Keith l'attendait avec Cosmo, dans la même tenue que plus tôt. Avant même qu'il ne lui demande ce qu'il lui voulait, car ce rendez-vous n'était pas très discret, l'autre prit la parole.

- J'aimerais que tu me suives, pour te montrer un peu comment c'était quand j'étais petit...

C'était timide et adorable, comment diable aurait-il pu refuser ?

- Je te suis, sourit doucement le cubain.

Le paladin rouge sourit, et ouvrit la marche. Le trajet jusqu'à la cabine qu'il occupait partiellement à l'époque était assez long, mais Lance ne s'en plaint pas. Il se rendit sur le côté, et découvrit un peu de bois brûlé dans le sable. Un silence presque religieux prit place, et il sut que ce que Keith était en train de faire, c'était de lui ouvrir son cœur.

- Ma mère m'a expliqué que la maison dans laquelle je suis né était juste ici... Une maison dans laquelle mon père a été brûlé vif...

Ne sachant quoi dire, il garda le silence, et déglutit difficilement en pensant à une mort aussi horrible. Sa main se fit doucement capturer pour l'emporter à l'intérieur de la cabine. Il examina les lieu plus en détail que la dernière fois, impressionné par tous les équipements et les recherches sur le tableau de liège.

Sur le côté droit, une porte menait à la dépendance rajoutée lorsque Keith avait commencé à chercher Shiro. Elle contenait surtout beaucoup de bazars mécaniques et électriques, mais avait également des toilettes sèches, et un bac qui devait lui servir d'endroit pour se laver.

Tout était couvert de poussière, et respirait la précarité. Savoir que son compagnon avait vécu là dedans, seul, pendant dès années lui crevait le cœur. Il contourna la table basse, et se tourna dans le but de s'asseoir sur le canapé. Keith se raidit et cria.

- Ne t'assois pas ici !

Ce fut si soudain qu'il sursauta en se cambrant douloureusement pour se rattraper sur le dessus du dossier et l'accoudoir. Avec beaucoup de mal, il parvint à se redresser, et dévisagea son ami dans le but d'avoir l'explication d'une telle frayeur. Il n'eut le droit qu'à un regard détourné, et un visage blême. Préférant ne pas pousser son interrogatoire, surtout en vu du mal aise profond du jeune homme, il continua son analyse. Puis, il tiqua.

- Tu n'as pas de lit ? demanda-t-il en voyant la couverture sur le dessus du canapé.

- Non, j'avais juste... Ce... Canapé..

Wow, qu'importe ce qui s'était passé avec ce canapé, ça avait l'air terrible...

Pour le sauver de son embarra sans nom, il accepta de changer de sujet, passant ses doigts sur le bureau pour voir la couche monumentale de poussière.

- Tu as habité ici longtemps ?

- Quand mon père est mort, lorsque j'avais sept ans, j'ai trouvé cette cabine. J'ai ressentis quelque chose en venant ici, alors j'ai décidé d'y rester. Quand Shiro l'a appris, un an et demi plus tard, il m'a emmené avec lui. Je revenais ici régulièrement, j'aimais bien. Et j'y suis resté le temps de le chercher lorsqu'il a disparu.

- Alors, il t'a pris comme un chaton qu'on trouve dehors ? pouffa Lance en essuyant sa main sur son tee-shirt.

- En fait, il m'a d'abord emmené à la garnison avec toutes mes affaires, et a expliqué la situation à Adam. Je les voyais se disputer plus loin, mais Adam n'a pas mis longtemps avant d'accepter que j'habite avec eux.

- Tu avais beaucoup d'affaires ?

- Juste un sac avec quelques vêtements.

- C'était peu..., remarqua-t-il tristement en se tournant doucement vers lui.

- Eux non plus n'avait pas grand chose, ils n'avaient même pas de maison.

- Mais alors comment...

- Ils en ont trouvé une dans la semaine, et on a emménagé dedans dès qu'on a pu. Enfin, Adam nous a rejoint après quelques mois.

Keith poussa une caisse à outils du bout du pieds, un petit sourire nostalgique fleurissant sur ses lèvres.

- Elle était encore en état, mais pas mal de travaux restaient à faire, surtout au niveau électrique. Ça m'a aidé à penser à autre chose, et apprendre à mieux connaître Adam.

Lance sourit doucement.

- Suis-moi, requêta doucement son camarade.

