(Disclaimer: Les personnages appartiennent tous à Square Enix, mais Telian, Gillian, Yakino, Frongeon, Senki, Amine, Morah, Élion, Soluènn et les professeurs et élèves de l'école sont mes créations)
Chapitre 14:
Réflexions, souvenirs et pensées
La serre de combats était un endroit infesté de monstres au milieu d'une luxuriante végétation tropicale, mais il existait une petite arène isolée, coupée des monstres, où l'on pouvait s'entraîner à utiliser la magie.
C'était un endroit large et rond, creusé dans le sol, avec des murs de pierre claire. Une cascade coulait dans un coin du cercle, en prévision des sortilèges de feu, pour éviter que toute la serre prenne feu.
Une fois seule dans le grand cercle, Telian réfléchit. Par quoi commencer ? La matéria, elle était curieuse de découvrir ses capacités. Après tout, cela faisait deux ans qu'elle errait sur cette planète, et jamais elle n'avait eu l'occasion de se servir d'une matéria.
Pourtant, elle avait peur. Après tout, cette chose avait tué sa meilleure amie ! Elle aurait dû demander à Yakino de l'assister, mais cette dernière était avant tout un professeur, elle avait des cours à donner dans l'école ! Mais Kadaj et les autres auraient pu rester, non ?
Yakino veut que je me débrouille seule, comprit la jeune fille.
Très bien, elle allait faire ses preuves ! Se campant au milieu de l'arène, elle prit la matéria dans ses mains et réfléchit. Bon, que faire, maintenant ?
La matéria blanche semblait chaude au toucher mais la surface réfléchissante, lorsqu'elle l'approcha de sa joue, était aussi froide qu'un bloc de glace. Une petite lueur semblait régner à l'intérieur du globe, comme une conscience. Telian comprit que c'était la même chose qu'un poisson rouge dans un aquarium: il allait et venait dans l'eau, inlassablement, faisant pourtant des mouvements différents à chaque nouveau passage.
La jeune fille s'efforça de puiser de l'énergie en elle, comme lorsqu'elle avait utilisé sa limite au combat sur la place d'Edge. La lueur dans la matéria devint un doux balancement, puis l'ondulation régulière d'une lueur blanche.
Telian émit une exclamation muette mais victorieuse. Quelque chose se passait, elle le sentait!
Soudain, la matéria se mit à briller. Sa lueur n'était pas verte, mais argentée. Son rayon enveloppa Telian. La jeune fille ferma les yeux. C'était doux et chaud…
Mais soudain, elle remarqua quelque chose d'étrange. Sous elle, le sol devenait blanc. Que se passait-il ? Elle ne sentit plus la dureté de la pierre sous ses pieds.
Elle tomba dans le vide, et atterrit… dans un immense champ de fleurs. La jeune fille regarda autour d'elle.
« Ah ! Enfin, te voilà. »
Telian se retourna, et resta bouche bée.
« Aéris ! »
La jeune fille en rose lui offrit son plus beau sourire.
« Tu as retrouvé la matéria blanche. Tu as reçu le Manith qui te revenait de droit. Tu vois quand tu veux, tu peux devenir une grande Tabhaisaver ! »
« Quoi ? Je suis une grande magicienne depuis toujours, et tu ne t'en aperçois que maintenant ? » dit Telian, pour plaisanter.
«Je te fais un compliment et tu deviens orgueilleuse ? »
Les deux filles éclatèrent de rire. Telian se sentit beaucoup mieux. Son amie lui avait tant manqué! Mais après cet échange, Aéris parut triste.
« Cloud n'a pas été très gentil avec toi, je suis désolée. Je croyais qu'il avait changé, après toutes ces aventures et le temps passé, mais… »
Telian se souvint de la crise qu'elle avait piquée, au 7th Heaven, devant tous les membres d'Avalanche.
« Oh, ce n'est rien, je t'assure ! »
« Elle a raison, ne te critique pas comme ça ! » dit une autre voix.
Les deux filles se tournèrent sur la gauche, et virent un garçon aux cheveux noirs hirsutes. Aéris sourit.
« Zack… »
Telian fronça des sourcils. Qui était ce jeune homme? Il avait des yeux Mako et le même genre de tenue que Cloud.
« Telian, je te présente Zack Fair, mon petit-ami. Zack, voici Telian Riddle, ma Tabhaisaver. »
Le garçon sourit à Telian.
