eut un petit rire

-« C'est dans ma nature » Il fit pivoter son partenaire dans ses bras « J'ai envie de vous embrasser. Ca aussi ça me vient naturellement »

-« Mais bien sur » ironisa Finch en le laissant faire

-« Et vous avez une injustice à vous faire pardonner ! » insista Reese en dénouant sa cravate.

Mais alors que les baisers devenaient un peu trop impatients et les mains un peu trop inquisitrices, une sonnerie bien connue les interrompit

-« Oh non ! Pas encore ! » Protesta Reese. Il posa son front contre celui de son partenaire « N'avons-nous plus droit au moindre moment de répit ? » soupira t-il

-« J'aurais préféré moi aussi mais visiblement les affaires se succèdent » constata Finch en lui caressant la joue

-« Je déteste quand elle fait ça ! » murmura l'ex agent

-« Je doute qu'elle choisisse son moment John »

-« Parfois je me le demande ! »

-« C'est une machine M Reese » remarqua Finch

-« Oui mais une machine particulièrement intelligente comme son créateur et qui pourrait bien vouloir garder son attention ! D'ailleurs vu ses agissements ces derniers temps j'en suis même certain ! Deux missions dans la même journée c'est suspect !»

-« Oh ! Vous êtes impossible ! » Gronda l'informaticien « Allons plutôt nous mettre au travail » jugea t-il en tachant de remettre un peu d'ordre dans sa tenue

-« Vous ne perdez rien pour attendre M Finch !» marmonna John

-« C'est votre menace préférée M Reese ! » se moqua son partenaire

-« Ah mais cette fois je suis sérieux ! »

-« Hum ? »

-« Vous verrez ce que je vous réserve »

-« Qu'allez vous encore inventer ? » interrogea Finch en prenant place dans son fauteuil

-« Que faut-il vous ramener ? » éluda l'ex agent

-« Vous n'avez pas envie de me répondre ? »

-« Non. Vous ne saurez rien »

-« Mais c'est peut être parce qu'il n'y a rien à savoir ? » taquina Finch

-« N'insistez pas. Je me venge »

-« D'accord. Mais autant vous prévenir que vous ne me faite pas peur »

-« Ca viendra »

Finch lui adressa un regard en coin mais renonça à répondre lui indiquant simplement ce dont il avait besoin. Comme d'habitude il rassembla les premières informations mais il manquait d'enthousiasme. Les missions s'étaient succédées à un tel rythme ces derniers jours. Ils n'avaient pas vraiment eu de temps à eux et le besoin de le retrouver se faisait sentir. Il devina la même frustration chez son compagnon à la façon dont il l'embrassa, longuement, presque désespérément, avant de partir. Il assista à son départ pour leur nouvelle mission avec ce traditionnel petit pincement au cœur, signe de son inquiétude à le voir s'éloigner pour une nouvelle enquête dont nul ne savait ce qu'elle pourrait leur réserver mais avec en plus une certaine sensation de manque…