Il le suivit dehors, et ils marchèrent à nouveau jusqu'à arriver à la maison de Shiro. Elle était petite, sobre, mais chaleureuse, un petit carillon de bois semblant ancien pendant au bord du porche. Ils entrèrent en retirant leurs chaussures, et Keith indiqua le salon pour inviter son ami à s'asseoir.

- J'ai le droit de toucher ce canapé sans que tu ne hurles au scandale, cette fois ? plaisanta Lance.

Keith baissa la tête en devenant à nouveau blême, et accéléra le pas vers la cuisine. Intrigué d'un mal aise aussi profond, il haussa un sourcil, mais accepta de laisser tomber. Il examina les lieux, et fini par tomber inévitablement sur la photo sur l'étagère face à lui. Il se leva pour se rapprocher, mais n'osa pas toucher le cadre. Un sourire attendrit étira ses lèvres.

Son amant revint avec deux grands verres d'eau frais, et il en accepta un avec plaisir. Lorsque Keith vit ce qu'il regardait, il sourit aussi, et prit la parole.

- Un jour, Adam a débarqué à la maison, complètement surexcité. C'était la première fois que je le voyais autrement que sérieux et calme. Il m'a demandé si je voulais aller pêcher. Je ne savais pas comment c'était, alors j'ai accepté de le suivre. Shiro nous a rejoint après ses classes, et on a passé un bon moment.

- Ce poisson était énorme, admira Lance.

- Il a bien manqué de m'attirer au fond du lac.

Ils pouffèrent, l'un se remémorant la scène, et l'autre imaginant sans mal la panique des deux adultes qui avaient certainement dû retenir le pauvre enfant de toutes leurs forces. Le petit Keith sur la photo semblait aussi impressionné par la taille du poisson, que fier de l'avoir attrapé. Ses grands yeux pétillaient de mille feux, et il serrait l'animal contre lui en le tenant haut.

À sa gauche, Adam semblait être quelqu'un de sérieux et responsable qui était capable du meilleur, surtout pour ceux qu'il aimait le plus. Et Shiro, de l'autre côté, qui avait l'air aussi amusé que soulagé que tout ce soit bien passé malgré tout : fidèle à lui même. Tous deux avaient une main sur l'épaule du garçonnet, l'entourant chaleureusement. Cette photo représentait un portrait familial compliqué, mais unis par des liens plus fort que l'adversité.

- Vous êtes bien, là dessus..., souffla tendrement Lance en penchant un peu la tête sur le côté.

Keith sourit, touché que cette partie de sa vie lui plaise.

- Tu as d'autres photos ?

- Oui, il y a des albums juste ici.

- On pourrait les voir ?

Il hésita un instant, mais accepta finalement avec plus d'enthousiasme qu'il n'aurait cru. Il prit les albums dans l'armoire voisine, et ils s'installèrent dans le canapé pour les feuilleter. Lance s'amusa de voir ses amis aussi jeune, et aima voir avec quel amour et tendresse le couple pouvait se regarder. Les images de son amant étaient toute très claires et colorées, et celles prises de nuit étaient des clichés spéciaux. L'un d'eux montrait Keith, à onze ans, de dos, debout sur une voiture en ruine en contre plongé pour accentuer l'immensité de la voûte céleste magnifique. Lance laissa échappé un souffle admiratif, fasciné par la beauté de cette photo.

- Adam adorait prendre des photos du ciel, et lorsqu'il était dégagé, on sortait et marchait jusqu'à trouvé l'endroit idéal pour une photo, expliqua Keith.

- Ça explique un peu tes habitudes insomniaques, lança son voisin avec amusement.

- C'est justement parce que j'étais insomniaque qu'il m'emmenait avec lui, en fait. J'aimais bien ces sorties.

- Shiro le savait ?

- Oui, il savait tout, souffla-t-il avec un sourire. Mais il ne disait rien. Tu le connais.

- Ouais, je vois le genre, pouffa son amant. Je peux la scanner ? Je la trouve vraiment cool !

- Oui, si tu veux, l'autorisa Keith avec quelques rougeurs.

Dès que Lance eut terminé de scanner la photo, il tourna la page pour tomber sur une longue série de photos de ciel étoilé, un anneau doré soigneusement attaché juste à côté.

- Oh...

Intrigué de ce changement drastique d'ambiance, passant de doux et joyeux, à sombre et triste, Lance se tourna vers lui. Son regard convergea plusieurs fois entre ses yeux et les photos, demandant silencieusement ce qui se passait.