« Enchanté. Aéris m'a beaucoup parlé de toi. »
Il lui serra la main. Telian ressentit une affinité croissante pour lui. Pas étonnant qu'Aéris ait craqué pour ce garçon, Zack attirait vite la sympathie des autres.
« Aéris, il faut que tu saches : moi et des amis cherchons les autres Maniths, mais nous ne savons pas où ils sont. Tu as une idée ? »
Le sourire de la jeune fille disparut.
« Ces objets sont dangereux, tu sais ? S'ils ont été égarés, c'est pour mieux protéger la planète ! Tu as conscience de cela ? »
« Je sais, mais Rufus Shinra en possède deux, il veut tuer Kadaj et ses frères, et… il veut me capturer. En plus, une bande de Tabhaisavers exilés cherchent les Maniths, eux aussi, pour détruire la planète ! C'est pour ça que je les cherche. Je veux empêcher un nouveau drame de se produire. S'il vous plaît, aidez-moi ! »
Aéris et Zack se regardèrent un moment. Quand la Cetra prit la parole, ce fut d'un ton grave et solennel:
« Nous ne pouvons pas faire grand-chose, Telian, mais… promis, nous ferons tout pour te soutenir. Zack et moi-même essaierons de localiser les autres Maniths à travers la Rivière de la Vie. Ce ne sera pas difficile, j'ai pu faire beaucoup depuis que je suis ici, en contact avec les autres esprits de la planète. Mais toi, tâche de bien t'entraîner. Garde la matéria blanche avec toi comme un talisman, elle renforcera tes pouvoirs. Sans compter le médaillon du dragon que t'a donné ta grand-mère, il te permet de contrôler ta force. Et apprends à manier le Manith de l'air. »
« Le Manith de l'air ? »
« L'oiseau bleu. »
« Ah. »
Telian s'assit dans l'herbe fleurie. Aéris et Zack en firent autant.
« Vous… tu connaissais ma grand-mère, Aéris ? Tu savais qu'elle était une Tabhaisaver ? »
« Non, mais ma vraie mère, Ifalna, m'avait parlé d'elle. Ta grand-mère était une grande Clairvoyante, peut-être l'une des meilleures lors de l'emprisonnement de Jenova. »
« Quoi ? Mais c'était il y a plus de 2000 ans ! »
« Le temps ne s'écoule pas à la même vitesse entre ici et ta planète. »
Telian baissa la tête.
« Vous croyez qu'un jour je retrouverai ma planète? Ma famille, ma maison… »
« Si tu le souhaites, tu y parviendras ! Pourquoi as-tu l'air si inquiète ? » dit Zack en posant une main sur son épaule.
« Je… sans Gillian, ce ne sera plus tout à fait pareil. Et comment pourrai-je annoncer sa mort à ses parents, quand je reviendrai ? Ils ne me croiront jamais ! »
Telian croyait avoir cessé de pleurer depuis longtemps sur ce sujet. Mais non, apparemment. Elle sentit les larmes monter de nouveau à ses yeux. Aéris la prit dans ses bras.
« Je sais que tu ne culpabilises plus, Telly. Mais tu as le droit d'être triste pour ta meilleure amie d'enfance. Alors pleure, ne te retiens pas. »
Bercée par la voix et la chaleur de la jeune fille, Telian s'assoupit.
XxXxXxXxXxX
En salle de cours de sciences, Lucrécia était assise à son bureau. Les élèves de sa classe étaient tours assis à leurs tables respectives, plongés dans l'étude d'un texte de sciences.
La jeune femme attendait qu'ils aient fini leur lecture pour corriger un exercice. Mais en cet instant, Lucrécia ne pensait pas du tout à son travail de professeur.
Elle pensait à ce que Telian lui avait dit. Ainsi, elle avait rencontré Vincent… Ce nom avait ramené une foule de souvenirs et de sentiments complexes en Lucrécia.
Elle s'était crispée lorsque Telian lui en avait parlé, parce qu'elle ressentait surtout de la culpabilité. Quand avait-elle vu le jeune homme, pour la dernière fois ?
C'était il y a si longtemps… et ce n'était pas un bon souvenir.
Lucrécia ouvrit les yeux. Elle avait encore la tête qui tournait. Combien de temps avait-elle dormi, droguée par Hojo ?