- C'est comme ça qu'Adam a fait sa demande à Shiro...

- Avec les photos ?

- Si tu relis tous les points des constellations en les superposant, commença-t-il en indiquant ce qu'il disait avec son doigt. Tu peux y lire "veux-tu m'épouser".

C'était terriblement romantique, mais la présence de cette bague rendait la page amer, et terriblement triste. Adam était mort, ne laissant derrière lui que des souvenirs.

- Comment l'a pris Shiro quand il a su que Adam...

Il n'osa pas aller plus loin, sentant que le sujet était très sensible. Keith baissa les yeux, et se rappela de l'état dans lequel son aîné était lorsqu'il était revenu ici la première fois.

- Mal...

Lance prit doucement sa main, et caressa délicatement ses phalanges. Son partenaire s'apaisa rapidement grâce à son soutient, et le remercia d'un sourire qui lui fut rendu. Il tourna la page, gardant sa paume dans la sienne. Ils s'exclamèrent en découvrant un jeune Keith complètement ahuri et fasciné devant un hippopotame. En vue de la voiture en arrière plan, il s'agissait d'une sortie scolaire.

- Celle là est ma préféré, je pense ! rit Lance.

- Il était très impressionnant ! se défendit l'ancien membre des lames, gêné. Tu sais qu'ils peuvent ouvrir leur gueule jusqu'à 180° ?

Loin de calmer l'hilarité de son ami, cela la renforça, ce, malgré tous ses efforts pour prouver à quel point les hippopotames étaient des créatures incroyables. Après un moment, le cubain arrêta de rire, et continua de feuilleter les albums avec lui. Quelques anecdotes de Keith complétaient les photos, et il les écoutait avec plaisir.

Certaines photos montraient des aspects de ce quotidien révolu : Shiro qui tentait vainement de cuisiner, les tartes au citron de Adam que le petit Keith dévorait avidement du regard, des siestes communes dans le canapé ou sur le lit, des vols en trio, ou bien assis sur un vaisseau en s'échangeant un regard complice...

Lance toucha le jeune visage de son amant du bout des doigts, intriguant son voisin.

- Qu'est-ce que tu fais ? souffla-t-il, plus amusé qu'interloqué.

- Tu étais vraiment un gamin mignon, je t'envie : t'es bien sur toutes les photos. Dans les albums de ma famille, j'ai toujours un air débile avec des dents en moins, rit le cubain.

- Comme quoi, certaine chose ne change pas avec le temps, le taquina son ami, cachant à quel point son cœur s'était accéléré au compliment.

- Ooh, sourit-il avait une idée derrière la tête. Ne me tente pas de te prouver le contraire, kitten...

- Essaye, un peu.

L'invitation taquine très clairement lancée, il le fit basculer sur le canapé, tous deux riant. Puis, il l'embrassa en caressant son visage et ses cheveux d'un geste de ses mains qui encadraient sa tête. Il se redressa, et le couva d'un regard plus chaud que le soleil. Lentement, il vint le tenter d'un baiser en effleurant ses lèvres des siennes. Lorsqu'il se redressa, il capta le regard, qu'il sut charmé, de son partenaire.

- Alors ?

Keith savait très bien ce qu'il attendait de lui, mais il n'avait aucune envie de le lui offrir si facilement, au combien il le trouvait effectivement beau à en crever à cet instant. Il allait le tenter, le charrier, le pousser à l'embrasser de nouveau, si ce n'était plus, mais un détail attira son regard plus loin.

- Alors, j'en dis qu'il y a une énorme araignée au plafond, constata-t-il avec un sourire.

- Hein ? blêmit subitement Lance en sortant brutalement de l'ambiance.

Le paladin bleu se retourna, et hurla en bondissant du canapé. Sa réaction exagérée fit éclater Keith de rire, lui donnant du mal pour entendre les suppliques de son amant pour qu'il mette ce "monstre" dehors. Il finit par abdiquer, et attraper l'arachnide dans sa main pour la lancer dehors. Lance mit une large distance entre eux, refusant que sa main le touche à nouveau.

- Lance, pouffa le demi-galra, complètement dépassé par une réaction pareille. C'était qu'une araignée !

- Ouais, ouais, ouais, t'es le genre de personne à sortir le fameux : "ça prouve qu'une maison est seine" !

- Eh bien, parce que c'est le cas. Cette espèce est très bénéfique pour réguler la population de moustique contre laquelle tu te plains depuis plusieurs jours.

- Oh, quelle efficacité..., ironisa le cubain en se serrant dans ses bras, l'air renfrogné.

- La garnison n'a pas d'insectes, et encore moins d'araignées, c'est pour ça que tu te fais piquer.

- J'aimerais qu'ils ne me sucent pas le sang sans avoir à cohabiter avec ces machins velus et... oh, frissonna-t-il à la description qu'il donnait, écœuré.

- Et tu préférerais quoi ? pouffa Keith. Que tout disparaisse ? C'est pas possible pour l'écosystème.

- En fait, sourit son amant, enjôleur, avec une main sur la hanche. Je préférerais que ce soit toi...

- Qui quoi ?

Lance haussa un sourcil avec un air inquisiteur. Soudain, il réalisa de quoi il parlait, et il piqua un fard. Une pression se fit ressentir dans son bassin, mais il essaya de l'ignorer.

- Très drôle, chercha-t-il à se défiler, pouffant un peu pour tenter de dissimuler ses émotions.

- Je ne plaisantais pas, kitten, mais c'est à toi de voir.

Il perdit peu à peu son sourire, la tentation serrant ses tripes. Sa main monta pour que son pouce passe sur sa lèvre qu'il pinça une seconde, ses yeux brillants d'idées concupiscentes. En le voyant faire, le sourire de Lance s'élargit. Puis, le paladin rouge vint l'attraper par le poignet pour le pousser contre le canapé.

Le cubain pouffa, avant de réceptionner ses lèvres dans un baiser appuyé brûlant de passion. Il le laissa descendre dans son cou, et se baisser jusqu'à être agenouillé au sol, entre ses genoux. Comme il n'avait aucune référence ou pratique en dehors de celle qu'il avait déjà reçu, les choses risquaient d'être vives et intéressantes.

Keith remonta son tee-shirt pour embrasser les muscles de son ventre, appréciant de les voir ainsi dessinés sous la peau. Il caressa un peu les cuisses pour apporter de la douceur, mais son empressement le rattrapa, et il sauta sur sa ceinture, sa langue glissant contre la peau à sa porter.

Soudain, ils entendirent la porte d'entrée s'ouvrir, et bondirent sous la frayeur. Le paladin rouge sauta sur le canapé pour s'asseoir sagement à côté de son camarade, tous deux cherchant à calmer leur cœurs qui s'étaient emballés sous la peur d'être surpris. Lance tira rapidement sur son tee-shirt pour cacher sa ceinture à moitié défaite. Les yeux exorbités, devint à la fois blême et rouge en voyant Shiro arriver.

Ce dernier perçu leur mal aise et leur gêne, mais il n'était absolument pas conscient de ce qu'il venait de couper. Bon sang, que ce serait-il passé s'il était arrivé une minute plus tard ?

- Keith, tu étais là ? Je n'étais pas sûr que c'était toi de loin.

- Tu as vu quelque chose ? demanda prudemment son protéger tandis qu'il le regardait aller vers la cuisine.

- Quand tu as ouvert la fenêtre.

- Oh... Tu rentres tôt, non ?

Sa voix était un peu haute, montrant sa surprise, et Lance lui donna un petit coup de coude avant de lui faire les gros yeux, comme pour dire : " C'est pas discret, arrête ! ".

- J'avais besoin d'un dossier que j'ai laissé ici, rien de grave, mais sans, mon travail sera ralentit.

Shiro revint dans le salon, un verre d'eau en main qu'il buvait entre deux phrases.

- Qu'est-ce que vous faites ici, vous deux ?

En sentant que son amant devenait muet, Lance prit les devants.

- Il me parlait un peu d'Adam, j'étais curieux...

Aussitôt, le sourire de Shiro s'effaça, et le paladin bleu se fit envahir par la culpabilité en voyant la brillance fade dans ces prunelles.

- Ah...

Oh, le mal aise...

- Je ne vais pas vous déranger longtemps, j'ai juste besoin ça, fit son ami en prenant un épais dossier gris sur l'étagère voisine.

Son sourire était sans joie, forcé.

- Tu repars maintenant ? demanda Keith.

- Oui, je n'ai pas trop de temps. Tu connais Iverson, quand il fait un caprice, il ne doit pas attendre. Pensez bien à fermer avant de partir.

- D'accord...

Il posa son verre, et repartit, n'ayant même pas retiré ses chaussures. Lance enfonça son visage dans ses mains pour geindre avec culpabilité.