Son ventre était douloureux. Son fils était né depuis deux jours, et elle venait seulement de se réveiller. Elle avait dormi à cause des drogues d'Hojo. Il jugeait qu'elle avait besoin de beaucoup de repos pour se remettre de l'accouchement. Lucrécia vit un pansement sur son bras, à l'endroit où le scientifique avait piqué.
La jeune femme mit du temps à se souvenir de tout ce qui s'était passé. Chaque jour depuis qu'elle était enceinte, elle avait subi des injections de Mako et de cellules de Jenova.
Parfois, Hojo avait poussé l'expérience plus loin et obligé la jeune femme à être enfermée dans un tube où il l'irradiait de Mako pendant des heures. C'était éprouvant, autant physiquement que mentalement.
Heureusement, à mesure que le temps passait et que le bébé grandissait dans son ventre, la future mère était obligée de rester au lit. Elle ne pouvait donc plus se faire irradier à la Mako dans un tube. Mais à la place, elle recevait de douloureuses injections.
Lucrécia s'assit sur le lit. Elle voulut se lever, mais elle sentit que ses jambes étaient trop faibles pour la porter. Elle avait envie d'aller voir son bébé. Allait-il bien ? À quoi ressemblait-il ?
Soudain, elle entendit un bruit. On aurait dit un coup de feu. Ça venait du laboratoire. Mue par un mauvais pressentiment, Lucrécia enfila sa blouse de scientifique et ses chaussures puis, au prix d'un effort, elle parvint à se lever.
La main sur son ventre endolori, elle se dirigea vers le laboratoire. Le rire dément d'Hojo lui parvint bientôt. Elle entra et vit quelque chose de long et sombre étalé sur le parquet. Elle mit quelques secondes avant de réaliser qu'il s'agissait de Vincent. Il gisait sur le sol, allongé sur le ventre. Et Hojo, debout devant lui, riait, un fusil à la main. Le canon de l'arme fumait encore.
« Hojo… Qu'as-tu…? » murmura Lucrécia, d'une voix sourde.
Pour toute réponse, Hojo rit de plus belle. Vincent remua légèrement.
« Lu… cré… ci…a ! » dit-il dans un dernier souffle.
Horrifiée, Lucrécia mit les mains à sa bouche et recula de quelques pas. Hojo venait de tuer Vincent!
Lucrécia se prit la tête dans les mains. Il était mort par sa faute. Elle se souvenait, un peu avant de succomber aux drogues une journée plus tôt, elle avait demandé à Vincent le droit de voir son bébé, de dormir avec lui dans ses bras.
Mais plus tard, Hojo avait révélé son véritable visage.
Lucrécia fit quelques pas dans sa chambre. Physiquement, elle allait mieux, mais elle était désespérée. Vincent était mort. Elle l'avait isolé dans le réacteur, dans un tube avec le traitement et le branchement de machines nécessaires pour le maintenir en vie, mais cela ne suffisait pas. Elle devait se dépêcher si elle voulait empêcher la dégradation des tissus.
Mais en même temps, elle souffrait mentalement. Elle était inquiète pour Sephiroth, son fils. Hojo ne l'avait même pas laissée entrer dans son laboratoire. Elle n'avait même pas vu son fils, et elle se sentait coupable. Elle repassait inlassablement la scène devant ses yeux. Les mots résonnaient dans sa tête, comme un film qu'elle ne pouvait oublier, qui hantait son esprit.
Elle avait cherché son enfant des yeux, mais la pièce était vide. Elle avait alors supplié Hojo, elle l'avait pris par les épaules et secoué, mais le scientifique n'avait rien fait.
« Rends-le moi ! Rends-moi mon fils ! »
« Je l'ai emmené pour une expérience. Est-ce que cela t'intéresse ? »
Elle l'avait lâché, horrifiée. Il tenait son fils entre ses mains et commençait déjà le traiter comme un vulgaire spécimen, quelques jours seulement après sa naissance !
« Quoi ? Oh ! Je ne sais pas… Je ne sais pas, je m'en moque ! Laisse-moi le voir ! Rien qu'une fois ! »
Mais il n'avait pas cédé. Elle était maintenant seule dans le laboratoire, au réacteur. Et elle était désespérée.
C'était de sa faute si Hojo était devenu fou, parce qu'elle l'avait laissé faire une expérience aussi insensée sur un enfant. Son enfant. C'était de sa faute si son fils souffrait. C'était de sa faute si Vincent était mort, tué par le fusil d'Hojo, un jour où il avait décidé de les sauver, elle et son fils. Hojo l'avait tué dans son laboratoire, alors que le Turk s'apprêtait à le combattre.