- J'ai pourri l'ambiance tellement vite, je suis désolé...

- C'était la vérité, et on avait rien à cacher, essaya de le rassurer Keith en haussant les épaules.

Il prit les albums photos pour les refermer, mais un cliché s'échappa des pages. Il le rattrapa, et le regarda. Un sourire se dessina sur ses lèvres en découvrant qu'il s'agissait de lui enfant, avec Adam, et une petite peluche hippopotame.

- Cette peluche est vieille, souffla-t-il, pensif.

- Tu l'as encore ? demanda Lance, surpris, appréciant ce changement de sujet.

- Ouais, dans la pièce à côté.

Il se leva pour aller la chercher, et s'assit sur le canapé à nouveau. Le tireur pouffa en découvrant à quel point la peluche semblait avoir souffert : un œil en moins, et éventré. Le tissu était déteint et abîmé, plus sur l'oreille de gauche que Keith devait souvent touché.

Comme pour le lui prouver, le paladin rouge toucha cet endroit avec un brin de nostalgie. L'instant se coupa lorsque le bord du nez noir en bouton se décolla.

- Oh, non, mince, souffla Lance en essayant de le remettre.

Le nez lui resta dans les doigts, et il blêmit avant de hurler d'horreur.

- Oh dios, kitten, je suis vraiment désolé ! paniqua-t-il en essayant de le remettre.

- C'est rien, pouffa Keith. Attend, arrête, tu vas encore plus l'abîmer.

- Si je fais comme ça, peut-être que...

- Mais arrête !

Un petit morceau, provenant de l'intérieur du nez, tomba au sol, les figeant.

- Je suis désolé ! Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolé, pleurnicha Lance en le ramassant.

Mais il se stoppa soudainement en sentant l'étrange forme entre ses doigts. Intrigué par sa réaction, Keith l'interrogea du regard. Lorsqu'il releva sa main, ils virent un petit objet carré dont l'un des bords était plus fin, et comportait des bandes dorés.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Lance en posant sa trouvaille dans la paume gantée de son amant.

- On dirait une puce, ou une cellule de donnée... C'est... Vraiment petit...

Il la posa sur la table avec la peluche pour aller chercher un ordinateur portable dans un placard murale. En revenant, il l'alluma, et le posa devant eux. Dès qu'il le put, il inséra la puce dans un des compartiments sur le côté, prouvant qu'il s'agissait d'une micro-clé USB. Malheureusement pour eux, elle était lourdement cryptée.

- Merde..., lâcha Keith, frustré.

- T'as rien pour la rendre lisible ?

- Non... Pourquoi Adam aurait caché ça dans une peluche ? Il y a des millier d'endroits plus sûr...

Un petit silence emplis de réflexion prit place, mais après quelques secondes Lance le coupa, un peu inquiet.

- C'était à toi, non ? Il n'aurait pas mis ça là en sachant que tu tomberais dessus un jour ?

Keith fronça les sourcils, perdu, et pris sa peluche pour l'examiner. À bien regarder, le ventre avait été ouvert par un couteau, et la mousse qui ressortait trahissait que quelqu'un cherchait quelque chose. Certes, quelques meubles semblaient renversés et ouvert, mais il n'avait pas trouvé ça étrange après deux à trois ans d'absence : n'importe quel opportuniste aurait pu tomber sur cette maison abandonnée. Qui aurait pu fouiller leur maison ? Et pourquoi ? Qu'est-ce qui avait pu être si important pour que des intrus aillent jusqu'à ouvrir un doudou pour enfant ?

- Peut-être... Mais je me demande pourquoi, surtout en voyant comment c'est crypté...

- Ça semble important... Pidge pourrait nous décoder ça, je pense.

Lance se tourna vers lui, laissant sa proposition en suspend. Il vit son amant hésiter un peu, avant de soupirer, l'air soucieux.

- Ouais... Ça m'expliquerait peut-être pourquoi Adam semblait si nerveux avant qu'on ne soit embarqué sur Blue.

Il lui prit la main, et le gratifia d'un sourire pour montrer son soutient. Le demi-galra sourit également, et se leva avec lui pour tout ranger. Ils partirent ensemble à la garnison, se mettant d'accord sur le fait de ne pas s'envoyer de sms à ce sujet au cas où. Lance trouvait que c'était un comportement paranoïaque, mais en vu de la cachette avisée, il ne voulait pas risquer de ruiner les efforts du défunt.