Elle s'en voulait terriblement. Sephiroth et Vincent… C'était de sa faute !
Et si elle avait écouté le Turk, rien de tout cela ne serait arrivé. Vincent serait encore en vie, elle embrasserait son bébé… Peut-être qu'elle aurait pu fonder une famille avec Vincent ? Mais maintenant, il était trop tard pour le savoir. À cause d'elle.
Lucrécia sursauta. La cloche venait de sonner, c'était la fin des cours de l'après-midi. Les élèves se levèrent et sortirent. Plusieurs lui sourirent et lui dirent au revoir. Tous aimaient beaucoup la jeune femme, qu'ils trouvaient gentille. Elle ne les critiquait jamais sur leurs erreurs, elle ne veillait qu'à leur compréhension des leçons et l'amélioration de leurs résultats.
Mais Lucrécia trouvait la sympathie des élèves déplacée. Ils ignoraient tout d'elle, de ses erreurs. Pourtant… même Kadaj l'aimait bien, il le lui avait clairement expliqué dans la serre de combat.
Cela n'ôte rien à mes erreurs. Désolée, Telian, mais je ne pourrai jamais revoir Vincent. J'ai trop honte, trop peur… Je ne veux plus revivre quoi que ce soit me rappelant mon passé, de près ou de loin !
Et pourtant, une part d'elle-même était frustrée. Mais qu'importe. Elle ne reverrait jamais Vincent, et il ne lui pardonnerait jamais. Il la croyait morte, et cela valait mieux. S'il vivait avec ses propres amis, tant mieux pour lui. Il avait réussi à reconstruire quelque chose, et elle pourrait lui causer des ennuis si jamais elle le revoyait.
Il pourrait abandonner Avalanche et rester avec elle pour protéger Telian et les autres. Il renierait ses amis par amour pour elle, et elle ne méritait pas un tel sacrifice ! Elle ne voulait pas être la cause de son malheur, encore une fois.
Oui, Lucrécia préférait rester isolée sur cette île, à enseigner aux élèves, à mener une vie banale de professeur de sciences, une vie paisible, simple et sans soucis avec les autres professeurs et ses amis Telian, Kadaj, Yakino, Senki, Frongeon…
Ainsi, tout irait mieux. Jamais Lucrécia n'opterait pour le changement. Bien résolue, elle sortit de la salle pour aller à la cafétéria.
Elle demanda au serveur un café, bien noir comme ses pensées.
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Lorsque Telian ouvrit les yeux, elle était de nouveau dans l'arène de la serre de combat.
Se redressant, la jeune fille jeta des regards circulaires. Elle vit la matéria blanche sur le sol. Deux fleurs avaient poussé à côté. Deux fleurs blanches, comme celles dans le champ où elle avait vu Aéris et Zack.
Telian les prit et les noua dans l'élastique de sa queue de cheval. Elle sentit le sel qui collait à ses joues, mais elle s'en moquait. La discussion avec ses amis lui avait fait du bien. Il était temps de reprendre l'entraînement.
La jeune fille rangea la matéria dans le creux du bracelet que la Cetra lui avait offert, il y avait deux ans. Ce bijou ne l'avait jamais quitté. Un dragon et un phénix étaient gravés à l'intérieur, le symbole du Tabhaisaver, alliant la magie et la renaissance.
Telian sortit le deuxième Manith de son sac: l'oiseau de cristal bleu. Un objet capricieux, ce qui était arrivé à Frongeon en était la preuve. Sans parler de la façon dont Telian avait atterri sur Cloud, devant la porte du 7th Heaven !
Élion avait posé cet objet sur sa route pour lui tendre un piège. Mais Yakino disait l'avoir désensorcelé.
Bon, comment je me sers de ce truc? Il peut faire quoi, au juste, d'ailleurs ? Aéris dit que c'est le Manith de l'air… alors, je peux faire des trucs comme voler ou soulever des trucs par la pensée ?
Telian le serra fort dans ses mains. C'était le moment de vérité.
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Alors ? Qu'en pensez-vous ?
Ysa666, j'espère que cela a éclairci la question que tu m'avais posée sur la relation Lucrécia-Vincent. Et encore pour ta fic, j'ai adoré le dernier chapitre !
Et merci à tous ceux qui continuent de me lire ! Bon, ça continue…
